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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 18:00

euro = 1.20 francAinsi la BNS, la Banque nationale suisse, s'obstine-t-elle à intervenir contre le franc fort. Ses interventions précédentes ont déjà coûté beaucoup. Mais elle persiste et signe.

Après l'injection de liquidités à hauteur de 200 milliards au cours du mois d'août, elle a décidé ce matin à 10 heures 19 précises de ne pas laisser descendre le franc en dessous d'un cours plancher d'un euro pour 1,20 franc.

Qu'est-ce que cela signifie ? Que la BNS va acheter tous les euros dont la valeur sera inférieure à 1,20 franc pour maintenir le cours de change à ce minimum. C'est une façon comme une autre d'acheter des euros, tout aussi ruineuse que celle pratiquée l'an passé et qui s'était traduite par une perte de 21 milliards de francs... C'est inutile et ruineux. Car le problème n'est pas le franc fort mais l'euro faible. C'est s'attaquer à l'effet et non pas à la cause.

Pourquoi 1,20 franc ? Pourquoi pas 1,15 franc ou 1,40 franc comme le demandent l'Union syndicale suisse et les socialistes ici [d'où provient la photo] ? Nobody knows, it's a mystery : c'est à première vue purement arbitraire.

 

Le communiqué qui va avec cette nouvelle intervention étatique n'est guère rasssurant ici :


"La surévaluation actuelle du franc est extrême. Elle constitue une grave menace pour l’économie suisse et recèle le risque de développements déflationnistes.


La Banque nationale suisse (BNS) vise par conséquent un affaiblissement substantiel et durable du franc. Dès ce jour, elle ne tolérera plus de cours inférieur à 1,20 franc pour un euro sur le marché des changes. La Banque nationale fera prévaloir ce cours plancher avec toute la détermination requise et est prête à acheter des devises en quantité illimitée.


Même à 1,20 franc pour un euro, la monnaie helvétique reste à un niveau élevé. Elle devrait continuer à s’affaiblir sur la durée. Si les perspectives économiques et les risques de déflation l'exigent, la Banque nationale prendra des mesures supplémentaires."

La conclusion de la brève allocution de son directeur, Philipp Hildebrand, ici n'est pas davantage rassurante :

"La Banque nationale s'engage sur une voie exigeante. Nous devons accepter que le prix à payer peut être très élevé. Nous en assumons la responsabilité. Car ne pas agir entraînerait pour notre économie des dommages énormes à long terme. Par la mesure qu'elle prend aujourd'hui, la Banque nationale agit dans l'intérêt général de la Suisse."

Euro contre franc le 6.09.2011D'abord remarquons que la déflation n'est de loin pas une calamité. Dans son livre, Deflation and libertyJörg Guido Hülsmann fait cette remarque qui devrait faire réfléchir le citoyen à qui on est prêt à raconter n'importe quoi :
 

"Il n'y a absolument aucune raison de s'inquiéter de ses effets économiques, à moins de mettre sur le même plan le bien-être de la nation et le bien-être de ses fausses élites."

Si "à 1,20 franc pour un euro, la monnaie helvétique reste à un niveau élevé", on peut se demander pourquoi ne pas fixer le cours plancher plus haut ? Poser la question, c'est y répondre. La BNS n'en a tout simplement pas les moyens. Cet aveu implicite rend nulle et non avenue sa détermination "à acheter des devises en quantité illimitée". De même l'emploi du conditionnel pour affirmer que le franc "devrait continuer à s'affaiblir dans la durée" confirme-t-il cet aveu d'impuissance.

Ce qui est encore moins rassurant c'est l'affirmation de son directeur que "le prix à payer peut être très élevé". Il justifie cette intervention par l'intérêt national, ce qui est le dernier recours des impuissants pour faire accepter n'importe quoi. L'inaction, selon Philipp Hildebrand, "entraînerait pour notre économie des dommages énormes à long terme". Autrement dit il vaudrait mieux payer cher aujourd'hui pour éviter de payer encore plus cher demain.

