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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 22:55
Album Casanova, de Michel Delon

L'album de la Pléiade, fort de 174 illustrations (dont des reproductions du manuscrit original d'Histoire de ma vie), comportant un index détaillé, est consacré cette année à Casanova, autant dire à un homme à la fois connu et méconnu. Ainsi Casanova est devenu un substantif: "Un casanova est un homme qui enchaîne les conquêtes amoureuses." Mais connaît-on pour autant, vraiment, l'homme qu'il fut et... son oeuvre littéraire? L'album réalisé par Michel Delon comble magnifiquement cette lacune.

 

L'album commence par une citation, peut-être apocryphe. A Madame de Pompadour qui lui aurait demandé s'il était vraiment de là-bas, c'est-à-dire de Venise, Giacomo Casanova aurait répondu: "Venise n'est pas de là-bas, elle est de là-haut." Après les avoir explicitées, Michel Delon se saisit de ces deux locutions pour qualifier cet homme hors du commun: "Là-bas désigne une réalité, là-haut une fiction en laquelle Casanova a changé son histoire et un mythe qu'il est devenu lui-même."

 

La réalité est que, promis à l'Église, il abandonne vite l'habit d'abbé, qu'il ne revêt qu'un temps l'uniforme d'enseigne de vaisseau de la marine vénitienne, qu'il est en quête permanente d'un protecteur et qu'il "trouve une unité de vie dans l'art d'aimer"... Et Michel Delon évoque quelques figures qui "échappent à la simple suite de noms" d'une liste de rencontres amoureuses que le séducteur, qui se veut homme du monde et libertin, n'a jamais établie lui-même.

 

Dans ces mémoires, il raconte "ce tremblement des corps et des sentiments qui  fait échapper Histoire de ma vie à la littérature obscène et Casanova au registre grivois": "Toute la différence se situe entre une description de coït et la suggestion des émotions." Toujours est-il qu'un espion, un confidente, dénonce à l'inquisition d'État sa mécréance, son imposture, sa lascivité et sa volupté et qu'il finit aux Plombs, la prison installée au dernier étage du Palais des Doges... Dont il parvient à s'évader.

 

A Paris il apprend le français. Il y fréquente le milieu du théâtre: "Il aime l'art de la fiction, la mise en scène de soi à travers des costumes, la proximité des corps dont certains ne sont pas farouches"; celui des peintres: "Les comédiens ont besoin de décors.". Michel Delon précise: "Le théâtre aide Casanova à penser le désir comme mise en scène tandis que la peinture saisit la fixation du désir dans un moment donnant le sentiment de la durée."

 

Casanova bénéficie d'un autre réseau que ceux des comédiens et des artistes, celui de la franc-maçonnerie, à laquelle il est initié à Lyon. Cet espace est "moins strictement hiérarchisé que les diverses sociétés d'Ancien Régime": "Plusieurs rencontres capitales s'explique par cette fraternité", telles que celles du comte Branicki, du comte de Waldstein ou du prince de Ligne. Elles seront d'un grand secours à cet aventurier objet de "suspicion sociale" ou d'"admiration pour ses initiatives".

 

La loterie royale, qu'il met au point, le rend richissime, pour un temps seulement. Car il mène dès lors grand train. Pour le conserver il se lance dans une entreprise qui le ruine. Sa manufacture d'étoffes de soie peintes fait faillite. Le sérail de ses ouvrières âgées de dix-huit à vingt-cinq ans l'a ruiné. Il se voit obligé de fuir la France pour éviter la prison: "Commence une longue errance qui le mène aux quatre coins de l'Europe."

 

Durant cette errance, il se livre au jeu et à la débauche - "A chaque ville son aventure amoureuse" -, et doit fuir: "Les zigzags sur la carte d'Europe suggèrent un aventurier indésirable dans la plupart des villes, élargissant le cercle de ses investigations pour se faire accepter quelque part." Après avoir approché des souverains tels que Frédéric II ou Stanislas Auguste, roi de Pologne, "les cours se ferment ainsi les unes après les autres".

 

D'homme de cour, il devient artiste: "Il compte devenir un auteur et en vivre à la façon dont ses frères sont établis comme peintres" et "il déploie une activité d'écrivain dans tous les genres littéraires": historien, traducteur, journaliste, pamphlétaire etc... Ce dernier genre lui vaut de devoir fuir à nouveau, d'errer à nouveau, avant de devenir bibliothécaire à Dux, propriété du comte de Waldstein et de se réfugier dans l'écriture: "Comme Sade, Casanova manifeste durant ses dernières années une véritable rage d'écriture."

