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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 07:30

Vargas LLosa Nobel Littérature 2010Le 7 décembre 2010, Mario Vargas Llosa [la photo provient d'ici], écrivain péruvien, prononce à Stockholm son discours d'acceptation du Prix Nobel de Littérature. Il ne s'agit pas d'un discours convenu comme on va le voir. Est-ce pourquoi la presse romande lui a fait aussi peu d'écho, pour ne pas dire qu'elle a observé à son propos un silence assourdissant ? 

 

Le lauréat 2010 a intitulé son discours ici Eloge de la lecture et de la fiction. Et, effectivement il fait d'abord l'éloge de la lecture puis de la fiction dans sa conférence Nobel.

 

Très tôt, le petit Mario, pour qui l'apprentissage de la lecture est ce qui lui est arrivé de plus important dans la vie, lit des romans d'aventure écrits par Jules Verne, Alexandre Dumas et Victor Hugo :

 

"La lecture transformait le rêve en vie et la vie en songe, en mettant à la portée du petit bonhomme que j'étais l'univers de la littérature."

 

Ses lectures ont eu pour effet de lui donner envie d'écrire à son tour, pour, en quelque sorte, "prolonger dans le temps [...] les histoires qui avaient rempli [son] enfance d'exaltation et d'aventures."

 

Mais écrire des histoires n'est pas chose facile. Heureusement qu'il existe des maîtres en littérature, tels que Flaubert, Faulkner, Martorell, Cervantès, Dickens, Balzac, Tolstoï, Conrad, MannSartre, Camus, Orwell, Malraux, pour lui apprendre, chacun à sa manière, les ingrédients qu'une oeuvre littéraire digne de ce nom doit comporter :

 

"Si je convoquais en ce discours tous les écrivains à qui je dois un peu ou beaucoup, leurs ombres nous plongeraient dans l'obscurité."

 

Quel meilleur moyen, pour le lecteur comme pour l'écrivain, de protester contre les insuffisances de la vie que la fiction ?

 

"Celui qui cherche dans la fiction ce qu'il n'a pas exprime, sans nul besoin de le dire ni même de le savoir, que la vie telle qu'elle est ne suffit pas à combler notre soif d'absolu, fondement de la condition humaine, et qu'elle devrait être meilleure. Nous inventons les fictions pour pouvoir vivre de quelque manière les multiples vies que nous voudrions avoir quand nous ne disposons à peine que d'une seule."

 

Les régimes d'oppression redoutent bien évidemment les oeuvres de fiction et ne se gênent pas pour les censurer et pour surveiller les écrivains indépendants. Car les fictions peuvent devenir séditieuses "quand le lecteur compare la liberté qui les rend possibles et s'y étale, avec l'obscurantisme et la peur qui la guettent dans le monde réel." 

 

Qu'est ce qui tisse des liens entre les hommes de tous les continents sinon la bonne littérature ? Qu'est-ce qui nous a tirés de la vie sauvage et nous a rapprochés "de la vie belle et parfaite simulée par la littérature" sinon la démocratie libérale, malgré toutes ses insuffisances ?

 

Dans sa jeunesse Vargas LLosa a été marxiste. Ses yeux se sont dessillés quand Cuba s'est aligné sur le modèle de Moscou, quand des dissidents ont fait connaître au monde le Goulag, quand les chars du Pacte de Varsovie sont entrés à Prague et quand il a lu Raymond Aron, Jean-François Revel, Isaiah Berlin et Karl Popper :

 

"Ces maîtres furent un exemple de lucidité et de hardiesse quand l'intelligentsia de l'Occident semblait, par frivolité ou opportunisme, avoir succombé au charme du socialisme soviétique ou, pire encore, au sabbat sanguinaire de la révolution culturelle chinoise."

 

C'est à Paris, en cherchant à s'inspirer des lieux où vécurent Balzac, Stendhal, Baudelaire, pour devenir un véritable écrivain, qu'il découvre la littérature latino-américaine. Il lit Borges, Octavio Paz, Cortazar, Garcia Marquez, Fuentes, Cabrera Infante, Rulfo, Onetti, Carpentier, Edwards, Donoso. Depuis cette époque l'Amérique latine a progressé :

 

"Nous souffrons de moins de dictatures que naguère, sauf à Cuba et au Venezuela, prêt à l'aider, ainsi que dans de pseudo-démocraties populistes et grotesques, comme celles de Bolivie et du Nicaragua." 

 

Vargas Llosa a vécu à Paris, Londres, Barcelone, Madrid, Berlin, Washington, New York, au Brésil et en République Dominicaine. D'être citoyen de monde n'a pas affaibli en lui les racines qui le rattachent à son pays natal qu'il aime, spontanément :

 

"Le Pérou, je le porte dans mes entrailles parce que j'y suis né, que j'y ai grandi et m'y suis formé, et que j'ai vécu là ces expériences d'enfance et de jeunesse qui ont modelé ma personnalité, forgé ma vocation, et parce que c'est là que j'ai aimé, haï, joui, souffert et rêvé. Ce qui s'y passe m'affecte davantage, me touche et m'exaspère plus que ce qui se produit ailleurs."

 

Il a failli perdre sa nationalité lors de la dernière dictature parce qu'il avait demandé que soient infligées à son pays des sanctions diplomatiques et économiques. Il a cette attitude à l'égard de toutes les dictatures qui représentent pour lui "le mal absolu pour un pays" : 

 

"Il est déplorable que les gouvernements démocratiques, au lieu de donner l'exemple en se solidarisant avec ceux qui, comme les Dames en Blanc de Cuba, les résistants du Venezuela, ou Aung San Suu Kyi et Liu Xiaobo, affrontent courageusement les dictatures dont ils pâtissent, se montrent souvent bienveillants, non envers eux mais envers leurs bourreaux."

 

S'il faut critiquer la conquête de l'Amérique qui fut cruelle et violente, Vargas Llosa sait qu'il est peu ou prou un descendant de ces conquérants espagnols qui s'y métissèrent et qui, depuis l'indépendance d'il y a deux cents ans, ont manqué l'émancipation des indigènes, suspendue encore de nos jours dans toute l'Amérique latine. Ce qui est un opprobre et une honte. 

 

L'Espagne est la deuxième patrie de Vargas Llosa, dont il a également la nationalité, accordée quand il allait perdre la sienne. Il sait tout ce qu'il lui doit et particulièrement d'être un écrivain connu pour y avoir été édité. Il y a vécu et y a assisté à la fin de la dictature :

 

"La transition espagnole de la dictature à la démocratie a été une des meilleures histoires des temps modernes, car elle a montré comment, lorsque la sagesse et la raison prévalent et les adversaires politiques rangent au vestiaire le sectarisme en faveur du bien commun, des faits prodigieux peuvent se produire comme ceux des romans du réalisme magique."

 

 Il déplore la balkanisation de l'Amérique latine qu'il attribue au nationalisme qui "transforme en valeur suprême, en privilège moral et ontologique, la circonstance fortuite du lieu de naissance" :

 

"Il ne faut pas confondre le nationalisme avec ses oeillères et son refus de "l'autre", toujours source de violence, avec le patriotisme, sentiment sain et généreux, d'amour de la terre où l'on a vu le jour, où ont vécu ses ancêtres et se sont forgés les premiers rêves, paysage familier de géographies, d'être chers et d'événements qui deviennent des moments-clés de la mémoire et des boucliers contre la solitude."

 

Après avoir rappelé tout ce que le Pérou représente pour lui, il revient à la littérature. C'est la lecture de bons livres qui l'a sauvé quand il perdit son innocence à onze ans, c'est à dire quand il a appris par sa mère que son père était vivant et qu'il allait vivre avec lui, alors qu'il lui avait toujours été dit jusque là qu'il était mort. C'est son travail de fabulateur qui "a été la lumière qui signale la sortie du tunnel, la planche de salut qui porte le naufragé jusqu'au rivage". 

 

Parce que le Lima des années cinquante ne connaissait pas de mouvement théâtral il s'est orienté vers l'art narratif. Le théâtre fut toutefois son premier amour. A la fin des années soixante-dix il a écrit une première pièce. De la voir jouer lui a donné un tel plaisir qu'il a récidivé plusieurs fois, entre deux romans, entre deux essais. A soixante-dix ans il s'est même traîné sur les planches, expérience fantastique, malgré tout son trac :

 

"Cette aventure téméraire m'a fait vivre pour la première fois en chair et en os le miracle que cela représente, pour quelqu'un qui a passé sa vie à écrire des fictions, que d'incarner pour quelques heures un personnage issu de son imagination, de vivre la fiction face au public."

