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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 10:00
"Le vrai visage de Manuel Valls" d'Emmanuel Ratier

Curieusement l'auteur du Vrai visage de Manuel Valls, Emmanuel Ratier,  ne figure pas sur la couverture de son livre. Mais, comme il est publié par les Editions Facta et que d'autre part il ne se cache pas d'en être l'auteur... autant attribuer à César ce qui revient à César, c'est-à-dire à Emmanuel Ratier.

 

Ce livre a du succès sur Amazon et dans ce que L'Express appelle la fachosphère. S'il vaut la peine de s'intéresser à ce livre ce n'est cependant pas en raison du succès de sa vente en ligne et encore moins du soutien que lui apporte la sphère évoquée, mais en raison des faits qu'il comporte et qui semblent incontournables, parce que très documentés.

 

Comme Manuel Valls est l'actuel Premier ministre de la République française et qu'il est raisonnable de penser qu'il ambitionne d'occuper un jour le siège de la Présidence, ces faits peuvent éclairer sur sa personne, ce qui n'est pas sans importance dans un régime présidentiel.

 

Ses origines? Catalanes, mais son père n'a jamais été un antifranquiste déclaré comme on le lit souvent...

 

Son milieu? Manuel Valls n'a pas grand-chose à voir avec le fils d'immigré classique monté à la force du poignet. Il a grandi dans le Marais dans une ambiance à cheval entre le catholicisme traditionnel et la bourgeoisie bohème naissante, le tout teinté de déracinement.

 

Son parcours? Manuel Valls n'a jamais exercé un véritable métier de sa vie [...]. Il a fait carrière comme permanent politique, d'abord appointé par son parti puis, ensuite, en étant financé par les contribuables.

 

Son réseau? Il fait la connaissance à l'université de Tolbiac d'Alain Bauer et de Stéphane Fouks, avec lesquels il va rester très lié.

 

Alain Bauer? Aujourd'hui il est professeur en Criminologie, Président du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques, ancien président de l'Observatoire de la Délinquance, ancien Grand Maître du Grand Orient de France.

 

Stéphane Fouks? Aujourd'hui il est un des directeurs généraux de Havas Worlwide, anciennement Euro RSCG Worlwide et contrôle la quasi-totalité de la communication d'influence en France, toutes tendances confondues...

 

Le 3 avril 2014, Stéphane Fouks déclare à Challenges: Avec Manuel au PS et Alain au Grand Orient, on tient la France pour trente ans.

 

Devenu maire d'Evry en 2001, comment Manuel Valls dirige-t-il la ville? Evry est une ville que Manuel Valls tient sous sa poigne, surtout parce qu'il s'y est constitué une équipe d'obligés qui le suivront dans le giron du gouvernement, parfois au plus près de François Hollande.

 

Mais le clientélisme a un coût: Quand Manuel Valls quitte la mairie [en 2012] les caisses sont vides. L'endettement a progressé de 70% entre 2007 et 2012, la pression fiscale sur les ménages de 45,7% entre 2001 et 2012...

 

Pro-palestinien ou pro-israélien? Pro-palestinien avant 2010 et pro-israélien depuis.

 

Evry accueille chaque année la plus importante manifestation pro-palestinienne en France, Six heures pour la Palestine. Manuel Valls, qui, en 2002, a reçu en personne Leila Shahid, déléguée générale de la Palestine, y intervient et y participe les 25 novembre 2006 et 7 décembre 2007.

 

Patatras, après un soutien indéfectible à la cause palestinienne pendant des années, le député-maire d'Evry, sans jamais donner aucune explication [...] refuse pour la première fois que les Six heures pour la Palestine se déroulent à la mairie le 28 novembre 2009.

 

En février 2010, conséquent avec son changement de cap, Manuel Valls coupe les subventions à l'association Evry-Palestine, organisatrice des Six jours, et... le 1er juillet 2010, à la mairie d'Evry, épouse en secondes noces Anne Gravoin, issue par sa mère d'une famille juive d'origine roumaine...

 

Sur Radio Judaïca Strasbourg, il déclare, le 17 juin 2011: Par ma femme je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël. Et, sur Europe 1, le 25 septembre de la même année, il dit s'opposer à la reconnaissance de la Palestine par l'ONU...

 

C'est beau l'amour... Et, depuis, Manuel Valls ne manque pas de manifester haut et fort sa nouvelle alliance...

 

Une fois devenu Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls a de fortes paroles et des résultats... faibles: en 2013, les cambriolages ont augmenté de 6 à 8% et la délinquance de 5 à 11% selon les zones...

 

Quoi que l'on pense de la Manif pour tous, Manuel Valls se distingue, à son sujet, par la sous-estimation criante des chiffres de participation aux manifestations de l'an passé (à l'aide de photos aériennes truquées, reproduites... sur le site de la Préfecture de police de Paris), par les provocations de policiers déguisés en manifestants pour tenter de les faire dégénérer et par l'usage de gaz lacrymogènes sur de paisibles manifestants accompagnés d'enfants (lors de la manifestation du 24 mars 2013).

 

Emmanuel Ratier termine son livre par l'affaire Dieudonné, où, là encore, quoi que l'on pense du personnage, le pouvoir judiciaire s'est fait, le 9 janvier 2014, le diligent complice du pouvoir exécutif. La décision prise ce jour-là par le Conseil d'Etat peut être qualifiée, sans conteste, de : renversement complet de jurisprudence qui recrée la censure  a priori. Une défaite pour la liberté d'expression et un recul des libertés noté par tous les juristes. Contestable sur le fond, cette décision est unique: en procédure d'urgence accélérée par un juge unique en une heure.

 

A lire le livre d'Emmanuel Ratier, auquel je laisse la responsabilité des interprétations des faits qu'il rapporte et des documents qu'il produit, le lecteur ne peut que penser que l'ambition personnelle de Manuel Valls justifie pour lui l'emploi de tous les moyens, même légaux, pour l'assouvir. Ce qui devrait faire réfléchir les Français, et les électeurs français de 2017 ou de 2022...

 

Francis Richard

 

Le vrai visage de Manuel Valls, 120 pages, Editions Facta

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 05:00
Pour le D-Day, je chante "les ricains" de Michel Sardou

En 1967, jai seize ans.

 

Michel Sardou, qui n'est pas encore célèbre, chante Les ricains. C'est un tollé. Cette chanson est censurée, interdite d'antenne. Son interprète est littéralement exécuté...

 

En effet, tout le monde lui tombe dessus: les gaullistes (de Gaulle a décidé que la France quittait l'OTAN et que, sans lui, les Allemands n'auraient pas été défaits en 1945...), les communistes (alors qu'on est en pleine guerre froide, et guerre du Vietnam, ils sont furieux d'être mis dans le même panier que les nazis), les anti-américains primaires, les nostalgiques du fascisme immense et rouge qui ne décolèrent pas que leur rêve d'empire ait été brisé...

 

Le rebelle que je suis déjà aime cette chanson inconoclaste, anti-conformiste, à contre-courant, interdite, qui célèbre les Américains, lesquels, déjà, en 1918, ont libéré mon grand-père maternel des geôles allemandes...

