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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 22:55

we-are-pigeons.jpgLe vendredi 28 septembre 2012, le gouvernement normal-socialiste français présente sa facture fiscale pour l'année 2013.

 

A qui, entre autres? Aux entrepreneurs de PME de croissance. Le gouvernement n'a rien trouvé de mieux que d'aligner les revenus du capital sur ceux du travail, par ... équité fiscale.

 

Dans La Tribune, le même jour, Jean-David Chamboredon, qui est co-fondateur d'un fonds de capital-risque, ISAI, pousse un coup de gueule:

 

"Je voudrais [...] parler ici de l'alignement de l'imposition des revenus du capital avec ceux du travail qui conduira, par exemple, un entrepreneur cédant son entreprise après 10 ans de labeur, d'incertitudes, de hauts et de bas, de semaines de 70 heures... à payer 45% (taux marginal de l'IRPP) +15,5% (CSD/CRDS) soit plus de 60% sur la plus-value de cession. Nous sommes ici dans le dogme anti-capitaliste, l'anti-économique, le "brisage de rêve", la démotivation quasi-sadique, le "je-ne-sais-quoi-qui-donne-la nausée""...

 

Ce coup de gueule est répercuté sur les réseaux sociaux. Le Mouvement des pigeons  est né, lancé par des entrepreneurs du Web, auquel Jean-David Chamboredon apporte son soutien. Il fait un véritable buzz sur Facebook . Il compte aujourd'hui près de 65'000 amis sur le réseau social, qui se mobiliseront jusqu'au vote final du projet de loi de finances 2013 au Parlement.

 

Entre-temps le gouvernement recule d'un pas pour mieux plumer les pigeons:

 

"Les cessions réalisées en 2012 (la mesure est rétroactive), 2013 et 2014 pourront bénéficier d'un système de quotient variable en fonction de la durée de détention. Après 2015, les entrepreneurs pourront aussi bénéficier d'un abattement (à l'assiette de l'IR) indexée sur le temps de détention des parts. Il ira jusqu'à 40% pour une durée de détention de douze ans.", explique Solenn Poullennec sur agefi.fr du 4.10.2012.

 

Dans La Tribune du 5.10.2012, Sandrine Cassini précise:

 

"Il y aura trois natures d'évolution", a indiqué Pierre Moscovici. Tout d'abord, il y aura une amélioration du système d'exonération des entrepreneurs qui réinvestissent les plus-values de cession dans des nouvelles activités. L'exonération sera calculée à la hauteur de son investissement, "soit 100% s'il réinvestit la totalité", a précisé le ministre. Autre aménagement: s'il ne réinvestit pas sa participation, l'entrepreneur qui cède ses parts sera taxé au niveau actuel, soit 19% sur les plus-values (hors CSG-CRDS). Reste maintenant à donner une définition exacte de la notion d'entrepreneur."

 

Le Point du 9.10.2012 note:

 

"Pour en profiter, la participation dans l'entreprise devra dépasser un certain seuil (par exemple 15 %) pendant une période minimale. Ceux qui détiendront moins de 10 à 15 % du capital seront donc bien imposés au barème de l'impôt sur le revenu selon Les Echos."

 

Dans un entretien accordé au Figaro  du samedi 6 - dimanche 7 octobre 2012, Jean-David Chamboredon résume la rectification de tir très partielle du gouvernement:

 

"Pour reprendre l'image des pigeons, c'est comme s'il avait dit "je vais vous plumer entièrement" et après qu'il concédait, "non, tout sauf la tête".

 

Il explique pourquoi l'écosystème des PME de croissance reste menacé. Celui-ci repose sur les quatre piliers que sont les créateurs, les salariés "qui doivent être associés au capital", les business angels "qui mettent leur argent personnel" et les fonds de capital-risque "qui accompagnent la croissance".

 

Or si le gouvernement a fait un geste envers les créateurs, sans d'ailleurs définir fiscalement ce qu'est un créateur, Jean-David Chamboredon remarque que "le jeu n'en vaut plus la chandelle pour les business angels, qui ont une chance sur deux de perdre de l'argent et vont désormais subir un prélèvement marginal de 60% en cas de succès":

 

"Le gouvernement a proposé d'accélérer le planning d'abattement en fonction de la durée de détention des parts: 12 ans c'est deux siècles Internet!"

 

Quant aux gens qui gèrent des fonds de capital-risque, ils "sont susceptibles dans le projet actuel d'être taxés entre 80% et 95%" alors qu'ils investissent leur propre argent dans un secteur très risqué...

 

Pierre Moscovici prétend vouloir protéger les entrepreneurs. Jean-David Chamboredon lui répond comme tout entrepreneur digne de ce nom:

 

"Nous ne voulons pas être protégés!"

 

Le fonds ISAI, dont il est co-fondateur, investit depuis 13 ans dans l'Internet en France. Après l'éclatement de la bulle de 2001, les investisseurs comme lui ont été traités comme des lépreux, mais ils ont tenu bon, tout seuls, et aujourd'hui les start-up de ce secteur créent chaque année des dizaines de milliers d'emplois en France:


"C'est le dernier ascenseur social qui fonctionne en France. Cela explique ma tribune assez "lyrique" le 28 septembre. Je vais continuer à me battre pour cela!", conclut Jean-David Chamboredon.

 

C'est évidemment une attitude incompréhensible pour un ministre socialiste qui n'a jamais créé ni dirigé une entreprise de sa vie...

 

Francis Richard

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 20:50

Hervé Mariton Aix 2012Ils sont 13, tous membres de l'UMP, dont 12 députés, 13 comme les convives de la Cène, avant la trahison de Judas. Ils ont constitué un groupe, Réforme et Liberté. Ils se disent libéraux et conservateurs. Quelle audace!

 

Le 21 août 2012, ils ont lancé médiatiquement leur groupe et annoncé le dépôt au congrès de leur parti d'une motion qu'ils ont baptisée LORE ici, pour Liberté Ordre République Espoir.