 

Il écrit beaucoup et achève peu: "Cet inachèvement vient sans doute de la méthode par digression. Contre les penseurs systématiques, contre les philosophes dogmatiques, Casanova exhibe l'irréductible diversité du réel. Sa façon de s'égarer dans la réflexion, de déraper d'un sujet à l'autre est le choix d'une disponibilité, conforme à son ancienne liberté de jeune homme prêt à saisir la première occasion. Comme les libertins érudits du siècle précédent, il mêle une totale indépendance d'esprit à un respect ostensible de l'autorité religieuse. De l'économie à l'esthétique, rien ne lui reste étranger."

 

Son grand oeuvre, ce sont ses mémoires, Histoire de ma vie, écrites en français, dont le manuscrit a connu de véritables aventures. Ce manuscrit a ainsi été traduit en allemand, puis retraduit en français; il a été successivement expurgé, édulcoré, toiletté. Quand le texte authentique paraît en 1960-1962, c'est un choc, mais il est "encore découpé selon une scansion étrangère à l'auteur": "On pouvait enfin lire Casanova avec son accent italien, son rythme de voix, ses détails sensuels et ses insolences."

 

Le choc n'est pas moins grand en 2010. La Bibliothèque nationale de France acquiert le manuscrit. Il est numérisé. Chacun peut avoir accès à son écriture et à son style: "Une grande édition fut lancée dans la "Bibliothèque de la Pléiade". "Bouquins" ne fut pas en reste." Et cette année 2015 est à marquer d'une pierre blanche puisque, depuis le mois de mai, de ces deux éditions, commencées en 2013, l'une, celle de La Bibliothèque de la Pléiade est maintenant entièrement disponible en trois volumes, et que l'autre, celle de Bouquins, comprend déjà deux volumes sur trois.

 

Francis Richard   

 

Album Casanova, Michel Delon, 224 pages, Gallimard

 

Albums précédents:

 

Album Duras, Christiane Blot-Labarrère, 256 pages, Gallimard (2014)

Album Cendrars, Laurence Campa, 248 pages, Gallimard (2013)

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 18:30
"Bossuet" d'Aimé Richardt

Quand on remonte le temps de quelques siècles en arrière, il est un travers dans lequel il ne faut surtout pas tomber, celui de juger les êtres et les choses à l'aune d'aujourd'hui, en commettant l'erreur de ne pas les replacer dans leur contexte. C'est malheureusement souvent le cas de nos jours, où l'anachronisme permet de se donner bonne conscience en incitant ceux qui ne vous plaisent pas à faire repentance, au nom d'une responsabilité collective, qui est une expression aporétique.

 

Aimé Richardt, qui est un éminent spécialiste des XVIe et XVIIe siècles, rappelle opportunément que "la tolérance est une invention moderne": "Bien qu'ils fussent eux-mêmes intolérants pour leurs ennemis [...], les philosophes du XVIIIe siècle ont beaucoup fait pour l'acclimater en France et en Europe [...]. Certes, le résultat immédiat fut piteux: la Terreur fut la négation du message des philosophes. Toutefois l'idée sous-jacente fit son chemin."

 

Il faut bien sûr regretter que l'Eglise ait été longue à l'adopter: "Léon XIII, ce grand précurseur, fut l'un des premiers à en parler ouvertement; le concile Vatican II, qui doit tant aux idées de ce grand pape, proclama la nécessité de l'oecuménisme et l'urgence d'une réconciliation fraternelle, respectant les différences entre les différentes familles religieuses. C'est l'une des gloires du XXe siècle."

 

Du temps de Bossuet, au XVIIe siècle, on n'en est évidemment pas là. Mais on doit à la vérité de dire que, compte tenu du contexte d'intolérance de son époque, l'évêque de Meaux, qui affûta ses armes aussi bien contre les protestants, que contre les jansénistes ou les jésuites, au cours de sa longue vie, s'est montré plus tolérant que bien d'autres, préférant pour ce qui le concerne les arguments aux attaques personnelles, l'emploi de la douceur et de la charité à la contrainte et à la haine. Le livre d'Aimé Richardt n'en est pas pour autant une hagiographie de cet esprit insigne, de cet évêque précoce et de ce grand orateur sacré.

 

Certes Bossuet ne fut jamais un courtisan, mais il dut composer plus qu'il n'aurait voulu avec les moeurs dissolues de la cour de Louis XIV. Certes il fut la conscience de l'Eglise de France, mais, à tort, il prit fait et cause pour sa version gallicane dans l'affaire de la Régale et des Quatre Articles, qui lésaient la papauté et foulaient aux pieds les coutumes locales. Dans l'affaire du quiétisme, meurtri de devoir renier Fénelon, qu'il avait considéré jusqu'alors comme son fils spirituel, il se laissa emporter par sa fougue contre lui.

