Mardi l'annonce de la fusion-absorption de Sunrise par Orange a fait bruisser les gazettes helvétiques. Ce n'est pas encore fait, mais cela
devrait se faire. Déjà en effet elles s'interrogent doctement, telle 24 Heures sous la plume de Philippe Rodrik [la photo
ci-contre illustre son article ici] :
"Y aura-t-il vraiment plus de concurrence avec deux opérateurs qu'avec trois?"
Quelles sont les forces en présence ? Aujourd'hui il y a trois acteurs économiques sur le marché de la téléphonie mobile : Swisscom, Sunrise et Orange.
Swisscom a longtemps détenu le monopole d'Etat de la téléphonie en Suisse, lequel s'est "terminé" il y a près de neuf ans en arrière avec
l'ouverture réglementée du marché de la téléphonie mobile, puis plus récemment, quoique partiellement, de la téléphonie fixe.
A l'époque de cette ouverture, en décembre 2000, l'Etat a mis aux enchères quatre licences et n'a trouvé que quatre enchérisseurs pour concourir, bien que le prix soit
finalement modique en comparaison de la pratique étatique des autres pays européens en la matière.
Au bout de deux ans les opérateurs n'étaient plus que trois. Demain ils ne seront plus que deux, vraisemblablement. Encore que l'Etat ait son mot à dire sur la fusion projetée et peut
théoriquement la rejeter. La Commission fédérale de la communication (ici) et la
Commission de la concurrence (ici)ont en effet cinq mois pour se prononcer.
Il faut savoir que Orange Suisse et Sunrise sont deux entreprises privées. En effet Orange Suisse est une filiale de France-Telecom, dans le capital duquel l'Etat français
ne détient plus que 26,7% des actions; Sunrise est une filiale de TDC, qui est détenue à 87,9% par cinq fonds d'investissement spécialisés dans les
télécommunications. L'actionnaire principal de Swisscom est toujours la Confédération helvétique, 57%. Qui est donc juge et partie.
Swisscom génère 12 milliards de chiffre d'affaires. Réunis, Orange et Sunrise ne pèseront que 3,1 milliards de francs face au géant des communications suisse, qui aura bénéficié trop longtemps,
pour être vraiment menacé, d'une situation de monopole.
Dans le domaine de la téléphonie mobile les fronts sont figés. Swisscom détient 62% du marché avec 5,543 millions de clients à comparer aux 1,850 millions de Sunrise, 21%, et aux 1,566
millions d'Orange, 17%. En terme d'effectifs la disproportion est encore plus grande. Il y a 19704 employés au total chez Swisscom, toutes activités confondues, 1500 chez Sunrise et 1147
chez Orange.
Victor Fingal, dans Le Matin, pense (ici) que "deux opérateurs uniques et de grande taille n'ont aucune raison de diminuer les prix et les prestations".
François Pilet dans Le Temps ironise (ici):
"Vous aviez aimé le duopole Coop et Migros? Voici celui de la téléphonie mobile. A une différence près. Ce dernier-né promet de régner sur un marché encore plus
verrouillé que le premier."
Tous les commentateurs raisonnent comme si la concurrence ne pouvait exister que sur un marché au
plus grand nombre possible d'acteurs économiques. Ainsi trois opérateurs seraient-ils mieux que deux, quatre que trois, cinq que quatre etc. Or ce n'est pas le nombre d'acteurs
économiques sur un marché qui compte, mais la liberté d'y entrer.
Même un monopole privé n'empêche pas la concurrence. Il ne subsiste qu'aussi longtemps qu'il est le seul à être capable de satisfaire les besoins des consommateurs. Cette situation ne dure en
général pas indéfiniment s'il est possible d'entrer librement sur le dit marché.
Comme on l'a vu l'entrée sur le marché suisse de la téléphonie n'a jamais été libre. L'Etat est intervenu en accordant à tel ou tel opérateur une licence, il a protégé l'entreprise
dont il est l'actionnaire principal en fixant des règles qui étaient défavorables aux concurrents qu'il lui avait choisis - je pense au dernier kilomètre de téléphonie fixe, qui reste
l'offre exclusive de Swisscom aux autres opérateurs -, il peut encore refuser la fusion entre Orange et Sunrise.
Dans ces conditions il est surprenant que l'éditorial de l'AGEFI (ici) de ce jour commence
ainsi :
"La création d'un véritable duopole de la télécommunication en Suisse n'est que l'aboutissement naturel d'une situation de concurrence voulue et assumée."
La suite de l'article démentant en grande partie le propos, repris en titre, j'imagine que son auteur a commis un lapsus aggravé... et voulait parler de "situation
de non-concurrence voulue et assumée".
Francis Richard
Nous en sommes au
495e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani, les deux otages suisses en Libye

Tant que
l'Italie se tenait tranquille il n'était pas besoin de tirer sur cette ambulance économique. Seulement avant-hier, mardi 27 octobre 2009, elle a montré son vrai visage, celui du
cancre de l'Europe, qui ne supporte pas la réussite d'un voisin mieux loti - l'Etat y est tout simplement moins gourmand - et ne s'interroge pas sur le
pourquoi de ses propres échecs, patents et répétés.
Depuis des années
la France est déficitaire. Elle vit à crédit. Elle tire des traites sur l'avenir. N'importe quel ménage, ou n'importe quelle entreprise, qui se comporterait ainsi serait mis en
faillite. Cela dure depuis 35 ans. Les Français se sont habitués à cet état de choses. Ils ne pensent même pas que l'Etat, multiforme et monstrueux, puisse engendrer autre chose que des
déficits.
L'Institut Constant de Rebecque (
Le week-end dernier la France qu’on n’aime pas s’est déchaînée. La chasse aux évadés de la prison fiscale qu’est devenue la France a été ouverte. Eric Woerth s’est
enorgueilli que les noms de 3'000 évadés du fisc lui aient été révélés et Martine Aubry [photo ci-contre tirée de 24 Heures
Le collectif pour une relance durable (
L'
La Commission européenne a publié aujourd'hui (
Pour la Commission les régimes
d'imposition, tels que ceux de la Suisse, qui octroient aux sociétés des avantages par rapport aux régimes d'imposition pratiqués dans l'Union européenne, constituent
des "
Le 2 avril, à Londres, a eu lieu le sommet du G20. Comme date symbolique, le 1er avril avait été soigneusement évité. Car ce n'est pas une
farce qui s'est jouée mais une tragédie pour tous ceux qui sont épris de libertés.
L'Institut Constant de Rebecque ( 
Nicolas Sarkozy a déclaré lors du sommet de Berlin du 1er mars (photo ci-contre, tirée du Figaro du 4 mars et illustrant l'article intitulé
Les Européens veulent sanctionner les paradis fiscaux
/http%3A%2F%2Fwww.wikio.fr%2Fshared%2Fimages%2Fadd-rss.gif)

/http%3A%2F%2Fstatic.technorati.com%2Fpix%2Ffave%2Ftech-fav-1.png)