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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 00:25

Antifa.jpgOskar Freysinger est certes conseiller national UDC du Valais, brillamment réélu pour quatre ans le 23 octobre dernier, mais il est aussi écrivain, ce dont il a fait la démonstration éclatante avec son monologue Le nez dans le soleil ici.

 

Quand l'homme politique et l'écrivain décident de faire cause commune, cela donne Antifa, un manifeste antifasciste, publié aux Editions Tatamis ici, où la dérision le dispute à l'esprit ravageur, où les bons mots du débateur voisinent avec les syllogismes volontairement absurdes de l'homme de lettres.

 

Afin de répondre à Stéphane Hessel, l'indigné en chef, le député valaisan s'est mis dans la peau d'un indigné de base, partisan forcené à la fois de l'avortement et de l'euthanasie en raison de... "la cruauté de la vie".

 

Ada, la copine de cet indigné lambda, fait de plus en plus passer le sauvetage improbable du monde avant la bagatelle, ce qui est d'autant plus cruel pour son copain qu'"elle a un de ces culs, Ada" et qu'il en est de plus en plus réduit au self-service. Alors qu'il est en perdition, il a la soudaine révélation de l'indignation qui sauve, l'indignation contre tout et rien :

 

"C'est fou ce que ça donne un sens à la vie, l'indignation." remarque-t-il, ravi.

 

Le comble de l'indignation ? De se trouver "face à des gens qui se permettent de ne pas être indignés", alors qu'il y a tant de raisons dans le monde d'être indigné ne serait-ce qu'au vu des manifestations de la nature, dont la cruauté est peut-être acceptable à la rigueur chez les animaux, mais inadmissible chez les humains.

 

Les humains ? Tous des victimes, dont certaines "ont la fâcheuse tendance à devenir des bourreaux". Il en est ainsi de juifs qui sont devenus fachos et qu'il convient alors d'appeler israéliens ou sionistes, faut pas confondre. Quand les nazis boycottaient les magasins juifs dans les années 1930, c'était de l'antisémitisme. Mais boycotter aujourd'hui les produits israéliens, c'est faire acte de résistance...

 

Au premier rang des victimes ? Tous les criminels, "sauf les riches, les curés pédophiles et le pape", bien entendu. 

 

Le monde n'est composé que de catégories, de minorités, qui forment une majorité plurielle. Alors que les fachos ne sont pas une catégorie, mais un état d'esprit qui peut être corrigé, pour les sauver, en les aplatissant. Rien à voir avec la violence. D'ailleurs :

 

"Nous, par exemple, on ne brûle pas les livres. On n'est pas des barbares. On les interdit." dit-il avec fierté.

 

Pour un antifa digne de de nom :

 

- La vérité n'existe pas. Prétendre le contraire, c'est facho. De même "le discours fonde la réalité". Pas l'inverse. Les faits sont fachos, donc indéfendables : c'est pourquoi "l'homme se libère du réel".

 

- En matière d'éducation il ne doit plus y avoir de punitions, plus de contraintes, plus de principes moraux : il faut niveler par le bas afin que tout le monde puisse y descendre; il ne faut plus rien imposer aux enfants, mais négocier avec eux.

 

- L'Etat n'est pas au service des citoyens, c'est l'inverse : "Le paradis sur terre existe, et l'Etat-providence est son prophète !".

 

- Les états sont trop nombreux. Il faut que les frontières disparaissent et qu'un état général, universel, planétaire dispense "le bonheur partout".

 

- L'éducation sexuelle mise en pratique doit permettre aux enfants d'être des victimes conscientes si un adulte non-autorisé abuse d'eux.

 

- "La sexualité est une et multiple à la fois".

 

- Seules les intentions comptent, pas les actes. C'est pourquoi les fachos sont méchants et les antifa gentils.

 

- Un facho ne peut pas être un humoriste, ni un écrivain génial. Point barre. Tant pis pour Céline !

 

- "Le prochain n'est jamais aussi proche que quand il est lointain" et c'est encore mieux quand le lointain prochain immigre et met la misère à portée de main : "ça diminue les frais de transport"...

 

- L'excuse est le corollaire de l'indignation.

 

- Le capital doit être éradiqué : "Tout le monde sera pauvre, mais la pauvreté n'est-elle pas notre seule dignité ?".

 

- Tout change : ainsi celui qui doit tenir une promesse n'est plus celui qui l'a faite...

 

Le livre se termine par une description irrésistible de la vie en communauté, dans laquelle Ada a entraîné l'auteur du petit manuel antifa. Je laisse au lecteur le soin de découvrir quel sort cruel lui est réservé. 

 

Cet indigné aspire alors, pour s'en sortir, à devenir socialiste : faut-il qu'il soit désespéré !

 

Oskar Freysinger force-t-il le trait ? Un poco, ma non troppo...

 

Francis Richard       

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 23:40

L-Age-d-Homme-fete-ses-45-ans.jpgSamedi 26 novembre 2011 après-midi. La salle des fêtes de la mairie du VIe arrondissement de Paris, qui se trouve place Saint-Sulpice, est noire de monde. Il a fallu rajouter des bancs tapissés de velours pour permettre à l'assistance de s'asseoir.

 

A la tribune se succèdent l'Ambassadeur de Serbie à Paris, S. Exc. Dusan Batkovic, le Pr Jacques Catteau, Jean-Baptiste Baronian, membre de l'Académie royale de Belgique, Jean-Pierre Vanderstappen, le Pr Gérard Conio, Lydwine Helly, Christine Mestre, présidente de l'Association France-Oural, Olga Zinoviev, directrice du Centre de recherches Alexandre Zinoviev, Polina Zinoviev, peintre. Ils sont venus célébrer les 45 ans de L'Age d'Homme ici et rendre hommage à son fondateur, Vladimir Dimitrijevic, que ses amis proches appellent Dimitri.

 

Dans l'assistance je rencontre Uli Windisch, qui me présente à l'Ambassadeur de Suisse en France et à Monaco, S.Exc. Jean-Jacques de Dardel, qui vient d'être nommé à Paris, et Edgar Morin, qui lui avait promis de venir et qui est là, en pleine forme, à nonante ans cette année, tandis que chante au fond de la salle un choeur orthodoxe aux accents graves de toute beauté.

 

Dans un salon proche de la salle des fêtes deux films sont projetés tour à tour.

 

L'un a été réalisé par Jean-Pierre Bonneau. Il est intitulée Personne déplacée, comme le livre d'entretiens de Vladimir Dimitrijevic avec Jean-Louis Kuffer, dont j'ai rendu compte ici, quand il a paru dans la collection du Poche suisse. On y voit Dimitri s'entretenir avec le Père Nicolas Ozoline, notamment sur l'orthodoxie, sur Vladimir Volkoff et son indépassable tétralogie des Humeurs de la mer éditée par lui, sur ces compatriotes serbes, qu'il ne demande pas de magnifier mais de simplement respecter.

