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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 21:50

Obama réforme de santéObama [la photo provient d'ici] était présenté comme un modèle de vertu. La façon dont il vient de réussir à faire passer sa réforme de la santé montre bien que non. Ce Démocrate n'en est pas un. Il n'en porte que l'étiquette. Mais l'affaire n'est pas terminée, puisque la loi fédérale sera vraisemblablement contestée en justice, au moins localement ici, sinon au niveau fédéral.

Voulant à tout prix faire le bonheur des Américains contre leur gré, Obama leur impose une réforme de la santé dont, à une large majorité - 60% -, ils ne veulent pas. Cela s'apparente à un véritable déni de démocratie. Il y a de fortes chances que les élus démocrates qui l'ont voté le payent cher en novembre, aux élections de mi-mandat [219 Démocrates l'ont acceptée, 34 l'ont refusée, les 178 Républicains l'ont refusée en bloc].  

Avant de parler de l'obamagouille qui a permis au président des Etats-Unis de parvenir à ses fins, il convient de tordre le cou à quelques idées reçues. 

32 millions sur les 46,3 millions de personnes qui n'avaient pas de couverture maladie, seront bénéficiaires de la réforme de la santé voulue par Obama et votée hier soir par la Chambre des Représentants des Etats-Unis [dont la population totale est de 301 millions d'habitants]. Et tout le monde s'extasie ...

Il faut savoir que, sur les 46,3 millions d'Américains [tous les chiffres sont de 2008] qui n'avaient pas de couverture maladie, 17,6 millions n'en voulaient pas parmi ceux qui gagnent plus de 50'000 dollars, parce qu'ils sont en mesure de faire face par leurs propres moyens à un accident de santé.

Par ailleurs 14 millions, toujours sur les 46,3, sont automatiquement pris en charge par Medicaid - ils se trouvent en-dessous du seuil de pauvreté - ou par Medicare - ils ont plus de 65 ans -, et 9,7 millions sont des étrangers dont la durée et le motif de séjour sont divers.

5 millions sont donc réellement sans aucune couverture [voir l'article de Jacques Garello du 14.09.09 , Obama se fâche, ici et le site de statistiques américain US Census Bureau ici et ici]. Parmi ces 5 millions de non-assurés 20% sont des chômeurs. Qui, pour 44% d'entre eux, restent au chômage pendant 4 mois et, pour 20%, entre 5 et 8 mois.

Il convient donc de ramener la non-couverture maladie des Américains à de plus justes proportions. D'autant que comme le soulignait Jacques Garello dans son article mentionné plus haut : 

"Il existe aux Etats-Unis un réseau très dense d'associations caritatives, confessionnelles ou non, qui prennent en charge les plus dépourvus."

Avec la réforme de santé Obama les Américains vont subir un régime de contrainte sans précédent ici, qui explique pourquoi une majorité d'Américains y est hostile. 

Il sera notamment obligatoire de s'assurer sous peine d'amende. Contrôles de prix et amendes pourront être infligées à des médecins, à des hôpitaux, à des entreprises. L'industrie pharmaceutique et celle des équipements médicaux, de surcroît, seront taxées d'importance. Les sociétés d'assurances seront sévèrement réglementées.

Les personnes déclarant au moins 200'000 dollars - 250'000 dollars pour les couples mariés - passeront à la caisse ici . La taxe Medicare passera pour eux de 0,9 à 2,35% et les revenus de leurs investissements seront taxés à 3,8%. Ce qui encouragera certainement les intéressés à développer leurs activités économiques ...

Les Démocrates sont optimistes. Ils évaluent le coût de cette réforme à 940 milliards de dollars sur 10 ans. Or ils se basent sur une progression des dépenses de santé de 7% par an, soit un doublement en 10 ans. Dans ces conditions il est vraisemblable que les recettes auront du mal à suivre et que les déficits induits alimenteront les autres ...

Cette magnifique réforme, votée en pleine crise, sans doute pour l'enrayer, a été obtenue par une magouille qu'il faut raconter parce qu'elle montre que le personnage qui en est l'instigateur est peu reluisant.

Il faut d'abord rappeler que la Chambre des Représentants a adopté un projet de loi le 7 novembre 2009 et que le Sénat en a adopté un autre le 24 décembre 2009.

Normalement une commission mixte aurait dû être constituée. Sa tâche aurait été de rédiger une version de compromis entre les deux projets de loi, qui aurait été soumise alors à chacune des deux chambres. Il aurait fallu obtenir 218 voix sur 435 dans la première et 60 voix sur 100 dans la seconde. L'élection de Scott Brown au siège de Ted Kennedy a mis par terre ce plan mirifique.

Les Démocrates ont alors décidé d'entamer une procédure de réconciliation qui consiste à adopter le projet de loi tel que voté par le Sénat le 24 décembre 2009, puis de voter un second projet de loi modifiant celui-ci en y introduisant les éléments rejetés initialement par le Sénat. Ce second projet, voté également la nuit dernière, doit encore être approuvé par le Sénat, mais cette fois la majorité requise n'est plus que de 51 voix sur 100...

Il faut enfin savoir que cette procédure de réconciliation n'est possible que pour des mesures budgétaires. Or, comme le soulignent les Républicains, le second projet ne contient pas seulement des mesures budgétaires, même s'il en contient ... Il y aurait donc utilisation abusive de cette procédure...

Pour parvenir aux 218 voix requises pour les deux projets de loi, le président Obama a enfin accepté de renoncer que l'ordre exécutif de la réforme, qui la rendra effective, interdise le financement de l'avortement par des fonds fédéraux. Il fallait que la réforme passe coûte que coûte pour ce fervent partisan de la culture de mort et il a obtenu in extremis le ralliement à sa réforme des 12 membres du groupe démocrate anti-avortement, dont le représentant démocrate de Pennsylvanie, Bart Stupak, est le meneur...  

Francis Richard

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611e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi
  

      

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:45

logo omsTout n'est pas encore clarifié dans cette affaire de déclaration de "pandémie" faite le 11 juin 2009 par l'OMS. Sans être un spécialiste, dès le 14 août 2009 [voir mon article Après le réchauffement la grande peur fabriquée de la grippe A/H1N1 ] j'écrivais:

En avril 2009, l'OMS publiait un aide-mémoire sur la grippe saisonnière (ici). Dans ce document on pouvait lire :

Au niveau mondial, ces épidémies annuelles sont responsables d'environ trois à cinq millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès.

Il est bon d'avoir ces chiffres présents à l'esprit pour raison garder et ne pas céder à la panique qui semble gagner les esprits, parmi les plus hauts placés.

Selon l'OMS toujours (
ici) :

Une pandémie de grippe est un phénomène rare mais récurrent.

Il y en a eu trois au vingtième siècle :


- la grippe espagnole en 1918 : 40 à 50 millions de morts dans le monde
- la grippe asiatique en 1957 : 2 millions de morts
- la grippe de Hong Kong en 1968 : 1 million de morts

A l'époque déjà, un peu moins de deux mois après que l'OMS avait déclaré qu'il s'agissait d'une "pandémie" :

Il y avait un peu moins de 180'000 (177'457) cas recensés dans le monde dont un peu moins de 1'500 (1'462) décès écrivais-je, ne comprenant toujours pas pourquoi l'OMS parlait de "pandémie".

A la date du 26 janvier 2010, selon le dernier bilan ici dressé à cette date par l'OMS, le nombre de décès s'élevait à 14'142 depuis l'apparition du virus en mars-avril 2009... 

Le 14 août 2009, j'ignorais alors qu'entre avril 2009 et juin 2009 l'OMS avait changé sa définition d'une "pandémie" et que du coup les considérations de l'OMS elle-même sur les pandémies passées étaient ... dépassées.

Le 26 janvier dernier, au Conseil de l'Europe, à Strasbourg, a eu lieu un "échange de vues" ayant pour thème "La gestion de la pandémie H1N1: faut-il davantage de transparence ?" [sic]. 

Les principaux intervenants étaient :

Paul Flynn (Royaume-Uni, SOC), désigné pour préparer un rapport sur ce sujet pour l’APCE[l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe], en vue d'un débat éventuel en juin 2010
le Dr Wolfgang Wodarg, ancien président de la Sous-commission de la santé de l'APCE
le Dr Keiji Fukuda, représentant l'OMS
le Dr Luc Hessel représentant  le Groupe des fabricants européens de vaccins,
le Dr Ulrich Keil, Professeur d’université et Directeur du Centre de collaboration de l’OMS pour les épidémies à l’Institut d’épidémiologie de l’Université de Münster.

L'internaute intéressé pourra lire ici des extraits des interventions de ces principaux intervenants sur le site du Conseil de l'Europe.

Dans l'intervention du Dr Wolfgang Wodarg ici, j'ai relevé l'ancienne définition d'une pandémie qui avait cours jusqu'à fin mai 2009 :


"An influenza pandemic is a worldwide epidemic caused by a new strain of virus which leads to infection rates and mortality rates which exceed seasonal but similarly heavy waves of influenza by several orders of magnitude. A precondition for an influenza pandemic is the appearance of a viral subtype which had not yet circulated amongst the human population or which had occurred so long ago that no residual immunity remains amongst the population, and which is capable of provoking severe illness and of disseminating effectively from one human to another."