 

Trois de ces 13 avaient répondu favorablement à l'invitation de la 33e Université d'été de la Nouvelle Economie ici à Aix-en-Provence: Etienne Blanc, Hervé Mariton et Michèle Tabarot. Mais seul Hervé Mariton a fait le déplacement...

 

Les propos du député UMP de la Drôme n'ont guère convaincu l'assistance, composée, il est vrai, de davantage de libéraux que de conservateurs...

 

En analysant la motion LORE, force est de reconnaître, hélas, que la première impression des participants à l'Université d'été d'Aix-en-Provence était la bonne. C'est ce que j'explique dans un article que lesobservateurs.ch publient ce jour.

 

Francis Richard

 

Article mis à jour le 11 septembre 2012, après le commentaire judicieux de Thierry Jallas (j'avais écrit: "13 comme les apôtres" au lieu de "13 comme les convives de la Cène"...). 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 13:50
Sécu comment faire mieuxPatrick de Casanove est un médecin de famille français. Dans sa pratique il est confronté à ce monstre étatique qu'est la Sécu.
 
Ce qui l'a poussé à écrire un livre où il montre comment il est posssible de faire mieux qu'actuellement. Il est difficile de faire plus mal...
 
Son ambition n'est pas de proposer des solutions à tous les problèmes de santé, mais de fournir la clé susceptible de débloquer la situation, ce qu'il appelle le passe, fondé sur ces trois piliers que sont la liberté, la responsabilité et la confiance.
 
Patrick de Casanove commence par reproduire un texte de Frédéric Bastiat, tiré des Harmonies économiques , où l'économiste landais dépeint dans le détail, en 1848 - vous avez bien lu, en 1848 ! -, ce que seront un siècle plus tard la Sécu et son échec annoncé.
 
Puis l'auteur dresse le constat de cet échec, qui est celui d'un Etat qui s'occupe de tout - il capte toutes les ressources et décide de toutes les prestations - et dont les commis justifient le monopole public de la Sécurité Sociale par le fait que les gens sont "des irresponsables, incapables de la moindre prévoyance et inaptes à se prendre en charge". On n'est pas plus méprisant!
 
Cet échec est la conséquence d'une faute de conception que Frédéric Bastiat, encore lui, avait relevé dès 1850 dans La Loi :
 
"La chimère du jour est d'enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres; c'est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l'organiser."
 
Le résultat mirifique de cette chimère est que le système de sécurité sociale français, présenté comme un modèle exceptionnel à nul autre pareil dans le monde, "prend de plus en plus, rembourse de moins en moins, personne ne sait s'il sera soigné, personne ne sait s'il bénéficiera d'une retraite de qualité".
 
En fait c'est plutôt à l'individu de décider:

"Les professionnels de santé, les patients, sont chacun en ce qui les concerne, confrontés à des ennuis de santé inhérents à la vie. Ils affrontent également des problèmes de protection sociale, la solution est de les laisser régler cela à leur niveau."
 
Comment? Par l'échange, plus précisément, en matière de protection sociale, par l'échange de services.
 
Le secteur de la Santé est un secteur économique comme un autre, n'en déplaise aux utopistes. Il obéit à la loi de l'offre et de la demande. Comme dans tous les secteurs économiques, les besoins - ici, besoins de soins - ne peuvent être satisfaits que dans une société d'abondance, où les nouvelles technologies s'épanouissent et où les innovations se multiplient sans être bridées par l'Etat.
 
Dans un échange librement consenti, qui repose donc sur la confiance, chaque partie trouve son compte en poursuivant son intérêt personnel. En France, en matière de santé, la liberté de choix est pourtant refusée au profit de la coercition exercée par l'Etat:
 
"L'Etat prend aux uns pour donner aux autres et les sommes prélevées sont immédiatement dépensées. Il n'y a pas d'épargne, ni de trésorerie. C'est de la cavalerie. Il ne peut y avoir d'équilibre et encore moins d'excédent."
 
Le contraire de ce qui se passe dans une économie libre où l'épargne générée est massive, ce qui est bénéfique non seulement pour le domaine de la santé, mais aussi pour l'économie toute entière.
La Sécu est en définitive un système de solidarité publique bien moins efficace que la charité privée, parce qu'elle déresponsabilise:
 
"La solidarité forcée n'a aucune valeur. Elle est destructrice de richesses matérielles et de richesse morale, parce qu'elle crée l'indifférence et détruit la responsabilité personnelle."
 
A contrario, dans le cas de la charité privée, qui, par exemple, est très développée aux Etats-Unis, où les grandes fortunes créent des fondations:
 
"Les personnes aidées sont rigoureuses car elles savent qu'en cas de gaspillage, corruption, absence de résultat, l'aide sera suspendue. Elles n'ont pas de pouvoir de chantage sur le donateur privé parce qu'elles ne l'ont pas élu, il ne dépend pas de leurs voix pour survivre."
 
Certes le monde est imparfait et la malhonnêteté existera toujours, mais il n'en est pas moins vrai que la malhonnêteté est intrinsèque à toute forme de collectivisation, telle que la Sécu:
 
"Tout règlement engendre une fraude, plus il y a de règlements plus il y a de fraude. Plus la contrainte est grande, plus il y a de fraude parce que cela s'oppose au naturel. C'est plus facile d'obtenir un bien ou un avantage du pouvoir politique que par son mérite et son travail."
 
Quant aux gaspillages ils proviennent du détournement de sommes gigantesques qui sont enlevées au libre choix des gens et livrées à l'arbitraire des politiciens. La spoliation légale, la contrainte légale sont-elles morales? Evidemment que non. Seule est morale la liberté de faire ce que l'on veut avec ce que l'on a, dans le respect, bien entendu, de tous les droits naturels d'autrui.
 
L'auteur sait bien qu'en France la Sécu est un sujet tabou. Pourtant la Sécu n'atteint pas son objectif de "permettre à tous de rester en bonne santé et de bénéficier de soins de qualité en cas de besoin", parce que l'Etat décide arbitrairement "qui sera soigné, comment et pour quoi".
 