 

Vargas Llosa est fasciné par le "processus jamais interrompu" qui a permis d'inventer toujours davantage d'histoires que l'on écoutait. Grâce à la naissance de l'écriture ces histoires ont pu être lues et le lecteur accéder "à la permanence que confère la littérature" :

 

"La littérature est plus qu'un divertissement, plus qu'un exercice intellectuel qui aiguise la sensibilité et éveille l'esprit critique. C'est une nécessité indipensable pour que la civilisation continue d'exister, en se renouvelant et en conservant en nous le meilleur de l'humain."

 

Car il y a un effet magique de la littérature qui justifie que nous continuions à lire et à écrire :

 

"Par ce sortilège, qui nous berce de l'illusion d'avoir ce que nous n'avons pas, d'être ce que nous ne sommes pas et d'accèder à cette existence impossible, où, comme des dieux païens, nous nous sentons terrestres et éternels à la fois, la littérature introduit dans nos esprits la non-conformité et la rébellion, qui sont derrière toutes les prouesses ayant contribué à diminuer la violence dans les rapports humains. A diminuer la violence, non à en finir avec elle. Parce que la nôtre sera toujours, heureusement, une histoire inachevée."

 

Francis Richard

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 22:15

Prix des cigarettesEn France le "marché" du tabac est entièrement réglementé et soumis aux caprices de l'Etat. Il semble avoir été inspiré par feue l'Union soviétique :

  

Altadis a le monopole de la distribution du tabac auprès des 28'000 buralistes que compte le pays

- les débits de tabac appartiennent à l'Etat

- un buraliste n'est qu'un préposé de l'Etat auquel il est lié par un contrat de gérance

- l'Etat fixe le prix du tabac selon son bon plaisir

- le revenu du buraliste est constitué par une remise fixée par l'Etat : 9% sur les cigares et cigarillos et 8% sur les autres produits du tabac, dont les cigarettes

- l'Etat, via les droits d'accise et la TVA, se taille la part du lion comme on va le voir.

 

En résumé, aucune liberté de commerce.

 

Prenons le cas emblématique des cigarettes [la photo provient d'ici]. Comme l'Etat ne se vante pas de la part qu'il prend sur le prix des cigarettes, c'est sur le site des Droits des non fumeurs ici que j'en ai trouvé la décomposition :

 

- 8%  pour le buraliste [à qui sont accordées des aides pour compenser les ventes transfrontalières !]

- un peu moins de 12% pour le fabricant, 11,61% exactement

- plus de 80% pour l'Etat, 80.39% exactement - qui se contente de faire son beurre en relevant les compteurs, comme un vulgaire maquereau - soit 64% de droits d'accise et plus de 16% de TVA

 

Ce qui est intéressant c'est de voir l'évolution du marché officiel des cigarettes. Ces chiffres-là proviennent de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies ici :

 

Année  Ventes de cigarettes
  Milliards unités Milliards euros
1991 97.1 6.42
1992 96.3 7.09
1993 93.6 8.07
1994 90.0 9.12
1995 88.3 9.73
1996 86.2 10.25
1997 83.0 10.63
1998 83.8 11.18
1999 83.7 11.71
2000 82.5 12.12
2001 83.5 12.89
2002 80.5 13.46
2003 69.7 13.20
2004 55.0 13.10
2005 54.8 13.06
2006 55.8 13.32
2007 55.0 13.42
2008 53.6 13.54
2009 54.9 13.98

 

Les chiffres de 2009 proviennent de Romandie.ch ici.

 

Que constatons-nous ? Que la consommation de cigarettes a été divisée par 1,76 et que dans le même temps le chiffre d'affaires a été multiplié par 2,18. A part égale, 80% et quelques, l'Etat a donc multiplié par 3,83 sa ponction par unité de ce produit. Parallèlement l'indice des prix à la consommation hors tabac [sic] a été multiplié par 1,2 ici. Ce qui veut dire que l'Etat a de fait mutiplié par 3,2 ses rentrées sur chaque cigarette.

 

Or il faut savoir qu'en 1991, au début de la période, la part de l'Etat était moindre qu'aujourd'hui. Sur le site tabacs-a-vendre.com ici j'ai trouvé qu'elle n'était alors "que" de 71,6%. Ce qui veut dire que sur la période allant de 1991 à 2000, l'Etat a, en réalité, en francs constants, multiplié par 3,6 le montant de ses rentrées fiscales par cigarette vendue.

 

Or il faut savoir, par ailleurs, qu'on estime à 12 milliards les cigarettes consommées en France en 2009 qui n'ont pas été achetées chez des buralistes français mais à l'étranger, notamment en Espagne et en Belgique ici. Ce nombre ne peut qu'augmenter au fur et à mesure que le prix du paquet de cigarettes augmentera sans justification économique, mais pour lutter hypocritement contre le tabagisme, au lieu de laisser chacun libre de prendre ses responsabilités. Ne parlons pas du marché noir qui devrait exploser.



Comment qualifier ce que fait l'Etat français ? De véritable racket, puisqu'il est fait usage de la contrainte pour soutirer tout cet argent, racket qui ne serait pas répréhensible parce que légal, alors que tout autre acteur économique qui se livrerait à de tels méfaits finirait derrière les barreaux.

 

A quoi sert tout cet argent volé aux fumeurs de cigarettes ? A tenter de boucher ici ou là les trous abyssaux de la Sécurité Sociale...

 

Francis Richard

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 00:30

Tea PartyLe rédacteur en chef de L'Hebdo, Alain Jeannet, est un obamaniaque invétéré. Si les Démocrates et le président Obama ont pris une raclée, selon les propres termes de ce dernier, c'est à leur politique économique qu'ils le doivent. Ce qu'Alain Jeannet ne veut pas voir, tout en parlant d'évidence.

 

Dans son éditorial paru hier il écrit en effet ici :

 

"C'est l'évidence: Obama s'est montré peu éloquent sur les questions économiques. Prudent, distant...On se demande d'ailleurs pourquoi."

 

Alain Jeannet ne devrait pas se demander pourquoi. Ou alors il ne voit pas ce qui crève les yeux. Son président chéri, pour lequel il a peut-être les yeux aveugles de Chimène, s'est trompé, lourdement. Il a cru qu'en augmentant les dépenses publiques le chômage allait diminuer et l'économie repartir. Or c'est tout le contraire qui s'est produit.

 

Quand Obama a pris ses fonctions en janvier 2009 le taux de chômage était de 7,7%, soit 11,919 millions de chômeurs, il est, en septembre 2010, près de deux ans plus tard, de 9,6%, soit 14,767 millions de chômeurs. Dans le même temps le nombre de personnes employées est passé de 142,221 millions à 139,391 millions ici. En résumé le nombre de chômeurs a augmenté de 2,848 millions et le nombre de personnes employées a diminué de 2,830 millions. Ce n'est pas rien. Il n'y a pas de quoi se vanter.

 

Alain Jeannet poursuit :

 

"La dette ? Sous le règne de Bush fils, elle est passée de 57% à 83% du PIB. La machine infernale était lancée bien avant son arrivée à Washington." 

 

Il n'a pas complètement tort, encore que je me demande d'où il tire ses chiffres. En réalité la dette publique était de 5'628 milliards de dollars à fin 2000 et de 9'985 millards de dollars à fin 2008, soit respectivement de 58% et de 70,2% du PIB [Produit Intérieur Brut] ici, qui était passé de quelque 9'700 milliards de dollars en 2000 à 14'165 milliards de dollars en 2008.

 

Depuis l'arrivée d'Obama, la dette publique est estimée, à fin 2009, à 12'867 milliards de dollars, soit à 90,2% du PIB [la dette publique telle qu'elle est affichée à Time Square est, aujourd'hui 4 novembre 2010, de 13'681 milliards de dollars !]. Autrement dit, grâce aux recettes miracles du Docteur Obama, la dette publique en pourcentage du PIB a augmenté de 20 points pendant la première année de son mandat, alors qu'elle avait augmenté de 12 points en 8 ans sous Bush fils, ce qui n'était déjà pas très glorieux.

 

Sous cet éclairage les propos suivants d'Alain Jeannet prennent toute leur saveur :

 

"Obama a amorcé plus de réformes que la plupart des autres présidents américains. Mais il n'a pas réussi à faire passer sa vision pour l'économie américaine". 

