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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 23:10

Arnaud Montebourg (photo ci-contre, dans ses oeuvres) a accordé un entretien au Matinici ) au cours duquel il demande à la Suisse d'abandonner le secret bancaire.

Pour ce jean-foutre :

Les tenants et les défenseurs du système bancaire suisse symbolisent aujourd'hui ce qu'il y a de plus repoussant et d'immoral dans le capitalisme actuel qui est en faillite.

Pardonnez-lui Seigneur, il ne sait pas ce qu'il dit... Car c'est bien aujourd'hui à la faillite de la réglementation à laquelle nous assistons et non pas à celle du capitalisme qui est... éternel.

Le marché financier a été complètement dérégulé par une réglementation à outrance. Plutôt que de revenir une nouvelle fois sur le sujet, je renvoie l'internaute à  mes articles sur :

La bouée étatique à l'origine de la crise financière du 9 juin 2008

Le marché du crédit hypothécaire perverti par l'interventionnisme
du 10 septembre 2008

et au rapport magistral sur la crise financière établi par Pascal Salin, dont j'ai fait une recension le 16 janvier 2009 sous le titre : Pour Pascal Salin la crise financière est due à l'interventionnisme.

C'est donc le système bancaire actuel qui est en faillite parce que les Etats n'ont jamais permis au marché financier de s'autoréguler. Maintenant cette faillite entraîne dans son sillage toute l'économie. Il a toujours fallu que les Etats interviennent, qu'ils mettent dans les rouages leurs grains de sel, qui se sont inévitablement transformés en grains de sable. Maintenant ces mêmes Etats essayent de réparer les dégâts provoqués par ces interventions ... par de nouvelles interventions. C'est l'illustration parfaite du principe des calamités énoncé par Michel de Poncins :

Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité pour soi-disant corriger la première.

Le problème est que pour intervenir il faut des sous et qu'il en faudra toujours plus, parce que chaque intervention va provoquer des dégâts, qui demanderont davantage de sous etc. Pendant ce temps les endettements des Etats augmentent, véritables bombes à retardement pour les générations futures. Pas si futures que cela d'ailleurs... 

Arnaud Montebourg fait cet aveu qui en dit long :

La pression actuelle sur la Suisse est liée à la crise économique. Les Etats qui avaient fermé les yeux sur les prédateurs que sont les paradis fiscaux sont confrontés à une grave crise d'endettement. Ils ont besoin de milliards pour sauver leur système financier et leur économie réelle. Ils ne peuvent plus laisser l'argent s'enfuir.

Sans poches trouées des Etats il ne se serait rien passé...

Le vocabulaire employé est extraordinaire : les paradis fiscaux sont des prédateurs. Et les enfers fiscaux que sont-ils ? Les Etats, dont les dimensions sont de plus en plus disproportionnées et qui, par impéritie et prodigalité, se retrouvent avec des caisses vides et un endettement pharamineux, se sont en fait de plus en plus mêlés, sans la moindre compétence, de diriger l'économie et de redistribuer, au lieu d'assurer - ce qui aurait dû être de leur compétence - la sécurité et la justice. Qu'ils assurent en conséquence de plus en plus mal.

Avec des impôts de plus en plus confiscatoires ils ont découragé ceux  des entreprenants qu'ils ont dépouillés, et encouragé ceux des entreprenants qui avaient échappé à ce pillage à mettre leur argent à l'abri. Et c'est Arnaud Montebourg qui ose parler de pillage économique à propos de la Suisse et de son secret bancaire... alors que la France est un champ de ruines et ne cesse de régresser par la faute de ses gouvernants qui, de quelque bord qu'ils soient, la cocufient tous les sept ou cinq ans depuis des décennies et la sucent jusqu'à la moelle. 

Le système bancaire suisse n'est ni repoussant ni immoral. Le secret bancaire, qui est l'un des avantages de ce système, permet, pour le moment du moins, à ceux qui créent des richesses de les mettre hors de portée de ceux qui les détruisent. Il est l'instrument de mesure du manque de confiance grandissant des acteurs économiques à l'égard de leurs gouvernants. Comme je l'ai rappelé dans mon précédent article, Le secret bancaire protège l'intimité, les Etats vous mettent à poil

A contrario le comportement des Etats qui, sous couvert de la loi, prennent l'argent dans la poche de ceux qui en ont, pour le mettre dans la leur, et n'en redistribuer à d'autres que des miettes, est repoussant et immoral. Ce sont eux les prédateurs et leurs proies sont leurs peuples, qui ne se rendent pas toujours compte qu'ils les mènent à leur perte.

Arnaud Montebourg  menace la Suisse :

La Confédération est condamnée, sous la pression internationale, à changer. Elle doit abandonner le secret bancaire si elle ne veut pas être mise au ban des nations [...]. Il est temps d'abandonner le secret bancaire. On ne peut pas bâtir des bénéfices sur la violation de la solidarité internationale [...]. Les mesures de sanction sont inévitables, comme notamment les embargos financiers. In fine, l'Europe finira par remettre en question ses accords bilatéraux avec la Suisse.

Puis Arnaud Montebourg lui passe la main dans le dos, l'hypocrite :

La Suisse est un grand pays qui a porté des valeurs universelles et humanistes depuis sa création. Et cela me chagrine de voir qu'elle est en train de détruire sa réputation internationale en organisant la solidarité de ses banquiers.

En fait Arnaud Montebourg, et ses semblables, menacent la sphère privée, qui fait partie justement des valeurs universelles et humanistes de la Suisse depuis sa création, et dont le secret bancaire n'est qu'une manifestation parmi d'autres. Il serait temps que la délégation stratégique ( ici ), constituée aujourd'hui autour de trois Conseillers fédéraux, rappelle enfin à tous ces Etats qui veulent faire pression sur le pays, que la démocratie commence avec la défense de la sphère privée et que leur meilleur moyen de concurrencer le secret bancaire helvétique serait de l'instaurer chez eux.

Francis Richard


L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.  

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 23:20
Après la violation du secret bancaire par l'UBS, autorisée par la FINMA (l'autorité de surveillance des banques) et cautionnée par le Conseil fédéral, sur son blog de La Tribune de Genève ( ici ), Jean-Noël Cuenod, correspondant à Paris, écrit le 22 février :

On peut retourner ce thème dans tous les sens pour se dorer la pilule. Mais sous quelque angle qu'on le scrute, le secret bancaire est immoral. En effet protéger les fraudeurs d'un pays tiers, c'est empêcher le dit Etat à financer ses investissements collectifs. Le secret fiscal est donc bien, en ce sens, un acte hostile et déshonnête. Et il faut toute la talentueuse mauvaise foi des banquiers et des avocats fiscalistes pour dire le contraire.

Il ajoute :

Toutefois, cette immoralité est largement partagée.
 

Ajout qui ne change rien à la fausseté du propos. Car le secret bancaire ne fait pas de vous une ordure, comme le dessine Barrigue, mais il protège votre intimité ... que d'aucuns appellent plus pompeusement votre sphère privée, tandis que les Etats vicelards vous mettent à poil. 

Je ne suis ni banquier ni avocat fiscaliste, mais je crois que Jean-Noël Cuenod n'a pas - si  j'ose dire -scruté le secret bancaire sous tous les angles. Je crois même qu'il l'a scruté avec des verres déformants, qui comportaient des oeillères. Car le secret bancaire n'est pas ce qu'il croit. J'ai rappelé, dans mon article La Suisse, paradis fiscal ? Si seulement... , et sa justification, et son origine historique :

Le secret bancaire fait partie de la protection (des) libertés individuelles. C'est évidemment impensable en France, par exemple, où il existe une longue tradition d'inquisition fiscale, que les contribuables ne remarquent même plus, tant ils sont habitués à courber l'échine.