 

Aujourd'hui, septantième anniversaire du D-Day, cette querelle des Ricains est bien oubliée et les paroles devraient pouvoir être chantées par quiconque, parce qu'elles ne font, après tout, que dire la vérité et honorer les combattants de la liberté d'alors:

 

Si les ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi
A saluer je ne sais qui

 

Bien sûr les années ont passé
Les fusils ont changé de main
Est-ce une raison pour oublier
Qu'un jour on en a eu besoin

 

Un gars venu de Géorgie
Qui se foutait pas mal de toi
Est v'nu mourir en Normandie
Un matin où tu n'y étais pas

 

Bien sûr les années ont passé
On est devenu des copains
A l'amicale du fusillé
On dit qu'ils sont tombés pour rien

 

Si les ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi
A saluer je ne sais qui

 

Pendant qu'il chante, Michel Sardou provoque - c'est courageux à l'époque -, et fait, par dérision, le salut romain quand il chante son premier A saluer je ne sais qui, puis le même salut en fermant le poing à la fin, quand il chante le dernier, jetant symboliquement le même opprobre sur tous les totalitaires, quels qu'ils soient...

 

Aujourd'hui, pour le D-Day, je chante à nouveau Les ricains, avec Michel Sardou...

 

Francis Richard

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 22:45
"Quand la France s'éveillera" de Pascal Lamy

Le monde a changé. Désormais il n'y a plus un Nord riche et un Sud pauvre comme il y a seulement vingt-cinq ans. Le Sud, du moins la partie émergée, fait maintenant jeu égal avec le Nord.

 

"Le monde se transforme", écrit Pascal Lamy dans son dernier livre, Quand la France s'éveillera "et nous sommes loin de la vision caricaturale et unilatérale souvent présentée en France d'une mondialisation réduite à la seule concurrence déloyale que les pays en développement feraient peser sur nos entreprises, les conduisant à délocaliser leurs activités, à baisser les salaires, à faire pression sur l'Etat pour qu'il réduise la protection sociale."

 

Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC, est en effet bien placé pour savoir quels sont les bienfaits qu'il faut mettre au crédit de la mondialisation, au premier rang desquels la réduction sans précédent de la pauvreté dans le monde:

 

"En vingt ans (1990-2010), 700 millions de personnes sont sorties de l'extrême pauvreté, soit une population supérieure à celle de l'Europe."

 

La mondialisation n'aurait pas été possible sans les formidables avancées technologiques qui ont permis une organisation nouvelle de la production, l'élargissement des marchés, le développement des échanges.

 

Les échanges ont d'ailleurs changé de nature:

 

"Bien souvent, les composants d'un même bien sont produits aux quatre coins du monde. Bien souvent, les différentes phases d'assemblage sont réalisées dans des unités de production géographiquement éloignées."

 

Il faut désormais parler de Made in the World...

 

C'est la face lumineuse de la mondialisation.

 

Il y a aussi la face sombre: le chômage, les délocalisations, la précarité, les inégalités. Et les menaces qui pèsent sur le développement économique futur: le réchauffement climatique, la pollution, l'épuisement des ressources naturelles. Alors, en bon socialiste, tendance social-démocrate, Pascal Lamy dit qu'il faut réguler la mondialisation; mieux, la maîtriser; mieux encore, la civiliser.

 

Pour atteindre ce dernier but, il faut que l'Europe soit fidèle à l'image qu'elle donne, selon lui, à nos voisins des autres continents: "une identité forte, une capacité à concilier la liberté individuelle et l'intérêt collectif, une expérience d'intégration régionale, un modèle économique et sociale humaniste, une culture sophistiquée".

 

Encore faut-il que l'Europe comble son déficit d'appartenance. Elle ne pourra le faire, selon Pascal Lamy, qu'en développant ses réseaux d'échanges d'étudiants, avec les bourses Erasmus, et d'échanges en matière de recherche, avec les bourses Marie-Curie; qu'en articulant un socle commun réglementaire avec, par exemple, l'instauration d'un salaire minimum dans chacun des pays européens et l'harmonisation de l'impôt sur les profits des entreprises.

 

Encore faut-il que l'Europe comble son déficit de croissance. Elle ne pourra le faire qu'en favorisant la compétitivité qui en est un des moteurs et sans laquelle il n'est pas de créations d'emploi. L'économie sociale de marché que Pascal Lamy appelle de ses voeux implique certes "une dose de redistribution importante pour assurer sécurité sociale, au sens large, et lutte contre les inégalités", mais cela n'est possible que s'il y a création de richesses.

 

Encore faut-il que l'Europe comble son déficit de gouvernance. Elle ne pourra le faire qu'en maintenant à la Commission européenne le rôle de proposer les lois et de les exécuter une fois qu'elles ont été décidées par le Conseil des ministres des Etats et le Parlement européen; qu'en faisant d'elle le porte-parole unique de l'Union dans toutes les instances internationales et en la rendant politiquement responsable devant le Conseil des ministres.

 

La France s'éveillera quand elle ne cauchemardera plus la mondialisation. Plutôt que de lui tourner le dos, elle doit chercher à l'humaniser, à la civiliser si elle la trouve inique et mauvaise. Mais elle ne pourra pas changer le monde toute seule. C'est l'Europe qui pourra le faire et la France ne pourra donc le faire que dans son sillage. D'où l'importance du couple franco-allemand: la France et l'Allemagne doivent se rapprocher plus étroitement si elles veulent peser sur le changement du monde, via l'Europe.

 

La France doit notamment comprendre que "la production de richesses précède le partage" et l'Allemagne que "le monde est instable et parsemé de menaces à contenir au besoin par la force armée comme François Hollande l'a justement décidé au Mali et en Centrafrique".

 

Ces deux pays doivent en conséquence élaborer en commun les lignes directrices de leurs politiques économiques:

 

"Les prélèvements fiscaux et sociaux, et donc les dépenses collectives, devraient être progressivement rapprochés, pour parer au risque de concurrence déloyale."

 

Ils doivent prendre des positions communes au sein du Conseil des ministres de l'Europe et agir de concert au sein des institutions financières telles que le FMI ou la Banque mondiale.

 

La France et l'Allemagne doivent enfin s'entendre sur la politique étrangère et de sécurité, sur la défense donc.

 

Comme on le voit, Pascal Lamy est un fervent défenseur de la mondialisation et du libre-échange, mais il l'est aussi de ce qui peut empêcher l'une et l'autre de fonctionner à plein. Il cède en effet à l'illusion régulatrice, celle qui consiste à penser qu'un marché imparfait doit et peut être corrigé de ses défauts et imperfections par des interventions étatiques.

 

Or les interventions étatiques, qu'elles soient locales ou globales, qu'elles se fassent sous la forme de réglementations ou de politique monétaire, ont pour effet de fausser les échanges et d'empêcher qu'ils ne se fassent librement. Dans ces conditions, les résultats de ces échanges ne peuvent qu'en être affectés et leurs bienfaits amoindris, voire annihilés.

 

Pascal Lamy est en fait favorable à une gouvernance globale, c'est-à-dire à un mondialisme, qui est un constructivisme, illusoire. Il ne faut pas le confondre avec la mondialisation, qui, elle, est un phénomène spontané, réel.

 

Francis Richard

 

Quand la France s'éveillera, Pascal Lamy, 176 pages, Odile Jacob

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 06:35
Daniel Cohn-Bendit dans ses gesticulations

Daniel Cohn-Bendit dans ses gesticulations

Hier, au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit a dit que les Suisses reviendraient à genoux devant l'Union européenne, après le vote du 9 février 2014 contre l'immigration massive.

 

Comme je fais partie des quelque 49.7% de Suisses qui ont voté contre cette initiative étatiste, je suis d'autant plus à l'aise pour dire que cela ne sera pas le cas.

 

Pourquoi les Suisses le feraient-ils? Parce que les exportations de la Suisse vers l'Union européenne représentent 65% de ses exportations (en fait 68.3% en 2009). Ridicule.

 

C'est là la magie des chiffres macro-économiques. On voit les grandes masses, on ne voit pas les échanges individuels. Or ce sont les échanges individuels qui font les échanges globaux...

