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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 06:00
Je croyais que plus rien ne me surprendrait. Je dois être bien naïf. Hier en lisant Le Matin Online je suis tombé sur un article ( ici ) qui m'a laissé pantois. Jugez plutôt.

Un éminent juriste de l'Uni de Fribourg, le professeur Franz Ricklin (dont la photo est ci-contre et le site ici ), a trouvé un moyen juridique pour que l'affaire Hannibal Khadafi ( voir mon article L'emploi chez les Khadafi c'est sévices compris ) soit enterrée et pour que tout le monde il soit beau, tout le monde il soit content. La Suisse serait contente parce que le pétrole libyen coulerait à nouveau aux pompes à l'enseigne de Tamoil, et parce que ses deux ressortissants arrêtés sous un prétexte bidon sortiraient des geôles libyennes. Le tyranneau en djellabah, prénommé Muammar, serait content parce que les poursuites contre son fiston et sa belle-fille seraient suspendues, pour ne jamais retomber...

Il paraît, tenez vous bien, qu'il existe un "principe d'opportunité" prévu par le Code de procédure pénale genevois. Selon le digne professeur Ricklin, au nom de ce principe bien opportun, "la justice genevoise pourrait suspendre la procédure contre le couple Kadhafi au motif des intérêts supérieurs de l'Etat". Ce principe serait de portée illimitée, autant dire que l'arbitraire peut régner en maître dans la République de Genève. Car comment définit-on les intérêts supérieurs de l'Etat ?

Ce n'est pourtant pas l'avis de l'éminent professeur Ricklin. Du moment qu'il s'agit d'éviter un dommage à la Suisse, il y aurait une raison objective de suspendre les poursuites. Ce ne serait donc pas arbitraire que d'admettre que d'aucuns soient, après tout, au-dessus des lois. La Fontaine aurait finalement raison, qui fait une distinction entre les puissants et les misérables... 

Je trouve admirable la façon avec laquelle les juristes sont capables de vous faire prendre des vessies pour des lanternes. Car d'où vient le dommage ? D'un olibrius qui, juché sur son tas de sable, se permet de fermer un robinet de pétrole, et d'ouvrir et de refermer une cellule nauséabonde sur deux Helvètes, sous prétexte que le droit genevois s'applique à son criminel de fiston et qu'il s'estime offensé qu'on n'ait pas fait d'exception en sa faveur.

Le professeur Ricklin, par tous les moyens juridiques, cherche une échappatoire à la crise actuelle. Il donne donc deux autres pistes. La première est que les deux domestiques battus retirent leur plainte, l'accusation de contrainte pouvant être abandonnée grâce au bien commode "principe d'opportunité" évoqué plus haut. La seconde est que l'immunité diplomatique soit reconnue à Hannibal, ce qui semble tout de même tiré par les cheveux.

Je constate que, si l'on suit Franz Ricklin, l'on veut bien baisser son pantalon devant Khadafi, à condition d'y mettre des formes juridiques. Comme le piéton écrasé sur le passage réservé aux piétons meurt en toute légalité, la Suisse pourrait bien tendre les fesses en restant dans son bon droit.

Francis Richard
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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 20:45

Roland Nef a donc proposé d’abandonner son poste de chef de l’armée. Il a bien fait. Cela se fera vraisemblablement à l’amiable. On lui accordera une forte indemnité aux dépens du contribuable, à qui on ne demandera pas son avis, et le tour sera joué. Il occupait un poste surexposé où la moindre incartade, même bien enfouie dans son passé, pouvait être utilisée contre lui. Cela n’a pas manqué.

Ce ne sont cependant pas ses frasques qui devraient être retenues contre lui – que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! – mais le manque de maîtrise qu’elles révèlent. Il semble bien que d’être éconduit par sa belle lui ait faire perdre les nerfs et l’ait conduit à se mal comporter envers elle. Cette faiblesse de caractère et ce comportement subséquent pouvaient ne pas laisser d’inquiéter s’agissant du chef de l’armée.

Le cas de Samuel Schmid est plus grave. En effet, s’il n’y avait que cette seule affaire Nef à porter à son débit, Pascal Couchepin aurait raison de considérer qu’après tout il ne s’agit que d’un incident qui ne justifie pas sa démission. Mais cette affaire vient après d’autres, où le chef du DDPS (Département de la Défense, de la Protection de la famille et des Sports) n’a pas montré qu’il était à la hauteur (voir mon article Samuel Schmid, le conseiller fédéral zéro ).

