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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 20:00

Le cinéaste Roman PolanskiQuand Roman Polanski [dont la photo provient d'ici] a été arrêté à Zürich le 26 septembre 2009 à sa descente d'avion, la Suisse a appliqué le droit international auquel elle adhère.

 

Le 29 septembre 2009 j'écrivais sur ce blog [voir mon article La justice américaine devrait clore le dossier Roman Polanski ] :

 

"Quoi qu'il en soit des circonstances, il faut préciser que la Suisse ne pouvait pas se dérober à la demande d'extradition de la justice californienne. Si en Suisse le crime sexuel de Roman Polanski, relations avec une mineure de 13 ans, est prescrit - le crime de pédophilie a été rendu récemment imprescriptible en Suisse, mais cette imprescriptibilité ne s'applique pas aux crimes anciens -, il ne l'est pas aux Etats-Unis. Or, comme le rappelle, dans 24 heuresMe Christophe Piguet, spécialiste de l'entraide judiciaire, "l'extradition doit être ordonnée en fonction du droit américain (ici)"".

 

Il est vrai aussi que la justice américaine ne s'est pas bien comportée à l'égard de Roman Polanski. Le 29 septembre 2009 j'écrivais :

 

"A l'époque, un accord est intervenu entre le procureur et les avocats des deux parties, et il a été approuvé par le juge : la reconnaissance de sa culpabilité par Roman Polanski et les 47 jours de détention qu'il a déjà effectués sont pénitences suffisantes pour satisfaire la partie civile.


A la surprise des autres protagonistes, à la dernière minute, le juge revient sur sa parole et n'honore pas cet accord. C'est pourquoi Roman Polanski fuit pour échapper à une peine qui peut aller jusqu'à 50 ans de prison
."

 

C'est justement ce point que Madame Eveline Widmer-Schlumpf, Ministre suisse de la Justice, a cherché à élucider. Or la justice américaine s'est dérobée, si l'on en croit le communiqué du 12 juillet 2010 du Département fédéral de Justice et police ici :

 

"Dans le cadre de l’examen de la demande d’extradition, l’Office fédéral de la justice (OFJ) avait demandé, le 5 mai 2010, aux autorités américaines de lui faire parvenir, à titre de complément à la demande, le procès-verbal d’une audition du procureur Roger Gunson, alors chargé du dossier, menée le 26 février 2010. Ce document devait permettre de confirmer que le juge avait bien assuré aux représentants des parties, lors d’une séance le 19 septembre 1977, que les 42 jours que Roman Polanski avait passés dans la division psychiatrique d’une prison californienne couvraient la totalité de la peine d’emprisonnement qu’il devait exécuter. Si ces faits sont avérés et que Roman Polanski a dès lors effectivement exécuté l’intégralité de sa peine, la demande d’extradition des autorités américaines et, a fortiori, la procédure d’extradition sont dénuées de fondement.

 

Le 13 juin 2010, le Département américain de la justice a refusé de donner suite à la demande de l’OFJ en se fondant sur une ordonnance du tribunal concluant à la confidentialité de ce procès-verbal. Dans ces conditions, on ne saurait exclure avec toute la certitude voulue que Roman Polanski ait déjà exécuté la peine prononcée autrefois à son encontre et que la demande d’extradition souffre d’un vice grave. Vu les incertitudes qui subsistent quant à l’exposé des faits, la demande d’extradition doit être rejetée."

 

Pour ce qui est des circonstances de l'arrestation du cinéaste j'écrivais le 29 septembre 2009 :

 

"Les circonstances dans lesquelles s'est déroulée son arrestation peuvent indigner (ici). Je le conçois fort bien. Roman Polanski est un invité de marque du Festival du Film de Zürich (ici), au cours duquel il doit recevoir un prix pour l'ensemble de son oeuvre, et recevoir l'hommage du chef de l'Office fédéral de la culture, Frédéric Jauslin. Or il est arrêté, le 26 septembre, au soir, à sa descente d'avion par la police zurichoise, à la demande, faite la veille, de la justice californienne. La main gauche ignore-t-elle donc ce que fait la main droite? S'agit-il d'un traquenard? 

Ce qui peut étonner en tout cas c'est que Roman Polanski se rend régulièrement en Suisse, à Gstaad, où il possède un chalet, et que, justement, il est arrêté le jour où il se rend à Zürich pour y recevoir un prix, alors qu'il y avait certainement d'autres occasions de le cueillir, dans des circonstances plus discrètes
."

 

Le communiqué du Département fédéral de Justice et police revient sur ces circonstances :

 

"En droit suisse, la protection de la bonne foi est inscrite à l’art. 9 de la Constitution fédérale. Il faut dès lors tenir compte du fait qu’il était de notoriété publique que Roman Polanski séjournait régulièrement en Suisse depuis l’achat de son chalet à Gstaad en 2006. Plusieurs années se sont pourtant écoulées sans que les autorités américaines adressent à la Suisse de demande formelle d’extradition. En outre, les autorités suisses n’ont procédé à aucun contrôle à l’endroit de Roman Polanski à la suite de son inscription dans le registre suisse des signalements de personnes. Ces circonstances ont conduit à l’instauration d’un climat de confiance : Roman Polanski ne se serait certainement pas rendu au Festival du film de Zurich en septembre 2009 s’il n’avait pas eu confiance dans le fait que ce voyage n’aurait pas de conséquences juridiques."

 

Il n'a donc pas été donné droit à la demande d'extradition américaine par la Suisse :

 

"Eu égard au manque de précision de la demande d’extradition concernant l’exposé des faits et aux principes de l’ordre public international régissant l’action de l’Etat, l’appréciation des tous les aspects de l’affaire commande le rejet de la demande d’extradition"

 

Je terminerai en réitérant ce que je disais il y a quelque dix mois. La justice américaine devrait clore maintenant le dossier Roman Polanski :

 

"Samantha Geimer [la victime du crime sexuel commis par Polanski] est sévère avec le juge, "plus intéressé à sa propre réputation qu'à un jugement équitable et au bien-être de la victime", qui, par la publicité faite autour de l'affaire, a souffert en quelque sorte une peine à vie. Quand elle dit cela au Los Angeles Times 26 ans ont déjà passé. 6 autres se sont encore écoulés depuis. Roman Polanski est devenu un autre homme et, à ma connaissance, il n'a jamais récidivé. C'est tout cela qu'il faut aujourd'hui prendre en considération, pour apprécier son cas, et certainement pas sa qualité d'artiste éminent."

 

En effet la prescription fait partie des valeurs chrétiennes sur lesquelles reposent notre monde "occidental". Il ne s'agit pas d'oublier, mais de pardonner, comme l'a fait la victime elle-même, après autant de temps, 33 ans tout de même, dont, en Suisse, 69 jours de détention et 220 jours d'assignation à résidence.

 

Francis Richard

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 11:00

Eric WoerthIl est bien difficile de démêler le vrai du faux dans ce qui est devenue l'affaire Woerth-Bettencourt. Comme dans l'affaire neuchâteloise qui touche Frédéric Hainard [voir mon article Pourquoi tant de haine du Matin contre Frédéric Hainard ? ] je me garderai donc de hurler avec les loups avant que les faits ne soient clairement et dûment établis.

 

Tous les ingrédients de la haine de classe journalistique s'y trouvent en effet réunis de manière suspecte, ce qui ne signifie pas pour autant non plus qu'Eric Woerth and Co soient blancs comme neige.  

 

Cela dit, si Eric Woerth n'est pas blanc comme neige et qu'il est mis en examen, je ne cache pas que je n'aurai aucune peine pour lui. Ce serait en somme une nouvelle version de l'arroseur arrosé.

 

Je n'ai pas apprécié les attaques immorales [voir notamment mes articles La France qu'on n'aime pas: celle d'Eric Woerth et de Martine Aubry   et  Les 3'000 sont-ils tous des évadés du fisc piégés par l'inquisition française? ] qu'il a portées contre le secret bancaire, qui fait partie de la souveraineté individuelle et qui permet de préserver la sphère privée contre les abus de l'inquisition étatique.

 

Cela dit, je suis choqué, au rebours de ce que dit la presse française, que soient étalés publiquement les éléments de la fortune de la famille Bettencourt. Que Madame Liliane Bettencourt ait eu des comptes en Suisse prouve d'ailleurs que la Suisse savait - est-ce encore le cas ? - être une terre d'accueil pour les évadés des enfers fiscaux, au premier rang desquels se trouve la France de Sarkozy, surendettée et en perdition.

 

Peu de temps après les déclarations fracassantes d'Eric Woerth sur l'utilisation sans vergogne des données bancaires volées par Hervé Falciani à HSBC , André Menuisier publiait dans Le Matin Dimanche , le 19 septembre 2009, un article ici qui, à l'époque, a échappé à ma vigilance. Cet article montre à quel point les électeurs français en Suisse de Nicolas Sarkozy peuvent s'être montrés naïfs. Cet article révélateur est bien évidemment ressorti à la faveur du remue-ménage actuel.

 

Selon André Menuisier, Eric Woerth, accompagné de Patrick Devedjian, est venu le 23 mars 2007 récolter des fonds, pour l'élection de Nicolas Sarkozy, auprès de riches donateurs potentiels français installés en Suisse. Les deux compères UMP, grâce à l'antenne locale présidée alors par Pierre Condamin Gerbier, avaient mis les petits plats dans les grands pour lever des fonds : réception au Crowne Plaza de Genève ici, puis réunion au Caviar House de la rue du Rhône à Genève ici . La récolte avait été bonne : 7 millions d'euros...

 

Après les déclarations d'Eric Woerth d'août et septembre 2009, les donateurs de 2007 faisaient grise mine. Ils étaient cocus mais pas contents. Naïvement ils avaient cru que Nicolas Sarkozy  ferait une aministie fiscale, qu'il baisserait les impôts, qu'il libérerait l'économie alors qu'il n'était un avatar de plus de la fausse droite, celle qui capte les voix de droite et des libéraux pour mieux faire une politique de gauche, socialiste et confiscatoire.