 

Il faut dire qu'avec un bilan économique pareil on peut se demander quelle peut bien être "la vision pour l'économie américaine" que le président Obama pourrait donner à admirer. Peut-être ne doit-on pas se le demander. Sa vision n'est-elle pas tout simplement de faire intervenir l'Etat toujours davantage, pour corriger un marché imparfait, volonté révélée par cette véritable boulimie présidentielle de réformes coûteuses et inutiles, voire néfastes ?

 

En tout cas les Républicains ont eu raison d'axer leur campagne sur l'économie. Aiguillonnés par le Tea Party [voir mon article Tea Party: prendrez-vous du thé ? Non merci, il est trop taxé ! ][la photo ci-dessus provient d'ici], ils en récoltent les fruits aujourd'hui avec cette victoire éclatante aux élections de mi-mandat. S'ils ne veulent pas, dans deux ans, connaître la défaite, ils doivent absolument défendre ce pourquoi ils ont été élus : réduction des dépenses publiques, réduction des taxes et impôts, réduction des réglementations, en résumé réduction de l'Etat.

 

En effet les dépenses publiques représentent 45% du PIB américain. Sans leur réduction la dette publique continuera de croître et d'embellir. Surtout si, dans le même temps, une réduction des impôts est opérée. Entre parenthèses, un bon moyen de s'opposer à la mise en application de la dispendieuse réforme du système de santé [voir mon article L'obamagouille pour faire passer la réforme américaine de la santé ] sera de refuser d'en voter les moyens financiers à défaut de pouvoir la remettre directement en cause. Ce refus redevient maintenant possible avec une majorité républicaine à la Chambre des représentants. Car c'est elle qui tient les cordons de la bourse... 

 

Les Républicains ne devront pas seulement faire obstacle au gouvernement et contrer les Démocrates s'ils veulent redevenir crédibles et espérer chasser Obama de la présidence dans deux ans. Ils doivent se donner des objectifs précis de réduction des dépenses publiques et ne pas cacher au peuple américain que cette réduction sera difficile et douloureuse et qu'elle touchera même les allocations étatiques dont nombre d'entre eux sont bénéficiaires. Bref il faut qu'ils jouent franc-jeu.

 

Il ne faut pas qu'ils craignent non plus de présenter devant le Congrès des projets de lois conformes à ces objectifs sous prétexte qu'ils risquent d'être enterrés par le Sénat ou de se voir opposer un veto du Président. Enfin il faut que les Républicains , puisque l'un des leurs, Darell Issa, va présider le Comité de surveillance du gouvernement, ne tombent pas dans le travers qui fut le leur lors de la présidence Clinton. Il faut qu'ils surveillent le gouvernement bien sûr, mais sans excès de zèle, ce qui pourrait se retourner contre eux.

 

Le rêve américain d'Obama était une illusion. Qu'il soit réélu dans deux ans et ce rêve virera au cauchemar. Les Républicains ont une chance à saisir. Qu'ils la saisissent ! Pour le bien des Etats-Unis comme pour celui du reste du monde.     

 

Francis Richard

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 22:10

9-12 in WashingtonL'amateur d'infusion de feuilles de théier que je suis ne peut que s'affliger que 45 tonnes de thé de Chine aient été jetées dans le port de Boston le 16 décembre 1773. Certes cela remonte à 237 ans, mais, tout de même, quel gâchis !

 

Pourtant ce geste indélicat était une manière de s'opposer au gouvernement britannique de l'époque qui avait pris deux décisions successives, fautives à la fois sur le plan économique et sur le plan du droit.

 

Pour renflouer sa trésorerie, sans que les colonies américaines n'aient leur mot à dire, puisqu'elles n'étaient pas représentées du tout au Parlement de la métropole, il avait fortement augmenté les taxes et plus particulièrement la taxe sur le thé.

 

N'arrivant pas à écouler ses stocks pléthoriques de thé, la Compagnie anglaise des Indes orientales avait obtenu l'exorbitant privilège d'être exemptée de cette taxe, ce qui lui permettait d'être moins chère que les petits marchands et, même, que les contrebandiers. Du coup un boycott avait été organisé contre elle par les habitants des colonies américaines, avec pour conséquence de l'empêcher de débarquer du thé dans les ports américains.

 

A Boston la Compagnie essaya donc de passer en force avec l'appui du gouverneur et de l'armée. Un commando de 60 habitants de la ville, déguisés en redoutables amérindiens, monta à bord des trois navires de la Compagnie avant qu'elle ne débarque sa marchandise et répandit dans le port le thé contenu dans 342 caisses avant de les remettre en place, vides. C'était la première Tea Party de l'histoire.

 

A l'origine, la Tea Party, celle de Boston, est donc une manifestation de la société civile contre une fiscalité confiscatoire et ruineuse, décidée par l'Etat, sans son consentement, et contre des passe-droits accordés par l'Etat à certains au détriment des autres.

 

A la suite du ruineux plan de relance de 789 milliards de dollars adopté par le Congrès américain en janvier 2009, le Président Barack Obama annonce le 18 février 2010 qu'une aide de 75 milliards de dollars supplémentaires sera accordée aux propriétaires de maisons risquant d'être saisis en raison de leur insolvabilité.

 

Le lendemain, 19 février 2009, un journaliste de la chaîne CNBC, Rick Santelli, lance en direct, depuis le Mercantile Exchange de Chicago, l'idée d'une Tea Party, en juillet, dans cette ville, rassemblant "tous les capitalistes", pour protester contre cette subvention accordée aux emprunteurs imprudents en la prenant dans la poche de ceux qui ne l'ont pas été.

 

Un mouvement est né. Et ce mouvement va prendre de l'ampleur à chaque nouvelle annonce de dépenses publiques pharaoniques, notamment celles que va engendrer la réforme du système de santé imposée par Obama. Cela se traduit par des réunions de plus en plus nombreuses et de plus en plus importantes un peu partout dans le pays.

 

Au début traité par le mépris, ce mouvement est maintenant calomnié, depuis que des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Washington le 12 septembre 2009 et le 12 septembre 2010 [la photo provient d'ici] à l'appel, entre autres, de Freedomworks ici, des Tea Party Patriots ici, de la National Taxpayers Union ici et de l'Institute for Liberty ici. La date du lendemain du 11 septembre n'a pas été choisie au hasard. Elle évoque une Amérique qui se redresse dès le lendemain d'une adversité historique.

 

Ce mouvement hétéroclite est en effet dangereux pour tout le monde politicien, républicain aussi bien que démocrate, parce que difficile à contrôler. Il remet complètement en cause les certitudes sur lesquelles sont basées les politiques étatiques occidentales des dernières années, portées au paroxysme de leur nuisance après la crise de 2008. 

 

Au-delà des divergences, des différences et des colères mal contenues parfois, il s'agit avant tout pour les Tea  Partiers de faire baisser les impôts, de réduire drastiquement la dette publique et les dimensions de l'Etat - trop grand pour ne pas tomber -, de donner davantage de liberté aux citoyens qui doivent décider de leur propre sort.

 

Ce sont ces objectifs libertariens qui font peur aux uns et qui en réjouissent d'autres, dont je fais partie. Car le plus important est le changement complet de mentalité que les Tea Partiers sont en train de déclencher, aux Etats-Unis même, où ceux qui étaient censés défendre l'économie libre, l'ont trahie et provoquer la crise.

 

Le plus réjouissant pour ceux qui sont attachés au principe de subsidiarité est que ce mouvement spontané, n'en déplaise à ceux qui le dénigrent du haut de leur piédestal et qui voient des comploteurs partout, part du bas vers le haut, ce qui est un mouvement d'ascension on ne peut plus naturel et prometteur.

 

D'aucuns - des catholiques qui ont toujours beaucoup de mal avec les libertés économiques - reprochent aux Tea Baggers leur individualisme, d'autres - des penseurs libertariens - pensent qu'ils seront récupérés par le système, une fois que leurs candidats seront élus, s'ils le sont. Peut-être. Peu me chaut.

 

L'essentiel est qu'après seulement deux ans de dégâts l'Etat fédéral américain apparaisse de plus en plus aux Américains comme le problème et non pas comme la solution. Ce qui n'est pas indifférent pour le reste du monde.

