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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 00:15

Génie christianisme HAROUELRené de Chateaubriand avait tout faux, enfin, presque tout faux. Le fait est que le génie du christianisme n'était pas là où il le croyait.

 

Il avait envisagé le christianisme "sous ses aspects poétiques et moraux", puis il l'avait étudié "sous ses rapports philosophiques et historiques". Mais il était passé à côté de ce qui fait le vrai génie du christianisme.

 

Pourquoi?

 

"Il était trop poète et pas assez sociologue, ce qu'il ne faut pas regretter. Les sociétés modernes produisent plus aisément des sociologues que des Chateaubriand!"

 

Ce qui fait le vrai génie du christianisme?

 

C'est Fustel de Coulanges, dans son célèbre livre La cité antique, qui l'a mis en évidence:

 

"Il montre que l'immense apport historique du christianisme a été d'opérer la disjonction du politique et du religieux, de permettre la séparation du spirituel et du temporel, et que cela a été le creuset de la liberté de l'individu, d'où est née la société moderne."

 

Deux phrases du Christ sont à l'origine de cette distinction, à laquelle il faut rapporter "l'invention par l'Europe occidentale - et non par d'autres grandes civilisations - du progrès technique et du développement économique, dont bénéficie aujourd'hui une grande partie de l'humanité":

 

"Mon royaume n'est pas de ce monde."

 

"Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu."

 

Les autres grandes civilisations, qu'il s'agisse de la civilisation grecque, chinoise ou musulmane, se sont en effet révélées incapables d'une telle invention. Il leur a manqué ce qui fait la spécificité du christianisme par rapport aux autres: la place qu'il laisse à la liberté de l'individu, préalable au progrès technique et au développement économique.

 

Au dualisme chrétien, Jean-Louis Harouel oppose leur monisme, c'est-à-dire leur forte intrication du temporel et du spirituel, qui s'est révélée complètement inhibitrice.

 

Le christianisme, par ce dualisme qui le caractérise et qui distingue le royaume céleste du royaume terrestre, est d'ailleurs paradoxal, puisqu'il porte en germe la possible sortie de la religion:

 

"Le christianisme est la seule religion qui, en engendrant un processus de sécularisation, ait préparé les esprits à se passer du divin à l'échelle de sociétés entières. Le christianisme est la civilisation qui a produit l'homme sans Dieu, libéré de la religion."

 

C'est pourquoi, les plus anti-chrétiens, athées ou agnostiques, sans en avoir conscience, "appartiennent à la civilisation forgée par la religion chrétienne"...

 

Toutefois ce dualisme "qui fonde le christianisme a été historiquement une voie malaisée à suivre":

 

"Ce n'est que progressivement, et à travers bien des tâtonnements, des tensions et des convulsions, que se sont concrétisées l'antithèse des deux royaumes - celui des cieux et celui de la terre - ainsi que la différenciation de ce qui est respectivement dû à Dieu et à César."

 

L'auteur nous raconte qu'il y a eu ainsi, au cours de l'histoire de la civilisation chrétienne, tantôt volonté de prééminence du temporel sur le spirituel et tantôt volonté de prééminence du spirituel sur le temporel (césaropapisme et théocratie dans la version protestante).

 

Le dualisme chrétien a dû accomplir une longue marche, jalonnée de retours du monisme sous la forme, par exemple, de l'augustinisme politique (mission religieuse de l'Etat) et juridique (droit venu des cieux) ou du millénarisme (absorption messianique du politique par le religieux).

 

Au XXe siècle les religions séculières, le plus souvent politiques (Rousseau les avait inventées deux siècles plus tôt), ont également rejeté la distinction du politique et du religieux. Il en a été ainsi de ces religions politiques millénaristes que furent le communisme et le nazisme, avec les conséquences que l'on sait.

 

Aujourd'hui d'autres religion politiques, confondant le politique et le religieux, ont fait leur apparition et menacent les valeurs de la civilisation chrétienne.

 

En France, la religion séculière de l'humanité, religion d'Etat des nouveaux droits de l'homme, basés sur le principe primordial de la non-discrimination, a transposé la morale évangélique dans le droit:

 

"Or la morale évangélique, qui fonde cette religion, n'est pas porteuse de valeurs de durée. Elle ne vise pas à assurer la continuité des sociétés humaines. Les valeurs évangéliques sont des valeurs individuelles de progrès moral, de perfection morale, des valeurs de sainteté. Elles ne sont pas destinées à régir la vie sociale."

