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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 18:55
UBS 2009Depuis avant-hier nous connaissons les chiffres de l'UBS pour l'année 2009 ici [d'où provient la photo ci-contre] et ici. Ils sont encourageants. Ils le sont au moins à trois titres.

D'abord la banque helvétique renoue avec les chiffres noirs. Du moins au 4ème trimestre. Lors de ce trimestre, elle enregistre un bénéfice de 1,205 milliard, compte tenu cependant d'un crédit d'impôt de 480 millions. Certes l'année 2009 reste déficitaire avec 2,74 milliards de perte, à comparer toutefois avec les 21,29 milliards de perte de l'année 2008. L'orage aura duré une bonne quinzaine de mois, les derniers chiffres noirs remontant au 3e trimestre 2008.

Ensuite ce sont dans tous les domaines d'activité de la banque que les chiffres noirs sont réapparus. Ce qui confirme que la banque est en train de se redresser. Pour y parvenir elle a réduit ses coûts de manière drastique, augmenté son efficacité et, surtout, réduit de 20'000 personnes ses effectifs qui s'établissent à un peu plus de 65'000 personnes, l'objectif fixé pour 2010.

Enfin les sorties nettes de capitaux se sont poursuivies. En 2008 les sorties s'étaient élevées à 85,8 milliards. En 2009 elles se sont élevées à 147,3 milliards.

Est-ce une mauvaise nouvelle ?

Dans un sens oui. Il est toujours dommageable de perdre des clients, ce qui signifie que la confiance n'y est plus vraiment. Il faut certainement, en premier lieu, incriminer la violation du secret bancaire sous pression américaine, le départ - pas toujours voulu - de 1'000 conseillers et le manque de résultats positifs pendant cinq trimestres consécutifs.

Dans un autre non. La banque a réduit sa voilure. Elle redevient bénéficiaire, espérons de manière durable. Mais surtout le ratio de fonds propres passe de 11 à 15,4%. En somme la grande banque suisse devient un peu moins big, donc un peu moins dangereuse pour l'économie suisse. Mais un même résultat n'aurait-il pas été obtenu sans le secours de la Confédération ? C'est-à-dire en allant à la procédure des faillites...

La gauche et certaines personnalités de droite s'offusquent que des bonus à hauteur de 2,9 milliards puissent être versés par la banque au titre de 2009. Ils oublient que c'est un élément essentiel de motivation dans toute activité, a fortiori dans l'activité bancaire où, quand un bon conseiller part, une partie de sa clientèle le suit. Mais ce sont des réalités que les démagogues de tous bords ne sont pas près de comprendre, préférant faire jouer le ressort de l'envie, qui peut faire saliver les moins nantis. Ce qui peut-être tout bénéfice politiquement.

Crédit Suisse 2009Aujourd'hui ce sont les chiffres du Crédit Suisse qui sont publiés ici [d'où provient la photo ci-contre]. Ils sont nettement meilleurs que ceux de l'UBS.

Il faut dire que depuis le début de la crise financière les deux grandes banques suisses ont adopté une stratégie différente [ voir mon article Deux banque attitudes : UBS et Credit Suisse ], avec évidemment des résultats différents.

Ainsi l'exercice 2009 du Crédit Suisse se termine-t-il par un bénéfice de 6,7 milliards contre une perte de 8,2 milliards en 2008, en dépit d'une amende de 500 millions "payée aux Etats-Unis pour régler une affaire de paiements illicites vers des pays soumis à des sanctions américaines" ici et de 300 millions de charges nettes sur sa dette.

Le ratio de fonds propres à fin 2009 est plus flatteur que celui de l'UBS, 16,3%, et ce ne sont pas des sorties mais des entrées nettes de capitaux que la deuxième banque helvétique engrange en 2009, 44,2 milliards de francs ici.

Les effectifs en 2008 et 2009 sont restés stables, légèrement inférieurs à 48'000.

Pour ce qui est des bonus versés par le Crédit Suisse en 2009 ils sont de 20% inférieurs à ceux versés en 2007, dernier exercice aux chiffres noirs. De plus une part variant en fonction de la position dans l'entreprise, de 40 à 60%,  de ces bonus est conditionnée par des critères de performance ultérieure.

Enfin, avantage concurrentiel de poids, le Crédit Suisse ne souffre pas de la mauvaise image de l'UBS, ternie profondément par sa trop grande implication dans les subprimes, par son sauvetage aux frais du contribuable en octobre 2008 et par sa livraison de noms de clients au fisc américain.

Francis Richard
  
Nous en sommes au

572e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

Jallas 12/02/2010 22:30


En ce qui concerne l'image de UBS, il faut ajouter que la banque est impliquée dans l'affaire Madoff, à travers la sicav Luxalpha.


Francis Richard 13/02/2010 07:55


C'est parfaitement exact.

Aussi bien ma liste des grosses taches qui ont terni l'image de l'UBS n'était-elle pas exhaustive...

Quand vous vous sentez indéfiniment soutenu par le pouvoir en place tous les risques, même les plus fous, vous semblent bons à prendre.

Les banquiers privés de la place de Genève, par exemple, sont responsables sur leurs biens, ce qui change la donne et vous rend prudent... 


MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 12/02/2010 09:05


Personnellement j'aurais refusé de payer un centime d'amende pour des opérations de contreparties financières avec des partenaires soumis à sanctions des USA ! D'abord la Suisse doit faire
respecter sa souveraineté et son indépendance et ensuite la banque suisse n'a pas à se soumettre au Président américain. Il serait temps de lui dire de s'occuper de ses affaires et plus de celles
des autres. De quoi s'agit-il exactement ? Comment la banque fut-elle obligée par la force de payer une telle amende injustifiée a priori ? La LIBERTE de circulation des BIENS et des PERSONNES est
garantie par les Traités, alors ? Une banque, même suisse, n'a pas à se mêler de la gestion des comptes de ses clients sauf soupçons de crime et alors d'en référer uniquement aux autorités suisses
et pas américaines !


Francis Richard 12/02/2010 17:37


Si la banque suisse a accepté de payer cette amende pour des paiements à des pays sous sanctions américaines, tels que l'iran, c'est que la loi des Etats-Unis n'est pas le droit, mais la
loi du plus fort.

Le Crédit Suisse a malheureusement trop d'intérêts aux Etats-unis pour être en mesure de refuser cette loi... et regimber. 


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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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