 


"Une pandémie de grippe est une épidémie mondiale causée par une nouvelle souche de virus qui conduit à des taux d'infection et de mortalité qui excèdent ceux d'une grippe saisonnière mais aussi ceux des grandes vagues de grippe par plusieurs ordres de grandeur. Une condition requise est l'apparition d'un sous-type viral qui n'a pas encore circulé parmi la population mondiale ou qui s'est produit il y a si longtemps qu'il ne reste pas d'immunisation parmi la population, et qui est capable de provoquer de sévères maladies et de se propager d'un homme à un autre

Dans un article du Figaro du  28 avril 2009 
iciles niveaux d'alerte de l'OMS, découlant de la définition ci-dessus, étaient les suivants :

"Les phases d'alerte pandémique de l'OMS comptent six niveaux différents. Les deux premiers correspondent à une phase de veille, l'infection majoritairement animale n'ayant encore fait que peu de victimes parmi les hommes. Le niveau 3 est actionné quand le virus est actif dans plusieurs foyers mais ne se transmet pas encore massivement entre humains. À ce stade, la pandémie est encore considérée comme potentielle. Les stades 4 et 5 sont les dernières marches avant la pandémie, qui est officiellement déclarée quand le stade 6 est activé."

Ces phases avaient été élaborées en 2005. La révision de 2009  
ici donne des définitions similaires pour les phases d'alerte de niveaux 1 à 4 [je n'ai pas trouvé de nouvelle définition proprement dite d'une pandémie de grippe sur le site de l'OMS], mais les phases de niveaux 5 et 6 ne se basent plus sur des taux d'infection ou de mortalité excédant ceux d'une grippe saisonnière, elles se basent sur la propagation géographique du virus :

La phase 5 : "se caractérise par une propagation interhumaine du virus dans au moins deux pays d’une Région de l’OMS"

La phase 6 : "dite aussi phase de pandémie, [...] se caractérise par des flambées à l’échelon communautaire dans au moins un pays d’une autre Région de l’OMS en plus des critères définis à la phase 5".

Pourquoi avoir changé les critères 2005 pour des critères 2009 automatiquement plus alarmistes ? Il est encore trop tôt pour le dire de manière sûre. Mais il n'y a, à mon sens, que deux réponses possibles : ou l'OMS en les changeant a fait preuve d'incompétence puisqu'il n'y a pas eu réellement pandémie [l'ancienne définition était bien plus conforme avec la réalité du terrain]; ou l'OMS a été corrompue par les fabricants de vaccins, pour lesquels ce fut le marché du siècle...

Francis Richard

Articles précédents sur le sujet :

Après le réchauffement la grande peur fabriquée de la grippe A/H1N114.08.2009
Influenza gate: en Suisse le nombre incertain de doses de vaccins en trop07.01.2010
Influenza Gate : des vaccins contre la grippe A/H1N1 sont-ils bons pour la poubelle?05.01.2010

Nous en sommes au

569e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 20:15
vaccin contre grippe a h1n1La grippe A/H1N1 n'est pas ce qu'elle aurait dû être si l'on en croyait les spécialistes qui se sont mis le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. En effet cette fichue grippe aurait dû prendre les dimensions d'une pandémie planétaire. Elle aurait dû clouer au lit et tuer beaucoup de monde. Les gens auraient dû avoir peur et se faire vacciner par millions, de surcroît plutôt deux fois qu'une. Les armes de vaccination massive (la photo ci-contre provient du Figaro ici) auraient dû relancer l'économie pharmaceutique par la grâce des Etats, qui savent mieux que vous ce que vous devez faire, et qui l'ont prouvé une fois de plus.

Un peu de jugeote et l'habitude de voir les Etats agiter le spectre de la peur pour faire rentrer les hommes dans le rang auraient dû suffire pour se rendre compte que tout cela n'était que du pipeau. Je ne le dis pas a posteriori comme d'autres. Dès la mi-août compte tenu de ce qui s'était passé dans l'hémisphère sud qui nous avait devancés dans la période hivernale et la grippe porcine, j'écrivais un article pour dénoncer cette grotesque machination des Etats de l'hémisphère nord (voir mon article du 14 août 2009, Après le réchauffement la grande peur fabriquée de la grippe A/H1N1)  , prenant pour argent comptant ce que leur disait l'OMS pour se faire valoir, comme ils écoutent pieusement le GIEC en matière de réchauffement climatique.

A l'époque nous n'étions pas nombreux à nous insurger contre cette peur fabriquée. Mais il y avait des voix discordantes, d'ailleurs plus autorisées que la mienne, telles que Martin Winckler ou Marc Gentilini, à qui La Première , station d'information de la Radio Suisse Romande, RSR, donnait la parole, pour appeler les populations à ne pas céder à cette panique montée de toutes pièces. L'internaute pourra se reporter à mon article du 14 août pour de plus larges extraits. Je ne résiste cependant pas à citer brièvement l'un et l'autre. Leurs propos prennent en effet un relief particulier, maintenant, à l'heure des bilans.

Le 12 août 2009, Martin Winckler disait à l'antenne de la Radio suisse romande :

"C'est très facile de créer une panique dans la population et c'est très facile de créer une panique chez les politiques qui ont peur qu'on leur reproche de ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour protéger leur population. Du coup c'est très facile de les manipuler en leur disant : commandez-nous donc des vaccins. Alors ils les commandent."

Le 14 août 2009, Marc Gentilini disait à l'antenne de la Radio suisse romande :

"Nous ne critiquons pas du tout les décisions prises par les pouvoirs publics mais j'appelle l'attention de ceux-ci sur les comptes qu'ils pourraient être amenés à rendre. Car pécher par défaut est une faute, mais pécher par excès peut en être une autre."

Hier Roselyne Bachelot, Ministre de la santé française, prenait la décision (ici) d'annuler plus de la moitié des commandes de vaccins passées par l'Etat français. Les commandes passées par l'Etat français - c'est bien connu - n'engagent que leurs fournisseurs : belle démonstration de moralité étatique de la part d'un Etat qui se prétend un parangon de probité! L'économie sera cependant moindre qu'annoncée préalablement, 712 millions d'euros au lieu de 869 millions d'euros, parce qu'entre-temps la TVA, qui aurait dû être récoltée par le même Etat, est passée de 19,6% à 5,5%, du fait de l'autorisation donnée à la mise sur le marché des dits vaccins ... Superbe ! 

Madame Bachelot a eu trois fois tort. Se fiant bêtement à des spécialistes - des noms ! - qui lui disaient que deux doses seraient nécessaires pour être immunisé, elle avait cru bon de commander 94 millions de doses de vaccins pour un pays peuplé de 65 millions d'habitants. Elle avait surestimé sa capacité à faire peur puisque seulement 5 millions de personnes se sont fait vacciner (ici). Elle avait surestimé la pandémie, moins méchante qu'une grippe saisonnière, puisque les décès au 29 décembre se montaient à 198 (ici) contre les 8000 annuels dus à une grippe saisonnière.

Il ne faut pas croire que les autorités helvétiques soient plus intelligentes que les autorités françaises, aussi bien en matière de grippe pandémique que de réchauffement climatique. En effet à l'heure du bilan provisoire, les résultats sont quasiment les mêmes qu'en France. La Suisse aurait en effet commandé 13 millions de doses de vaccins (ici) pour 7,5 millions d'habitants, sans doute en se fiant aux mêmes spécialistes que ceux de Madame Bachelot . Seulement les Suisses sont un peu plus moutons que les Français en matière de vaccins. Ils ont donc été 2 à 3 fois plus nombreux, en proportion, à se faire vacciner. Du coup les surplus sont plus modestes. La Suisse déplore 12 décès (ici) à la date du 27 décembre contre 400 à 1000 dus chaque année à la grippe saisonnière ...

En France comme en Suisse, que des commandes de doses de vaccins soient annulées ou qu'elles soient revendues, il restera encore des stocks. Seront-ils utilisables pour une hypothétique deuxième vague pandémique ou bons pour la poubelle ? 

L'OMS, à l'origine de cet immense gâchis, tente de se justifier en disant que la comparaison de la mortalité due à la grippe pandémique et à la grippe saisonnière n'est pas pertinente (ici)... Peut-être mais il n'en demeure pas moins que l'OMS a fait beaucoup de bruit pour rien et que, ce faisant, il sera désormais difficile de la croire en cas de réelle pandémie.

Francis Richard

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535e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani
 
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:50

hannibal_0.jpgHannibal Kadhafi jouit de l’immunité diplomatique par filiation. Ce diplomate, qui s’est contenté de naître des œuvres d’un certain Mouammar Kadhafi, sombre despote de Tripoli, a une particularité. Sa diplomatie ne s’exerce que sous la forme d’une main leste qui s’abat périodiquement sur son entourage immédiat.


On ne lui connaît pas d’autre activité que celle-là. Du moins si l’on en croit les gazettes.


