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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 23:55
Macbeth, de William Shakespeare, au Pulloff Théâtres à Lausanne

Quoi de neuf? Guitry répondait Molière. N'en déplaise à Sacha, que j'aime beaucoup, je serais tenté de répondre différemment de lui, de répondre Shakespeare. La représentation de Macbeth, que j'ai eu le plaisir de voir, d'entendre, même de respirer ce soir au Pulloff Théâtres, depuis le premier rang, confirme ma réponse.

 

Pour peu que l'on respecte l'esprit de Shakespeare, il est en effet de multiples façons d'interpréter ses pièces sans le trahir. Ce qui donne une grande latitude aux metteurs en scène et ce qui fait que Shakespeare quatre siècles plus tard est toujours actuel, universel, en un mot, il est neuf.

 

The Shakespeare Collection, en 37 DVD, produite par la BBC il y a quelque trente ans - tournée entre 1978 et 1984 - et l'Intégrale Shakespeare donnée au Théâtre du Nord-Ouest à Paris par l'ami Jean-Luc Jeener en 2007, n'ont en commun que le texte, et encore dans une langue différente. Et pourtant l'esprit de Shakespeare y est et y était présent.

 

Quand, comme ce soir, la dizaine d'acteurs s'avance au début de la pièce, un moment d'appréhension, vite passé, étreint le spectateur. Car ils sont tous pieds nus, vêtus de costumes en bure marron, avec pour seuls bijoux des colliers en bois. Ils apparaissent sales et ahuris. Dans quelle galère se trouve-t-on embarqués?

 

Alors, il faut se rappeler que les faits relatés dans Macbeth remontent au XIe siècle. Le roi d'Ecosse Duncan (Thierry Jorand) attend son cousin Macbeth (Raoul Teuscher) et le général Banquo (Frank Michaux), qui viennent de remporter la victoire sur des rebelles soutenus par la Norvège. Il se réjouit de les accueillir bientôt et de les féliciter.

 

Sur le chemin du retour Macbeth et Banquo font la rencontre de trois sorcières, trois soeurs, dont seules émergent d'un drap blanc les faces grimaçantes figurées par des masques. Cet hydre à trois têtes salue Macbeth, de son titre de Thane de Glamis, mais y ajoutent ceux de Thane de Cawdor et de futur roi. De plus elles annoncent à Banquo qu'il engendrera des rois sans être roi lui-même.

 

Or deux chevaliers, envoyés par le roi Duncan à leur rencontre, annoncent à Macbeth que ce dernier lui a donné le titre de Thane de Cawdor, celui que portait un traître indigne de le porter désormais. Une partie de la prophétie étant réalisée, pourquoi l'autre ne le serait-elle pas? Le moyen le plus sûr pour forcer le destin est de lui donner un coup de pouce.

 

Macbeth, aiguillonné par lady Macbeth (Virginie Meisterhans), avec laquelle il forme un couple diabolique et sensuel, porté sur le sexe et le meurtre, tue donc le roi pour prendre sa place, en maquillant son crime pour le rejeter sur d'autres. Pour conserver le pouvoir, un crime en appelle un autre et c'est une tuerie toute... shakespearienne, qui est déclenchée.

 

Mais tuer est contre-nature. Macbeth supporte mal son régicide. Il supporte également très mal d'avoir dû tuer Banquo dont le spectre vient le hanter. Lady Macbeth elle-même, qui semble avoir moins de scrupules que son homme de nouveau roi, a l'impression que le sang versé pour parvenir à leurs fins laisse une trace indélébile sur ses mains. Une telle histoire ne peut que finir mal...

 

Le spectacle dure un peu plus de deux heures et il n'y a pas de temps morts. Tous les comédiens, quel que soit leur rôle - tous, hormis Raoul Teuscher, en jouent d'ailleurs plusieurs -, sont les rouages d'une magnifique machine qui fonctionne à plein, et tous prennent un plaisir évident, et communicatif, à se produire sur scène.

 

Les comédiens qui n'ont pas été cités plus haut méritent donc de l'être. Les voici, dans l'ordre alphabétique: Geoffrey Dyson, René-Claude Emery, Darius Kehtari, Fanny Pelichet, David Pion, Pierric Tenthorey.


Précisons que le texte français  est d'Antoinette Monod et de Geoffrey Dyson (qui a fait la mise en scène), que la scénographie est de Kym Staiff, la musique de Jérôme Baur, les costumes de Tania d’Ambrogio et les lumières de Jean-Pierre Potvliege.

 

S'il fallait résumer en deux mots le contentement que l'on éprouve après avoir assisté à une telle représentation menée tambour battant, ce serait: bien joué! well done!

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations jusqu'au 21 décembre 2014:

 

Mardi, jeudi, samedi à 19h

Mercredi, vendredi à 20h

Dimanche à 18h

Lundi relâche

 

Adresse:

 

Pulloff Théâtres

Rue de l'Industrie 10

1005 Lausanne

 

Réservations:

 

www.pulloff.ch/

tél: 021 311 44 22

 

Bande annonce:

En tournée:

du 6 janvier au 1er février 2015 au Théâtre des Amis — Carouge

le 3 février 2015 au Théâtre de Valère — Sion

les 6 et 7 février 2015 Théâtre du Pommier — Neuchâtel

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 16:00
Les demeurées, au théâtre Le Poche, à GenèveLes demeurées, au théâtre Le Poche, à Genève

Paru en 2000, chez Denoël, Les demeurées est un roman fort, écrit dans un style superbe, et poétique, par Jeanne Benameur. Rien, a priori, cependant, ne prédestinait ce magnifique texte à être mis en scène au théâtre.

 

Certes, avant sa création au printemps dernier au Théâtre de Vidy, à Lausanne, dans son adaptation actuelle, il y avait bien eu une installation-spectacle, d'une durée de vingt et une minutes, tirée de ce roman par le Begat Theater, donnée dans huit communes de Haute-Provence, en France, mais le texte n'était pas repris dans sa quasi intégralité.

 

Au Poche de Genève, comme au Vidy de Lausanne, le spectacle dure une heure et quart et peu de coupures du texte, peu d'adaptations ont été effectuées. C'est dire qu'il est on ne peut plus fidèle au roman et à la force des mots vivants employés par Jeanne Benameur. Il y est fidèle à un autre titre. Il garde la forme d'un récit, interprété par les trois comédiennes.

 

Didier Carrier, qui a conçu et mis en scène Les demeurées, a pris ce parti, se refusant à distribuer les rôles des personnages entre les comédiennes, voulant conserver l'effet de surprise originel que procure la progression du récit, dont le début est volontairement lent et confus, comme si l'auteur avait voulu que le lecteur s'installe gentiment dans le livre pour mieux l'habiter.

 

L'idée de reprendre le texte dans sa quasi intégralité vient de l'une des comédiennes, Maria Pérez, séduite par l'engagement de l'auteur, et certainement au-delà de cet engagement par la profondeur humaine que cet écrivain cosmopolite - ce qui est pour moi un compliment - a mis dans ce récit, profondeur qui sublime tous les clivages.