 

Un banquier français, opérant dans une banque genevoise, écoeuré par les "techniques peu glorieuses" employées par Eric Woerth, déclarait même :

 

"Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir [en mars 2007] si les chèques qu'on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français."

 

Francis Richard

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 19:50

Flottille GazaLes mouvements islamiques radicaux ont trouvé un moyen efficace de ternir l'image d'Israël et de retourner l'opinion publique internationale contre ce pays.

 

Que ce soit lors de l'opération Juste rétribution, menée au Liban à l'été 2006 contre le Hezbollah ou lors de l'opération Plomb durci, menée à Gaza fin 2008, début 2009, contre le Hamas, les deux organisations extrémistes ont adopté le même moyen pour discréditer l'armée israélienne : elles ont tiré des roquettes depuis des lieux où se trouvaient des civils - femmes, enfants, vieillards - pour que l'armée israélienne réplique en prenant ces lieux pour cible et fasse donc le maximum de victimes civiles. La flottille pour Gaza  a été organisée dans la même intention et a utilisé un procédé analogue. 

 

La principale organisation "humanitaire" islamique à l'origine de la création de cette flottille est l'"ONG" turque Insani Yardim Vakfi ici, aka IHH, International Humanitarian Hilfsorganization. Cette organisation humanitaire islamique radicale a son siège en Allemagne, d'où son acronyme germanique. 

 

IHH a été fondée en 1992, mais n'a été enregistrée formellement à Istanbul qu'en 1995. Comme le font le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza, IHH, grâce aux fonds très importants qu'elle a levés dans les pays pétroliers musulmans, a, dans ses débuts, fait du prosélytisme en Bosnie, ancienne terre ottomane, grâce à sa réelle activité humanitaire, qu'elle poursuit aujourd'hui dans le monde entier, notamment à Gaza, où elle soutient ouvertement le Hamas, bien connu pour son humanisme [voir mon article L'humanisme du Hamas : tout en finesse ! ] : 

  

- envoi de nourriture aux indigents

- soutien aux orphelins et ... aux familles d'auteurs d'attentats-suicide

- approvisionnement en médicaments

- création d'écoles, d'hôpitaux et de cliniques

- construction de mosquées

  

ihhMais cette activité humanitaire n'empêche pas IHH , proche du pouvoir islamique turc actuel - ce qui explique les réactions officielles de la Turquie - d'avoir des liens avec le terrorisme international islamique [voir le rapport de 2006 du Danish Institute for International Studies ici]. IHH a ainsi soutenu des réseaux terroristes jihadistes en Bosnie, en Syrie, en Irak, en Afghanistan et en Tchétchénie. Comment ? Sous la forme d'une assistance logistique pour le transfert d'armes, d'explosifs et d'argent...

 

Ces gentils "humanitaires" ont donc acheté trois bâteaux sur neuf de la flotille pour Gaza dont un ferry, le fameux Mavi Marmara, qui a quitté Istanbul le 22 mai dernier pour Antalya, où 500 personnes ont embarqué. Pour le dirigeant d'IHH, Bülent Yildirim, cette flottille direction Gaza devait être, comme il l'a dit le 7 avril dernier lors d'une conférence de presse à Istanbul , "un test" pour Israël ici :

 

"Si Israël s'oppose à cette flotte, cela sera considéré comme "une déclaration de guerre" aux pays dont les activistes se trouvent à bord des bâteaux."

 

Les gentils "humanitaires" ont accueilli les méchants soldats israéliens à coups de barres de fer et de couteaux [la photo provient d'ici]. Il fallait les obliger à répliquer et à faire des victimes parmi eux. C'était le prix à payer pour que Israël soit couvert d'opprobre dans le monde entier. Mission accomplie !

 

Francis Richard 

 

Vidéo du piège tendu par les gentils "humanitaires" d'IHH :

 

 

 
Postée le 05.06.2010 à 0:05 nouvelle vidéo montrant les "humanitaires" d'IHH en action (indiquée par Ben Palmer dans le commentaire n°8) :
 
 
 
Nous en sommes au

682e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 21:10

Lech KaczynskiAvant d'écrire quelque chose sur la Pologne j'ai bien réfléchi et je me suis dit que je n'étais pas qualifié pour écrire quoi que ce soit sur le drame que vient de connaître ce pays.

 

Ne rien dire ne me convenait pas davantage.

 

J'étais beaucoup plus à l'aise quand il s'agissait de rendre compte de  "Katyn", le film magistral de Wajda, qui n'est toujours pas diffusé en Suisse  ...

 

Aussi, quand j'ai lu tout récemment le discours ici que le président polonais, Lech Kaczynski [la photo provient d'ici], devait prononcer à Katyn il y a 15 jours, me suis-je dit que le meilleur hommage que je pouvais rendre à la mémoire de tous les Polonais morts lors du crash du 10 avril 2010 était de traduire ce discours en français.

 

Francis Richard

 

Liberté et vérité

 

1.

 

C’est arrivé il y a 70 ans. Ils ont été ligotés et tués d’une balle dans la tête, comme cela il y avait moins de sang répandu. Plus tard les corps – encore vêtus de leurs uniformes  arborant des aigles – ont été placés dans des fosses profondes. Ici, à Katyn, quatre mille quatre cents personnes sont mortes de cette manière. A Katyn, Kharkiv, Tver, Kiev, Kherson et Minsk, 21'768 personnes au total sont mortes.

 

Les personnes assassinées étaient des citoyens polonais, des personnes de toutes confessions et professions ; des militaires, des policiers, des civils. Il y avait des généraux et des officiers de métier, des professeurs et des enseignants de village. Il y avait des aumôniers militaires de différentes confessions : Catholique, le Rabbin de l’Armée Polonaise, l'Aumônier Grec Catholique et l'Aumônier Orthodoxe.

 

Nous nous référons à tous ces crimes, bien que commis dans des endroits différents, comme au Crime de Katyn. Ce qu’ils ont en commun c’est la nationalité des victimes et la même décision prise par les mêmes auteurs.

 

2.

 

Le Crime a été commis sur ordre de Staline avec l’approbation de la plus haute instance de l’Union Soviétique : le Politburo du Parti Communiste Soviétique. La décision de tuer a été prise le 5 mars 1940, sur la suggestion de Lavrentiy Beria. Il a justifié sa recommandation en disant que les prisonniers étaient des « ennemis déclarés de l’Union Soviétique, sans espoir de rééducation ».

 

3.

 

Ces personnes ont été tuées sans procès et sans jugements, assassinées en violation des lois et des conventions du monde civilisé.

 

Comment peut-on appeler la mort de dizaines de milliers de personnes – de citoyens polonais – sans procès ? Comment peut-on appeler cela autrement que génocide ? Si ce n’était pas un génocide, alors qu’est-ce qu’un génocide ?

 

4.

 

Nous continuons de nous poser une seule question : pourquoi ? Les historiens suggèrent que ce qui est arrivé est dû aux mécanismes du régime communiste. D’autres victimes sont enterrées tout près, dans la forêt de Katyn. Il y a là des milliers de Russes, d’Ukrainiens, de Biélorusses et de personnes d’autres nationalités.

 

Il y a aussi d’autres raisons sous-jacentes à ce crime, l’une d’elles étant le pacte Molotov-Ribbentrop qui a conduit à la quatrième partition de la Pologne. Il y a aussi les attentes impérialistes, nationalistes de Staline. Le Crime de Katyn est – comme l’a écrit Stanislaw Swianiewicz, un professeur qui au dernier moment a été exempté d’être emmené sur le lieu du massacre – une part de « l’activité (…) destinée à préparer le terrain pour une nouvelle expansion de l’empire des Soviets ».

 

Le crime a été un élément clé du plan destiné à détruire la Pologne libre : un pays qui – depuis 1920 – s’est trouvé sur le chemin du régime communiste pour conquérir l’Europe.

 

C’est pourquoi le NKVD a essayé de rééduquer les prisonniers : ils devaient soutenir les plans de conquête. Les officiers de Kozielsk et de Starobielsk ont choisi l’honneur et sont restés fidèles à leur Patrie.

 

Staline et le Politburo ont assouvi leur vengeance sur ceux qui ne voulaient pas céder : ils ont ordonné de les tuer. Les assassinés sont enterrés dans des fosses à Katyn, près de Kharkiv, et à Mednoye. Ces cavités étaient destinées à être le tombeau de la Pologne, de la République libre de Pologne.

 

5.

 

En juin 1941, l’Allemagne a envahi l’URSS : les anciens alliés de septembre 1936 sont devenus des ennemis mortels. L’URSS a rejoint l’alliance antinazie  et le gouvernement de Moscou a rétabli les relations diplomatiques avec la Pologne – c'est l'objet de l'accord du 30 juillet 1941. Staline, Roosevelt et Churchill ont formé les « Trois Grands ».

 

Des millions de soldats de l’Armée Rouge – Russes, Ukrainiens, Biélorusses, Georgiens, Arméniens et Azerbaidjanais, aussi bien que d’autres peuples d’Asie Centrale – ont donné leur vie dans la lutte contre les troupes de Hitler. Américains, Anglais, Polonais et d’autres encore ont péri dans ce conflit.

 

Rappelons quelques faits : ce furent nous, les Polonais, qui, les premiers, nous sommes opposés à Hitler par les armes. Ce furent nous qui avons combattu l’Allemagne Nazie du début jusqu’à la fin de la guerre, et, à la fin de la guerre, notre armée était la quatrième en nombre de l’alliance antinazie.   

