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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 08:10

utopie suicidaireAlors que la plupart des pays occidentaux se plaignent de leur croissance en panne, des élites politiques romandes boudent, en enfants gâtés qu'ils sont, le véritable boom économique que connaît l'arc lémanique depuis quelques années.

 

Pourquoi ? Parce que ce développement pose des problèmes de logements et d'infrastructures que la volonté étatiste de tout régenter et les contraintes de l'écologisme politique ont créé de toutes pièces. Car, qui a empêché la construction de logements et de routes ?

 

Cette peur devant la croissance démographique et économique dépasse les clivages politiques. Dans son dernier numéro L'Hebdo donne la parole à ces divers acteurs politiques frileux ici et ici.

 

Au sujet de l'arc lémanique, Isabelle Chevalley, présidente d'Ecologie libérale [sic], déclare :

 

"Il s'agit d'un espace limité dans sa géographie et ses ressources. Aujourd'hui il est presque plein et on ne peut pas repousser le lac ou le Jura."

 

Alors que l'Office fédéral de la statistique prévoit une hausse de la population de Genève et Vaud réunis de 21,6%, au cours des prochains 25 ans, le président des Verts libéraux vaudois, Jacques-André Haury, dit qu'il faut bien "admettre que cette croissance démographique est plus une menace qu'une promesse".

 

Daniel Rossellat, syndic indépendant de Nyon, fondateur du Paléo festival, déclare être "pour une croissance modérée et maîtrisée" et ne pas vouloir être "spectateur du développement".

 

Sandrine Salerno, maire socialiste de Genève, dit : "Nous devons envisager d'arrêter de croître."

 

L'interventionnisme est omniprésent dans toute cette histoire.

 

On a par exemple incité des entreprises étrangères à venir s'implanter et maintenant on trouve que beaucoup trop d'entre elles l'ont fait. Pourtant, citant Jean-Claude Mermoud, le conseiller d'Etat UDC, L'Hebdo souligne que "sur 42'000 emplois créés dans le canton de Vaud depuis 2005, seuls 5'300 ont été générés par la promotion économique exogène."

 

Après avoir empêché la construction de logements on veut maintenant "permettre aux communes d'acheter des terrains constructibles non utilisés : en clair, de forcer les propriétaires à s'en séparer s'ils ne font rien bâtir après un délai donné de cinq ans". C'est-à-dire porter atteinte ouvertement aux droits de propriété.

 

Au lieu de laisser faire le marché, ce sont les villes qui décident de construire : un éco-quartier de 2'000 logements va se dresser dans les hauts de Lausanne. Ce qui n'a pas l'heur de plaire au conseiller communal UDC, Philipp Stauber :

 

"Le fait que ce soit un éco-quartier ne me dérange pas. Ce qui me gêne, c'est qu'une nouvelle zone de verdure soit remplacée par du béton."

 

Jean-Claude Mermoud, cité plus haut, reste dans une logique interventionniste, à l'origine des problèmes d'adaptation à la situation :

 

"La promotion doit cibler la qualité plus que la quantité. Nous ne devons pas subir mais conduire le marché."

 

Dans son édito ici, le rédacteur en chef de L'Hebdo, Alain Jeannet, remarque avec justesse :

 

"La Suisse romande dispose de tous les terrains nécessaires pour construire des logements et absorber une augmentation importante de la population. Comme des moyens financiers pour développer des infrastructures de transports proches de la saturation."

 

Il termine ainsi son édito :

 

"Remettre en cause la libre circulation des personnes, refuser les entreprises étrangères qui veulent s'installer chez nous, faire la fine bouche à la perspective de nouveaux emplois, voilà un luxe qu'il serait fou de s'autoriser. La décroissance ? Une utopie suicidaire. Une glissade programmée vers les tensions sociales et la pauvreté."

 

Rarement en accord avec le sieur Jeannet, je ne peux cette fois qu'en approuver les propos.



Francis Richard

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

DF 12/04/2011 13:18



Lu. Et je ne peux qu'être d'accord avec lui... et avec vous. C'est l'heure de foncer - de manière intelligente, certes... mais en tout cas pas de freiner des quatre fers.



DF 12/04/2011 08:52



Ces réactions de politiciens me rappellent certaines pages du livre de François Cherix, "La question romande" - en particulier cette crainte du Romand dès qu'il s'agit d'agir, de montrer qu'il
est bien là, alors qu'il a de l'or entre ses mains et que sa région est plutôt, globalement, plus dynamique que la Suisse alémanique depuis quelques années.

Je m'en vais lire l'édition de M. Jeannet en détail.



Francis Richard 12/04/2011 13:02



Vous verrez qu'Alain Jeannet a les pieds sur terre.



Le passant ordinaire 10/04/2011 08:49



 


 


Un brin d’humour…


Oui à la création de nouvelles entreprises fournissant des
emplois aux travailleurs autochtones comme c’est le cas dans le Haut-Valais avec l’implantation du  fabricant de panneaux solaires Genesis Solartec qui va s’implanter à Rarogne
et créera 210 emplois.


Pour terminer un peu d’égoïsme bien compris : que les Vaudois et les Genevois se bouffent entre eux, nous n’en
avons rien à cirer et qu’ils arrêtent de critiquer le Valais tout en venant passer leurs vacances voir même s’établir fatigués comme le sont mes amis  lausannois aujourd’hui
retraité. Ils ne peuvent plus supporter l’actuel syndic pour encore 4 ans alors je leur ai trouvé un joli petit chalet pas trop éloigné de la plaine.



Francis Richard 10/04/2011 10:28



Eh oui nous allons devoir supporter encore quatre ans notre "cher" syndic Daniel Brelaz, ce géant monstrueux à la démarche chaloupée.


 


Cela ne m'empêchera pas de préférer ma thébaïde d'Ouchy où je peux cultiver mon petit jardin à toutes les merveilles du Valais, fussent-elles mystiques...



Claude 09/04/2011 18:12



Il fut une époque où l'on disait "la barque est pleine ". On devrait s'en souvenir  !!


 


 



Francis Richard 09/04/2011 18:34



Oui, mais rien n'est plus fréquent que la perte de mémoire.



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  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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