Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 11:45

023Initialement l'Université d'Été de la Nouvelle Économie avait lieu tous les ans, ce depuis 1978. Elle a lieu tous les deux ans depuis 2007. Les participants n'en sont que plus heureux de se retrouver après une telle interruption... dans l'amphi surchauffé de la faculté de droit de l'Université d'Aix-Marseille III [ci-contre].

Les thèmes de cette année était on ne peut plus d'actualité : Quelle crise ? Quelle sortie de crise ? Après l'État Providence.

Ces thèmes auraient dû attirer l'attention de journalistes un peu curieux, qui ne se contentent pas de la rengaine répétée à satiété et sur tous les tons : c'est le méchant capitalisme qui est le responsable de tous les maux, donc de la crise financière, puis de la crise de l'endettement public. Il ne s'est trouvé qu'un journaliste pour faire le déplacement parmi tous ceux, nombreux, qui avaient été invités par les organisateurs, ce qui montre combien est grande la curiosité des médias, qui se plaignent de leur perte d'audience...

Anne Jollis Wall Street Journal EuropeEn fait il s'agit d'une journaliste, Anne Jolis [ci-contre], éditorialiste basée à Londres du Wall Street Journal Europe ici. Elle sauve l'honneur d'une profession qui se satisfait des explications données par les fauteurs de crise. Ces derniers qui sont les bénéficiaires de l'Etat-Providence rejettent évidemment sur les autres leurs propres turpitudes.

Anne Jolis a même fait mieux que d'assister. Elle a accepté d'animer un des débats de fin de journée de l'Université d'Été, qui s'est tenue du 22 août 2011 au 24 août 2011, le matin et en fin de journée dans l'amphithéâtre David, l'après-midi dans deux plus petites salles, destinées l'une au public anglophone, l'autre au francophone.

En fait l'Université a débuté, le 21 août 2011, par un dîner d'ouverture au Grand Hôtel du Roy René, comme c'est devenu la tradition. Au cours de ce repas de l'amitié, qui permet de se retrouver entre personnes qui toutes défendent les idées de liberté, deux personnalités ont pris la parole.

 

Michel Kelly-GagnonLeszek Barcelowicz, ancien Ministre polonais des finances, ancien Directeur de la banque centrale de Pologne, Docteur honoris causa de l'Université d'Aix-en-Provence en 1993, a rappelé fort opportunément qu'il ne fallait pas confondre Etat-Providence et solidarité... un mot cher aux Polonais, qui ont su lui donner un retentissement mondial, grâce à l'action incomparable du syndicat éponyme, dirigé alors par Lech Walesa.

Michel Kelly-Gagnon [ci-dessus], ancien Président du Conseil du patronat du Québec ici, ancien Président de l'Institut économique de Montréal ici, a expliqué pourquoi le Canada n'a pas connu la crise : en opérant de grosses coupes ciblées dans le budget, le gouvernement Jean Chrétien, pour sauver l'Etat-Providence, est parvenu à dégager des excédents budgétaires entre 1997 et 2007...

Quelle crise ? 

 

Médaille d'or Ville d'AixLeszek Barcelowicz [ci-contre, lors de la remise de la Médaille de la Ville d'Aix au Pavillon Vendôme ] explique que la crise est due à la politisation de l'économie, à la concentration du pouvoir, à l'absence de concurrence et au protectionnisme.

Pascal Salin incrimine la manipulation des taux d'intérêt par les banques centrales : un taux faible incite à investir dans des activités risquées ou non rentables. Il souligne que l'épargne est insuffisante en raison des politiques fiscales et des retraites par répartition et que la création monétaire est inutile, la déflation naturelle permettant d'augmenter le niveau de vie.

 

Victoria Curzon-Price démontre que le protectionnisme conduit au chômage et à la décroissance. Aux salaires bas des pays émergents, les pays occidentaux peuvent opposer une productivité incomparable. Ce qui les empêche d'être compétitifs ce sont leurs charges sociales et leur modèle social. Elle donne l'exemple de la taxe CO2 qui rend inapte à la concurrence mondiale les principales activités économiques, hormis celles du bien-être et de l'environnementalisme.

 

Session université été nouvelle éco 2011Pour Tom Palmer il faut déconnecter cupidité et capitalisme, car les connoter revient à reprocher la maladie à la médecine. C'est l'interventionnisme qui est responsable de la persistance de la pauvreté parce qu'il engendre privilèges et corruptions, c'est le capitalisme des petits copains, le crony capitalism. Tom cite Tarek el Taib Mohamed Bouazizi, le désormais fameux vendeur ambulant tunisien, décédé le 4 janvier 2011, à l'âge de 27 ans, des suites de son immolation deux semaines plus tôt :

 

"Le capitalisme du libre marché est le seul système compatible avec la dignité humaine."