 

Le rôle de Bossuet, hélas, n'a pas été mineur dans la révocation de l'Edit de Nantes par le Roi-Soleil, qui fut la catastrophe politique et économique que l'on sait et qui fut le tournant sinistre de son règne. Soucieux de rétablir l'unité de la foi et de sauver les âmes quelles qu'elles fussent, Bossuet a en effet justifié alors tous les moyens pour parvenir à cette fin, même si, dans son évêché, il a empêché que n'y soit infligée la rigueur des soudards, comme ce fut le cas ailleurs, dans le Midi ou dans l'ouest du royaume.

 

Bossuet laisse derrière lui une oeuvre morale et théologique considérable, dans laquelle ses successeurs mitrés et ecclésiastiques peuvent puiser des éléments solides pour lutter contre le libertinage des uns ou l'hérésie des autres. Cette oeuvre est certes religieuse et d'une grande hauteur de vue sur le fond, mais elle est aussi oeuvre littéraire d'une forme incomparable au service de sermons ou d'instructions épiscopales aux élégantes et fortes périodes.

 

Dans son livre biographique, Aimé Richardt en donne de nombreux exemples et l'on ne peut qu'être ébloui par son style d'une grande pureté classique. Il n'est pas étonnant que, notamment, ses oraisons funèbres soient passées à la postérité et que son génie oratoire, aux belles envolées, dans sa plénitude, y atteigne des sommets. La collection de La Pléiade a d'ailleurs consacré un de ses volumes à des oeuvres choisies parmi ces monuments de la langue classique.

 

Le livre d'Aimé Richardt se termine par quelques citations, qui "n'ont pas la prétention de résumer la pensée de M. de Meaux". Il en est une, toutefois, qui, sans la résumer, me semble tout de même emblématique de la pensée de ce chrétien exemplaire: "Les deux vices les plus ordinaires et les plus universellement étendus que je vois dans le genre humain, c'est un excès de sévérité, et un excès d'indulgence; sévérité pour les autres, et indulgence pour nous-mêmes."   

 

Francis Richard

 

Bossuet - Conscience de l'Eglise de France, Aimé Richardt, 364 pages, François-Xavier de Guibert

 

Livres précédents de l'auteur chez le même éditeur:

La vérité sur l'affaire Galilée (2007)

Calvin (2009)

Saint François de Sales et la Contre-Réforme (2013)

Jean Huss, précurseur de Luther (2013)

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 17:45
Le poids de l'impôt, Nouvelle Revue d'Histoire n°75, Novembre-Décembre 2014

Combien de fois n'ai-je pas entendu cette expression: "Ça ne durera pas autant que les impôts". Ça? Tout. Tout serait périssable, sauf les impôts... Il faudra bien un jour en finir avec ce fatalisme, qui est l'une des marques de la servitude volontaire...

 

Dans sa dernière livraison, en couverture, La Nouvelle Revue d'Histoire , NRH, promet au lecteur de lui faire connaître "les origines de l'impôt". Ce n'est, hélas, pas une promesse réellement tenue par le bimestriel, et pour cause. Les origines de l'impôt se perdent dans la nuit des temps, avant que n'apparaissent les Etats.

 

En fait, plus modestement, il est question des "origines de l'impôt royal". La première phrase du premier article de la revue qui traite de ce sujet n'est rien moins qu'anticonformiste: "L'organisation d'un régime fiscal régulier et rigoureux témoigne généralement du degré de civilisation atteint par une société."

 

Emma Demeester, auteur de ces lignes, fait allusion à l'Empire romain dont l'effondrement se serait accompagné de la disparition de son système fiscal, "en même temps que la plupart des acquis de la civilisation antique". A cette aune-là la France d'aujourd'hui aurait atteint un degré très haut de civilisation...

 

Dans un livre lumineux, Rome - Du libéralisme au socialisme, Philippe Fabry montre qu'en fait l'Empire romain était devenu de plus en plus socialiste et qu'il est mort justement, entre autres, par la grâce de son merveilleux système fiscal.

 

Pour en revenir "aux origines de l'impôt royal", l'historienne de la revue historique montre que le périmètre de l'Etat monarchique s'est élargi quand, pour faire la guerre, le souverain ne s'est plus contenté des revenus que lui procurait son domaine personnel.