Le secret bancaire suisse ne date pas d'hier, mais de 1713. A l'époque le roi de France empruntait aux banquiers calvinistes de la place de Genève et il ne voulait pas que cela se sache. Pensez : le Roi Très Chrétien, à la tête de la Fille aînée de l'Eglise, empruntait à des hérétiques ! Le Grand Conseil genevois adoptait une réglementation qui obligeait les banquiers "à tenir un registre de leur clientèle et de leurs opérations", mais leur interdisait "de divulguer ces informations à quiconque autre que le client concerné, sauf accord exprès du Conseil de la Ville". Le secret bancaire suisse était né. Il y a bientôt trois siècles.

Le secret bancaire suisse allait être renforcé en 1934. Ce renforcement sera la réponse d'un pays libre, d'une part à la divulgation en France par un député socialiste, Fabien Albertin, de la liste de 2'000 clients français de la Banque commerciale de Bâle, qui avaient des avoirs en Suisse, d'autre part à la série de lois de l'Allemagne nazie obligeant, à partir de 1933, les citoyens allemands à déclarer leurs avoirs à l'étranger, avec la peine de mort pour sanction en cas de défaut de déclaration : trois Allemands seront exécutés en 1934 pour crime de posséder un compte en Suisse... [...].


Depuis 1934 le secret bancaire suisse fait l'objet de deux articles du code pénal, les articles 162 et 320. En vertu des ces articles un banquier suisse qui viole le secret bancaire encourt jusqu'à 6 mois d'emprisonnement, ou jusqu'à 50'000 francs d'amende, les deux peines pouvant se cumuler. Par ailleurs l'article 271 du code pénal vise les administrations étrangères qui enquêteraient sur le territoire de la Confédération et l'article 273 les espions étrangers qui essaieraient d'obtenir des informations sur un client d'une banque suisse. Le secret bancaire ne peut être levé que dans des cas limités : héritage, divorce, dettes et faillite, affaires criminelles. Le secret bancaire protège tous les clients des banques, qu'ils soient suisses ou étrangers.

Je précisais également, dans cet article, que la Suisse fait une distinction pertinente entre la fraude fiscale et l'évasion fiscale. Mais Cuenod - qui est de mauvaise foi, ou ignorant, à choix - ne parle que de "fraudeurs". Comme cette distinction est importante, bien que l'ayant reproduite dans mon récent article Secret bancaire : le "sauvetage" de l'UBS risque de coûter très cher  , je réitère la citation :

La Suisse fait une distinction entre la fraude fiscale et l'évasion fiscale. L'évasion fiscale consiste à omettre de déclarer une partie de sa fortune ou de ses revenus. Elle n'est qu'une infraction administrative. Les Suisses et les résidents étrangers sont sanctionnés par une amende ou un rattrapage, les étrangers non-résidents ne sont pas sanctionnés et les banques n'ont pas le droit de renseigner le fisc étranger dans ce cas-là. La fraude fiscale consiste à soustraire frauduleusement des contributions au moyen de titres faux, falsifiés ou contenant de fausses indications. La fraude fiscale est punissable pénalement. Les banques doivent renseigner l'autorité judiciaire suisse ou étrangère à la demande d'un juge suisse compétent.

Il faut croire que parmi les Américains dont le nom a été livré en pâture au fisc de leur pays par les délateurs institutionnels helvétiques, il n'y avait pas que des "fraudeurs", selon la terminologie adoptée par Cuenod - et peut-être même aucun - puisque le Tribunal administratif fédéral, vendredi dernier, a communiqué par fax aux clients concernés de l'UBS et à la FINMA

sa décision d'interdire par mesure superprovisionnelle urgente la transmission des données bancaires de huit clients UBS aux autorités fiscales américaines


(voir ici l'article de Jean-Claude Péclet dans Le Temps daté du 22 février).

Même si cette décision est intervenue après que le mal était fait, elle souligne que l'UBS, la FINMA et le Conseil fédéral, ont bel et bien violé le secret bancaire, et le droit helvétique, et que des sanctions pénales devraient être appliquées aux coupables en vertu du code éponyme (voir ci-dessus). L'affaire elle-même est emblématique d'une curieuse moralité, que l'on trouve certes en conclusion d'une fable de La Fontaine, mais qui n'émeut pas les bien pensants tels qu'Ueli Leuenberger, le président des Verts ("Ce ne sont pas les Etats-Unis qu'il faut critiquer" ici ) :

La loi du plus fort est toujours la meilleure.

Le plus fort en l'occurrence étant les Etats-Unis, dont le président, le dénommé Obama, s'apprête à dépenser beaucoup pour, chimériquement, relancer l'économie (voir mon article Les politiques de relance de l'économie par l'Etat échouent toujours ), et qui pressureront davantage encore, si c'est possible, les plus riches de leurs ressortissants. La Suisse a cru naïvement que ces maîtres-chanteurs s'arrêteraient après que leur première demande était satisfaite. Il n'en a rien été. La surenchère a même suivi aussitôt (voir mon article Secret bancaire : le "sauvetage" de l'UBS risque de coûter très cher ). 


Le "plouc chez les bobos", comme Cuenod s'intitule, fait partie de ceux qui croient encore que l'Etat ne finance que des investissements collectifs et que ces investissements - quand il s'agit réellement d'investissements - sont toujours justifiés pour la seule, et mauvaise, raison qu'ils sont décidés par l'Etat. L'Etat seul aurait la science infuse et n'agirait que pour votre bien, que vous soyez d'accord ou non.

Comme Jean-Noël Cuenod vit en France, il devrait se procurer le rapport annuel de la Cour des Comptes. En le lisant il serait édifié d'apprendre ce que l'Etat français fait de l'argent qu'il soustrait de préférence à ceux qui en ont encore et qui tentent vaille que vaille de faire marcher la machine dans une économie fortement étatisée. Les pays sangsues les plus endettés, comme la France, l'Italie ou les Etats-Unis, font un usage inconsidéré de l'argent qu'ils récoltent pour faire croire à leurs peuples qu'ils font quelque chose

Quand un pays devient un tel enfer, fiscalement parlant, il est moral que de plus en nombreux ceux qui le peuvent cherchent à s'en évader. Cette évasion fiscale ne me choque pas du tout. Je pense qu'elle devrait faire réfléchir ceux qui sucent l'argent de leurs compatriotes les plus entreprenants et je pense qu'elle devrait leur apprendre à les retenir non pas par la contrainte, mais par la reconnaissance pour tout ce qu'ils pourraient apporter à leur pays.

Francis Richard  

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 00:15

Le discours d'ouverture de Vladimir Poutine avant-hier au World Economic Forum de Davos valait son pesant de cacahouètes. Il en a surpris plus d'un.

Prenant le parti de ne pas faire de commentaires de mon cru - ce texte se passe d'ailleurs de commentaires - je vais me contenter de faire des citations de ce "speech" en anglais, agrémentées de mes traductions libres, et néanmoins fidèles. Du moins je l'espère.

Bien évidemment je ne pourrais pas m'empêcher de faire juste un petit commentaire final.


L'internaute intéressé pourra trouver (ici) l'intégralité de ce discours qui montre le premier ministre russe sous un jour que je considère comme "interesting".