 

Mais, allons juste un moment sur le terrain de Daniel Cohn-Bendit, converti récent à la libre circulation des personnes, et qui comme tous les néophytes veulent montrer qu'ils sont les plus zélés...

 

Daniel Cohn-Bendit sait-il que la Suisse, avec 9.20% des échanges, est le troisième partenaire commercial de l'Union européenne après les Etats-Unis (20.50%) et la Chine (10.90%)?

 

Sait-il que la Suisse, avec 7.10% des échanges, est le quatrième partenaire commercial de l'Union européenne pour les marchandises après les Etats-Unis (15.90%), la Chine (13.00%) et la Russie (7.90%)?

 

En 2009, l'Union européenne a exporté davantage de marchandises vers la Suisse (88.6 milliards €) qu'elle n'en a importé d'elle (73.8 milliards €)...

 

Sait-il que la Suisse, avec 12.80% des échanges, est le deuxième partenaire commercial de l'Union européenne pour les services après les Etats-Unis (28.40%)?

 

Alors, bien sûr, l'Union européenne, oublieuse de ses propres intérêts, peut très bien se faire l'illustration de la morale du fabuliste, selon laquelle la loi du plus fort est toujours la meilleure. Ce faisant, ne devrait-elle pas se méfier de l'effet boomerang que cela pourrait bien produire de la part des petits pays qui la composent?

 

D'autant qu'en mai prochain ont lieu les élections au Parlement européen...

 

Francis Richard

 

Les chiffres de cet article relatifs aux échanges entre l'UE et la Suisse proviennent du site europa.eu

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 12:30

Quitter la France DELSOLLa France se vide de sa substance. Et de plus en plus nombreux sont les patrons qui la quittent, à cause de la fiscalité, certes, mais, surtout, parce qu'ils ne se sentent pas aimés. Dans ce cas-là, le courage, pour sa préservation et conservation, se trouve dans la fuite vers des cieux plus cléments, comme au temps de la révocation de l'Edit de Nantes.

 

Dans son dernier livre, Jean-Philippe Delsol met en scène un archétype de patron, qui, parmi tant d'autres - la courbe des départs est exponentielle depuis deux, trois ans -, va quitter la France, qu'il aime, non sans regret donc. Son histoire emblématique se déroule en deux temps, un mouvement: la France fout le camp, je fous le camp.

 

Le patron, dont parle Jean-Philippe Delsol, est un patron imaginaire dans lequel se trouvent réunis de nombreux autres patrons qui lui ressemblent.

 

Ce patron archétypique est d'origine modeste. Avec beaucoup de persévérance et de travail, il a fait des études d'ingénieur, travaillé dans une grande société. Un jour, son père lui demande de reprendre la petite affaire de décolletage qu'il a créée dans son village. Il accepte et, en vingt ans, en fait une belle PME qui occupe 120 personnes. Il gagne bien sa vie. Il possède sa résidence principale. Sa femme et lui ont trois grands enfants, aux études.

 

Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourtant il va quitter la France, parce qu'il fait partie de ceux que les médias vilipendent à longueur de colonnes, que le fisc harcèle par des contrôles qui se traduisent par des redressements pour des broutilles, que les syndicats veulent égaliser en contestant leur salaire mérité par les risques pris, et que l'Etat, imaginatif, cherche par tous les moyens, même légaux, à empêcher de faire leur métier.

 

La France fout le camp

 

En France, l'Etat est devenu un Etat fiscal. Les dépenses publiques explosent, 57% du PIB. Cet interventionnisme étatique est ruineux parce qu'il se fait en dehors de toute logique économique. Or, il faut bien financer ces folles dépenses. Alors les impôts et taxes se mutiplient, sur tout et sur rien, et les prélèvements obligatoires explosent parallèlement, 45% du PIB. Alors, l'endettement permet de reporter sur les générations futures - qui ne peuvent rien dire, et pour cause - la différence entre dépenses et recettes qu'une fiscalité pourtant lourde ne suffit pas à combler chaque année.

 

Cela dure depuis des décennies:

 

"Le citoyen naît contribuable."

 

En comparaison internationale, la France est championne dans la création fiscale - la TVA n'a-t-elle pas été inventée dans ce beau pays? - et dans les taux d'imposition, qu'il s'agisse, par exemple, du taux marginal supérieur de 57% ou du taux d'impôt sur les sociétés de 36.10%. C'est l'exception fiscale française.

 

L'Etat ne se contente pas d'être créatif en matière fiscale, il est d'humeur changeante. Bien fol le contribuable qui se fie à ses lois. Ce que l'Etat a imaginé un jour pour le ponctionner, il peut, sans vergogne, le remettre en cause le lendemain, ne jamais l'appliquer ou, même, l'appliquer rétroactivement. Pourquoi se gêner?

 

Comme le montre Jean-Philippe Delsol, tout cet argent n'est pas perdu pour tout le monde. Sur une population active d'environ 28 millions de personnes, plus de 14.5 millions sont rémunérés par l'Etat: les 5.2 du secteur public, les 2 du secteur para-public, le 1.08 des associations de financement public (60% de 1.8), le 0.5 des contrats aidés, le 0.2 des contrats d'apprentissage, le 0.05 des contrats de génération, le 1 des agriculteurs, les 3.22 de chômeurs, le 1.3 du RSA "socle". Sans compter les employés des entreprises concessionnaires et les chômeurs de catégorie B et C (environ 1.2) ...

 

Seulement tout cela mène droit dans le mur. Car, toutes les études économiques le montrent, sans conteste: plus de dépense publique et de dette publique se traduisent par moins de croissance, et plus d'aide publique par plus de chômage. Il semble qu'il n'y ait qu'en France qu'on ne veuille pas le comprendre.

 

Comme on ne veut pas comprendre que la liberté des échanges favorise la prospérité des nations et que le protectionnisme appauvrit plus qu'il n'enrichit, comme l'a brillamment démontré en son temps Frédéric Bastiat.

 

Comme on ne veut pas comprendre, en France - et ailleurs -, qu'une loi ne doit jamais être contraire au droit naturel:

 

"La France, et bien d'autres Etats avec elle, ont une fâcheuse tendance à confondre, de plus en plus, l'état de droit avec le droit de l'Etat. L'idée qui tend à prévaloir est que ce qui est bon pour l'Etat est juste. Et pourtant ça n'a rien à voir ou presque. Le danger est précisément de considérer le droit comme un outil au service de la majorité, modulable par elle à merci."

 

En somme, se dit le patron archétypique:

 

"L'Etat français ne respecte plus ni les principes fondateurs de la société ni les hommes qui la composent. Alors pourquoi resterai-je?"

 

Je fous le camp

 

Jean-Philippe Delsol explique les modalités de l'exit tax qui sont une incitation à partir, puis il fait le tour des destinations possibles alors que son héros et sa femme n'ont pas envie de partir trop loin:

 

"L'entreprise marche et je ne l'ai pas encore vendue. Je ne suis pas sûr de vouloir la vendre."

 

Il envisage donc d'abord de partir pour le Royaume-uni. Il pourrait apporter les titres de sa société française dans une société holding, une Limited. L'auteur explique, dans tous ses détails techniques, les avantages fiscaux, mais aussi tous les risques encourus, que son entrepreneur trouve finalement trop importants.

 

Comme si tout cela n'était pas assez compliqué, Jean-Philippe Delsol avoue que la femme de son héros "dispose d'un compte en Suisse dont elle a hérité de ses parents" et qui remonte à son trisaïeul, du temps de la révolution russe... et il montre qu'il n'est pas si simple de rapatrier ce petit pactole. 