En réalité c'est déplacer la charge de quelques uns sur le dos de tout le monde. C'est aussi faire quelque chose pour ne pas se voir reprocher de ne rien faire. Mais on voit déjà, sur l'image ci-dessus [qui provient d'ici] du cours d'aujourd'hui de l'euro contre franc, que, si l'euro s'est apprécié jusqu'à 1,22 franc à l'annonce de la décision de la BNS, il s'est maintenu au cours plancher décidé par elle dans les heures qui ont suivi. Le prix à payer sera certainement très élevé...

Dans un flash de Tocqueville Magazine ici, daté d'hier, et à paraître demain sur son site, mon ami Michel de Poncins écrit :

"Les dévaluations pratiquées par le pouvoir politique sont immorales. Il y a bien longtemps, Moïse reçut sur le Mont Sinaï les commandements de Dieu, dont le célèbre : «Tu ne voleras pas ». Depuis ce fait historique, toutes les législations ont imposé, à la fois aux croyants et aux incroyants, le respect des contrats privés et de la propriété. Or, la dévaluation imposée par les pouvoirs politiques est une rupture de contrat et une atteinte à la propriété."

Dévaluer de fait le franc suisse est non seulement inutile et ruineux mais immoral...

Francis Richard

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

yoann 09/09/2011 17:46



bonjour,


à propos du franc fort. Une question me vient: pourquoi le gouvernement suisse n'investit pas les francs suisse pour acheter des proprietes limitrophes: allemagne Italie France. A ce moment les
pays limitrophe seront obligé de réagir.


De ce fait la suisse metterai un investissement immobilier qui a la longue prend de la valeur grace au mouvement des changes. Les pays limitrophe faisant parti des fondateurs de l'europe ils ne
tarderai pas a reagir tres vite.


quand pensez vous?



Francis Richard 11/09/2011 09:51



Je pense que ce n'est pas au gouvernement de le faire mais aux Suisses eux-mêmes : ils en ont les moyens maintenant...



Dilbert 07/09/2011 15:25



Le BNS est capable de fournir des francs suisses en quantité illimitée, puisqu'elle les crée à partir de rien. Autrement dit, elle a décidé de lier le CHF à l'EUR, et d'accompagner les
eurozonards dans leur dérive inflationniste. Partout dans le monde, les banques centrales, monopoles d'émission, font la course à qui aura la monnaie la plus faible, surendettement des Etats
oblige. A croire que personne ne lit les économistes de l'école autrichienne !



Francis Richard 07/09/2011 17:24



Autrement dit la BNS fait comme tous les autres faux-monnayeurs de la planète.



Le passant ordinaire 07/09/2011 09:39



Il y a une question à laquelle je ne trouve aucune réponse crédible.


La BNS savait qu'aujourd'hui mercredi 7 septembre à Karlsruhe la Cour constitutionnelle se prononce sur deux plaintes déposées par un groupe d'opposants à l'euro contre le premier plan de
sauvetage de la Grèce en 2010, alors pourquoi a t'elle réagi hier matin au lieu d'attendre le verdict allemand ?


Avec des euros acquis au cours de 1.04 et de 1.13 on peut voir venir et le cas échéant vendre une partie de ces euros contre des £ devise non soutenue par la BNS.


Merci qui ? pas maman Minova, mais la BNS !!!


 



Francis Richard 07/09/2011 17:28



La BNS récompense effectivement ceux qui ont acquis des euros au plus bas : ils peuvent même les revendre au cours forcé des francs suisses avec un bénéfice substantiel. 



LMDM 06/09/2011 20:09



La FM ne reconnaît AUCUNE LOI MORALE au-dessus de ses propres lubies-lois ! L'article de MDP est déjà reçu depuis deux jours...


Le malheur est qu'ils peuvent effectivement distribuer des Francs Suisses dématérialisés en quantité illimitée en contrepartie d'euros en dévaluations permanentes durant les mois à venir. le
résultat va être des "balances Francs Suisses" énormes entre les mains des ennemis de la Suisse libre. La mesure de la BNS est donc un acte de haute trahison caractérisé. A mon sens, il faut
faire arrêter et traduire en haute Cour le gouverneur-directeur...



Francis Richard 07/09/2011 17:31



Pendant ce temps-là tout le monde applaudit en Suisse, à part votre serviteur et un autre blogueur que vous m'avez aimablement signalé :


 


http://blog.crottaz-finance.ch/?p=8051


 



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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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