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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 11:30
Ingrid Betancourt n'est pas ingrate. En effet elle remercie Dieu en premier lieu (photo ci-contre) de l'avoir maintenue en vie. Elle remercie ensuite le président Uribe et l'armée colombienne de l'avoir délivrée et elle est fière de son pays. Elle remercie enfin tous ceux qui l'ont soutenue pendant sa captivité.

Elle est bien consciente qu'elle n'aurait jamais été libérée à la faveur de négociations. Compte tenu du retentissement international donné à sa détention, elle était devenue une monnaie d'échange inépuisable aux mains des criminels marxistes qui l'avaient kidnappée, et qui la traitaient comme aucun être vivant ne devrait être traité par des hommes dignes de ce nom.

Elle savait bien qu'elle ne pouvait être rendue à la liberté qu'à la faveur d'un coup de main militaire. Ce dont ses proches et ceux qui la soutenaient étaient parfaitement inconscients. Que n'a-t-on entendu dire sur le compte du président Uribe qui mettait sa vie en danger en combattant militairement ces malfrats ? Au contraire de ses détracteurs, il était aux commandes, et pleinement conscient du lourd poids des responsabilités qui pesaient sur ses épaules.

Le président Uribe a donc eu un sacré courage de donner l'ordre à  cette opération on ne peut plus risquée. Mais elle est bien dans la ligne de cet homme élu en 2002 parce que la voie des négociations avait échoué avec les FARC et qu'il s'était engagé à la réduire par la force, et réélu en 2006 parce qu'il avait mieux réussi dans cette lutte contre la guerilla que ses prédécesseurs.

Cette guerilla des FARC ne vit que d'extorsions de fonds, baptisées pudiquement impôt révolutionnaire, d'enlèvements contre rançon, et de trafics de drogues. Il s'agit donc de mafieux déguisés en révolutionnaires. Il semble incroyable que l'on puisse imaginer de traiter avec des gens pareils qui ne respectent pas la vie humaine et qui ne sont pas sans rappeler les criminels de l'ETA qui sévissent au Pays Basque espagnol.

Cela dit, l'histoire nous dira peut-être un jour si les négociations engagées parallèlement n'ont pas servi de diversion à cette opération réussie. Dans ce cas-là elles n'auront pas été inutiles. Il n'en demeure pas moins qu'il était naïf de penser qu'elles permettraient la délivrance d'Ingrid Betancourt et de ses compagnons politiques d'infortune.

A ce propos il reste des otages dans la jungle colombienne aux mains des FARC. Il y aurait plusieurs centaines de personnes détenues pour des raisons purement économiques et une trentaine pour des raisons politiques. Les média, des hommes politiques, des personnes qui ont soutenu Ingrid Betancourt, s'inquiètent de leur sort après l'évasion spectaculaire d'avant-hier. 

Tous ces bons apôtres ont raison de le faire. Mais il ne faut pas qu'ils oublient de dire que le sort des otages est entre les mains de ceux qui les ont privés de liberté, c'est-à-dire aux mains des FARC, et que les méfaits des criminels ne doivent jamais être imputés à ceux qui les combattent et défendent les libertés des autres.

Francis Richard
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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 18:17

Les Coptes sont les premiers habitants de l’Egypte. Le mot copte vient d’ailleurs du mot grec aigyptos qui signifie égyptien. Il est le résultat de transformations sémantiques successives.

Quand, au VIIème siècle, les Arabes ont conquis et colonisé l’Egypte, les Coptes étaient tous chrétiens, mais, à la faveur de méthodes très persuasives, la plupart d’entre eux ont été convertis à la religion de leurs conquérants, c’est-à-dire à l’Islam.

La langue copte a pour origine les hiéroglyphes égyptiens. Sous l’occupation grecque l’alphabet grec a été adopté par les Coptes, moyennant quelques ajouts pour tenir compte de certaines prononciations propres à cette langue. Cette adaptation n’est pas sans rappeler celle de la langue vietnamienne quand des religieux catholiques à la fin du XIXème siècle l’ont transcrite dans l’alphabet latin. La langue copte, enseignée dans certaines universités, n’est plus guère utilisée que dans la liturgie de l’église orthodoxe d’Egypte.