Today, investment banks, the pride of Wall Street, have virtually ceased to exist. In just 12 months, they have posted losses exceeding the profits they made in the last 25 years. This example alone reflects the real situation better than any criticism"

Aujourd'hui les banques d'investissement, fierté de Wall Street ont virtuellement cessé d'exister. En tout juste 12 mois, elles ont affiché des pertes supérieures aux profits qu'elles ont réalisés au cours des 25 dernières années. Cet exemple seul reflète la situation réelle mieux que n'importe quelle critique.

Although additional protectionism will prove inevitable during the crisis, all of us must display a sense of proportion.
 

Bien qu'un protectionisme supplémentaire s'avérera inévitable durant la crise, nous tous devons faire montre d'un sens des proportions.

Excessive intervention in economic activity and blind faith in the state's omnipotence is another possible mistake. 

Une excessive intervention dans l'activité économique et une foi aveugle dans l'omnipotence de l'état est une autre erreur possible.


The concentration of surplus assets in the hands of the state is a negative aspect of anti-crisis measures in virtually every nation.


La concentration d'actifs excédentaires dans les mains de l'état est un aspect négatif des mesures anti-crise dans pratiquement chaque pays.

In the 20th century, the Soviet Union made the state's role absolute. In the long run, this made the Soviet economy totally uncompetitive. This lesson cost us dearly. I am sure nobody wants to see it repeated.

Au 20ème siècle, l'Union Soviétique fit du rôle de l'état un absolu. A long terme, cela rendit l'économie soviétique totalement non concurrentielle. Cette leçon nous a coûté cher. Je suis sûr que personne ne veut la voir se repéter.

Nor should we turn a blind eye to the fact that the spirit of free enterprise, including the principle of personal responsibility of businesspeople, investors and shareholders for theirs decisions, is being eroded in the last few months. There is no reason to believe that we can achieve better results by shifting responsibility onto the state.


Nous ne devrions pas non plus fermer les yeux sur le fait que l'esprit de libre entreprise, y compris le principe de la responsablilité personnelle des hommes d'affaires, des investisseurs et des actionnaires pour leurs décisions, s'est effrité ces derniers mois.  Il n'y a pas de raison de croire que nous pouvons obtenir de meilleures résultats en reportant la responsabilité sur l'état.

The unjustified swelling of the budgetary deficit and the accumulation of public debts are just as destructive as adventurous stock-jobbing.

Le gonflement injustifié du déficit budgétaire et l'accumulation des dettes publiques sont aussi destructives que le boursicotage aventureux.

Like many countries, we have reduced production taxes, leaving money in the economy. We have optimised state spending.

Comme de nombreux pays nous avons baissé les taxes sur la production, laissant l'argent dans l'économie. Nous avons optimisé les dépenses de l'état.


Unfortunately, we are increasingly hearing the argument that the build-up of military spending could solve today's social and economic problems. The logic is simple enough. Additional military allocations create new jobs.

Malheureusement nous entendons de plus en plus l'argument selon lequel l'augmentation de dépenses militaires pourrait résoudre aujourd'hui les problèmes sociaux et économiques. La logique est assez simple. Des allocations militaires supplémentaires créent de nouveaux emplois.

At a glance, this sounds like a good way of fighting the crisis and unemployment. This policy might even be quite effective in the short term. But in the long run, militarisation wont'solve the problem but will rather quell it temporarily. What it will do is squeeze huge financial and other ressources from the economy instead of finding better and wiser uses for them.

Au premier coup d'oeil cela semble un bon moyen de lutter contre la crise et le chômage. Cette politique peut effectivement être efficace à court terme. Mais à long terme la militarisation ne résoudra pas le problème mais le soulagera plutôt temporairement. Ce que cela fera c'est extraire des ressources importantes, financières et autres, de l'économie, au lieu de trouver pour elles de meilleures et plus sages utilisations. 

My conviction is that reasonable restraint in military spending, especially coupled with efforts to enhance global stability and security, will certainly bring significant economic dividends.

J'ai la conviction qu'un contrôle raisonnable des dépenses militaires, couplé en particulier avec des efforts pour améliorer la stabilité et la sécurité globales, apportera certainement des dividendes économiques significatifs.

Le moins qu'on puisse dire c'est que l'ancien lieutenant-colonel du KGB semble avoir subi, l'exercice du pouvoir aidant, une sérieuse perestroïka... Je rassure ses ennemis : il est moins affreux qu'ils ne pensent; il lui reste encore quelques pas à faire pour devenir ultra-libéral, mais il est sur la bonne voie...


Francis Richard

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 23:45
L'Institut Constant de Rebecque publie aujourd'hui un rapport sur la crise financière réalisé par Pascal Salin  (ici), professeur émérite à l'Université Paris - Dauphine. Ce rapport, que j'invite l'internaute à lire, et à relire, sans modération, commence par affirmer que "la meilleure régulation passe par le libre fonctionnement des marchés, et non par leur réglementation". Tout le contraire de la chanson que l'on vous serine dans la quasi totalité des média.

Pascal Salin ne se contente pas d'affirmer, il démontre : "La cause essentielle de cette crise, écrit-il, provient [...] de l'extraordinaire variabilité de la politique monétaire américaine au cours des années récentes. Or, celle-ci est bien évidemment décidée par des autorités publiques et non déterminée par le marché [...]. Pendant toute la période de bas taux d'intérêt et de crédit facile, le monde a été submergé de liquidités. Afin de profiter de cette magnifique occasion de profits faciles, les établissements financiers ont accordé des crédits à des emprunteurs de moins en moins fiables, comme l'a montré la crise des "subprimes" (voir mon article Le marché du crédit hypothécaire perverti par l'interventionnisme ). Lorsque l'on est revenu à des taux d'intérêt plus normaux, les excès du passé sont apparus au grand jour : c'est l'éclatement de la "bulle financière".

A cette cause essentielle il faut ajouter des facteurs aggravants : la certitude implicite d'un sauvetage par les autorités publiques en cas de difficultés (voir mon article La bouée étatique à l'origine de la crise financière ) - ce qui n'a pas manqué, et qui n'incite pas à la responsabilité - et le contournement par les banques de leur obligation arbitraire de maintenir un ratio de 8% de fonds propres sur avoirs, en dissimulant une partie non négligeable de leurs encours derrière le paravent d'autres organismes, tels que des fonds d'investissement. On a donc créé des liquidités artificielles. Au lieu de fonder la croissance sur des fonds propres, on l'a fait sur du crédit, et sur une apparence illusoire de fonds propres. On a imposé un résultat qui "ne remplacera jamais le libre jeu des décisions d'être humains responsables (c'est-à-dire capitalistes)".

Il ne faut pas confondre régulation et réglementation. La régulation de l'activité économique est le résultat du libre fonctionnement des marchés : "les actions de ceux qui interviennent sur les marchés apportent de nouvelles informations qui les conduisent à s'ajuster continuellement à leur environnement". La réglementation, ou régulation étatique, est la prétention d'un petit nombre qui détiendraient "des informations meilleures et plus nombreuses que les innombrables intervenants des marchés", ce qui justifierait qu'ils soient "chargés de réglementer et de contrôler les autres".

Un modèle de référence serait caractérisé par un système où la création monétaire arbitraire serait impossible et se traduirait par une monnaie stable et par une évolution lente et prévisible des prix; par une épargne abondante et volontaire, répartie "entre des fonds propres, rémunérés par un  taux de rendement risqué et donc variable, et des fonds prêtables rémunérés par un taux d'intérêt fixé à l'avance de manière contractuelle entre prêteurs et emprunteurs". Ce modèle de référence a existé, au XIXe siècle...