 

Francis Richard

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 20:00

Grandpuits-copie-1Un sondage CSA réalisé les 15 et 16 octobre 2010 ici donnait les résultats suivants à la question:

 

Les confédérations syndicales - CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, FSU, FO, Unsa et SUD / Solidaires - ont lancé un appel à une journée de grèves et de manifestations le mardi 19 octobre prochain, contre le projet de réforme des retraites du gouvernement. Quelle est votre attitude à l'égard de ce mouvement ?

 

Soutien / Sympathie

Ensemble des Français %

71

 

Salariés du public %

89

 

Salariés du privé %

76

 

 

 

.Vous le soutenez

Ensemble des Français %

52

 

Salariés du public %

65

 

Salariés du privé %

57

 

 

 

. Vous avez de la sympathie

Ensemble des Français %

19

 

Salariés du public %

24

 

Salariés du privé %

19

 

 

 

Vous y êtes indifférent

Ensemble des Français %

9

 

Salariés du public %

5

 

Salariés du privé %

5

 

 

 

Opposition / Hostilité

Ensemble des Français %

18

 

Salariés du public %

6

 

Salariés du privé %

18

 

 

 

. Vous y êtes opposé

Ensemble des Français %

12

 

Salariés du public %

5

 

Salariés du privé %

11

 

 

 

. Vous y êtes hostile

Ensemble des Français %

6

 

Salariés du public %

1

 

Salariés du privé %

7

 

 

 

Ne se prononcent pas

Ensemble des Français %

2

 

Salariés du public %

0

 

Salariés du privé %

1

 

 

 

TOTAL

Ensemble des Français %

100

 

Salariés du public %

100

 

Salariés du privé %

100

 

 

 

Un sondage réalisé par BVA les 20 et 21 octobre 2010 ici , soit près d'une semaine plus tard, donne des résultats du même ordre. Toutefois ce sondage-là parle d'approbation globale à 69% des grèves et des manifestations, tandis que CSA parlait de soutien à 52 % et de sympathie à 19%. Quand il s'agit des grèves de transports en commun cette approbation tombe à 52%. 50% des Français (contre 48%) désapprouvent la mobilisation des élèves et des étudiants et 52% (contre 46%) désapprouvent le blocage des raffineries. Autrement dit plus les Français sont touchés de près par le "mouvement" moins ils l'approuvent.

  

Le sondage paru aujourd'hui dans Le Figaro, réalisé les 20 et 21 octobre 2010 par OpinionWay, pose ces questions en d'autres termes. Du coup les résultats changent ici (comme c'est étrange !):

  

- Comprenez-vous [c'est moi qui souligne] les manifestations et les mouvements de grèves contre la réforme des retraites ?

  

61% de oui (40% tout à fait, 21% plutôt)

  

- Soutenez-vous [c'est moi qui souligne] les manifestations et les mouvements de grèves contre la réforme des retraites ?

  

51% de oui (33% tout à fait, 18% plutôt) [52% d'approbation chez CSA, il n'y a donc pas contradiction entre les deux sondages]

  

- Approuvez-vous les manifestations et les mouvements de grèves des lycéens contre la réforme des retraites ?

   

55% de non (19% pas vraiment, 36% pas du tout) [cette fois il n'est pas question des étudiants: la désapprobation - c'est sans surprise - est plus forte que chez BVA]

  

- Approuvez-vous le blocage des raffineries et dépôts de carburant pour protester contre la réforme des retraites ? 

  

59% de non (20% pas vraiment, 39% pas du tout)

  

- Face au blocage des raffineries et dépôts de carburant, quelle doit être selon vous l'attitude du gouvernement ? [question que BVA ne pose pas]

  

63% répondent qu'"il doit faire débloquer les raffineries et dépôts de carburant" [la photo provient d'ici]

  

- Si la réforme des retraites est adoptée par le parlement, quelle devrait être selon vous l'attitude des syndicats ? [question que BVA ne pose pas]

  

- 56% répondent qu'ils doivent "respecter le vote des parlementaires et arrêter le mouvement". 

  

On voit que :

 

- les réponses sont différentes suivant les termes employés dans les questions posées (Napoléon III, spécialiste du plébiscite, le savait fort bien...). D'où les manipulations possibles de l'opinion

- les manifestations de lycéens et d'étudiants ne trouvent pas grâce aux yeux des Français.

- en tout cas l'erreur du mouvement a été de bloquer raffineries et dépôts de carburant : la même erreur qu'en 1968 (il ne faut pas toucher à la bagnole des Français...).

  

De plus cette erreur a ouvert les yeux des Français sur les risques de paralysie complète de l'économie que le mouvement engendrait. Pourraient être touchés leurs emplois et ... leurs vacances : c'est pourquoi ils souhaitent que le mouvement s'arrête. Les Français veulent bien que l'on rase gratis à condition que ce soit les autres qui paient... Si on vous propose la retraite à 60 ans c'est de toute façon mieux qu'à 62, si ce sont les autres qui paient...

  

Le mouvement peut bien s'arrêter maintenant et reprendre dans les urnes. Après tout, comme disait François de Closets dans l'émission "Ce soir ou jamais" de Frédéric Taddei sur France 3,  jeudi soir dernier ici , les élections présidentielles françaises n'ont lieu que dans 18 mois. La réforme actuelle des retraites n'aura produit qu'une infime partie de ses effets. Il sera toujours temps de remettre alors l'ouvrage sur le métier si les Français persistent à vouloir sauver leurs aberrantes retraites par répartition. Sans faire les efforts nécessaires. Bien entendu...

  

Francis Richard

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 21:00

Manif étudiante contre réforme retraitesEn France la réforme des retraites par répartition du gouvernement et celle préconisée par l'opposition de gauche n'ont aucune chance de résoudre le problème des retraites. En effet il n'est tout simplement pas possible de sauver un système de retraites par répartition, quel qu'il soit.

 

Ce que je dis là n'est pas propre à la France. François Fillon, le Premier Ministre français, lors de son intervention sur TF1, hier soir, a eu raison de rappeler que tous les pays occidentaux augmentent l'âge légal de la retraite pour tenter de sauver leurs systèmes de retraite par répartition, mais il a oublié d'ajouter qu'ils ont tort de vouloir les sauver (il n'a pas cité la Suisse qui ne pourra pas davantage sauver à long terme l'AVS , le 1er pilier par répartition du système de retraites helvétique).

 

Sauver les systèmes de retraites par répartition est en effet mission impossible, comme je l'ai souligné la semaine dernière ici, de par leur principe même. Leur principe est une véritable escroquerie, du genre de celle qui a permis à Madoff de gruger ceux qui lui ont fait confiance : il s'agit de payer les retraités avec les versements des cotisants. A fin 2009 les réserves de la CNAV, la caisse nationale d'assurance vieillesse française, ne s'élevaient plus qu'à 33 milliards d'euros (intouchables de par la loi avant 2020) et le déficit prévisible en 2010 était de 11 milliards...

 

Cette escroquerie apparaît aujourd'hui au grand jour du fait que la longévité des populations et que la stagnation, sinon la diminution, du nombre de naissances produisent maintenant tous leurs effets sur le rapport cotisants/retraités, de même qu'il a fallu la crise financière pour mettre à jour les méfaits de Madoff, dont le système ne pouvait perdurer que si les apports continuaient de croître à un rythme plus soutenu que les retraits.

 

L'obstination à vouloir sauver les systèmes de retraites par répartition est donc pathétique. Mais elle n'est pas plus pathétique que la volonté, en France, de sauver le modèle social dans son ensemble. Ce modèle social est basé sur la confiscation par l'Etat des revenus des uns pour les distribuer à d'autres, sous le fallacieux prétexte de solidarité sociale. Il est de plus en plus lourd pour l'économie, qu'il entraîne par le fond.

 

Une telle confiscation, sans consentement, est le contraire d'une solidarité. C'est du vol, peut-être légal, mais du vol. Le résultat de ce vol organisé et généralisé est qu'il tue des emplois, qu'il ruine ceux qui travaillent, qu'il détruit le lien social et qu'il appauvrit toujours davantage. Ce vol présent est également futur puisque le modèle social est en partie financé par un endettement proprement phénoménal. Si en France les moins de 25 ans (32,2% d'actifs) et les plus de 55 ans (38,3% d'actifs) sont sous-employés ici, il faut se demander pourquoi au lieu d'accepter ce constat.