Jean-Pierre Centi [ci-dessous avec Pierre Garello] rappelle que le pacte de stabilité de la zone euro se donnait pour objectifs : 3% de déficit maximum et 60% du PIB de dette publique maximum. C'étaient des objectifs purement arbitraires. La règle était pourtant l'équilibre budgétaire au XIXe siècle. Cette règle a été oubliée au profit de la théorie keynésienne selon laquelle le devoir d'agir passe par la pratique du déficit budgétaire, comme si le tout se comportait différemment de l'élément, l'économie d'un pays de celle d'une entreprise... Il n'y a que deux façons de répudier une dette : explicite en disant aux prêteurs qu'on ne leur doit rien, implicite en pratiquant l'inflation.

 

Quelle sortie de crise ?

JP Centi et P GarelloFace à la crise il y a ceux qui pensent qu'il faut attendre que le système basé sur l'Etat-Providence s'effondre, d'autres qu'il est réformable, voir l'exemple du Canada, et enfin ceux qui pensent que son effondrement est déjà effectif...

Pour un libéral à quoi sert une constitution ? A limiter le pouvoir répond Jean-Philippe Feldman. Une constitution ne peut le faire qu'en déclarant les droits et notamment les droits de propriété, en séparant véritablement les pouvoirs, en décentralisant verticalement et horizontalement, en appliquant la subsidiarité verticale et horizontale. Mais il ne faut pas s'illusionner. Une constitution n'empêche ni l'autoritarisme, ni le totalitarisme, ni la technocratie... Et de citer Georges Pompidou :

"Comment se ruiner ? Par le jeu ? C'est le plus rapide. Par les femmes ? C'est le plus agréable. Par les technocrates ? C'est le plus sûr."

P Bessard et JP DelsolLes institutions helvétiques se caractérisent, nous dit Victoria Curzon-Price, par la décentralisation politique et la démocratie directe. Il en résulte une concurrence institutionnelle vive, un processus de découverte institutionnelle permanente, une limitation du pouvoir politique et des impôts raisonnables, même si les dépenses publiques représentent tout de même 37% du PIB...

Pierre Bessard rappelle que le secret bancaire n'est pas un privilège mais une protection envers l'Etat et envers les tiers. De même les paradis fiscaux participent à la préservation des droits individuels et permettent un arbitrage vis-à-vis des excès budgétaires. La minimisation fiscale est un devoir moral. L'Etat devrait être au service des citoyens et non l'inverse. 

L'impôt est un moyen dans l'Etat limité à ses fonctions régaliennes, nous dit Jean-Philippe Delsol. Mais c'est une arme dans l'Etat-Providence, une arme au service d'une idéologie. Il s'agit d'égaliser, de déraciner les fortunes, selon l'expression d'un certain Maximilien Robespierre... Pour Jean-Philippe Delsol, qui est favorable à la flat-tax (l'impôt proportionnel, qui touche tout le monde) l'impôt progressif consiste à faire payer les riches (seuls 50% des Français payent l'impôt sur le revenu).

Après l'Etat-Providence.

salle rené casinMario Rizzo donne raison à Friedrich Hayek. L'extension de l'Etat, avec son accumulation de lois et de réglementations, est responsable de la crise que nous connaissons aujourd'hui. Il faut diminuer les dépenses publiques et réduire l'Etat. Pour y parvenir un consensus est nécessaire. Il ne surviendra que lorsque le fond aura été atteint.

Steve Davies souligne que réduire l'Etat-Providence rencontre des oppositions. Pourtant il ne peut pas perdurer. La vie sociale en est trop fortement endommagée. Couper dans les dépenses fait mal. Steve préfère donc présenter les choses autrement : le choix privé est l'expression de la liberté, qui seule permet la croissance du marché et la sortie de crise.

Tribune Uni été 2011Douglas Den Uyl expose les arguments avancés en faveur de l'Etat-Providence : la défense des pauvres, le besoin plutôt que le profit, l'égalité etc. Et ceux avancés pour le critiquer : l'Etat-Providence c'est donner aux uns en prenant aux autres, c'est la dépendance, l'inégalité réelle, la stagnation etc. Il ajoute que cela conduit surtout à l'atomisation de la société. Pourquoi ? Parce qu'il est contraire à la morale et encourage l'égo-centrisme.

En effet une personne ne peut être morale que si elle accepte la responsabilité de ses actes et qu'elle agit selon des principes. Ce qui suppose d'être libre de choisir ses principes d'action. Ainsi il est moral d'aider volontairement les autres en leur consacrant 10% des ses revenus. Il n'est pas moral que ce soit l'Etat qui prélève, par la coercition, ces 10% pour aider les autres.

Douglas Rasmussen traite de la justice. Le mot recouvre trois significations : la justice metanormative, la vertu de justice, la justice personnelle. La première a trait aux droits individuels qui sont limités par le consentement, la deuxième à la considération des autres, ce qui est différent de l'égalité de traitement, la troisième à deux maximes principales : connais-toi toi-même et deviens ce que tu es. Un ordre libéral doit fournir la justice metanormative qui permet à la vertu de justice et à la justice personnelle d'exister. En fin d'exposé, Douglas cite Benjamin Franklin :

"Where liberty dwells, there is my country" [là où la liberté demeure, se trouve mon pays]

Château Régis Saint MenetJean-François Mattei estime que la crise politique actuelle est une crise identitaire. Elle ne date pas d'hier. Paul Valéry en parlait déjà en 1919. Aussi a-t-il consacré son dernier livre aux procès faits à l'Europe. Il cite quelques exemples du refus d'assumer l'héritage :

 

- L'Union européenne a chargé une ONG, la Generation Europe Foundation, de recenser les fêtes religieuses européennes. Aucune fête chrétienne ni juive n'a été recensée. Coût : 5 millions d'euros.