 

Cette religion d'Etat considère, à tort, l'immigration extra-européenne comme un nouveau droit de l'homme, inéluctable et positif:

 

"Sauf de manière ponctuelle et passagère, les pays européens n'ont pas besoin des immigrés extra-européens pour leur économie. Ce sont les immigrés extra-européens qui ont intérêt à venir en Europe pour obtenir des niveaux de vie incommensurablement supérieurs à ceux de leurs pays d'origine. Des niveaux dont ils bénéficient du fait de leur travail, mais plus encore du fait de la générosité envers eux de l'Etat providence."

 

Cette religion d'Etat se confond avec l'antiracisme:

 

"Se rattachant au millénarisme d'une humanité mondialisée aux individus interchangeables, l'antiracisme est une religion séculière, qui a pris le relais du socialisme et du marxisme. C'est une nouvelle figure de l'égalitarisme absolu, au nom de la réalisation du paradis sur terre."

 

Cette religion d'Etat est "imposée sous la menace de lourdes sanctions judiciaires" (c.f. les lois Pleven, Gayssot, Taubira, etc.):

 

"La punition judiciaire du blasphème et du sacrilège est de retour. C'est une immense régression par rapport au droit pénal du XIXe siècle et du premier XXe siècle., qui ignorait délibérément les fautes contre la religion, au nom de la distinction du spirituel et du temporel."

 

Aussi cette religion d'Etat est-elle despotique, liberticide, et paralyse-t-elle des nations entières, qui l'ont adoptée, comme la France:

 

"Une véritable neutralité de l'Etat doit être rétablie envers toutes les religions. L'Etat ne doit être au service d'aucune religion - y compris séculière - si on veut espérer sauver l'avenir des nations européennes et la liberté de l'esprit qui leur est historiquement inhérente.

 

Née de la distinction chrétienne du spirituel et du temporel, la liberté absolue de la pensée inventée par l'Occident est sans doute le plus précieux patrimoine de l'humanité."

 

Francis Richard

 

Le vrai génie du christianisme, Jean-Louis Harouel, 270 pages, Jean-Cyrille Godefroy

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 23:55

Club Courbet 23.03.2013Le 23 mars 2013, le Club Courbet, présidé par Douce de Franclieu, a organisé à Paris, avec le soutien d'Euro92 et du Café Liberté, une conférence sur le thème: De la théorie du genre à la famille.

 

Les conférenciers étaient deux philosophes de la mouvance libérale, Philippe Nemo et Drieu Godefridi.

 

Godefridi a parlé de la théorie du genre et Nemo de la famille mise en danger par la théorie du genre.

 

Qui est à l'origine de la théorie du genre?

 

En 1990, Judith Butler publie un livre, Trouble dans le genre, qui a un succès considérable. Ayant souffert de disqualification sociale en raison de ses prédilections sexuelles, elle élabore cette théorie dans le but de donner un fondement aux revendications homosexuelles.

 

Que dit la théorie du genre?

 

Le modèle dominant de la sexualité est celui d'un donné de base naturel, le sexe, qu'enveloppe une gangue culturelle. Celle-ci, en 2013, n'est, par exemple, pas la même que dans les années 1950.

 

Or, selon Judith Butler, le genre produit le sexe, et non le contraire; le sexe est une réalité culturelle, et non naturelle; le modèle dominant n'est pas le fruit du hasard.

 

L'hétéronormativité et le phallogocentrisme proviennent du tabou de l'inceste, qui inclut aussi un tabou de l'homosexualité. Le sexe, le désir, la domination universelle de l'homme ne sont que des conventions. En réalité il n'y a pas de masculin ni de féminin. Car le réel est intégralement sous la dépendance du langage.

 

A quoi conduit la théorie du genre?

 

A expurger tout ce qui est masculin et féminin, à ne plus parler de maternité et à instaurer le mariage gay.

 

Comment la théorie du genre se traduit-elle?

