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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 21:25

Dans un régime socialiste, comme en actuelle normalie française, les riches ne devraient tout simplement pas exister.

 

Les riches sont de méchants exploiteurs qui doivent rendre ce qu'ils ont obligatoirement dérobé au bon peuple. Il est juste de les faire payer et c'est encore une faveur que de leur laisser la vie sauve.

 

Je caricature bien sûr, mais pas tant que cela, après avoir entendu les Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly et même François Hollande pendant la campagne de la dernière présidentielle.

 

Mélenchon voulait taxer les riches à 100% à partir d'un revenu annuel de 360'000 euros, Joly à 60% au-delà de 100'000 euros et 70% au-delà de 500'000 euros. Hollande veut les taxer à 75% au-delà d'un million d'euros.

 

Hollande a même répété plusieurs fois qu'il n'aimait pas les riches. Qu'il ne s'étonne pas qu'à l'exception de la nomenklatura qui profite de l'Etat pour s'enrichir sur le dos des contribuables et qui échappe en partie à l'impôt, les riches du privé le lui rendent bien en votant avec leurs pieds sans la moindre intention de se laisser plumer.

 

Dans leur livre paru en fin de campagne présidentielle Jean-Philippe Delsol, avec la participation de Nicolas Lecaussin, montre A quoi servent les riches. Le premier est avocat et administrateur de l'IREF, Institut de recherches économiques et fiscales ici, et le second en est le directeur du développement. Il n'est donc pas surprenant qu'ils nous expliquent que les riches sont des "producteurs de richesse sociale":

 

"Une société sans riches serait une société de pauvres, façon Cuba ou Corée du Nord. Car chaque fois que les sociétés ont voulu éradiquer les riches, à l'exemple de l'Union soviétique et de ses satellites, elles n'ont produit qu'une misère partagée." 

 

Les riches ne sont pas très nombreux en France:

 

"D'après les statistiques (INSEE), 2,9% de la population française auraient des revenus disponibles supérieurs à 4 500 euros par mois et environ 250 000 ménages (les "richissimes") gagneraient autour de 9 000 euros, soit moins de 1% de la population."

 

Les Français ont la mémoire courte. Ils ont oublié, ou ne savent pas pour les plus jeunes, que:

 

"Grâce au capitalisme, le monde se porte mieux qu'il y a vingt, cinquante ou cent ans. Nous vivons dans de meilleures conditions qu'il y a un siècle. On mange mieux, plus sain, on vit beaucoup plus longtemps et, en général, on ne se porte pas trop mal. N'en déplaise aux écolos, la nature aussi va bien, l'environnement n'a jamais été aussi propre qu'aujourd'hui. Si notre vie s'est améliorée, c'est grâce au système capitaliste et à la démocratie."

 

Les 10 premières fortunes de France représentent 700 000 emplois et les 500 premières, dont un tiers sont des self-made men ou women, des millions. Leur fortune représente 14% du PIB, soit 272 milliards. La redistribuer "aux 8,2 millions de pauvres recensés par l'INSEE équivaudrait à donner à chacun d'eux 33 000 euros":

 

"C'est une jolie somme mais elle n'est pas suffisante pour vivre toute une vie."...

 

Contrairement aux idées reçues les chiffres prouvent qu'en France l'écart entre les plus riches et les plus pauvres se réduit plus qu'ailleurs en raison de la part croissante du produit de l'impôt sur le revenu supportée par les plus riches. Le même phénomène est observable en Grèce, en Irlande et en Espagne, qui sont - comme chacun sait - les pays les plus prospères de l'Union européenne et de la Zone euro...

 

La France est de plus un des pays de l'OCDE, après le Royaume-Uni et le Canada, où le patrimoine est le plus taxé, notamment avec l'ISF, l'impôt de solidarité sur la fortune, "qui est insupportable pour ceux qui ont des grandes fortunes et qui préfèrent s'exiler en Suisse, en Belgique ou ailleurs":

 

"L'impôt sur le capital est intelligent lorsqu'il ne devient pas multiforme comme en France et lorsqu'il ne s'ajoute pas à d'autres impôts déjà très élevés."