Il faut libéraliser, privatiser, tourner le dos à l'Etat providence, qui se traduit par des lois et des règlements envahissants, des prélèvements obligatoires écrasants, des dettes massives, des déficits, des dépenses publiques sans cesse accrues. Il faut en conséquence permettre le libre-échange entre individus responsables de leurs soins.
 
L'auteur propose donc:
 
- de réduire l'Etat au minimum, celui des fonctions régaliennes: en France, où les prélèvements obligatoires représentent 56% du PIB, elles ne représentent qu'à peine 3% du PIB (1,5% défense, 1% intérieur, 0,4% justice)...
- de rendre aux Français leur salaire complet, c'est-à-dire sans être amputé des cotisations sociales, salariales ou patronales: ils choisissent alors en matière d'assurance maladie et de retraite leurs prestataires mis en concurrence
- de libérer la propriété foncière et immobilière: les règlements de toutes sortes engendrent pénurie et cherté
- de réduire les prélèvements obligatoires au strict minimum: contribution unique et proportionnelle, c'est-à-dire "une fiscalité faible, proportionnelle, fiable, simple et claire", pour financer les fonctions régaliennes et un filet de sécurité, dont "bien peu de personnes auront besoin" dans une société libre.
 
Ces éléments réunis il sera possible de privatiser la protection sociale, de la mettre en concurrence avec le secteur privé et de rembourser pendant une période de transition la phénoménale dette sociale.
 
Patrick de Casanove propose concrètement dans le dernier quart de son livre l'adoption d'une charte, "panier de soins, de prestations, socle de la protection sociale", la création d'un compte épargne santé.
 
Il souligne les bienfaits de la concurrence non seulement dans le choix des couvertures de risques et des différentes médecines, mais aussi dans le choix des médicaments et des médecins, dont les prix doivent pouvoir être fixés librement.
 
Est-ce utopique que de vouloir libérer les Français de leur culte séculaire rendu à l'Etat?
 
"Leur étatisme est héréditaire, il n'est en aucun cas génétique." répond Patrick de Casanove.
 
De par son impact, une telle réforme du système de santé, mise en oeuvre rapidement, pourrait bien lui porter un coup fatal. C'est pourquoi le livre de Patrick de Casanove est à diffuser largement, sans modération.
 
Francis Richard

Sécu: comment faire mieux, Patrick de Casanove, 176 pages, Tatamis ici 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 04:00

Arnaud MontebourgArnaud Montebourg se fait soviétiquement appeler Ministre du Redressement productif. Ce qui nous ramène aux heures les plus sombres de l'histoire de la Russie.

 

Depuis sa montebourde en matière d'échanges commerciaux entre la France et la Corée du Sud, il pourrait bien se voir appeler le redressé improductif.

 

Après sa sortie intempestive ici [d'où provient la photo] lors de l'Université d'été du PS, sur le dumping inacceptable que les constructeurs d'automobiles coréens pratiqueraient à l'encontre des constructeurs d'automobiles français, le ministre a atteint, conformément au Principe de Peter, son plus haut niveau d'incompétence. Qui n'est pas très haut.

 

Sur le sujet, une sévère leçon a été donnée au chantre de la démondialisation par le porte-parole du constructeur coréen Hyundai. C'est ce que je souligne dans un article publié hier par lesobservateurs.ch.

 

Francis Richard

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 18:35

Le port et la ville d'HydraL'oppression fiscale est une manière éprouvée de pousser les petites gens à la révolte.

 

Dans ma tête défilent quelques révoltes de ce genre, qui, au cours de l'histoire, les ont poussés à s'en prendre physiquement aux collecteurs d'impôts. De celle des Maillotins sous Charles VI à celle des commerçants et artisans de Gérard Nicoud dans les années 1970.

 

Les médias français et romands, tels Le Figaro ici [d'où provient la photo] ou Le Matin ici, viennent de tous nous conter la même histoire d'un contrôle fiscal qui aurait viré à l'émeute sur l'île grecque d'Hydra. Pour ce faire ils ont tous, avec une belle unanimité, reproduit les mêmes phrases, tirées vraisemblablement de la même dépêche d'agence, et cité le même analyste politique, sans le moindre esprit critique.

 

Un peu plus curieux l'excellent Contrepoints.org donne ici une version des faits quelque peu différente à partir d'un article ici, paru dans Athens News, quotidien grec de langue anglaise. Cette histoire emblématique m'a inspiré quelques commentaires qui sont publiés aujourd'hui par lesobservateurs.ch.

 

Francis Richard

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 10:45

Ces-mythes-qui-ruinent-la-France.jpgLe mois dernier tout le beau monde socialiste s'est levé d'un bond ici quand Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot-Citroën, a mis en cause le coût du travail en France lors de sa décision de licencier 8'000 personnes et de fermer Aulnay. L'argument était facile et il était faux.

 

Or c'est tout lecontraire. Dans l'excellent livre que consacre Alain Mathieu aux mythes qui ruinent la France, le président de Contribuables associés montre que le coût du travail est non seulement moins élevé en Allemagne qu'en France, mais encore que les dépenses publiques y absorbent 10 points de moins du PIB.

 

C'est ainsi, dans mon article publié ce jour sur lesobservateurs.ch, que j'explique pourquoi, dans le couple franco-allemand, l'Allemagne porte la culotte.

 

Francis Richard

 

Ces mythes qui ruinent la France, Alain Mathieu, 194 pages, Les Editions du Cri ici

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 22:20

Jerome-Cahuzac.jpgAujourd'hui le Parlement français à majorité socialiste a mis la dernière main à la loi de Finances rectificative pour 2012.

 

Comme de juste les mesures fiscales-sociales adoptées sont typiquement socialistes.

 

Les impôts et taxes vont augmenter. Ce qui - on en conviendra -est une grosse surprise...

