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5 septembre 2026 6 05 /09 /septembre /2026 12:30
Le casse du siècle, de Sarah Knafo

Nous allons enquêter. Ensemble, nous allons nommer ce qu'on nous a pris, comment on nous l'a pris, qui nous l'a pris, qui a regardé ailleurs, et qui empêche aujourd'hui que nous le récupérions.

 

Enquêter sur quoi? Sur Le casse du siècle

 

Autrement dit le mécanisme qui:

  • prélève à chacun pour ne rendre à personne,
  • dégrade les services publics tout en augmentant les impôts censés les financer,
  • démolit les piliers de notre pays sans qu'on puisse identifier un seul auteur.

 

C'est à une véritable enquête criminelle à laquelle Sarah Knafo convie le lecteur. Elle s'est donné pour règle de suivre l'argent:

  • Regarder d'où il vient.
  • Par où il transite.
  • Où il atterrit.

 

Comme dans toute enquête criminelle, il y a une scène de crime. Cette scène de crime, pour un salarié1, c'est la fiche de paie, qui est présentée de telle manière qu'elle lui est incompréhensible. Alors elle la présente sous une forme simplifiée en prenant l'exemple d'un salarié au salaire médian, qui gagne 2079 € nets par mois et dont le salaire brut réel n'est pas 2800 €, mais 3922 €, après autopsie.

 

Quels sont les principes qui guident son enquête?

  • La victime est la seule ressource de l'État.
  • Son pouvoir d'achat n'est pas l'argent que l'État lui donne, mais celui qu'il ne lui prend pas.
  • Ce n'est pas parce que l'État dépense plus qu'elle obtiendra davantage.

 

Sarah Knafo ne remet pas en cause le principe de l'impôt: c'est la mise en commun de moyens pour financer les services publics, des infrastructures, qui permettent d'accomplir des missions inatteignables par les seuls individus.

 

Mais la France est le pays qui taxe le plus2 ses habitants parmi les pays développés: 

  • Les prélèvements obligatoires représentent 45% du PIB3.
  • Les droits de succession peuvent monter jusqu'à 45%.

 

Or que constate-t-on? Malgré tout ce que paie le salarié en France, comme l'attestent les différents postes de sa fiche de paie4:

  • Le système de santé ne fonctionne pas en raison de la bureaucratie (30% des effectifs), qui dévore aussi le temps des soignants.
  • L'école, malgré un budget en augmentation régulière, a de piètres résultats, parce qu'elle a abandonné trois choses: la transmission, le mérite et l'autorité, et que l'argent destiné aux professeurs se perd dans la machine administrative.
  • L'insécurité progresse à un rythme qui n'a aucun équivalent en Europe occidentale: les policiers passent beaucoup de temps en procédures, la justice est laxiste, les prisons sont surpeuplées.
  • L'immigration est massive et coûte cher, à tous points de vue, parce que la France est accueillante et que des associations qu'elle subventionne l'attaque en justice quand elle se défend.

 Ce sont bien les preuves qu'il y a un casse.

 

Mais le préjudice subi n'est pas seulement une perte, mais ce qui aurait dû être reçu et qui ne le sera jamais:

  • Les Français, avec leur parc nucléaire, auraient dû bénéficier de l'électricité la moins chère, la moins carbonée et la plus indépendante d'Europe.
  • La France s'est désindustrialisée en raison des charges subies par les entreprises: sociales, fiscales et normatives, qui les ont affaiblies face à la mondialisation.
  • L'État français a voulu s'occuper du numérique et l'a subventionné, or l'innovation ne vient jamais que du secteur privé, qu'il accable de charges et de normes.
  • L'entrepreneur en France est maltraité de toutes les façons: il renonce ou s'exile, et les Français en pâtissent.
  • Les intérêts de la dette est un impôt supplémentaire que subissent les Français pour un crédit que d'aucuns ont contracté à leur place.
  • Le coût de ce qui aurait pu être créé n'est pas chiffrable et c'est le plus lourd.

 

Quels sont les suspects dans cette affaire criminelle?

  • Les milliardaires? La gauche veut moins de riches, Sarah Knafo, moins de pauvres.
  • Le marché? Chaque fois que l'État tente de forcer les équilibres (niveaux de prix, de salaires, valeurs d'entreprises, taux de change, etc.), ils finissent par se rétablir, avec tout un lot d'effets pervers.
  • Les retraités? le système de retraite par répartition est une pyramide de Ponzi, les retraités actuels en sont également victimes, il est vrai que plus ils ont pris tôt leur retraite, moins ils ont fait une mauvaise affaire. La capitalisation est la vraie réponse à ce mécanisme intenable en raison de la démographie.
  • L'Union européenne? Cette excuse a bon dos, depuis quarante ans, pour expliquer pourquoi tous les partis, quels qu'ils soient, ne font rien.
  • La mondialisation? Encore une fois le déclin de la France face à elle provient de la fiscalité, des charges qui pèsent sur les salaires et des normes.
  • L'immigration? Y mettre fin est une condition nécessaire mais non suffisante pour redresser notre économie et nos finances publiques.
  • La conjoncture? Le poids de l'État n'a cessé d'augmenter depuis cinquante ans: ce qui dure cinquante ans n'est pas conjoncturel, mais structurel.
  • Le président de la République? Croire qu'un seul président de la République serait coupable du casse, c'est l'assurance que le casse du siècle continuera après lui.
  • Les Français? Le peuple n'est pas l'auteur du casse. Il en est la victime.