En effet, pour Hannibal, la domesticité n’est pas un vain mot. Elle inclut sa femme, Aline, tantôt complice, tantôt victime de cette main tantôt baladeuse, tantôt ferme et souple à la fois. Elle inclura  quand ils seront plus grands les trois rejetons qu’Aline lui a donnés. Elle a inclu deux employés pour lesquels les sévices de cette auguste main étaient compris.


Le dernier incident diplomatique à son actif se situe à Londres (ici, d'où provient la photo ci-dessus), dans un grand hôtel cela va de soi. Car l’Hannibal, qui doit avoir dans ses gènes celui du nomadisme, ne se promène pas à dos de chameau, d’oasis en oasis dans le désert libyen, mais en jet, de palace en palace dans l’espace européen, au sens large, puisqu’il inclut la Suisse.


Jean Smet, qui a élu domicile dans ce pays réputé pour son chocolat et ses banques, dans un refrain, nous explique tout le bien qu’il pense de ce genre d’exercice diplomatique :


Les coups,
Quand ils vous arrivent,
Oh oui, ça fait mal.
Les coups,
Qui apprennent à vivre,
Oh oui, ça fait mal


Les coups, ça fait donc mal, certes, mais ils vous apprennent à vivre. N’est-ce pas l’essentiel ? Qui plus est, comme le souligne ce bon Jean Smet :


Plus les coups sont durs et plus vite on apprend
A devenir quelqu'un qui se défend.


Comme l’Hannibal, qui est le meilleur ami de l’home, a dû y aller de main trop morte, je suis sûr qu’il a crié, crié, Aline, pour qu’elle revienne prendre des coups … parce qu’il pleurait de rage et avait pris trop de peine à l’ouvrage.


Ce n’est donc pas par manque de doigté ou de jugeote (ici) que la police genevoise s'est rendue responsable de la rétention de deux citoyens helvétiques dans le pays natal d’Hannibal, mais pour avoir confondu les droits de l’homme avec les droits de l’home, sans doute par inattention auditive, ce qui a constitué un crime de lèse majesté.


Francis Richard  






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530e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani
 

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 19:00
Arrêtés le 15 juillet 2008, à juste titre, pour les sévices qu'ils ont infligés à leurs deux domestiques [photos ci-contre et ci-dessous provenant du site Intérêt Général ici], puis relâchés sous caution au bout de 48 heures, Hannibal Kadhafi et sa femme Aline ont demandé à Papa Muammar, dès leur retour sur le sol libyen, d'arrêter des ressortissants helvétiques en guise de représailles.

Comme Muammar est un bon père, aussitôt demandé, aussitôt fait. La Libye est un état de droit ... du plus fort, au seul profit du gang Kadhafi. Le 19 juillet 2009 deux citoyens suisses sans défense sont donc jetés dans les geôles libyennes sous le prétexte fallacieux qu'ils ne sont pas en règle avec la législation du pays sur l'immigration. Personne n'est dupe qu'il s'agit d'une basse vengeance. Dans d'autres pays une telle infraction à la législation migratoire se traduirait au pire par une mesure d'expulsion.

Relâchés à leur tour sous caution dix jours plus tard, les deux otages suisses ont l'insigne honneur de ne pas avoir le droit de quitter le sol sacré libyen et n'ont pas d'autre choix, par mesure de sécurité, que de se réfugier à l'ambassade suisse de Tripoli pendant plus d'un an. Le 25 septembre 2009, après la fructueuse rencontre, à l'ONU, entre le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, et le Führer libyen, Muammar Kadhafi, et à la faveur d'un contrôle médical, ils sont emmenés vers une destination inconnue, sans doute pour les soigner d'être suisses.

Depuis leur arrestation arbitraire en juillet 2008 - dans la plus pure tradition des régimes totalitaires et népotiques - les domestiques molestés ont été dédommagés par la Libye, les poursuites contre leurs persécuteurs ont été abandonnées par le procureur de Genève, les capitaux libyens ont quitté la Suisse, les relations commerciales entre les deux pays ont été réduites à une peau de chagrin, le président de la Confédération a présenté ses excuses à la Libye - J’exprime mes excuses au peuple libyen pour l’arrestation injuste (1) de diplomates libyens par la police de Genève - et a signé un accord le 20 août dernier qui prévoyait que les relations entre la Libye et la Suisse seraient régularisées sous 60 jours, un avion a été envoyé le 25 août chercher les otages et est revenu avec ... leurs bagages.

Le délai de 60 jours a maintenant expiré depuis deux jours et, comme soeur Anne, nous n'avons rien vu venir. Un avion a même été envoyé là-bas dimanche dernier pour voir les choses de plus près. Il est revenu le lendemain, ce qui n'étonne personne ici, sans les otages (ici) et l'on ne sait toujours pas quel sort leur a été réservé. La femme de l'un d'entre eux n'a pas de nouvelles de son mari depuis le traquenard qui lui a été tendu le 25 septembre dernier et s'inquiète sérieusement sur son sort (ici). Aujourd'hui le Conseil fédéral, représenté par Hans-Rudolf Merz et Micheline Calmy-Rey, a tenu une conférence de presse pour ... ne rien dire sur la nouvelle stratégie qu'il va adopter face au gang Kadhafi qui tient la Libye en coupe réglée (ici), qui a "kidnappé" les deux Suisses et violé les Conventions de Vienne sur les relations consulaires:

Le problème n'est pas en Suisse, le problème est en Libye.

Dans ce contexte Blondesen écrit en toutes lettres sur son blog (ici) ce que beaucoup pensent désormais tout bas:

Nous, le Peuple suisse, nous avons aussi la possibilité de faire pression: en acceptant l'initiative contre les minarets et en disant au monde entier que c'est notamment à cause de gens comme Kadhafi que nous n'en voulons pas chez nous. 

Puisque la TSR refuse d'indiquer depuis quand les otages sont empêchés de quitter la Libye (ici) je suggère que tous les médias libres, à chaque nouvelle publication, rappelle ce décompte des jours que la pleutrerie de la radio "nationale" lui interdit de mentionner.

Nous en sommes au

460e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani  

Francis Richard  

(1) L'internaute peut juger - au vu des photos des sévices - si l'arrestation des "diplomates" libyens par filiation (voir mon article L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation ) était injuste ou non. Ces sévices étaient décrits en ces termes par Valéry Duby dans Le Matin du 18 juillet 2008 :

La jeune femme, engagée à Dubaï  il y a un peu plus d’un mois, porte encore les traces des sévices subis sous son œil gauche. Un coup de poing de monsieur suivi d’un coup de cintre de madame pendant leur séjour genevois.


Le Marocain soulève son T-shirt pour montrer les traces d’un coup de couteau sur la poitrine et de ceinturon dans le dos. Probablement de plus vieilles blessures. 

L'article de Valéry Duby n'existe plus sur le site du Matin...

Rappel des précédents articles sur l'affaire Kadhafi :

Retour sur la 64e session de l'ONU et le bras de fer Kadhafi-Merz du 01.10.09
Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... du 08.09.09
Affaire Kadhafi : en attendant le retour des deux otages. du 27.08.09
Affaire Kadhafi : C'est la honte ! Hans-Rudolf Merz a fini par se coucher du 20.08.09
La prise d'otages en Iran comme en Libye est une politique de dictature du 11.08.09
Affaire Kadhafi : avant de franchir les 2 derniers millimètres du 23.07.09
Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi du 29.06.09
L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation du 24.04.09
Kadhafi réclame 300'000 francs à la Suisse pour jouer au Père Noël  du 24.12.08
Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses  du 9.10.08
Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  du 13.08.08
Affaire Kadhafi : trompe-l'oeil du parallèle entre Libye et Suisse du 31.07.08
Affaire Kadhafi : baisser son pantalon en étant dans son bon droit du 29.07.08
L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris du 25.07.08


L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème. 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 19:00
L'illettrisme n'est pas simplement le fait de ne pas savoir lire, mais surtout de ne pas comprendre ce que l'on lit. L'Office fédéral de la culture en donne une définition (ici), qui, à défaut d'être écrite dans une langue superbe, dit bien ce que ce néologisme veut dire :

L’illettrisme est un phénomène social observable dans les pays industrialisés ; il décrit le fait d’adultes qui parlent la langue du pays ou de la région dans laquelle ils vivent, qui ont fréquenté l’école obligatoire (au moins 9 ans), mais qui maîtrisent mal les compétences de base – la lecture, l’écriture et le calcul.

Après le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, qui a pris ses désirs pour des réalités et mal compris la missive que lui avait envoyée le Premier ministre libyen [voir mon article Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... ], après la déformation des propos tenus par le Professeur Uli Windisch dans Le Nouvelliste [voir mon article Uli Windisch, sociologue, a dit la vérité, il doit être exécuté ], nous avons un nouvel exemple de l'illettrisme qui sévit aussi bien en France voisine que dans les médias romands avec l'affaire de la pub de l'UDC Genève parue hier dans La Tribune de Genève [photo ci-dessus tirée du quotidien genevois ici].