 

Des Polonais ont combattu et sont morts sur tous les fronts : à Westerplatte et près de Kock, lors de la bataille d’Angleterre et à Monte-Cassino, près de Leningrad et à Berlin, et aussi dans les maquis et lors du soulèvement de Varsovie. Parmi nos soldats il y avait des frères et des enfants des victimes de Katyn.

 

Aleksander Fedoronko, l’aîné des fils de Szymon Fedoronko – le premier chapelain Orthodoxe mort à Katyn – est mort dans le 3ème Reich,dans un bombardier de l’Armée Polonaise, à l’âge de 26 ans. Le plus jeune fils de Szymon Fedoronko, Orest, un soldat de l’Armée Nationale Polonaise, âgé de 22 ans est mort le premier jour du soulèvement de Varsovie. Son frère plus âgé – Wiaczeslaw, 24 ans – a combattu avec le bataillon « Gurt » de l’Armée Nationale et a péri 17 jours plus tard.

 

En mai 1945 le 3ème Reich a perdu la guerre. Le régime totalitaire nazi s’est effondré et est tombé. Bientôt nous célébrerons le 65ème anniversaire de cet évènement.

 

Pour notre nation, cependant, c’est une amère victoire, un triomphe inachevé. Nous sommes tombés sous l’influence de Staline et du régime communiste. Après 1945 la Pologne existait, mais ce n’était plus une Pologne libre. Nous n’étions plus libres de choisir un système politique pour nous-mêmes et il y avait des tentatives de déformer nos souvenirs de l’histoire et de l’identité polonaises.

 

6.

 

Les mensonges au sujet de Katyn étaient une part de cette tentative de nous tromper et les historiens même se réfèrent à eux comme « les mensonges fondateurs » de la République Populaire de Pologne. Des mensonges nous ont été dits depuis 1943 et c’était en relation avec eux que Staline cessa les relations diplomatiques avec le gouvernement polonais.

 

Le monde n’était pas supposé connaître la vérité – les familles des victimes ne pouvaient pas porter leur deuil en public, ne pouvaient pas les pleurer et leur rendre un dernier et décent hommage.

 

Les mensonges étaient soutenus par le pouvoir de l’empire totalitaire et par les autorités communistes polonaises. Les gens qui disaient la vérité sur Katyn , parfois des étudiants, l’ont payé très cher. En 1949, Jozef Balka, un étudiant de 20 ans, de Chelm, a été condamné à trois ans de prison par une cour martiale pour avoir osé dire la vérité sur Katyn dans sa classe.

 

Il semblait que – comme l’a dit le poète – les seuls témoins du Crime seraient « les inflexibles boutons » trouvés dans les tombes à Katyn.

 

Il y a cependant aussi des gens qui ne voulaient pas céder et – après quatre décennies – le Goliath totalitaire a été défait. La vérité – l’arme ultime contre la violence – a triomphé. La République Populaire de Pologne était basée sur les mensonges au sujet de Katyn et maintenant la vérité sur Katyn constitue le fondement d’une Pologne libre. C’est une grande réussite des familles de Katyn et de leur lutte pour la mémoire de leurs chers disparus – c’était aussi une lutte pour la mémoire et de l’identité de la Pologne au sens large. C’est aussi une réussite de la jeunesse, des étudiants tels que Josef Balka, et des enseignants – bien qu’il leur ait été interdit de le faire – ont dit aux enfants la vérité. Nous devrions aussi être reconnaissants envers les prêtres, dont le prélat Zdzislaw Peszkowski et le Révérend Stefan Niedzielak qui a proposé qu’une croix en mémoire des victimes de Katyn soit placée dans le cimetière de Powazki et qui a été assassiné en janvier 1989. Nous devrions être reconnaissants aux éditeurs de publications clandestines et nous devons aussi beaucoup aux initiatives indépendantes, au mouvement Solidarité et aux millions de parents qui ont raconté à leurs enfants la véritable histoire de la Pologne.

 

Le Premier Ministre de Pologne avait raison de dire, il y a juste deux jours, que les Polonais sont devenus unis comme une seule et grande famille de Katyn.

 

Je voudrais remercier tous les membres de cette communauté, particulièrement les amis et les parents des victimes. Nous avons été victorieux dans cette bataille contre les mensonges grâce à vous ! Vous avez bien servi votre pays !

 

Des Russes ont aussi beaucoup fait pour contrer les mensonges sur Katyn, particulièrement la société du Mémorial et ces avocats, ces historiens et ces fonctionnaires qui ont courageusement révélé la vérité sur les crimes de Staline.

 

7.

 

Katyn et les mensonges sur Katyn ont blessé profondément l’histoire polonaise et ils ont altéré les relations entre Polonais et Russes pendant des décennies.

 

Des relations durables ne peuvent se construire sur des mensonges. Les mensonges divisent les peuples et les nations. Les mensonges apportent avec eux haine et colère. C’est pourquoi nous avons besoin de vérité. Les discussions ne sont jamais d’égale importance mais ceux qui luttent pour la liberté ont raison.

 

Nous chrétiens le savons très bien : la vérité, quelque pénible qu’elle puisse être, nous rend libres. La vérité nous guide sur la route de la réconciliation. Que la blessure de Katyn guérisse enfin ! Nous sommes déjà sur la route de la réconciliation – en dépit des diverses tendances et obstacles – la vérité sur le Crime de Katyn est maintenant beaucoup plus manifeste qu’il y a un quart de siècle.

 

Nous apprécions ce que la Russie a fait au service de la vérité, y compris la visite que le Premier Ministre russe a rendu dans la forêt de Katyn mercredi [7 avril 2010], sur la tombe des victimes. Pourtant la vérité a besoin davantage que des mots – elle a aussi besoin d’actes.

 

Tous les documents relatifs à Katyn ont besoin d’être divulgués.  Les circonstances entourant le crime doivent être examinés et expliqués. Ici, à Katyn, un dialogue entre les jeunesses de Pologne, de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie, a besoin d’avoir lieu. Il est essentiel que l’innocence des victimes soit confirmée juridiquement.  Nous avons besoin d’éradiquer les mensonges sur Katyn une fois pour toutes.

 

Nous devrions encore suivre la route qui conduit nos nations à être plus proches les unes des autres – nous ne devons pas nous arrêter et nous ne devons pas revenir en arrière. Cette route vers la réconciliation, toutefois, requiert que des signes soient présentés rapidement. Nous avons besoin de partenariat, nous avons besoin d’engager un dialogue sur un pied d'égalité – nous n’avons définitivement pas besoin de désir d’impérialisme. Nous avons besoin de penser aux valeurs que nous partageons : la démocratie, la liberté et le pluralisme ; des zones d’influence ne devraient plus avoir affaire entre nous.

 

8.

 

Le tragique Crime de Katyn et la bataille contre les mensonges en relation avec lui constituent une importante expérience pour les générations futures de Polonais. C’est une part de notre histoire, de notre mémoire, et identité – et c’est aussi une part de l’histoire de l’Europe et du monde au sens large. C’est un message qui touche chaque individu et toutes les nations, qui est relatif à la fois au passé et à l’avenir de la civilisation humaine.

 

Le crime de Katyn nous rappellera pour toujours la menace pour les nations et les peuples d’être asservis et détruits. Il nous rappellera que les mensonges peuvent en réalité être très puissants, mais ce sera aussi un symbole du fait que des peuples et des nations peuvent – même dans les pires difficultés – choisir la liberté et défendre la vérité.

 

Rendons hommage aux victimes en priant sur leurs tombes.

 

Gloire aux héros ! Vénérez leur mémoire !

 

Lech Kaczynski 

 

Nous en sommes au

646e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi

 

   

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 21:50

Obama réforme de santéObama [la photo provient d'ici] était présenté comme un modèle de vertu. La façon dont il vient de réussir à faire passer sa réforme de la santé montre bien que non. Ce Démocrate n'en est pas un. Il n'en porte que l'étiquette. Mais l'affaire n'est pas terminée, puisque la loi fédérale sera vraisemblablement contestée en justice, au moins localement ici, sinon au niveau fédéral.

Voulant à tout prix faire le bonheur des Américains contre leur gré, Obama leur impose une réforme de la santé dont, à une large majorité - 60% -, ils ne veulent pas. Cela s'apparente à un véritable déni de démocratie. Il y a de fortes chances que les élus démocrates qui l'ont voté le payent cher en novembre, aux élections de mi-mandat [219 Démocrates l'ont acceptée, 34 l'ont refusée, les 178 Républicains l'ont refusée en bloc].  

Avant de parler de l'obamagouille qui a permis au président des Etats-Unis de parvenir à ses fins, il convient de tordre le cou à quelques idées reçues. 

32 millions sur les 46,3 millions de personnes qui n'avaient pas de couverture maladie, seront bénéficiaires de la réforme de la santé voulue par Obama et votée hier soir par la Chambre des Représentants des Etats-Unis [dont la population totale est de 301 millions d'habitants]. Et tout le monde s'extasie ...

Il faut savoir que, sur les 46,3 millions d'Américains [tous les chiffres sont de 2008] qui n'avaient pas de couverture maladie, 17,6 millions n'en voulaient pas parmi ceux qui gagnent plus de 50'000 dollars, parce qu'ils sont en mesure de faire face par leurs propres moyens à un accident de santé.

Par ailleurs 14 millions, toujours sur les 46,3, sont automatiquement pris en charge par Medicaid - ils se trouvent en-dessous du seuil de pauvreté - ou par Medicare - ils ont plus de 65 ans -, et 9,7 millions sont des étrangers dont la durée et le motif de séjour sont divers.

5 millions sont donc réellement sans aucune couverture [voir l'article de Jacques Garello du 14.09.09 , Obama se fâche, ici et le site de statistiques américain US Census Bureau ici et ici]. Parmi ces 5 millions de non-assurés 20% sont des chômeurs. Qui, pour 44% d'entre eux, restent au chômage pendant 4 mois et, pour 20%, entre 5 et 8 mois.