 

Qui sont les coupables comparaissant à l'audience?

  • La bureaucratie: Non pas toute l'administration, mais l'esprit bureaucratiqueRamenons l'Administration à ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être: un serviteur et non un maître.
  • La dépense publique: En France5, elle représente 57% du PIB. Elle est aussi importante parce qu'il y a  des gabegies (achats de matériels à des prix plus élevés que le marché, achats pour épuiser en fin d'année le budget alloué, aides à se développer accordées à des pays tels que la Chine); des structures inutiles telles que le Conseil national du bruit; de dispositifs contre-productifs, tels que l'Agence nationale de l'habitat; de services où le privé ferait au moins aussi bien, tels que France Travail ou l'audiovisuel public. Comment la baisser? Sarah Knafo donne la méthode inspirée du privé: elle arrive ainsi à 130 milliards d'euros d'économies chiffrées et sourcées une à une.
  • L'élu clientéliste: Superposez la carte des subventions versées par arrondissement parisien et celle des scores de la gauche aux élections municipales: elles se recoupent parfaitement.
  • Le fonctionnaire: La fonction publique française emploie aujourd'hui 5,9 millions d'agents. C'est un actif sur cinq. Il y en a donc trop pour un pays de 70 millions d'habitants, d'autant que 3,7 millions ne remplissent pas de missions essentielles telles que l'armée, la police, les pompiers, les magistrats, les personnels soignants hospitaliers.
  • La folie normative, exemple: Le Code du travail français compte plus de 4 000 pages et de 11 000 articles. Le Code du travail suisse, lui, compte 49 pages. L'IFRAP a chiffré le coût de la complexité administrative à 100 milliards d'euros.
  • Le système social: travailler n'est pas forcément le meilleur choix quand on peut empiler les aides, les exonérations et les services sociaux; la fraude sociale globale atteint environ 50 milliards d'euros par an, selon le magistrat Charles Prats.

 

Quels sont les complices?

  • L'école: Aucune revue d'inspiration classique ou libérale n'est proposée. Les apports de Hayek, de Friedman, de Bastiat, de Schumpeter sont minorés, voire ignorés.
  • L'université: Le corpus [de l'enseignement de l'économie] oscille entre Keynes et Marx. Keynes pour expliquer comment l'État doit relancer l'économie. Marx pour expliquer comment le capitalisme exploite les travailleurs.
  • Les médias et la culture d'État: Une fois entré dans la vie active, le citoyen français continue d'être façonné par ce qu'il lit, ce qu'il écoute, ce qu'il regarde.

 

Des objections?

  • Vous n'y arriverez pas: or, dans le passé, en France, en 1958, le général de Gaulle y est parvenu en six mois, avec notamment le plan Rueff.
  • Les hauts fonctionnaires neutraliseront tout: Sarah Knafo identifie 70 postes stratégiques qui permettent de reprendre la main sur la totalité de l'appareil d'État
  • L'Europe nous empêcheraSi la France est gouvernée, ce n'est plus la France qui craint Bruxelles, c'est Bruxelles qui doit composer avec la France.
  • Les juges censureront toutLes grandes ruptures doivent être soumises au peuple par référendum.
  • Les grèves bloqueront tout: Une des mesures sera de cesser d'offrir aux grévistes des subventions publiques...
  • Les Français auront peur: Il ne faudra pas leur présenter les réformes comme un sacrifice, mais comme un effort qui rapporte.

 

Au fil de son instruction, Sarah Knafo a rédigé quinze résolutions pour défaire Le casse du siècle. Voici donc un extrait du verdict fictif qui pourrait être exécuté si les Français le décidaient:

Le tribunal statuant publiquement, contradictoirement et en premier et dernier ressort;

Dit que le casse du siècle est constitué;

Condamne le système aux résolutions qui le défont;

Ordonne en conséquence de dépenser moins pour taxer moins, pour que les Français gagnent plus...

 

Francis Richard

 

1 - Le crime, avec d'autres visages, est le même pour un artisan, un commerçant, un agriculteur, un entrepreneur ou un indépendant.

2 - L'IFRAP recense 438 impôts, taxes et cotisations, en 2025.

3 - En Suisse, c'est 27%.

4 - Sur laquelle figure son impôt sur le revenu depuis qu'il est retenu à la source.

5 - En Suisse, c'est 31%.

 

Le casse du siècle, Sarah Knafo, 286 pages, Fayard

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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