 

L'autre film, intitulé Le sablier du siècle, est réalisé par Claude Herdhuin. Il s'agit du portrait du général Pierre-Marie Gallois, ami de Dimitri, qui souligne en particulier les conséquences désastreuses de la reconnaissance du Kossovo, ce fâcheux précédent d'une terre livrée à ses immigrés devenus majorité, et qui raconte la désinformation sur son intervention, à la demande des services secrets français, auprès du général Ratko Mladic, pour faire libérer en 1995 deux aviateurs français, que ce dernier avait fait prisonniers.

 

Dans un autre salon sont exposées des photos de Louis Monier qui représentent des écrivains tels que Georges Haldas, Eugène Ionesco en compagnie de Mircea Eliade et d'Emil Cioran, Stéphane Courtois, Roland Barthes, Pierre Gripari, Vladimir Volkoff et de tant d'autres écrivains, édités ou non par L'Age d'Homme.

 

Notre-Dimitri.jpgSur l'invitation on peut remarquer un petit dessin à l'encre noire. Il est de Dimitri. Il représente un passeur... C'est ainsi que l'avait qualifié fort opportunément Jean-Louis Kuffer. 

 

Le portrait de Dimitri, qui figure également sur l'invitation, est l'oeuvre du peintre et sculpteur serbe Pierre Omcikous. Sur ce tableau, reproduit en couverture du livre paru ce samedi, qui lui rend hommage, Dimitri lit et paraît "concentré et heureux". 

 

La cotisation de l'Association des Amis de Vladimir Dimitrijevic et de l'Age d'Homme, créée ce samedi, dont le but est "d'aider au rayonnement et développement de la maison d'édition dans l'esprit de son fondateur", donne droit cette année à cet ouvrage qui honore Dimitri, mort au travail, sur une route de Bourgogne, le 28 juin de cette année.

 

Comme le dit dans ce livre Richard Aeschlimann à son propos :

 

"Son vrai pays était la vie, la littérature, l'amitié, l'amour; là où vivent les contrebandiers du verbe, les passeurs d'idées, là où le vent de la pensée circule librement."

 

Bernard de Fallois rend cet hommage d'un éditeur à un autre éditeur :

 

"Editer pour lui n'était pas le moyen de vendre des livres mais le moyen de les faire exister."

 

Gérard Joulié en explique le pourquoi en s'adressant en ces termes posthumes à Dimitri :

 

"En d'autres temps vous eussiez été prêtre et soldat. La bassesse du nôtre vous a fait éditeur de livres afin de maintenir à flot le niveau des âmes."

 

Le même ajoute un peu plus loin :

 

"Lire était pour vous une occupation sérieuse. Jamais la littérature ne fut pour vous un divertissement."

 

Jean-Michel Olivier publie un extrait d'un roman qu'il a mis en chantier et où il parle de Dimitri. Il aborde l'engagement de Dimitri aux côtés de sa patrie, la Serbie, dans le conflit balkanique et met dans la bouche d'un protagoniste ces paroles : 

 

"Ceux-là mêmes qui, naguère, l'avaient porté aux nues, quand il dénonçait les dangers du communisme, le crucifiaient à présent pour l'attachement qu'il vouait à son pays."

 

Toujours est-il que cet engagement  -"son plus beau titre de gloire" selon Gérard Conio -, a coûté très cher à sa maison d'édition, qui n'en a pas moins continué à faire paraître quelques 150 titres par an : il n'y en a pas moins de 4'500 au catalogue. Qui dit mieux ?

 

Sa fille, Andonia, que Dimitri voyait bien en patronne, a repris le flambeau de son père. Elle était là samedi dernier. Elle sera là, à Lausanne, le vendredi 9 décembre prochain, pour la journée portes ouvertes, de 14 h à 20 h, des nouveaux locaux sis 2 et 4 avenue du Théâtre. Car elle cultive, comme son père, la vertu d'espérance et doit se plaire à dire, comme son père :

 

"On continue !"

 

Francis Richard

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 17:50

Parlement-grec.jpgLe référendum, par lequel Georges Papandréou voulait consulter le peuple grec sur son asservissement à l'Union soviétique européenne, n'aura pas lieu, comme la guerre de Troie, revue et corrigée par Giraudoux.

 

Il aura suffi à Papandréou d'agiter ce mistigri - donner la parole au peuple grec, qui est le premier intéressé à son destin - pour que se déchaînent contre lui tous ceux qui en Eurocratie ont peur des démentis populaires.

 

Les dernières fois que les eurocrates ont permis à des peuples de s'exprimer ils ont reçu des gifles sur une joue. Ils sont d'autant moins enclins à tendre l'autre qu'ils ne veulent pas entendre non plus parler des racines chrétiennes du continent...

 

La comédie du renoncement démocratique grec s'est déroulée en cinq actes, ce qui est d'un classicisme trivial :

 

Acte 1 : L'échec calamiteux de l'Etat-Providence grec est devenu patent et préfigure celui des autres Etats-Providence européens

 

Acte 2 : Par une belle nuit d'automne les dirigeants de ces Etats-Providence accouchent au forceps d'un accord pour sauver leurs fesses 

 

Acte 3 : L'impopulaire Papandréou propose de demander au peuple de se prononcer sur cet accord dans les urnes plutôt que dans la rue

 

Acte 4 : Les dirigeants des autres Etats-Providence convoquent l'imp(r)udent et lui demande de renoncer à cette drôle d'idée

 

Acte 5 : Papandréou n'écoutant que la voix de ses maîtres renonce et obtient la confiance de ses pairs pour éviter à tous le verdict populaire

 

Tout est bien qui finit bien ...sauf que l'Etat-Providence grec fera de toute façon faillite, tôt ou tard... et les autres aussi.

 

Dans cette histoire, Papandréou, discrédité, aura perdu son honneur. S'il était sincère quand il voulait demander son avis au peuple grec, il aura montré qu'il était incapable de tenir tête à ses maîtres européens. S'il ne l'était pas, il se sera révélé maître-chanteur hors pair pour obtenir la confiance de son parlement [la photo provient d'ici].

 

Dans cette histoire les dirigeants de l'Union soviétique européenne auront montré qu'il ne fallait pas leur mettre le nez dans leur caca anti-démocratique. On sait que d'entendre ce que veulent les peuples est le cadet de leurs soucis. Fonctionner par diktat est chez eux seconde nature. Ce n'est donc qu'une nouvelle confirmation de leur constante imposture... 

 

Un dessin de cette semaine de Mix et Remix ici dans L'Hebdo du 3 novembre 2011, résume bien la situation avant ce piteux dénouement. Il a pour titre : Grèce : annonce d'un référendum sur la dette ; et sous-titre : Nicolas Sarkozy consterné. Un personnage dit à l'autre : "... leur gouvernement veut demander son avis au peuple..." L'autre (Nicolas Sarkozy ?) lui répond : "... ces Grecs n'ont rien compris à l'Europe..."