Il convient donc de ramener la non-couverture maladie des Américains à de plus justes proportions. D'autant que comme le soulignait Jacques Garello dans son article mentionné plus haut : 

"Il existe aux Etats-Unis un réseau très dense d'associations caritatives, confessionnelles ou non, qui prennent en charge les plus dépourvus."

Avec la réforme de santé Obama les Américains vont subir un régime de contrainte sans précédent ici, qui explique pourquoi une majorité d'Américains y est hostile. 

Il sera notamment obligatoire de s'assurer sous peine d'amende. Contrôles de prix et amendes pourront être infligées à des médecins, à des hôpitaux, à des entreprises. L'industrie pharmaceutique et celle des équipements médicaux, de surcroît, seront taxées d'importance. Les sociétés d'assurances seront sévèrement réglementées.

Les personnes déclarant au moins 200'000 dollars - 250'000 dollars pour les couples mariés - passeront à la caisse ici . La taxe Medicare passera pour eux de 0,9 à 2,35% et les revenus de leurs investissements seront taxés à 3,8%. Ce qui encouragera certainement les intéressés à développer leurs activités économiques ...

Les Démocrates sont optimistes. Ils évaluent le coût de cette réforme à 940 milliards de dollars sur 10 ans. Or ils se basent sur une progression des dépenses de santé de 7% par an, soit un doublement en 10 ans. Dans ces conditions il est vraisemblable que les recettes auront du mal à suivre et que les déficits induits alimenteront les autres ...

Cette magnifique réforme, votée en pleine crise, sans doute pour l'enrayer, a été obtenue par une magouille qu'il faut raconter parce qu'elle montre que le personnage qui en est l'instigateur est peu reluisant.

Il faut d'abord rappeler que la Chambre des Représentants a adopté un projet de loi le 7 novembre 2009 et que le Sénat en a adopté un autre le 24 décembre 2009.

Normalement une commission mixte aurait dû être constituée. Sa tâche aurait été de rédiger une version de compromis entre les deux projets de loi, qui aurait été soumise alors à chacune des deux chambres. Il aurait fallu obtenir 218 voix sur 435 dans la première et 60 voix sur 100 dans la seconde. L'élection de Scott Brown au siège de Ted Kennedy a mis par terre ce plan mirifique.

Les Démocrates ont alors décidé d'entamer une procédure de réconciliation qui consiste à adopter le projet de loi tel que voté par le Sénat le 24 décembre 2009, puis de voter un second projet de loi modifiant celui-ci en y introduisant les éléments rejetés initialement par le Sénat. Ce second projet, voté également la nuit dernière, doit encore être approuvé par le Sénat, mais cette fois la majorité requise n'est plus que de 51 voix sur 100...

Il faut enfin savoir que cette procédure de réconciliation n'est possible que pour des mesures budgétaires. Or, comme le soulignent les Républicains, le second projet ne contient pas seulement des mesures budgétaires, même s'il en contient ... Il y aurait donc utilisation abusive de cette procédure...

Pour parvenir aux 218 voix requises pour les deux projets de loi, le président Obama a enfin accepté de renoncer que l'ordre exécutif de la réforme, qui la rendra effective, interdise le financement de l'avortement par des fonds fédéraux. Il fallait que la réforme passe coûte que coûte pour ce fervent partisan de la culture de mort et il a obtenu in extremis le ralliement à sa réforme des 12 membres du groupe démocrate anti-avortement, dont le représentant démocrate de Pennsylvanie, Bart Stupak, est le meneur...  

Francis Richard

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611e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi
  

      

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:45

logo omsTout n'est pas encore clarifié dans cette affaire de déclaration de "pandémie" faite le 11 juin 2009 par l'OMS. Sans être un spécialiste, dès le 14 août 2009 [voir mon article Après le réchauffement la grande peur fabriquée de la grippe A/H1N1 ] j'écrivais:

En avril 2009, l'OMS publiait un aide-mémoire sur la grippe saisonnière (ici). Dans ce document on pouvait lire :

Au niveau mondial, ces épidémies annuelles sont responsables d'environ trois à cinq millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès.

Il est bon d'avoir ces chiffres présents à l'esprit pour raison garder et ne pas céder à la panique qui semble gagner les esprits, parmi les plus hauts placés.

Selon l'OMS toujours (
ici) :

Une pandémie de grippe est un phénomène rare mais récurrent.

Il y en a eu trois au vingtième siècle :


- la grippe espagnole en 1918 : 40 à 50 millions de morts dans le monde
- la grippe asiatique en 1957 : 2 millions de morts
- la grippe de Hong Kong en 1968 : 1 million de morts

A l'époque déjà, un peu moins de deux mois après que l'OMS avait déclaré qu'il s'agissait d'une "pandémie" :

Il y avait un peu moins de 180'000 (177'457) cas recensés dans le monde dont un peu moins de 1'500 (1'462) décès écrivais-je, ne comprenant toujours pas pourquoi l'OMS parlait de "pandémie".

A la date du 26 janvier 2010, selon le dernier bilan ici dressé à cette date par l'OMS, le nombre de décès s'élevait à 14'142 depuis l'apparition du virus en mars-avril 2009... 

Le 14 août 2009, j'ignorais alors qu'entre avril 2009 et juin 2009 l'OMS avait changé sa définition d'une "pandémie" et que du coup les considérations de l'OMS elle-même sur les pandémies passées étaient ... dépassées.

Le 26 janvier dernier, au Conseil de l'Europe, à Strasbourg, a eu lieu un "échange de vues" ayant pour thème "La gestion de la pandémie H1N1: faut-il davantage de transparence ?" [sic]. 

Les principaux intervenants étaient :

Paul Flynn (Royaume-Uni, SOC), désigné pour préparer un rapport sur ce sujet pour l’APCE[l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe], en vue d'un débat éventuel en juin 2010
le Dr Wolfgang Wodarg, ancien président de la Sous-commission de la santé de l'APCE
le Dr Keiji Fukuda, représentant l'OMS
le Dr Luc Hessel représentant  le Groupe des fabricants européens de vaccins,
le Dr Ulrich Keil, Professeur d’université et Directeur du Centre de collaboration de l’OMS pour les épidémies à l’Institut d’épidémiologie de l’Université de Münster.

L'internaute intéressé pourra lire ici des extraits des interventions de ces principaux intervenants sur le site du Conseil de l'Europe.

Dans l'intervention du Dr Wolfgang Wodarg ici, j'ai relevé l'ancienne définition d'une pandémie qui avait cours jusqu'à fin mai 2009 :


"An influenza pandemic is a worldwide epidemic caused by a new strain of virus which leads to infection rates and mortality rates which exceed seasonal but similarly heavy waves of influenza by several orders of magnitude. A precondition for an influenza pandemic is the appearance of a viral subtype which had not yet circulated amongst the human population or which had occurred so long ago that no residual immunity remains amongst the population, and which is capable of provoking severe illness and of disseminating effectively from one human to another."

 


"Une pandémie de grippe est une épidémie mondiale causée par une nouvelle souche de virus qui conduit à des taux d'infection et de mortalité qui excèdent ceux d'une grippe saisonnière mais aussi ceux des grandes vagues de grippe par plusieurs ordres de grandeur. Une condition requise est l'apparition d'un sous-type viral qui n'a pas encore circulé parmi la population mondiale ou qui s'est produit il y a si longtemps qu'il ne reste pas d'immunisation parmi la population, et qui est capable de provoquer de sévères maladies et de se propager d'un homme à un autre

Dans un article du Figaro du  28 avril 2009 
iciles niveaux d'alerte de l'OMS, découlant de la définition ci-dessus, étaient les suivants :

"Les phases d'alerte pandémique de l'OMS comptent six niveaux différents. Les deux premiers correspondent à une phase de veille, l'infection majoritairement animale n'ayant encore fait que peu de victimes parmi les hommes. Le niveau 3 est actionné quand le virus est actif dans plusieurs foyers mais ne se transmet pas encore massivement entre humains. À ce stade, la pandémie est encore considérée comme potentielle. Les stades 4 et 5 sont les dernières marches avant la pandémie, qui est officiellement déclarée quand le stade 6 est activé."

Ces phases avaient été élaborées en 2005. La révision de 2009  
ici donne des définitions similaires pour les phases d'alerte de niveaux 1 à 4 [je n'ai pas trouvé de nouvelle définition proprement dite d'une pandémie de grippe sur le site de l'OMS], mais les phases de niveaux 5 et 6 ne se basent plus sur des taux d'infection ou de mortalité excédant ceux d'une grippe saisonnière, elles se basent sur la propagation géographique du virus :

La phase 5 : "se caractérise par une propagation interhumaine du virus dans au moins deux pays d’une Région de l’OMS"

La phase 6 : "dite aussi phase de pandémie, [...] se caractérise par des flambées à l’échelon communautaire dans au moins un pays d’une autre Région de l’OMS en plus des critères définis à la phase 5".

Pourquoi avoir changé les critères 2005 pour des critères 2009 automatiquement plus alarmistes ? Il est encore trop tôt pour le dire de manière sûre. Mais il n'y a, à mon sens, que deux réponses possibles : ou l'OMS en les changeant a fait preuve d'incompétence puisqu'il n'y a pas eu réellement pandémie [l'ancienne définition était bien plus conforme avec la réalité du terrain]; ou l'OMS a été corrompue par les fabricants de vaccins, pour lesquels ce fut le marché du siècle...