L'internaute pourra juger sur pièce. Que dit donc cette pub ?

Le CEVA ?
Un nouveau moyen de transport pour la racaille d'Annemasse !
Expulsons les criminels étrangers !
Ne leur offrons pas encore un accès à Genève !
Votons UDC !

Pour l'internaute qui n'est pas du coin, il faut bien expliquer ce qu'est le CEVA. CEVA (ici) est un acronyme pour Cornavin Eaux-Vives Annemasse. C'est un projet de liaison ferroviaire entre Annemasse et la gare de Cornavin à Genève. Il s'agit de desservir une quarantaine de gares sur 60 km, de créer un RER transfrontalier Franco-Valdo-Genevois. Les CFF [Chemins de fer fédéraux] et la SNCF [Société nationale des chemins de fer français] ont créé une société pour étudier ce projet qui ne verra le jour que dans une dizaine d'années.

Qu'est-ce que la racaille d'Annemasse ? S'agit-il, comme l'interprètent les illettrés, des Annemassiens dans leur totalité, voire des frontaliers en particulier ?

Sur le site de la ville d'Annemasse (ici), le maire de gauche, Christian Dupessey, fait cette déclaration délirante, intitulée L'UDC déraille :

Par encart publicitaire et article sur latribunedegeneve.ch, l'UDC se déchaîne par des propos racistes inacceptables. Les Annemassiens sont directement attaqués dans leur honneur et leur vie quotidienne.
Le Maire d'Annemasse, au nom de tous ces concitoyens, se réserve le droit de porter plainte pour diffamation et insultes racistes.
Le Maire d'Annemasse regrette qu'un grand quotidien genevois publie de tels propos. Le Maire d'Annemasse tient à dire sa confiance dans la maturité politique et citoyenne du peuple Genevois.
C'est ensemble que nous construirons notre région commune. C'est ensemble que nous construirons la colonne vertébrale de cette région qu'est le CEVA. C'est ensemble que nous rejetterons les dérives racistes et xénophobes insupportables dans nos démocraties.

Car, si on lit cette phrase - un nouveau transport pour la racaille d'Annemasse -, sans a priori, l'emploi du terme "racaille" ne peut viser que de petites minorités troubles en provenance d'Annemasse.

Que signifie en effet le mot "racaille" ? Le Larousse donne cette définition classique :

Populace méprisable ; catégorie de personnes considérées comme viles.

Le Littré donne celle-ci, qui n'est pas moins classique :

La partie la plus vile de la populace.

Les deux dictionnaires sont donc d'accord sur l'emploi de deux mots : vil et populace.

Or vil au sens propre signifie "de peu de valeur" et au sens figuré "méprisable". Quant à "populace" il s'agit de la frange la plus basse d'un peuple. En s'en prenant à la "racaille" d'Annemasse, l'UDC Genève désigne donc une partie infime de la population d'Annemasse.

Il est même vraisemblable que l'UDC Genève entend "racaille" dans l'acception récente des quartiers défavorisés français, qui désigne ainsi les individus qui règnent par la crainte dans de tels quartiers, en verlan "caillera".

Que des frontaliers se soient sentis visés par le mot de "racaille", qui est très restrictif, en dit long sur les fantasmes que l'idéologie anti-raciste, créée par la gauche, peut susciter en France. Il est évident que l'UDC, dont le discours est différent de celui du MCG [Mouvement des citoyens de Genève] sur le sujet des frontaliers, ne visait dans cette pub que les criminels étrangers, qu'elle demande d'ailleurs d'expulser à la phrase suivante.

Or il faut se voiler la face pour ne pas voir que plus de 70% des condamnations pénales à Genève sont prononcées contre des étrangers (ici), venus de France pour une grande part. Reste bien sûr à savoir pourquoi il y a une telle criminalité étrangère à Genève. Peut-être les édiles de la France voisine devraient-ils se demander si leur incapacité à juguler leur propre criminalité chez eux et si la politique économique étatiste d'appauvrissement qui sévit chez eux ne sont pas des raisons suffisantes pour inciter leur "racaille" à aller saccager la Suisse voisine.

En région parisienne, le RER, et ses différentes branches A, B, C et D, sont de formidables moyens de transport, mais ils peuvent être, et ont été, des moyens de transport rapides permettant à la "racaille" des banlieues, au sens moderne du terme, de venir plus facilement faire des actions punitives dans la capitale. L'exemple qui me vient naturellement à l'esprit est celui des incursions de la "racaille" des grandes banlieues lors des manifestations contre le CPE.

Il ne fait donc pas de doute que c'est à ce genre d'accès facilité pour la "racaille" que l'UDC Genève fait allusion dans son avant-dernier slogan :

Ne leur offrons pas encore un accès à Genève !

En réalité la discussion devrait porter sur le bien-fondé de cette assertion - que le CEVA facilitera la venue de "racaille" à Genève - plutôt que sur le caractère  raciste inexistant des phrases qui composent cette pub.

Francis Richard 
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:30
Il y a un abysse entre Muammar Kadhafi et Hans-Rudolf Merz [photo ci-contre parue dans 24 Heures ici], entre le bédouin de carnaval, jamais sans sa tente, et le docteur es sciences politiques, entre le barbare et le civilisé, entre le fou..rbe et le naïf. Ils ne jouent pas dans la même cour et ne peuvent pas se comprendre. Que peuvent avoir en commun un dictateur à vie et un président élu démocratiquement pour un an? Rien.

Les discours qu'ils ont prononcés l'un et l'autre devant l'Assemblée générale de l'ONU montrent à quel point ils sont différents, inconciliables. Le premier, Kadhafi, ne respecte pas les règles, le second, Merz, les respecte peut-être un peu trop. Le premier a parlé plus d'une heure et demi, le second a respecté le temps de parole qui lui était imparti, soit bien moins que les 15 minutes réglementaires.

L'internaute me pardonnera de m'être contenté du résumé établi par la délégation libyenne (ici), même s'il est plus construit que le discours théâtral effectivement prononcé. Je n'ai pas eu le courage de m'infliger le pensum de la vidéo d'une heure 36 minutes du discours du Guide de la révolution de Libye, prononcé le 23 septembre 2009 et qui a lassé même ses plus chauds admirateurs.

En dehors des effets de scène, comme celui de triturer, déchirer, puis lancer derrière lui la Charte des Nations-Unies, ou de conseiller au président Obama, qu'il appelle mon fils, de devenir comme lui dictateur à vie, ou encore d'évaluer à 77,7 milliards de dollars (?) ce que doivent les anciens colonisateurs aux anciens colonisés, il remet en cause le Machin - comme l'appelait affectueusement le général de Gaulle - en se basant sur le propre préambule de sa propre charte, en contradiction avec la charte elle-même, et en soulignant le jeu trouble poursuivi par le Conseil de Sécurité.

Ses remarques, pas toutes farfelues, montrent à quel point l'ONU est une institution critiquable non seulement parce qu'elle est inefficace et coûteuse, mais parce qu'elle est complètement utopique, qu'elle relève de cette idéologie néfaste qu'est le mondialisme, qu'il ne faut pas confondre avec la mondialisation. Muammar Kadhafi est certes mal placé pour faire des remarques sur la démocratie, mais il n'empêche que ce cynique a raison quand il souligne que, selon le Préambule, les pays sont égaux, qu'ils soient grands ou petits, et que le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité est la preuve du contraire.

Kadhafi a raison de dire, en riant sous djellaba, qu'il y a contradiction entre les interventions, éventuellement militaires, de pays disposant du droit de veto, et l'affirmation de la Charte selon laquelle aucun pays n'a le droit d'intervenir dans les affaires intérieures d'un autre pays. Il a encore raison de souligner qu'augmenter le nombre de sièges au Conseil de Sécurité ne résout rien, mais il ne peut que feindre de croire que la solution est de ne plus admettre d'autres membres, mais d'accorder l'égalité à ceux qui en font déjà partie.

Tel quel, selon lui, le Conseil de Sécurité devrait être appelé le Conseil de la terreur. Les superpuissances se servent de l'ONU pour servir leurs intérêts et, au lieu d'apporter au monde la sécurité, ne lui apportent que terreur et sanctions. Parole d'expert...Il en tire la conclusion que le monde n'a pas à suivre ses règles et ses décisions. Il aimerait bien que l'Union Africaine dispose d'un siège au Conseil de Sécurité et qu'après avoir siégé 50 ans dans l'hémisphère nord l'Assemblée générale de l'Organisation se tienne dans l'hémisphère sud pendant les 50 prochaines années...

En contrepoint, dans son discours prononcé le lendemain (ici), Hans-Rudolf Merz dit tout le bien qu'il pense de l'ONU, même si elle peut mieux faire :

La coopération internationale est devenue vitale. L'ONU est le lieu où une telle coopération est mise en oeuvre. Aujourd'hui, le monde a plus que jamais besoin de l'ONU. L'ONU doit poursuivre sur le chemin de la réforme afin de renforcer sa légitimité.