C'est l'occasion pour Jean-Philippe Delsol de rappeler quelque chose de fondamental et qui découle du droit naturel, bien oublié en France:

 

"La liberté, qui est la condition de tout développement humain, requiert que chacun puisse placer son argent comme il l'entend, pour autant qu'il paye ses justes impôts et ne commette pas d'infraction pénale, que chacun ait le droit de conserver la confidentialité de son patrimoine, que chacun puisse voter avec ses pieds, y compris pour gérer ailleurs ses actifs."

 

Finalement l'entrepreneur archétypique choisit justement de s'installer en Suisse et pas seulement pour des raisons fiscales, même si la concurrence fiscale y règne et qu'elle le séduit, qu'elle est favorable aux contribuables et qu'elle conduit à l'harmonie, le contraire de l'uniformisation.

 

Car il renonce même, par avance, à être au bénéfice de l'imposition sur la dépense, le fameux  "forfait fiscal". Renseignement pris, il adoptera le régime du réel et il s'installera dans une commune du Valais "où la fiscalité est douce sans avoir recours au forfait".

 

En fait, ce qui lui a plu, et à son épouse, "c'est d'abord et peut-être surtout cette variété dans les approches et les situations" en Suisse:

 

"C'est plus compliqué bien sûr. Chaque canton, chaque commune a sa fiscalité et sa façon de la pratiquer. Mais précisément, c'est ce qui fait la force de ce petit pays et ce qui lui permettra peut-être de mieux résister que d'autres à la démagogie qui pousse à toujours plus d'Etat et toujours plus d'impôts."

 

A condition, toutefois, que le peuple suisse ne se laisse pas séduire par le chant des sirènes qui veulent transformer la Suisse en Etat-providence, avec, par exemple, le salaire minimum, la caisse unique d'assurance-maladie et l'impôt sur les successions en ligne directe...

 

Francis Richard

 

Pourquoi je vais quitter la France, Jean-Philippe Delsol, 204 pages, Tatamis 

 

Livre précédent:

 

A quoi servent les riches, avec la participation de Nicolas Lecaussin, 238 pages, JC Lattès 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 23:00

Hollande-chez-Solvay.jpgEn matière de chômage, pourquoi François Hollande a-t-il le triomphe modeste? C'est la question que l'on doit se poser tout naturellement.

 

Or, ce soir, sur BFMTV, les journalistes, d'habitude moins serviles, répondaient que le président français ne savait décidément pas communiquer...

 

S'il a le triomphe modeste, est-ce vraiment parce que la modestie lui est chevillée au corps ou parce qu'il n'y a tout simplement pas de quoi triompher?

 

Regardons de plus près les chiffres publiés aujourd'hui.

 

Le nombre de chômeurs de la catégorie A (les demandeurs d'emploi qui sont tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi et qui sont sans emploi) a baissé de 20'500 de fin septembre 2013 à fin octobre 2013. Soit.

 

C'est une baisse mirifique, mais trompeuse... Car, dans le même temps, 52'600 chômeurs ont été radiés en octobre 2013, contre 41'800 en septembre 2013, ce qui correspond à une différence de + 10'800...

 

D'autre part, si Michel Sapin, Ministre du Travail, affirme que chaque jour 500 contrats d'avenir sont en ce moment signés par les collectivités publiques (à mi-octobre 2013, le nombre de contrats d'avenir avait atteint 70'000 contre 55'000 à fin août), il n'y a pas de raison de ne pas le croire sur parole. Or + 15'000 contrats d'avenir en un mois ne permettent-ils pas d'améliorer avantageusement les statistiques du chômage, surtout celles des jeunes?

 

Si le nombre de chômeurs de la catégorie A a baissé grâce à ce qu'il faut bien appeler des artifices cosmétiques, le nombre des chômeurs de la catégorie B (les demandeurs d'emploi tenus de faire des actifs positifs de recherche d'emploi et qui ont une activité réduite courte, c'est-à-dire inférieure ou égale à 78 heures par mois) a augmenté de + 23'700 et celui des chômeurs de la catégorie C (les demandeurs d'emploi qui sont tenus de faire des actes positifs  de recherche d'emploi et qui ont une activité réduite longue, c'est-à-dire supérieure à 78 heures par mois) a augmenté de + 36'400...


Bilan global des catégories A, B et C : + 39'600 chômeurs (= - 20'500 + 23'700 + 36'400)

 

Comme Pôle Emploi ne tient pas de listes distinctes des flux d'entrées et de sorties pour chaque catégorie, ce chiffre est à rapprocher des flux d'entrées et de sorties globaux pour les catégories A, B et C. On arrive alors à un solde de + 44'300 chômeurs pour la France entière (entrées totales = 514'400, sorties totales = 470'100)... D'après Pôle Emploi les entrées seraient surestimées et les sorties sous-estimées du fait d'un décalage d'un mois dans leur enregistrement... Ce qui expliquerait une différence de 4'700... entre les deux calculs.

 

Quoi qu'il en soit le nombre total de chômeurs a donc globalement et réellement augmenté, d'au moins 40'000 personnes ...

 

Il n'y a donc pas de quoi pavoiser...

 

En effet, on a vu que le nombre de chômeurs de la catégorie A n'a baissé que grâce à une augmentation forte des radiations (+ 25.8%) et à la conclusion massive de contrats d'avenir, et que le nombre de chômeurs des catégories A, B et C a augmenté dans le meilleur des cas de + 39'600...

 

Si aux catégories A, B et C, on ajoute, pour faire bonne mesure, les catégories D (les demandeurs d'emploi non tenus à faire des actes positifs de recherche d'emploi et sans emploi) et E (les demandeurs d'emploi non tenus à faire des actes positifs de recherche d'emploi et en emploi), le nombre total des chômeurs en France métropolitaine est passé de 5'473'000 à 5'528'900 de fin septembre à fin octobre 2013, soit une différence de + 55'900...

 

François Hollande sait évidemment tout cela, sans aucun doute. Sa prudence dont certains commentateurs s'étonnent, provient de sa prise de conscience d'une réalité que la méthode Coué ne suffit pas à enjoliver.

 

Francis Richard

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 18:00

Francois-Hollande-copie-2.jpgAu soir de l'élection présidentielle de François Hollande, le 6 mai 2012, il y a un peu plus de dix-huit mois seulement, lesobservateurs.ch  publiaient un article de mon cru intitulé:

 

Président des Français: l'avenir radieux?.

 

 

J'écrivais en conclusion de cet article, à l'adresse du président fraîchement élu:

 

"Quoique tu fasses tu seras donc rapidement impopulaire".

 

C'est-à-dire: que tu tiennes tes engagements ou non...

 

M'étais-je trompé Monsieur 15% d'opinions favorables?

 

N'avais-je pas raison d'écrire in fine:

 

"C'est pourquoi je suis triste que tu l'aies emporté."

 

Pas autant toutefois que l'écrasante majorité des Français qui maintenant savent quel avenir radieux tu leur réservais...

 

Je n'avais aucun mérite. C'était tellement prévisible...

 

Voici cet article:

 

François II, quel président seras-tu réellement maintenant que tu es élu?

 

Toi, président de la République, tu seras le président des seuls dirigeants d’entreprises qui quémanderont la manne de l’Etat pour relancer l’économie selon tes conditions arbitraires (engagements 1 à 5).