 

Il est vrai que les socialistes français sont imaginatifs en la matière. Jérôme Cahuzac [sa photo provient d'ici], ministre socialiste délégué au budget, en a fait la démonstration l'autre jour à l'Assemblée nationale. 

 

Pour réduire un déficit budgétaire, les socialistes expriment leur intention d'égratigner les dépenses publiques qui arrosent leur clientèle électorale, en se gardant bien de le faire, mais font payer les riches, en attendant de devoir faire payer les moins riches, puis les encore moins riches, puis tous les autres.

 

Comme on va le voir, ces mesures sont très efficaces pour tuer la croissance - que les socialistes prétendent relancer artificiellement et sectoriellement à coups de dépenses publiques supplémentaires, telles que les primes d'achat de voitures dites vertes.

 

Comme il faut motiver les riches qui sont les moteurs de toute croissance, il convient de les soigner personnellement et de les atteindre à travers leurs entreprises, histoire sans doute de leur donner envie de gagner davantage d'argent, lequel sera immédiatement englouti dans les gouffres financiers étatiques au lieu d'être investis.

 

Les socialistes ne conçoivent la solidarité que forcée. Inventeurs de l'Impôt de solidarité sur la fortune, qui a pris la suite du regretté Impôt sur les grandes fortunes, les socialistes ont décidé de revenir sur les allègements du barème de l'ISF 2012 et, finalement, d'appliquer en 2012 le même barème qu'en 2011.

 

Evidemment François II, comme je l'ai indiqué dans mon article Cameron aime les riches, Hollande non , n'est pas touché par cette mesure puisque son patrimoine déclaré est inférieur à 1,3 million d'euros... Avec 1,17 million d'euros de patrimoine il ne paiera pas 0,55% sur la tranche entre 800'000 euros et 1,3 million d'euros. Le pauvre...

 

Les veinards ce sont les quelques centaines de milliers d'assujettis à l'ISF. Ils ont aimé le nouveau barème concocté sous Sarkozy, ils vont adorer celui appliqué sous Hollande. A partir d'une fortune d'1,5 million d'euros jusqu'à 1,6 million d'euros l'augmentation est seulement de 20%, mais elle culmine à 240% à partir de 4 millions d'euros. Ce qui ne pourra que faire vibrer la fibre patriotique de ces contribuables et leur procurer une joie indicible, celle de participer au redressement productif fiscal... 

 

Au total cette contribution exceptionnelle sur la fortune va rapporter 2,3 milliards d'euros. Les contribuables intéressés par cette mesure seront heureux d'apprendre qu'il leur est demandé 32% des prélèvements obligatoires supplémentaires ponctionnés en 2012, qui atteindront la bagatelle pour un socialiste de 7,2 milliards. Ils sont donc gâtés. Evidemment ils pourront regretter les caprices de la météo politique, qui s'est jouée à moins de 1,5% des voix près le 6 mai dernier... 

 

Qu'ils ne s'inquiètent toutefois pas ! Tout est prévu pour leur confort fiscal, du moins pour les plus petits d'entre eux, les plus nombreux, ceux dont la fortune se situe entre 1,3 et 3 millions d'euros: ils n’auront aucune démarche à effectuer; ils recevront en octobre, sur le même avis d’impôt que leur ISF, le montant de leur contribution exceptionnelle sur la fortune, payable le 15 novembre 2012.

 

Les socialistes, à raison, n'aiment pas les niches, mais ils aiment bien en faire aux entreprises, de préférence sectoriellement: ils ont instauré une taxe exceptionnelle de 4% sur les stocks de produits pétroliers, créé une taxe due par certains organismes de crédit et doublé la taxe sur les transactions financières. Les socialistes s'en prennent ainsi à une énergie fossile et à la finance. C'est à la fois écolo et socialiste, un pur bonheur.

 

D'une manière plus générale, les stock-options et les dividendes ne trouvent pas davantage grâce à leurs yeux. Les taxes des stock-options et des distributions d'actions gratuites passent de 14 à 30% pour les entreprises et de 8 à 10% pour les bénéficiaires. Dès 2012, les dividendes distribués coûtent aux entreprises une contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés de 3% de leur montant. Ce sont les encouragements socialistes à la performance humaine et à l'épargne investie dans les entreprises...

 

Pour rendre les entreprises françaises encore plus compétitives les socialistes vont faire la chasse aux optimisations fiscales qu'ils considèrent comme abusives. Ils vont taxer l'épargne salariale à 20% au lieu de 8%, correspondant fictivement au forfait social à la charge de l'employeur, en réalité à la charge indirecte des salariés. Lesquels ne sont pas oubliés, puisque leurs heures supplémentaires ne seront plus exonérées de cotisations sociales s'ils ont le bonheur de travailler dans des entreprises de plus de 20 salariés...

 

Enfin pour améliorer la trésorerie des entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 250 millions d'euros, le délai de paiement de la contribution exceptionnelle égale à 5% de l'impôt sur les sociétés est raccourci...pour leur apprendre la ponctualité fiscale.

 

C'est à peu près tout pour cette année. L'an prochain, comme la croissance sera certainement au rendez-vous, il conviendra de taper plus fort et surtout plus large. Et pour ce faire il y a un prélèvement bien plus efficace que la TVA, sociale ou pas, supprimée avant même d'être en vigueur. C'est la CSG, la Contribution sociale généralisée. En effet un point de TVA ne rapporte que 6,5 milliards d'euros, tandis qu'un point de CSG, assise sur les revenus, rapporte 10 milliards...

 

Les socialistes se laisseront certainement tenter. Mais chut ! Il est encore trop tôt pour en parler. Ce sera la cerise sur ... ce qui restera du gâteau.

 

Francis Richard

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 18:10

Robert-Menard.jpgRobert Ménard [sa photo provient d'ici] est de ces journalistes anormaux - il n'est pas de gauche - dont les provocations sur I-Télé sont intolérables et ne seront plus tolérées par le régime de Normalie inauguré le 6 mai dernier par le camarade-président François Hollande.

 

Comment s'est-on débarrassé de ce provocateur de droite?