Il salue le rôle de l'ONU :

L'ONU a une légitimité unique pour jouer un rôle actif dans la prévention des conflits, la médiation, la protection des civils, le maintien et la consolidation de la paix. Mon pays salue l'engagement accru de l'ONU dans ces domaines et préconise surtout le renforcement des capacités de prévention et de
médiation du système onusien.

Il se montre plus critique envers le G20 qui doit développer ses échanges avec l'ONU :

Le G-20 manque de légitimité et ne dispose pas de procédures transparentes pour décider des sanctions. Les membres du G-20 eux-mêmes ne sont pas soumis au même type
d'examen. La Suisse préconise une égalité de traitement et une meilleure consultation entre les non-membres du G-20.

Il se fait défenseur de l'économie libérale :

La crise actuelle a parfois été utilisée par certains pour remettre en cause l'économie de marché et la globalisation. Je ne conteste pas le besoin de réforme, les échecs et les abus ayant été trop grands pour être ignorés. Nous devons toutefois nous rappeler que c'est également grâce à l'ordre économique libéral et à l'ouverture des marchés qu'une bonne partie de la population mondiale est sortie de la pauvreté.

Mais dans le même temps il souhaite que les voix du FMI, de la Banque Mondiale, du PNUD [Programme des Nations-Unies pour le développement], de l'ONU, soit autant de Machins, se fassent entendre par le G-20; il promet que la Suisse maintiendra son aide au développement; il propose la création d'une taxe CO2 à l'échelle mondiale fondée sur le principe du pollueur-payeur.

Il croit, sans rire dans son costume-cravate, que le Conseil des droits de l'homme est efficace :

Le Conseil des droits de l'homme est le forum principal pour discuter des droits de l'homme à l'ONU. Tant les procédures spéciales que l'Examen périodique universel ont prouvé leur efficacité en tant qu'instruments dans la promotion et la protection des droits de l'homme. Toutefois, nombreux sont les défis qu'il reste à relever. La Suisse continuera à travailler avec détermination pour un Conseil des droits de l'homme efficace et présentera sa candidature pour un second mandat en 2010. La protection des droits de l'homme, tout comme la promotion de la démocratie et le renforcement des règles de droit, constitueront également les priorités de la présidence de la Suisse au Conseil de l'Europe de novembre 2009 à mai 2010.
 

Bref, tandis que Kadhafi, non sans arrière-pensées, rue dans les brancards, Merz se fait consensuel. A l'iconoclaste, au maître-chanteur, s'oppose le conformiste, le crédule. Le discours poli succède au discours taillé.

Ce sont ces deux personnages dissemblables qui se rencontrent pendant 40 minutes le soir du 24 septembre 2009. La rencontre a lieu à la mission libyenne à l'ONU, à New York. Kadhafi prend déjà l'avantage puisqu'il est en quelque sorte chez lui. Que se disent-ils pendant tout ce temps? Mystère.

Toujours est-il que Merz ressort la mine réjouie, cocu et content, comme on va le voir. Jean-Cosme Delaloye rapporte dans 24 Heures du 25 septembre 2009 (
ici) :

Le Président dit avoir obtenu de Muammar Kadhafi, un homme "poli", qu'il se penche personnellement sur le cas des deux Suisses.

Pas plus tard que le lendemain de la rencontre, le 25 septembre 2009, on apprend (
ici) comment Muammar Kadhafi s'est penché sur le cas des deux Suisses :

Sous prétexte d'un contrôle médical, les deux Suisses ont été convoqués il y a une semaine par les autorités libyennes. Mercredi, par le biais d'une note diplomatique, Tripoli a informé les autorités suisses de la détention des deux hommes d'affaires dans un lieu «sûr».

Depuis on a appris que Muammar Kadhafi exige de nouvelles excuses de la Suisse (
ici), cette fois pour la publication dans la presse genevoise de photos d'identification de son fils Hannibal, prises lors de son arrestation. Nouvelle rumeur? Le Matin du 30 septembre 2009 publie d'abord un démenti de la porte-parole d'Hans-Rudolf Merz, puis rend inaccessible cet article : http://www.lematin.ch/actu/kadhafi-demande-nouvelles-excuses-suisse-faux-dement-berne-172692. Autocensure ?

Dans cette partie de bras de fer, acier contre fer blanc, Muammar Kadhafi a toujours un coup d'avance...sur Hans-Rudolf Merz, qui ne peut même pas imaginer, droit dans ses souliers, que l'autre soit aussi tordu dans ses babouches...

Francis Richard
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 20:50

L'arrestation du grand cinéaste Roman Polanski [photo publiée par Le Point ici] ne peut pas laisser indifférent. Certes il serait fait beaucoup moins de battage s'il s'agissait d'un citoyen lambda. Pour être le plus juste possible il faut donc bien le considérer comme tel, comme un citoyen lambda. L'argument selon lequel il faut le considérer avant tout comme un grand artiste, en conséquence intouchable, est un mauvais argument. Il peut même se retourner contre le réalisateur de Chinatown et du Pianiste

Personne ne doit être considéré, ni ne peut se considérer, comme au-dessus des lois punissant le crime. Ce qui est particulièrement vrai en matière de crime sexuel. Et le réflexe de soutien corporatiste à Roman Polanski, s'il devait avoir pour résultat improbable sa libération,  ne pourrait que renforcer le sentiment que La Fontaine avait raison : Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir...

Les circonstances dans lesquelles s'est déroulée son arrestation peuvent indigner (ici). Je le conçois fort bien. Roman Polanski est un invité de marque du Festival du Film de Zürich (ici), au cours duquel il doit recevoir un prix pour l'ensemble de son oeuvre, et recevoir l'hommage du chef de l'Office fédéral de la culture, Frédéric Jauslin. Or il est arrêté, le 26 septembre, au soir, à sa descente d'avion par la police zurichoise, à la demande, faite la veille, de la justice californienne. La main gauche ignore-t-elle donc ce que fait la main droite? S'agit-il d'un traquenard? 

Ce qui peut étonner en tout cas c'est que Roman Polanski se rend régulièrement en Suisse, à Gstaad, où il possède un chalet, et que, justement, il est arrêté le jour où il se rend à Zürich pour y recevoir un prix, alors qu'il y avait certainement d'autres occasions de le cueillir, dans des circonstances plus discrètes. Cela manque de finesse, comme dit en substance Madame Calmy-Rey (ici). Au Téléjournal de ce soir, sur TSR1, Darius Rochebin évoque la possibilité que ce soit les avocats de l'artiste qui aient provoqué involontairement son arrestation en demandant cet été à la justice californienne l'abandon des poursuites contre leur client... ce qui aurait relancé l'affaire.

Quoi qu'il en soit des circonstances, il faut préciser que la Suisse ne pouvait pas se dérober à la demande d'extradition de la justice californienne. Si en Suisse le crime sexuel de Roman Polanski, relations avec une mineure de 13 ans, est prescrit - le crime de pédophilie a été rendu récemment imprescriptible en Suisse, mais cette imprescriptibilité ne s'applique pas aux crimes anciens -, il ne l'est pas aux Etats-Unis. Or, comme le rappelle, dans 24 heuresMe Christophe Piguet, spécialiste de l'entraide judiciaire, l'extradition doit être ordonnée en fonction du droit américain (ici).

La défense de Roman Polanski ne peut donc pas se fonder sur la forme qu'a prise son arrestation, ni sur le droit stricto sensu. Le crime qu'il a commis est-il odieux ? Oui, il a violé une petite fille en la faisant boire du champagne et en lui administrant un sédatif puissant . Au moment des faits, il n'est pas un perdreau de l'année, il a 44 ans, mais il a eu - il est vrai - bien des malheurs. Sa victime (ici), Samantha Geimer, n'a pas de rancoeur contre lui, ni, d'ailleurs, de sympathie pour lui non plus. A l'époque, un accord est intervenu entre le procureur et les avocats des deux parties, et il a été approuvé par le juge : la reconnaissance de sa culpabilité par Roman Polanski et les 47 jours de détention qu'il a déjà effectués sont pénitences suffisantes pour satisfaire la partie civile.

A la surprise des autres protagonistes, à la dernière minute, le juge revient sur sa parole et n'honore pas cet accord. C'est pourquoi Roman Polanski fuit pour échapper à une peine qui peut aller jusqu'à 50 ans de prison. Samantha Geimer est sévère avec le juge, plus intéressé à sa propre réputation qu'à un jugement équitable et au bien-être de la victime, qui, par la publicité faite autour de l'affaire, a souffert en quelque sorte une peine à vie. Quand elle dit cela au Los Angeles Times 26 ans ont déjà passé. 6 autres se sont encore écoulés depuis. Roman Polanski est devenu un autre homme et, à ma connaissance, il n'a jamais récidivé. C'est tout cela qu'il faut aujourd'hui prendre en considération, pour apprécier son cas, et certainement pas sa qualité d'artiste éminent.

Plutôt que de s'en prendre à la Suisse, qui n'a fait, sans beaucoup de finesse, il est vrai, qu'appliquer un accord international, les vociférateurs feraient mieux de s'en prendre à la justice californienne, qui continue de s'acharner contre Roman Polanski.