 

Toi, président de la République, tu seras le président des subventions aux agriculteurs bio ou qui produisent selon de nouveaux modèles de production qui te conviennent; le président des subventions aux pêcheurs qui se modernisent comme tu l’entends (engagement 6).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la réglementation des banques que tu taxeras davantage, dont tu limiteras les rémunérations, dont tu réduiras les ressources et qui ne prêteront plus qu’à ceux qui trouveront grâce à tes yeux (engagements 7 et 8).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la suppression de ce que tu considères comme des cadeaux fiscaux et du coup d’arrêt au non-remplacement de fonctionnaires en nombre pléthorique (engagements 9 et 10).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de l’interventionnisme et du protectionnisme accrus de l’Union autoritaire européenne (engagements 11 à 13).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la punition et de la spoliation des riches, puis des moins riches, puis de tous, donc de l’encouragement au moindre effort (engagements 14 à 17).

 

Toi, président de la République, tu seras le président du maintien du système de retraites par répartition et de sa mort annoncée par l’avancement arbitraire de l’âge de départ à 60 ans, en dépit de l’augmentation de la longévité (engagement 18).

 

Toi, président de la République, tu seras le président du renforcement de l’étatisation du système de santé, notamment en subventionnant davantage l’hôpital public, en limitant les honoraires des médecins et en baissant arbitrairement le prix des médicaments en ne tenant compte ni de leurs prix de revient ni des coûts de leur recherche (engagements 19 à 21).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la limitation des loyers que tu trouveras excessifs et de la construction de deux millions et demi de logements en cinq ans, soit 300'000 de plus que pendant les cinq ans précédents, dans des proportions arbitraires qui s’imposeront à toutes les communes (engagements 22 à 23).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de l’ingérence dans la gestion des ressources humaines des entreprises et de leur punition si elles ne t’obéissent pas (engagements 24 à 26).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de l’inflation des services publics inutiles (engagements 27 à 29).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la suspicion des critères de choix à l’embauche et de la coercition en matière d’embauche de handicapés (engagements 30 et 32).

 

Toi, président de la République, tu seras le président du chômage accru en pénalisant encore plus les entreprises contraintes de licencier et en renforçant les moyens financiers de Pôle Emploi, l’organisme étatique de chômage (engagements 33 à 35).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la préférence de la quantité sur la qualité en matière d’éducation, en embauchant 60'000 enseignants sur cinq ans, et du chouchoutage de ta clientèle électorale qui y prospère (engagements 36 à 40).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la réduction de 75 à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025 par la subvention d’énergies renouvelables hypothétiques; de la facturation de l’eau, du gaz et de l’électricité, en pratiquant la discrimination de classes; et de la subvention des économies d’énergie réalisées dans les logements (engagements 41 à 43).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la culture assistée (engagements 44 et 45).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la sanction des partis qui ne respectent pas la parité hommes-femmes (engagement 48).

 

Toi, président de la République, tu seras le président de la concertation privilégiée avec des syndicats de salariés qui ne représentent que 15%  des salariés du public et 5% de ceux du privé (engagement 55).

 

Toi, président de la République, tu seras le président du soutien au mondialisme et - ce qui va de pair- de l’aide aux pays en développement (engagement 57).

 

Bref, toi, président de la République, si tu tiens tes engagements avec la persévérance diabolique de celui qui persiste dans l’erreur, tu seras le président, jouissant des pleins pouvoirs, d’un Etat-providence renforcé, qui se mêlera de tout, ne sera en définitive responsable de rien et se terminera par la destruction finale des forces vives du pays, amorcée sous Giscard, amplifiée sous Mitterrand, continuée, hélas, sous Chirac et Sarkozy.

 

Toi, président de la République, tu seras responsable personnellement des illusions dont tu auras bercé tes électeurs, alors que le changement dans lequel tu vas engager la France se fait en réalité dans la continuité d’un socialisme qui ne disait pas son nom et se parait des vertus d’une libre économie qu’il a toujours combattue dans les faits.

 

Le socialisme échoue toujours, quelles que soient les formes qu’il prend, communisme ou social-démocratie, parce que la création de richesses ne se décrète pas, parce qu’elle n’est pas le résultat des stimuli des dépenses publiques, qui ne permettent que de faire plaisir à sa clientèle électorale, parce que seule la liberté économique permet la prospérité.

 

Quoique tu fasses tu seras donc rapidement impopulaire. Tout autant si tu tiens tes engagements que si tu ne les tiens pas. Car si tu ne les tiens pas, ceux qui ont voté pour toi s’estimeront cocufiés et j’augure mal de ta force de caractère quand tu devras t’opposer à eux, tant il est vrai qu’un prénom en commun avec le premier président socialiste de la Ve République ne te prémunira pas pour autant contre leur colère.

C’est pourquoi je suis triste pour toi que tu l’aies emporté.

 

Francis Richard

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 21:45

Etoile jaune MILLIERELe dernier livre de Guy Millière sur Israël va à l'essentiel et s'adresse aux Juifs du reste du monde et aux non Juifs:

 

"En laissant planer la mort sur Israël, le monde occidental se condamne lui-même à survivre sous l'ombre de la mort."

 

Car, rappelle-t-il, l'Occident doit une part essentielle de ses valeurs au judaïsme et au peuple juif.

 

Ce livre retrace d'abord l'histoire du peuple juif, indissociable de celle de l'antisémitisme, depuis la diaspora jusqu'au projet sioniste au XIXe siècle.

 

Bien avant le premier Congrès sioniste mondial à Bâle en 1897, un mouvement était en marche:

 

"Des Juifs étaient revenus en terre d'Israël où ils avaient retrouvé des Juifs qui n'étaient jamais partis, et grâce à des mécènes divers et généreux, avaient racheté des parcelles à leurs propriétaires, effendi: à un très bon prix, et par des contrats volontaires. Ils n'avaient chassé personne et formé des collectivités imprégnées d'un socialisme utopique, kibboutz, ou créé des entreprises agricoles et embauché, contre un salaire, les populations arabes."

 

Les Britanniques, au cours des années 1910 ont fait des déclarations contradictoires. Il est important de le rappeler parce qu'elles contiennent en germe les conflits futurs. 

 

En 1915 le Haut-Commissaire britannique en Egypte, Henry McMahon fait des promesses au chérif de La Mecque, Husayn bin Ali, et à son fils, Faisal ibn al-Husayn. Forts de ces promesses ces derniers prennent la tête d'une révolte arabe en 1916, soutenue par les Britanniques.

 

Dans une lettre adressée en novembre 1917 à Lord Lionel Walter Rotschild, le ministre britannique des Affaires étrangères, Arthur James Balfour, dit que son gouvernement envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national du peuple juif.

 

Ces contradictions n'empêchent pas la conclusion d'un accord, le 4 janvier 1919, entre Faisal ibn al-Husayn et Chaim Weizmann, président de l'Organisation sioniste, valant approbation de la lettre de Lord Balfour. Faisal ibn al-Hussayn devient alors roi de Syrie.

 

A l'issue de la Grande Guerre, le Royaume-Uni se voit confier un territoire, le Mandat palestinien, pour favoriser l'établissement du foyer national juif, tandis que la France se voit confier un Mandat sur la Syrie: Faisal ibn al-Hussayn est chassé de Syrie et le royaume d'Irak lui est attribué à titre compensatoire.

 

80% du Mandat palestinien, qui constituent dès lors l'émirat de Transjordanie, sont attribués en avril 1921 par les Britanniques au frère de Faisal, Abdallah ibn al-Husayn. Sur les 20% restants, le Mandat résiduel, ils favorisent l'immigration arabe et restreigne l'immigration juive...