 

Et d'aucuns voudraient que la Suisse adhère à cette Europe-là !

 

Francis Richard    

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 22:00

Papandreou.jpgDans l'Union européenne on n'aime pas donner la parole aux peuples. Le référendum, voilà l'ennemi. Les élites politiques européennes décident à la place des peuples ce qui est bon pour eux. Elles construisent un monde chimérique, où elles s'offrent de belles prébendes, sans leur demander jamais leur avis, ou en n'en tenant pas compte.

 

Afin de préserver les privilèges que ces élites se sont octroyées en récompense de leurs prétendus bons et loyaux services - en détournant surtout l'objet de leurs mandats -, elles demandent aux peuples des sacrifices rendus nécessaires par leur impéritie et leur interventionnisme, qui a pour but inutile de les faire mousser à leurs yeux ...

 

D'ailleurs, c'est bien connu, les peuples ne comprennent rien à rien. Il ne faut surtout pas leur donner la parole. Ils pourraient mal voter. On connaît la formule attribuée à un personnage de Bertolt Brecht - dans quel texte ? je ne connais pas la référence :

 

"Le peuple a mal voté ? Changeons le peuple."

 

Le peuple danois en 1992 n'a-t-il pas d'abord refusé de ratifier le merveilleux Traité de Maastricht, dont les fameux critères, arbitraires et faux, pour justifier l'euro, ne sont respectés aujourd'hui par aucun des pays qui y avaient adhéré avec ferveur ?

 

Le peuple suisse, la même année, n'a-t-il pas refusé l'entrée du pays dans l'Espace économique européen qui devait l'empêcher de tomber dans la misère, à laquelle il a échappé on ne sait trop comment, la faute à trop de chance sans doute ? 

 

Les peuples français et néerlandais en 2005 n'ont-il pas refusé de ratifier le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, que leurs parlements ont fini par accepter, dans leur dos, en leur donnant une particule - de Lisbonne - ce qui leur fait une belle jambe ?

 

Avec l'accord concocté la semaine dernière - voir mon article du 27 octobre 2011 : La Grèce évite le défaut: a-t-elle toutes les qualités pour s'en sortir ? - les marchés ont feint de croire que le risque d'un défaut de la Grèce était écarté, rejeté à ses calendes, alors qu'il était déjà reconnu en partie.

 

En organisant un référendum dans son pays, le premier ministre grec Georges Papandréou [dont la photo provient d'ici] a fait renaître l'incertitude, qu'un lâche soulagement semblait avoir conjurée. Et les marchés n'ont pas aimé être dérangés dans cette fausse tranquillité, à peine retrouvée. Ils ont tous baissé en choeur aujourd'hui.

 

Pourtant Papandréou a raison de donner la parole au peuple grec. C'est à ce dernier de prendre ses responsabilités puisqu'il est le premier intéressé par les sacrifices demandés. Papandréou a d'autant plus raison qu'il est préférable que le destin grec se décide dans les urnes plutôt que dans la rue.

 

Si le peuple grec refuse l'accord qui le met sous la triple tutelle renforcée de l'Union européenne, de la BCE et du FMI, la faillite ne sera juste prononcée qu'avant l'heure inéluctable. S'il l'accepte, ce sera en connaissance de cause, avec toutes les conséquences que cela comportera.

 

J'entends déjà les pourfendeurs patentés de la démocratie directe s'insurger contre cette parole donnée au peuple grec, tellement peu dans le goût européiste.

 

Je les entends dire que Papandréou aurait pu parler de ce recours au référendum avant que l'accord ne soit conclu au bout d'une nuit blanche passée à Bruxelles.

 

S'il l'avait fait avant, il n'aurait pas permis au peuple grec de juger sur pièces, jusque dans ses moindres détails, ce qu'implique sa sujétion accrue au pouvoir mondialiste, qui, en l'aidant sous la contrainte, essaie de lui faire oublier que le salut ne se trouve jamais dans le secours désintéressé des autres.

 

Francis Richard      

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 18:25

mouammar-kadhafi.jpgMouammar Kadhafi [dont la photo provient d'ici] est mort hier dans de bien étranges circonstances.

 

Est-il mort les armes à la main ou a-t-il été exécuté après s'être rendu ? Il semble que ce soit la deuxième hypothèse qui soit la bonne, qu'il ait été tué alors qu'il était aux mains des "rebelles". 

 

Les images de son corps ensanglanté, en boucle sur les télévisions du monde entier, jettent une lumière crue sur le comportement des vainqueurs à l'égard de leur ennemi vaincu. Ce qui n'est pas à leur honneur, quels que soient les crimes de ce dernier. Mais un cadavre exquis a l'avantage de se taire à jamais sur certaines compromissions.

 

D'autres images, du passé, parlent d'elles-mêmes sur les pactes déshonorants conclus avec ce diable pour obtenir de lui des avantages matériels :

 

- la tente de Mouammar Kadhafi dressée dans la cour de l'hôtel Marigny à Paris lors de sa visite à Nicolas Sarkozy en décembre 2007, quelques mois après la libération des infirmières bulgares 

 

- le baise-main que Silvio Berlusconi fait à Mouammar Kadhafi lors du sommet de la Ligue Arabe en février de cette année.

 

Il y a aussi un souvenir amer. Dans l'affaire des otages suisses en Libye l'Union européenne oblige la Suisse en mars 2010 à renoncer à sa liste noire des personnalités libyennes interdites de séjour sur le sol helvétique. Il ne faut pas mécontenter celui que, bien seul, j'appelle alors le dictateur fou, le tyranneau tripolitain... Les échanges commerciaux sont en effet plus importants que deux malheureux otages suisses...

 

Aujourd'hui le ton a changé, celui qui était courtisé naguère quand il représentait un intérêt économique pour les vautours européens n'est plus qu'un cadavre que l'on peut piétiner sans vergogne. En revanche le Conseil national de transition, CNT, libyen fait l'objet de toutes les caresses : la production de pétrole et les affaires pourraient bientôt reprendre... 

 

Nicolas Sarkozy, qui s'est refait une virginité en poussant à l'intervention de l'OTAN en Libye, fait tout de même, prudemment, profil bas : 

 

"On ne doit jamais se réjouir de la mort d'un homme quoiqu'il ait fait."

 

De même Silvio Berlusconi lâche cette sobre sentence latine :

 

"Sic transit gloria mundi." [Ainsi passe la gloire du monde].

 

Ces propos mesurés ne suffisent pas à masquer le fort contraste entre les léchements de bottes d'hier et les voeux aux gémonies que d'autres poussent aujourd'hui sans danger.

 

Francis Richard

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 21:55

DSKFranchement il est difficile de se faire une opinion sur DSK. Il n'y a qu'une certitude : son comportement avec les femmes est, le moins qu'on puisse dire, sujet à caution...