Comme je le rappelais dans mon article L'imprescriptibilité en matière pénale ne devrait pas exister  , publié le 26 novembre 2008 : 

Naguère les fondements de la prescription se trouvait dans l'oubli de l'infraction, dont il ne fallait pas raviver le souvenir, et dans l'inquiétude que devait éprouver le criminel de se voir un jour découvert. Ces fondements, dans des sociétés où les valeurs chrétiennes sont de moins en moins à l'honneur, se sont effrités et c'est bien dommage. Aujourd'hui il est de plus en plus rare que des victimes pardonnent  les offenses, encore moins qu'elles les oublient, et que des criminels éprouvent  du remords, encore moins du repentir.
 

Nous sommes dans le cas justement, me semble-t-il, où la prescription devrait s'appliquer, comme à tout citoyen lambda se trouvant dans la situation de Roman Polanski. Mais c'est à la justice californienne qu'il revient de le faire et de clore le dossier.

Francis Richard

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 22:45

Dans un mois l'hiver se terminera dans l'hémisphère sud et l'on peut déjà prendre une première mesure de ce qui s'y est passé pour ce qui concerne la grippe A/H1N1.

Comme c'est l'OMS [Organisation mondiale de la santé] qui a mis cette grippe au niveau d'alerte 6 (ici) - phase pandémique - le 11 juin dernier (ici), il est intéressant de connaître les chiffres (ici) de la prétendue pandémie annoncée, selon la même OMS : A la date du 6 août 2009, il y avait un peu moins de 180'000 (177'457) cas recensés dans le monde dont un peu moins de 1'500 (1'462) décès.

Certes la saison de la grippe va bientôt commencer dans les pays européens, mais on peut déjà dire que la grippe A/H1N1 semble moins virulente que prévue et qu'elle n'apparaît pas se propager davantage que les grippes saisonnières habituelles.

En avril 2009, l'OMS publiait un aide-mémoire sur la grippe saisonnière (ici). Dans ce document on pouvait lire :

Au niveau mondial, ces épidémies annuelles sont responsables d'environ trois à cinq millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès.

Il est bon d'avoir ces chiffres présents à l'esprit pour raison garder et ne pas céder à la panique qui semble gagner les esprits, parmi les plus hauts placés.

Selon l'OMS toujours (ici) :

Une pandémie de grippe est un phénomène rare mais récurrent.

Il y en a eu trois au vingtième siècle :


- la grippe espagnole en 1918 : 40 à 50 millions de morts dans le monde
- la grippe asiatique en 1957 : 2 millions de morts
- la grippe de Hong Kong en 1968 : 1 million de morts

Autant hier je me suis montré critique à l'égard de la TSR (voir mon article Les commentaires fielleux de "Temps Présent" sur les sanctifications ), autant je me dois de rendre hommage aujourd'hui à la RSR (Radio suisse romande) qui a donné mardi dernier et ce matin la parole à des voix discordantes sur le sujet de la grippe A/H1N1.

Dans le Journal du matin du 12 août 2009 de La Première (ici), parole a ainsi été donnée au médecin français Martin Winckler [son vrai nom est Marc Zaffran] (photo ci-dessus tirée de son site ici), qui enseigne l'éthique à l'Université de Montréal au Québec et qui a écrit le best-seller La maladie de Sachs, porté à l'écran en 1999, sous le titre éponyme, par Michel Deville, et dont voici la bande annonce :


La Maladie de Sachs- Bande annonce FR

Que dit Martin Winckler ? 

L'industrie pharmaceutique avait besoin d'une menace de pandémie pour justifier la vente d'un certain nombre de médicaments (...) Bien entendu une pandémie ce pourrait être très embêtant sur le plan économique. Bien entendu on a joué là-dessus pour accentuer la panique. Il n'en reste pas moins que matériellement il n'est pas possible de fabriquer les vaccins pour vacciner tout le monde contre une pandémie qui aurait lieu cet hiver. C'est une escroquerie.

Il ajoute :

La peur n'a pas seulement des retombées sur les vaccins mais sur la consommation médicale en général. Plus les gens ont peur plus ils vont voir le médecin, plus ils consomment de médicaments.(...) Il y a un jeu sur les fantasmes qui est très important, un jeu sur la peur ancestrale de l'épidémie.

Il évoque la peste, le choléra, l'origine animale des grippes, les légendes et conclut que :

 

C'est très facile de créer une panique dans la population et c'est très facile de créer une panique chez les politiques qui ont peur qu'on leur reproche de ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour protéger leur population. Du coup c'est très facile de les manipuler en leur disant : commandez-nous donc des vaccins. Alors ils les commandent.

Puis, dans le Journal du matin du 14 août 2009 de La Première (
ici), parole a ainsi été donnée à Marc Gentilini (photo ci-contre tirée du site de La Première), spécialiste des maladies infectieuses, membre de l'Académie française de médecine, ancien président de la Croix-Rouge française.

Marc Gentilini est surtout choqué par la disproportion des moyens mis en oeuvre contre la grippe A/H1N1 dans le Nord alors que par exemple il y a dans le monde - plus particulièrement dans le Sud - un million de morts par paludisme chaque année et 200 000 morts d'enfants chaque semaine : 

On consacre beaucoup d'argent à des fléaux annoncés mais qui ne sont pas réalisés. C'est le cas de la grippe A. (...) Les responsables politiques ont très peur d'être accusés de laxisme, ont peur qu'on leur reproche ce qui s'est passé en France en particulier pour la canicule en 2003 ou pour le sang contaminé pour le SIDA quelques années plus tôt. Tout cela fait que les décisions qui sont prises ne sont pas des décisions rationnelles. 

Vient alors ce passage que je ne peux manquer de rapprocher de ce qui se passe pour le réchauffement climatique :

Elles [ces décisions] sont prises sous l'impulsion d'experts en chambre qui agissent à partir de modèles qui sont déterminés par un certain nombre de gens, qui aboutisssent à des catastrophes, à la programmation de catastrophes. Or ce qui nous manque ce sont des gens de terrain. Nous ne critiquons pas du tout les décisions prises par les pouvoirs publics mais j'appelle l'attention de ceux-ci sur les comptes qu'ils pourraient être amenés à rendre. Car pécher par défaut est une faute, mais pécher par excès peut en être une autre.

Francis Richard

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 21:45
Une dictature - qu'elle soit iranienne ou libyenne - dispose d'un moyen sûr de faire plier un pays occidental qui ne lui témoigne pas une indéfectible soumission : la prise d'otages. En effet le gouvernement d'un pays occidental est prêt à tout faire pour sauver un de ses concitoyens, ne serait-ce que parce qu'il doit rendre compte à son opinion publique, ce que la dictature n'est pas absolument contrainte de faire, puisqu'elle a les moyens de museler, si besoin est, ses médias. 

Dans l'affaire Kadhafi les médias occidentaux n'évoquent même plus le motif pour lequel Max Göldi et Rachid Hamdani, citoyens helvétiques, sont empêchés de quitter le sol libyen depuis plus d'un an. Pour mémoire rappelons seulement qu'ils auraient enfreints la législation du pays sur l'immigration et sur le séjour. Cette accusation, qui sent son bidon de pétrole, est devenue accessoire. On n'en parle même plus parce que n'importe quel motif aurait de toute façon fait l'affaire pour les retenir.

Dans l'affaire iranienne il en est de même. Le régime des mollahs qui, tel Janus, a deux visages - celui du méchant Amadinhejad et celui du gentil Moussavi, comme dans les polars classiques - invoque pour retenir en otage Clotilde Reiss (photo de l'agence IRNA tirée ici du site Iran-Resist) tantôt l'espionnage, tantôt la participation à une manifestation interdite. Dans un cas comme dans l'autre la législation iranienne permet d'incriminer la jeune femme française et de la condamner à de lourdes peines de prison (voir l'article publié ici par Iran-Resist).

Sur le site de soutien à cette dernière (ici), est publié le mail qu'elle a envoyé à ses proches avant d'être arrêtée. Certes dans ce message elle mettait en liens des blogs - fermés aujourd'hui par le régime - où figuraient des images violentes des manifestations insurrectionnelles du 15 au 25 juin, mais ces images n'étaient pas plus violentes que toutes celles diffusées sur les chaînes de télévision occidentales ou sur les réseaux sociaux d'Internet.

Dans ce mail Clotilde Reiss reprenait même l'intox voulue par le régime selon laquelle le gentil Moussavi se serait fait voler sa victoire au profit du méchant Amadinhejad... Seulement, entre-temps, ce n'était plus les gentils verts qui étaient descendus dans les rues mais de véritables opposants au régime, avec lesquels il n'était plus question de prendre des gants et dont il fallait dissimuler au public la véritable insurrection.

Derrière ces prises d'otages motivées en vertu de lois, auxquelles les dictatures font dire ce qu'elles veulent,  il y a en fait de vraies raisons. Muammar Kadhafi exige des excuses pour laver l'humiliation subie par son fils Hannibal qui a eu le mauvais goût de se faire inculper pour sévices par la justice genevoise. Le régime des mollahs exige que soit reconnue l'élection d'Amadinhejad à la présidence de la république islamique et que toute idée de sanctions n'effleure même plus les cerveaux des dirigeants occidentaux.