 

En suivant un scénario bien huilé, qui a déjà servi pour tenter d'éliminer complètement Eric Zemmour de RTL avec le renfort du CSA, l'autorité de censure audiovisuelle.

 

L'internaute intéressé lira avec profit l'article que je publie ce jour à ce sujet sur lesobservateurs.ch

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 20:00

Cameron-et-Hollande.jpgAvec un patrimoine déclaré de 1,17 million d'euros, François Hollande a beau appartenir aux 10% des Français qui ont un patrimoine supérieur à 552'300 euros, il n'en est pas moins homme...de gauche et n'aime donc pas les riches auxquels il préfère les gens, comme il le répète.

 

En tout cas, il sait gérer ses biens. La réforme de l'ISF, l'impôt sur la fortune, qu'il a promise aux gens, ne le touchera pas, puisqu'elle prévoit une tranche supplémentaire, allant de 800'000 et 1'300'000 euros, taxée à 0,55%, pour les patrimoines supérieurs à ... 1'300'000 euros.

 

Certes, il y a un petit risque que son patrimoine devienne un jour taxable. Les prix de sa maison de Mougins et des deux appartements de Cannes, dont il est partiellement propriétaire, pourraient bien valoir dans un avenir proche davantage qu'aujourd'hui, mais il sera alors toujours temps d'augmenter le seuil d'imposition...



Les riches socialistes sont en effet favorables à l'imposition de la fortune dans la mesure où ils peuvent y échapper. Laurent Fabius avait ainsi jadis exclu les objets d'art qui entraient à l'époque dans la composition de son propre patrimoine...

 

De même dans son projet présidentiel François Hollande prévoit une 6e tranche d'imposition sur le revenu:

  

"Je ferai contribuer les plus fortunés des Français à l’effort national en créant une tranche supplémentaire de 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part." (Engagement 15)

 

Or le revenu brut mensuel de François Hollande est, après réduction de 30% par rapport à celui de Nicolas Sarkozy, de 14'850 euros, dont une partie, l'indemnité de fonction, qui s'élève à 2'850 euros n'est pas imposable... Il ne se trouvera donc de toute façon pas dans cette tranche supplémentaire imposée à 45%...puisque son salaire net imposable sera automatiquement inférieur à ses 12'000 euros bruts par mois...



Comme François Hollande n'aime pas les riches, en tout cas pas ceux qui sont plus riches que lui, il a surenchéri le 27 février 2012 sur les engagements de son projet présidentiel en annonçant sur TF1 une nouvelle tranche sur les revenus supérieurs à un million d'euros, taxés cette fois à 75%.



Combien de contribuables, cela représente-t-il ? Environ 3'000...



David Cameron, le Premier ministre britannique, dont la photo avec François Hollande provient d'ici, qui a compris que les riches créent des richesses, sans quoi ils ne seraient pas riches, aime les riches. Hier, à Los Cabos, devant des dirigeants d'entreprise, en marge du G20, il a tenu ces propos :



"Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons plus d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni."

Au grand dam de ministres et d'élus socialistes, qui restent confits dans leur déni de réalité et ne comprennent pas que le matraquage fiscal des plus riches qu'ils s'apprêtent à opérer est une forte incitation pour ces derniers à voter avec leurs pieds.

Francis Richard

PS (post-scriptum...) du 20 juin 2012

Un ami m'écrit pour me dire que mon portrait de François Hollande est caricatural. Pourtant François Hollande a reconnu à plusieurs reprises qu'il n'aimait pas les riches. Ci-après un extrait de l'émission A vous de juger, sur France 2, où il était opposé le 8 juin 2006 à Michèle Alliot-Marie et où il dit : "Je n'aime pas les riches, j'en conviens." 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 22:55

Les-jeunes-socialistes.jpgLe Monde est le journal de référence de la gauche. C'est en quelque sorte son journal officiel.

  

Sur les législatives françaises le quotidien du soir ici [d'où provient la photo], publié dans l'après-midi et daté du lendemain, retient dix points, qu'il faut donc retenir :

 

1) La gauche majoritaire, majorité pour le PS seul

 

Or, d'après les chiffres du Ministère de l'Intérieur ici, la gauche obtient bien 341 sièges sur 577, dont les 10 du Front de Gauche et les 17 de Verts Europe Ecologie. Mais le PS tout seul n'obtient que 280 sièges...

 

Pour avoir la majorité absolue de 289 sièges, Le Monde ajoute aux députés PS les 12 Radicaux de gauche et les 22 Divers gauche, ce qui donne 314... Joli tour de passe-passe...

 

2) Hécatombe de personnalités à droite

 

Le système majoritaire est sans pitié...et amplifie de faibles déplacements de voix, conjugués à une forte abstention défavorable aux élus qui ne sont pas de gauche, c'est-à-dire, paraît-il, de droite.

 

3) Le FN envoie deux élus à l'Assemblée

 

Le Monde ne tombe pas dans l'hystérie collective de médias qui parlent, sans crainte du ridicule, du grand retour du FN... absent de la Chambre depuis 1997.

 

2 députés FN égalent 18% des voix

 

4) Les écologistes réussissent leur pari

 

Avec 17 députés élus ils réussissent surtout un exploit :

 

17 députés égalent 2% des voix

 

Les points 3) et 4), par leurs équations quasi inversées, sont symboliques de la démocratie représentative à la française ...

 

5) Royal nettement battue à La Rochelle, Lang perd dans les Vosges

 

Est-il bien nécessaire d'écraser une larme ?

 

6) L'échec de Bayrou signe celui du MoDem

 

Itou (voir point 5)

 

7) Le Front de gauche à la peine

 

Faut-il avoir de la peine pour ce front à la peine, qui comptait 19 députés et n'en compte plus que 10 ?

 

Le règlement de l'Assemblée pourrait subir une entorse pour lui permettre de constituer un groupe: ce serait symbolique de la démocratie rose à la française...