- Aucun des sept billets libellés en euros ne comporte d'illustration réelle : elles sont toutes fictives [ci-contre le château Régis à Saint Menet où s'est achevée l'Université d'Été].

 

- Le projet de Constitution européenne ne faisait pas référence aux racines chrétiennes de l'Europe.

Tribune Uni 2011Le conférencier cite alors René Char :

"Notre héritage n'est précédé d'aucun testament."

Hannah Arendt se demandait comment utiliser cet héritage. En l'assumant, répond Mattei, en faisant nôtre ce qui le caractérise, et qui est l'objet de reproches : la découverte de l'universel et l'idée d'ouverture, qui sont les fruits de la liberté.

William Faulkner disait :

"Le passé n'est jamais mort, il n'est même pas passé."

Alors que faut-il faire ?

 

Petit déjeuner sous les platanesIl faut faire savoir que l'Etat-Providence est le problème et non pas la solution. Il est le problème parce que, s'il répond à des besoins réels, il manque de transparence et que l'information sur lui est proche de zéro. Les populations manquent d'éducation économique et subissent au contraire, de la part de l'Etat-Providence, une propagande qui est une éducation véritablement anti-économique.

 

Il faut faire savoir que l'Etat-Providence est immoral - il est par exemple immoral de transmettre des dettes aux générations futures - et que la conception de l'homme, libre et responsable, et l'économie sont inséparables. L'Etat-Providence s'oppose à la liberté et à la responsabilité et ne peut pas enseigner l'économie. Il n'enseigne que deux idéologies qui lui sont favorables : le socialisme et le keynésianisme.

Emmanuel Martin Un Monde LibreDans tous les pays occidentaux, il faut faire savoir quel salaire complet les personnes perçoivent, ou plutôt ne perçoivent pas, en réalité, quel est le jour de leur libération fiscale, à partir duquel elles travaillent pour elles-mêmes et non plus pour l'Etat, quel est le poids de la dette publique de leur pays en prenant des exemples concrets, plus parlants que des milliards d'euros, de dollars ou de francs suisses, qui sont bien abstraits.

Il faut transmettre le raisonnement économique en utilisant tous les moyens modernes existant, à destination de tout le monde, sa famille, ses proches, les médias, via Internet, des articles, des traductions, des films. Car les choses ne changeront pas sans la pression de la société civile. 

Je terminerai par cette citation de Jacques Garello, juxtaposant deux titres de livres écrits par Adam Smith :

"Les sentiments moraux font la richesse des nations."

Francis Richard

PS

J'ai bien conscience que ce compte-rendu de la 32e Université d'Été de la Nouvelle Économie est lacunaire. Tous ceux que je n'ai pas cités ou dont je n'ai pas rendu compte des travaux me pardonneront, j'en suis sûr. Comme lorsque je fais une recension d'un livre que j'aime, je n'ai pas d'autre ambition que de mettre en appétit.

Le programme de cet événement boudé par les médias se trouve ici.

Les deux dernières photos ci-dessus montrent que les participants savent non seulement penser, discuter, mais vivre... et chanter [Emmanuel Martin à gauche sur la dernière photo est non seulement un chanteur insigne mais l'animateur d'un site remarquable, Un Monde Libre, ici].
    
Compléments :

Anne Jolis parle de l'Université d'Été dans le Wall Street Journal ici.

On peut écouter l'intervention de Georges Lane du 23 août 2011 à l'Université d' Été sur le site de Lumière 101 à propos des Retraites au risque de l'étatisme ici.

Quelques liens utiles :

ALEPS :  http://www.libres.org/

Atlas Network : http://atlasnetwork.org/

Alerte éducation : http://alerteducation.eu/

Cato Institute : http://www.cato.org/

Contribuables associés : http://www.contribuables.org/

Entrepreneur Junior : http://www.entrepreneurjunior.org/

Institute for economic studies : http://www.ies-europe.org/

IREF : http://www.irefeurope.org/

Liberté Chérie : http://www.liberte-cherie.com/

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 01:00
The bowlerIl y a 210 ans, à Bayonne, le 30 juin 2011, naissait Frédéric Bastiat. Un article du Monde, daté du 3 janvier 2011, signé Nicolas Bourcier, le qualifiait de "Français inconnu" et de "référence des ultra-conservateurs américains". Nul n'est décidément prophète en son pays...

Il existe pourtant en France plusieurs rues Frédéric Bastiat, notamment à Paris, à Mont-de-Marsan et à Mugron, dans les Landes, d'où sa famille est originaire.