 

Par un véritable empire législatif. Concrètement, il s'agit de:

 

- la loi espagnole de 2004 contre les violences de genre, où l'auteur ne peut qu'être un homme et la victime une femme;

- la loi française de 2010 contre toutes les formes de violence à l'égard des femmes, y compris la violence psychologique (un silence persistant et méchant, un regard méchant, par exemples) et la violence économique;

- la convention d'Istanbul de 2011, concoctée par l'a-démocratique Conseil de l'Europe, contre les actes de violence fondés sur le genre (dont seuls les hommes sont capables): les Etats membres doivent mettre en place des dispositifs de dénonciation anonyme et relever du secret professionnel les médecins dès le moindre soupçon d'actes de violence psychique.

 

La théorie du genre peut-elle être réfutée?

 

Pour ce qui concerne les liens entre la réalité et le langage ou la prévalence universelle du phallogocentrisme, les discussions peuvent être infinies. Il n'y a pas réfutation possible. Alors qu'est réfutable de dire qu'il n'y a aucune naturalité dans le sexe ou qu'il n'y a pas de différence des sexes.

 

Quel est le terme logique de la théorie du genre?

 

Sa célébration de l'échange intergénérationnel des plaisirs sexuels conduit à la polygamie, à l'inceste, à la pédophilie...

 

L'appareil juridique qui s'en réclame aboutit à l'arbitraire de l'expertise et ne vise que les hommes. Seuls les hommes justement seraient atteints par la perversion narcissique, concept inventé par Paul-Claude Racamier, qui rencontre là la théorie du genre et qui désigne, en fait, avoue Racamier, les agissements pervers de trois ambitieux qui voulaient prendre sa place à la tête de l'institut de psychanalyse qu'il dirigeait...

 

Philippe Nemo rappelle que la neuro-biologie constate qu'il y a une réelle différence entre homme et femme et que leurs cerveaux sont différents. 

 

En fait, avec la théorie du genre, il s'agit d'attaquer pour la nième fois la famille classique que les collectivistes, tels Marx, Engels ou Owen, voulaient remplacer par la grande famille sociale ou société solidaire.

 

Le démantèlement de la famille s'est fait progressivement. L'interdiction du divorce a été suivie par le divorce dans certains cas, puis par consentement mutuel, enfin, maintenant, par décision d'un des conjoints.

 

Pour justifier ce démantèlement, la liberté individuelle est invoquée, mais le résultat est que la civilisation en est transformée. Au bout du compte il s'agit de renoncer à une institution qui a fait ses preuves au cours du temps, pour permettre l'apparition de l'homme nouveau qu'appelaient de leurs voeux les nazis et les communistes.

 

Pour en revenir à l'homosexualité, le problème n'est pas de l'autoriser - elle doit, sans conteste, être admise -, mais d'en faire une norme, alors qu'elle doit être considérée comme une marge. L'humanité a toujours connu des marges. De même, en biologie, il y a des archétypes et il y a des marges.

 

La divergence ne doit pas être la norme. Par exemple, tous les enfants doivent aller à l'école. Cela ne veut pas dire que l'on doive faire des mauvais élèves la norme aux dépens de tous les autres.

 

Dans toutes les sociétés, de tous temps, la norme de la famille est composée d'un père, d'une mère et d'un enfant. Cette norme admet beaucoup de marges, mais ces marges sont gérées dans la mesure où l'anomalie ne dure qu'une génération, sinon la désagrégation sociale se produit inévitablement.

 

Dans la conception libérale il faut libérer l'individu, mais, la limite, c'est la famille. John Locke disait que la loi devait être égale pour tous. Cela suppose que le sujet possède la raison. Or un enfant, un adolescent doivent se construire avant de devenir adultes et c'est au sein de la famille que se trouve le réseau stable pour construire leur personnalité. La durée de la famille à travers les âges s'explique ainsi.

 

La loi Taubira, instituant le mariage pour tous, est en fait une loi fasciste dirigée contre l'enfant, être sans défense. Qui va se retrouver très vite avec une ribambelle de parents et devenir une proie plus facile, parce que fragilisée, pour ceux qui veulent régénérer l'enfant par l'école, tel un certain Vincent Peillon, l'auteur ineffable de La Révolution française n'est pas terminée.

 

Francis Richard

 

A lire sur le sujet:

 

De la violence du genre à la négation du droit, Drieu Godefridi, 160 pages, Texquis

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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