S’il n’y avait encore que ces affaires – que les média se sont empressées de monter en épingle – il serait peut-être possible, à la réflexion, de les ramener à de justes proportions et laisser sa chance au ministre de la défense de poursuivre une œuvre salutaire pour le pays, mais c’est justement la destruction de l’armée qui est le résultat de l’œuvre du conseiller fédéral zéro à la tête du DDPS.

Dans une chronique publiée dans L’Hebdo du 17 juillet 2008 Charles Poncet, s'adressant à Samuel Schmid, a résumé la situation avec son sens bien connu de la formule : « En huit ans, vous avez anéanti l'armée suisse avec une efficience que le Groupement pour une suisse sans armée, n'aurait jamais pu approcher ». Ce jugement, un rien lapidaire, avait le mérite d’être clair et définitif.

Seulement, si cette destruction s’est avérée possible, c’est essentiellement en raison de querelles partisanes. Depuis le début de son avènement les autres partis bourgeois que l’UDC soutiennent Samuel Schmid contre cette dernière. Il ne s’est jamais agi de rechercher le bien du pays, mais d’empêcher que la majorité blochérienne de l’UDC soit représentée au gouvernement, comme l’esprit de la démocratie de concordance le voudrait.

Certes pendant quatre ans Christoph Blocher a siégé au dit gouvernement. Mais il semble bien que dès le départ il s’agissait d’un piège dans lequel ce dernier n’est pas tombé. Il fallait soit le rendre docile, soit le prendre en flagrant délit d’incompétence. Peines perdues. Aussi n’est-ce pas sur son bilan que Christoph Blocher est tombé, mais à la suite d’attaques visant sa seule personne.

Un conseiller fédéral, hormis à l’échéance d’une législature, est intouchable. C’est lui seul qui, dans l’intervalle, peut abréger le mandat que le peuple lui a donné via le parlement. Certes on peut regretter que les commissions de politique de sécurité du National et des Etats n’aient pas exercé une pression amicale, ou non, sur le conseiller fédéral zéro pour qu’il démissionne, mais c’est à lui de se rendre compte que c’est un service qu’il doit rendre au pays.

Les commissions en question n’ont sans doute pas exercé de pression pour ne pas rendre un siège vacant au Conseil fédéral, revenant de droit à l’UDC, qui a été rejetée contre son gré dans l’opposition. Christophe Darbellay, qui, selon Pascal Décaillet ( ici ), aurait un coup d’avance, au-delà de son animosité personnelle à l’encontre de Christoph Blocher, s’est rappelé ce week-end, mieux vaut tard que jamais, que le PDC qu’il préside appartient au camp bourgeois, et qu’il lui faut recoller les morceaux de ce camp après les avoir dispersés pendant aussi longtemps.

Jean-Pierre Gattoni, dans Le Matin de ce jour ( ici ), n’apprécie pas cette volte-face de Christophe Darbellay. Il trouve indécent que le valaisan monte « dans le train des opportunistes qui veulent liquider un magistrat dont la tête se trouve déjà sur le billot du condamné à mort » et il « se demande pourquoi le PDC tarde tant à virer ce (son) pathétique Darbellay ».

En réalité Jean-Pierre Gattoni ne digère pas que le camp bourgeois puisse se ressouder et se réconcilier avec l’UDC. Ce journaliste indécrottable, qui se bouche le nez quand on évoque l’UDC,  ne peut même pas imaginer qu’elle soit fréquentable.

Pascal Décaillet, qui n’a pas ces problèmes de narines sélectives, estime, fort justement qu’« en politique, rien ne sert de s’enferrer dans des rancunes trop tenaces ». L’important n’est-il pas de « considérer la finalité suprême » ? Or la finalité suprême aujourd'hui est d'empêcher que Samuel Schmid parachève la destruction de l’armée au cours des 40 mois à venir.

Francis Richard

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 05:30

Un des fils de Muammar Kadhafi se prénomme Hannibal. Dans le civil il est conseiller de la Compagnie libyenne de transport maritime, une entreprise étatique qui permet à son dictateur de papa de vivre sur un grand pied pendant que son peuple trime. Car si papa Khadafi n'a pas d'idées, il a du pétrole, qui représente 98% des ressources du pays.

Hannibal et sa femme, Aline, viennent passer du bon temps à Genève. Ils séjournent à l'Hôtel Président Wilson, où descendent, c'est bien connu, tous les damnés de la terre. Dans leurs bagages ils emportent, il n'y a pas d'autre mot, deux domestiques, une Tunisienne de 25 ans et un Marocain de 36 ans. Si leurs patron et patronne sont là pour rigoler, ils sont là pour servir de souffre-douleur quand le couple Kadhafi  a besoin de passer ses nerfs.