A l'angle de la rue parisienne et de la rue d'Artois se trouve un pub, The bowler, qui a servi de point de rendez-vous vendredi soir dernier à des amis sur Facebook,  pour célébrer ce Français inconnu, qui a tout de même inspiré aussi bien Margaret Thatcher que Ronald Reagan, noms que Nicolas Bourcier ne doit, à l'évidence, pas connaître non plus...

En deux mots rappelons donc que Frédéric Bastiat, mort à Rome le 24 décembre 1850, était tout à la fois un économiste défenseur de la liberté des échanges et des choix économiques par les individus, un philosophe défenseur de la liberté individuelle et de la responsabilité, un homme politique défenseur du désengagement de l'Etat dans les activités pour lesquelles les individus peuvent se passer de lui.

Anniversaire BastiatAu cours des échanges de ceux qui ont commémoré l'anniversaire de Bastiat, une nouvelle réjouissante a été annoncée par l'une d'entre eux : Atlas shrugged d'Ayn Rand va être publié le 22 septembre prochain en français. Ceux qui ne lisent pas l'anglais vont enfin pouvoir répondre à la question : who is John Galt ?

Après avoir vidé quelques bières les participants [la photo ci-contre n'en montre qu'une partie] se sont rendus dans un restaurant de la rue de La Boëtie pour y partager un repas, continuer leurs échanges sur la situation économique actuelle de la France, aborder d'autres sujets et faire réellement connaissance parfois, puisque certains ne se connaissaient que via Facebook.

Le lendemain 1er juillet 2011 commençait à Saint Paul-lès-Dax Le Week-End de la Liberté organisé par le Cercle Frédéric Bastiat, dont l'objet est de "perpétuer la mémoire de Frédéric Bastiat et de propager sa philosophie de liberté, d'initiative et de responsabilités". ici.

Parti de Paris plus tard que prévu, votre serviteur n'a pas pu assister au cocktail et dîner du premier jour. Pendant les deux jours suivants il a eu le bonheur de suivre les huit conférences consacrées à La souveraineté de l'individu et [à] la coopération spontanée.
 
Bertrand Lemennicier, professeur d'économie à l'Université de Paris II Panthéon-Assas, a ouvert le feu avec une conférence suivie d'un débat sur la famille. Avec beaucoup d'humour il a expliqué que la disparition de la famille traditionnelle s'expliquait très bien par le changement des contraintes, notamment par la possibilité nouvelle donnée à la femme de travailler sans l'accord de son mari et par l'interventionnisme de l'Etat dans le financement de la famille obtenu grâce à l'électorat féminin.
 
Sur l'école, Lionel Devic, avocat, président de la Fondation pour l'Ecole a d'abord retracé l'histoire de l'école depuis les lois Ferry de 1881 et 1882 qui ont instauré l'école laïque, en passant par le principe posé en 1946 de l'éducation prérogative de l'Etat et en terminant par les lois Debré de 1959 qui ont associé l'école privée au service public. Pour retrouver un enseignement de qualité et former des élèves libres, il faut que les éducateurs soient également libres, ce qui ne peut se faire que par la création de classes hors contrat et par le chèque-éducation.

Jean-Pierre Ferro, ancien officier de la police nationale, a participé à la lutte contre le grand banditisme, la drogue, le terrorisme et le kidnapping à Paris, Bordeaux, Madrid et en Colombie. Les menaces mondiales ont augmenté, les budgets ont diminué. Au cours des quinze dernières années la sécurité privée a pris une importance considérable, sous des formes très diverses, jusqu'au point de représenter des milliers de milliards de dollars de chiffre d'affaires.

Week-end libéral DaxLa légitime défense n'est pas interprétée de la même manière dans tous les pays. En Belgique, Marc Cools, professeur de criminologie à l'Université de Bruxelles et de Gand, explique qu'elle n'est justifiée que pour les personnes et non pas pour les biens. Or de plus en plus le monopole légal de la sécurité est remis en cause du fait que les droits de propriété sont de plus en plus mal défendus. Hobbes était le plus grand menteur qui soit quand il affirmait : "L'Etat vous protège". La sécurité privée est l'alternative. D'autant que des études sur les armes menées en Irlande, en Grande-Bretagne, en Ecosse, en Australie et aux Etats-Unis, montrent que celles-ci ne sont pas un facteur d'augmentation de la criminalité.

 

Patrick Simon, avocat, montre toute la différence qui existe entre la loi, c'est-à-dire le droit décrété, et le droit naturel. La loi est édictée par l'Etat, elle impose des règles, l'autorité fait la loi, la loi est instable, elle dit le bien et le mal, elle a besoin d'un support matériel. Le droit naturel énonce des principes généraux nés de l'expérience, les règles sont spontanées, la justice fait le droit naturel, il s'agit de trancher entre un bien et un autre bien, le droit naturel évolue et résulte d'un processus de découverte, il existe sans qu'un support matériel ne soit nécessaire. Quand le droit naturel n'est pas respecté, la sanction arrive. La loi de 1948 de blocage des loyers en France s'est traduite par le fait que les propriétaires n'avaient plus intérêt à entretenir leurs biens...