Aujourd'hui il en va tout autrement : "Le taux d'intérêt n'est plus déterminé uniquement par le marché des fonds prêtables, mais il est devenu un instrument de la politique monétaire. La création monétaire est entre les mains des autorités publiques et celles-ci déterminent le taux d'intérêt, soit directement, soit indirectement par les achats et les ventes d'avoirs financiers de la banque centrale. Il en résulte qu'un écart plus ou moins important peut exister entre le taux d'intérêt résultant de la politique monétaire et le taux d'intérêt qui reflète la rareté relative de l'épargne prêtable, celui qui serait déterminé par les désirs des prêteurs et des emprunteurs".

La "politique d'argent bon marché" est destinée à stimuler l'activité économique et l'investissement. En réalité l'épargne étant insuffisante on crée de la monnaie et "corrélativement le taux d'intérêt diminue. Cette baisse d'intérêt est totalement artificielle puisqu'elle laisse croire que l'épargne prêtable est plus abondante qu'elle ne l'est en réalité. Ce faisant, les autorités publiques donnent une information fausse aux marchés [...]. Le taux d'intérêt étant bas, les emprunteurs sont incités à emprunter plus, pour financer des investissements, pour acheter des actifs financiers ou pour acheter des logements (cas des Etats-Unis ou de l'Espagne au début du XXIe siècle). C'est ainsi que naissent les "bulles financières" ou les "bulles immobilières"." Effet pervers : "la baisse d'intérêt effectif réduit l'offre de fonds prêtables".        

Pascal Salin parle de "l'illusion de la relance économique" ( voir la vidéo dans mon article Les politiques de relance de l'économie par l'Etat échouent toujours ) : "La crise financière mondiale, qui atteint un grand nombre de pays dans le monde, se traduit maintenant par un ralentissement de l'activité économique, ce qui inquiète l'opinion. Les gouvernements essaient donc de répondre à cette inquiétude par la mise en oeuvre de "plans de relance". S'ils restaient totalement passifs, on ne manquerait pas de le leur reprocher, dans la mesure où tous les citoyens ont été éduqués dans l'idée que les pouvoirs politiques avaient le devoir essentiel de veiller à la prospérité et qu'ils en avaient les moyens".

Le dirigeant politique doit donc faire quelque chose. Heureusement pour lui il y aurait "une règle simple, inspirée de la théorie keynésienne : pour relancer l'activité économique, il faut accroître la demande globale et, pour cela, il faut soit augmenter les dépenses publiques, soit relancer la consommation, soit encore créer de nouvelles liquidités monétaires". On a vu ce qu'il en était de la création monétaire. Les dépenses publiques, ce n'est pas mieux : "[elles] ne créent pas de nouvelles richesses; elles ne consistent qu'à prendre à certains la richesse qu'ils ont créée afin de l'utiliser pour acquérir des biens choisis arbitrairement par les politiciens et les bureaucrates".

Pour relancer la consommation "Obama a promis de baisser l'impôt sur le revenu pour 95% des Américains, ce qui serait très bien (s'il peut jamais y parvenir). Mais cela serait très bien non pas parce que c'est censé accroître la consommation - étant donné que la croissance nécessite l'accumulation de capital, soit de l'épargne et non de la consommation - mais parce que cela introduirait davantage d'incitations à travailler plus, épargner plus, engager davantage de salariés, etc."

Le problème est que dans le même temps Obama a prévu "d'augmenter les taux d'imposition marginaux sur les hauts revenus", ce qui provoquera inévitablement un ralentissement économique : "La raison en est que dans n'importe quelle société, toutes les personnes sont interdépendantes : si l'on décourage un entrepreneur d'investir et de créer de nouveaux emplois, cela entraîne un taux de croissance plus faible et un taux de chômage plus élevé".

Comme on le voit, nos dirigeants ont tout faux. Pascal Salin va encore plus loin : "Contrairement à ce qu'on a tendance à penser, les faillites sont créatrices et non destructrices : le maintien des entreprises en difficulté perpétuerait les mauvais choix, alors que les faillites permettent de transférer leurs actifs vers des propriétaires et managers qui sauront mieux les utiliser".

Le moins qu'on puisse dire est que Pascal Salin ne pratique pas la langue de bois. Il ne nous laisse d'ailleurs aucun espoir sur le financement des folles dépenses que nos dirigeants s'apprêtent ou ont déjà commencé à faire : "ils ont recours à l'impôt - diminuant d'autant le pouvoir d'achat des citoyens - ou à l'emprunt - limitant alors les ressources nécessaires à l'investissement".

Fermez le ban !

Francis Richard

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 19:10
Les internautes qui ne comprennent pas l'anglais me pardonneront d'introduire sur mon blog une vidéo dans cet idiom. Mais je n'ai pas trouvé, en français, sur la toile, de démonstration aussi percutante que celle-là sur l'inanité des politiques de relance de l'économie par l'Etat :

 

Comme les politiques de relance ont toutes échoué, il faut se demander pourquoi on s'obstine à les pratiquer. Peut-être parce qu'il n'y a rien de plus fascinant que de dépenser l'argent des autres !

Milton Friedman disait fort justement : "Personne ne dépense l'argent de quelqu'un d'autre aussi consciencieusement que le sien"...

Francis Richard

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 21:55

D'un côté le tableau est plutôt sombre pour Logitech : chute du cours de l'action de 61% en 2008, chiffre d'affaires et bénéfice revus à la baisse pour l'exercice 2008/2009, dont la clôture est le 31 mars, nécessité de réduire les effectifs. 

D'un autre côté l'entreprise a beaucoup d'atouts : elle va recevoir demain sept prix d'excellence à la grande foire technologique de Las Vegas - 7 CES Innovation Awards -, elle dispose de fortes liquidités et n'a pas de dettes (voir les articles de 24 Heures ici , du Matin  ici et du Temps  ici ).

Créée en 1981 cette entreprise, dont le siège social se trouve aujourd'hui à Morges, soit à une douzaine de kilomètres de Lausanne, a commencé très modestement dans le petit village d'Apples dans le canton de Vaud, plus précisément dans une ferme, mise à disposition par les beaux-parents de Daniel Borel. Cofondateur de la société avec Pierluigi Zappacosta et Giacomo Marini,  Daniel Borel - qui siège toujours au Conseil d'administration de la société - en a été le président de 1988 à 2007, et en a été le président-directeur général de 1992 à 1998. L'objet initial de Logitech était de développer des logiciels graphiques... d'où la raison sociale.

Apparue en public le 9 décembre 1968 - il s'est décidemment passé beaucoup de choses en 1968 - la souris a fait connaître dans le monde entier Logitech, qui en a commencé la fabrication pour Hewlett-Packard en 1984. Le 3 décembre 2008, soit 40 ans après son invention, et près de 25 ans après la première souris produite par elle, Logitech fêtait la sortie de la milliardième souris fabriquée dans son unité de production chinoise. Car, si les bureaux de Logitech se trouvent en Suisse et en Californie, l'usine se situe en Chine.

Si l'effectif total est de 9'000 personnes, le gros des troupes, 5500 personnes, se trouve en fait dans cette usine de Chine, dont Logitech possède la moitié du capital. Les 3'500 autres personnes sont employées directement par Logitech. 525 d'entre elles devraient faire l'objet de la réduction d'effectif, que la société annoncera le 20 janvier prochain, en même temps que les chiffres du quatrième trimestre de l'année 2008. Ces 525 personnes représentent donc 15% de l'effectif direct. Il n'est pour l'instant pas question de réduire l'effectif de production.  