Les affaires Tristane Banon, Piroska Nagy et Nafissatou Diallo ne peuvent que renforcer l'intime conviction que ce comportement n'est pas au-dessus de tout soupçon. Mais cela ne suffit pas.

Pour tenter de me faire une opinion j'ai lu le rapport du procureur Cyrus Vance, traduit en français par Rue89 ici et mis en ligne le 18 septembre 2011; j'ai écouté l'entretien que DSK a accordé à Claire Chazal sur TF1 le même 18 septembre 2011 ici; j'ai écouté également l'entretien que Tristane Banon a accordé à Laurence Ferrari le 29 septembre 2011 sur TF1 ici.

Du rapport du procureur Cyrus Vance il ressort qu'il n'était plus possible de poursuivre DSK non pas parce qu'il était innocent à coup sûr, mais parce qu'il aurait été impossible de convaincre un jury au-delà de tout doute raisonnable de sa culpabilité.

 

Pourquoi ? Parce que la victime présumée a trop menti sur son passé et sur la suite des faits qui se sont produits après "le rapport précipité" entre elle et DSK (évalué à 7-9 minutes) dans la suite 2806 de l'hôtel Sofitel de New York. Il y a bien eu acte sexuel, mais il est impossible de prouver qu'il y a eu "usage de la force" et "absence de consentement". C'est la parole fragilisée de l'une contre celle renforcée de l'autre ...

Dans l'entretien accordé à TF1 DSK ne reconnaît qu'"une faute morale". Il clame son innocence et nie toute violence et toute absence de consentement. D'ailleurs le rapport du procureur le confirme, s'il en était besoin. En fait, comme on a vu, le rapport est plus nuancé que cela.

 

Il est cette fois une autre certitude. DSK ne se montre pas ce soir-là le moins du monde abattu. Il semble prêt à mordre et ses "nous verrons" sont lourds de menaces... En tout cas, s'il est coupable, il s'en sort très bien et, qu'il soit coupable ou innocent, il n'a rien perdu de son aplomb et de sa superbe, de son arrogance de donneur de leçons.

Dans l'entretien accordé à TF1 Tristane Banon maintient ses dires. Elle raconte qu'elle n'a pas porté plainte plus tôt parce qu'on ne l'aurait même pas écoutée. Aujourd'hui elle n'avait de toute façon rien à gagner à porter plainte. Elle savait qu'elle serait laminée, ce qui d'ailleurs ne manque pas : des communicants s'en prennent à sa vie privée, à son enfance etc. pour expliquer qu'elle n'a pas subi une tentative de viol...

Tristane Banon s'interroge sur la nécessité pour un innocent d'une immunité diplomatique, qui a été invoquée par les avocats de DSK pour que le procès au civil intenté par Nafissatou Diallo soit évité :

 

"Si j'étais innocent, accusé à tort, je n'aurais pas besoin d'une immunité diplomatique. La vérité ça suffit. Mais cela ressemble au personnage [...]. Quand on a l'immunité diplomatique cela veut dire qu'on a le droit d'agresser des femmes, de tenter de les violer ?" 

Il semble bien que le petit monde politico-médiatique était au courant du comportement douteux de DSK avec les femmes. Un Nicolas Sarkozy, par exemple, ne pouvait pas l'ignorer quand il l'a fait nommer à la tête du FMI. D'aucuns se posent donc la question qui tue : était-ce pour avoir en face de lui un adversaire politique vulnérable dans la course à l'Elysée de 2012 ?

Francis Richard

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 19:45

Petit Pierre Delsol L'Education nationale française qui se prétend le meilleur système au monde avec un effectif comparable à celui de l'ex-Armée rouge a pour résultats mirifiques : illettrisme et échec scolaire.

Dans son dernier livre, La détresse du petit Pierre qui ne sait pas lire, paru dans la collection Tribune libre chez Plon ici, Chantal Delsol explique quelle idéologie sous-tend ce système qui serait parfait.

Il est intéressant de lire ce livre du fait que cette idéologie sévit dans d'autres pays, même si en France elle est pousssée au paroxysme dans ses effets néfastes.

La base de cette idéologie est l'invention d'un enfant qui n'existe que dans le cerveau perverti de ses promoteurs. Le système unitaire français, qui n'autorise pas de penser autrement, a empêché de se rendre compte que cet enfant inventé était un déni de réalité.

Quel est cet enfant inventé ?

"L'enfant est considéré [...] comme un citoyen à part entière, déjà doté de toutes les capacités et attributs nécessaires. [...] Il est autonome de nature, et il s'agit seulement de laisser s'épanouir en lui ses capacités."

Cette conception de l'enfant, où l'on refuse de voir en lui "un être en devenir et attendant pour se structurer des modèles adultes" est à l'origine du déficit d'autorité qui se manifeste à l'école. L'enseignant ne peut plus être un maître que l'enfant respecte parce que :

 

"On commence par enseigner à l'enfant la liste de ses droits, comme s'il était un adulte responsable de soi et capable déjà de savoir à quels devoirs l'exposent ces droits. Il est le roi du monde." 

Cette idéologie provient de la démocratisation généralisée, supposée s'appliquer à tout. Chantal Delsol montre que la démocratie ne peut s'appliquer qu'à la société civile parce qu'il s'agit d'une société ouverte qui "transforme ses finalités au gré du temps".

 

La démocratie ne peut pas s'appliquer à des sociétés fermées qui se donnent des "finalités précises" telles qu'un syndicat, une armée, une église, avec des règles à observer connues à l'avance. L'école est justement une société fermée :

 

"Elle se donne pour but d'élever l'enfant à une vie adulte et raisonnable en l'insérant dans le monde culturel qui est le sien."

L'égalité des chances était réelle naguère. Il s'agissait d'offrir à tous les possibilités de s'élever, sans garantie de succès, puisque celui-ci dépendait des talents et des efforts de chacun. La réussite n'était pas encore devenue un droit pour tous. Il y avait égalité des conditions et non pas des situations :

"L'école républicaine des origines était fondée sur la certitude que tout enfant peut acquérir un savoir de base, essentiel pour accéder à l'autonomie citoyenne et à la maîtrise de son propre destin."

Petite parenthèse : mon père, né en 1906, n'avait que le certificat d'études. Il avait appris à lire, écrire et compter. Ce savoir de base  lui a permis de réussir professionnellement de manière exceptionnelle, tout aussi bien, voire mieux que son frère qui était sorti d'une grande école.

 

L'égalitarisme n'a rien avoir avec cette conception de l'égalité des chances puisqu'à l'école "tous sont censés tout y apprendre", sans tenir compte de la différence des esprits. En conséquence on enseigne d'abord le tout avant les éléments, globalement au lieu de partir du b-a-ba, et les notes sont proscrites puisqu'elles feraient ressortir les différences.