 

8) La Droite populaire perd la moitié de ses membres 

 

Comme Le Monde se réjouit de cette perte essuyée par ce collectif, peut-être convient-il d'en être peiné... d'autant que Christian Vanneste fait partie de ce lot.

 

9) Les ministres du gouvernement tous réélus

 

Tant pis pour eux. Ils seront doublement responsables...

 

10) La gauche crée la surprise chez les Français de l'étranger

 

Pas de quoi pavoiser, il n'y a eu que de 13 à 26% de votants dans ces 11 circonscriptions...

 

Comme on le voit, ces dix points sont sans importance.

 

Francis Richard

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 22:35

Eric-Zemmour-sur-RTL.jpgSur son blog de L'Express, au MRAP et à SOS Racisme qui ont dénoncé les propos tenus par Eric Zemmour à l'encontre de Christiane Taubira le mercredi 23 mai 2012, Renaud Revel apprend ici, le 26 mai suivant, comme pour les rassurer:

 

"Le chroniqueur de cette station ne sera plus à l'antenne de RTL, le matin, en septembre."

 

Cette décision aurait été prise de longue date selon le journaliste-blogueur, bien avant l'incident Taubira, "l'intéressé étant jugé clivant et partisan". Il ajoute: 

 

"Pour que cette décision n’apparaisse pas comme une sanction politique, depuis l’élection de François Hollande à l’Elysée, à l’égard de celui dont les opinions droitières sont connues, il avait été décidé de lui proposer d’intervenir à l’antenne le week-end: une voie de garage que les dirigeants de RTL auront le plus grand mal à expliquer après ce dernier accroc survenu vendredi."

 

Renaud Revel veut sans doute dire "survenu mercredi"...

 

Qu'a donc dit encore Eric Zemmour pour mériter tant de haine? Il a mis en parallèle d'une part l'urgence pour la ministre de la Justice de faire considérer le harcèlement sexuel comme un crime et les hommes comme des criminels, d'autre part l'urgence pour la ministre d'être compréhensive et compatissante avec les délinquants juvéniles "qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi parfois".

 

Le MRAP et SOS Racisme, qui existent surtout, sous couvert d'anti-racisme, pour empêcher les esprits libres de s'exprimer sur des sujets devenus tabous, ont aussitôt dénoncé le chroniqueur. Le premier a qualifié sa chronique de "haineuse, raciste et misogyne" et demandé au Conseil supérieur de l'audiovisuel d'"exercer sa mission" contre RTL. Le second, dans une tribune du Monde ici, sous la signature de son président, Dominique Sopo, parle de "la vision racialisée" d'Eric Zemmour et de "la sollicitude" de RTL qui permet à la "haine quotidienne" du chroniqueur de s'exprimer.

 

L'internaute pourra juger si ces reproches sont réellement fondés et si les propos du chroniqueur ne ressortissent pas, tout simplement, au genre polémique. En effet, ci-après, il pourra écouter l'émission d'Eric Zemmour du mercredi 23 mai 2012 et lire le script de cette chronique.

 

Quoi qu'il en soit, même si l'on ne partage pas les points de vue d'Eric Zemmour ou la manière qu'il a de les exprimer, la campagne menée contre lui par des organisations de gauche et par un hebdomadaire de gauche pour l'empêcher de parler alors que la gauche est largement dominante dans les médias et s'apprête à détenir le dernier pouvoir qui lui manque, le législatif, montre que la liberté d'expression est décidément réduite en France à une peau de chagrin. Les voix discordantes sont priées de se taire pour que l'ordre socialiste règne.

 

RTL dément prudemment ici qu'il soit question de retirer à Eric Zemmour sa chronique matinale:

 

"Aucune décision n'a été prise, fait savoir la direction de la station. La grille des programmes de la rentrée est en cours de révision. Il y aura des aménagements comme tous les ans, mais Éric Zemmour finit la saison comme prévu."

Cela n'est guère rassurant. Eric Zemmour finit la saison comme prévu - elle se termine fin juin -, mais en commencera-t-il une autre?

Francis Richard

Chronique d'Eric Zemmour du 23 mai 2012:

 

 

Script de cette chronique:

 

"Il faut combler le vide juridique. Il faut réprimer. Il faut sanctionner ce délit grave. Il faut défendre les victimes. Dès son arrivée place Vendôme, Christiane Taubira s’est montrée impitoyable. Avec des accents presque sarkozystes, elle s’est émue de la souffrance des victimes et a promis de pourchasser les bourreaux, d’être dure avec le crime et les criminels. Le crime, c’est le harcèlement sexuel, et les criminels, ce sont les hommes. La harceleuse sexuelle est une espèce encore rare et les plaintes d’hommes plus encore. Mais, interdit de rire, trêve de gaudrioles, de gauloiseries, de blagues lourdes, salaces, de mains baladeuses. Ce crime doit retrouver le chemin du code pénal, d’où le Conseil constitutionnel l’a sorti inconsidérément, et les harceleurs le chemin de la prison.

 

- Jusque là je ne vois pas où est le problème…

 

- Mais Christiane Taubira sait aussi redevenir douce et compatissante, compréhensive, une maman pour ses enfants, ses pauvres enfants qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi parfois. Ils sont encore des adolescents, mais certains sont des chefs de gang redoutés. D’autres sont encore apprentis, mais ils apprennent vite. Le trafic de drogues rapporte énormément. Cela donne envie de progresser. Ils sont souvent les véritables patrons de leur quartier faisant régner la terreur mais jouant aussi les banquiers généreux de nombreuses familles. Les offices HLM et les grandes surfaces y sont massivement payés en argent liquide.

 

C'est peut-être en raison de ce rôle social que notre ministre de la Justice de gauche est pleine de sollicitude pour eux. Elle se précipite dans une prison pour assister à un match de basket entre prisonniers et surveillants. Un basketteur en profite d’ailleurs pour s’évader. Elle supprime le tribunal correctionnel pour adolescents récidivistes créé par le précédent gouvernement. Les juges pour enfants pourront retrouver leurs ouailles. Elle annonce aussi son intention d’abolir les peines-plancher pour ces mêmes multirécidivistes, qui contraignaient, au nom d’une lourde réalité pénale, certains de ces juges à sortir de la culture de l’excuse.