Les demeurées, au théâtre Le Poche, à GenèveLes demeurées, au théâtre Le Poche, à Genève

Les demeurées? Une mère, La Varienne, et sa fille, Luce. Dans leur cas le préjugé s'avère exact: telle mère, telle fille. La Varienne travaille chez Madame parce qu'il faut bien vivre, Luce va à l'école parce que c'est obligatoire: "La mère et la fille, l'une dedans, l'autre dehors, sont des disjointes du monde."

 

L'une comme l'autre ne peuvent pas nommer les choses, elles sont demeurées. Luce va donc à l'école, mais elle se refuse à faire entrer le savoir. Mademoiselle Solange, l'institutrice, celle par qui le savoir arrive, n'en peut mais. Luce demeure abrutie, l'autre mot pour la demeurée qu'elle est, comme sa mère: "Luce n'apprend rien. Luce ne retient rien. Elle fait montre d'une faculté d'oubli très rare: un don d'ignorance."

 

Pourtant, sans qu'elle ne s'en rende compte, les mots pénètrent en elle, malgré elle, et n'en sortiront plus. Luce les chantonne sans en comprendre le sens, mais ils sont là dans un recoin de sa tête, tout prêts le moment venu, à lui faire franchir le seuil du monde, comme le souhaite Mademoiselle Solange.

 

Les choses se précipitent quand cette dernière veut faire écrire par Luce son nom complet, Luce M. Cette tentative se traduit par un échec. Luce s'en va de l'école et n'y retourne plus, au grand désespoir de Mademoiselle Solange, qui ne comprend pas ce qu'elle a bien pu faire:

 

"La Varienne et sa petite Luce peuvent se passer de tout. Même de nom.

Le savoir ne les intéresse pas. Elles vivent une connaissance que personne ne peut approcher.

Qui était-elle, elle, pour pouvoir toucher une telle merveille?"

 

Le pire n'est jamais sûr. Et l'histoire montre finalement que les leçons de Mademoiselle Solange à Luce sont "de drôles de pays restés dans sa tête" et que les mots, même piétinés par Luce sur le chemin de l'école à la maison de rien, où elle habite avec La Varienne, ont "fait leur nid dans sa tête". Le monde va s'ouvrir à Luce sans que  pour autant rien ne puisse la disjoindre de La Varienne.

 

Tour à tour, Maria Pérez et Laurence Vielle font vivre le roman sur scène, dans un décor dépouillé, dans des habits de bure, au mileu d'ustensiles domestiques, susceptibles de résonner (la scénographie et les costumes sont de Florence Magni, la lumière de Danielle Milovic et la réalisation des costumes d'Emilie Revel), et leurs voix ne sont pas désincarnées. Au contraire, leurs voix sont comme un accompagnement musical au chant du texte et aux mouvements très physiques et éprouvants qu'elles ont sur scène.

 

Béatrice Graf, aux percussions, donnant de temps en temps également de la voix, en choeur, ponctue texte, voix et déplacements des deux autres comédiennes en fusion, de notes tantôt dramatiques, tantôt drôlatiques. Car le roman Les demeurées, dans cette interprétation coup de poing, n'est pas que drame, il est aussi rires, quoique parcimonieux.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations jusqu'au 2 novembre 2014:

 

Lundi, vendredi à 20h30

Mercredi, jeudi, samedi à 19h

Dimanche à 17h

Mardi relâche

 

Adresse:

 

Le Poche

Rue du Cheval-Blanc 7

1204 Genève

 

Réservations:

 

www.lepoche.ch

tél: 022 310 37 59

Les demeurées, au théâtre Le Poche, à Genève
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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 00:10
Mourrier à Vevey, à l'Oriental-Vevey, à Vevey

L'Oriental-Vevey, en 2008, doit être fermé pour raison de sécurité. Des planchers et des murs menacent de s'effondrer.

 

Le 5 septembre 2014, après dix-huit mois de travaux de restauration, une réception inaugurale y est organisée pour fêter sa réouverture.

 

Le premier spectacle, donné dans ce théâtre veveysan restauré, est signé Sébastien Meier et mis en scène par Benoît Blampain. Il s'agit d'une pièce policière intitulée Mourrier à Vevey: le directeur de l'Oriental-Vevey, Nick Weber, est retrouvé mort le lendemain du 5 septembre 2014, pendu aux grilles de la scène...

 

Jules Mourrier, commissaire de police à la retraite, professeur de criminologie à l'Université de Lausanne est chargé de reprendre l'enquête par le commandant Crausaz. Les premiers témoignages ont été recueillis par le caporal Delachaux, mais l'enquête patauge.

 

Jules Mourrier, doté d'une intuition incomparable, est de la vieille école. Qui a fait ses preuves. Pour lui, l'essentiel est de recueillir tous les éléments de l'histoire, puis de la raconter correctement...

 

La pièce est lue par trois comédiens: Antonin Moeri, qui est le narrateur, Murielle Tenger qui incarne Jules Mourrier, sorte de Maigret vaudois, ne refusant pas de lever le coude pour boire un verre de blanc de Lavaux, Anne Ottiger, qui joue tour à tour les rôles de tous les autres personnages de l'intrigue:

 

- le caporal Delachaux,

- Vincent Menu, le Conservateur du Canton de Vaud,

- Jane Brisbane, l'assistante de Bordec, Président Directeur Général de Netteté, la multinationale de l'agro-alimentaire,

- la syndique de la ville,

- Anatole le cafetier, dont l'établissement jouxte l'Oriental-Vevey,

- Stars, le directeur du Festival Vevey- Photos.

 

Le spectacle est itinérant. Il se déroule dans toutes les salles de l'Oriental-Vevey, ce qui est une manière originale d'en ouvrir toutes les portes et de le faire visiter, les spectateurs figurant des étudiants, au nombre d'une quarantaine, venus assister à la résolution du crime par leur vieux professeur émérite.

 

Les spectateurs quittent donc le foyer du théâtre, gravissent l'escalier principal, puis des escaliers et passerelles métalliques à claire-voie pour gagner tout en haut la salle de répétition où ils assistent à une chorégraphie interprétée par deux danseurs (Bastien Hippocrate et Claire Dessimoz) sur le thème de l'attachement... Danseurs qui y répétaient le soir du meurtre...

 

Car il s'agit d'un meurtre. L'expertise scientifique a conclu que Nick Weber est mort de strangulation dans son bureau, puis que son corps a été pendu aux cintres du théâtre pour brouiller les pistes...

 

Les spectateurs redescendent au foyer, puis, de là, se rendent dans le local technique du théâtre où se trouvent les vestiges d'un mur datant du XIVe siècle... Après un échange entre Jules Mourrier et Vincent Menu, commenté par le narrateur, ils suivent l'ex-commissaire dans un couloir qui les mène à un autre escalier.

 

En haut de cet escalier se trouve la scène du théâtre, au-dessus de laquelle Nick Weber a été pendu. Le bureau de ce dernier est contigu. De là part un autre escalier encore, qui conduit à la salle de répétition, munie de gradins, où le public estudiantin finit par se retrouver pour assister aux interrogatoires des différents protagonistes, annoncés l'un après l'autre par le narrateur.

