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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 23:30

Jerome-Cahuzac.jpgEn France le gouvernement socialiste a décidé pour 2013 de réduire les dépenses publiques de 10 milliards d'euros et d'augmenter les recettes publiques de 20 milliards. Et de faire (quand?) un même effort de réduction des dépenses publiques, foi de Cahuzac, pour financer pour moitié son plan de compétitivité.

 

Pour se faire une idée de ce qu'un effort de réduction des dépenses publiques de 10 milliards d'euros représente, je me suis mis en quête des seuls chiffres disponibles sur une année entière, ceux de 2011.

 

En 2011, la dette publique s'élevait à 1'717 milliards d'euros (86% du PIB), les recettes publiques à 1'012 milliards d'euros (50,7% du PIB) et les dépenses publiques à 1'115 milliards d'euros (55,9% du PIB). Le déficit public s'établissait par conséquent à 103 milliards d'euros (5,2% du PIB).

 

Entre parenthèses le nombre de fonctionnaires en France était de 5,3 millions en 2008, sans compter les salariés des entreprises publiques, ce qui portait le nombre des emplois publics à 7 millions (d'après un rapport de la Cour des comptes de décembre 2009) sur 26 millions d'emplois, soit 27% des emplois totaux. C'est dire si la France est un pays ultra-libéral...

 

En admettant que tous les chiffres de 2011 ci-dessus sont figés (ce qui ne peut pas être le cas: la situation a empiré) et qu'augmenter les impôts ne revient pas à baisser les recettes publiques (alors qu'en réalité trop d'impôt tue l'impôt et qu'inversement moins d'impôt le ressuscite), force est de constater que ces mesures d'austérité ne servent à rien et qu'une telle réduction des dépenses publiques est ridicule au regard de l'ampleur du problème.

 

En effet cette réduction des dépenses publiques ne représente que 0,9% de celles-ci. Cela ne permet qu'une chose: maintenir au chaud une clientèle électorale de privilégiés qui n'a pas conscience de l'être ou fait mine de ne pas le savoir. Cela ne permet en tout cas pas de stabiliser la dette, encore moins de la réduire et de relancer l'économie en libérant les énergies.

 

Pour bien comprendre ce qui se passe, prenons, par analogie, l'exemple d'un ménage qui gagne par mois 3'000 euros, nets d'impôts et de charges sociales, ce qui correspond à 36'000 euros par an. Ce ménage dépense 39'664 euros par an. Chaque année il dépense donc plus qu'il ne gagne, exactement 3'664 euros par an. Or il est endetté et ses dettes s'élèvent à 71'000 euros. Cela ne peut évidemment pas continuer ainsi.

 

L'exemple venant de haut, ce ménage décide de faire comme le gouvernement français, c'est-à-dire de réduire son train de vie de 0,9%. Ce qui correspond à 357 euros par an... Admettons qu'il escompte une augmentation de ses revenus de 714 euros. Cela suffira-t-il réellement à le sortir d'affaire ? Non. Car sa dette va tout de même augmenter de 2'593 euros par an et sa banque va prendre peur. Ce ménage doit donc impérativement équilibrer ses comptes pour ne pas se faire saisir ses biens par un huissier.

 

Comment équilibrer ses comptes ? En réduisant drastiquement son train de vie. Comme il n'est pas sûr du tout d'être augmenté de 714 euros - les temps sont durs -, la prudence doit le conduire à réduire son train de vie des 3'664 euros qu'il dépense en trop. Seulement cela représente 10,2% de ses revenus actuels, autrement dit plus de 11 fois ce qu'il s'apprêtait à faire en suivant l'exemple du gouvernement socialiste français...

 

En fait pour être plus à l'aise, pour réduire plus vite sa dette qui correspond à près de deux ans de revenus nets, ce ménage doit se serrer davantage la ceinture. Sa réduction des dépenses doit se situer au-delà même des 10,2 %. Au lieu de prendre exemple sur la France, il doit par conséquent s'inspirer de ce qu'ont fait le Canada ou la Nouvelle Zélande...