 

Après un rappel historique sur la monnaie Philippe Nataf, professeur à l'Université Paris IX Dauphine, montre tout l'intérêt que représentent les banques libres. Cela suppose l'abolition du cours légal des monnaies, la liberté pour les banques d'ouvrir des comptes en or et la liberté pour elles de frapper des pièces en or.

Jacques de Guenin, fondateur du Cercle Frédéric Bastiat, rappelle qu'une entreprise résulte de contrats privés dont l'Etat ne devrait pas se mêler. Dans une économie libre les salaires devraient être librement négociés, en se souvenant qu'un salarié n'est pas employable si son coût marginal est supérieur au profit marginal que son employeur peut en retirer. Pour vivre l'entreprise doit continuellement s'adapter. C'est ainsi que le plein emploi peut être obtenu. Il n'y a pas besoin d'autorité extérieure pour répartir le temps entre le travail et les loisirs. Cela se fait par la négociation de même que la résolution des conflits.

Les interventions de l'Etat, en France, au contraire, provoquent le chômage. Le SMIC empêche l'embauche et coûte plus de deux fois ce que perçoit le salarié. Le Code du Travail empêche de se séparer des personnes qui ne font pas l'affaire et de diminuer les effectifs quand c'est nécessaire. Les 35 heures payées 39 ont peut-être créé 300 000 emplois de fonctionnaires mais ce sont autant de biens et de services dont les entrepreneurs et les consommateurs ont dû se priver. Car un emploi public est plus onéreux qu'un emploi privé, il est la plupart du temps inutile, voire nuisible, puisque rien n'empêche que sa productivité marginale soit inférieure à son coût marginal. Enfin les syndicats subventionnés par l'Etat n'existent que pour mettre de l'huile sur le feu. Dans le privé la syndicalisation est inférieure à 5%... et les conflits beaucoup plus rares que dans le public.

Quelle serait la constitution de la liberté ? C'est à cette vaste question qu'a tenté de répondre Jean-Philippe Feldman, avocat, professeur de droit à l'Université de Rennes. Pour les libertariens il n'est pas besoin de constitution. Pour les libéraux, ce n'est pas le cas. Après avoir passé en revue les différents types de démocraties, Jean-Philippe Feldman dessine le portrait de ce que devrait être, selon lui, le régime le plus à même de défendre la liberté. 

 

Il s'agirait d'une démocratie bi-camérale, où les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire seraient réellement séparés. Le scrutin devrait être majoritaire à un tour pour éviter l'instabilité et les manoeuvres entre partis. La constitution devrait être courte et simple à comprendre par ...les hommes politiques et par les citoyens. Sans être hostile à la démocratie semi-directe le conférencier évoque ses craintes en matière de souveraineté de l'individu et de la part des groupes de pression. Il n'aime pas non plus la rhétorique souvent employée dans ce cadre à l'égard de l'oligarchie.

 

Dans sa conclusion Patrick de Casanove, [voir photo ci-dessus] médecin, président du Cercle Frédéric Bastiat, cite Michel Guenaire :

"Le libéralisme c'est la morale de la liberté."

Le fait est que la loi ne crée pas la morale. C'est la morale qui doit inspirer la loi.

La morale de la liberté repose sur les six derniers des dix commandements :

- Tu aimeras ton prochain
- Tu ne tueras pas
- Tu ne voleras pas
- Tu ne convoiteras pas le bien d'autrui
- Tu ne mentiras pas
- Tu honoreras ton père et ta mère

Elle considère que les hommes sont inégaux mais également dignes.

L'Etat libéral laisse faire les bons et punit les mauvais. Il laisse faire la concurrence et le libre choix. Il est opposé à la spoliation légale, à l'arbitraire, à la soumission, à l'irresponsabilité collective, au mépris de l'individu. Tout homme a des capacités et des talents utiles à l'humanité.

La charité libre permet à l'homme de sublimer son destin dans l'amour du prochain :

"Faites aux autres ce que vous voudriez que les autres fissent pour vous" disait Frédéric Bastiat

Francis Richard
 

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 07:10

Colloque LibéralismeLe Cercle Démocratique Lausanne ici et le Liberales Institut ici ont organisé un colloque sur le libéralisme en Suisse le vendredi après-midi 12 novembre 2010 et le samedi matin 13 novembre 2010. Les interventions étaient faites en français, en allemand et en anglais.

 

Ce fut pour moi l'occasion, parmi les intervenants, de retrouver Victoria Curzon-Price, Pierre Bessard et Uli Windisch et de faire la connaissance d'Olivier Meuwly, de Pierre Weiss et de Philippe Nemo; parmi les auditeurs de renouer des liens avec des amis connus lors de la dernière Université d'été de la nouvelle économie d'Aix-en-Provence, en 2009 [voir mon article Le dissident russe Vladimir Boukovsky à l'Université d'Aix-en-Provence ].

 

Pour rendre compte des différentes interventions de ce colloque, je me suis inspiré largement des résumés mis à la disposition des participants, sans faire usage de guillemets qui auraient alourdi mon texte et qui n'auraient de toute façon pas correspondu à de réelles citations. 

 

La première demi-journée du colloque a été consacrée à l'histoire du libéralisme suisse.