 

Enfin tout le monde redescend au foyer pour le dénouement de l'intrigue que Jules Mourrier a bien entendu élucidée... en reliant de façon imperturbable tous les éléments entre eux.

 

Le narrateur, Antonin Moeri, force souvent le trait, et c'est très bien (les étudiants ne risquent pas de s'endormir...). Murielle Tenger donne une véritable épaisseur à Jules Mourrier par sa gestuelle et par le ton sans répliques qu'elle donne à sa voix bourrue. Anne Ottiger est une sorte de Fregoli, puisqu'elle passe d'un registre à l'autre, qu'il soit masculin ou féminin, avec beaucoup d'aisance.

 

Sébastien Meier s'est beaucoup documenté pour écrire son texte, qui est coloré, souvent piquant, à la fois spirituel et humoristique, avec pour résultat les rires de l'assistance, qui n'a pas besoin de connaître tous les dessous de la vie locale pour se réjouir de ses bons mots et de ses divulgations, tellement bien imaginées qu'elles finissent par rejoindre la réalité...

 

Francis Richard

 

Sébastien Meier et Bastien Hippocrate sont membres du Collectif Fin de Moi

 

Sébastien Meier est l'auteur du roman Les ombres du métis, édité chez Zoé (2014)

 

Prochaines représentations:

 

Jeudi 18 septembre 2014 à 20h

Vendredi 19 septembre 2014 à 20h

Samedi 20 septembre 2014 à 19h

 

Adresse:

 

Oriental-Vevey

Rue d'Italie 22

1800 Vevey 2

 

Réservations:

 

www.orientalvevey.ch

tél: 021 923 74 50

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 11:45
Fever - A la vie à la mort, au Théâtre Le Poche, à Genève

Hier soir, c'était la première, à Genève, de Fever, la dernière pièce d'Attilio Sandro Palese, qu'il a lui-même mise en scène et qui dure 1h15. On notera que la chorégraphie est signée Caty Eybert et que Laure Mi Hyun Croset est conseillère littéraire de l'auteur pour cette pièce.

 

Ce spectacle - on l'aura compris: il ne s'agit pas seulement de théâtre mais de danse - est librement inspiré du film Saturday Night Fever, sorti fin 1977 aux Etats-Unis et au printemps 1978 en Europe, avec John Travolta et une musique composée par les Bee Gees, dont Night Fever, bien sûr.

 

Pendant une semaine, à la fin des années septante, une bande de jeunes ritals, qui travaillent ou qui vont à l'école, se prépare au concours de danse de la boîte disco de leur quartier de Brooklyn qui doit avoir lieu le samedi soir suivant.

 

Le décor, que l'on doit à José Manuel Rodriguez est sobre: un grillage comme il en existe pour entourer les terrains de basket, quelques ampoules (une rouge, une verte, une rangée de jaunes), des mini-gradins. En arrière-plan un écran sombre, sur lequel vont s'égrener les jours et s'afficher, en blanc sur noir, au fil du spectacle des citations en décalage avec l'action et la tournant en dérision avec humour.

 

Ils sont quatre garçons, habillés comme on l'est à l'époque (chemises à fleurs ou pas, mais ouvertes sur le torse, une croix au bout d'une chaîne, jeans moulants, blousons de cuir), les cheveux ni courts, ni longs, rejetés en arrière, comme John Travolta, et deux filles qui portent des chemisiers et des jupes relativement longues, mais qui peuvent être retroussées... Les costumes sont de Tania D'Ambrogio et les coiffures et maquillage de Sonia Geneux.

 

Bobby (Jérôme Denis), Vince (Blaise Granget), Tony (Nathan Heude) et Eugène (Bastien Semenzato) jouent au basket. Ils affrontent une équipe de ceux qu'ils appellent des négros et qui... leur mettent la pâtée. L'un d'eux, pour excuse, dit qu'ils ont des bras et des jambes plus longs, mais un autre reconnaît qu'ils ont vraiment la classe ces fichus négros...

 

La tension monte au cours de la semaine. Les répétitions pour le concours donnent lieu à des disputes. Il était prévu qu'Annette (Aurore Faivre) danse avec Tony, mais celui-ci lui a préféré Stéfanie (Julie-Kazuko Rahir). Pourquoi? Parce que Stéfanie aime la danse et qu'Annette ne fait qu'aimer Tony, lequel n'a ni sentiment, ni attirance pour elle, ce qu'il lui fait cruellement savoir.

 

A l'époque, dans ce quartier, que l'on qualifierait aujourd'hui de difficile, des bagarres éclatent. Les garçons, à l'exception de Tony, se réjouissent ainsi que Vince ait frappé à la tête et aux parties un gars qui le regardait débilement, mais justement il le regardait ainsi parce qu'il était réellement débile...

 

Aux propos violents entre eux ou à l'égard des autres, aux scènes macho à l'égard de la pauvre Annette, réduite à un objet sexuel, succèdent des moments d'abattement des membres de la bande, comme si leur désorientation dans la vie les désemparait complètement. La tension baisse alors d'un cran, mais demeure. Ils ne retrouvent de l'allant qu'avec la danse... et la chanson disco. La danse aussi adoucit les moeurs...

 

Un des grands moments du spectacle, c'est quand les membres de la bande se recueillent pour honorer la mémoire de l'un d'entre eux en vaporisant de la laque sur son ombre et sur leurs cheveux... Parce que c'est à la fois touchant et dérisoire. Parce que cela reflète l'ambiance générale du spectacle, tragique et comique successivement: les rires ne sont jamais absents.

 

Si la musique est là, bien souvent en sourdine, le texte reste fort, d'autant plus fort qu'il est débarrassé de toutes fioritures. L'alternance de moments de répit relatif, qui lui donne de la respiration, et de tension palpable fait de ce spectacle un puissant spectacle qui restitue fort bien toute une époque (grâce, notamment, au jeu des comédiens). Et cela ne peut laisser indifférent.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations, du 14 septembre au 3 octobre 2014:

 

Lundi, vendredi à 20h30

Mercredi, jeudi, samedi à 19h

Dimanche à 17h - mardi relâche

 

Adresse:

 

Théâtre Le Poche

Rue du Cheval-Blanc 7

1204 Genève

 

Réservations:

 

www.lepoche.ch

tél: 022 310 37 59

 

Fever se jouera du 7 au 17 octobre au Théâtre des Célestins, à Lyon.

 

La précédente pièce de l'auteur:

 

Nobody dies in dreamland (2014)

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 22:55
"Ring" au Pulloff Théâtres à Lausanne

Avec Ring, Léonore Confino, auteur trentenaire de talent, a écrit une pièce impossible à résumer. Je ne les ai pas comptées pendant la représentation de ce vendredi 13, mais je sais qu'elle comporte seize ou dix-sept scènes, pas moinsse.