Le problème c'est que le couple libyen ne peut pas se comporter sur le territoire genevois de la même façon que sur le territoire libyen. Là-bas il peut se permettre des privautés sur ses domestiques qu'il lui est interdit de pratiquer ici. Il doit sans doute penser que sa suite au Président Wilson jouit de l'extra-territorialité à partir du moment où il la paie en espèces sonnantes et trébuchantes.

En bon musulman Hannibal est un grand buveur devant l'Eternel. Il consomme un ou deux litres par nuit de Château Margaux 1998. Les mauvaises langues disent que cela le met de méchante humeur. Elles ne disent pas la même chose d'Aline, qui ne semble pas avoir besoin de ce carburant pour se mettre entrain ... de frapper sur tout ce qui bouge, sous le moindre prétexte.

Trop c'est trop. Les deux malheureux domestiques n'en peuvent plus d'être employés chez les Kadhafi sévices compris. Ils portent donc plainte. En Suisse on ne badine avec ce genre d'affaire. Ici La Fontaine a tort. La loi du plus fort n'est pas toujours la meilleure. Les lois helvétiques s'appliquent à tout contrevenant, qu'il s'appelle Bollomey ou Khadafi. Personne n'est au-dessus des lois. Ce qui, comme on va le voir, est incompréhensible pour un Kadhafi à qui il suffit de claquer dans les doigts pour obtenir tout objet qu'il veut, êtres humains compris.

Quand ils frappent, Aline et son auguste époux n'y vont pas de main morte. Valéry Duby raconte dans Le Matin
du 18 juillet ( ici ) : « La jeune femme, engagée à Dubaï  il y a un peu plus d’un mois, porte encore les traces des sévices subis sous son œil gauche. Un coup de poing de monsieur suivi d’un coup de cintre de madame pendant leur séjour genevois ».

L’homme n’est pas mieux loti : « Le Marocain, poursuit Valéry Duby, soulève son T-shirt pour montrer les traces d’un coup de couteau sur la poitrine et de ceinturon dans le dos. Probablement de plus vieilles blessures ». Il est en effet à leurs sévices depuis cinq ans.

Le 12 juillet les deux malheureux domestiques sont libérés par la police genevoise dans leur chambre d’hôtel et conduits en lieu sûr. Le 15 juillet une vingtaine de policiers armés – on ne sait pas combien il y a de gardes du corps – arrêtent Hannibal et Aline sous l’inculpation de maltraitance sur leurs domestiques.  Le 17 juillet ils sont libérés sous caution de 500 000 francs et quittent Genève et la Suisse, où décidément on ne peut pas s’amuser tranquille.

La réaction de Muammar Kadhafi ne se fait pas attendre contre la Suisse, où l’on a osé s’en prendre à son fiston chéri.  Le 19 juillet deux cadres suisses qui travaillent en Libye, dont l’un chez ABB, sont arrêtés sous l’inculpation bidon d’infractions sur l’immigration et le séjour. Le chargé d’affaires libyen en Suisse est rappelé à Tripoli, de même que des délégations officielles libyennes en visite en Suisse. La délivrance de visas aux ressortissants suisses est suspendue. L’accès aux ports libyens est interdit aux navires battant pavillon suisse.

Après ces mesures d’intimidation apéritives, le dictateur fou de Tripoli passe à de plus lourdes menaces si la Suisse ne présente pas d’excuses et ne retire pas ses accusations contre Hannibal, le fils à son papa. Le robinet du pétrole pourrait être coupé. Si le pétrole libyen représente la moitié du pétrole brut importé en Suisse, il ne représente heureusement que 1/6 du pétrole consommé. Via Tamoil  la Libye possède tout de même ici 320 stations service et l'une des deux raffineries du pays, à Collombey dans le Valais. Les avoirs libyens dans les banques s’élèvent à près de 6 milliards de francs. Ils pourraient être retirés.

Comme on le voit il ne faut pas emm..... Muammar, qui a les moyens de vous faire trembler. Il est à espérer que le Conseil fédéral ne se laissera pas intimider par ce dictateur en djellabah, et en quête d’honorabilité, mais qui, au naturel, quand celui-ci revient au galop de son chameau, reste décidément infréquentable.