 

Mais, la réalité, Christiane Taubira n’en a cure. Elle applique un dogme. Ses évangiles sont la fameuse ordonnance de 1945 sur la délinquance juvénile qui privilégie l’éducation. Pour Taubira, comme pour son mentor Pierre Joxe, ancien ministre de Mitterrand, avocat sur le tard, ces pauvres enfants sont victimes de la société qui les rejette par xénophobie et racisme.

 

En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues, sont dans le bon camp, à protéger, les hommes blancs dans le mauvais. Après tout, les femmes votent majoritairement à gauche depuis 1981, et, dans les banlieues, Hollande a réalisé des scores de dictateur africain. Mais, en quelques jours, la ministre de la Justice a pris de vitesse son collègue de l’Intérieur, le Premier ministre et le Président de la République lui-même. Elle a donné une couleur angélique aux débuts de la gauche, qui la ramène là où elle ne voulait pas forcément revenir."

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 20:15

les-indignes-a-Madrid.jpgAutomne 2010, paraît un minuscule opus de 32 pages. Il est écrit par un certain Stéphane Hessel, résistant, de père juif et défenseur des droits de l'homme.

 

Intitulé Indignez-vous!, il ne comprend aucune idée neuve, mais il tombe à pic. Et l'injonction du titre connaît le succès que l'on sait.

  

Car, signe des temps mauvais, le chômage augmente dans tous les pays développés et frappe les plus démunis. La faute aux banquiers, aux politiques, aux corrompus! L'indignation anticapitaliste et populiste contre ces boucs émissaires est mise en branle.

  

Le fait est que, le 15 mai 2011, il y a tout juste un an, les indignados, des lecteurs espagnols de Hessel, s'emparent de la place de la Puerta del Sol à Madrid et l'occupent pendant un mois. Le mouvement est lancé. Après le 12 juin 2011 il devient plus ou moins souterrain et ne resurgit samedi dernier à Madrid ici [d'où provient la photo] que pour fêter son premier anniversaire, orchestré complaisamment par les médias du monde entier.

  

Pour Stéphane Hessel il faut s'indigner contre le capitalisme bien sûr, mais aussi contre Israël. Il est bien placé pour en parler. Il a été résistant, son père était juif et il est un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Il est donc au-dessus de tous soupçons. Ce sont ces étiquettes dont il se targue qui lui donnent l'argument d'autorité pour parler de ces sujets, sans contestation possible.  

 

Stéphane Hessel s'indigne que les valeurs de la Résistance française, à laquelle il a réellement appartenu, du côté des bons résistants - cela va de soi -, les progressistes, et que le parti communiste français domine alors de son ombre (après avoir pactisé un temps avec les nazis), ne soient plus à l'honneur. 

 

Ces "valeurs", qui ne sont donc de loin pas, celles de tous les résistants français, sont:

 

- l'instauration de la Sécurité sociale 

- la poursuite du système de retraites par répartition instauré par Vichy

- la nationalisation des sources d'énergies, des assurances et des banques

- la primauté de l'intérêt général sur l'intérêt particulier

- la défense d'une presse indépendante des puissances d'argent et des influences étrangères

- la possibilité donnée à tous les enfants français de bénéficier de l'instruction la plus développée.

 

Très largement ces "conquêtes sociales de la Résistance" recouvrent ce qu'il est convenu d'appeler l'Etat-Providence français, en totale faillite aujourd'hui, comme partout où il a germé à son image, sans être véritablement remis en cause nulle part.

 

On retrouve ainsi la main-mise de l'Etat sur les assurances, qu'elles soient sociales ou non, sur les retraites, sur l'énergie, sur les banques, sur les médias, sur l'éducation nationale etc., conjuguée avec l'omniscience des techniciens de l'Etat qui savent ce qui est bon pour les citoyens et qu'ils baptisent intérêt général, au nom duquel ils font ce qu'ils veulent. 

 

Or Stéphane Hessel demandait dans son texte de s'indigner contre la remise en cause de ce modèle social à tendance totalitaire, remise en cause qui, implicitement, selon lui, était la cause de l'immense écart entre riches et pauvres, des atteintes aux droits de l'homme et de l'état de la planète, c'est-à-dire de son réchauffement climatique.

 

Les indignés espagnols, et leurs émules britanniques ou grecs, sont pathétiques parce que la crise économique n'est pas celle du capitalisme mais celle de l'Etat-Providence qui a fortement amoindri les bienfaits de ce dernier en le régulant, en le mettant sous tutelle, en l'entravant, en distribuant arbitrairement les richesses produites grâce à lui, en accordant à certains, entreprises ou particuliers, des privilèges au détriment de tous.

 

Au lieu de s'indigner contre le capitalisme, il conviendrait de s'indigner contre tous ceux qui, en passagers de moins en moins clandestins, et de plus en plus nombreux, invoquant un intérêt général hypothétique et subjectif dont ils sont les bénéficiaires, montent dans la barque de l'Etat-Providence au point de la faire couler.

 

En dehors du capitalisme l'unique objet de l'indignation de Stéphane Hessel est Israël, sur lequel des commentateurs complaisants disent qu'il fait une "fixation". Ce qui se passe ailleurs n'a aucune importance - pas un mot sur le génocide du Sud-Soudan ou du Darfour, sur la situation des chrétiens d'Orient, sur la Corée du Nord ou sur la résistance au régime de Téhéran. Ce qui se passe ailleurs n'est pas digne de son indignation à sens unique.

 

Dans sa réponse parue au début de cette année à l'opuscule, Gilles-William Goldnadel relève que Stéphane Hessel est un imposteur quand il est présenté dans la postface de l'éditeur, Sylvie Crossman, comme un de ceux "qui ont rejoint la commission chargée d'élaborer ce qui sera la Déclaration universelle des droits de l'homme". Pierre-André Taguieff a apporté la preuve qu'il n'en a été tout au plus que le témoin...