 

Sur le Mandat palestinien, les actes anti-juifs commencent dès 1920, et les Britanniques nomment, en 1921, mufti de Jérusalem, l'un de leurs instigateurs, Muhammad Amin al-Husayni, nationaliste, adepte d'un islam véhément, qui s'avérera proche du national-socialisme, puisqu'il rendra visite à Hitler de novembre 1941 à mai 1945... et approuvera la "solution finale".

 

Les Britanniques, contrairement au mandat qui leur a été confié, tolèrent sur le territoire du Mandat résiduel des discours anti-juifs, ce qui accrédite, chez les Arabes, qu'ils les acceptent...

 

De part et d'autre des crimes sont commis. La situation devient de plus en plus explosive.

 

En mars 1946, les Britanniques transmettent le dossier du Mandat résiduel aux Nations-Unies. Le 29 novembre 1947, les Nations-Unies adoptent un plan de partage du Mandat résiduel, que les Arabes n'acceptent pas. Sur les terres accordées aux Juifs, l'indépendance d'Israël est proclamée le 14 mai 1948, au lendemain du départ des troupes britanniques.

 

Les pays arabes voisins attaquent alors le nouvel Etat, qui n'est soutenu par aucun pays. Mais, à la surprise générale, Israël gagne cette guerre...

 

Jusqu'en 1973, il y a tout juste 40 ans, il n'existe pas de peuple palestinien, mais des Arabes palestiniens, fragment du peuple arabe. Lors du sommet de la Ligue arabe réuni à Alger du 26 au 28 novembre 1973, les pays arabes vaincus changent de stratégie:

 

"L'OLP s'est trouvée redéfinie comme un mouvement menant une "lutte de libération nationale".

 

La notion de "peuple palestinien", que l'OLP avait commencé à introduire dans son vocabulaire peu de temps auparavant, fut officialisée.

 

La "Palestine" à libérer fut redéfinie comme terre du "peuple palestinien"."

 

Désormais le monde arabe ne cherchait plus à détruire et à exterminer, il ne s'acharnait plus contre un pays. Il soutenait un peuple opprimé, en lutte pour se libérer:

 

"Le fait que la notion de nation "palestinienne" vienne d'être forgée n'importait pas. Le fait que les "réfugiés" censés devenir membres du "peuple palestinien" aient, pour la plupart, ignoré jusque là qu'ils faisaient partie du "peuple palestinien" et aient été, pour l'immense majorité d'entre eux, des immigrants de fraîche date sur le territoire de la "Palestine" à libérer et aient eu tout juste le temps de s'y installer avant de partir et de se retrouver dans un camp de réfugés n'importait pas davantage."

 

Le 26 mars 1979, Israël signe un traité de paix avec l'Egypte et fait une concession, que ses dirigeants de l'époque croient mineure, mais qui sera lourde de conséquences:

 

"Israël signa un texte où figuraient les mots "droits" du "peuple palestinien", et "autonomie pour le peuple palestinien". Les lieux de l'autonomie étaient désignés: Gaza et la "Cisjordanie"."

 

Israël acceptait implicitement de se trouver dans la position de l'"oppresseur" face à l'"opprimé"...

 

Les rôles étaient redistribués et Israël jouait le mauvais. Israël s'était mis en tort...

 

En 1949 il y avait 650'000 réfugiés. Ils sont devenus 5 millions. Mais ils n'ont jamais été intégrés par les pays arabes qui avaient déclenché la guerre contre Israël:

 

"Nulle part ailleurs sur terre, des gens étaient encore considérés comme "réfugiés" au bout de trois ou quatre générations."

 

Les réfugiés? Des atouts maîtres dans les mains des dirigeants de l'Autorité palestinienne:

 

"Si on leur parle des "souffrances" des "réfugiés" et du "peuple", ils laissent parler ceux qui parlent, mais ne font rien pour alléger les "souffrances" en question, bien au contraire, et continuent à injecter dans le crâne des "réfugiés" constituant le "peuple" les idées monstrueuses qui en feront des assassins ou des bombes humaines."

 

Le livre de Guy Millière est très dense. Aussi n'ai-je développé que quelques points importants de ce livre - la genèse de l'Etat d'Israël, l'invention du "peuple palestinien", les "réfugiés" -, qui montrent combien la présentation des faits relatifs à Israël est fallacieuse:

 

"Aujourd'hui, Israël est délégitimé, diabolisé, placé dans la position du pays qu'il semble normal de haïr ou de mépriser."

 

Ses ennemis ont bien joué:

 

"Nul ne coud plus d'étoile sur les vêtements des Juifs où que ce soit sur terre, non.

 

Mais une étoile jaune plus immense s'est dessinée qui vient surplomber un pays et un peuple, et par effet induit, elle pèse sur tous les Juifs qui restent Juifs, partout sur terre."

 

Mais que ses ennemis ne se réjouissent pas trop. Car, ce qui a permis au peuple juif de survivre, malgré les épreuves, c'est "l'esprit de résistance".

 

Les dirigeants d'Israël "discernent que le court terme est le moment de tous les dangers et qu'il leur faut passer le cap du court terme":

 

"Ils n'ignorent pas que le monde se recompose, que d'autres puissances montent sur l'horizon, et que ces puissances n'ont guère été touchées par la haine des Juifs, ne sont ni chrétiennes ni musulmanes, et ont des rapports plus distants, plus froids, plus dépassionnés avec le monde arabe. Et ils n'ignorent pas que ces puissances peuvent nouer des relations basées sur les intérêts mutuels et le long terme. Elles se situent en Asie, surtout: Inde, Chine, Japon, Corée du Sud, Singapour."

 

Dans le court terme, la voix des Juifs du reste du monde et des non Juifs "doit s'élever [...] et clamer qu'il s'agit d'Israël, mais qu'il s'agit aussi d'infiniment plus", qu'il existe une ligne de fracture et  de séparation entre civilisation et barbarie, entre démocratie et totalitarisme, entre amour de l'accomplissement et ressentiment criminel.

 

Francis Richard

 

L'Etat à l'étoile jaune, Guy Millière, 186 pages, Tatamis

 

Sur Dailymotion Guy Millière répond à des questions sur son livre:

 

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 20:25

Justice-de-classe.jpgDans la constellation libérale, je suis un franc-tireur.


Des libéraux s'opposent au mariage gay - car c'est de cela qu'il s'agit, puisque le mariage pour tous n'est qu'une manipulation sémantique. Des libertariens soutiennent au contraire ce mariage entre personnes du même sexe, institué par l'Etat.

 

Un des auteurs de la quatrième partie de Libres, livre auquel j'ai consacré six articles cet hiver - un par partie -, est ainsi favorable à ce mariage pour tous. Ce quatrième article m'a donné l'occasion de préciser à l'époque:

 

"Ma position personnelle est quelque peu divergente: le mot de mariage est utilisé par l'Eglise dès le XIIe siècle pour désigner le sacrement légitimant l'union entre un homme et une femme. Le mariage civil en est une singerie, créée par une loi étatiste de 1792. A partir de là est née la confusion entre les différentes composantes d'une union entre être humains que sont l'amour, le contrat et le sacré. L'amour profane n'a besoin ni de contrat, ni de sacré. Le contrat se passe fort bien d'amour et de sacré: c'est pourquoi je suis favorable à la liberté contractuelle pour tous et hostile au mariage civil, et à son terme même, pour quiconque. Quant au sacré, par définition, il ne peut pas être laïc; il ne peut être que religieux. C'est pourquoi le mot de mariage devrait, selon moi, être utilisé dans sa seule acception originelle: tordre le sens profond d'un mot en effet n'est que forgerie..."

Le mariage civil pour tous n'est donc pour moi qu'une singerie de plus, d'origine étatiste.