Francis Richard

Articles précédents sur le sujet :

Après le réchauffement la grande peur fabriquée de la grippe A/H1N114.08.2009
Influenza gate: en Suisse le nombre incertain de doses de vaccins en trop07.01.2010
Influenza Gate : des vaccins contre la grippe A/H1N1 sont-ils bons pour la poubelle?05.01.2010

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569e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 20:15
vaccin contre grippe a h1n1La grippe A/H1N1 n'est pas ce qu'elle aurait dû être si l'on en croyait les spécialistes qui se sont mis le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. En effet cette fichue grippe aurait dû prendre les dimensions d'une pandémie planétaire. Elle aurait dû clouer au lit et tuer beaucoup de monde. Les gens auraient dû avoir peur et se faire vacciner par millions, de surcroît plutôt deux fois qu'une. Les armes de vaccination massive (la photo ci-contre provient du Figaro ici) auraient dû relancer l'économie pharmaceutique par la grâce des Etats, qui savent mieux que vous ce que vous devez faire, et qui l'ont prouvé une fois de plus.

Un peu de jugeote et l'habitude de voir les Etats agiter le spectre de la peur pour faire rentrer les hommes dans le rang auraient dû suffire pour se rendre compte que tout cela n'était que du pipeau. Je ne le dis pas a posteriori comme d'autres. Dès la mi-août compte tenu de ce qui s'était passé dans l'hémisphère sud qui nous avait devancés dans la période hivernale et la grippe porcine, j'écrivais un article pour dénoncer cette grotesque machination des Etats de l'hémisphère nord (voir mon article du 14 août 2009, Après le réchauffement la grande peur fabriquée de la grippe A/H1N1)  , prenant pour argent comptant ce que leur disait l'OMS pour se faire valoir, comme ils écoutent pieusement le GIEC en matière de réchauffement climatique.

A l'époque nous n'étions pas nombreux à nous insurger contre cette peur fabriquée. Mais il y avait des voix discordantes, d'ailleurs plus autorisées que la mienne, telles que Martin Winckler ou Marc Gentilini, à qui La Première , station d'information de la Radio Suisse Romande, RSR, donnait la parole, pour appeler les populations à ne pas céder à cette panique montée de toutes pièces. L'internaute pourra se reporter à mon article du 14 août pour de plus larges extraits. Je ne résiste cependant pas à citer brièvement l'un et l'autre. Leurs propos prennent en effet un relief particulier, maintenant, à l'heure des bilans.

Le 12 août 2009, Martin Winckler disait à l'antenne de la Radio suisse romande :

"C'est très facile de créer une panique dans la population et c'est très facile de créer une panique chez les politiques qui ont peur qu'on leur reproche de ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour protéger leur population. Du coup c'est très facile de les manipuler en leur disant : commandez-nous donc des vaccins. Alors ils les commandent."

Le 14 août 2009, Marc Gentilini disait à l'antenne de la Radio suisse romande :

"Nous ne critiquons pas du tout les décisions prises par les pouvoirs publics mais j'appelle l'attention de ceux-ci sur les comptes qu'ils pourraient être amenés à rendre. Car pécher par défaut est une faute, mais pécher par excès peut en être une autre."

Hier Roselyne Bachelot, Ministre de la santé française, prenait la décision (ici) d'annuler plus de la moitié des commandes de vaccins passées par l'Etat français. Les commandes passées par l'Etat français - c'est bien connu - n'engagent que leurs fournisseurs : belle démonstration de moralité étatique de la part d'un Etat qui se prétend un parangon de probité! L'économie sera cependant moindre qu'annoncée préalablement, 712 millions d'euros au lieu de 869 millions d'euros, parce qu'entre-temps la TVA, qui aurait dû être récoltée par le même Etat, est passée de 19,6% à 5,5%, du fait de l'autorisation donnée à la mise sur le marché des dits vaccins ... Superbe ! 

Madame Bachelot a eu trois fois tort. Se fiant bêtement à des spécialistes - des noms ! - qui lui disaient que deux doses seraient nécessaires pour être immunisé, elle avait cru bon de commander 94 millions de doses de vaccins pour un pays peuplé de 65 millions d'habitants. Elle avait surestimé sa capacité à faire peur puisque seulement 5 millions de personnes se sont fait vacciner (ici). Elle avait surestimé la pandémie, moins méchante qu'une grippe saisonnière, puisque les décès au 29 décembre se montaient à 198 (ici) contre les 8000 annuels dus à une grippe saisonnière.

Il ne faut pas croire que les autorités helvétiques soient plus intelligentes que les autorités françaises, aussi bien en matière de grippe pandémique que de réchauffement climatique. En effet à l'heure du bilan provisoire, les résultats sont quasiment les mêmes qu'en France. La Suisse aurait en effet commandé 13 millions de doses de vaccins (ici) pour 7,5 millions d'habitants, sans doute en se fiant aux mêmes spécialistes que ceux de Madame Bachelot . Seulement les Suisses sont un peu plus moutons que les Français en matière de vaccins. Ils ont donc été 2 à 3 fois plus nombreux, en proportion, à se faire vacciner. Du coup les surplus sont plus modestes. La Suisse déplore 12 décès (ici) à la date du 27 décembre contre 400 à 1000 dus chaque année à la grippe saisonnière ...

En France comme en Suisse, que des commandes de doses de vaccins soient annulées ou qu'elles soient revendues, il restera encore des stocks. Seront-ils utilisables pour une hypothétique deuxième vague pandémique ou bons pour la poubelle ? 

L'OMS, à l'origine de cet immense gâchis, tente de se justifier en disant que la comparaison de la mortalité due à la grippe pandémique et à la grippe saisonnière n'est pas pertinente (ici)... Peut-être mais il n'en demeure pas moins que l'OMS a fait beaucoup de bruit pour rien et que, ce faisant, il sera désormais difficile de la croire en cas de réelle pandémie.

Francis Richard

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goldi et hamdani
 

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:50

hannibal_0.jpgHannibal Kadhafi jouit de l’immunité diplomatique par filiation. Ce diplomate, qui s’est contenté de naître des œuvres d’un certain Mouammar Kadhafi, sombre despote de Tripoli, a une particularité. Sa diplomatie ne s’exerce que sous la forme d’une main leste qui s’abat périodiquement sur son entourage immédiat.


On ne lui connaît pas d’autre activité que celle-là. Du moins si l’on en croit les gazettes.


En effet, pour Hannibal, la domesticité n’est pas un vain mot. Elle inclut sa femme, Aline, tantôt complice, tantôt victime de cette main tantôt baladeuse, tantôt ferme et souple à la fois. Elle inclura  quand ils seront plus grands les trois rejetons qu’Aline lui a donnés. Elle a inclu deux employés pour lesquels les sévices de cette auguste main étaient compris.


Le dernier incident diplomatique à son actif se situe à Londres (ici, d'où provient la photo ci-dessus), dans un grand hôtel cela va de soi. Car l’Hannibal, qui doit avoir dans ses gènes celui du nomadisme, ne se promène pas à dos de chameau, d’oasis en oasis dans le désert libyen, mais en jet, de palace en palace dans l’espace européen, au sens large, puisqu’il inclut la Suisse.


Jean Smet, qui a élu domicile dans ce pays réputé pour son chocolat et ses banques, dans un refrain, nous explique tout le bien qu’il pense de ce genre d’exercice diplomatique :


Les coups,
Quand ils vous arrivent,
Oh oui, ça fait mal.
Les coups,
Qui apprennent à vivre,
Oh oui, ça fait mal


Les coups, ça fait donc mal, certes, mais ils vous apprennent à vivre. N’est-ce pas l’essentiel ? Qui plus est, comme le souligne ce bon Jean Smet :


Plus les coups sont durs et plus vite on apprend
A devenir quelqu'un qui se défend.


Comme l’Hannibal, qui est le meilleur ami de l’home, a dû y aller de main trop morte, je suis sûr qu’il a crié, crié, Aline, pour qu’elle revienne prendre des coups … parce qu’il pleurait de rage et avait pris trop de peine à l’ouvrage.


Ce n’est donc pas par manque de doigté ou de jugeote (ici) que la police genevoise s'est rendue responsable de la rétention de deux citoyens helvétiques dans le pays natal d’Hannibal, mais pour avoir confondu les droits de l’homme avec les droits de l’home, sans doute par inattention auditive, ce qui a constitué un crime de lèse majesté.


Francis Richard  






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530e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani
 

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 19:00
Arrêtés le 15 juillet 2008, à juste titre, pour les sévices qu'ils ont infligés à leurs deux domestiques [photos ci-contre et ci-dessous provenant du site Intérêt Général ici], puis relâchés sous caution au bout de 48 heures, Hannibal Kadhafi et sa femme Aline ont demandé à Papa Muammar, dès leur retour sur le sol libyen, d'arrêter des ressortissants helvétiques en guise de représailles.

Comme Muammar est un bon père, aussitôt demandé, aussitôt fait. La Libye est un état de droit ... du plus fort, au seul profit du gang Kadhafi. Le 19 juillet 2009 deux citoyens suisses sans défense sont donc jetés dans les geôles libyennes sous le prétexte fallacieux qu'ils ne sont pas en règle avec la législation du pays sur l'immigration. Personne n'est dupe qu'il s'agit d'une basse vengeance. Dans d'autres pays une telle infraction à la législation migratoire se traduirait au pire par une mesure d'expulsion.

Relâchés à leur tour sous caution dix jours plus tard, les deux otages suisses ont l'insigne honneur de ne pas avoir le droit de quitter le sol sacré libyen et n'ont pas d'autre choix, par mesure de sécurité, que de se réfugier à l'ambassade suisse de Tripoli pendant plus d'un an. Le 25 septembre 2009, après la fructueuse rencontre, à l'ONU, entre le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, et le Führer libyen, Muammar Kadhafi, et à la faveur d'un contrôle médical, ils sont emmenés vers une destination inconnue, sans doute pour les soigner d'être suisses.