Le pire est que ce "système égalitaire ne produit pas du tout une société égalitaire, mais un vaste marché noir de la distinction". Chantal Delsol raconte ainsi comment les plus malins contournent la carte scolaire pour mettre leurs enfants dans les meilleurs établissements.

De même l'égalitarisme conduit à sélectionner les enseignants sur le seul savoir, sans tenir compte de leur pédagogie et de leur vocation... Une fois réussi leur concours ils deviennent fonctionnaires à vie et ne doivent pas leur avancement à leur mérite, mais à l'ancienneté. Dans ces conditions il faut être très motivé et avoir vraiment la vocation pour accomplir son devoir...

Le refus de la sélection conduit à un système hypocrite. Il y a d'une part l'élite émoulue des grandes écoles fortement sélectives, de l'autre la masse des étudiants qui sortent d'une université non sélective sans diplôme - deux tiers des étudiants abandonnent après la première année - ou avec des diplômes sans valeur :

"Il y a une telle différence entre l'université et la vie que, sorti des campus, l'étudiant ne reconnaît plus le monde."

Ce qui alimente son ressentiment et sa révolte... Tout cela parce que l'on refuse d'admettre que la diversité est la loi de la vie. Quand on est bien obligé de l'admettre, on refuse de lui reconnaître une légitimité...

Les Français sont fâchés avec l'argent et avec l'économie. Ils sont au-dessus de ces contingences matérielles. L'école et l'université sont donc gratuites pour tous, les moins aisés comme les plus aisés, au nom de l'égalité. Il ne faut pas faire apparaître qu'il y a des nécessiteux, au détriment d'une réelle solidarité mais au bénéfice des plus aisés. C'est un encouragement à la facilité, à la paresse, à la ruse, à l'indiscipline. Pourtant :

 

"Ne mérite l'estime que ce qui coûte, pas forcément de l'argent, mais de l'effort." 

Dans cet esprit les Français ne refusent pas de recevoir toujours plus de bienfaits gratuits, qu'ils considèrent comme des droits, car ils sont de fervents adeptes de l'Etat-Providence, responsable pourtant de leur paupérisation :

 

"Les droits deviennent exponentiels comme l'exigence de recevoir."

Les formations professionnelles sont dépréciées en France :

"Dans ce pays travailler uniquement avec son cerveau est infiniment plus respectable que travailler avec ses mains."

Du coup il y a peu de places dans l'enseignement technique, alors qu'il y a plein de débouchés, et beaucoup de places dans l'enseignement général, alors qu'il n'y a que très peu de débouchés. La création du collège unique n'a fait que dévaloriser encore plus les filières professionnelles sous prétexte d'égalité.

Le système scolaire français ne fonctionne pas pour la bonne raison qu'il est immense et ingérable :

"On se trouve devant un gaspillage d'argent et de talents, non pas du tout volontaire ni dû à la désinvolture, mais inhérent à l'organisation."

Ce système planifié engendre l'irresponsabilité de ses acteurs et, pour eux, la nécessité de combines telles, par exemple, que le recours au PACS pour être mutés à l'endroit désiré. Tout le monde en France sait ce qu'il faudrait faire pour y remédier mais, se heurte à l'opposition des personnels de l'Education nationale, idéologues et corporatistes confondus.

Que dit, dans un récent rapport, la Cour des Comptes ?

"Elle réclame la différenciation des moyens d'enseignement, l'accompagnement individualisé, la reponsabilisation des établissements : autrement dit, l'assouplissement général de la Machine, soit une libéralisation des énergies, des responsabilités et des autonomies."

Pour obtenir cet assouplissement du Mammouth, seraient bénéfiques la mise en concurrence de ce monopole avec le privé, où les élèves sont "mieux tenus", et le libre choix, qui est à la base de notre culture "où la personne est censée être autonome".

Pour ce faire, il faudrait justement que le monopole de la collation des grades soit aboli à l'université - il commence à être contourné par la collation de grades européens dans les universités privées - et que les écoles, collèges et lycées privés puissent dépasser le quota actuel de 17% d'élèves, respecté par les gouvernements de gauche comme de droite.

L'autonomie des universités fait l'objet du dernier chapitre du livre. Elle n'est pas cet épouvantail qu'agitent les personnels de l'Education nationale pour l'empêcher. Il faut dire que ces derniers s'accrochent à leur privilège de salaire à vie et à leur place inamovible, récompenses d'un mérite
qu'ils n'ont démontré qu'en début de carrière :

"A l'heure qu'il est les personnels de l'Education nationale savent bien que toute réforme profonde - apte à répondre aux problèmes - ira dans le sens d'une diminution de leur protection statutaire. Aussi préfèrent-ils que l'institution moisisse en l'état, dans un environnement de plus en plus délabré, avec des salaires bas par rapport à leurs homologues étrangers."

Entre-temps le scandale continue : le petit Pierre ne sait pas lire.

Francis Richard

PS du 27 septembre 2011 :

Le grand Francis croyait ne plus savoir lire [voir le premier commentaire]. Il n'en est rien. Voici la couverture de mon exemplaire du livre de Chantal Delsol. A comparer avec la couverture qui illustre l'article et qui provient du site Amazon.fr :

Petit-Pierre-Chantal-Delsol.jpg

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 14:49

La Rhune veille sur DonibaneCe matin je suis allé courir le long de la côte. J'ai quitté Etche Alegera par le chemin qui mène au phare de Sainte-Barbe. Le ciel très bleu était moucheté de nuages de coton blanc.

Je suis allé jusqu'à la plage d'Erromardie. Au retour, la vue de la baie de Donibane Lohitzun (Saint Jean-de-Luz), qui s'ouvrit à mes yeux, faillit me couper le souffle, ce qui aurait été regrettable, puisque j'étais en plein effort.

Imperturbable, la Rhune, la montagne magique du lieu, veille sur la ville enveloppée du halo d'une première chaleur d'un dernier beau jour d'été. A cette heure-là de rares baigneuses s'aventurent dans l'eau de la plage des flôts bleus, parmi les brisants découverts à marée basse.

Sous les tamaris de Sainte BarbeIl est à peine onze heures et déjà l'ombre des tamaris de Sainte-Barbe apporte une fraîcheur bienvenue. Car sous l'effort et les rayons du soleil mon torse commence à coller à mon tee-shirt, qui mériterait de s'appeler sweat.

A grande marée basse la baie dévoile tous ses charmes comme une belle ondine dépourvue de vêtements. Les rochers tapis d'habitude sous la mer surgissent et révèlent leur qualité de pierres marines semi-précieuses.

L'envie me prend de m'arrêter. Je ferme les yeux. Je les rouvre pour m'assurer que je ne me trouve pas au milieu d'un songe. C'est bel et bien un songe pourtant, mais un songe qui me tient éveillé, qui ne me trompe pas, qui marie devant moi un chef d'oeuvre de la nature à l'oeuvre architecturale des hommes.