 

Il faut se mettre à la place d'un petit employeur privé lambda (parmi les plus nombreux). Il sait que chaque emploi va lui coûter beaucoup et rapporter peu à son employé, qu'en outre il ne lui sera pas facile de s'en séparer si les affaires vont mal (elles vont d'ailleurs plutôt mal en ce moment). Ces facteurs ne sont pas de nature à l'inciter à embaucher. Il préférera renoncer à embaucher des jeunes qui manquent d'expérience (et qui de ce fait coûtent d'abord beaucoup avant de rapporter un peu) et des quinquagénaires qui eux sont de toute façon a priori trop coûteux. Il demandera donc davantage d'efforts à ceux qu'il emploie déjà, pour garder la tête hors de l'eau.

 

Sur le site de l'UNEF, l'Union Nationale des Etudiants de France, organisation étudiante en pointe contre la réforme des retraites du gouvernement, on peut lire ici :

 

"Alors que les jeunes galèrent déjà sur le marché du travail avec l’enchainement des périodes de stages, d’intérim et les CDD, le report à 62 ans de l’âge légal de départ en retraite va accentuer le chômage des jeunes. En tentant de maintenir au travail deux ans de plus les salariés déjà en place, c’est près d’un million d’emplois qui ne seront pas libérés. Une solution existe pour assurer le financement des retraites : mettre au travail les 25% de jeunes aujourd’hui au chômage !"

 

L'auteur anonyme des lignes ci-dessus constate fort justement le sous-emploi des jeunes, mais sans en chercher la cause réelle, celle qu'on ne voit pas, le lourd tribut payé au Moloch étatique ... Puis il considère comme une donnée acquise que le nombre d'emplois est fixe et qu'il convient de le partager, la même erreur que celle commise lors de l'adoption de la loi sur les 35 heures, avec les résultats désastreux que l'on connaît... Il en conclut que les employés de 60 à 62 ans, qui représentent selon lui 1 million d'emplois, c'est ce qu'il voit, vont prendre ces emplois aux moins de 25 ans, comme s'ils étaient interchangeables...

 

Il ajoute :

 

"Le report à 62 ans de l’âge légal plonge également les jeunes dans l’incertitude. Alors que l’accès à un emploi stable se fait de plus en plus tard (27 ans en moyenne), le report de l’âge légal de départ va conduire les jeunes à travailler jusqu’à 67 ans pour espérer percevoir une retraite décente ! "

 

Ce jeune Français se fait encore des illusions, comme bien d'autres, souvent plus jeunes que lui, qui manifestent contre la réforme de la retraite [la photo ci-dessus provient d' ici] : il n'aura pas de retraite du tout, dans 40 ans, ou plus, ou moins ! Du moins pas de retraite par répartition, pour la bonne raison que cette dernière aura fait long feu... Il n'aura de retraite décente que celle qu'il se sera constituée lui-même et il ne prendra sa retraite qu'à l'âge indéterminé aujourd'hui où il considérera qu'elle lui est suffisante pour cesser son activité. Entre-temps il faut espérer que l'économie aura été libérée... sinon...

 

Je comprends qu'il puisse être amer et qu'il ne veuille pas faire partie d'une génération sacrifiée ici , mais alors il faut qu'il comprenne que c'est le modèle social, dont il attend des aides lui aussi, comme tout le monde en France, qui est la principale cause de cette situation. En sont responsables tous ceux qu'il vénère : entre autres, les syndicats, les hommes politiques de gauche, et, entre autres, tous ceux qu'il ne vénère pas : les organisations patronales, les hommes politiques de la fausse droite. Bref, tous ceux qui ont opté, à la place de leurs concitoyens passifs, inconscients et rêveurs, pour la route de la servitude de préférence à celle des libertés...

 

Francis Richard

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 09:15

MFC et Ligue savoisienneLe week-end dernier, la Ligue Savoisienne ici, fondée en 1995, tenait son 15ème congrès. Le samedi 9 octobre la Ligue organisait un Forum avec la presse et les parlementaires de Savoie à l'Impérial Palace d'Annecy et, le dimanche 10 octobre, à Sillingy, elle faisait le point sur le Forum de la veille avant de tenir son Assemblée statutaire.

 

Sur l'invitation qui m'a été adressée par le MFC ici [le tract ci-contre émane de ce mouvement], à laquelle je n'ai pu me rendre, ayant d'autres obligations à plusieurs centaines de kilomètres de là, on pouvait découvrir dans quel esprit et sur quel thème ce Congrès avait lieu :

 

"Ce Congrès sera inspiré par le thème de l’option suisse. En effet les sondages, consultations et conversations de terrain révèlent la force d’attraction du modèle helvétique sur la population de la Savoie : démocratie directe, réussite économique, finances saines, paix sociale et civile, fédéralisme.

 

Voici 150 ans, la Savoie était annexée par Napoléon III et perdait son autonomie. Gênées par les vérités historiques désormais bien connues, les autorités locales inféodées à Paris ont quand même voulu marquer cet anniversaire par des festivités dont la signification était pour le moins ambiguë.

 

Les femmes et les hommes de Savoie se déclarent pourtant disponibles au changement et peu attachés à un modèle français dont la crise s’approfondit."

 

En effet la Savoie et Nice ont été annexés par la France de Napoléon III en 1860 à la suite du Traité de Turin du 24 mars 1860 entre la Sardaigne et la France, en remerciement de la première à la seconde pour son aide contre l'empire austro-hongrois.

 

L'article 1 de ce traité est libellé comme suit :

"Sa Majesté le Roi de Sardaigne consent à la réunion de la Savoie et de l'arrondissement de Nice (circondario di Nizza) à la France et renonce pour lui et tous ses descendants et successeurs en faveur de S. M. l'Empereur de Français, à ses droits et titres sur lesdits territoires. Il est entendu entre Leurs Majestés que cette réunion sera effectuée sans nulle contrainte de la volonté des populations et que les gouvernements de l'Empereur des Français et du Roi de Sardaigne se concerteront le plus tôt possible sur les meilleurs moyens d'apprécier et de constater la manifestation de ces volontés."

On remarquera qu'il est question de réunion et non pas d'annexion, sans doute pour ménager les susceptibilités, le mot cependant ne changeant en fait rien à la chose.

Comment va-t-on se donner les "moyens d'apprécier et de constater la manifestation de ces volontés" [des populations] ? En organisant un plébiscite les 21 et 22 avril 1860, où curieusement deux sortes de bulletins d'approbation seront mis à disposition des dites populations :

- dans le nord de la Savoie un bulletin "oui et zone [franche]

- un bulletin "oui" dans les autres parties annexées

(il n'y avait pas de bulletins "non"...)

Les bulletins "oui et zone" seront utilisés à la quasi unanimité par la population du nord de la Savoie. Cette partie de la Savoie bénéficiera effectivement du statut de zone franche par décret impérial du 12 juin 1860 jusqu'à la loi du 16 février 1923, qui la supprimera, sans consultation cette fois de la population intéressée.  

Les résultats de ce plébiscite de 1860 furent trop beaux pour être vrais. Ils rappellent furieusement les résultats truqués de feues les démocraties populaires. Le Traité de Turin a en effet été approuvé par 99,8% des voix dans des conditions que la morale ne peut que réprouver : destitution des syndics (maires) hostiles, listes électorales établies par les seuls partisans de la "réunion", absence d'isoloirs, intimidations, menaces, fraude massive...

De plus l'article 7 du Traité prévoyait qu'il devait être ratifié par le Parlement de Turin, ce qui ne s'est jamais produit...

 

Dans ces conditions la célébration commémorative des 150 ans du plébiscite de 1860 par Nicolas Sarkozy le 22 avril 2010 ici  prend un relief tout particulier... 



Le terme de "savoisien" est préféré à "savoyard" par les partisans d'une Savoie libre et indépendante. Historiquement le premier est plus ancien, sémantiquement il n'a pas la connotation péjorative que le second peut avoir parfois. "Savoisien" a l'avantage de désigner aujourd'hui à la fois l'habitant et le partisan...

 

Dans 20 Minutes du 11 octobre 2010 ici, les objectifs du Secrétaire général de la Ligue savoisienne, Patrice Abeille, sont résumés ainsi :

 

"Plutôt que de voir la Savoie et la Haute-Savoie englobées dans la Confédération, Patrice Abeille milite pour une solution intermédiaire, à savoir une helvétisation de sa région dans la forme, mais pas au niveau administratif. S'inspirer du modèle suisse sans dépendre de Berne [c'est moi qui souligne]."