Depuis leur arrestation arbitraire en juillet 2008 - dans la plus pure tradition des régimes totalitaires et népotiques - les domestiques molestés ont été dédommagés par la Libye, les poursuites contre leurs persécuteurs ont été abandonnées par le procureur de Genève, les capitaux libyens ont quitté la Suisse, les relations commerciales entre les deux pays ont été réduites à une peau de chagrin, le président de la Confédération a présenté ses excuses à la Libye - J’exprime mes excuses au peuple libyen pour l’arrestation injuste (1) de diplomates libyens par la police de Genève - et a signé un accord le 20 août dernier qui prévoyait que les relations entre la Libye et la Suisse seraient régularisées sous 60 jours, un avion a été envoyé le 25 août chercher les otages et est revenu avec ... leurs bagages.

Le délai de 60 jours a maintenant expiré depuis deux jours et, comme soeur Anne, nous n'avons rien vu venir. Un avion a même été envoyé là-bas dimanche dernier pour voir les choses de plus près. Il est revenu le lendemain, ce qui n'étonne personne ici, sans les otages (ici) et l'on ne sait toujours pas quel sort leur a été réservé. La femme de l'un d'entre eux n'a pas de nouvelles de son mari depuis le traquenard qui lui a été tendu le 25 septembre dernier et s'inquiète sérieusement sur son sort (ici). Aujourd'hui le Conseil fédéral, représenté par Hans-Rudolf Merz et Micheline Calmy-Rey, a tenu une conférence de presse pour ... ne rien dire sur la nouvelle stratégie qu'il va adopter face au gang Kadhafi qui tient la Libye en coupe réglée (ici), qui a "kidnappé" les deux Suisses et violé les Conventions de Vienne sur les relations consulaires:

Le problème n'est pas en Suisse, le problème est en Libye.

Dans ce contexte Blondesen écrit en toutes lettres sur son blog (ici) ce que beaucoup pensent désormais tout bas:

Nous, le Peuple suisse, nous avons aussi la possibilité de faire pression: en acceptant l'initiative contre les minarets et en disant au monde entier que c'est notamment à cause de gens comme Kadhafi que nous n'en voulons pas chez nous. 

Puisque la TSR refuse d'indiquer depuis quand les otages sont empêchés de quitter la Libye (ici) je suggère que tous les médias libres, à chaque nouvelle publication, rappelle ce décompte des jours que la pleutrerie de la radio "nationale" lui interdit de mentionner.

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460e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani  

Francis Richard  

(1) L'internaute peut juger - au vu des photos des sévices - si l'arrestation des "diplomates" libyens par filiation (voir mon article L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation ) était injuste ou non. Ces sévices étaient décrits en ces termes par Valéry Duby dans Le Matin du 18 juillet 2008 :

La jeune femme, engagée à Dubaï  il y a un peu plus d’un mois, porte encore les traces des sévices subis sous son œil gauche. Un coup de poing de monsieur suivi d’un coup de cintre de madame pendant leur séjour genevois.


Le Marocain soulève son T-shirt pour montrer les traces d’un coup de couteau sur la poitrine et de ceinturon dans le dos. Probablement de plus vieilles blessures. 

L'article de Valéry Duby n'existe plus sur le site du Matin...

Rappel des précédents articles sur l'affaire Kadhafi :

Retour sur la 64e session de l'ONU et le bras de fer Kadhafi-Merz du 01.10.09
Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... du 08.09.09
Affaire Kadhafi : en attendant le retour des deux otages. du 27.08.09
Affaire Kadhafi : C'est la honte ! Hans-Rudolf Merz a fini par se coucher du 20.08.09
La prise d'otages en Iran comme en Libye est une politique de dictature du 11.08.09
Affaire Kadhafi : avant de franchir les 2 derniers millimètres du 23.07.09
Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi du 29.06.09
L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation du 24.04.09
Kadhafi réclame 300'000 francs à la Suisse pour jouer au Père Noël  du 24.12.08
Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses  du 9.10.08
Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  du 13.08.08
Affaire Kadhafi : trompe-l'oeil du parallèle entre Libye et Suisse du 31.07.08
Affaire Kadhafi : baisser son pantalon en étant dans son bon droit du 29.07.08
L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris du 25.07.08


L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème. 

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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 19:00
L'illettrisme n'est pas simplement le fait de ne pas savoir lire, mais surtout de ne pas comprendre ce que l'on lit. L'Office fédéral de la culture en donne une définition (ici), qui, à défaut d'être écrite dans une langue superbe, dit bien ce que ce néologisme veut dire :

L’illettrisme est un phénomène social observable dans les pays industrialisés ; il décrit le fait d’adultes qui parlent la langue du pays ou de la région dans laquelle ils vivent, qui ont fréquenté l’école obligatoire (au moins 9 ans), mais qui maîtrisent mal les compétences de base – la lecture, l’écriture et le calcul.

Après le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, qui a pris ses désirs pour des réalités et mal compris la missive que lui avait envoyée le Premier ministre libyen [voir mon article Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... ], après la déformation des propos tenus par le Professeur Uli Windisch dans Le Nouvelliste [voir mon article Uli Windisch, sociologue, a dit la vérité, il doit être exécuté ], nous avons un nouvel exemple de l'illettrisme qui sévit aussi bien en France voisine que dans les médias romands avec l'affaire de la pub de l'UDC Genève parue hier dans La Tribune de Genève [photo ci-dessus tirée du quotidien genevois ici].

L'internaute pourra juger sur pièce. Que dit donc cette pub ?

Le CEVA ?
Un nouveau moyen de transport pour la racaille d'Annemasse !
Expulsons les criminels étrangers !
Ne leur offrons pas encore un accès à Genève !
Votons UDC !

Pour l'internaute qui n'est pas du coin, il faut bien expliquer ce qu'est le CEVA. CEVA (ici) est un acronyme pour Cornavin Eaux-Vives Annemasse. C'est un projet de liaison ferroviaire entre Annemasse et la gare de Cornavin à Genève. Il s'agit de desservir une quarantaine de gares sur 60 km, de créer un RER transfrontalier Franco-Valdo-Genevois. Les CFF [Chemins de fer fédéraux] et la SNCF [Société nationale des chemins de fer français] ont créé une société pour étudier ce projet qui ne verra le jour que dans une dizaine d'années.

Qu'est-ce que la racaille d'Annemasse ? S'agit-il, comme l'interprètent les illettrés, des Annemassiens dans leur totalité, voire des frontaliers en particulier ?

Sur le site de la ville d'Annemasse (ici), le maire de gauche, Christian Dupessey, fait cette déclaration délirante, intitulée L'UDC déraille :

Par encart publicitaire et article sur latribunedegeneve.ch, l'UDC se déchaîne par des propos racistes inacceptables. Les Annemassiens sont directement attaqués dans leur honneur et leur vie quotidienne.
Le Maire d'Annemasse, au nom de tous ces concitoyens, se réserve le droit de porter plainte pour diffamation et insultes racistes.
Le Maire d'Annemasse regrette qu'un grand quotidien genevois publie de tels propos. Le Maire d'Annemasse tient à dire sa confiance dans la maturité politique et citoyenne du peuple Genevois.
C'est ensemble que nous construirons notre région commune. C'est ensemble que nous construirons la colonne vertébrale de cette région qu'est le CEVA. C'est ensemble que nous rejetterons les dérives racistes et xénophobes insupportables dans nos démocraties.

Car, si on lit cette phrase - un nouveau transport pour la racaille d'Annemasse -, sans a priori, l'emploi du terme "racaille" ne peut viser que de petites minorités troubles en provenance d'Annemasse.

Que signifie en effet le mot "racaille" ? Le Larousse donne cette définition classique :

Populace méprisable ; catégorie de personnes considérées comme viles.

Le Littré donne celle-ci, qui n'est pas moins classique :

La partie la plus vile de la populace.

Les deux dictionnaires sont donc d'accord sur l'emploi de deux mots : vil et populace.

Or vil au sens propre signifie "de peu de valeur" et au sens figuré "méprisable". Quant à "populace" il s'agit de la frange la plus basse d'un peuple. En s'en prenant à la "racaille" d'Annemasse, l'UDC Genève désigne donc une partie infime de la population d'Annemasse.

Il est même vraisemblable que l'UDC Genève entend "racaille" dans l'acception récente des quartiers défavorisés français, qui désigne ainsi les individus qui règnent par la crainte dans de tels quartiers, en verlan "caillera".

Que des frontaliers se soient sentis visés par le mot de "racaille", qui est très restrictif, en dit long sur les fantasmes que l'idéologie anti-raciste, créée par la gauche, peut susciter en France. Il est évident que l'UDC, dont le discours est différent de celui du MCG [Mouvement des citoyens de Genève] sur le sujet des frontaliers, ne visait dans cette pub que les criminels étrangers, qu'elle demande d'ailleurs d'expulser à la phrase suivante.

Or il faut se voiler la face pour ne pas voir que plus de 70% des condamnations pénales à Genève sont prononcées contre des étrangers (ici), venus de France pour une grande part. Reste bien sûr à savoir pourquoi il y a une telle criminalité étrangère à Genève. Peut-être les édiles de la France voisine devraient-ils se demander si leur incapacité à juguler leur propre criminalité chez eux et si la politique économique étatiste d'appauvrissement qui sévit chez eux ne sont pas des raisons suffisantes pour inciter leur "racaille" à aller saccager la Suisse voisine.

En région parisienne, le RER, et ses différentes branches A, B, C et D, sont de formidables moyens de transport, mais ils peuvent être, et ont été, des moyens de transport rapides permettant à la "racaille" des banlieues, au sens moderne du terme, de venir plus facilement faire des actions punitives dans la capitale. L'exemple qui me vient naturellement à l'esprit est celui des incursions de la "racaille" des grandes banlieues lors des manifestations contre le CPE.

Il ne fait donc pas de doute que c'est à ce genre d'accès facilité pour la "racaille" que l'UDC Genève fait allusion dans son avant-dernier slogan :

Ne leur offrons pas encore un accès à Genève !