Logitech, ce n'est pas seulement la fabrication de souris, qui a bien évolué depuis ses débuts comme on peut le voir sur le site de l'entreprise ( ici ), c'est aussi la fabrication de trackballs, boules de commande en français ( ici ), de claviers, de webcams, de casques, de microphones, de caméras de surveillance, de télécommandes universelles, de manettes de jeux etc. C'est dire que la gamme de produits est vaste et qu'aujourd'hui aucune ligne de produits ne dépasse les 10% du chiffre d'affaires, alors qu'il fut un temps où les souris représentaient entre 50 et 60% du chiffre d'affaires...

Plus haut j'ai évoqué les récompenses que Logitech va recevoir. Il faut noter que ce n'est pas la première fois : sur son site la compagnie ne se prive pas d'en faire étalage, à bon droit ( ici ). Frédéric Brillet dans un article paru dans Les Echos le 29 mars 2005 pouvait écrire à propos de la centaine de brevets déposés par an par la compagnie : "C'est en fait surtout à sa culture de l'innovation permanente que le fabricant suisse doit de conserver une longueur d'avance sur la concurrence. Et il ne ménage pas ses efforts en ce sens : plus de 5 % du chiffre d'affaires est investi dans la recherche-développement." 

Frédéric Brillet ajoutait : "Logitech se caractérise aussi par son approche « marketing » de l'innovation. L'entreprise n'innove que si c'est rentable, et ne perd jamais de vue les évolutions du marché". C'est certainement pourquoi le Président du Conseil d'administration actuel, Guerrino De Luca, dans un entretien accordé au Temps de ce jour, se montre confiant dans l'avenir : "Je le dis sans arrogance : Logitech sortira encore plus fort de cette crise ... dont nous ne connaissons pas la durée".


Mais pour cela une réduction d'effectif est malheureusement nécessaire : "Nous devons absolument protéger notre bilan, précise Guerrino De Luca, soigner nos marges, conserver des dettes nulles et nos liquidités de 450 millions de dollars telles qu'annoncées lors de nos derniers résultats trimestriels". Le Conseiller d'Etat du canton de Vaud en charge de l'économie, Jean-Claude Mermoud, en a "pris acte avec regret", nous dit 24 Heures de ce jour. Mais n'est-il pas préférable d'être amputé que de mourir...


Francis Richard


L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 10:30
Sur le site de Vincent Bénard ( ici ) je viens de lire un article décapant ( ici ), posté le 18 décembre. Jugez plutôt.

Il commence par décrire ce qu'est l'escroquerie de type cavalerie financière : 

"Le principe est simple: un gérant de fonds vous promet un rendement supérieur à la normale, et, ne pouvant obtenir effectivement un tel taux, il rémunère les épargnants avec l'argent des nouveaux entrants. Tant que les nouveaux sont toujours plus nombreux que les anciens, la pyramide tient debout. Seul problème, lorsque  les clients sont nombreux à vouloir retirer leurs billes, le système s'écroule". 

Puis il pose la question faussement naïve :

"Un système où on promet à ceux qui cotisent un retour sur cotisation intenable à terme, qui ne tient que par la grâce de l'expansion démographique, où l'argent des derniers arrivants sert à payer la promesse faite aux premiers, et dont les prestations ont été plusieurs fois revues à la bais(s)e, cela ne vous rappelle rien ?".

La réponse tombe comme un couperet : le système de retraite par répartition.
 

En France il est généralisé. Il s'applique aussi bien à la retraite de base de la sécurité sociale qu'aux retraites complémentaires. C'est dire le gouffre financier qui s'y creuse tous les jours...

Il y a quelques mois Vincent Bénard écrivait (
ici ) à propos de ce système sévissant en France :

"Ses instigateurs n'ont pas pu prévoir, en 1945, que l'espérance de vie croîtrait dans de telles proportions, et que les années 60-70 marqueraient l'essor de la contraception, marquant un changement décisif dans la structure démographique du pays. Mais dès la fin des années 70, des économistes ont alerté les pouvoirs publics sur les conséquences de ces changements, et les modifications qu'ils impliquaient".


Il ajoute aujourd'hui :

"Il est trop tôt pour chiffrer les pertes des salariés floués par nos retraites Madoff. Mais il est question, selon un obscur "Conseil d'orientation des Retraites",  d'un déficit de 24 Milliards d'euros en 2020 et de 70 Milliards de brozoufs en 2050 (à ce train, l'Euro ne vaudra plus un clou en 2050...). Soit encore, en nouvelles unités financières, 1 à 3 Madoff, bref, beaucoup beaucoup de pognon... Et nous ne sommes que la petite France.  Car la même arnaque est officiellement en usage dans de nombreux autres pays, à commencer par les USA, où les déficits à terme du système de social security (la retraite) atteindraient plus de 120 Madoffs".

En Suisse ce système d'arnaque s'appelle l'AVS. Une récente initiative, rejetée fort heureusement le 30 novembre dernier, voulait en accentuer encore les méfaits (voir mon article
Le mensonge démographique des initiants pour l'âge de l'AVS flexible ).  


La conclusion de Vincent Bénard est rien de moins qu'ironique :
 

"Si Bernard Madoff avait été fonctionnaires du "service public", il serait une figure symbolique des acquis sociaux conquis de haute lutte par les travailleurs spoliés par le grand méchant capital. Peut-être aurait-il une place, un square, ou une fontaine publique à son nom quelque part. On rebaptiserait un col des alpes le "Grand Saint Bernard Madoff".

La finance privée est complètement folle. Les finances publiques sont complètement Madoff !".

 
En Suisse, l'escroquerie fait l'objet de l'article 146 du Code pénal (
ici ) libellé comme suit : 

"Art. 146

Escroquerie

1 Celui qui, dans le dessein de se procurer ou de procurer à un tiers un enrichissement illégitime, aura astucieusement induit en erreur une personne par des affirmations fallacieuses ou par la dissimulation de faits vrais ou l’aura astucieusement confortée dans son erreur et aura de la sorte déterminé la victime à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires ou à ceux d’un tiers sera puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

2 Si l’auteur fait métier de l’escroquerie, la peine sera une peine privative de liberté de dix ans au plus ou une peine pécuniaire de 90 jours-amende au moins.

3 L’escroquerie commise au préjudice des proches ou des familiers ne sera poursuivie que sur plainte."

 

Je laisse l'internaute en tirer les conclusions.

 

Francis Richard

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 21:45

Je reproduis ci-contre l'infographie, parue dans Le Matin du 8 décembre dernier, qui illustrait un article intitulé "Pourquoi l'essence est-elle si chère ?" (ici  ).

A bon droit le journaliste du Matin , Elly Tzogalis, s'interroge : " Le prix du baril de pétrole ne cesse de dégringoler. Entre le mois de juillet, où il culminait à 140 dollars, et hier, où il était à 43 dollars, l'or noir a perdu 69% de sa valeur sur le marché. Phénomène incompréhensible pour de nombreux consommateurs, le prix de l'essence à la pompe, qui avoisinait 1 fr. 51 hier, ne suit pas la même évolution. Il n'a perdu que 23% durant la même période".

Malheureusement le calcul de l'infographie est faux. Mais le raisonnement aurait pu toutefois être mené autrement, même avec des chiffres faux. Pour arriver, d'ailleurs, à la même conclusion...

Au mois de juillet le prix moyen du sans plomb était de 1,97 fr. par litre, si l'on en croit l'Union pétrolière ( ici ). Il est effectivement retombé ces jours-ci autour de 1,51 fr. par litre. Ce qui représente bien une baisse globale de l'ordre de 23%.

Qui ne répercute pas la baisse du prix du baril au niveau de l'essence à la pompe helvétique ? L'Etat. Démonstration.