 

Ce sont des scènes où des couples s'affrontent, d'où le titre. Ils se disputent. Ils s'aiment. Ils se désirent. Ils se font des niches. Ils s'envoient des piques acerbes. Ils rient de toutes les couleurs et même parfois de bon coeur. Ils se repoussent. Ils s'attirent. Ce sont de vrais couples, un tant soit peu hystériques tout de même, par rapport à des couples ordinaires.

 

Sans avoir le texte sous les yeux, il est bien difficile de dénombrer le nombre de personnages que Maud Faucherre et David Marchetto interprètent en l'espace d'une heure et quart de temps. Cela donne un peu le vertige, mais ce n'est pas désagréable. Et c'est une véritable performance de leur part.

 

Il est difficile de retenir non plus les répliques, parce que cela fuse à jet continu, mais on aura tout dit en disant que c'est très drôle, dans un genre complètement déjanté, qui conviendra très bien à ceux qui, comme moi, ont un grain, ou qui aiment le voir pousser chez les autres.

 

Maud Faucherre et David Marchetto ne se contentent pas d'interpréter un texte, qui est une peinture aiguë, voire acide, de notre époque. Ils jouent avec leurs corps et font des mimiques irrésistibles, qui confinent à des clowneries désopilantes. Ce couple de comédiens danse également, par moments, souvent très sensuellement, parfois même acrobatiquement. C'est donc un spectacle complet qu'ils offrent au spectateur.

 

Parmi toutes les scènes qui défilent sous les yeux, la mémoire, fortement sollicitée en aussi peu de temps, ne peut qu'opérer une sélection subjective.

 

La mienne a retenu la scène où c'est la femme qui prend les devants, en vient directement au but et ne s'embarrasse guère de préliminaires, et où c'est finalement l'homme qui trouve que les choses vont trop vite à son gré.

 

Elle a retenu également la scène où la femme essaie de vivre le roman ébouriffé qu'elle vient de lire et où son homme, fumeur de pipe, lui remet gentiment les pieds sur terre et reprend la situation en main.

 

Elle a retenu également cette scène d'anthologie où une femme et un homme que leurs familles respectives ont mis en présence pour faire connaissance, et plus si affinités, sans qu'ils n'aient rien en commun, se saoulent copieusement ensemble et finissent par se poser des questions qu'on ne se pose pas lors d'une rencontre organisée par une agence matrimoniale...

 

Les changements de décor et de costumes se font sur scène sur un coup de sifflet d'un troisième personnage, Alyssa Hochstaetter, qui interprète un second rôle peu loquace mais indispensable, et qui participe à la bonne humeur générale. Les intermèdes entre les scènes sont musicaux et ce sont des tubes, bien souvent anglo-saxons et très dansants.

 

Les décors sont réduits au strict minimum. L'essentiel des scènes se passe sur un plateau légèrement surélevé, de couleur vert billard. Le costume de base des trois comédiens est un maillot de bains fluo, caleçon pour David, une pièce pour Maud et échancré pour Alyssa. Ce qui permet un changement rapide des tenues, qui donne lieu à effeuillage et rhabillage parfois hilarants.

 

Sans une mise en scène qui donne un rythme échevelé à l'ensemble, la pièce aurait du mal à tenir en haleine le spectateur. C'est le grand mérite de Sarah Marcuse de l'avoir insufflé à ses comédiens. Et si ce rythme trépidant contribue à la perte de mémoire des détails, il fait de ce spectacle un excellent divertissement, qui ne peut que ravir le spectateur dont la rate se sera bien dilatée, le temps d'une soirée.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations:

 

Samedi 14 juin 2014 à 19 heures

Dimanche 15 juin 2014 à 18 heures

Mardi 17 juin 2014 à 19 heures

Mercredi 18 juin 2014 à 20 heures

Jeudi 19 juin 2014 à 19 heures

Vendredi 20 juin 2014 à 19 heures (contrairement à ce qui est indiqué sur l'affiche)

Samedi 21 juin 2014 à 19 heures

Dimanche 22 juin 2014 à 18 heures

 

Adresse:

 

Pulloff Théâtres

Rue de l'Industrie 10

1005 Lausanne

 

Réservations:

 

tél: 021 311 44 22

ou sur http://www.pulloff.ch/

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 22:55
"Nobody dies in dreamland", au Théâtre 2.21, à Lausanne

Si personne ne meurt au pays du rêve, il n'en est pas de même dans la réalité, où l'on meurt, pas forcément en un instant, mais bien souvent à petit feu.

 

La pièce écrite et mise en scène par Attilio Sandro Palese n'a ni début ni fin. Elle montre seulement deux couples qui tentent d'échapper à la dure réalité en essayant de vivre leur part de rêve. Et par moment le spectateur a du mal à distinguer l'une de l'autre.

 

Lucas (François Revaclier) vient d'être viré de son emploi - peut-être est-ce même pour lui un état permanent que de n'avoir pas de job. Sa femme, Myriam (Valérie Liengme), est caissière dans une grande surface. Ils ont vraiment besoin de travailler tous deux pour joindre les deux bouts. Aussi n'arrêtent-ils pas de se disputer.

 

Dans cette situation de détresse, Lucas trouve une seule opportunité, s'engager dans l'armée, pour faire la guerre. Mais s'engage-t-il vraiment? Quoi qu'il en soit, il apparaît alors comme une sorte de héros aux yeux de sa femme. N'est-ce pas l'essentiel?

 

Un troisième personnage intervient dans leur couple et forme avec lui une manière de ménage à trois, le Révérend Richard, dit Ritchie, dit Lionel (Sébastien Ribaux). Il est là pour donner mauvaise conscience à l'un, puis à l'autre, en utilisant hypocritement des citations des Ecritures pour parvenir à ses fins.

 

Car ce curieux ecclésiastique profite de la détresse de Myriam et de Lucas pour obtenir de Lucas qu'il se sacrifie pour la cause (une sombre cause dont le spectateur ne saura rien) et de Myriam pour qu'elle lui accorde une privauté à l'issue d'une parodie de Roméo et Juliette qu'ils jouent ensemble. C'est le prix qu'ils ont à payer l'un et l'autre à Richard pour qu'il les aide à s'en sortir...

 

Lucas est ami avec Raphaël (Christian Waldman) qui se trouve dans une situation différente de la sienne mais qui, somme toute, ne vaut guère mieux. Ce dernier et sa femme, Barbara (Valeria Bertolotto) ont pu certes s'offrir des vacances en Thaïlande, ce qui est fantastique, sauf qu'il y a toujours un envers à un décor touristique et que, de surcroît, leur couple ne fonctionne pas bien...

 

Raphaël et Barbara décident donc de faire une thérapie de couple. Mais Raphaël est plus intéressé par le décolleté de la psy que par la thérapie et Barbara ne jure que par Vishnou pour résoudre leurs incompatibilités conjugales, à prédominance sexuelle.

 

Dédé (Sébastien Ribaux) est le supérieur hiréarchique de Raphaël. Il revient, lui, des Maldives, qui apparaissent bien plus intéressantes que la Thaïlande... Ce grand diable est décidément supérieur en tout à son freluquet de subordonné, même sexuellement, ce qui fait rêver Barbara, ce qui est un euphémisme...