En réalité la discussion devrait porter sur le bien-fondé de cette assertion - que le CEVA facilitera la venue de "racaille" à Genève - plutôt que sur le caractère  raciste inexistant des phrases qui composent cette pub.

Francis Richard 

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:30
Il y a un abysse entre Muammar Kadhafi et Hans-Rudolf Merz [photo ci-contre parue dans 24 Heures ici], entre le bédouin de carnaval, jamais sans sa tente, et le docteur es sciences politiques, entre le barbare et le civilisé, entre le fou..rbe et le naïf. Ils ne jouent pas dans la même cour et ne peuvent pas se comprendre. Que peuvent avoir en commun un dictateur à vie et un président élu démocratiquement pour un an? Rien.

Les discours qu'ils ont prononcés l'un et l'autre devant l'Assemblée générale de l'ONU montrent à quel point ils sont différents, inconciliables. Le premier, Kadhafi, ne respecte pas les règles, le second, Merz, les respecte peut-être un peu trop. Le premier a parlé plus d'une heure et demi, le second a respecté le temps de parole qui lui était imparti, soit bien moins que les 15 minutes réglementaires.

L'internaute me pardonnera de m'être contenté du résumé établi par la délégation libyenne (ici), même s'il est plus construit que le discours théâtral effectivement prononcé. Je n'ai pas eu le courage de m'infliger le pensum de la vidéo d'une heure 36 minutes du discours du Guide de la révolution de Libye, prononcé le 23 septembre 2009 et qui a lassé même ses plus chauds admirateurs.

En dehors des effets de scène, comme celui de triturer, déchirer, puis lancer derrière lui la Charte des Nations-Unies, ou de conseiller au président Obama, qu'il appelle mon fils, de devenir comme lui dictateur à vie, ou encore d'évaluer à 77,7 milliards de dollars (?) ce que doivent les anciens colonisateurs aux anciens colonisés, il remet en cause le Machin - comme l'appelait affectueusement le général de Gaulle - en se basant sur le propre préambule de sa propre charte, en contradiction avec la charte elle-même, et en soulignant le jeu trouble poursuivi par le Conseil de Sécurité.

Ses remarques, pas toutes farfelues, montrent à quel point l'ONU est une institution critiquable non seulement parce qu'elle est inefficace et coûteuse, mais parce qu'elle est complètement utopique, qu'elle relève de cette idéologie néfaste qu'est le mondialisme, qu'il ne faut pas confondre avec la mondialisation. Muammar Kadhafi est certes mal placé pour faire des remarques sur la démocratie, mais il n'empêche que ce cynique a raison quand il souligne que, selon le Préambule, les pays sont égaux, qu'ils soient grands ou petits, et que le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité est la preuve du contraire.

Kadhafi a raison de dire, en riant sous djellaba, qu'il y a contradiction entre les interventions, éventuellement militaires, de pays disposant du droit de veto, et l'affirmation de la Charte selon laquelle aucun pays n'a le droit d'intervenir dans les affaires intérieures d'un autre pays. Il a encore raison de souligner qu'augmenter le nombre de sièges au Conseil de Sécurité ne résout rien, mais il ne peut que feindre de croire que la solution est de ne plus admettre d'autres membres, mais d'accorder l'égalité à ceux qui en font déjà partie.

Tel quel, selon lui, le Conseil de Sécurité devrait être appelé le Conseil de la terreur. Les superpuissances se servent de l'ONU pour servir leurs intérêts et, au lieu d'apporter au monde la sécurité, ne lui apportent que terreur et sanctions. Parole d'expert...Il en tire la conclusion que le monde n'a pas à suivre ses règles et ses décisions. Il aimerait bien que l'Union Africaine dispose d'un siège au Conseil de Sécurité et qu'après avoir siégé 50 ans dans l'hémisphère nord l'Assemblée générale de l'Organisation se tienne dans l'hémisphère sud pendant les 50 prochaines années...

En contrepoint, dans son discours prononcé le lendemain (ici), Hans-Rudolf Merz dit tout le bien qu'il pense de l'ONU, même si elle peut mieux faire :

La coopération internationale est devenue vitale. L'ONU est le lieu où une telle coopération est mise en oeuvre. Aujourd'hui, le monde a plus que jamais besoin de l'ONU. L'ONU doit poursuivre sur le chemin de la réforme afin de renforcer sa légitimité.

Il salue le rôle de l'ONU :

L'ONU a une légitimité unique pour jouer un rôle actif dans la prévention des conflits, la médiation, la protection des civils, le maintien et la consolidation de la paix. Mon pays salue l'engagement accru de l'ONU dans ces domaines et préconise surtout le renforcement des capacités de prévention et de
médiation du système onusien.

Il se montre plus critique envers le G20 qui doit développer ses échanges avec l'ONU :

Le G-20 manque de légitimité et ne dispose pas de procédures transparentes pour décider des sanctions. Les membres du G-20 eux-mêmes ne sont pas soumis au même type
d'examen. La Suisse préconise une égalité de traitement et une meilleure consultation entre les non-membres du G-20.

Il se fait défenseur de l'économie libérale :

La crise actuelle a parfois été utilisée par certains pour remettre en cause l'économie de marché et la globalisation. Je ne conteste pas le besoin de réforme, les échecs et les abus ayant été trop grands pour être ignorés. Nous devons toutefois nous rappeler que c'est également grâce à l'ordre économique libéral et à l'ouverture des marchés qu'une bonne partie de la population mondiale est sortie de la pauvreté.

Mais dans le même temps il souhaite que les voix du FMI, de la Banque Mondiale, du PNUD [Programme des Nations-Unies pour le développement], de l'ONU, soit autant de Machins, se fassent entendre par le G-20; il promet que la Suisse maintiendra son aide au développement; il propose la création d'une taxe CO2 à l'échelle mondiale fondée sur le principe du pollueur-payeur.

Il croit, sans rire dans son costume-cravate, que le Conseil des droits de l'homme est efficace :

Le Conseil des droits de l'homme est le forum principal pour discuter des droits de l'homme à l'ONU. Tant les procédures spéciales que l'Examen périodique universel ont prouvé leur efficacité en tant qu'instruments dans la promotion et la protection des droits de l'homme. Toutefois, nombreux sont les défis qu'il reste à relever. La Suisse continuera à travailler avec détermination pour un Conseil des droits de l'homme efficace et présentera sa candidature pour un second mandat en 2010. La protection des droits de l'homme, tout comme la promotion de la démocratie et le renforcement des règles de droit, constitueront également les priorités de la présidence de la Suisse au Conseil de l'Europe de novembre 2009 à mai 2010.
 

Bref, tandis que Kadhafi, non sans arrière-pensées, rue dans les brancards, Merz se fait consensuel. A l'iconoclaste, au maître-chanteur, s'oppose le conformiste, le crédule. Le discours poli succède au discours taillé.

Ce sont ces deux personnages dissemblables qui se rencontrent pendant 40 minutes le soir du 24 septembre 2009. La rencontre a lieu à la mission libyenne à l'ONU, à New York. Kadhafi prend déjà l'avantage puisqu'il est en quelque sorte chez lui. Que se disent-ils pendant tout ce temps? Mystère.

Toujours est-il que Merz ressort la mine réjouie, cocu et content, comme on va le voir. Jean-Cosme Delaloye rapporte dans 24 Heures du 25 septembre 2009 (
ici) :

Le Président dit avoir obtenu de Muammar Kadhafi, un homme "poli", qu'il se penche personnellement sur le cas des deux Suisses.

Pas plus tard que le lendemain de la rencontre, le 25 septembre 2009, on apprend (
ici) comment Muammar Kadhafi s'est penché sur le cas des deux Suisses :

Sous prétexte d'un contrôle médical, les deux Suisses ont été convoqués il y a une semaine par les autorités libyennes. Mercredi, par le biais d'une note diplomatique, Tripoli a informé les autorités suisses de la détention des deux hommes d'affaires dans un lieu «sûr».

Depuis on a appris que Muammar Kadhafi exige de nouvelles excuses de la Suisse (
ici), cette fois pour la publication dans la presse genevoise de photos d'identification de son fils Hannibal, prises lors de son arrestation. Nouvelle rumeur? Le Matin du 30 septembre 2009 publie d'abord un démenti de la porte-parole d'Hans-Rudolf Merz, puis rend inaccessible cet article : http://www.lematin.ch/actu/kadhafi-demande-nouvelles-excuses-suisse-faux-dement-berne-172692. Autocensure ?

Dans cette partie de bras de fer, acier contre fer blanc, Muammar Kadhafi a toujours un coup d'avance...sur Hans-Rudolf Merz, qui ne peut même pas imaginer, droit dans ses souliers, que l'autre soit aussi tordu dans ses babouches...

Francis Richard

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 20:50

L'arrestation du grand cinéaste Roman Polanski [photo publiée par Le Point ici] ne peut pas laisser indifférent. Certes il serait fait beaucoup moins de battage s'il s'agissait d'un citoyen lambda. Pour être le plus juste possible il faut donc bien le considérer comme tel, comme un citoyen lambda. L'argument selon lequel il faut le considérer avant tout comme un grand artiste, en conséquence intouchable, est un mauvais argument. Il peut même se retourner contre le réalisateur de Chinatown et du Pianiste

Personne ne doit être considéré, ni ne peut se considérer, comme au-dessus des lois punissant le crime. Ce qui est particulièrement vrai en matière de crime sexuel. Et le réflexe de soutien corporatiste à Roman Polanski, s'il devait avoir pour résultat improbable sa libération,  ne pourrait que renforcer le sentiment que La Fontaine avait raison : Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir...