 

L'option suisse est-elle jetée aux oubliettes ? Non pas, au contraire, si l'on en croit Le Temps du 11 octobre 2010 ici, qui rapporte ces propos de Patrice Abeille :

 

"Notre aspiration pour une Savoie indépendante et européenne dans le sillage de petits Etats comme la Slovénie, Malte ou l'Estonie a été mise en échec. Le salut passe donc par un rapprochement avec la Suisse, dont nous louons la réussite économique et la démocratie directe."  

 

Certes la Ligue Savoisienne, tout comme le Mouvement Franc-Comtois, dont le fondateur, Jean-Philippe Allenbach, a pris la parole lors du Congrès de la Ligue, ont pour l'heure une audience limitée, mais, correspondant toujours davantage au pays réel, ils pourraient bien devenir un jour le pays légal. Avis à la France jacobine et à l'Eurocratie !

 

Francis Richard

 

Précédents articles sur le même thème :

 

Le rattachement volontaire à la Suisse prendrait-il forme ?  du 21.09.2010

L'alternative à l'UE d'Eric Bertinat : le rattachement volontaire à la Suisse du 28.08.2010

La démocratie directe suisse fait des émules dans le monde du 22.07.2010  

Les régions limitrophes de la Suisse rêvent d'y être rattachées... du 15.07.2010

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 07:35

 

Yvette EstermannDans un rapport en date du 23.11.2007 sur la question de l'heure d'été la Commission européenne concluait  ici :

"Les informations mises à la disposition de la Commission pour la préparation du présent rapport permettent de conclure que l'analyse présentée dans la proposition de la directive reste valable: outre le fait qu'elle favorise la pratique de toutes sortes de loisir le soir et qu'elle génère quelques économies d'énergie, il y a peu d'impacts de l'heure d'été et le régime actuel ne constitue pas un sujet de préoccupation dans les Etats membres de l'UE."

En France, pour le calcul des « quelques » économies d’énergie constatées,  l’éclairage des immeubles est bien pris en compte, de même que la consommation intérieure d’électricité, mais pas la consommation accrue de carburant par les véhicules, et par conséquent l'accroissement d'émissions de CO2… ce qui aurait pu modifier la conclusion des commissaires du peuple européen. Il serait donc bien incorrect de ma part de m’appesantir sur le "gain énergétique" obtenu, qui reléverait peut-être du fantasme...

On remarquera que, pour la Commission européenne, ce serait surtout "la pratique de toutes sortes de loisir le soir" et le fait que "le régime actuel ne constitue pas un sujet de préoccupation dans les Etats membres de l’UE" qui justifierait le maintien de cette mesure arbitraire. Pas un mot sur la santé des euro-citoyens.

Le Matin en ligne révélait avant-hier soir ici que la conseillère nationale UDC de Lucerne, Yvette Estermann [dont la photo ci-dessus provient d'ici ], avait déposé une motion fin septembre demandant que l'article 2 de la loi fédérale sur l'heure en Suisse ici, permettant au Conseil fédéral d'introduire l’heure d’été, soit supprimé.

La parlementaire lucernoise avance les arguments suivants à l'appui de sa motion :

- atteinte à la santé

- coût pour l'économie

- handicap pour les écoliers

- gain énergétique contestable

Le journaliste du Matin, Simon Koch, apporte de l'eau à son moulin sur trois de ces points.

Il a interrogé le Dr Raphaël Heinzer, codirecteur du Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil du CHUV [Centre Hospitalier Universitaire Vaudois] :

"Une étude suédoise a montré que le nombre d’infarctus aigus du myocarde augmente de 5% dans la semaine qui suit le passage à l’heure d’été"

Il a interrogé le Dr Stephen Perrig, responsable du Laboratoire du sommeil des HUG [Hôpitaux universitaires de Genève] :

"Les adolescents ont une horloge interne naturellement décalée vers le soir. Ils sont donc davantage fragilisés par le passage à l’heure d’été. Les jours suivant le changement, ils sont plus somnolents à l’école et mettent plus de temps à récupérer."

Il a enfin interrogé Marianne Zünd, porte-parole de l'OFEN [Office fédéral de l'énergie], qui à propos du gain en électricité d'éclairage, déclare :

"C’est plutôt le contraire qui est vrai. Les gens assis aux terrasses des restaurants consomment plus d’électricité qu’une personne qui reste chez elle."

Alors pourquoi maintenir l'heure d'été ? La même Marianne Zünd fait cet aveu :

"Nous ne voulons pas être un îlot de temps, isolé au milieu du continent. Etre en décalage avec les pays voisins coûterait très cher. Il faudrait adapter tous nos échanges avec eux deux fois par année. Tant que l’Union européenne ne supprime pas l’heure d’été, nous n’avons pas de raison de changer."

L'UE se caractérise donc bien par l'arbitraire : elle impose aux autres pays une mesure inutile et néfaste. Elle n'est capable d'opposer aux objections que le bon plaisir des noctambules et la force de l'habitude.

Francis Richard

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 10:00

Jean-Pierre AllenbachC’est avec un peu de retard, vacances obligent, que je prends connaissance de la déclaration de Jean-Philippe Allenbach [dont la photo provient d'ici]  , le patron du Mouvement Franche-Comté ici, faite à l’AFP vendredi dernier ici :

« Si nous n'avons pas de France fédérale, mieux vaut être canton suisse. C’est la faute à Paris. »

Cette déclaration vient après le dépôt, le 19 mars 2010, de la motion du député Dominique Baettig au Conseil national suisse :

"Le Conseil fédéral est chargé de proposer un cadre constitutionnel et légal permettant d'intégrer, en tant que nouveau canton suisse, des régions limitrophes dont une majorité de la population en ferait la demande."  

Début juillet un sondage publié par la Weltwoche confirmait l’intérêt des dites régions limitrophes à être rattachées à la Suisse :

"Dans le Vorarlberg (Autriche), 52% des personnes interrogées soutiennent l'idée de rejoindre la Suisse, 35% sont opposées et 13% ne savent pas. En Savoie-Haute-Savoie (France), l'idée séduit 48% des sondés, contre 39% hostiles et 13% sans opinion. Dans le Bade-Wurtemberg (Allemagne), c'est oui à 48% et non à 40%, alors que la proportion est de 52% en faveur et de 44% contre dans la région Côme-Varèse (Italie)." [voir Le Matin en ligne du 14 juillet 2010 ici]

Le 30 août 2010, Eric Bertinat déposait à son tour un projet de résolution dans ce sens au Grand Conseil de Genève :

"Intégrons à la Suisse les régions limitrophes qui en font la demande

 Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève considérant :  

– que la Suisse s’est construite au fil des siècles par l’adhésion de nouveaux cantons ;

– que les habitants des régions limitrophes à notre pays sont victimes du manque d’intérêt de la classe politique nationale et européenne dont ils dépendent ;

– que les populations des agglomérations transfrontalières, telles qu’imaginées par l’UE, n’ont pas la possibilité de se prononcer démocratiquement sur les décisions dont elles font l’objet ;

– la volonté de plus d’autonomie des habitants des régions limitrophes vis-à-vis de l’Etat central et de l’UE ;

– l’attrait des populations des régions limitrophes pour notre système de démocratie directe ;

demande à l’Assemblée fédérale de revoir le cadre constitutionnel et légal pour permettre aux régions limitrophes de rejoindre la Confédération helvétique en qualité de nouveaux cantons si une majorité de leur population le demande."

Ce dernier projet de résolution montrait clairement qu’il existait bien une alternative démocratique à la construction bureaucratique et totalitaire qu’est l’Union européenne, irrespectueuse du principe de subsidiarité dont elle se réclame pourtant jusque dans son traité constitutionnel.

Avec la déclaration de Jean-Pierre Allenbach ce qu’il y a de nouveau c’est que c’est un mouvement français qui, cette fois, envisage le rattachement d'une région limitrophe, à savoir la Franche-Comté, à la Suisse. L’initiative ne vient pas de Suisses mais de Français.

La dépêche de l’AFP du 17 septembre 2010 qui publie la déclaration de Jean-Pierre Allenbach l’assortit de ses propres commentaires :

"Tous les Franc-Comtois pourraient trouver leur compte en Suisse: bas salaires multipliés par deux, moins d'impôts, moins de grèves, plein de vélos... "

Et :

"Les entreprises du Haut-Doubs partent en Suisse. A moins d'instaurer un régime fiscal spécifique à la Franche-Comté, on est mort ! Mieux vaut passer dans le camp adverse."