D.S. Miéville dans Le Temps du 24 juillet ( ici )conclut son article par une réflexion qui montre à quel point la presse occidentale peut baisser son pantalon quand elle a affaire à de tels tyranneaux : « ces événements pourraient fournir un utile sujet de réflexion aux artisans et aux partisans de l’initiative contre les minarets sur les dégâts potentiels de leur entreprise ». Sans commentaires…

Francis Richard

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 21:45
Décidément, quand je mettais samedi dernier (Samuel Schmid, le conseiller fédéral zéro ) au conseiller fédéral Samuel Schmid la note zéro, j'étais encore bien charitable. L'affaire Nef (voir photo ci-contre parue dans Le Matin), comme il faut bien l'appeler maintenant, montre à quel point Samuel Schmid n'est pas à la hauteur de sa tâche et qu'il mérite toujours zéro, mais un zéro pointé, c'est-à-dire éliminatoire. Les déclarations successives du conseiller fédéral zéro, mises bout à bout, sont en effet affligeantes.

Quand on a appris que le brigadier Roland Nef était sous le coup d'une plainte pénale au moment de sa nomination, Samuel Schmid avait tenté de rassurer. Cette plainte était retirée et relevait de la sphère privée. Samuel avait donc circulé pour ne rien voir de ce qu'avait fait Roland pour être poursuivi. Il n'avait pas cru bon d'en toucher mot à ses collègues du conseil fédéral, s'agissant somme toute d'une peccadille, dont personne ne parlerait plus jamais. C'est pourquoi il n'avait pas eu la curiosité de s'intéresser au pourquoi de ladite plainte pénale. 

Quand on appris que ladite plainte pénale n'avait été retirée que plusieurs mois après la nomination du brigadier Nef à la fonction éminente de chef de l'armée, Samuel Schmid, après plusieurs jours de silence, avait tenté de s'expliquer. Il ne savait rien (voir Le Matin ici ), mais il avait pris "un risque calculé". La preuve qu'il avait eu raison était que cette plainte avait été classée. Il n'y avait donc pas de quoi fouetter un chat. Samuel Schmid n'avait pas expliqué comment il avait fait son calcul mirobolant.

Quand on a appris que ladite plainte pénale avait été déposée par l'ex-compagne du brigadier pour harcèlement par SMS et courriels de la part de son amant follement jaloux, on pouvait douter, comme Philippe Barraud ( ici ), que Roland Nef soit bien à sa place à la tête de l'armée s'il maîtrisait aussi mal ses émotions dans le privé, et que Samuel Schmid soit bien à la sienne au conseil fédéral s'il connaissait aussi mal le militaire qu'il avait proposé pour occuper cette fonction suprême, et à qui il conservait d'ailleurs toute sa confiance.

Quand on apprend que Roland Nef, non content d'avoir harcelé lui-même, a communiqué (voir Le Matin ici ) adresse électronique, numéro de natel, adresse privée, photo de son ex-compagne, via des petites annonces de sexe, à des obsédés sexuels, et qu'un harcèlement d'une autre ampleur en a résulté, Samuel Schmid ne trouve qu'une parade. Il suspend le chef de l'armée jusqu'au 20 août prochain. Il lui a certes trop fait confiance, mais il veut lui laisser une dernière chance de prouver qu'il est digne tout de même de confiance (voir Le Matin ici ). Comprenne qui pourra.

C'est devenu une habitude. Samuel Schmid remet au lendemain, un lendemain bien lointain en l'occurrence, ce qu'il devrait faire le jour même. Il n'est pas près non plus de démissionner, ce qu'il aurait pourtant de mieux à faire. "Je suis capable", déclare-t-il. Il est surtout toujours capable... de ne rien faire ou, si vous préférez, incapable de faire quoi que ce soit en situation de crise. Il pratique la politique de l'autruche, espérant qu'avec le temps les choses s'arrangeront d'elles-mêmes, alors qu'il continue de s'enfoncer... au-dessous de zéro.

Francis

Richard  

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 08:10
Le terne Samuel Schmid a été réélu brillamment conseiller fédéral le 12 décembre 2007 par des membres de tous les partis et par ceux de l'UDC. Il faisait alors l'unanimité pour lui. Il ne faisait pas trop de bruit et on ne lui en demandait pas plus. Qualifié il n'y a guère de demi-conseiller fédéral par son ex-parti, l'UDC, comme un rat pense quitter un navire en perdition, il a décidé de quitter ce dernier et ne représente plus que lui-même, ce qui n'est pas grand chose, voire zéro. 