Dans cette même réponse Goldnadel souligne que la postface de l'éditeur " omet de préciser que la famille du grand-père de Stéphane était déjà convertie au luthérianisme depuis une génération et que sa mère était la fille d'un banquier protestant et antisémite..."



Ces impostures révélées ne sont pas faites pour consolider l'autorité morale d'un auteur qui laisse le soin à son éditeur de dire des contrevérités sur lui-même à sa place...pour mieux le vendre. Elles collent parfaitement à ce que disait Nietszche, dans Par-delà le bien et le mal, mis en exergue à son texte par Goldnadel:

 

"Et nul ne ment autant qu'un homme indigné."

 

Francis Richard

 

PS

 

L'internaute attentif et fidèle aura noté que, dans cet article, j'ai repris des passages entiers d'un article publié ici, le 16 novembre 2011, qui restent d'actualité.

 

Indignez-vous!, Stéphane Hessel, 32 pages, Indigène Editions ici

Le vieil homme m'indigne, Gilles-William Goldnadel, 62 pages, Jean-Claude Gawsewitch ici

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 22:45

Election-du-6-mai-2012.jpgA partir de données parcellaires il n'est pas facile de se faire une idée de ce qui s'est réellement passé entre le premier et le second tour de l'élection présidentielle.

 

Tentons toutefois l'expérience, tout en sachant que cela n'est qu'approximation et que cela n'a pas d'autre vertu que d'être une explication comme une autre.

 

Le nombre d'inscrits est passé de 46'028'542 au premier tour à 46'066'507 au second tour. On peut donc admettre, pour la démonstration, que le nombre d'inscrits est le même d'un tour à l'autre et qu'il n'est pas trop faux de ramener les nombres de voix obtenues au premier comme au second tour à des pourcentages d'électeurs inscrits.

 

Comment se sont passés les reports de voix? Un article paru dans 20minutes ici [d'où provient la photo] en donne une idée. L'institut de sondage qui fournit quelques éléments de réponse, CSA, n'a malheureusement pas publié cette étude. 

 

Quels sont les éléments que cet institut distille dans le gratuit version hexagonale?

 

- 87% des électeurs de Mélenchon au premier tour se sont reportés sur Hollande

- 33% des électeurs de Bayrou sur Hollande et 52% sur Sarkozy

- 28% des électeurs de Le Pen sur Hollande et 56% sur Sarkozy

- "61% des abstentionnistes du premier tour ayant voté au second l'ont fait en faveur de Sarkozy"

 

Quelles hypothèses pouvons-nous faire?

 

- 100% des électeurs de Hollande et de Sarkozy au premier tour ont fait de même au second

- 100% des électeurs d'extrême-gauche et divers droite au premier tour ont voté respectivement Hollande et Sarkozy au second

- 5% des électeurs de Mélenchon au premier tour ont voté Sarkozy au second (cela résulte d'autres estimations que celles de CSA)

- ceux parmi les électeurs de Mélenchon, Bayrou et Le Pen au premier tour qui ne se sont pas prononcés au second ont voté blanc ou nul

 

En ajustant les % des différentes colonnes par les abstentions et les votes blancs et nuls, cela donne le tableau suivant bâti à partir des résultats officiels des deux tours de l'élection présidentielle ici:

 

 

  Répartition des voix au second tour (en% des inscrits)  
Candidats du 1er tour Hollande Sarkozy Blancs et nuls Abstentions Total en % des inscrits au 1er tour
Hollande 22.32%              22.32%
Sarkozy   21.19%            21.19%
Le Pen 3.91% 7.81% 2.23%          13.95%
Mélenchon 7.53% 0.43% 0.69%            8.66%
Bayrou 2.28% 3.70% 1.14%            7.12%
Extrême-Gauche  3.05%   0.28%            3.33%
Divers droite   1.40%              1.40%
Blancs et nuls     0.32% 1.20%          1.52%
Abstentions   2.07%   18.45%        20.52%
Total en % des inscrits du 2nd tour 39.08% 36.60% 4.66% 19.65%      100.00%

 

On voit tout de suite que ce sont les votes blancs et nuls qui ont fait la différence et que les plus gros bataillons des votes blancs et nuls se trouvent parmi les électeurs de Le Pen et Bayrou. Or ces électeurs auraient dû voter Sarkozy s'ils avaient été rationnels.

 

La droite de tendance de Bertrand Lemennicier rend bien compte du vote de gauche des électeurs de Le Pen et Bayrou (voir mon article Si les Français sont rationnels, Sarkozy devrait l'emporter de justesse ). Mais elle ne rend pas compte des votes blancs et nuls. En effet ceux, parmi les électeurs de Le Pen et Bayrou, qui ont voté blanc ou nul, l'ont fait par rejet compulsif de Sarkozy. Ils ont par là même infirmé la droite de tendance en ne votant pas rationnellement.

 

Ajoutez les 3.37% des votes blancs en provenance de ces électeurs de Le Pen et Bayrou et vous obtiendrez 39.97% des inscrits pour Sarkozy contre 39.08% pour Hollande. Ce qui, traduit en pourcentages des suffrages exprimés, donne 50,5% pour Sarkozy contre 49,5% pour Hollande... CQFD

 

Certes tous ces calculs souffrent d'imprécision, mais ils confirment que la gauche a bien joué en déconsidérant la personne de Nicolas Sarkozy. Elle a obtenu que des électeurs potentiels de Sarkozy fassent le jeu de Hollande et se comportent en s'abstenant, c'est-à-dire en votant implicitement pour lui, comme des ...idiots utiles, selon la terminologie attribuée au regretté Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine.

 

Francis Richard

 

PS

 

Pour savoir ce que je pense de l'avenir radieux que nous promet le nouveau président de la République, François Hollande, l'internaute se reportera utilement à mon article sur le sujet posté sur la plate-forme lesobservateurs.ch.

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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