Sainte Barbe à marée basseUn manteau de sable maintenant à découvert est tout plissé, comme s'il était mal repassé. Ce n'est pourtant que le résultat d'un jeu entre l'eau et ses grains, que les courants ont fini par onduler.

A l'horizon les Pyrénées forment un écrin qui met en valeur ce véritable joyau aquatique. Tout ragaillardi par ce spectacle tonique, je reprends ma course vers la ville.

Mon oeil est distrait par des passantes qui promènent ici leur chien. L'une d'elles, penchée en avant, offre à mon regard des mollets nus et des fesses serrées dans un panta-court moulant blanc, tandis qu'elle attache une laisse à son molosse. Une autre, plus prosaïquement, tient à la main de petits sacs poubelles dont je me garderais de vérifier le contenu.

DLe Grand Hotel à Donibaneonibane est une station balnéaire. Les estivants qui l'ont déserté depuis la rentrée des classes viennent ici passer des vacances en famille. Dans mon enfance, puis avec mes enfants, je n'ai pas fait exception.

Aujourd'hui, sur la grande plage, les clubs ont démonté leurs agrès et leurs filets de volley-ball. Les maîtres-nageurs-sauveteurs ne sont plus là pour surveiller. Le Grand Hôtel est toujours ouvert. Donibane a aussi son côté chic...

Je poursuis ma course sur la digue. Ce n'est pas la foule des mois d'août et juillet. Je n'ai pas vraiment besoin de me frayer un chemin. Je croise des retraités et de jeunes couples, dont certains manoeuvrent une poussette.

Le port de DonibaneDonibane est toujours un port de pêche. Ce ne sont pas des vaisseaux-fantômes que je peux y contempler mais de modestes embarcations. Les autres doivent avoir pris le large.

Je passe devant la Maison de l'InfanteMarie-Thérèse d'Espagne attendait de se marier avec le roi de France, un certain Louis XIV. La rue de la République descend vers la place qui porte le nom du monarque et où se déroulent les bals populaires...

Il ne me reste plus qu'à rejoindre mes pénates. Je fais souvent ce périple marin qui me relie à la terre. Je passe à chaque fois devant l'appartement qu'occupait ma mère les dernières années de sa vie. Je lève rituellement les yeux vers son balcon et songe qu'elle est venue, tout à côté, dans un petit hôtel, alors que je n'étais qu'un nourrisson, pour me redonner vie...

Francis Richard   

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 21:45

Geert Wilders sortie du tribunalSur ce blog, ici, j'ai raconté comment les pseudo-défenseurs de la liberté d'expression avaient finalement réussi à empêcher Geert Wilders de s'exprimer en Suisse en menaçant d'y troubler l'ordre public, en bons démocrates qu'ils se prétendent. Geert Wilders [sa photo à la sortie du tribunal d'Amsterdam provient d'ici] était présenté dans la presse romande comme un extrémiste de droite, un raciste, que sais-je.

 

Pourquoi ? Parce qu'il était poursuivi pour incitation à la haine raciale. La présomption d'innocence ne pouvait pas jouer en sa faveur. Il était condamné d'avance. Il avait le grand tort d'être inquiet de l'expansion de l'islam en Europe, qui comme chacun sait est une religion pacifique, tolérante, qui n'opprime pas les femmes et qui n'est pas le moins du monde raciste.

 

Ses crimes principaux aux yeux des dizaines de plaignants qui le poursuivaient en justice dans son pays ? D'avoir comparé le Coran à Mein Kampf et d'avoir diffusé un film, Fitna, ce qui veut dire discorde, montrant comment le Coran prêché peut être mis en application dans les faits. J'ai posté sur ce blog ici les 16 mn de ce documentaire-choc pour les internautes, afin qu'ils puissent juger sur pièce et non pas sur des on-dit.

 

Aujourd'hui le tribunal d'Amsterdam a rendu son verdict. Geert Wilders était bien innocent, n'en déplaise à tous ses calomniateurs et son jugement n'est pas susceptible d'appel. Il n'avait donc pas incité à la haine raciale, ni à la haine religieuse, contrairement à ce que hurlaient certains avec les loups.

 

Le juge a déclaré, rapporte Le Monde :

 

"Les déclarations de Monsieur Wilders ne constituaient pas une critique des individus mais de leurs croyances. (...) Le tribunal juge ces déclarations acceptables en raison du contexte et du débat de société."

 

Le "quotidien de référence" français ajoute :

 

"S'il a qualifié ces déclarations de M.Wilders de "grossières et dénigrantes", le juge a fait savoir qu'"elles ne constituent pas une incitation à la haine.""

Une autre manière de dire que Geert Wilders n'a pas pris de gants pour dire la vérité.

Cela va-t-il clouer le bec à ses calomniateurs ? Que non pas. Le Monde en tête, qui qualifie Wilders de chef de l'extrême-droite néerlandaise... Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose...

 

Francis Richard

L'internaute peut écouter ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 19:45
Armes lourdes Abidjan CocodyLa semaine dernière, j'écris sur ce blog que Le mondialisme fait main basse sur la Côte d'Ivoire. La suite des événements confirme cette main-mise de la communauté internationale sur le destin de ce pays.
  
Avec les élections présidentielles du 28 novembre 2011 il s'agissait, sous pression internationale, de réunir artificiellement un pays réellement coupé en deux depuis 2002, où une démocratie formelle à l'occidentale ne peut pas fonctionner parce que les fortes minorités n'y seront pas prises en compte, comme elles peuvent l'être en Suisse par exemple.  

Dans cet article du 7 avril 2011 je rappelle :

"A la dimension religieuse, nord musulman, sud chrétien, s'ajoute une dimension ethnique que l'on retrouve dans tous les pays d'Afrique, qui explique les clivages existant dans un même pays et qui fait partie de la longue histoire du continent que la parenthèse coloniale n'a pas gommé. Les ethnies ivoiriennes du nord sahélien et celles du sud et de l'ouest ne s'entendent pas depuis longtemps et la richesse se trouve ... dans le sud, avec son débouché maritime."

Or Alassane Ouattara représente le nord du pays et Laurent Gbagbo le sud, Abidjan étant la capitale économique où les deux Côte d'Ivoire, que les deux adversaires représentent, font jeu égal, avec des quartiers acquis à la cause de l'un ou à celle de l'autre.

Les résultats des élections présidentielles, compte tenu des fraudes commises dans les deux camps, ne permettent pas de les départager de manière absolument certaine. Si bien que chacun d'entre eux peut à bon droit revendiquer la victoire.
 
Toutefois la communauté internationale dans cette incertitude choisit son champion, Alassane Ouattara. Pourquoi ? Parce que ce dernier lui correspond parfaitement. Il est favorable à la réunification jacobine du pays, tandis que Gabgbo l'est de la partition, plus conforme à la géographie et à l'histoire.
 