Du coup la belle unanimité, cimentant des intérêts contraires, s'est effritée. Quand Samuel Schmid a répondu, après beaucoup d'atermoiements, aux sirènes de la trahison en rejoignant le Parti Bourgeois Démocratique, créé dans son canton de Berne, et dans celui des Grisons, celui d'Eveline Widmer-Schlumpf, il a encore récolté quelques applaudissements du côté des adversaires de l'UDC, trop contents qu'il favorise les divisions de cette dernière. Mais c'était seulement pour faire la nique à l'UDC. Le coeur n'y était plus vraiment. 

Entre parenthèses, le Parti Bourgeois Démocratique, parti dissident de l'UDC, a la particularité d'avoir deux conseillers fédéraux sur sept au gouvernement, sans exister juridiquement. Quand ce parti sera réellement constitué, il n'aura pas beaucoup plus d'élus au parlement qu'au conseil fédéral, ce qui est assez croustillant, et on ignore encore combien d'électeurs il pourra bien avoir dans l'avenir, s'il a d'ailleurs un avenir. Paradoxalement, dans le même temps, l'UDC, qui reste le plus grand parti de Suisse, est rejeté dans l'opposition et n'est plus du tout représenté...

C'est donc à son corps défendant que le ministre de la Défense se retrouve sous les projecteurs, dans un bien mauvais rôle, celui qui n'a fait que des mauvais pas au cours de ces derniers mois, mauvais pas que Fabian Muhieddine a la cruauté de répertorier dans Le Matin du 16 juillet 2008 (ici) : les drames de la Jungfrau et de la Kander, six et cinq morts; le financement avorté du livre sur l'ancien chef de l'armée, Christophe Keckeis; le meurtre de la jeune Francesca par un soldat; la polémique sur la garde avec des armes chargées; enfin la nomination du nouveau chef de l'armée, Roland Nef. Dans aucun de ces cas Samuel Schmid n'a montré qu'il était à la hauteur de ses responsabilités et en mesure de surmonter des crises.

Tous les adversaires patentés de l'armée sont bien sûr au rendez-vous pour souligner les défauts de la cuirasse de cette dernière. S'ils chargent le bateau, malheureusement les reproches adressés sont en grande partie justifiés. Seulement le responsable en premier de ces charges contre l'armée en est le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, un certain Samuel Schmid. Aussi bien ne sont-ce plus seulement les adversaires de l'armée mais ceux qui la défendent qui  maintenant montent à l'assaut contre lui.

Dans sa chronique de L'Hebdo (ici) daté du 17 juillet, Charles Poncet, écrit, s'adressant à  Samuel Schmid : "En huit ans, vous avez anéanti l'armée suisse avec une efficience que le Groupement pour une suisse sans armée, n'aurait jamais pu approcher". Comment se fait-il, si les résultats du ministre sont si mauvais, qu'il ait été réélu deux fois à ce poste ? C'est reconnaître implicitement que l'inaction et la lenteur d'exécution sont des vertus aux yeux des parlementaires et des partis...

A contrario Christoph Blocher en avait trop fait et trop rapidement pour être réélu. Ses qualités dérangeaient. Il avait une personnalité trop grande, ce qui, voyez-vous, est rédhibitoire pour faire partie du saint des saints. Les parlementaires, au contraire de Dieu, préfèrent les tièdes et ne veulent pas qu'une tête dépasse et fasse de l'ombre aux autres. A ce point de vue Samuel Schmid était idéal. Les conséquences pour l'armée le sont moins. On le découvre tout d'un coup aujourd'hui, mais un peu tard.

Charles Poncet conclut, toujours à l'adresse de Samuel Schmid : "Il vous reste une solution rédemptrice: partir". Philippe Barraud sur son site Commentaires.com (ici) arrive à la même conclusion, mais il ajoute que Roland Nef doit faire de même, parce qu'il est affaibli et vulnérable. La révélation des harcèlements qu'il a fait subir à son ex-compagne et qui lui ont valu d'être poursuivi pénalement par elle au moment de sa nomination "suffit à jeter un doute sur ses capacités à maîtriser ses émotions et donc, à conduire sereinement une institution rongée par le doute".

C'est le chiffre zéro qui revient sous la plume de ces deux commentateurs. Charles Poncet ironise : "En fait de "risque zéro", Caporetto, juin 1940 ou Pearl Harbor furent moins calamiteux qu'un chef de votre acabit". Philippe Barraud écrit de son côté à propos du ministre de la Défense : "Non seulement il n'est plus crédible, mais il n'a pas de groupe politique derrière lui. Schmid, combien de divisions ? Zéro ! Un chef de l'armée sans troupes, à quoi cela ressemble-t-il ?".