Bien sûr l’AFP s’empresse de minimiser le Mouvement Franche-Comté :

"JPA [Jean-Pierre Allenbach] s'est présenté à plusieurs élections sans jamais dépasser 5% des suffrages. Il a même tenté sa chance pour les présidentielles françaises de 2002 et 2007, sans réussir à rassembler les 500 parrainages nécessaires."

Certes, mais ne faut-il pas dans ce cas-là se souvenir des célèbres vers de Corneille dans Le Cid :

"Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port "...

Francis Richard 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 22:00

Obama 5.09.2010 Maison BlancheObama [sa photo provient d'ici] a donc élaboré un nouveau plan de relance de l’économie américaine. Il veut cette fois injecter 50 milliards de dollars dans les infrastructures du pays  ici.

Il n’a donc pas tiré les leçons de son précédent plan de relance qui s’élevait à 862 milliards de dollars et qui n’a pas eu les effets escomptés. En effet le précédent plan de relance a commencé à être mis en œuvre début 2009.

Quels sont les résultats obtenus depuis par cette politique de relance étatique ?

Le taux de chômage qui était de 7,7% en janvier 2009 est maintenant de 9,6% ici (août 2010). A fin 2008 la dette publique représentait 70,2% du PIB (9'986 milliards de dollars), à fin 2009 elle est estimée à 90,4% du PIB  ici (12'868 milliards de dollars). Ne parlons pas des chiffres pour 2010…

Le déficit qui était de 458,6 milliards de dollars en 2008 devrait être de 1'841,2 milliards de dollars en 2009. Il est frappant de constater que les recettes ont singulièrement diminué et que les dépenses ont explosé. Ne parlons pas des chiffres pour 2010…

Le produit intérieur brut a-t-il fortement progressé ? Non, en 2009 il devrait être de 10 à 15 milliards supérieur aux 14'265 milliards de 2008 ici. Cette mirifique progression est à comparer aux 862 milliards engagés pour la produire. Ne parlons pas des chiffres pour 2010…

Tous ces résultats sont comparables aux résultats des politiques économiques menées par Hoover et Roosevelt dans les années 30. L’illusion est la même. Elle est de croire que l’augmentation des dépenses publiques permet de relancer l’économie et qu’elle crée des emplois. Elle se traduit surtout par l’augmentation des impôts et la ruine du pays...

A l’époque du massif plan de relance de 862 milliards, les économistes d’Obama prédisaient que le chômage, grâce à lui, resterait en deçà de 8%, alors qu’il tourne depuis des mois autour de 10%...

La Maison blanche affirme maintenant qu’entre 2,5 et 3,6 millions d’emplois ont été créés ou sauvés grâce à ce plan mirifique. Il est certain que le plan de relance a créé des emplois. C’est ce qu’on voit. Ce qu’on ne voit pas, ce sont les emplois détruits (ou non créés) dans le secteur privé du fait de l’argent détourné du secteur privé par l’Etat pour créer ses emplois publics.

En France Michel de Poncins dit qu’un emploi public créé détruit deux emplois privés…

On ne voit pas non plus les emplois qui ne sont pas créés du fait du manque de... visibilité des entrepreneurs, lesquels ne savent pas quelles nouvelles taxes ou impôts seront bientôt instaurés pour financer tout ça…ni quelles dépenses publiques nouvelles seront engagées.

Dans les années qui ont suivi la première guerre mondiale sous la présidence Harding comme dans les années qui ont suivi la seconde sous la présidence Truman les dépenses publiques américaines furent réduites, les contrôles étatiques allégés, et, comme par miracle, l’économie est alors repartie.

En 2008 George Bush ne l’avait pas davantage compris qu’Obama hier et, de nouveau, aujourd’hui. Ce dernier devrait être puni de la même manière, en perdant les élections de mi-mandat en novembre prochain.

Il y a de fortes chances en effet qu’il perde la majorité à la fois au Sénat et à la Chambre des représentants. Sa capacité de nuisance sera alors considérablement réduite, voire réduite… à néant.

Francis Richard

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 21:35

Passeport américainLes Américains ont une chance folle. En effet ils sont contribuables du fisc américain quel que soit leur lieu de résidence dans le monde. Qui plus est, ils sont imposables sur tous les revenus qu’ils perçoivent de par le monde. Etre citoyen américain cela ne se mérite plus comme au bon vieux temps de la Guerre d'Indépendance, cela se paye fiscalement. Ne plus l’être aussi, d'ailleurs.

Comment, en effet, légalement, pour un Américain, échapper au fisc américain ?

Il n’y a qu’une solution : s’expatrier et rendre son passeport.

S’expatrier  peut être coûteux. Le 17 juin 2008, à la fin de son mandat, le Président des Etats-Unis, George Bush a signé une loi, THE HEART ACT, selon laquelle l’« expatrié couvert », c’est-à-dire l’expatrié légal, doit s’acquitter d’une taxe sur ses biens, l’EXIT TAX. Cette taxe a pour base d’imposition la plupart des biens mondiaux du candidat, évalués à leur valeur vénale au jour précédant celui de l’expatriation.

Comment un Américain peut-il être considéré comme un « expatrié couvert » redevable de l’EXIT TAX ? Il faut qu’il remplisse au moins l’un des critères suivants :

-          Disposer d’une fortune nette d’au moins 2 millions de dollars (les 626'000 premiers dollars sont exonérés)

-          Avoir un revenu imposable moyen d’au moins 145'000 dollars pendant les cinq ans précédant l’expatriation

-          Avoir omis de certifier être en règle avec les prescriptions fiscales pendant les cinq dernières années.

La date d’expatriation, qui va être utilisée pour valoriser les biens, est la première des dates suivantes :

-          La date à laquelle l’individu renonce à la nationalité américaine devant un diplomatique ou un employé consulaire des Etats-Unis

-          La date à laquelle l’individu fournit au Département d’Etat une déclaration signée de renonciation volontaire de la nationalité américaine confirmant l’acte d’expatriation

-          La date à laquelle le Département d’Etat publie un certificat de perte de nationalité

-          La date à laquelle une Cour américaine annule le certificat de naturalisation d’un citoyen

Il y a deux exceptions qui permettent d’échapper à l’EXIT TAX. Toutes deux s’appliquent aux binationaux de naissance :

-          Il faut qu’à partir de la date d’expatriation, l’individu continue à être un citoyen de l’autre pays et à être imposé comme un résident de cet autre pays

-          Il faut que l’individu ait été un contribuable des Etats-Unis pour moins de 10 ans pendant une période de 15 ans finissant avec l’année imposable d’expatriation (cette exception s’applique à celui qui renonce à la citoyenneté avant 18 ans et demi).

Le site ISLA, conseiller offshore, implanté dans la Dominique (à ne pas confondre avec la République Dominicaine), suggère ici de choisir le bon moment pour s’expatrier, c'est-à-dire quand le montant de ses avoirs nets se situe en-dessous du seuil fatidique de 626'000 dollars. Il indique également quels sont les pays qui sont les plus rapides pour obtenir une autre nationalité : la Dominique, of course, et la Fédération de St Kitts et Nevis. Un nouveau passeport peut y être délivré en 2-3 mois... Qui dit mieux ? 

Feriel Mestiri, dans Le Temps du 13 août 2010, nous informe ici que les candidats américains à l’expatriation couverte « étaient 743 dans le monde en 2009, dont 502 durant le dernier trimestre, selon le Trésor américain. Trois fois plus qu’en 2008, et ce chiffre est un minimum. »

Le journaliste du Temps ajoute :

« L’avocat genevois David W. Wilson, dont l’étude Schellenberg Wittmer conseille les Américains, constate une recrudescence  des expatriations, mais également des demandes de naturalisation suisse avant de pouvoir renoncer à la nationalité américaine ».

Décidément non seulement les populations des régions limitrophes de la Suisse rêvent d’y être rattachées, non seulement les PME s’installent plus volontiers en Suisse qu’en France, mais encore des Américains veulent devenir suisses pour échapper au fisc américain...

C’est un scandale ! comme dirait feu Georges Marchais

Francis Richard 

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 23:15

le cri du contribuableAujourd'hui est un grand jour. Les contribuables français ont l'immense bonheur de célébrer leur libération fiscale. Certes ce jour de libération a lieu deux semaines plus tard que l'an passé, mais les Français peuvent enfin profiter des fruits de leur travail à partir de ce jour. Ne l'ont-ils pas mérité ? 