En outre Ouattara n'est-il pas un bon musulman, de surcroît "libéral" ? Ne fait-il pas partie du sérail puisqu'il a été entre autres économiste au FMI ? Cerise sur le gâteau, n'a-t-il pas été marié par un certain Nicolas Sarkozy du temps où celui-ci était maire de Neuilly-sur-Seine ici ?
 
En face de lui Laurent Gbagbo a le grand tort d'être catholique et d'avoir une femme évangéliste. Dans ces conditions être "socialiste" ne suffit pas à le faire mieux considérer par cette communauté internationale qui désormais dirige le monde de plus en plus.
 
Seulement la communauté internationale ne s'attend pas à ce que Laurent Gbagbo s'accroche autant au pouvoir qu'il détient depuis dix ans. Quinze jours après l'élection du 28 novembre 2010, les sanctions économiques pleuvent sur la Côte d'Ivoire pour le faire céder, provoquant ruines et désolations dans le pays.

Comme Laurent Gbagbo ne cède toujours pas et qu'il reste toujours populaire dans le sud, la communauté internationale arme son adversaire qui lance une offensive éclair au cours de laquelle les troupes de Ouattara montrent leur vrai visage qui ne vaut guère mieux que celui des troupes de Gbagbo, comme en témoignent les massacres perpétrés à Douéké, dénoncés par le CICR. Le mythe des bons et des méchants a fait long feu.

Cette offensive ne rencontre pas beaucoup de résistance jusqu'à Abidjan où les forces de Ouattara se heurtent à celles de Gbagbo qui les attendent de pied ferme. Sans l'aide de la communauté internationale il n'est pas du tout sûr qu'elles auraient fini par l'emporter.
 
Ne respectant même pas la résolution 1975 du Conseil de sécurité, les troupes de l'ONU et les troupes françaises, représentant sur place la communauté internationale, offrent la victoire sur un plateau à Ouattara en pilonnant à coup de missiles la résidence de Gbagbo. Que Gbagbo ait été arrêté par des Français ou des Ivoiriens est alors de peu d'importance. 
 
Dans cette affaire la communauté internationale aura provoqué calamités sur calamités :
 
- une élection portant en elle tous les germes d'une guerre civile
- des sanctions économiques qui ont eu pour conséquence pénuries et appauvrissement de la population civile
- une guerre éclair qui fait en une semaine au moins deux fois plus de victimes que pendant les quatre mois précédents
- une fausse paix [la photo provient d'ici] qui commence aujourd'hui par des pillages et des combats à l'arme lourde.

On apprend aujourd'hui que la France apporte une aide d'urgence de 400 millions d'euros à la Côte d'Ivoire de Ouattara et l'Union européenne de 180 millions d'euros, sans doute pour ... réconcilier et reconstruire, après avoir divisé et détruit.
 
Cette histoire illustre une nouvelle fois le principe des calamités énoncé par Michel de Poncins, qui s'applique tout aussi bien à l'échelle internationale que nationale :
 
"Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité pour soi-disant corriger la première."
 
Francis Richard
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 08:15

laurent-gbagboLa Côte d'Ivoire est un pays divisé en deux. Les récents événements ne font que masquer cette réalité. 

 

Examinons les résultats des élections de novembre dernier et on se rendra compte que le sud a largement voté pour Laurent Gbagbo [la photo provient d'ici] et le nord pour Alassane Ouattara, président reconnu par la Communauté internationale,  terme élégant pour désigner un mondialisme qui n'ose pas dire son nom, par souci de respectabilité.

 

Il ne faut en effet pas confondre le mondialisme qui est une ébauche de gouvernement mondial, dominé par de riches pays occidentaux, et qui s'arroge le droit d'intervenir dans la politique intérieure des Etats membres, et la mondialisation qui est un phénomène spontané, produit de la libéralisation des échanges et de l'accroissement de la mobilité.

 

Les résultats du second tour des élections ivoiriennes, assorties de fraudes commises par les deux camps, sont diamètralement opposés suivant que l'on s'en tient à leur proclamation par la Commission électorale indépendante ou par le Conseil constitutionnel du pays.

 

Admettons toutefois que les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante soient les plus dignes de foi. Dans cette hypothèse, Laurent Gbagbo a tout de même obtenu 46% des suffrages, principalement dans le sud où il est resté populaire et a de nombreux partisans. A Abidjan, la capitale économique, il a fait jeu égal avec son adversaire.

 

Or, comme dit d'emblée, la Côte d'Ivoire est schématiquement divisée en deux. A la dimension religieuse, nord musulman, sud chrétien, s'ajoute une dimension ethnique que l'on retrouve dans tous les pays d'Afrique, qui explique les clivages existant dans un même pays et qui fait partie de la longue histoire du continent que la parenthèse coloniale n'a pas gommé. Les ethnies ivoiriennes du nord sahélien et celles du sud et de l'ouest ne s'entendent pas depuis longtemps et la richesse se trouve ... dans le sud, avec son débouché maritime.

 

Dans ces conditions on se rend bien compte que la démocratie à l'occidentale ne peut pas fonctionner, du moins dans sa version jacobine telle qu'elle existe en France par exemple. Encore une fois le modèle helvétique, qui préserve l'existence des minorités, serait certainement plus adapté. Aussi, quelle que soit l'issue de l'affrontement Gbagbo-Ouattara aucune réconciliation ne sera possible sans tenir compte de cette réalité.

 

En choisissant un camp plutôt que l'autre, en armant l'un, pour lui permettre de lancer son offensive éclair (le temps jouait pour Gbagbo) et en désarmant et en détruisant l'autre, le mondialisme sera peut-être apparu comme le protecteur affiché de populations civiles, que ne respecte pourtant aucun des deux camps, mais il aura surtout jeté de l'huile sur le feu.

 

Cette main basse du mondialisme sur la Côte d'Ivoire est dans la lignée des interventions des pays occidentaux qui croient détenir la vérité et cherchent à l'imposer aux autres, sans d'ailleurs demander pour autant leur avis sur ces questions à leurs propres citoyens.

 

Francis Richard   

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 21:30

Tango libyenIl serait difficile de dire que je porte Muammar Kadhafi dans mon coeur. Les articles que j'ai écrits sur ce blog le prouvent, notamment le dernier, Mouammar Kadhafi est bien un dictateur fou, un échappé d'asile .

 

Pourtant, quelque monstrueux que m'apparaisse le personnage - rien ne pourrait me réjouir davantage que soit mis fin à sa capacité de nuisance - je me demande si les pays occidentaux emmenés par Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama, devaient pour autant intervenir en Libye [le dessin ci-contre provient d'ici].

 

La présence aux côtés de la coalition occidentale du Qatar et des Emirats Arabes Unis ne change rien à l'affaire. Elle lui sert seulement de caution pour ne pas apparaître comme étant dirigée contre le monde musulman. Ce qui ne trompera peut-être pas longtemps ce dernier.