Selon la tradition la christianisation de l’Egypte remonterait à Saint Marc et le passage de la Sainte Famille y aurait laisser des traces. Aujourd’hui le vocable copte, du moins en français, ne désigne plus d’ailleurs que ce qui se rapporte à l’église orthodoxe d’Egypte, à son chef, le patriarche d’Alexandrie, et à ses adeptes. Dans un pays musulman à 85%,  les Coptes représentent une forte minorité de 15%.

Depuis plusieurs années, les Coptes sont l’objet d’agressions de la part du reste de la population sous l’influence de l’Islam radical des Frères Musumans. Ces agressions ne suscitent que des entrefilets dans la grande presse européenne, la plupart du temps dans la rubrique étrangère des faits divers. Elles n’émeuvent pas les grandes consciences. Dans les dernières années cette indifférence a autorisé les agresseurs à s’enhardir toujours davantage.

Le 31 mai dernier le monastère copte d’Aboufana a été attaqué, à l’arme automatique, par une soixantaine d’individus qui ont blessé plusieurs moines, détruit des cellules, incendié des bâtiments, dont l’église, sans que la police ne lève le petit doigt. Les attaquants ont de plus enlevé trois moines qu’ils ont torturés.

Cette profanation est le crime le plus marquant d’une série d’agressions qui se sont produites entre le 26 mai et le 6 juin, puis le 20 juin. Ainsi lors de l’attaque d’une bijouterie au Caire quatre personnes ont-elles trouvé la mort. Ainsi lors de la collision d’une camionnette lancée contre un bus transportant des Coptes, douze d’entre eux sont-ils morts et neuf d’entre eux ont-ils été gravement blessés.

Tout dernièrement, le 20 juin, à la suite d’une méprise, des centaines habitants d’al-Nazia, à une centaine de kilomètres de la capitale, ont attaqué, et pillé, dans la soirée, des maisons et des commerces appartenant à des Coptes. Ils croyaient que les membres de la famille d’une Copte l’avaient séquestrée avec son enfant à la suite de sa conversion à l’Islam. Elle avait seulement, et justement, rendu visite à des membres de sa famille au Caire, dont elle est revenue au bout de trois jours.

Après tous ces méfaits, les associations coptes de France (ici) ont lancé « un appel à se rassembler afin de sensibiliser l’opinion publique française et internationale sur ces agissements incompatibles avec les droits de l’homme et le respect des droits des minorités ».

Une manifestation a donc eu lieu dimanche 22 juin après-midi à Paris. En avez-vous entendu parler ? Certainement pas. J’ai parcouru depuis deux jours toutes les dépêches et tous les grands journaux français et de Suisse romande. Pas une ligne.

Seul à ma connaissance, Yves Daoudal, le 23 juin, en a fait un compte-rendu sur son blog (ici), dont j’extrais ce passage : « Il y avait plus d’un millier de coptes, hier, à la manifestation parisienne organisée pour réclamer la fin des persécutions et l’égalité des droits. A ma connaissance (NDFR : à la mienne non plus), personne n’en a parlé ».

Yves Daoudal ajoute :  « Les coptes n’intéressent personne. Les chrétiens en pays d’islam sont des gêneurs. Ils sont les témoins, les preuves vivantes que l’islam n’est pas une religion de paix ni une doctrine de tolérance (NDFR : ces propos n'engagent que Daoudal). Alors on ne veut pas les voir. Ils n’existent pas ».

Ils existent pourtant. Mais qui se souvient d’eux ?

Francis Richard

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 19:41

Le président français Nicolas Sakorzy a fait adopter le traité de Lisbonne en France par la voie parlementaire. Avec cynisme il a reconnu  qu’il ne voulait surtout pas que la France donne à nouveau le mauvais exemple d’un refus par la voie référendaire comme elle l’a fait il y a trois ans. Il a même évoqué la possibilité d’un non britannique si le Royaume-Uni était alors tenté, à l’instar de la France, de décider l’adoption du traité par voie référendaire. Ce qui aurait été désastreux puisque l’unanimité est encore requise cette fois-ci pour l’adoption des institutions européennes.