La taxe sur les huiles minérales est de 0,7447 fr. par litre, le "centime climatique" de 0,015 fr. par litre ( ici ) et la contribution "Carbura", chargée de veiller au maintien de stocks obligatoires (ici ), de 0,0040 fr. par litre (n'ayant pas réussi à trouver sa valeur en 2008, j'admets le chiffre du Matin, qui est plausible, puisque que cette contribution était de 0,0033 fr. par litre en 2005). Au total nous avons donc, hors TVA, un montant de 0,7637 fr. par litre qui tombe dans l'escarcelle de l'Etat. Quoi qu'il arrive.

A 1,51 fr. le litre de sans plomb 95, la TVA représente 0,1067 fr. par litre et non pas 0,17 fr. comme l'indique l'infographie du Matin. A 1,97 fr. le litre, la TVA représente 0,1392 fr. le litre.

Actuellement le prix de vente hors taxes de l'essence est donc de 0,6396 fr. le litre (= 1,51 - 0,7637 - 0,1067) contre 1,0671 fr. le litre en juillet dernier (= 1,97 - 0,7637 - 0,1392).

La part totale actuelle de l'Etat est de 0,8704 fr. par litre (= 0,7637 + 0,1067). Elle était de 0,9029 fr. par litre en juillet (=0,7637 + 0,1392).

Autrement dit l'Etat n'a perçu que 3,6% de moins qu'auparavant, soit 0,0325 franc par litre de moins, soit encore 3,25 centimes par litre.

Dans le même temps les compagnies pétrolières ont baissé leur prix hors taxes de 40%, soit de 0,4275 fr. par litre, soit encore de 42,75 centimes par litre. Certes leur baisse n'a pas encore atteint la baisse du brut, mais elle est significative, d'autant que nous ignorons leur marge, qui ne doit pas être obligatoirement proportionnelle, si elles veulent continuer à prospecter ou à entreprendre des recherches d'autres sources d'énergie.

C'est donc bien l'Etat surtout qui vit aux dépens de l'automobiliste. Sa part augmente même en proportion quand le prix du pétrole diminue. Cette part était de près de 46% en juillet, elle est maintenant de 58%... Une vraie rente...

Le journaliste du Matin conclut : "Pour que la baisse du pétrole sur les marchés financiers ait un impact satisfaisant sur le porte-monnaie des consommateurs, ne serait-il pas judicieux de revoir le système de taxation, en rendant les taxes proportionnelles au prix de l'essence?".

Pour ma part je conclus que l'automobiliste est une vache à lait que l'Etat trait à la pompe...

Francis Richard

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 15:45

Il y a un peu plus d'un mois, dans un commentaire à mon article Le Conseil d'Etat genevois pris la main dans sa blague à tabac Ben Palmer m'avait indiqué un lien fort intéressant sur le tabagisme. Il s'agissait d'un entretien posté le 7 février de cette année sur le site de Forces Multimedia ici ) qui le présentait en ces termes :

"Ce formidable entretien avec le Professeur Robert Molimard, professeur émérite de physiologie et coordinateur du DIU (diplôme inter-universitaire) de tabacologie à la faculté de médecine de Paris-Sud doit être vu, doit être lu. Certaines des choses que vous allez lire ( ici dans sa transcription en anglais) ne vous surprendront pas, certaines oui, d'autres vous dégoûteront totalement. Mais aucune ne vous laissera indifférent."

L'actualité, fort dense, de ces dernières semaines ne m'avait pas permis de prendre le temps de l'écouter en son entier. C'est aujourd'hui chose faite.

Ayant beaucoup goûté la liberté de ton, et de parole, de l'éminent professeur, je ne peux manquer de vous suggérer de l'écouter en entier (56 minutes) et de remercier une nouvelle fois Ben Palmer pour le lien menant à ce "formidable" document, qui vous permettra de ne pas mourir idiot, que ce soit à grands ou ... à petits feux.

Vous entendrez notamment qu'il n'y a pas que l'industrie du tabac qui fait des profits. De grandes multinationales en font sur votre dos et pour votre plus grand bien, avec la complicité des Etats.

Francis Richard





PS du 9.11.2008 1:00 :

Le commentaire posté hier par Ben Palmer me permet d'ajouter deux liens complémentaires :

Une analyse critique du Pr Molimard ici (en français et en anglais) sur l'étude de Jamrozik "Lifting the Smoke Screen" dont il est question dans l'entretien, étude dont voici la version (en anglais) ici.

PS du 9.11.2008 22:40 :

Un internaute a eu la gentillesse de me faire remarquer que j'avais estropié le patronyme du Professeur Molimard, devenu Professeur Molinard sous la touche de mon clavier. Comme une erreur n'arrive jamais seule j'avais persisté dans cette erreur aussi bien au niveau du titre qu'à chaque rencontre dans le texte. Je prie mes lecteurs de me pardonner cette coquille répétitive. J'en profite pour vous indiquer le site des tabacologues français ici . Vous pourrez y trouver le portrait de l'éminent professeur en tabacologue ici

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:50

D'une manière ou d'une autre la crise qui a secoué les marchés financiers se calmera, au prix d'une très forte correction.

Certains pays ont racheté les créances douteuses de leurs banques, d'autres leur ont accordé des prêts, d'autres encore sont entrés dans leur capital. Dans l'immédiat on aura socialisé les pertes, en espérant qu'elles pourront être privatisées à court ou moyen terme. Peut-être aurait-il fallu, comme certains commentateurs - et certains parlementaires américains du camp républicain - le suggéraient, ne rien faire du tout et laisser au marché le soin de résoudre ce que l'excès de régulation avait provoqué (voir mes articles Le marché du crédit hypothécaire perverti par l'interventionnisme  et  Prix unique des calamités interventionnistes: 700 milliards de dollars ).

L'interventionnisme est un tel écheveau que Vincent Bénard évoquait une troisième voie entre le plan Paulson et la faillite pure et simple des banques "fautives", en réalité poussées à la faute (voir mon article La troisième voie que proposait Vincent Bénard au lieu du plan Paulson ). Il s'agissait de trouver un terrain d'entente entre débiteurs et créanciers en s'asseyant autour d'une table, une partie des créances étant convertie en actions, qu'auraient détenu les créanciers. L'avantage de cette solution était que les contribuables n'auraient pas été obligés de mettre la main à leur porte-monnaie et que des liquidités en auraient résulté pour lesdites banques, quitte à forcer un peu la main des créanciers, pour ne pas perdre de temps.

Le même Vincent Bénard, faute de mieux, trouvait des vertus dans le plan de sauvetage britannique ( ici )en comparaison du plan Paulson, puisque certes l'Etat intervenait, mais que cette intervention ne devait être que momentanée et permettre d'échelonner le remboursement des sommes avancées, résoudre un problème de liquidités et non pas de solvabilité. Il s'agissait en quelque sorte d'une intervention temporaire, qui ne serait pas à fonds perdus. Ce qui ne pouvait que rassurer le contribuable britannique.  

On ne saura jamais si les annonces de sauvetage n'ont pas eu l'effet inverse de celui escompté, c'est-à-dire si elles n'ont pas créé la panique comme je le suggérais le 6 octobre. Mais ne voulait-on pas la créer justement cette panique en dramatisant ? Certains, tels que Jacques Garello, le pensent. Il se serait agi de justifier un interventionnisme destiné à réparer les dégâts commis par ... un autre interventionnisme. L'économiste, qui préside aux destinées de l'ALEPS, pose des questions pertinentes mais qui risquent de fâcher ( voir son article en date du 6 octobre et situé dans les archives des édito sur le site de Libres.org ici ) :

"Et si les libres transactions sur le marché étaient finalement capables de digérer la "crise" ? Et si la crise n'était en fait qu'une turbulence financière, sans trace durable sur l'économie mondiale ? Et si la dramatisation ne devait rien au hasard, mais avait pour mobile la réhabilitation de l'Etat, du dirigisme, de Roosevelt et de Keynes ?".