 

Un de mes proches m'a fait remarquer que le philosophe Jacques Derrida, qui avait soutenu le mariage homosexuel célébré illégalement par Noël Mamère dans sa mairie de Bègles le 5 juin 2004, arrivait, par un autre raisonnement, à la même conclusion que moi. Dans un entretien accordé au Monde du 19 août 2004, il disait:

 

"Si j'étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de "mariage" dans un code civil et laïque. Le "mariage", valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle - avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc, -, c'est une concession [sic] de l'Etat laïque à l'Eglise chrétienne. [...] En supprimant le mot et le concept de "mariage", cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse ou sacrale, qui n'a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une "union civile" contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé."

 

Dans un récent coup de colère, intitulé M... au lobby gay, aux Editions Mordicus, Christian Vanneste écrit:

 

"L'échange matrimonial est fondé sur l'altérité, entre les sexes parce que son but est la procréation et entre des groupes l'interdiction de l'inceste, l'une des clefs du développement humain. Le mariage n'est pas la reconnaissance sociale d'un sentiment. La société n'a pas à se mêler de l'intimité des relations affectives. L'Etat s'intéresse au mariage dans la mesure où il institue la famille, si possible stable, qui transmet des valeurs et renouvelle les générations."

 

C'est dans ce seul sens, à défaut de mariage religieux, que le mariage civil peut être admis, parce qu'"il institue la famille", comme le rappelle fort justement Christian Vanneste.

 

Pour obtenir gain de cause (le mariage entre homosexuels), le lobby gay a réussi à faire admettre juridiquement que l'homosexualité était une orientation sexuelle, une donnée naturelle, alors qu'il s'agit d'un ensemble de comportements, et qu'il n'y avait pas de différence entre les sexes. Le masculin et le féminin ne seraient que des conventions... En clair, puisqu'il n'y aurait plus de différence, le mariage s'appliquerait aussi bien à un homme et une femme qu'à deux hommes ou à deux femmes. CQFD

 

Le but du lobby gay, qui a obtenu gain de cette cause du mariage gay, était d'aller au-delà. Le mariage n'était qu'une étape pour faire comme les couples d'hommes et de femmes, c'est-à-dire instituer une famille de tous les genres possibles, en d'autres termes avoir des enfants, par adoption, par portage ou par insémination.

 

Or ce but explicite peut bien sûr être atteint légalement maintenant, et même techniquement. Mais est-ce légitime du point de vue des enfants?

 

Toutes les personnes que j'ai rencontrées dans ma vie - je sais, elle est courte encore - et qui n'ont pas connu l'un ou l'autre de leurs parents, ou les deux, en ont souffert terriblement. Pour elles, c'était un malheur, dû aux aléas de la vie. C'est ce "malheur pour tous" que le "mariage pour tous" prépare aux enfants, sciemment, volontairement. C'est cette atteinte à la connaissance de ses origines qu'elle institutionnalise et, donc, fait apparaître comme légitime.

 

Dans les pays qui ont connu le totalitarisme, les totalitaires n'ont eu de cesse que d'enlever les enfants à leurs  parents. Ils savaient que la famille, institution multi-millénaire, est par excellence la cellule de résistance à l'oppression. L'altérité des parents n'ouvre-t-elle pas l'esprit à la diversité et, donc, ne favorise-t-elle pas  l'ouverture d'esprit tout court? Ne donne-t-elle pas l'exemple de la procréation naturelle, sans laquelle elle ne se renouvellerait pas? Les enfants à venir dans ces familles artificielles n'auront pas cette chance, que le sort seul a refusé à d'autres.

 

Des Français, de toutes conditions et de tous âges, ont compris l'importance de cet enjeu de société. C'est pourquoi ils ont manifesté en masse à Paris par trois fois, comme cela ne s'était pas fait depuis des décennies. A part quelques extrémistes, leur engagement phénoménal n'a jamais été dirigé contre des homosexuels ou des homosexuelles, mais contre la destruction de la famille, sur laquelle repose notre civilisation de liberté.

 

Dans la pièce éponyme de Sophocle, Antigone dit à Créon:

 

"Je ne pense pas que tes décrets soient assez forts pour que toi, mortel, tu puisses passer outre aux lois non écrites et immuables des dieux."

 

Un jeune homme de 23 ans, Nicolas Bernard-Busse, en manifestant pacifiquement le 16 juin 2013 devant les studios de M6, alors que François Hollande  était à l'antenne, aurait pu reprendre à son compte cette apostrophe, à ce moment-là, s'il lui avait été permis de s'adresser au Président de la République.

 

Après cette manifestation, Nicolas se rend aux Champs-Elysées et continue en ce lieu symbolique à défiler pacifiquement. Les forces de l'ordre chargent alors, sans sommation, les quelques dizaines de personnes de la Manif pour tous, dont il fait partie. Nicolas est poursuivi. Il n'a pourtant commis aucune infraction. Il se réfugie au premier étage de la Pizza Pino, où il est maîtrisé violemment (il porte des hématomes) et conduit au poste.

 

Nicolas n'est ni un héros ni un martyr, mais il a été condamné, trois jours plus tard, de manière disproportionnée, le 19 juin 2013 - quelle diligence! -, à quatre mois de prison, dont deux fermes, et 1'000 € d'amende pour "rébellion et fourniture d'identité imaginaire", sans être confronté aux pandores qui l'ont arrêté. En fait il a été condamné pour ses convictions... et, à la sortie du tribunal, a été immédiatement incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis.

 

Nicolas est-il un dangereux terroriste? Un délinquant? Un criminel? Que nenni. C'est un garçon de bonne famille, étudiant en troisième année de licence d'histoire à l'Institut catholique de Paris. A défaut d'être une justice classe, la justice française apparaît en l'occurrence comme une justice de classe, beaucoup plus clémente quand il s'agit de délinquants ou de criminels avérés, sans doute, pauvres victimes de la société...

 

Comme le dit l'évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet:

 

"Il s'agit manifestement d'une forme politique de répression policière et judiciaire qui marque un tournant dans le traitement arbitraire des opposants au mariage et à l'adoption par des couples de même sexe."

 

Francis Richard

 

La photo qui illustre cet article provient d'ici.

 

 

Nicolas.jpg

 

 

 

Il est possible de signer ici la pétition de soutien à Nicolas. A 21:25, ce jour, elle a déjà recueilli 57'992 signatures !

 

Il est possible aussi de signer ici la pétition demandant la libération immédiate de Nicolas Bernard-Busse, dont les premiers signataires sont:


Pierre ALBERTINI, député honoraire, ancien maire de Rouen, Charles BEIGBEDER, chef d’entreprise, secrétaire national de l'UMP, Jérôme BESNARD, essayiste, Véronique BESSE, député de Vendée, Gilles BOURDOULEIX, député-maire de Cholet, Béatrice BOURGE, Présidente du Collectif pour l'enfant, Christine BOUTIN, ancien ministre, Christophe BOUTIN, professeur des Universités, Xavier BRETON, député de l'Ain, Emmanuel Caldagues, adjoint au maire du Ier arrondissement de Paris, Matthieu COLOMBANI, délégué général du PCD, Alexandre CUIGNACHE, avocat, Général Bruno DARY, général de corps d'Armée (2S), Olivier DAZAT, scénariste et écrivain, Chantal DELSOL, philosophe, membre de l’Institut, Renaud DOZOUL, architecte et essayiste, Jérôme DUBUS, secrétaire national de l’UMP, Jean-Marie FAUGERE, général d’armée (2S), François-Marin FLEUTOT, historien, Falk van GAVER, essayiste, Philippe GOSSELIN, député de la Manche François GUILLAUME, ancien ministre, Jacques de GUILLEBON, essayiste, Michel HANNOUN, député honoraire, Joël HAUTEBERT, professeur des Universités, François LEBEL, maire du 8e arrondissement de Paris, Gérard LECLERC, journaliste et écrivain, Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement de Paris, Geoffroy LE JEUNE, journaliste, Jean-Marie LE MENE, président de la Fondation Lejeune, Théophane LE MENE, chroniqueur, Xavier LEMOINE, maire de Montfermeil Anne-Marie LE POURHIET, professeur des Universités, Jean-François MATTEI, philosophe, Olivier MAULIN, romancier, Charles MILLON, ancien ministre, Bruno NORTH, secrétaire général du CNIP, Jean-Frédéric POISSON, député des Yvelines, Frédéric ROUVILLOIS, professeur des Universités, Guillaume de THIEULLOY, historien, Denis TILLINAC, écrivain, Philippe de VILLIERS, ancien ministre, député européen, David-Xavier WEISS, secrétaire national de l’UMP.