 

Si un rêve peut être doux quand il ne vire pas au cauchemar, la réalité peut prendre des tours d'une rare violence et d'une rare crudité. Ce qui se traduit ici par des échanges de mots très crus et des tirades très violentes, suivis de courtes accalmies, par des gestes de vilains en public qui bourgeoisement se font d'ordinaire en privé.

 

Comme bien souvent, c'est en atteignant le fond du puits que par contraste le rire, en partie nerveux, se déclenche comme la soupape d'une cocotte-minute. C'est ainsi que l'on rit de beaucoup de choses dans cette pièce, alors qu'il n'y a pas vraiment de quoi en rire...

 

Les comédiens se prêtent à ce jeu de massacre avec beaucoup de conviction. Ils jouent sur scène devant le public, dans un décor qui s'illumine étrangement par moments, mais, comme à la fin du spectacle, les projecteurs sont dirigés vers la salle, on peut se demander si les spectateurs, jusque-là passifs, ne sont pas appelés à poursuivre ce jeu à leur tour dans la vraie vie...

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations:

 

Mercedi 4 juin 2014 à 19 heures

Jeudi 5 juin 2014 à 19 heures

Vendredi 6 juin à 20 heures 30

Samedi 7 juin à 19 heures

Dimanche 8 juin à 18 heures

 

Adresse:

 

Théâtre 2.21

Rue de l'Industrie 10

1005 Lausanne

 

Réservations :

 

http://www.theatre221.ch/

tél.: 021 311 65 14

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 22:20
"Une histoire sans queue ni tête" au Pulloff Théâtres à Lausanne

Une histoire sans queue ni tête est une pièce adaptée par Pierric Tenthorey du roman de Lawrence Sterne, La vie et les opinions de Tristram Shandy, gentleman, roman anglais en neuf volumes, publié au XVIIIe siècle.

 

Lawrence Sterne s'est inspiré d'Alexander Pope, Johnathan Swift, John Locke, Miguel de Cervantes, François Rabelais... et des Essais de mon cher Michel de Montaigne.

 

La pièce, comme le roman, est faite de digressions autour de la vie de Tristram qui commence dès sa conception, les homonculi étant à l'époque ce que nous appelons aujourd'hui les spermatozoïdes...

 

Les personnages principaux sont le père et la mère, l'oncle Toby, la servante Suzanne et bien sûr Tristram, mais il n'y a qu'un comédien sur scène, muni d'un masque, Pierric Tenthorey... Et c'est la performance d'acteur qu'il faut saluer, parce que, sans pause, le spectacle dure tout de même plus d'une heure et demie.

 

Il faut saluer la performance parce que le texte part dans tous les sens et parce qu'il est truffé d'allusions, plus ou moins subtiles, que le spectateur doit saisir au bond s'il ne veut pas être laissé au bord de la scène et perdre tout le sel de ce texte jaillissant.

 

Pierric Tenthorey ne se contente d'ailleurs pas de parler, en variant les registres suivant les personnages qu'il incarne, mais il joue du violon, il danse et il mime. Et pour ceux qui n'auraient pas compris son mime du premier coup, il fait de temps en temps un retour en arrière en joignant des paroles explicites aux gestes.

 

Cette pièce est d'autant plus théâtrale que Pierric Tenthorey s'adresse directement aux spectateurs, disposés autour de lui, comme dans la meilleure tradition shakespearienne, ce qui est sans doute aussi la meilleure façon de faire participer le public à un spectacle vivant. 

 

Au beau milieu du deuxième acte, qui en comporte trois, Pierric Tenthorey fait saluer par le public l'assistant metteur en scène, Jérôme Giller, le régisseur, Nicolas Mayoraz, et la chargée de production, Jeanne Quatropanni. Comme cela, c'est chose faite. La pièce peut continuer et se terminer par l'entracte...

 

On ne s'ennuie pas tout le long de cette histoire foisonnante, qui est effectivement sans queue ni tête, mais qui n'est pas dénuée d'intérêt du fait des sujets divers et variés, abordés avec malice et tambour battant.

 

Et on rit beaucoup parce que c'est tout simplement... désopilant.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations:

 

Mercredi 21 mai 2014 à 20 heures

Jeudi 22 mai 2014 à 19 heures

Vendredi 23 mai 2014 à 20 heures

Samedi 24 mai 2014 à 19 heures

Dimanche 25 mai 2014 à 18 heures

Mardi 27 mai 2014 à 19 heures

Mercredi 28 mai 2014 à 20 heures

 

Adresse:

 

Pulloff Théâtres

Rue de l'Industrie 10

1005 Lausanne

 

Réservations:

 

tél: 021 311 44 22

ou sur http://www.pulloff.ch/

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 22:55
"Le café des voyageurs" au Café-Théâtre de la Voirie à Pully

Dans une de ses nouvelles, Le café des voyageurs, Corinna Bille raconte l'histoire d'une femme qui, chaque année, à la date anniversaire de la mort de son fils dans un accident de train, envoie son cocher chercher à la gare un jeune homme pour partager avec lui le dîner manqué de ce jour fatidique.

 

Une année, le jeune homme que son cocher ramène ressemble tellement à son fils disparu qu'elle en est fortement troublée...

 

Coline Ladetto s'est librement inspirée de cette nouvelle pour écrire et mettre en scène une pièce éponyme.

 

Au début de cette comédie schizophrène à quatre personnages, un homme vêtu comme un majordome, prénommé Robert (René-Claude Emery), trace au sol, à la craie, le plan de l'appartement de Victoire (Anne -Frédérique Rochat), qui se trouve assise au beau milieu de ce tracé.

 

Cette première bizarrerie est suivie de deux autres. Tous deux parlent d'eux-mêmes à la troisième personne et leur visage est barré d'un trait oblique et rouge.

 

Nous sommes le 31 juillet. Il est onze heures du matin. Robert doit bientôt partir à la gare chercher Pierre, le fils de Victoire, ou du moins un jeune homme qui puisse le personnifier. Margot (Marika Dreistadt), la fiancée de Pierre, est là. Chaque année, elle dit que c'est la dernière fois qu'elle revient et qu'on ne l'y reprendra plus, mais chaque année elle revient tout de même.

 

Victoire est dans le déni complet de la disparition de son fils, mais elle est aussi dans le déni de la mort de l'enfant que portait Margot des fruits de Pierre. Tandis que Victoire s'obstine à dire à Margot que celle-ci est enceinte, Margot ne veut surtout pas se rappeler ce souvenir douloureux.

 

Au début de la pièce, Margot se rebelle donc et ne veut pas jouer le jeu que Robert et Victoire jouent. Puis, elle se résigne à son tour à parler à la troisième personne et laisse Robert lui dessiner avec un stylo sur le visage un trait oblique et rouge, rite obligé, semble-t-il, pour passer de la première à la troisième personne.

 

Cette année, comme dans la nouvelle de Corinna Bille, le jeune homme, Germain (Jean-Baptiste Roybon), que Robert a emmené chez Victoire contre son gré, ressemble étrangement à Pierre, ce qui ne laisse pas de troubler Margot.