 

Une autre position idéologique des socialistes est de vouloir limiter les salaires. Les communistes l'ont essayé en Union soviétique avec les résultats que l'on sait... L'alternative est la suivante:

 

"Que voulons-nous: favoriser la croissance des petits salaires, quand bien même les plus hauts croîtraient plus encore, ou niveler les salaires car tout écart devient psychologiquement, et donc politiquement, insupportable au-delà d'un certain niveau?"

 

Le contrôle des salaires finit par - les auteurs disent "peut" - conduire à la pauvreté pour tous et au nivellement par le bas.

 

Comme on l'a vu, si l'écart se réduit entre les plus riches et les plus pauvres, c'est en raison de la part croissante de l'impôt sur le revenu que les premiers supportent. Pourquoi cette part est-elle croissante? La progressivité de l'impôt en est la cause. Mais est-ce juste? En France ceux qui ne payent pas d'impôt sur le revenu sont majoritaires: 

 

"La justice décidée par ceux qui ne payent pas tourne vite à l'injustice pour ceux qui payent."

 

Est-ce seulement efficace? L'histoire récente montre que:

 

"Au-delà d'un certain niveau d'imposition, plus le taux de l'impôt augmente, plus le produit de l'impôt baisse. C'est précisément la fameuse courbe de Laffer qui a convaincu Reagan, avec succès, qu'il fallait réduire les impôts pour augmenter les revenus de l'Etat."

 

Alors, des cadeaux aux riches?

 

"Les contribuables ne sont pas tant intéressés par la masse d'impôts qu'ils payent que par ce qui leur reste de l'argent qu'ils ont gagné, et plus encore par l'évolution des taux d'imposition."

 

Les auteurs condamnent avec raison les niches fiscales parce que leur abondance nuit à la clarté et à la transparence du système fiscal et parce qu'il s'agit d'avantages particuliers souvent indus. De plus:

 

"Les niches occultent le marché, le dévoient, c'est-à-dire qu'elles détournent la logique économique d'allocations du capital au profit de motivations artificielles ou pour le moins faussées."

 

Les auteurs sont favorables à la flat tax - ou impôt proportionnel - dont ils soulignent qu'elle est facile à mettre en oeuvre, qu'elle empêche l'Etat d'interférer dans tous les secteurs de la vie économique et sociale, qu'elle est synonyme d'économies et d'équité. L'expérience des nombreux pays qui l'ont adoptée montre, de surcroît, qu'elle est efficace et qu'elle donne une dynamique au système économique.

 

Le chapitre sur les riches de l'Etat devrait être largement diffusé en France:

 

"Le personnel du secteur public et para public a continué à profiter de ses privilèges alors que l'Etat croule sous le poids de la dette et des déficits. Salaires, primes, retraites, vacances, crise ou pas crise, les fonctionnaires et les agents publics ont reçu toujours plus."

 

Les chiffres communiqués donnent d'autant plus le vertige que l'emploi public s'est accru, même au cours des dernières années pour atteindre environ 7 millions de personnes sur un emploi total de 25,5 millions, soit 28% de la population active. Comment cela se fait-il? Tandis que le nombre des fonctionnaires d'Etat diminuait, celui des fonctionnaires territoriaux ne cessait d'augmenter...

 

Les auteurs remarquent à juste titre:

 

"Il ne s'agit pas de stigmatiser tous les fonctionnaires alors que certains font leur travail au mieux et dans des conditions parfois difficiles. Mais il y en a beaucoup qui profitent d'un système de privilèges qu'ils défendent becs et ongles et contre vents et marées. Ils se conduisent comme des petits riches, plus arrogants encore que les vrais riches, fort de leur monopole et de leur impunité. Cette richesse-là est plus condamnable que toute autre car elle n'est en rien productive et c'est pourtant celle qui est le plus à l'abri des critiques."

 

Dans leur conclusion ils disent que la richesse n'est pas immorale et qu'elle n'est pas non plus une maladie:

 

"Il ne faut pas bannir la richesse, mais il faut refuser qu'elle soit réservée toujours aux mêmes. Elle doit être le fruit du mérite et du travail, fussent-ils celui des générations qui nous ont précédés."

 

Francis Richard

 

A quoi servent les riches, Jean-Philippe Delsol avec la participation de Nicolas Lecaussin, 238 pages, JC Lattès ici 

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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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