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 22:15

Dominique-Venner.jpegSain de corps et d'esprit, comblé d'amour par sa femme et par ses enfants, Dominique Venner, hier, un peu après 16 heures, s'est donné la mort, en se tirant une balle dans la bouche.

 

Cet acte, accompli au soir de sa vie, est de "ces gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques", qu'il appellait de ses voeux le jour même sur son blog et qui sont nécessaires "pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines".

 

Ainsi a-t-il offert ce qui lui restait de vie - il avait 78 ans depuis un peu plus d'un mois - "en intention de protestation et de fondation":
   

"Je choisis un lieu hautement symbolique, la cathédrale Notre Dame de Paris, que je respecte et admire, elle qui fut édifiée par le génie de mes aïeux sur des lieux de culte plus anciens, rappelant nos origines immémoriales.


Alors que tant d’hommes se font les esclaves de leur vie, mon geste incarne une éthique de la volonté. Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. Je m’insurge contre la fatalité. Je m’insurge contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire. Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations."

 

Ce suicide rappelle celui d'un autre écrivain, Yukio Mishima, le 25 novembre 1970, que, justement, Dominique Venner admirait.

 

Peu avant de faire seppuku, ce dernier avait déclaré du haut d'un balcon:

 

"Nous voyons le Japon se griser de prospérité et s'abîmer dans un néant de l'esprit."

 

Sur un bout de papier il avait écrit:

 

"La vie humaine est brève, mais je voudrais vivre toujours."

 

Dominique Venner, au début de sa dernière lettre, écrit:

 

"J'aime la vie et n'attend rien au-delà, sinon la perpétuation de ma race et de mon esprit."

 

Dans l'éditorial du numéro 64, de Janvier-Février 2013 de la Nouvelle Revue d'Histoire, qu'il avait créée en 2002, bimestriel de grande qualité, il écrivait toutefois, sous le titre Un samouraï d'Occident:

 

"La mort n'est pas seulement le drame que l'on dit, sinon pour ceux qui pleurent sincèrement le disparu. Elle met fin aux maladies cruelles et interrompt le délabrement de la vieillesse, donnant leur place aux nouvelles générations. La mort peut se révéler aussi une libération à l'égard d'un sort devenu insupportable ou déshonorant. Sous sa forme illustrée par les samouraï et les "vieux Romains", elle peut constituer la plus forte des protestations contre une indignité autant qu'une provocation à l'espérance."

 

Comme dans le cas de Yukio Mishima, la mort de Dominique Venner suscite la désapprobation quasi générale et les propos les plus indécents à son sujet, alors que des historiens éminents de tous bords le tenaient naguère en haute estime...

 

Dans son livre Mishima ou la vision du vide, Marguerite Yourcenar écrivait à propos du suicide rituel de l'écrivain japonais et de la désapprobation générale qui l'avait suivi:

 

"Il semble que cet acte eût profondément dérangé des gens installés dans un monde qui leur paraissait sans problèmes. Le prendre au sérieux, c'eût été renier leur adaptation à la défaite et au progrès de la modernisation ainsi qu'à la prospérité qui avait suivi celle-ci. Mieux valait ne voir dans ce geste qu'un mélange héroïque et absurde de littérature, de théâtre, et de besoin de faire parler de soi."

 

La mort volontaire de Dominique Venner a de même une tout autre signification que de faire parler de lui. Elle devrait à tout le moins faire se poser des questions, même si l'on ne partage pas, loin de là, toutes les réponses qu'il y apportait, y compris celle de sa mort en samouraï d'Occident.

 

Francis Richard

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 22:55

Francois-Hollande-copie-1.jpgFrançois Hollande n'a toujours pas compris qu'il faisait fausse route.

 

Il n'est même pas persévérant. Il est plutôt obstiné.

 

Il croit toujours dur comme fer que l'intervention de l'Etat ne peut qu'être providentielle et qu'elle doit même être offensive.

 

C'est pourquoi, lors de sa conférence de presse du 16 mai 2013, il n'a fait que persister dans cette erreur diabolique: pour résoudre la crise, il faut toujours plus d'Etat, plus d'Etat européen et plus d'Etat français.

 

C'est ce que je montre dans mon article publié ce jour sur lesobservateurs.ch.

 

Comme l'Etat est le problème, et non pas la solution, et que l'Etat, c'est lui, la conclusion s'impose d'elle-même.

 

Francis Richard

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 07:40

Francois-HollandeComme le chante Michel Sardou, il vaut mieux se faire traiter de con en chansons...

 

C'est pourquoi plutôt que de faire, comme tout le monde, le bilan circonstancié et chiffré d'un an de présidence Hollande, je me suis lancé pour la première fois dans la chanson, la chansonnette devrais-je dire.

 

Sur une musique de Paul Misraki, celle de Tout va bien Madame la Marquise, cette chanson, qui est en ligne sur lesobservateurs, est sans prétention. Si elle peut faire rire un peu, au moins sourire, elle atteindra son objectif.

 

Un moment j'ai pensé pousser la chansonnette, je veux dire l'interpréter, mais il fait déjà mauvais temps et je n'ai pas voulu que cela empire... Je laisse à d'autres, plus courageux, surtout plus talentueux, le soin de le faire...

 

Francis Richard

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 19:00

Valerie-TRIERWEILER.jpgIl y a un mois, le 14 mars 2013, un citoyen français, résidant en Suisse, Xavier Kemlin, déposait plainte contre Valérie Trierweiler, la maîtresse en titre de François Hollande, président de la République française en exercice.

 

Dans cette plainte la "first girlfriend" comme l'appellent les anglo-saxons était accusée de "détournement de fonds publics".

 

En effet, n'ayant aucun lien juridique avec son compagnon François, favorable au mariage pour tous, sauf pour lui, à quel titre Valérie vit-elle à l'Elysée aux dépens de l'Etat?

 

Seul un média à ma connaissance tire les conséquences de la présence de Valérie Trierweiler à l'Elysée, Hashtable, le blog du mystérieux H16.

 

Dans un article paru le 11 avril 2013, François Hollande veut moraliser la vie politique? Qu'il montre l'exemple!, H16 met en lumière les deux termes de l'alternative qui se pose du fait de cette présence incongrue. Il en résulte que l'un, François, ou l'autre, Valérie, est justiciable pénalement. Ce qui la fiche mal pour le premier magistrat de France!

 

A partir de cet article, sur lesobservateurs.ch, je vais jusqu'au bout de ces conséquences et souligne l'ironie que ce coup soit porté depuis la Suisse, que le président français voue aux gémonies.

 

Francis Richard

 

La photo qui illustre cet article provient d'ici

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

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