 

Le premier intervenant, Alexis Keller, professeur à l'université de Genève, a parlé des sources intellectuelles du libéralisme suisse et a montré que les libéraux suisses, Usteri, Sismondi, Bellot, Zschokke, Monnard, Snell ou Cherbuliez, ont puisé leurs réflexions à trois sources principalement : la philosophie des Idéologues, la pensée politique britannique (l'utilitarisme et la culture whig écossaise) et la tradition républicaine. Ils s'inspiraient sans problèmes à la fois de Montesquieu, de Rousseau et d'Adam Smith.

 

Bela Kapossy, professeur à l'université de Neuchâtel, a montré ensuite quel rôle avaient joué les conflits internationaux dans la naissance du libéralisme suisse. Le libéralisme suisse est né au XVIIIème siècle. Il s'agissait, alors que se déroulait la guerre de Sept Ans, vers la moitié du siècle, pour les républiques de la Confédération, de trouver la meilleure manière de se défendre contre la pression économique et politique des puissances commerciales européennes. Modernisation de l'économie domestique, critique de la position privilégiée des villes, positionnement au sein de l'Europe d'une Suisse adepte de l'économie de marché ont nourri les débats des libéraux suisses dans la seconde moitié de ce siècle.

 

Karen Grossmann, professeur à l'Université de Zurich, à partir de l'étude des Constitutions successives  de la Confédération, de 1848, 1874 et 1999, constaste que la liberté absolue, présente à l'origine dans les deux premiers textes, s'est atomisée avec le troisième en libertés sectorielles et en droits fondamentaux, l'Etat limitant toujours plus la liberté et vidant de sens le rôle de contrôle du Tribunal fédéral toujours plus lié par la législation fédérale.

 

Olivier Meuwly, vice-président du Cercle Démocratique Lausanne et chargé de cours à l'Université de Genève, rappelle qu'une singularité du libéralisme suisse a été d'accepter l'Etat démocratique comme ferment d'une liberté au service du plus grand nombre. Le libéralisme suisse devra cette réconciliation avec la vocation gouvernementale au mouvement radical, au pouvoir pendant des décennies, au cours desquelles ce dernier développera l'Etat social, puis intégrera des socialistes au sein du Conseil fédéral. A la fin du XXème siècle il perdra de son influence, faute d'avoir réinventé des limites à l'Etat, au profit de l'UDC qui, certes, lui empruntera des éléments libéraux, mais assortis d'une vision conservatrice de la société.

 

Pierre Bessard, directeur du Liberales Institut et délégué de l'Institut Constant de Rebecque, évoque le rôle de refuge de la Suisse pour les libéraux pendant la Seconde Guerre mondiale sous la houlette de William Rappard, cofondateur de l'Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève qui accueillera, de 1934 à 1940, Ludwig von Mises, qui partira alors aux Etats-Unis, et, de 1937 à 1966, jusqu'à sa mort, Wilhelm Röpke. Après guerre, en 1947, la Société du Mont-Pèlerin ici, enregistrée aux Etats-Unis, mais financée par la finance et l'industrie suisses, réunira en Suisse les défenseurs de la liberté face au collectivisme. William Rappard prononcera d'ailleurs le discours inaugural. Le premier président en sera Friedrich Hayek et le second Wilhelm Röpke... 

 

Le marché et l'EtatRobert Nef, président du conseil de fondation du Liberales Institut, insiste justement sur l'actualité de Röpke. Son influence a été grande sur les décideurs qui se retrouvaient dans son éthique de l'économie de marché et adhéraient comme lui aux principes de la propriété et de la concurrence, au fédéralisme décentralisé et aux limites de l'Etat fiscal. Depuis, l'Etat providence, l'Etat redistributif et l'Etat titulaire ont pris une place démesurée, incompatible avec les idéaux de Röpke. Ce dernier, à travers ses nombreux ouvrages, gagne aujourd'hui en actualité. A ce propos son livre Au-delà de la loi de l'offre et de la demande a été réédité en français en 2009 ici.

 

Uli Windisch, professeur à l'Université de Genève, raconte plusieurs faits divers qui attestent que l'insécurité n'est pas seulement un sentiment mais une réalité. Il pose donc les deux questions liées entre elles : Faut-il un Etat fort pour assurer la sécurité ? Si oui, est-ce bien compatible avec le libéralisme ? Il expose l'exemple de la ville de New York, qui, après avoir été une des villes les plus dangereuses au monde, est devenue une des plus sûres. Il explique qu'aux habituelles prévention et répression s'est ajoutée la solution de la réparation. Le délinquant, le criminel, sont tenus de réparer les dégâts qu'ils ont commis. 

 

La seconde demi-journée du colloque a été consacrée à la philosophie et à l'économie.

