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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 21:45

sauvetage de la GrèceL'Union européenne et le FMI devraient accorder des prêts à hauteur de 110 milliards d'euros à la Grèce, pour lui éviter la faillite, dont 45 milliards accordés en 2010 et le solde les années suivantes. Du moins est-ce ce dont auraient convenu les ministres des finances de l'Union européenne aujourd'hui.

 

Ce sauvetage de la Grèce est une erreur à plusieurs titres :

 

- Ce sont les pays les mieux portants qui vont se porter au secours des plus mauvais élèves de l'économie, comme lorsque sont mis sous perfusion les canards boiteux avec l'argent prélevé par l'Etat sur les entreprises bien portantes. Ce qui a pour résultat dans un cas comme dans l'autre d'affaiblir les mieux portants, qui se porteront donc plus mal. Les pays fourmis souffriront inévitablement des pays cigales. Les prêteurs des pays fourmis considéreront assez rapidement que les risques qu'ils représentent pour eux ont par là-même augmenté, avec les conséquences prévisibles en matière de taux et de montants qu'ils devront dès lors leur consentir.

 

- Le sauvetage de la Grèce sera immanquablement suivi du sauvetage d'autres pays comme le Portugal et l'Espagne, puis l'Italie, enfin la France, bref tous les pays qui se sont trop endettés et qui accumulent déficits sur déficits depuis des années. Pourquoi ? Parce que le sauvetage de la Grèce crée un précédent. Désormais les autres pays fortement endettés seront fondés à exiger un sauvetage de la part des pays moins endettés après qu'un premier sauvetage aura été accordé à la Grèce, en mettant en avant une solidarité morale, qui en fait n'est pas morale du tout, puisqu'elle a pour conséquence d'encourager les mauvais élèves. 

 

- Le sauvetage de la Grèce aurait été obtenu en échange de contreparties de sa part. Le gouvernement grec se serait engagé à réduire son déficit de 14% du PIB aujourd'hui à moins de 3% du PIB en 2014 et à faire des économies de 30 milliards d'euros sur trois ans ici [d'où provient la photo ci-dessus]. Ce qui veut dire que pendant toutes ces années la Grèce augmentera encore sa dette et que les économies promises seront largement insuffisantes à redresser la situation financière du pays. Au fond le sauvetage accordé lui évitera seulement la cessation de paiements aujourd'hui, mais pas la faillite demain. 

 

- Le sauvetage de la Grèce ne l'incitera donc pas à changer fondamentalement son comportement économique. La Grèce a aujourd'hui un Etat hypertrophié, coûteux et complètement inefficace. L'économie grecque souffre de réglementations, de passe-droits et de rentes de situation. Il lui faudrait libérer son économie, ce qui passe par une remise en cause des réglementations, une baisse drastique des dépenses publiques et une baisse parallèle des impôts, de telle manière toutefois que l'Etat redevienne bénéficiaire pour diminuer rapidement la dette.

 

Il vaudrait donc mieux que la Grèce fasse faillite et soit obligée de se réformer elle-même. Evidemment cela passerait par des diminutions de salaires des fonctionnaires plus importantes que celles annoncées, mais surtout par une diminution considérable de leur nombre et par une libération de l'économie telle qu'évoquée ci-dessus. L'économie grecque en pâtirait à court terme - et ce serait certainement douloureux - , mais c'est inévitable. Les autres pays qui se trouvent juste derrière sur la liste des mauvais élèves seraient bien inspirés de se réformer avant d'être contraints de le faire à chaud, comme la Grèce.

 

Quant à l'Euro, il ne sera de toute façon pas épargné. En effet les pays les mieux portants vont pâtir de sa faiblesse, les pays les moins bien portants de sa relative appréciation en regard de leur situation économique. Plutôt que de rassurer le sauvetage de la Grèce prouvera que l'Union européenne est prête à privilégier ses plus mauvaises économies au détriment des moins mauvaises et qu'en conséquence l'Euro n'est pas une monnaie d'avenir.

 

Francis Richard

 

Nous en sommes au

652e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi
        

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commentaires

Ben Palmer 04/05/2010 02:48


Très bien vu, aussi le commentaire no. 1.

Aah, si la Suisse faisait partie de l'Euro, elle pourrait activement contribuer à éponger les dettes de ses voisins, histoire d'aider les amis.

La prise de valeur du CHF contre l'€ montre bien à quel niveau la Suisse aurait des atouts à perdre en se ralliant à l'€.


Francis Richard 04/05/2010 07:32



Tout à fait d'accord !



MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 03/05/2010 09:28


Très bien, clair !
Je peux cependant rajouter que la Grèce n'a pu figurer dans le peloton des onze Pays ayant mis en place la Phase III de l'UEM officiellement. En fait, ils ont mis en place autre chose qui fut
inventé postérieurement à Maastricht en 1996 : l'Euro.La Grèce ne rattrapa que plus tard ce peloton en présentant des statistiques proches des critères, sans les atteindre plus que ne les avaient
atteint les autres auparavant. Le rattachement de la Grèce à cet ensemble hétéroclite et hypocrite fut une faute supplémentaire. Cette faute se révèle officiellement en 2010 alors qu'elle était
patente depuis le début. L'Euro ne peut pas survivre, car ce n'est pas une monnaie comparable au yen, au dollar US, à la Livre Sterling, au Franc Suisse etc... C'est une abstraction qui ne se
matérialise qu'à peine sous une apparence de monnaie et qui n'est qu'un artifice du "système" cartellisé des banques pour tenter de régler leur totale insolvabilité définitive, devenue chronique
depuis 1986. Le château de cartes va s'écrouler un jour prochain et révéler le formidable abus de confiance commis contre les Peuples d'Europe et les autres par leurs pseudos élites dirigeantes.


Francis Richard 03/05/2010 11:13



Je partage votre point de vue : les jours de l'Euro sont comptés.



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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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