 

Germain, qui vient de terminer ses études de droit - Pierre en avait lui aussi entrepris - et qui est maintenant avocat, ne compte pas se laisser faire et menace de porter plainte pour séquestration. Mais, n'étant pas indifférent aux charmes de Margot, il se laisse convaincre par elle de jouer lui aussi le jeu de parler à la troisième personne.

 

Margot a un peu plus de mal à dessiner un trait oblique et rouge au travers du visage de Germain effrayé et doit se verser un peu d'encre rouge dans la paume avant d'y tremper un doigt pour lui appliquer avec douceur le trait rituel.

 

La ressemblance de Germain avec Pierre est telle que Victoire n'arrive plus à rester dans le rite annuel des années précédentes et que les choses finissent par déraper complètement.

 

Il faut un certain temps au spectateur pour entrer dans ce jeu de fous. Puis il se laisse prendre à leur délire et ne voit pas le temps s'écouler. Les émotions le traversent. A certains moments il pourrait rire de tant de folie, à d'autres il pourrait pleurer devant les drames qui en sont l'origine ou qui en découlent.

 

Ces émotions sont bien évidemment transmises par les comédiens qui incarnent tellement bien leurs personnages et la folie qui les habitent que le spectateur le plus indifférent ne peut que se laisser toucher et qu'être ébloui d'avoir été ainsi transporté dans un autre monde, bizarre autant qu'étrange, l'espace d'une heure et demie de temps.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations:

 

Vendredi 16.05.2014 à 20:30

Dimanche 18.05.2014 à 17:00

Jeudi 22.05.2014 à 20:30

Vendredi 23.05.2014 à 20:30

Samedi 24.05.2014 à 20:30

 

Réservation:

 

http://www.regart.ch/th-voirie/

 

Adresse:

 

Café-Théâtre de la Voirie

Rue du Centre 10 - Case postale 442 - 1009 Pully
Tél. 076 324 34 52

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 22:17
Yvonne, entourée de ses tantes

Yvonne, entourée de ses tantes

Yvonne, princesse de Bourgogne, est la première pièce écrite par Witold Gombrowicz, en 1938. Et ce n'est pas triste. Enfin, ce serait plutôt corrosif.

 

L'action se passe à la cour du roi Ignace (Julia Batinova). Son fils, le prince Philippe (José Lillo), est blasé. Il n'a plus très envie de courir les belles filles de la Cour, avec son ami Cyrille (Frédéric Lugon). Alors il jette son dévolu sur une pauvresse, doublée d'un laideron, Yvonne (Ilil Land-Boss).

 

Au début il s'agit pour Philippe d'une plaisanterie, pour se distraire. Pour narguer ses parents, le roi Ignace et la reine Marguerite (Greta Gratos), il va jusqu'à la présenter comme sa fiancée. Or, Yvonne ne dit pas un mot et ne respecte pas le protocole qui voudrait qu'elle fasse des courbettes à ses majestés.

 

Le mutisme d'Yvonne a le don d'exaspérer tout le monde, à l'exception de Philippe qui, dans un deuxième temps, en tombe amoureux. Aussi décide-t-il de l'épouser vraiment au grand dam de ses parents, qui comprendraient qu'il ait une passade avec une beauté, mais qui n'acceptent pas qu'il se soit entiché de cette "mollichonne"... qui passe son temps assise ou plantée comme un piquet

 

Comme Yvonne est de basse extraction, tout est permis à son égard et tout ce beau monde ne se prive pas de la malmener, d'autant plus qu'elle reste tout aussi muette qu'une carpe et ne se plaint jamais. Personne ne tient compte de ses regards énamourés ou de ses yeux de chien battu.

 

A la fin, cette inertie permanente d'Yvonne donne des envies de meurtre au roi, dont le chambellan (Elidan Arzoni) s'avère de bon conseil en la matière, à la reine et même en définitive à Philippe, qui s'éprend de la belle Isabelle (Olivia Seigne), autrement plus sexy que la promise qu'il s'est choisie sur un coup de tête.

 

Tous ces personnages ne sont guère reluisants et les circonstances créées à la Cour par l'irruption d'Yvonne, qui n'est pas de leur milieu, permettent de révéler leurs turpitudes dissimulées très hypocritement jusque-là. Le crime projeté sur la personne d'Yvonne n'est tout au plus considéré par eux que comme une extravagance.

 

Cette pièce mélange les genres. C'est tout à la fois une tragédie avec de longs monologues du roi, de la reine et du prince, et une comédie, voire une farce, qui en utilise tous les ressorts comiques. Le fond très grinçant démontre souvent par l'absurde la superficialité de ce monde de la Cour dont il suffit de gratter le vernis pour le mettre à nu et le tourner en dérision, ce que réussit très bien à faire cette satire, par moments déjantée. Amateurs de théâtre trop sérieux, s'abstenir...

 

Comme la pièce dure deux heures et quart sans interruption, le rythme soutenu de la mise en scène de Geneviève Guhl rend heureusement cette durée supportable. Il y a dix-huit personnages, et seulement neuf comédiens. C'est dire que les comédiens ne soufflent pas beaucoup et qu'il faut saluer le jeu enlevé qu'ils arrivent à conserver jusqu'au bout. Quant à celle qui joue Yvonne et qui doit prononcer trois mots, en tout et pour tout, son visage expressif parle magnifiquement à sa place.

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations à la Grange de Dorigny:

 

Dimanche 2 mars à 17 heures

Mardi 4 mars à 19 heures

Mercredi 5 mars à 20 heures 30

Jeudi 6 mars à 19 heures

Vendredi 7 mars à 20 heures 30

Samedi 8 mars à 19 heures

 

Tournée:

 

Du 8 au 11 avril à la Comédie de Genève

Le 5 mai au Théâtre de Valère à Sion

Les 9 et 10 mai à La Belle Usine à Fully

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 08:10

Face au mur CRIMPDamien Gauthier est un metteur en scène qui ne recule pas devant les difficultés. Il met en scène des auteurs de théâtre contemporains nés dans les années 1950, qui sont de très bons crus, comme chacun sait...

 

Après avoir monté, il y a un peu plus d'un an, Et jamais nous ne serons séparés de Jon Fosse, qui était joué au Pulloff Théâtres de Lausanne, il vient de monter un trityque de Martin Crimp au Théâtre du Moulin-Neuf à Aigle.

 

En effet, le titre double adopté, Face au mur, tout va mieux, résume bien les deux premières pièces mais en cache une troisième, courte comme les deux autres, puisque l'ensemble ne dure qu'un peu plus d'une heure.

 

Quand le spectateur arrive, il se demande sur quel chantier il a débarqué. En effet les quatre comédiens du triptyque (Sarah Anthony, Catherine Delmar, Sébastien Gautier et Virginie Kaiser) s'en prennent à de malheureuses piles de journaux: ils les entassent, ils les déplacent, ils les dispersent, ils jouent avec au chamboule-tout...

 

Ce jeu de construction et de déconstruction est à l'image des trois textes.