Quand ces buts poursuivis par la Libye et l'Iran seront atteints, ou quand une somme rondelette en espèces sonnantes et trébuchantes aura été obtenue en guise de rançon compensatoire, il sera toujours temps de se montrer faussement magnanime à l'égard d'otages qui auront dans l'intervalle servis d'instruments ... pour faire céder à un chantage humiliant et jouissif les pays occidentaux voués à la vindicte populaire.

Micheline Calmy-Rey disait le 22 juillet qu'il ne restait que deux millimètres à parcourir pour conclure un accord avec la Libye (voir mon article Affaire Kadhafi : avant de franchir les 2 derniers millimètres ). Luc Chatel le porte-parole du gouvernement français a parlé ce matin sur RTL d' un début d'espoir (voir Le Matin ici).

Nous sommes le 11 août et les deux millimètres de Micheline Calmy-Rey n'ont toujours pas été franchis trois semaines après sa déclaration. Peut-être le gouvernement français verra-t-il son début d'espoir récompensé plus vite. Il faut dire qu'en France aujourd'hui les gouvernants s'inspirent davantage de Machiavel que de Corneille...

Francis Richard
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 19:15
C'est petit à petit que, dans l'affaire Kadhafi, nous avons constaté, avec regret, que la Suisse avait gaspillé les atouts qu'elle avait dans son jeu et qui lui auraient permis de damer le pion au dictateur libyen :

- La République de Genève a laissé partir au bout de 48 heures de garde à vue les époux Kadhafi responsables de sévices sur leurs domestiques, moyennant le versement d'une caution de 500'000 francs.

- Le Procureur de la République de Genève a abandonné les poursuites pour contrainte après que les domestiques des époux Kadhafi ont abandonné leurs plaintes moyennant dédommagements.

- La Suisse a laissé partir 90% des avoirs libyens déposés en Suisse, sans broncher (plus de 5 milliards de francs) et peut-être même sans que le Conseil fédéral ne le sache.

- La Suisse a laissé les échanges commerciaux avec la Libye se dégrader - les bureaux des entreprises helvétiques en Libye ont dû fermer - au point que la Libye a diminué de 90% ses livraisons de pétrole brut au cours du premier semestre 2009 et que dans le même temps les exportations suisses vers la Libye se sont réduites à une peau de chagrin [voir 24 heures ici - la photo ci-dessus est tirée de cet article].

Maintenant le Guide de la révolution libyenne peut tout à son aise faire monter les enchères avant d'accepter de libérer les deux otages suisses qu'il détient depuis plus d'un an maintenant et apparaître comme le héros africain qui tient tête au coffre-fort occidental que symbolise la Suisse avec sa place financière.

Il a fort bien compris comment tirer profit de la situation de crise économique dans laquelle se trouvent les alliés potentiels qui auraient dû soutenir la Suisse : les réserves de la Libye s'élèvent à 70 milliards de dollars et - c'est bien connu - l'argent n'a pas d'odeur... surtout en période de récession.

Comme je le disais le 24 décembre dernier :

Dire que la Suisse n'a plus d'alliés diplomatiques est faux. Il serait plus juste de dire que les intérêts économiques de ses alliés passent aujourd'hui avant leurs principes sur lesquels ils s'assoient allègrement.

Il suffit de voir comment ils attaquent le secret bancaire suisse au nom d'une moralité qu'ils se gardent bien d'observer eux-mêmes en rivalisant d'opacité quand il s'agit de protéger chez eux les dépositaires de fonds.

Dans ces conditions la Suisse ne peut compter que sur elle-même pour défendre, contre les puissants sans vergogne, les principes de liberté et de moralité qui sont à l'origine de son existence.

Lors de la réunion du G8 [voir Le Matin ici], le Führer libyen a fait sien le projet d'un certain Adolf Hitler de démanteler la Suisse : la partie francophone doit être rattachée à la France, la germanophone à l'Allemagne et l'italianophone à l'Italie. Il n'a pas dit ce qu'il fallait faire des Romanches... Peut-être la réponse à cette question se trouve-t-elle dans les agissements de son modèle...

Personne parmi les membres du G8 n'a pipé. L'argent n'a pas d'odeur, vous dis-je. Aquila a pris soudain des airs munichois...

Quelques jours plus tard, au sommet des non-alignés de Charm-el-Cheikh, lui, le spécialiste es terrorisme, a même accusé la Suisse d'être le bailleur du terrorisme international. Il est fréquent qu'un criminel accuse les autres de ses propres turpitudes...

Hier, dans L'Illustré, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a déclaré :

Nous sommes à 2 millimètres d'un accord avec la Libye [voir 24 heures ici].

Vous noterez comme moi jusqu'où la précision helvétique peut aller...

Cependant, avant de franchir ces 2 derniers millimètres, il serait bon que Madame Calmy-Rey - qui veut organiser une rencontre entre le preneur d'otages libyen et le président de la Confédération - se rappelle que le peuple suisse acceptera difficilement que des excuses soient faites à Muammar Kadhafi et encore moins que des espèces sonnantes et trèbuchantes lui soient versées pour la libération des deux Suisses "retenus" chez lui.

Même un jeune député socialiste au Grand Conseil neuchâtelois, Baptiste Hurni, sur un coup de colère, a acquis le nom de domaine kadhafi.ch (ici) pour y publier tous textes, images et caricatures pouvant créer le débat...(ici)

Or je ne vois pas quelles autres options restent à Madame Calmy-Rey que celle de s'humilier et/ou de payer pour obtenir le retour en Suisse de Messieurs Göldi et Hamdani. La seule option, en dehors du coup de force, est d'abandonner ces deux otages à leur triste sort, après avoir tout perdu jusqu'à présent, fors l'honneur.

Francis Richard



Rappel des précédents articles sur l'affaire Kadhafi :

Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi du 29.06.09
L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation du 24.04.09
Kadhafi réclame 300'000 francs à la Suisse pour jouer au Père Noël  du 24.12.08
Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses  du 9.10.08
Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  du 13.08.08
Affaire Kadhafi : trompe-l'oeil du parallèle entre Libye et Suisse du 31.07.08
Affaire Kadhafi : baisser son pantalon en étant dans son bon droit du 29.07.08
L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris du 25.07.08
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 22:30

On peut se le demander sérieusement quand on lit le rapport qui a été publié après l'examen périodique universel qu'a subi le Vietnam le 8 mai dernier.

En effet ce rapport  (ici), qui a dû être adopté aujourd'hui même par le Conseil des droits de l'homme, ne comporte que des recommandations après un exposé d'autosatisfaction des autorités vietnamiennes sur le respect des droits de l'homme dans leur pays. Il s'agit de voeux pieux. C'est mieux que rien, mais c'est tout de même peu de chose.

D'après le premier vice-ministre des Affaires étrangères vietnamien, Pham Binh Minh

le Vietnam a une politique régulière de respect et de garantie des droits de l'homme (...). La politique de respect des droits de l'homme prend racine dans l'histoire et la culture millénaires du Vietnam (...). La politique des droits de l'homme du Vietnam s'est traduite en lois et applications concrètes qui ont produit des résultats positifs sur le terrain.

L'internaute qui ne l'aurait pas lu pourra constater en lisant mon article La 5ème session du Conseil des droits de l'homme examinera le Vietnam comment cette politique s'est réellement traduite dans les lois vietnamiennes et comment elle est réellement appliquée. Cet article se base sur le rapport du 23 février 2009, préparé par le Haut commissariat aux droits de l'homme à partir des rapports de 12 ONG ( ici ).

Aussi est-ce de manière surréaliste, pour ne pas dire effrontément mensongère, que le représentant du gouvernement vietnamien peut se féliciter de la prolifération des mass media au Vietnam :

A présent il y a 700 agences de presse avec 850 publications, 68 télévisions et stations de radio, 80 magazines en ligne.

De la pratique religieuse dans le pays :

Les activités religieuses et de croyances sont maintenant une caractéristique sociale vibrante et enrichissante du fait qu'il y a plus de 20 millions de fidèles des différentes religions.

De la non-discrimination à l'égard des femmes :

Le Vietnam a obtenu des réussites significatives dans la promotion des droits des femmes au regard des indicateurs de la Convention sur l'élimination de toutes formes de discrimination envers les femmes.

De la façon avec laquelle la minorité ethnique est traitée :

Elle participe toujours plus de manière égale à la vie socio-politique.

 

Sa conclusion est dérisoire et serait risible en d'autres circonstances :

Le but ultime est de construire un pays fort avec une population prospère et une société juste, démocratique et avancée.

Encore une fois la réalité est tout autre.

Au cours de la discussion de trois heures qui s'est ensuivie des intervenants ont souligné tous les progrès accomplis par le Vietnam et toutes les mesures qu'il envisage de prendre pour les poursuivre. Alleluiah !

Le Courrier du Vietnam a pu titrer hier (ici) : Le rapport du Vietnam sur les droits de l'homme apprécié à Genève. 