 

Cette curieuse  conception de la démocratie devrait faire réfléchir en Suisse. Quand les peuples européens sont susceptibles de mal voter il ne faut surtout pas leur donner la parole. Les peuples ne sont pas souverains en Europe. Ils ne sont bons qu’à obéir à ceux qu’ils ont élus et qui, une fois élus, en font à leur guise. Rivarol disait que quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir… La Suisse, qui est probablement le pays le plus démocratique au monde, a donc bien fait de refuser de s’intégrer à cette Europe-là, qui se construit sans le consentement des peuples qui la composent, et qui n’aime pas la démocratie directe, bien trop dangereuse, parce qu’elle peut conduire au désaveu.

 

En votant à 53,4% contre le traité de Lisbonne, les Irlandais se sont fait les porte-parole des peuples européens à qui leurs dirigeants ont refusé de donner la parole. Tous les sondages effectués ces derniers mois à travers l’Europe montrent qu’entre 60 et 75% des citoyens des pays européens auraient souhaité s’exprimer par référendum sur ce traité et que le résultat aurait été aussi décevant pour les eurocrates que peut l’être aujourd’hui le résultat irlandais. Ce traité, comme la précédente Constitution européenne avortée, ne donne aux citoyens qu’un moyen de se faire entendre. Ils peuvent tout au plus prendre l’initiative populaire de demander, à l’occasion, à la Commission européenne qu’elle veuille bien dans sa grande bonté « présenter de nouvelles propositions » quand celles prises ne sont pas de leur goût.

 

Seuls à pouvoir s’exprimer dans les urnes, les Irlandais ont en fait dit oui aux libertés. Ils n’ont pas comme les Français refusé l’Europe de Lisbonne pour de mauvaises raisons, parce qu’elle serait par trop libérale. Car c’est un fait que, depuis le début, la construction européenne s’est faite sous le signe du dirigisme. Pendant une courte durée elle a certes penché en faveur du libre-échange, mais très vite les eurocrates non-élus y ont mis bon ordre et l’ont orientée vers une centralisation politique de plus en plus contraignante, oublieuse du principe de subsidiarité, prôné partout mais, dans les faits, appliqué à l’envers.

 

Le mouvement Libertas, qui est l’origine du succès du non en Irlande, donnait huit bonnes raisons de voter non à Lisbonne. Ces huit bonnes raisons tournent toutes autour des libertés et de la représentation de l’Irlande au sein de l’Union européenne. Ainsi Libertas s’indigne-t-il :

 

-         qu’avec Lisbonne le président du Conseil et le haut représentant pour les affaires étrangères de l’Europe soient nommés par le Conseil européen à la majorité qualifiée

-         que le poids électoral au sein du Conseil soit proportionnel à la population du pays (ce qui réduira encore l’influence de l’Irlande)

-         que le nombre des commissaires européens soit réduit de telle sorte que l’Irlande pourra ne pas être représentée pendant cinq ans d’affilée

-         que les décisions puissent être prises à la majorité qualifiée au lieu de l’unanimité dans plus de 60 domaines tels que l’immigration, le sport, la culture etc.

-         que la compétence exclusive soit donnée à Bruxelles pour le commerce international et les investissements directs étrangers

-         que la loi européenne devienne supérieure à la loi irlandaise

-         enfin que le traité puisse être modifié sans qu’un référendum puisse désormais être organisé.  

 

De l’abécédaire du site de l'ALEPS et de Génération libérale (ici), à l’article Europe, j'emprunte cette conclusion de bon sens: « L’harmonisation européenne se fera plus facilement par le bas, avec une communauté de vie et d’intérêt des Européens, que par le haut, par entente entre les Etats européens. L’Europe économique marchande a plus d’avenir que l’Europe politique à économie dirigée. Culture et économie sont sans doute des liens plus puissants que les arrangements constitutionnels et politiques »

 

Evidemment les idéologues eurocrates ne vont pas désarmer aussi facilement. Ils continueront donc obstinément à vouloir poursuivre le processus de ratification, qui n’a plus aucun sens. Cela s’appelle un déni de réalité.

 

Francis Richard

 

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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