 

Au cours des siècles l'administration royale a ainsi organisé la gestion de ses ressources externes de façon de plus en plus cohérente, c'est-à-dire en opérant la spoliation par la force de manière de plus en plus efficace. La cohérence a toutefois des limites, puisque tout le monde n'était pas logé à la même enseigne et que d'aucuns, hommes ou pays, aux dépens des autres, bénéficiaient pour de bonnes raisons de privilèges ou d'exemptions, voire des deux.

 

Ce développement de l'Etat royal, donc de la pression fiscale, ne s'est pas fait sans rencontrer des résistances. Ces résistances - c'est là où l'Histoire va à l'encontre des préjugés marxistes - étaient le fait non seulement des paysans, mais des nobles. Philippe Conrad égrène la longue litanie des soulèvements, qui jalonnent le sombre XVIIe siècle (après ceux du XVIe), et mentionne celui des Bonnets rouges, en 1674, contre l'institution du papier timbré.

 

On en viendrait presque à regretter la dîme, si elle avait été le seul impôt... En effet c'était l'impôt en nature que les fidèles devaient acquitter pour subvenir aux besoins du clergé, à l'entretien des édifices religieux et au soulagement des pauvres: "Si l'on essaie d'obtenir une moyenne pour l'ensemble du royaume, le taux du treizième serait, selon l'historien René Pillorget, le plus plausible". Or 7,7%, c'est moins cher payé que la Sécu...

 

L'histoire de la gabelle ne manque pas de sel. Jean-Joël Brégeon raconte que "Colbert cherchera à rationaliser un monopole reconnu de tous comme "l'un des principaux soutiens de l'Etat", qu'il tient lui-même pour "la plus noble des fermes", "un droit de couronne indiscutable"". Ben voyons.

 

Comme, à l'époque, le sel est un produit de nécessité, c'est un instrument totalitaire pour tenir les populations en laisse, d'autant que prix et quantités minima sont déterminés au sommet de manière arbitraire et que les faux-sauniers risquent les galères au mieux, la mort au pire.

 

Jean Kappel s'émerveille: "La Ferme est [...] une extraordinaire machine financière, qui manipule des sommes énormes dont le montant ne cessera de croître tout au long du XVIIIe siécle" et cite, parmi les fermiers généraux, c'est-à-dire parmi les quarante grands percepteurs d'impôts, Claude-Adrien Helvétius et Antoine Laurent de Lavoisier. Il ajoute que c'est "pour ceux qui s'y engagent, un moyen de promotion et d'accès à l'élite sociale"... Certes, mais sur le dos des populations.

 

La Révolution devait mettre fin à la tyrannie fiscale exercée sur les populations: voeux pieux... Virginie Tanlay rend tout honneur au seigneur qui a mis bon ordre à dix années de pagaille révolutionnaire: Napoléon est "le fondateur d'un système que l'on considère comme l'une des "masses de granit" sur lesquelles il a bâti l'Etat français tel qu'il s'est développé au cours des deux derniers siècles". Elle précise que, connu encore sous le nom de Bonaparte, il a entrepris "une remise en ordre générale, fondée sur les principes militaires d'uniformité et de hiérarchie."

 

En écho, là il faut citer Philippe Fabry qui, dans l'ouvrage mentionné plus haut, écrit: "Avec Dioclétien l'Empire n'est plus romain, il est Empire tout court. Il n'est plus l'hégémonie d'une nation sur ses voisins mais la domination d'un Etat unique sur un ensemble de territoires. La bureaucratie et l'administration représentant cet Etat en tout point du monde romain s'accroît et s'organise sur le modèle de l'armée."

 

Le dossier de la NRH se termine par un article sur l'institution de l'impôt sur le revenu en 1914 et par un article sur Pierre Poujade et sa rébellion contre le fisc. Comme cette rébellion n'a été qu'un feu de paille, il n'est pas très intéressant d'y revenir. Une citation figurant dans le premier de ces deux derniers articles vaut d'être reproduite. Waldeck-Rousseau, opposant de la gauche radicale à l'impôt général sur le revenu, dit en effet avant que cette institution ne soit votée finalement par le Sénat le 15 juillet 1914:

 

"La Révolution ne s'y est pas méprise: le droit de propriété ne va pas sans l'égalité devant l'impôt. Il y a un antagonisme invincible entre le droit de propriété tel qu'il est reconnu par la Révolution et la progression de l'impôt."

 

C'est ce que ne voient toujours pas, de nos jours, nos politiciens français (et d'autres nationalités) qui sont de fervents spoliateurs sans le savoir...

 

Francis Richard

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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