 

La coalition s'est constituée pour protéger la population civile libyenne contre les autorités libyennes. Fort bien. A cet effet la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU ici stipule que l'espace aérien libyen devient une zone d'exclusion, qu'un embargo sur les armes et sur l'arrivée de mercenaires en Libye doivent être garantis par la communauté internationale, et que les avoirs du clan Kadhafi doivent être gelés.

 

Or les choses apparaissent plus complexes en réalité dans un pays aux plus de 150 tribus. Il n'y aurait pas d'un côté les méchants militaires libyens et de l'autre les gentils insurgés, comme on nous le présente volontiers pour mieux nous vendre l'intervention. La résistance des troupes libyennes aux assauts des insurgés en provenance de Cyrénaïque dès que ces derniers approchent de la Tripolitaine, le montre, s'il était nécessaire.

 

Kadhafi, tout dictateur fou qu'il est, a encore le soutien de la population de Tripolitaine, située à l'ouest du pays, c'est-à-dire le soutien des tribus qui y règnent dont la principale est celle des Meghara et qui s'opposent depuis longtemps à celles qui règnent à l'est du pays, en Cyrénaïque, dont la principale est celle des Warfallah, favorables à l'ancienne monarchie. 

 

La supériorité des troupes de Kadhafi en armes - fournies d'ailleurs par les principaux membres de l'actuelle coalition qui se sont naguère enrichis de ce commerce et ne s'en vantent curieusement plus aujourd'hui - n'explique en effet pas tout, même si elle explique qu'en l'absence de frappes aériennes les insurgés de l'est ne fassent pas le poids et reculent devant elles, étant certainement moins aguerris.

 

Il ne s'agit donc pas seulement d'une lutte menée par le pouvoir libyen contre l'opposition libyenne, mais d'une lutte qui oppose des tribus à d'autres tribus, sans parler des tribus qui se trouvent au sud dans le Fezzan, la troisième région du pays, et qui semblent pour le moment soutenir celles de Tripolitaine. Même si Kadhafi est abandonné par les Meghara, il n'est pas sûr que les tribus de l'ouest et du sud veuillent se soumettre dans le futur aux tribus alliées des Warfallah...

 

Dans ces conditions ce qu'écrit Richard Ebeling dans un article de portée générale sur le "droit d'ingérence" publié avant les frappes aériennes et reproduit le 24 mars dernier par l'Institut Turgot ici devrait faire réfléchir à ce qui pourrait advenir une fois que les gouvernements interventionnistes auraient réussi leur opération dans un pays où "le peuple" divisé était opprimé :

 

"Renverser l’ordre politique existant pour en imposer un nouveau ne change pas les idées, les croyances, les coutumes et les traditions du peuple. Le comportement apparent de certaines personnes pourra être affecté temporairement, mais leur vision de ce qui est bon ou mauvais, juste ou injuste, toutes ces choses essentielles qui résident dans les cœurs et les esprits ne sont pas changées sous la contrainte. La seule alternative pour le gouvernement interventionniste est alors de rester dans le pays étranger pour imposer une contrainte permanente, ce qui aggrave souvent les problèmes au lieu de les résoudre."

 

Francis Richard

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:00

Kadhafi 22.02.11Le discours d’hier du colonel Mouammar Kadhafi confirme point par point les épithètes que j’ai employés sur ce blog pour qualifier ce tyran sanguinaire au cours de la longue détention des deux otages suisses en Libye. Qui ne s’est résolue que par le versement honteux d’une rançon à ce maître-chanteur colérique et lunatique.

D’aucuns estimaient que j’y allais fort en le traitant de dictateur fou, d'échappé d'asile ou de führer libyen. A les croire, pour l’amadouer il aurait fallu lui cirer les babouches, lui baiser la djellaba, baisser son pantalon devant lui, prendre le thé avec lui sous la tente.   

Ce dictateur qui, un court moment, a simulé la respectabilité, pour mieux écouler le pétrole du pays contre devises, a tenté de faire oublier ce qu’il était, à savoir un criminel, un terroriste, un potentat assoiffé de sang quand on ose lui résister.

Des dirigeants de l’Union européenne, sans vergogne, ont fait ami-ami avec lui. Au cours de la crise des otages suisses, ils ont défendu leurs intérêts économiques avec cette dictature et renoncé à défendre les ressortissants d’une démocratie à qui ils prétendent donner des leçons de moralité bancaire.   

Quelques citations du Kadhafi, cru du 22 février 2011, valent mieux que son long discours pas tranquille.

Dans son délire il se considère différent des autres dirigeants de ce monde, au-dessus d’eux, sans titre, parce qu’il n’en pas besoin, tantôt parlant de lui à la première personne du singulier, tantôt à la troisième, reformulant indéfiniment comme il convient de l'admirer, voire de le vénérer :

« Je suis au-dessus des postes de chefs d’Etat. Je suis un révolutionnaire. Je suis un bédouin.  Je ne peux pas laisser la terre de mes ancêtres. Je vais mourir en martyr. »

« Si j’étais président j’aurais démissionné. Mais je n’ai pas de titre. Je n’ai que moi-même et mon fusil. Moi je n’ai peur de rien. Moi je suis quelqu’un qui arrive à faire face. »

« Mouammar Kadhafi n'est pas un président et n'est pas un être normal contre qui on peut mener des manifestations. »

« Mouammar Kadhafi n'a pas de poste officiel pour qu'il en démissionne. Mouammar Kadhafi est le chef de la révolution, synonyme de sacrifices jusqu'à la fin des jours. C'est mon pays, celui de mes parents et des ancêtres. »

Il reconnaît volontiers qu’il n’est pas normal, ce qui dénote une certaine lucidité.

S’il se dit prêt à mourir en martyr, s’il essaie de faire vibrer la fibre nationaliste en évoquant son pays, ses parents, ses ancêtres, il veut surtout que ceux qui s’opposent à lui meurent en martyrs :

« Nous n’avons pas encore utilisé la force. »

Il n’y aurait eu, après tout, que quelques centaines de morts… mais, si cela continue, il passera à la répression supérieure :

« Quand on aura besoin d’utiliser la force j’en donnerai l’ordre. Tout cela va mener à une guerre civile. Tous ceux qui sont derrière une guerre civile doivent être condamnés à mort, ainsi que ceux qui touchent à l’indépendance du pays. »

La menace se fait plus précise à l’égard de ceux qui osent lui résister :

« Rendez vos armes immédiatement sinon il y aura des boucheries. »

Envers lesquels il n’a que des mots aimables :  

« Ce sont des rats et des microbes qui ne vaincront pas la Libye. »

A qui il promet l’extermination :

« Je suis Mouammar Kadhafi, un dirigeant que des millions défendront. Nous marcherons sur eux par millions pour purger la Libye pouce par pouce, maison par maison et allée par allée. »

Cette gesticulation pathétique pourrait se révéler inutile et le peuple libyen le prendre au mot.

Francis Richard  

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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