 

Pour Philippe Nemo, professeur à l'ESCP-EAP ici et maître de conférence à HEC, dans l'après-guerre, le libéralisme, en tant que doctrine favorable aux libertés intellectuelles, politiques et économiques, a fait ses preuves. C'est ce qui lui a pemis de l'emporter sur le modèle communiste. Il définit d'ailleurs la liberté comme capacité de non imitation. Toutefois, selon l'intervenant, les théoriciens libéraux devraient éclairer mieux qu'ils ne le font leur réponse à ce qu'il appelle les effets du mimétisme, c'est-à-dire au phénomène des bulles. Dans les domaines de la gestion pluraliste des savoirs, des institutions politiques et juridiques, de l'économie, les théories libérales sont pleinement mûries. Mais elles doivent entreprendre d'autres chantiers sur des phénomènes (qui relèvent, d'autres disciplines, telles que la sociologie, la géopolitique, l'histoire ou la morale), tels que l'immigration, les revendications identitaires, le communautarisme ou le terrorisme.

 

Le libéralisme pourra-t-il ramener l'Etat à ses dimensions naturelles ? C'est à cette question qu'a tenté de répondre Gerhard Schwarz, directeur d'Avenir Suisse ici. L'Etat a trois dimensions : libérale, coopérative et subsidiaire. Le libéralisme ne refuse pas un tel Etat, nécessaire pour garantir la liberté et la propriété, mais il souhaite le maintenir dans des limites les plus petites possibles : "Aussi peu d'Etat que possible, autant d'Etat que nécessaire". Il n'y a cependant pas de mesure objective aux dimensions de l'Etat. On peut se donner des objectifs quantitatifs ou procéduriers pour le contenir. On peut dresser la liste de ses tâches. On peut formuler les lois de façon générale, ce qui permet de laisser la plus grande liberté à l'individu. On peut édicter des interdictions et non des commandements à agir. On peut restituer des domaines à la société civile et à l'économie de marché.

 

Victoria Curzon Price, professeur honoraire à l'Université de Genève et présidente du conseil d'administration de l'Institut Constant de Rebecque ici  fait l'éloge de la petite Suisse qui a su faire de ses handicaps des avantages en les surmontant. Les Suisses ont en effet développé depuis des lustres leur goût pour l'indépendance, l'originalité de leur offre et le commerce, toutes choses qui les ont prédisposés à échanger sur un marché extérieur devenu de plus en plus mondial. Leur refus depuis longtemps de la centralisation politique aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur est aujourd'hui pour elle un facteur important de compétitivité.

 

Vincent Valentin, maître de conférences à l'Université Panthéon-Sorbonne et à Sciences-Po, s'est attaché à montrer que le droit positif n'est pas une menace pour le libéralisme. Selon l'intervenant il faut distinguer entre science du droit et philosophie du droit. La science du droit est descriptive et ne se prononce pas sur la philosophie qui le sous-tend. Aux libéraux de faire valoir leur conception pour faire évoluer le droit.

 

Gerd Habermann, professeur honoraire à l'université de Potsdam et président exécutif de la F.A. von Hayek Stiftung ici, dresse un portrait du combat des libéraux contre l'Etat-providence depuis son apparition en Prusse au XVIIIe siècle. La critique est alors morale, esthétique, politique et économique. Elle est menée par Mirabeau, les auteurs "classiques" allemands et Emmanuel Kant. Au XIXe siècle les libéraux triomphent dans les domaines économique et politique. Mais les réformes de Bismarck viennent réduire à néant leurs efforts. Une période néolibérale s'ouvre après la Seconde Guerre mondiale, mais elle s'accommode d'un Etat providence de plus en plus égalitariste. Lueur d'espoir : les mouvements libéraux connaissent un renouveau ... à l'extérieur du Parlement.

 

Il revenait à Pierre Weiss, député au Grand Conseil genevois et vice-président du Parti Libéral-Radical, de conclure ce colloque. Le libéralisme a-t-il triomphé ? A-t-il gagné ou perdu une étape ? Difficile de répondre. L'intervenant pense que le libéralisme doit redonner toute sa place aux valeurs et à la morale, aux devoirs aussi bien qu'aux droits, qu'il doit dessiner un nouveau paysage dans lequel figurent en bonne place dignité, responsabilité et éthique.

 

Francis Richard

Partager cet article
Repost0
31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 06:00

Le 25 août 2009, Vladimir Boukovsky [photo ci-contre, prise par votre serviteur], le dissident russe, a pris la parole à l'issue de la deuxième journée de la 31ème Université d'été de la Nouvelle Economie (ici) [1], qui se déroule depuis 31 ans à l'Université Paul Cézanne d'Aix-en-Provence, à l'exception de l'interruption de l'an passé. 

Sa conférence avait pour thème : Comparaison entre l'Union européenne et l'URSS, thème qui a fait l'objet de son dernier ouvrage, paru il y a quatre ans aux éditions du Rocher (ici) et intitulé L'Union européenne, une nouvelle URSS ?.

Pour les jeunes internautes il faut rappeler que Vladimir Boukovsky, avant d'être échangé par l'URSS, à l'âge de 34 ans, en 1976, contre le communiste chilien Luis Corvalan, a séjourné au total 12 ans en camp, prison et asile psychiatrique soviétiques. Il s'est rendu célèbre dans le monde libre à la faveur de la sortie son livre, au titre évocateur, Une nouvelle maladie mentale en URSS : l'opposition, publié au Seuil en 1971.