 

Dans les deux premiers textes, il s'agit de faits divers, tels qu'on l'entend d'ordinaire, où narration et interprétation de personnages se mêlent à des interventions en direct des médias. Dans le troisième, il s'agit peut-être tout de même d'un fait divers puisqu'il s'agit du ... mariage, et conséquences, d'une très jeune femme shootée par un paparazzi.

 

Dans le premier un homme apparemment sans problèmes surgit dans une école, abat tour à tour la réceptionniste, un maître d'école, puis plusieurs enfants, un par un, en leur logeant une balle en pleine tête.

 

Dans le deuxième un enfant sur fond d'émeute et de voitures brûlées tente de gravir un escalier et d'attraper la clé à utiliser en cas d'urgence.

 

Dans le troisième texte une jeune femme se demande si elle ne commet pas une erreur en se mariant aussi jeune. Onze ans plus tard, est-elle vraiment convaincue d'avoir obtenu de la vie les choses qui valent la peine d'être vécues?

 

Dans les trois textes, illustrés de digressions nécessaires, le propos directeur se construit de phrases en phrases, reprises comme des antiennes, et augmentées à chaque sentence, jusqu'à l'explosion à laquelle mène inéluctablement la tension qu'elles véhiculent.

 

Chacun de ces textes met en valeur une des trois interprètes féminines. Dans l'ordre: Sarah Anthony, Virginie Kaiser et Catherine Delmar. L'interprète masculin est toujours là, en support, comme pour maintenir toujours un lien avec elles.

 

Sans doute les propos sont-ils graves, mais ils sont mis en perspective avec beaucoup d'humour grinçant, c'est-à-dire en faisant des rapprochements antagonistes improbables qui relativisent tout d'un coup les choses et les font regarder avec distance. On rit donc, et il ne faut pas se gêner de le faire...

 

Le tout donne le sentiment d'une machine bien huilée, dès la première, ce qui est de très bon augure pour la suite...

 

Francis Richard

 

Prochaines représentations:

 

Théâtre du Moulin-Neuf, Avenue du Chamossaire 12, 1860, Aigle, tél.: 024 466 54 46

 

Samedi 15 février 2014 à 20h

Dimanche 16 février 2014 à 18h

 

Maison de Quartier de la Jonction

Avenue Sainte-Clotilde 18bis, CP 204, 1211 Genève 8, tél.: 022 545 20 20

 

Mercredi 2 avril 2014 à 20h

Jeudi 3 avril 2014 à 20h

Vendredi 4 avril 2014 à 20h

Samedi 5 avril 2014 à 20h

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 00:20

A-qui-ma-femme-FEYDEAU.jpgQue faire quand on a un peu de vague à l'âme? S'offrir une bonne pinte de rire. Où? Au théâtre. Mais en n'allant pas voir une pièce de  n'importe quel auteur. Pour que le rire soit garanti, il faut que l'auteur soit une valeur sûre, par exemple, pris au hasard, Georges Feydeau, un maître de la comédie hilarante.

 

Comme le hasard fait bien les choses, j'ai appris incidemment que la compagnie des Exilés jouait une pièce inédite de cet auteur les 6 et 7 février 2014, à 20h30, à la Salle des Remparts à La Tour-de-Peilz. A qui ma femme? n'a en effet jamais été jouée du vivant de son auteur. Alors, je n'ai pas résisté à la tentation d'assister à la représentation donnée hier soir.

 

Marcassol (Steve Riccard) est propriétaire d'un immeuble. Parmi ses locataires il y a Trémollet (Dominique Rudaz), dont l'agence matrimoniale bat de l'aile, ce qui ne lui permet plus d'honorer les termes de son loyer; Sonia Kaskoff (Fabienne Barras), dont Marcassol se croit être l'unique amant, ou du moins être celui qui a définitivement pris la place de ce benêt de Lagaulardière (Olivier Zerbone).

 

Si Marcassol est allé chercher bonne fortune ailleurs, juste à l'étage du dessous, c'est que sa femme Clarisse (Carole Epiney) a bien changé en un an de mariage. De diable elle est devenue mouton, voire pot-au-feu... Au moins l'amour avec Sonia n'est pas triste... et il aimerait bien le filer parfaitement avec elle. Seulement cela n'est possible que s'il est libre. Alors, il cherche à caser sa femme pour le redevenir.

 

A qui marier sa femme? Telle est la question. Pour cela Marcassol est prêt à donner quittance de ses loyers en retard à Trémollet s'il lui trouve un mari... à sa femme. Car, quand ils se sont mariés, les Marcassol ont convenu que leur union était provisoire et qu'elle serait rompue dès que Clarisse trouverait l'homme de ses rêves.

 

La chance semble sourire à Marcassol. En effet, surgi du passé de Clarisse, un ami d'enfance, Edgar Fréminet (Olivier Lambelet), devenu riche, réapparaît opportunément dans la vie de cette dernière, qui, en fait, s'est habituée ... à son mari et s'en trouve fort aise. Fréminet est, en tout cas, un candidat autrement plus sérieux que Lagaulardière, qui, évincé par Sonia, en pince pour Clarisse.

 

Evidemment les choses ne se déroulent pas comme prévu par Marcassol. Dans la plus pure tradition du vaudeville, les rebondissements se succèdent et Jenny, la femme de chambre de Clarisse (Pauline Klaus), y met son grain de sel.

 

Mise en scène par Steve Riccard, assisté de Jean-Philippe Weiss, dans des décors de Jacques Vassy, la pièce a le rythme trépidant qui convient à ce genre d'histoire délirante. Aussi très vite disparaît l'appréhension qu'auraient pu faire naître un éventuel manque de rythme et l'interrogation  que suscite tout inédit.

 

On rit donc de bon coeur, et cela fait du bien. Mais, si on rit de bon coeur, c'est que tout le monde sur scène joue  brillamment sa partition.

 

Francis Richard

 

Réservation au 079 411 50 59 ou sur le site du Théâtre du Château

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 07:00

Soiree-Lapin-Vert-31.01.2014.jpgHier soir avait lieu à Lausanne une soirée consacrée au théâtre. Cette soirée était organisée par deux associations: Tulalu!? et Poudre d'âmes. Tulalu!? est une association qui a pour objet de promouvoir la littérature suisse romande, Poudre d'âmes de jouer les textes d'auteurs de théâtre suisses romands contemporains.

 

Ces deux associations, qui ont des objets différents mais complémentaires, ont des liens entre elles. En effet, elles se retrouvent pour défendre les textes des auteurs suisses romands et elles sont présidées par une seule et même personne, la dynamique Carole Dubuis, dont la tête est suffisamment grande pour se coiffer des deux casquettes.

 

Avec Sylvie Blondel, Carole Dubuis a d'ailleurs coiffé une troisième casquette hier soir, celle d'animatrice de la soirée, au Théâtre du Lapin-Vert, aimablement prêté pour la circonstance par La Société de Belles-Lettres.