Les circonstances dans lesquelles s'est déroulée son arrestation peuvent indigner (ici). Je le conçois fort bien. Roman Polanski est un invité de marque du Festival du Film de Zürich (ici), au cours duquel il doit recevoir un prix pour l'ensemble de son oeuvre, et recevoir l'hommage du chef de l'Office fédéral de la culture, Frédéric Jauslin. Or il est arrêté, le 26 septembre, au soir, à sa descente d'avion par la police zurichoise, à la demande, faite la veille, de la justice californienne. La main gauche ignore-t-elle donc ce que fait la main droite? S'agit-il d'un traquenard? 

Ce qui peut étonner en tout cas c'est que Roman Polanski se rend régulièrement en Suisse, à Gstaad, où il possède un chalet, et que, justement, il est arrêté le jour où il se rend à Zürich pour y recevoir un prix, alors qu'il y avait certainement d'autres occasions de le cueillir, dans des circonstances plus discrètes. Cela manque de finesse, comme dit en substance Madame Calmy-Rey (ici). Au Téléjournal de ce soir, sur TSR1, Darius Rochebin évoque la possibilité que ce soit les avocats de l'artiste qui aient provoqué involontairement son arrestation en demandant cet été à la justice californienne l'abandon des poursuites contre leur client... ce qui aurait relancé l'affaire.

Quoi qu'il en soit des circonstances, il faut préciser que la Suisse ne pouvait pas se dérober à la demande d'extradition de la justice californienne. Si en Suisse le crime sexuel de Roman Polanski, relations avec une mineure de 13 ans, est prescrit - le crime de pédophilie a été rendu récemment imprescriptible en Suisse, mais cette imprescriptibilité ne s'applique pas aux crimes anciens -, il ne l'est pas aux Etats-Unis. Or, comme le rappelle, dans 24 heuresMe Christophe Piguet, spécialiste de l'entraide judiciaire, l'extradition doit être ordonnée en fonction du droit américain (ici).

La défense de Roman Polanski ne peut donc pas se fonder sur la forme qu'a prise son arrestation, ni sur le droit stricto sensu. Le crime qu'il a commis est-il odieux ? Oui, il a violé une petite fille en la faisant boire du champagne et en lui administrant un sédatif puissant . Au moment des faits, il n'est pas un perdreau de l'année, il a 44 ans, mais il a eu - il est vrai - bien des malheurs. Sa victime (ici), Samantha Geimer, n'a pas de rancoeur contre lui, ni, d'ailleurs, de sympathie pour lui non plus. A l'époque, un accord est intervenu entre le procureur et les avocats des deux parties, et il a été approuvé par le juge : la reconnaissance de sa culpabilité par Roman Polanski et les 47 jours de détention qu'il a déjà effectués sont pénitences suffisantes pour satisfaire la partie civile.

A la surprise des autres protagonistes, à la dernière minute, le juge revient sur sa parole et n'honore pas cet accord. C'est pourquoi Roman Polanski fuit pour échapper à une peine qui peut aller jusqu'à 50 ans de prison. Samantha Geimer est sévère avec le juge, plus intéressé à sa propre réputation qu'à un jugement équitable et au bien-être de la victime, qui, par la publicité faite autour de l'affaire, a souffert en quelque sorte une peine à vie. Quand elle dit cela au Los Angeles Times 26 ans ont déjà passé. 6 autres se sont encore écoulés depuis. Roman Polanski est devenu un autre homme et, à ma connaissance, il n'a jamais récidivé. C'est tout cela qu'il faut aujourd'hui prendre en considération, pour apprécier son cas, et certainement pas sa qualité d'artiste éminent.

Plutôt que de s'en prendre à la Suisse, qui n'a fait, sans beaucoup de finesse, il est vrai, qu'appliquer un accord international, les vociférateurs feraient mieux de s'en prendre à la justice californienne, qui continue de s'acharner contre Roman Polanski.

Comme je le rappelais dans mon article L'imprescriptibilité en matière pénale ne devrait pas exister  , publié le 26 novembre 2008 : 

Naguère les fondements de la prescription se trouvait dans l'oubli de l'infraction, dont il ne fallait pas raviver le souvenir, et dans l'inquiétude que devait éprouver le criminel de se voir un jour découvert. Ces fondements, dans des sociétés où les valeurs chrétiennes sont de moins en moins à l'honneur, se sont effrités et c'est bien dommage. Aujourd'hui il est de plus en plus rare que des victimes pardonnent  les offenses, encore moins qu'elles les oublient, et que des criminels éprouvent  du remords, encore moins du repentir.
 

Nous sommes dans le cas justement, me semble-t-il, où la prescription devrait s'appliquer, comme à tout citoyen lambda se trouvant dans la situation de Roman Polanski. Mais c'est à la justice californienne qu'il revient de le faire et de clore le dossier.

Francis Richard

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 22:45

Dans un mois l'hiver se terminera dans l'hémisphère sud et l'on peut déjà prendre une première mesure de ce qui s'y est passé pour ce qui concerne la grippe A/H1N1.

Comme c'est l'OMS [Organisation mondiale de la santé] qui a mis cette grippe au niveau d'alerte 6 (ici) - phase pandémique - le 11 juin dernier (ici), il est intéressant de connaître les chiffres (ici) de la prétendue pandémie annoncée, selon la même OMS : A la date du 6 août 2009, il y avait un peu moins de 180'000 (177'457) cas recensés dans le monde dont un peu moins de 1'500 (1'462) décès.

Certes la saison de la grippe va bientôt commencer dans les pays européens, mais on peut déjà dire que la grippe A/H1N1 semble moins virulente que prévue et qu'elle n'apparaît pas se propager davantage que les grippes saisonnières habituelles.

En avril 2009, l'OMS publiait un aide-mémoire sur la grippe saisonnière (ici). Dans ce document on pouvait lire :

Au niveau mondial, ces épidémies annuelles sont responsables d'environ trois à cinq millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès.

Il est bon d'avoir ces chiffres présents à l'esprit pour raison garder et ne pas céder à la panique qui semble gagner les esprits, parmi les plus hauts placés.

Selon l'OMS toujours (ici) :

Une pandémie de grippe est un phénomène rare mais récurrent.

Il y en a eu trois au vingtième siècle :


- la grippe espagnole en 1918 : 40 à 50 millions de morts dans le monde
- la grippe asiatique en 1957 : 2 millions de morts
- la grippe de Hong Kong en 1968 : 1 million de morts

Autant hier je me suis montré critique à l'égard de la TSR (voir mon article Les commentaires fielleux de "Temps Présent" sur les sanctifications ), autant je me dois de rendre hommage aujourd'hui à la RSR (Radio suisse romande) qui a donné mardi dernier et ce matin la parole à des voix discordantes sur le sujet de la grippe A/H1N1.

Dans le Journal du matin du 12 août 2009 de La Première (ici), parole a ainsi été donnée au médecin français Martin Winckler [son vrai nom est Marc Zaffran] (photo ci-dessus tirée de son site ici), qui enseigne l'éthique à l'Université de Montréal au Québec et qui a écrit le best-seller La maladie de Sachs, porté à l'écran en 1999, sous le titre éponyme, par Michel Deville, et dont voici la bande annonce :


La Maladie de Sachs- Bande annonce FR

Que dit Martin Winckler ? 

L'industrie pharmaceutique avait besoin d'une menace de pandémie pour justifier la vente d'un certain nombre de médicaments (...) Bien entendu une pandémie ce pourrait être très embêtant sur le plan économique. Bien entendu on a joué là-dessus pour accentuer la panique. Il n'en reste pas moins que matériellement il n'est pas possible de fabriquer les vaccins pour vacciner tout le monde contre une pandémie qui aurait lieu cet hiver. C'est une escroquerie.

Il ajoute :

La peur n'a pas seulement des retombées sur les vaccins mais sur la consommation médicale en général. Plus les gens ont peur plus ils vont voir le médecin, plus ils consomment de médicaments.(...) Il y a un jeu sur les fantasmes qui est très important, un jeu sur la peur ancestrale de l'épidémie.

Il évoque la peste, le choléra, l'origine animale des grippes, les légendes et conclut que :

 

C'est très facile de créer une panique dans la population et c'est très facile de créer une panique chez les politiques qui ont peur qu'on leur reproche de ne pas avoir pris les précautions nécessaires pour protéger leur population. Du coup c'est très facile de les manipuler en leur disant : commandez-nous donc des vaccins. Alors ils les commandent.

Puis, dans le Journal du matin du 14 août 2009 de La Première (
ici), parole a ainsi été donnée à Marc Gentilini (photo ci-contre tirée du site de La Première), spécialiste des maladies infectieuses, membre de l'Académie française de médecine, ancien président de la Croix-Rouge française.

Marc Gentilini est surtout choqué par la disproportion des moyens mis en oeuvre contre la grippe A/H1N1 dans le Nord alors que par exemple il y a dans le monde - plus particulièrement dans le Sud - un million de morts par paludisme chaque année et 200 000 morts d'enfants chaque semaine : 

On consacre beaucoup d'argent à des fléaux annoncés mais qui ne sont pas réalisés. C'est le cas de la grippe A. (...) Les responsables politiques ont très peur d'être accusés de laxisme, ont peur qu'on leur reproche ce qui s'est passé en France en particulier pour la canicule en 2003 ou pour le sang contaminé pour le SIDA quelques années plus tôt. Tout cela fait que les décisions qui sont prises ne sont pas des décisions rationnelles. 

Vient alors ce passage que je ne peux manquer de rapprocher de ce qui se passe pour le réchauffement climatique :

Elles [ces décisions] sont prises sous l'impulsion d'experts en chambre qui agissent à partir de modèles qui sont déterminés par un certain nombre de gens, qui aboutisssent à des catastrophes, à la programmation de catastrophes. Or ce qui nous manque ce sont des gens de terrain. Nous ne critiquons pas du tout les décisions prises par les pouvoirs publics mais j'appelle l'attention de ceux-ci sur les comptes qu'ils pourraient être amenés à rendre. Car pécher par défaut est une faute, mais pécher par excès peut en être une autre.

Francis Richard

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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