 

Francis Richard

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Published by Francis Richard - dans International
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Jacques Peter 10/11/2012 09:40


Certes les socialistes français et leurs homologues de l'UMP ne veulent pas réduire l'Etat, et n'ont pas été élus pour cela. Mais ailleurs ce sont bien des travaillistes qui ont su réformer
l'Etat. Et surtout ils n'auront pas le choix. Ils vont être rattrappés par la réalité. Il suffira que la différence de taux d'intérêt entre ce que paye l'Allemagne et la France augmente
sensiblement pour que même les socialistes se réveillent. Le plus tôt sera le mieux pour le pays.


Hollande devra alors remplacer Ayrault par un Monti.

Francis Richard 10/11/2012 18:47



Vous avez tout à fait raison. C'est le cas du Canada et de la Nouvelle Zélande justement. Dans le cas du Canada que je connais mieux les sociaux-démocrates ont même anticipé les choses pour
sauver le système...


 


Mais je crains que les socialistes français qui sont plus idéologues mettent beaucoup de temps à comprendre.



Jacques Peter 09/11/2012 14:57


C'est environ 100 milliards d'économies à trouver dans les dépenses publiques pour être à l'équilibre sans avoir à augmenter les impôts. C'est un minimum.


C'est faisable puisque depuis plus de trente ans aucun effort d'économie n'a été fait. Il y a donc des gisements d'économie énormes: périmètre de l'Etat à réduire; simplification du mille
feuilles administratif; subventions à supprimer; Agences, Commissariats et autres danseuses à fermer; mettre en concurrence (éducation, assurances); externaliser; vendre une partie du
patrimoine.....


Un spécialiste du cost cutting (genre Carlos Ghosn) se régalerait!


Cela finira par se faire sous la contrainte des marchés, de l'UE et du FMI. Mais ce serait tellement mieux de le faire à froid et de passer ainsi dans la catégorie des pays sérieux.

Francis Richard 10/11/2012 08:24



Oui, mais ce ne sont pas les socialistes français les mieux disposés à réduire le périmètre de l'Etat, puisque c'est leur fonds de commerce idéologique. 



Ben Palmer 09/11/2012 14:33


Cahuzac: "La réduction de 10 milliards d'euros des dépenses publiques prévue pour financer le plan de compétitivité du gouvernement sera un effort de tous".


L'art de ne rien dire avec une langue de bois ... Une réduction des dépenses publiques ne demande aucun effort général, mais une décision politique. S'il est question de financer un plan de
compétitivité (quelle compétitivité?) il fallait dès le départ investir dans un tel plan et non pas dans les dépenses publiques.  On ne demande que ça d'un gouvernement: fixer les priorités
et attribuer les moyens en fonction.



Francis Richard 10/11/2012 08:22



J'approuve : il s'agit bien de langue de bois



Claude 09/11/2012 10:29


Il serait même possible dde retrouver beaucoup d'argent en luttant contre les fraudes et les gaspillages sans nuire au fonctionnement de l'état. Voir à ce sujet le très bon livre d'Alain Mathieu,
président des "Contribuables associés", Ces mythes qui ruinent la France.


Et puis, pour sourire bien que ce ne soit au fond pas si drôle, les deux livres de Zoé Shepard, "Absolument débordée" et "Ta carrière est finie". L'auteur
travaille au Conseil régional d'Aquitaine et décrit avec beaucoup d'humour, le gâchis, l'incompétence, les dépenses exagérées, etc qui ont lieu dans certaines collectivités territoriales.

Francis Richard 10/11/2012 08:20



Il y a effectivement déjà là beaucoup à faire



MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 09/11/2012 09:00


Bien sûr ! Vous dites "ridicule" ? Moi, je dis : TRAGIQUE ! Car plus dure sera la chute... Le clientélisme électoral inhérent au système politique, mastodonte totalitaire, est une véritable
VEROLE ! Et il est davantage l'apanage des Socialo-communistes que de personne d'autre. Cela est criant dans les Landes 40 avec un député professionnel comme EMMANUELLI ! Pour s'être toujours
trompé sur tout depuis 50 ans, il n'en n'est pas moins le député permanent incontournable...

Francis Richard 10/11/2012 08:19



Vous savez ce que disait Churchill à propos de la démocratie...



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  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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