 

En mai dernier, ces deux associations lancent un concours de piécettes de théâtre, avec pour thème Petites misères en Suisse romande. Une quinzaine d'auteurs participeront à ce concours. Quatre d'entre elles auront pour récompense d'être lues en public par des comédiens professionnels. Six, dont les quatre qui seront lues, seront publiées dans Le Persil, journal aux destinées duquel préside l'écrivain Marius Daniel Popescu.

 

Hier soir donc, les quatre piécettes, sélectionnées par un jury composé d'Anne-Frédérique Rochat, auteur de théâtre et comédienne, Emmanuelle Ricci, comédienne, et Joseph Voeffray, directeur artistique du Puloff Théâtres ont été lues brillamment par Sofia Verdon, Laurence Morisot, René-Claude Emery et Simon Romang, tous quatre habillés sobrement d'une blouse blanche et d'un pantalon.

 

L'amateur de théâtre que je suis a alors pu mesurer le saut que constitue le passage de la lecture de ces textes qu'il a faites en avant-première, seul, dans le silence de son chez soi, à la lecture faite par des comédiens qui leur donnent chair et voix...

 

Ces piécettes écrites par Adrienne Bovet, Guy Chevalley, Alexandre Friederich, Giancarlo Copetti, Natacha Astuto et Marie-Claire Daul, figurent dans le numéro double du Persil de janvier 2014 (n° 76-77), chez Marius Daniel Popescu, avenue Floréal 16, 1008, Prilly, Suisse, mdpecrivain@yahoo.fr, tél.: 00 41 21 626 18 79.


Sylvie-Blondel-et-Carole-Dubuis-au-Lapin-Vert-31.01.2014.jpgAprès une pause, un débat a réuni sur scène trois intervenants, acteurs de la vie théâtrale romande: Nadège Reveillon, auteur de théâtre et éditrice de théâtre (Kazalma Editions), Cyril Kaiser, metteur en scène et directeur du Théâtre du Saule Rieur, Olivier Chiacchiari, auteur de théâtre.

 

Il ressort de ce débat que les auteurs de théâtre suisses romands existent - hier soir, j'en ai rencontrés -, mais qu'ils ont bien du mal à se faire jouer. Or un auteur qui n'est pas joué n'a pas beaucoup de chances d'améliorer ses textes...

 

Cette difficulté de se faire jouer tient, semble-t-il, au petit marché que représente la Suisse romande, laquelle est elle-même subdivisée en autant de petits marchés que de cantons, dont les frontières ne sont pas toujours pénétrables.

 

Monter une pièce de théâtre demande beaucoup d'efforts, notamment financiers. Ces efforts sont d'autant plus volontiers consentis par les mécènes - ils ont ma préférence de libéral -, par les villes ou les cantons, qu'il y a en perspective un nombre conséquent de représentations... Du coup la manne va plutôt au théâtre classique, à l'audience, en principe, assurée, qu'au théâtre de création...

 

Dans le passé, lointain, les auteurs de théâtre, tels que Shakespeare ou Molière, étaient leurs propres metteurs en scène et jouaient eux-même leurs pièces. Plus récemment, auteurs et metteurs en scène, tels que Giraudoux et Jouvet, formaient des binômes à succès. Aujourd'hui les auteurs de théâtre n'ont d'autre solution que de faire du réseautage, auprès des metteurs en scène plutôt, d'ailleurs, qu'auprès des directeurs de théâtre, et auprès de ceux qui tiennent les cordons de la bourse...

 

La grande leçon est donc que l'auteur de théâtre en Suisse romande doit non seulement écrire ses textes mais s'investir beaucoup, lui-même, dans leur promotion, d'autant qu'il a maintenant pour concurrents les auteurs de plateau...

 

Francis Richard

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 18:30

Le journal d'une femme de chambre NORD-OUESTLe journal d'une femme de chambre est un roman d'Octave Mirbeau qui a fait du bruit quand il a paru, d'abord en feuilleton en 1891-1892 dans l'Echo de Paris, puis, toujours en feuilleton, dans une version profondément remaniée, en 1900, dans la Revue blanche.

 

Ce roman a été porté à l'écran plusieurs fois, adapté pour le théâtre un plus grand nombre de fois. Cette année, le Théâtre du Nord-Ouest en offre une toute nouvelle version, dans une adaptation et mise en scène de Nicolas Luquin, avec dans le rôle de Célestine, la femme de chambre, la belle et talentueuse Isabelle Hollensett.

 

Célestine a occupé plusieurs places en peu d'années avant de se retrouver chez ses nouveaux patrons, les Lanlaire, dans un bourg normand. Elle a donc une grande expérience de la bourgeoisie de l'époque, qui n'a rien d'exaltant ni de très moral.

 

Sa nouvelle patronne n'est pas des plus aimables et lui donne des "ma fille", qui l'agacent profondément, au lieu de l'appeler par son prénom. Le patron lui fait des avances qui ne la ravissent pas non plus. Pour se préserver, elle s'est elle-même, comme elle dit, condamnée à la chasteté...

 

Ce que Célestine aime en fait, c'est être femme de chambre. C'est-à-dire, comme le nom l'indique, être dans la chambre d'une patronne, s'occuper d'elle, l'aider à s'habiller et à se déshabiller, être sa confidente. Chez les Lanlaire, elle n'est tout au plus qu'une bonne à tout faire...

 

Le patron lit la Libre Parole d'Edouard Drumont et est farouchement antisémite. Le jardinier-cocher de la maison, Joseph, est dessiné sur le même modèle. Ces envies de tueries antijuives de l'un et de l'autre ne sont pas sans effrayer Célestine, qui ne comprend pas qu'ils puissent avoir tant de haine envers les juifs.

 

Une fois par an, l'argenterie est sortie pour être nettoyée par les domestiques. Autrement elle est soigneusement rangée et ne sert jamais.

 

Si Célestine a refusé ses faveurs à son patron, elle finit par les accorder à Joseph, qui l'attire et lui fait peur tout à la fois, parce qu'elle le soupçonne d'avoir violé et tué une petite fille et qu'il est un homme plutôt violent.

 

Joseph vole l'argenterie des Lanlaire et la revend. Pour ne pas éveiller les soupçons Célestine et Joseph font tout pour s'attirer les bonnes grâces de leurs patrons, qui sont tout contrits, quand l'un après l'autre ils donnent leur congé.

 

Avec le produit de la vente de ce vol, Joseph achète un café à Cherbourg où Célestine devient patronne à son tour...

 

Isabelle Hollensett est seule sur scène pendant soixante-quinze minutes. C'est un véritable one woman show. Elle restitue avec beaucoup d'allant un monde pourtant ancien et poussiéreux, qui n'est ni regrettable, ni regretté, et elle contrefait excellemment les voix de Madame, de Monsieur et de son coquin, et peu recommandable, Joseph...

 

Francis Richard

 

Le Théâtre du Nord-Ouest se trouve au 13, rue du Faubourg Montmartre, dans le 9ème arrondissement de Paris.

 

Prochaines représentations à 19 heures:

 

Les 30 novembre, 5 décembre, 11 décembre et 19 décembre 2013, les 8 janvier, 10 janvier, 15 janvier, 18 janvier, 7 février, 19 février et 21 février 2014.

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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