 

Depuis 1999 Contribuables Asssociés "célèbre comme il se doit le jour de libération fiscale de l'année" ici. En 1999 c'était le 17 juillet, en 2001 le 10 juillet. L'année 2010 bat tous les records, puisque le jour de la libération fiscale tombe le 28 juillet.

 

Pour déterminer le jour de la libération fiscale l'association, qui compte 146'000 membres répartis sur toute la France, se base sur les chiffres publiés par l'OCDE. Toutes dépenses publiques confondues, effectuées par l'Etat, les collectivités territoriales et les institutions sociales, cela représente 56,9% du PIB [produit intérieur brut].

 

Sur une année de 365 jours il y a donc 208 jours de travail pour l'Etat français et compagnie, et 157 jours de liberté fiscale. La Révolution française n'a-t-elle pas eu lieu pour beaucoup moins que cela ?

 

Dans le Cri du Contribuable ici  [numéro 86-87 de juillet-août 2010], qui est une publication détenue à 100% par Contribuables Associés, on apprend que la France est Vice-Championne du Monde cette année :

 

"Cette année la France est au deuxième rang des pays de l'OCDE, derrière le Danemark, où l'Etat est le plus glouton. Les citoyens de la zone euro commencent en moyenne à travailler pour leur profit et celui de leur famille plus de 3 semaines avant les Français et ceux de l'OCDE, 45 jours"

 

La France "galope vers une catastrophe à la grecque" : le déficit public, qui était de 3,3% du PIB en 2008 et de 7,5% en 2009, devrait être de 8,3% en 2010 selon l'OCDE. 35 ans de déficits successifs se payent : la dette publique, qui était de 78,1% du PIB en 2009, devrait atteindre les 83,2% du PIB en 2010, toujours selon l'OCDE. Tout va très bien Madame la Marquise !

 

Si le Danemark fête sa libération fiscale le 9 août, les autres mauvais élèves de l'économie fêtent tous leur libération fiscale en juillet ou fin juin : l'Allemagne le 25 juin, l'Italie le 9 juillet, le Royaume-Uni le 12 juillet. Bref on y retrouve tous les membres éminents de l'Union européenne, dont on nous vante tant les vertus... et qui veut donner des leçons aux autres.

 

Ce soir, de 19h à 21h30, a lieu à Paris un pique-nique, organisé par Contribuables Associés, sur les pelouses du Carrousel du Louvre, au pied de l'aile Richelieu, pour fêter ça ici. Faute de pouvoir être présent physiquement, depuis Lausanne, je m'associe de tout coeur à cette manifestation en souhaitant bien entendu qu'à l'avenir cette fête de libération fiscale ait lieu plus tôt...

 

Francis Richard

 

Ecoutez la bonne parole de Benoîte Taffin, porte-parole de Contribuables Associés :

 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 21:30

Week-end de la libertéDu 2 au 4 juillet 2010 avait lieu le week-end de la liberté, organisé à St Paul-lès-Dax par le Cercle Frédéric Bastiat ici sur le thème : Vers l'Etat libéral ici.

 

Votre serviteur y assistait et a été vivement intéressé par les différents exposés des orateurs qui sont intervenus : Jacques de Guenin, président du Cercle, Patrick de Casanove, prochain président du Cercle, Françoise Thom, professeur d'histoire à la Sorbonne, Pierre Garello, professeur d'économie à l'Université d'Aix-Marseille, Alain Mathieu, président de Contribuables Associés, Benoîte Taffin, porte-parole de Contribuables Associés, Vincent Ginocchio, président de Liberté Chérie, Yvan Blot, haut fonctionnaire, et François Garçon, maître de conférences à la Sorbonne.

 

Parmi tous ces exposés, tous plus brillants les uns que les autres, il en est un qui a retenu particulièrement mon attention, celui d'Yvan Blot sur la démocratie directe. Pourquoi ? Parce que je vis dans un pays où la démocratie directe est pratiquée depuis plus de 150 ans et que j'ai été heureux d'apprendre que les droits populaires avaient été repris peu ou prou à travers le monde dans d'autres pays que le Lichtenstein ou les Etats-Unis.

 

Yvan Blot est français, ancien élève de l'ENA - nobody is perfect -, docteur es Sciences Economiques. Il est haut fonctionnaire, mais il a aussi exercé de nombreux et divers mandats politiques : conseiller général, député à l'Assemblée nationale, député au Parlement européen, conseiller régional. Depuis 10 ans maintenant il a abandonné la politique pour se consacrer à sa carrière dans l'administration, écrire - son dernier ouvrage a pour sujet Herbert Spencer -, enseigner, à l'université de Nice.

 

Sur le sujet de la démocratie directe Yvan Blot anime le site http://www.democratiedirecte.fr/, qui a tout juste un an d'existence. Il est également président de l'association Agir pour la démocratie directe (A2D) . Sous le titre Pourquoi la démocratie directe ?, les grandes lignes de l'exposé, fait à St Paul-lès-Dax le dimanche 4 juillet, s'y trouvent d'ailleurs et permettent de se rendre compte de l'intérêt de cette forme de démocratie, complémentaire de la démocratie représentative. En Suisse, par exemple, le parlement n'est pas tenu à l'écart quand une initiative populaire aboutit, puisque le parlement peut voter un contre-projet qui sera soumis en même temps que l'initiative populaire aux suffrages des citoyens :

 

"La démocratie directe organise plutôt une saine concurrence entre les citoyens et les élus pour faire les lois : personne ne doit être exclu alors que la démocratie représentative pure exclut les citoyens de la fonction législative."

 

Yvan Blot rappelle justement que la démocratie directe peut revêtir deux formes essentielles :

 

"Le référendum veto et l'initiative populaire, un frein et un moteur."

 

C'est-à-dire la possibilité d'annuler une loi votée par le parlement et la possibilité de proposer une loi "sur un sujet que le gouvernement ou le parlement ignorent ou ont peur d'aborder".

 

Comme beaucoup j'avais entendu parler de la Proposition 13 en Californie qui à la faveur d'une initiative populaire, votée en 1978, a permis de limiter là-bas la taxation des propriétés foncières, mais je ne savais pas que la démocratie directe était apparue pour la première fois en 1898 dans le Dakota du Sud et qu'aujourd'hui 26 états fédérés la pratiquaient au niveau de l'état et au niveau local. Elle n'existe cependant toujours pas au niveau fédéral. Hormis la réduction d'impôts des référendums y ont eu lieu sur "la protection de l'environnement, la lutte contre la criminalité, la peine de mort, l'avortement ou l'enseignement".

 

J'ignorais que la démocratie directe était pratiquée en Allemagne :

 

"Depuis la réunification allemande du 3 octobre 1990, la démocratie directe a été progressivement introduite dans tous les Länder allemands et souvent aussi au niveau communal." 

 

On y a voté sur "les lois électorales, l'enseignement de la religion à l'école, l'urbanisme". Mais les dépenses publiques et les impôts sont des sujets exclus...

 

J'ignorais que la démocratie directe était pratiquée en Italie :

 

"Depuis 1970, le référendum d'initiative populaire pour abroger une loi existe en Italie."

 

Il y a eu des référendums sur "le divorce, l'échelle mobile des salaires", mais, comme en Allemagne, il n'est pas possible d'aborder les épineux sujets des dépenses publiques et des impôts...

 

C'est bien dommage parce que "les travaux menés par les professeurs Feld et Kirchgässner ont montré en étudiant les résultats des référendums financiers aux USA et dans les cantons suisses que là où la démocratie directe existe, les impôts et les dépenses publiques sont un tiers plus bas que dans les pays où la démocratie est purement représentative. L'endettement est de moitié plus faible."...

 

Sans doute parce que les groupes de pression et les lobbies ne peuvent plus exercer complètement leur influence délétère sur les représentants du peuple... lequel n'est pas si bête que cela comme le prétendent certaines élites dont le pouvoir absolu serait menacé :

 

"Par exemple, les Suisses ont rejeté des mesures démagogiques comme l'adoption des 35 H ou bien la suppression de l'armée."... Horreur et damnation !

 

On ne peut donc que se réjouir de l'extension de la démocratie directe à d'autres pays. C'est peut-être le seul espoir que l'on se dirige vers l'Etat libéral... La France n'en prend hélas pas le chemin...

 

Francis Richard

 

Note du 2 août 2010 : la vidéo sur l'ambiance du Week-End de la Liberté à St Paul-lès-Dax :

 

 

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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