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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 22:55
7e Week-End de la Liberté à Dax 1/5

23 septembre 2016

 

18 heures

 

A l'hôtel Sourcéo de Saint Paul-Lès-Dax,  le 7e Week-End de la Liberté, organisé par le Cercle Frédéric Bastiat, avec le concours de

- l'ALEPS

- l'ASAF

- Contribuables Associés

- l'Institut Coppet

- l'iFRAP

- l'IREF Europe

- Students For Liberty - France

commence par une introduction, par son président, Patrick de Casanove, des conférenciers déjà présents à ce congrès dont le thème est d'une brûlante actualité et taboue:

 

France, sortir de l'étatisme pour sortir de l'impasse: la solution libérale.

 

En effet, dans sept mois aura lieu le premier tour des élections présidentielles françaises... et tous les candidats déclarés et, vraisemblablement, ceux qui se déclareront, sont adeptes de ce que Frédéric Bastiat appelle la Spoliation légale, c'est-à-dire la spoliation qui porte atteinte aux droits naturels, que sont la Propriété, la Liberté et la Personnalité.

Damien Theillier, Jean-Philippe Delsol, Jean-Paul Gourevitch, Vincent Benard, Patrick de Casanove, Sandrine Gorreri, Jean Bouheben, Jacques Gautron

Damien Theillier, Jean-Philippe Delsol, Jean-Paul Gourevitch, Vincent Benard, Patrick de Casanove, Sandrine Gorreri, Jean Bouheben, Jacques Gautron

Dans La Loi, Frédéric Bastiat dit:

 

La chimère du jour est d'enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres; c'est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l'organiser. Or, la spoliation légale peut s'exercer d'une multitude infinie de manières; de là une multitude infinie de plans d'organisation: tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l'assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c'est l'ensemble de tous ces plans, en ce qu'ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme.

Jean-Philippe Delsol

Jean-Philippe Delsol

21 heures

 

La société française sous l'emprise de la puissance publique: comment retrouver le sens du bien commun?

 

Jean-Philippe Delsol rappelle que l'homme aspire naturellement à la liberté et à la responsabilité, mais qu'il peut être saisi par l'hubris, la démesure. C'est pourquoi le droit a beaucoup d'importance parce qu'il est protecteur des libertés.

 

Au risque de déplaire à d'aucuns, Jean-Philippe Delsol dit que l'impôt est un progrès. C'est en effet un moyen d'exercer le pouvoir autrement que par la spoliation ou la conquête; et c'est en fait une règle qui prévoit comment va être payée la protection du droit.

 

Or, aujourd'hui, on assiste à un excès du pouvoir que confère l'impôt: 57% du PIB  sont dépensés par la machine de l'Etat. Les dépenses sociales et la redistribution représentent 1/3 du PIB, dont plus de la moitié est payé par l'Etat.

 

Cette dérive résulte de la perte de vigueur du droit. Qu'est-ce que le droit? L'ensemble des règles qui conviennent le mieux à la vie commune des hommes, règles qui s'imposent au législateur lui-même. Or, avec l'empereur Justinien, le droit a été absorbé par la loi.

 

Par droit romain, on entend donc deux acceptions différentes: c'est, en Grande-Bretagne, la common law, le droit commun, et, sur le continent, la loi romaine, héritière hélas de Justinien. Or le Droit naturel est un droit qui s'élabore sur ce qui réussit et qui a vocation à s'imposer à la Loi.

 

S'il fallait faire une comparaison, le Droit serait une lame de fond, tandis que la Loi ne serait qu'une vaguelette du rivage.

 

Jean-Philippe Delsol rappelle qu'il existe deux formes de justice: la justice commutative et la justice distributive. La justice commutative est celle de l'équilibre dans l'échange. La justice distributive consiste à donner à chacun ce qui lui revient.

 

Pour bien comprendre la différence qu'il y a donc entre le Droit et la Loi, Jean-Philippe Delsol souligne qu'il est différent de dire: Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse (l'impératif catégorique de Kant) et Fais ça. Ne fais pas ça est la grande règle de la liberté.

 

La justice est dans ce Ne fais pas. La charité est dans Fais à autrui le bien que tu voudrais qu'il te fasse; elle relève de la décision de chacun. C'est pourquoi il y a confusion des choses quand la justice est transformée en bienfaisance.

 

La justice est là pour s'occuper de l'échange et du conflit, mais pas du bien, qui est personnel. Quand l'Etat, le pouvoir ou le juge s'occupe du bien, cela conduit au pire des despotismes. Bastiat s'en prend à l'Etat philanthropique qui veut s'occuper de bien-être, d'instruction, de moralité...

 

Xenophon rapporte dans la Cyropédie que le grand Cyrus n'a été châtié qu'une fois par son Maître pour n'avoir pas bien jugé: 

 

Un grand garçon avait une robe qui lui était trop petite et ayant rencontré un petit garçon qui en avait une qui lui était trop grande, il la lui ôta, et lui donna la sienne: je jugeai qu'il était à propos que chacun garde la robe qui lui était propre. Mais mon Maître me reprit, disant que, quand il faudrait juger sur ce qui ferait plus ou moins à propos, il faudrait juger comme j'avais fait; mais que, puisqu'il était question de prononcer à qui la robe devait appartenir, il fallait considérer si celui qui l'avait prise de force devait plutôt l'avoir que celui qui l'avait faite, ou qui l'avait achetée.

 

Jean-Philippe donne un autre exemple, celui de la flûte:

- Anne est seule à en jouer

- Bob est pauvre et ce serait son seul jouet

- Pierre l'a taillée

 

Les deux premiers critères sont subjectifs. Le troisième est objectif. Quand il s'agit de permettre aux gens de vivre ensemble, le bien communil faut essayer de trouver les critères objectifs. Le bien commun correspond au régalien, c'est-à-dire à l'exécution de la justice, à la sécurité intérieure et extérieure.

 

A cela il faut ajouter, pour tout le monde, l'accès à l'éducation avec le bon scolaire , qui permet le libre choix de l'école, et à l'assurance sociale, moyennant quelques %, avec sinon l'obligation de s'assurer, tout en étant libre de le faire auprès de l'assureur de son choix.

 

Quand il n'y a plus de responsabilité, il y a pauvreté matérielle, intellectuelle et spirituelle. C'est pourquoi la responsabilité doit être l'aune de la dépense publique. Toutefois, pour donner les moyens au régalien, à l'accès à l'éducation et à l'assurance sociale, il faut bien prélever.

 

Le prélèvement, cependant, doit être pérenne et neutre, c'est-à-dire qu'il ne doit pas y avoir de modification des situations relatives. Il ne peut donc être que proportionnel et certainement pas progressif, car c'est alors la porte ouverte, sans limites, à l'arbitraire et à l'injustice.

 

C'est seulement dans ces conditions - ne fais pas à autrui etc., critères objectifs de la justice, responsabilité aune de la dépense publique,  etc. -, que le sens du bien commun peut être retrouvé.

 

A ceux qui ne voient qu'un rêve dans cette quête de la justice et de la liberté - que l'on cherche toujours sans jamais les atteindre -, Jean-Philippe Delsol, pour qui aucune parole n'est jamais vaine, répond en citant Georges Bernanos:

 

Les mots sont du vent, mais le vent pousse le monde.

 

Francis Richard

 

Livres de Jean-Philippe Delsol:

 

A quoi servent les riches? (2012) JC Lattès

Pourquoi je vais quitter la France (2013) Tatamis

L'injustice fiscale (2016) Desclée de Brouwer 

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Published by Francis Richard - dans Rencontres libérales
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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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