Hier, lors de sa conférence de presse, Samuel Schmid a expliqué qu'il ne savait rien sur les tenants et les aboutissants de l'affaire Nef, qui, selon lui, relevait strictement de la sphère privée. En somme il a répondu : zéro pour la question ! Il semble donc bien que zéro soit devenu le chiffre fétiche, sinon emblématique, de Samuel Schmid. 

Bien que je n'aime pas tirer sur une ambulance, je ne peux que constater une chose : SAMUEL SCHMID est pathétique quand il se cramponne aux mêmes branches pourries que son protégé, Roland Nef. Il est bien devenu LE CONSEILLER FEDERAL ZERO.

Francis Richard
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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 18:30
L'ASIN ( l'Action pour une Suisse indépendante et neutre) (ici) ne soutiendra pas le référendum sur la libre circulation. Le comité central de ce lobby puissant (il compte 47 000 membres) a décidé le 11 juillet par 10 voix contre 7 qu'il ne se lancerait pas dans cette bataille. L'ASIN se montre aussi raisonnable que l'UDC. Elle laisse bien entendu à ses adhérents toute liberté de signer ou non le référendum sur la libre circulation.

Du coup les commentateurs, les politiciens hostiles, les diffamateurs en tout genre, en restent cois. Dans leur imaginaire l'ASIN comme l'UDC, tendance blochérienne, représente la droite dure, voire extrême, sinon pire, et cette position de bon sens et réfléchie ne leur correspond pas. Ils constatent que ni l'une ni l'autre, de l'UDC ou de l'ASIN, ne sont tombées dans le piège anti-démocratique qui leur était tendu. 

Ce n'est pas faute que ces bons apôtres de l'établissement aient pourtant tous agité la muleta pour que l'UDC et, surtout, l'ASIN foncent tête baissée dans ce traquenard, qui ne glorifie pas ceux qui l'ont concocté. Mais ils sont sans vergogne...et l'honneur ils n'en connaissent ni le mot ni le sens. Ils étaient même tellement sûrs de leur coup que le référendum est agendé pour le 8 février 2009. Ils auront l'air fin s'il n'a pas lieu finalement...

Avant même que ce piège ne soit tendu, avec une longueur d'avance, l'ASIN avait lancé une initiative destinée à empêcher que la démocratie directe puisse être détournée à l'avenir comme ce fut le cas cette fois-ci. En effet c'est le 4 mars dernier que le coup d'envoi de son initiative "pour le renforcement des droits populaires dans la politique étrangère" a été publié dans la Feuille fédérale.

Ce renforcement des droits populaires est important pour la démocratie directe, plus important en fait que l'enjeu actuel de la libre circulation. Il est fondamental et consiste en l'ajout d'un alinéa à l'article 140 de la Constitution fédérale qui rend obligatoire le référendum, avec le double vote du peuple et des cantons, quand il s'agit de traités internationaux relatifs à des domaines importants pour la Suisse ou aux conséquences financières importantes pour elle.

Pour les traités internationaux l'article 141 de la Constitution fédérale, alinéa d, ne prévoit que le référendum facultatif et en conséquence le seul vote du peuple. Ce qui est d'ailleurs une conception particulièrement démocratique de mettre hors jeu la souveraineté des cantons et de les baillonner. Le fédéralisme, au sens helvétique du terme, n'est de plus en plus qu'un lointain souvenir.

Au contraire l'initiative de l'ASIN redonne tout son sens au principe de subsidiarité qui ne peut s'appliquer que du bas vers le haut et non l'inverse comme l'Union européenne le pratique diaboliquement, en faisant croire qu'elle le respecte, alors qu'elle s'en soucie comme de colin-tampon. Il suffit de voir comme elle se comporte à l'égard des récalcitrants. 

Que dit en effet le futur article 140 alinéa d de l'initiative de l'ASIN ?

"Sont soumis au vote du peuple et des cantons :
(...)
d. les traités internationaux qui:
1. entraînent une unification multilatérale du droit dans des domaines importants;
2. obligent la Suisse à reprendre de futures dispositions fixant des règles de droit dans des domaines importants;
3. délèguent des compétences juridictionnelles à des institutions étrangères ou internationales dans des domaines importants;
4. entraînent de nouvelles dépenses uniques de plus d'un milliard de francs, ou de nouvelles dépenses récurrentes  de plus de 100 millions de francs"

Ce dernier point 4. est important. Il ne permettra plus que soient automatiquement versés des montants importants au bassinet de l'UE sous le prétexte fallacieux d'une solidarité arbitraire décidée à Bruxelles.  

