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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 12:50
La presse romande découvre avec stupéfaction ce que je dis depuis le début : Kadhafi (ci-contre photo parue dans 24 Heures ) a tout le temps devant lui dans l'affaire relative à l'arrestation de son fils (voir mon article Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  ), et qui l'oppose à la Suisse depuis l'été dernier. Il a gagné sur presque toute la ligne et n'est pas prêt, sans contreparties, à lâcher le dernier morceau - si j'ose dire - à savoir l'autorisation donnée à deux citoyens helvétiques, arrêtés dans un premier temps, puis relâchés, de quitter ce pays pourri.

Kadhafi, juché sur ses tas de sable, a obtenu presque tout ce qu'il voulait, hormis des excuses : son fils Hannibal et sa femme ont été libérés sous caution au bout de 48 heures seulement. Les domestiques, auxquels ces charmants patrons avaient infligés des sévices (voir mon article L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris ), ont abandonné leur plainte, vraisemblablement contre monnaie sonnante et trébuchante (voir mon article Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses ) et, dans la foulée, le procureur de la république de Genève a abandonné ses poursuites pour contrainte.

Comme tous les maîtres-chanteurs, Kadhafi fait monter la pression et les enchères (voir l'article de 24 Heures ici ). Maintenant il ne se contente plus seulement d'excuses de la part des autorités helvétiques, il veut que les responsables de l'arrestation de son fils soient châtiés et qu'une rançon soit versée. Celle-ci s'élève à 300'000 francs que la Suisse devrait verser à l'UNICEF. Kadhafi entend ainsi jouer au Père Noël, aux frais du contribuable suisse, et se donner le beau rôle puisque l'UNICEF ( ici ) est une organisation humanitaire onusienne s'occupant de la survie, de la protection et de l'éducation des enfants à travers le monde. Ce dont, en réalité, il doit se soucier comme d'une guigne...

Là-dessus on apprend dans 24 Heures qu'un des ténors du barreau de Genève, Maître Charles Poncet (ci-contre photo parue dans 24 Heures), a été embauché par Kadhafi pour défendre ses intérêts ( ici ) et obtenir ce que le tyranneau libyen n'a pas encore obtenu. D'après le célèbre avocat - qui prête régulièrement sa plume à L'Hebdo, et qui fait partie des people genevois - lors de leur arrestation, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et son épouse n'auraient pas eu accès tout de suite aux autorités consulaires, ce qui est contraire à la Convention de Vienne.

On veut bien. Si cela s'avère exact, ce n'est pas bien. Mais cela ne justifie pas les accusations de maltraitance proférées - et le châtiment demandé - à l'encontre des responsables de l'arrestation d'Hannibal et de sa femme Aline, qui s'en sortent bien parce que leur papa, et beau-père, est un potentat sans vergogne. Cela ne justifie pas davantage le chantage exercé par ce dernier. Car il n'en demeure pas moins que les responsables de l'arrestation des époux libyens maudits ont mis un terme à des sévices corporels commis sur le sol helvétique et qu'ils ont eu raison de le faire, même si, ce faisant, ils ont commis des maladresses de procédure, qui restent d'ailleurs à prouver.

Le Matin ( ici ), sous la plume de Fabian Muhieddine, explique que la Suisse s'est embourbée dans cette affaire parce qu' "elle manque d'un accès direct à Kadhafi", parce qu'"elle n'a plus d'alliés diplomatiques" et que "la Libye a des moyens de pression". C'est bien dans la stratégie des maîtres-chanteurs de ne pas être atteignables pour discuter. Ils pratiquent toujours le tout ou rien et ... plus le temps passe plus leurs exigences sont grandes. Dire que la Suisse n'a plus d'alliés diplomatiques est faux. Il serait plus juste de dire que les intérêts économiques de ses alliés passent aujourd'hui avant leurs principes sur lesquels ils s'assoient allègrement.

Pour s'en sortir la Suisse n'aurait pas dû se défaire du seul atout qui lui restait : les poursuites pour contrainte. En l'occurrence le fédéralisme a bon dos puisque l'abandon des poursuites c'est Genève qui l'a décidé sans ... consulter Berne. Il ne reste à Madame Calmy-Rey ( ici  ) que le choix entre baisser sa jupe - ce qui serait céder au chantage, et créerait un précédent croustillant - ou, en abandonnant momentanément ses ressortissants à leur triste sort, laisser faire le temps, la patience ou, sait-on jamais, .... la baisse du prix du pétrole qui pourrait mettre à genoux ce fou furieux.

Francis Richard

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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