Depuis des années
la France est déficitaire. Elle vit à crédit. Elle tire des traites sur l'avenir. N'importe quel ménage, ou n'importe quelle entreprise, qui se comporterait ainsi serait mis en
faillite. Cela dure depuis 35 ans. Les Français se sont habitués à cet état de choses. Ils ne pensent même pas que l'Etat, multiforme et monstrueux, puisse engendrer autre chose que des
déficits.1 La Confédération équilibre à terme ses dépenses et ses recettes.
2 Le plafond des dépenses totales devant être approuvées dans le budget est fixé en fonction des recettes estimées, compte tenu de la situation conjoncturelle.
3 Des besoins financiers exceptionnels peuvent justifier un relèvement approprié du plafond des dépenses cité à l’al. 2. L’Assemblée fédérale décide d’un tel relèvement conformément à l’art. 159, al. 3, let. c.
4 Si les dépenses totales figurant dans le compte d’Etat dépassent le plafond fixé conformément aux al. 2 ou 3, les dépenses supplémentaires seront compensées les années suivantes.
5 La loi règle les modalités.
Autrement dit la Confédération doit équilibrer ses dépenses et ses recettes sur un cycle conjoncturel. Il ne peut
pas y avoir de déficit structurel comme les keynésiens le préconisent.
Il en résulte que l'endettement public [ici tableau en bas de
page] - Confédération, Cantons, Communes, Sécurité sociale obligatoire - est moindre. De 32,2 % du PIB en 1990 il est monté jusqu'à 55,3% en 1998, redescendu à 41,3% en 2008, pour
redescendre cette année encore à 40% [voir ici l'article de La Tribune de
Genève, d'où est tirée la photo ci-dessus], malgré la récession. Les recettes fiscales sont de ce fait contenues. Elles oscillent entre 31,2% du PIB en 1990 et 38,4% en
2003. Elles sont estimées à 37,2% en 2008.
Comparées aux 65 milliards du plan de relance français, les trois phases, à la mode suisse, de mesures de stabilisation, décidées, sur proposition du Conseil fédéral, et
réduites par le parlement helvétique, paraissent bien modestes, 2,1 milliards de francs au total (ici), soit de l'ordre de 1,4 milliard d'euros, et c'est tant mieux. Comme je l'écrivais en avril dernier
(ici) :
Les pays qui s'en sortiront le mieux seront ceux qui auront
le moins relancé.
Enfin prenons le dernier indicateur qu'est le taux de chômage (ici). En 1998 le taux de chômage en
moyenne annuelle était en Suisse de 3,9%. A partir de là ce taux est descendu à 1,7% en 2001. Il est remonté en 2008 à 2,6%. Du deuxième trimestre 2008 au deuxième
trimestre 2009, le taux de chômage est passé ici de 3,4% à 4,1% (ici). Les conditions cadres
de son économie y sont pour quelque chose. Et puis, trop de protection sociale, comme en France, tue la protection.
Comme on le voit les meilleurs résultats obtenus par la Suisse ne sont pas le fruit du hasard. Même s'il reste trop gourmand à mon goût, l'Etat y est bien moins rapace qu'en France et
c'est la raison essentielle pour laquelle la Suisse se porte mieux que la France, complètement à la dérive. Le dernier renforcement de l'Etat pourrait bien finir par achever cette
moribonde.
Francis Richard
L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.
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