Cette bataille pour le renforcement des droits populaires est certes une bataille à plus long terme - les signatures peuvent être recueillies jusqu'au 4 septembre 2009 - mais elle revêt une importance beaucoup plus grande que l'enjeu de la libre circulation avec les 27 membres actuels de l'UE. Il ne faut pas oublier que se profilent à l'horizon d'autres adhésions à l'UE moins souhaitables encore que celles de la Bulgarie ou de la Roumanie, telle que celle de la Turquie, pour ne pas la nommer.

Francis Richard 
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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 08:00
Le rapport de Jacques Raymond, ancien juge cantonal, daté du 2 juillet et publié le 8 juillet, sur l'affaire des fichiers pédophiles de la RSR est accablant pour Gérard Tschopp. Un résumé de ce rapport est disponible sur le site de la RSR (ici). Il permettra à l'internaute de prendre connaissance des grandes lignes de l'affaire.

Ce rapport est accablant parce qu'il ne s'agit pas en effet seulement d'erreurs de communication interne et externe comme le dit Gérard Tschopp dans sa réponse, disponible, comme le rapport, sur le site de la RSR et au même endroit. Il s'agit de graves manquements, et même d'infractions à la loi.

Quand, le 18 mai 2005, Gérard Tschopp a eu connaissance des fichiers pornos téléchargés par un cadre de la RSR, il aurait dû dénoncer l'affaire à la justice qui aurait mené son enquête et déterminé si de tels téléchargements étaient volontaires ou non.

Au lieu de quoi il a montré un échantillon réduit des fichiers à trois personnes indépendantes pour se donner bonne conscience et se rassurer qu'aucun d'entre eux n'était de nature pédophile. Après coup il a qualifié ces trois personnes d'experts alors qu'elles n'avaient donné qu'un avis amical et informel. 

La suite de l'histoire devait apporter un démenti cinglant au caractère non pédophile des fichiers téléchargés : le juge Vautier, chargé de l'instruction, commencée le jour même de la révélation publique de l'affaire par 20 Minutes, le 29 février dernier, devait déclarer assez vite (voir Le Matin du 19 mars 2008 ici) qu'il y en avait au moins 13 à caractère pédophile. 

N'ayant pas fait cette dénonciation à la justice, Gérard Tschopp ne pouvait pas prendre de sanctions adaptées à l'encontre du cadre télé-chargeur. Il ne lui a donc donné qu'un avertissement sévère assorti de la prescription d'une thérapie. Cet avertissement n'a pas nui à la carrière de ce dernier puisqu'il a eu augmentations et promotions les trois années suivantes.

Or cette dénonciation faisait partie de son devoir. Il n'avait pas lui-même à déterminer si les téléchargements étaient volontaires ou non. L'article 197 du Code pénal suisse alinéa 3 déclare punissable l'importation de représentations "ayant comme contenu des actes d'ordre sexuel avec des enfants". La peine pouvant être emprisonnement ou amende.

Trois ans plus tard, devant l'impunité du cadre de la RSR et devant ses promotions, Jorge Resende (voir son site ici ), celui par qui le "secret de famille" a été révélé, se confie à un confrère de la RSR. A-t-il rompu la confidentialité à laquelle il est tenu ? Toujours est-il qu'il est licencié pour ce motif le 18 décembre 2007, le 31 mars 2008 étant le terme fixé pour la fin de ses relations de travail. Seulement, à ce moment-là, Jorge Resende est en incapacité de travail pour maladie.

La RSR et donc son directeur, Gérard Tschopp, sont alors en infraction avec l'article 336C du Code des obligations qui interdit la résiliation d'un contrat de travail pendant une incapacité résultant de la maladie durant 180 jours après la sixième année de service, ce qui est le cas de Jorge Resende.

Le rapport recommande de licencier Jorge Resende et le cadre télé-chargeur et d'accorder une période probatoire à Gérard Tschopp, pendant laquelle il devra tirer les leçons de cette affaire. La direction de SRG SSR idée suisse, qui regroupe télévisions et radios publiques, a décidé de suivre ces recommandations.

Gérard Tschopp a de la chance de travailler dans le Service Public. Dans le privé il aurait sauté depuis des semaines. Nonobstant ses 30 années de service.

Francis Richard
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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 21:20

Sur le site des Dissidents de Genève, en qui j'ai pourtant grande confiance, je l'avais lu (ici). Mais je reconnais que, par moments, je suis comme saint Thomas, j'ai besoin de voir pour croire. Ce soir, au téléjournal de 19 heures 30 sur TSR1, j'ai vu et j'ai cru.