Toutefois les recommandations que nombre de délégations ont réussi à préconiser, et que le Courrier du Vietnam passe sous silence, se rapprochent de la triste réalité. Florilège, car la liste est longue - l'internaute peut en prendre connaissance dans le détail (ici) :

Réduire l'emploi des lois de sécurité qui limitent la discussion publique sur le multipartisme et la critique du gouvernement.


Prendre des mesures pour s'assurer que toutes les personnes privées de liberté soient conduites devant un juge sans délai.

Abroger l'Ordonnance 44 réglementant la Justice administrative, qui autorise la détention administrative, l'assignation à domicile, ou la détention dans des centres de protection sociale ou des établissements psychiatriques pour deux ans renouvelables, sans procès.

Cesser la pratique des "tribunaux du peuple".

Accroître l'indépendance des media vis-à-vis de l'Etat, inclusivement en autorisant des media privés.

Mettre les lois sur la presse en conformité avec l'article 19 de la Convention internationale sur les droits civils et politiques.

Libérer les prisonniers de conscience tels que le Père Nguyen Van Ly, Nguyen Van Dai, et Le Thi Cong Nhan.

Encore une fois, que ces recommandations aient pu bénéficier d'une tribune internationale est une bonne chose. Il serait illusoire cependant de s'attendre à ce qu'elles connaissent un début d'exécution, car elles ne sont pas contraignantes.

Alors à quoi sert le Conseil des droits de l'homme ? A pas grand chose. Un livre publié dans la collection Le Savoir suisse, édité par les Presses polytechniques et universitaires romandes, est très critique sur cette institution, qui a remplacé la Commission des droits de l'homme sous l'impulsion de la Suisse, plus précisément sous l'impulsion de Micheline Camy-Rey, ministre des Affaires étrangères de la Confédération.


Dans ce livre, Le Conseil des droits de l'homme - Le rôle de la Suisse sous la loupe, l'auteur, Florian Reber, fait un rappel historique de la création de la Commission des droits de l'homme, de sa politisation excessive, de sa transformation en Conseil des droits de l'homme, des manoeuvres diplomatiques de la Suisse pour aboutir à cette transformation. Au vu des résultats l'auteur est très critique sur le rôle de la Suisse.

Pour revenir au sujet qui nous intéresse, l'examen périodique universel, que vient de subir le Vietnam, il 
est intéressant de lire ce que Florian Reber écrit sur cet élément-clef du Conseil des droits de l'homme :

 
Généralement, on espérait que ce nouveau mécanisme attribuerait une place éminente à l'expertise indépendante. Il ne reste qu'une "revue" gérée par les gouvernements et limitée à trois heures de débat par Etat, avec des intervalles de quatre à cinq ans. Un rôle très limité est accordé aux ONG (...).

Les Etats membres du Conseil - réunis au sein du Groupe de travail sur l'examen périodique universel - exercent un contrôle intégral sur les négociations lors de cet examen, démarches guidées par une troïka de facilitateurs , trois représentants gouvernementaux tirés au sort et représentant les différents groupes régionaux [ il y a 47 sièges au Conseil : 13 pour les Etats d'Afrique, 13 pour ceux d'Asie, 8 pour ceux d'Amérique latine et des Caraïbes, 7 pour ceux d'Europe occidentale et autres Etats, 6 pour ceux d'Europe orientale]. L'Etat concerné a cependant le droit de demander une fois le remplacement d'un des trois facilitateurs. Ces derniers peuvent de même demander à être remplacés. Ces dispositions byzantines reflètent l'emprise de la politique sur cette procédure (...).

Nous sommes aux antipodes de l'approche impartiale et objective qui garantirait la crédibilité de cette procédure. On reste tout aussi éloignés d'une voie qui aurait comporté deux étapes, d'abord une analyse indépendante et soucieuse du respect du droit, ensuite de décisions politiques prises par les Etats au vu de la recommandation des experts.

En définitive Florian Reber se demande quelle peut bien être l'utilité d'un tel organe composé de représentants gouvernementaux, dès lors qu'il s'agit de passer en revue d'autres Etats.

Se poser la question dans ces termes, c'est y répondre.

Francis Richard

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 21:30

La foule de deux millions de personnes venues acclamer le quarante-quatrième président des Etats-Unis lors de son investiture à Washington ne m'impressionne pas : j'en ai connu bien d'autres ...

Il y a quarante ans, le 30 mai 1968, un million de personnes remontent les Champs-Elysées pour faire cesser la chienlit dans les universités et dans la rue... Il y a vingt-cinq ans, le 24 juin 1984, deux millions de personnes défilent à Paris pour la défense de l'école libre... Il y a dix ans, le 12 juillet 1998, l'équipe de France de football remporte la Coupe du monde et un million et demi de personnes se retrouvent tout unies sur les Champs-Elysées pour célébrer les trois couleurs...  

Je n'ai même pas besoin de développer pour conclure que plus haute était l'espérance qui avait rassemblé ces foules, plus grande a été la déception qui a suivi, un peu comme la gueule de bois les lendemains de fête. Peut-être conviendrait-il d'ailleurs d'employer "deception" en anglais, qui veut dire dans cet idiom "tromperie", "duperie"...

Je remarque d'ailleurs que dans son discours d'investiture Barack Obama (version française ici - qui omet les phrases finales où Obama demande la bénédiction de Dieu - et version anglaise ici ) est déjà en retrait par rapport à ce qu'il disait pendant toute la campagne qui l'a conduit à la victoire : Yes we can, oui mais quand ? Sa première phrase comporte même le terme d'humilité (qu'il emploie à un autre endroit de son discours) :  

Je suis ici devant vous aujourd’hui empli d’un sentiment d’humilité face à la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m’avez témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.

Un peu plus loin, comme pour prendre date, il confirme qu'il ne minimise pas la tâche à accomplir et ne promet pas de résultats immédiats, tout en gardant le ferme espoir de la remplir au bout du compte :

Je vous dis aujourd’hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous les relèverons.


Dans l'article que j'écrivais au lendemain de la victoire d'Obama j'employais à dessein l'expression de "sentiments métissés" ( Victoire d'Obama : sentiments métissés  ). Je persiste et signe.

 

Quand Obama parle de Dieu, je prie à ses côtés :


Pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages.Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur.

Ou quand il dit :

 

C’est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain.


Quand il en appelle aux Pères fondateurs de l'Amérique et à l'histoire de la nation américaine, j'applaudis :

Nous demeurons une jeune nation. [...] Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n’est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n’avons jamais emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n’a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.

Ou quand, dans cette lignée, il se veut ferme sur les principes :

En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejettons l’idée qu’il faille faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs, face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de l’Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.

Ou encore quand il promet de combattre le terrorisme :

Avec de vieux amis et d’anciens ennemis, nous n’allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez pas nous survivre et nous vous vaincrons.


Mais j'ai des doutes sur le rôle qu'il veut faire jouer à l'Etat. Certes d'un côté il reste prudent et se veut pragmatique :

La question aujourd’hui n’est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s’il fonctionne - s’il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire décent, à accéder à des soins qu’ils peuvent se permettre et à une retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des programmes.

D'un autre il s'illusionne :

L’état de l’économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d’une nouvelle croissance. Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.

Nous redonnerons à la science la place qu’elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût.

Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d’une ère nouvelle. Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons.


Il donne lui-même les raisons sur lesquelles cette illusion se fonde :

La question n’est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu’une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n’est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l’étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c’est la meilleure voie vers le bien commun.


Pascal Salin dans son rapport sur la crise financière (voir mon article Pour Pascal Salin la crise financière est due à l'interventionnisme ) explique pourquoi la régulation ne peut pas venir de l'Etat. Il voudrait mieux qu'Obama abandonne tout de suite ses programmes...avant de les expérimenter.

Je suis atterré quand Obama dit :


La façon dont nous utilisons l’énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.

Ou quand il dit :


Nous allons travailler inlassablement pour [...] faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.

Je suis atterré parce qu'Obama privilégie une explication des changements climatiques de plus en plus contestée (voir l'article du Matin Dimanche du 18 janvier, écrit par Catherine Riva et intitulé : Al Gore doit-il rendre son Nobel ?
ici  et mon article Existe-t-il un plan B en cas de refroidissement climatique ? ) et parce que l'Amérique et le monde risquent de se trouver fort dépourvus quand la bise sera venue...

Parce qu'ils idolâtrent Obama, les média s'inquiètent. Ils lui passent des propos qu'ils admettraient difficilement dans la bouche d'un autre, notamment sur Dieu et sur la nation. Bien qu'ils se trompent régulièrement, ils se rendent bien compte que les espoirs placés dans Obama - dont ils ont contribué à la victoire - ne peuvent qu'être déçus. S'ils ne savent pas vraiment pourquoi ils le seront, ils s'interrogent du moins ( 
ici ) sur la capacité d'Obama à ne pas décevoir . S'ils savaient...  

Francis Richard

Voici l'inaugural adress d'Obama en version intégrale originale :

 

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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