Avant même que les marchés financiers ne se calment durablement, il faut donc dire la vérité et ne pas mettre sur le dos du marché ce qui est imputable à la régulation. Car l'origine de la crise n'est pas celle que les media répètent inlassablement pour mieux la faire entrer dans le crâne des cochons de contribuables. La crise vient comme le rappelle Guy Millière ( ici ) de la politique menée par le gouvernement américain, sous des présidents démocrates.

A ce moment-là le gouvernement américain "a mené une politique "sociale" contraignant les banques à accorder des prêts à des gens à faibles revenus, et ces prêts étaient garantis par des organismes très proches de l'Etat et surveillés par l'Etat. Si c'est cela le libre marché dérégulé, c'est que je ne connais plus le sens des mots". Le malheur est que "nul n'a osé remettre en cause" cette politique, comme le reconnaît Guy Millière. J'ajoute : y compris George W. Bush, cher à Guy Millière.

Une fois que la tempête sera passée, après la correction, il faudra vite revenir au marché et renoncer pour de bon à tout interventionnisme. Le marché n'est pas la caricature qui en est tracée ici ou là dans les media. Dans un article paru ce jour, Jacques Garello met les choses au point à ce sujet toujours sur le site de Libres.org en réponse au pitoyable édito de Favilla dans Les Echos du 7 octobre ( ici ) :

"Le marché, (...) d’après son nom même, est accord, contrat, échange volontaire. Passer un marché, c’est concilier des intérêts apparemment opposés mais qui mettent finalement en œuvre la diversité des talents, des moyens et des goûts. Le marché est pouvoir de choix. Le marché est transformation d’un conflit en harmonie (« catallaxie »). Le marché est un processus de découverte, révélant les préférences de personnes libres à travers les indicateurs des prix et des profits, coordonnant des millions de plans individuels".

C'est seulement par le retour au marché que seront évitées des corrections plus fortes encore que celle que nous sommes en train de subir et dont l'interventionnisme est reponsable, n'en déplaise à Favilla. Avec l'interventionnisme, bonjour les dégâts !

Francis Richard

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 22:15

Vincent Bénard, sur son site Objectif liberté ( ici ), a écrit ces derniers temps un certain nombre d'articles sur la crise financière, dite des subprimes, que je recommande vivement de lire, parce qu'ils l'éclairent d'un jour tout différent de ce que nous pouvons lire hélas ici ou là.

L'auteur, qui dirige l'Institut Hayek, connaît bien son sujet. J'avais déjà pu m'en rendre compte quand j'avais fait part à mes lecteurs, le 10 septembre dernier, des révélations qu'il avait faites sur Fanny Mae et Freddie Mac dans Le Figaro du 9 septembre (voir mon article
Le marché du crédit hypothécaire perverti par l'interventionnisme ).

C'est ainsi que les causes immobilières de la crise des subprimes sont explicitées par Vincent Bénard dans le détail. Est à lire l'article ( 
ici ) qui montre que la bulle immobilière s'est enflée en raison des réglementations d'urbanisme sévissant dans un certain nombre de grandes villes américaines.
Le surpaiement cumulé des acquéreurs de logement y est de l'ordre de 3'400 à 4'000 milliards de dollars sur un total de biens valorisé à 10'500 milliards de dollars . Lorsque cette bulle a éclaté, il n'est donc pas étonnant qu'elle ait provoqué d'énormes dégâts.

Quand, le 25 septembre, je citais Frédéric Sautet de la George Mason University dans mon article sur le Prix unique des calamités interventionnistes: 700 milliards de dollars  , je faisais mienne l'idée de laisser le marché sanctionner les banques qui s'étaient prêtées, si j'ose dire, au jeu des crédits immobiliers pourris.
A ce moment-là j'ignorais l'existence du Glass Steagall act de 1933. C'est en lisant un article du 22 septembre de Vincent Bénard ( ici ) étudiant le plan Paulson que je l'ai découvert aujourd'hui. Cette réglementation rooselvetienne obligeait, et oblige toujours, les banques à adhérer au FDIC. Nouvel interventionnisme calamiteux.

Le FDIC ( Federal Insurance Deposit Corp.), qui est le fond d'assurance étatique des comptes bancaires, garantit "tous les comptes bancaires individuels jusqu'à 100'000 dollars, la garantie montant à 250'000 dollars pour les comptes d'épargne retraite". Résultat : en cas "d'un écroulement de grande ampleur des banques de dépôts", le FDIC peut être obligé de "puiser bien au-delà de ses fonds propres, avec le risque que le contribuable ne soit amené à éponger des pertes plus importantes que dans le cadre du plan Paulson".

Est-ce à dire que le plan Paulson est la moins mauvaise solution ? Compte tenu de la réaction des bourses aujourd'hui il semble que non. Et d'ailleurs Vincent Bénard le 22 septembre n'y croit déjà plus après y avoir cru dans les heures qui ont suivi son élaboration. C'est en réfléchissant au mode de règlement des faillites, qu'il imagine une solution différente de celles qui consistent soit à trouver un repreneur soit à liquider.

Cette alternative "consiste à mettre les actionnaires et les créanciers autour d'une table, et à convertir une partie de la dette en actions, les anciens actionnaires supportant par la dilution de leurs parts le prix des mauvais choix passés de l'entreprise, l'ayant rendu insolvable. Les créanciers acceptent une cessation partielle ou totale des remboursements dans l'espoir de pouvoir revendre les actions et récupérer leur mise une fois l'entreprise redressée."

Cette solution, qui est en quelque sorte une "titrisation des dettes", avait pour avantages "d'éloigner le spectre de la cessation de paiement" et d'améliorer le ratio dette sur fonds propres, de quoi "redonner confiance à des investisseurs nouveaux" ou "de rééchelonner la dette restante". Elle avait toutefois l'inconvénient d'être longue à mettre en oeuvre.

Pour qu'elle soit mise en oeuvre rapidement, d'après l'économiste Luigi Zingales de l'université de Chicago, il aurait fallu que le gouvernement forçât "créanciers et actionnaires à accepter des accords de titrisation rapides". Cette mise en cause du droit de propriété était certainement moins grave que celle résultant du plan Paulson qui conduit les contribuables à mettre la main au porte-monnaie.

Cette solution autoritaire aurait été possible s'il n'avait pas fallu compter avec les lobbys financiers puissants à Washington. Le plan Paulson ne pouvait que les séduire davantage puisque le sauvetage était aux frais de la multitude au lieu d'être, comme de juste, à leurs frais.

Le plan Paulson, qui n'a pas évité la volatilité des marchés financiers, mais l'a même peut-être provoquée avec son annonce il y a deux semaines, est lourd de conséquences quoi qu'il arrive. Il pérennise l'immoralité qui consiste à privatiser les bénéfices et à socialiser les pertes. Il donne une image détestable du capitalisme, qui déteint malheureusement sur celle de la libre économie, auquel elle est confusément assimilée.

Le principe des calamités de Michel de Poncins se vérifie, hélas, une nouvelle fois.