Lors de son intervention Vladimir Boukovsky a souligné les similitudes qui existent entre l'Union européenne et l'Union soviétique. Toutes deux ont la caractéristique d'être dirigées par des personnes non élues, la Commission et le Politburo, d'être contrôlées par un parlement réduit à l'impuissance, le Parlement européen et le Soviet suprême, d'être administrées par des technocraties composées de centaines de milliers de personnes jouissant de gros salaires et de privilèges exorbitants.

Si l'URSS s'est constituée par la contrainte militaire, l'UE se constitue par la contrainte économique. C'est quand l'URSS a cessé de se développer qu'elle s'est écroulée. Il est vraisemblable qu'il en sera de même avec l'Union européenne qui ne cesse de s'élargir. Avec l'Union soviétique il s'agissait de créer la nationalité soviétique, abolissant les nations, traditions et coutumes du passé. Il semble que ce soit bien le même but recherché par l'Union européenne qui veut leur substituer la nationalité européenne.

La corruption régnait en URSS, du haut vers le bas. L'Union européenne n'a rien à lui envier. Le déni de démocratie qui caractérisait la défunte URSS se retrouve de même dans l'Union européenne qui ne tient compte que des votes populaires favorables et refuse de tenir compte des votes contraires. Elle fait voter encore et encore, jusqu'à ce que les peuples fassent enfin le bon choix, celui de leur esclavage programmé.

Le politiquement correct a remplacé le goulag : il n'est pas bon aujourd'hui comme hier d'être un dissident. Vous risquez de le payer cher, d'être puni, d'être baillonné. 32 crimes ont été inventés, répertoriés pour vous condamner. Vous n'avez plus le droit, par exemple, de vous exprimer librement sur des sujets devenus tabous tels que la race ou la sexualité et encore moins d'en faire des sujets de plaisanteries. C'est le commencement de la perte de liberté et celui du goulag. C'est ainsi que l'Autriche a été frappée d'ostracisme parce que son peuple avait élu le mauvais gouvernement, aux yeux des élites de l'Union européenne.

L'Union soviétique, après s'être écroulée, est devenu un champ de ruines et le théâtre de guerres ethniques. C'est ce qui attend l'Union européenne, qui, tôt ou tard, subira le même sort. Certes, à l'Est, le communisme s'est installé violemment, et, à l'Ouest, la social-démocratie s'installe graduellement. Mais au final le résultat est le même parce que le but recherché est le même : l'instauration du paradis sur terre, bon gré, mal gré, et surtout mal gré.

Cette similitude entre l'Union européenne et l'Union soviétique n'est pas le fruit du hasard. Cette convergence a été voulue, même si elle a finalement échoué avec la réunification de l'Allemagne, qui a remis en cause les plans de Gorbatchev et des gouvernements socio-démocrates qui le soutenaient. Cette réunification a été un réel désastre pour lui. Vladimir Boukovsky pense que cette convergence se poursuit entre Vladimir Poutine et l'UE, qui paraît bien indulgente à son égard...

Vladimir Boukovsky répond alors à des questions. Pour lui  la solution, pour se sortir de ce piège, est de revenir à un espace économique européen et de renoncer désormais à toute construction politique européenne. Pour ce qui concerne le réchauffement climatique, il pense que d'en faire un problème global permet de faire croire que la solution ne peut être que globale et qu'elle ne peut être mise en oeuvre que par un gouvernement global. Alors qu'en réalité le changement climatique est en corrélation avec l'activité solaire et n'a rien à voir avec l'activité humaine.   

La veille de cette intervention qui s'est achevée par des applaudissements nourris, Vladimir Boukovsky avait reçu, dans le jardin du Pavillon Vendôme, des mains de  Jules Susini, adjoint-délégué au maire d'Aix-en-Provence, la médaille de la ville, dessinée par Paul Cézanne. A chaque Université d'été de la Nouvelle Economie il est de tradition qu'un de ses invités reçoive ainsi cette distinction de la part de cette ville d'accueil. J'ai filmé pour les internautes ce moment historique au cours duquel Monsieur Susini, sous le coup de la chaleur et de l'émotion, a fait un lapsus qui lui sera pardonné en raison de sa grande gentillesse :


En tout cas ceux qui rêvent de construire le meilleur des mondes européen feraient bien d'écouter ce héros de la liberté justement récompensé à Aix, s'ils veulent éviter que leur rêve ne se transforme en un véritable cauchemar.

Francis Richard 

[1] Lors du dîner inaugural de cette année, l'invité d'honneur était le président tchèque Vaclav Klaus. Dans son intervention ce dernier a remarqué que le titre de Nouvelle Economie n'était pas adéquat et qu'il lui faisait penser à l'économie keynésienne. Selon lui il vaudrait mieux parler d'économie éternelle. En fait ce titre de Nouvelle Economie est historique. Il avait été inventé par Jacques Garello, à une époque où l'on parlait des nouveaux philosophes et de la nouvelle cuisine, pour indiquer une rupture avec les idées économiques socialistes de l'époque.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
  • Contact

Profil

  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

Références

Recherche

Pages

Liens