Francis Richard  

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 18:00
La première réaction des marchés financiers à l'annonce du plan de sauvetage de George W Bush a été de repartir à la hausse. C'était l'expression d'un lâche soulagement. Les parachutes interventionnistes allaient éviter que tout le système financier s'écrase. Ce moment d'euphorie est vite retombé, comme un soufflé.

En effet le sauvetage annoncé va seulement repousser la solution au problème de la crise financière. Autrement dit ce sera reculer pour mieux sauter. Je reproduis ci-contre la page de dessins de Mix et Remix, parue dans L'Hebdo de ce jour ( ici ): un dessin vaut mieux bien souvent que de longues explications. Ce dessin illustre le plan de sauvetage des banques : pour boucher de petits trous "on" va prendre dans un grand trou, celui du trésor US...

Sur son site, Tocqueville Magazine  ( ici ), Michel de Poncins, lundi 22 septembre, rappelle le principe des calamités dont le prétendu sauvetage est l'illustration : "Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité pour soi-disant corriger la première". A l'appui de cet énoncé il se réfère à l'article de Vincent Bénard dont j'ai fait l'objet de mon article du 10 septembre sur Le marché du crédit hypothécaire perverti par l'interventionnisme  .

Dans Le Figaro du 18 septembre ( ici ), Frédéric Sautet, économiste au Mercatus Center (George Mason University), fait cette observation : "Si la conjoncture ne peut provoquer une telle crise, même si elle peut contribuer à l'aggraver, il est tout aussi surprenant de soutenir que le manque de contrôle serait la cause première du mal actuel. En effet, le secteur financier américain est déjà extrêmement réglementé et supervisé par plusieurs organisations gouvernementales".

A propos du sauvetage destiné à rassurer les marchés - et l'auteur ne devait pas connaître encore l'ampleur de celui-ci au moment où il écrivait son article - Frédéric Sautet ajoute : "Si à première vue, ces tentatives de sauvetage public peuvent paraître opportunes, une telle infusion de liquidités comporte cependant, consubstantiellement, une illusion : le gouvernement n'ayant pas de ressources illimitées pour sauver le système de la faillite, la seule ressource dont il dispose, au final, c'est l'argent des contribuables (impôts et inflation)... Et cette solution ne peut résoudre, à elle seule, le problème fondamental de moyen/long terme qu'est la raréfaction de l'épargne".

Il en arrive à la conclusion à laquelle aucun des candidats à la Maison Blanche ne se résoudra : "Pour s'en sortir, il n'y a, hélas, désormais d'autre issue que d'accepter les faillites bancaires et de renoncer, au plus vite, à ce nouvel interventionnisme qui, à court terme, paraît rassurant, mais qui, à moyen et long terme, alimente des tsunamis économico-financiers devenant véritablement incontrôlables".

Pour finir je ferai mention du commentaire judicieux de William A. Niskanen, senior fellow, du Cato Institute, à propos de ce sauvetage, commentaire paru ce jour ( ici ). Il observe qu'en six ans George Bush a demandé deux fois les pleins pouvoirs : au moment de la guerre d'Irak en arguant que ce pays détenait des armes de destruction massive, qui n'ont d'ailleurs jamais été trouvées, et maintenant pour le sauvetage des banques. Il note "suprême ironie" que "le coût total de la guerre d'Irak à ce jour est de 700 milliards de dollars, le même montant que l'administration demande pour acheter les mauvais crédits hypothécaires".

Francis Richard  

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 16:00

 

Le sauvetage des deux géants du crédit hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, par le Trésor américain, et qui va coûter cher aux contribuables – certains parlent d’au moins 200 milliards de dollars, voire plus si affinités – est le résultat inévitable de l’intervention de l’Etat américain sur le marché du crédit hypothécaire.

Dans une chronique publiée dans Le Figaro d’hier ( ici ), Vincent Bénard, président de l’Institut Hayek de Bruxelles ( ici ), remet les pendules à l’heure. Car que sont Fannie Mae et Freddie Mac ? Deux purs produits de l’interventionnisme de l’Etat américain.

Vincent Bénard fait d’abord un peu d’histoire : « (Fannie Mae) fut tout d’abord une agence gouvernementale, créée en 1938 par l’Administration Roosevelt, pour émettre des obligations à bas taux du fait de leur garantie fédérale, lesquelles alimentaient de liquidités un marché de prêts immobiliers à taux réduits accessibles aux familles les moins aisées ».

En 1968 l’Administration Johnson a privatisé Fannie Mae pour ne pas obérer davantage la capacité d’emprunt du Trésor confronté au financement de la guerre du Vietnam. En 1970,  l’Administration Nixon a cru bon de lui donner un concurrent en créant Freddie Mac, oubliant que la concurrence ne se décrète pas et qu’elle n’existe que dans la mesure où un nouvel acteur économique peut entrer sur le marché et y trouve son intérêt.

Vincent Bénard rappelle que ces deux organismes étaient de curieuses entreprises privées. Elles étaient « légalement tenues de s’occuper exclusivement de refinancement de prêts immobiliers sous contrôle de l’Etat fédéral, en contrepartie d’avantages fiscaux ». Ces entreprises n’avaient donc pas le choix de leur activité et n’étaient pas davantage libres de leurs stratégies.

A partir de 1992 « la tutelle de ces deux entreprises fut transférée au Département américain du logement (HUD) » lequel les a obligées à viser un objectif purement politique et démagogique, au mépris de l’économie, à savoir « l’augmentation du taux de propriétaires de logement parmi les populations à faible revenu, et notamment les minorités ».

De cette première intervention publique est résulté une augmentation du volume et de la proportion de crédits subprime, conséquemment une augmentation de la prise de risques des deux établissements, prise de risques camouflée par l’exemption « en toute légalité de dévoiler trop en détail leurs expositions ».

Ce manque de transparence a encouragé les banques émettrices des crédits subprime « à ne pas se montrer trop regardantes sur les prêts qu’elles consentaient puisqu’il y avait deux refinanceurs à la bourse grande ouverte derrière ».

Cette analyse rejoint celle de Guido Hülsmann sur la bouée étatique, publiée par l’Institut Constant de Rebecque au début du mois de juin dernier (voir mon article La bouée étatique à l'origine de la crise financière  ). Quand vous avez la certitude que l’on viendra à votre secours si les choses tournent mal vous finissez par prendre des risques que vous n’auriez pas pris autrement.

Une deuxième intervention publique a perverti le marché. Des études ont montré que les refus de prêts étaient plus nombreux chez les Noirs et les Hispaniques que chez les Blancs et les Asiatiques. Au lieu d’attribuer ces refus à une moindre richesse, donc à une moindre capacité d’emprunt, des lobbies y ont vu « un prétendu racisme financier ».

Du coup la loi antidiscriminatoire de 1977 a été modifiée en 1995 « pour rendre plus ardu le refus de crédit aux minorités par les banques, sous peine de sanctions renforcées ». Ces dernières ont donc accordé davantage de prêts à des personnes peu solvables, ce pour le plus grand malheur de ces personnes.

L’Etat a certes permis par ses interventions à un plus grand nombre un accès plus rapide à la propriété, mais il « a poussé à l’irresponsabilité les acteurs de la chaîne de crédit ». Il a alors suffi que la conjoncture économique se retourne pour multiplier les défaillances d’emprunteurs, pour les acculer à la faillite et, par contagion, pour mettre en péril tous les investisseurs institutionnels.

La perversion du marché s’est résumée par ce cocktail détonnant : bénéfices privatisés, pertes collectivisées. C’est-à-dire par le règne de l’irresponsabilité. Tout le contraire de la libre économie.

Francis Richard

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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Profil

  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

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