J'ai vu Jacques Neirynck, conseiller national PDC, interrogé par Darius Rochebin au sujet d'une motion, qu'il va déposer en septembre au Parlement pour interdire l'eau en bouteille en Suisse. Et je l'ai cru quand il a développé ses arguments.

Il veut interdire l'eau en bouteille, qu'elle soit eau de source ou eau minérale, parce qu'elle coûterait écologiquement parlant et qu'elle représenterait selon lui un gaspillage énergétique. Elle coûterait selon lui l'équivalent de trois litres d'eau et d'un quart de litre de pétrole...

De plus le consommateur, toujours selon lui, serait victime des campagnes marketing qui lui ferait boire de l'eau, dont la formule de base est tout bêtement H2O, mille fois plus chère que l'eau du robinet, et moins bonne qu'elle puisqu'il s'agit dans tous les cas d'eau stagnante.

Il n'y a guère de tels propos auraient relevé du traitement psychiatrique. Aujourd'hui dans la société hygiéniste dans laquelle nous sommes entrés, ces propos sont devenus d'un banal à crever d'ennui. Il y a toujours des gens tels que Jacques Neirynck pour vous interdire ceci ou cela pour votre plus grand bien, sans vous demander votre avis d'ailleurs
. Parce que, lui, il sait et que, vous, vous ne savez pas. 

Personnellement je n'aime pas l'eau du robinet, même celle de Lausanne que l'on prétend si bonne pour la santé et si pure, mais qui, je l'ai constaté à maintes reprises, en observant mon verre à dent, dépose du calcaire et ne me réussit pas du tout sur le plan digestif.

Je n'aime pas l'eau du robinet, mais n'empêche pas ce professeur, tout juste élu en octobre dernier, et sur le déclin de la vie, d'en boire tout à son aise. Ce qui, à le regarder, ne semble pas lui réussir et qui prouve qu'il n'a aucun goût pour les bonnes choses, et que ... ses papilles ne savent pas faire la différence entre telle et telle eau minérale, peut-être stagnante mais bien meilleure au palais que l'eau du robinet.
Je doute donc qu'il s'y connaisse en vins...

Cette mesure délirante, si elle était adoptée, après l'interdiction de fumer dans les lieux soi-disant publics (voir mon article sur Les dissidents de Genève pour la liberté de fumer ), réduirait une fois de plus nos libertés et surtout porterait une nouvelle atteinte à ces petits plaisirs qui font que la vie vaut d'être vécue.

Francis Richard 

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 07:00

Le 5 juillet les délégués de l'UDC, réunis à Brigue en assemblée, se sont donc rangés à l'avis de Christoph Blocher. Ils l'ont fait par 326 voix contre 166 (voir le communiqué de l'UDC (ici)) . C'est-à-dire de manière nette. Ils ont donc choisi la voie de la raison de préférence à celle de l'émotion. En effet, le premier moment de colère passé, à la suite de Christoph Blocher, ils ont compris le piège qui leur était tendu par leurs ennemis. Car il est difficile de parler d'adversaires quand les armes employées contre vous sont celles de la désinformation systématique.

Ce piège Christoph Blocher l'a très bien expliqué dans le service de presse de l'UDC du 23 juin (ici) : "En votant non, on rejette aussi le projet que l'on souhaiterait soutenir; en votant oui, on approuve également le projet dont on ne veut pas. Si le paquet global est rejeté en votation, on ne saura jamais ce que le peuple voulait vraiment; s'il est accepté, on ne saura jamais ce que le peuple ne voulait pas." Le 21 juin déjà j'avais expliqué cette position dans mon article Christoph Blocher ne joue pas le jeu et c'est tant mieux  .

Après avoir reconnu qu'est pertinent l'argument de fond selon lequel "répondre en un seul vote à deux questions différentes" est "une entorse grave à la démocratie", Serge Gumy, dans "24 Heures" du 7 juillet (ici) ne croit pas que cet argument explique le revirement de l'UDC : "Car s'il s'agissait vraiment de défendre les droits populaires, quoi de mieux que d'en faire usage ?". En somme les dés sont pipés mais vous devriez tout de même jouer avec. Serge Gumy prend vraiment ses lecteurs pour des imbéciles.

Serge Gumy imagine donc une autre explication plus conforme à son délire anti-UDC : "Si l'UDC se renie, c'est parce qu'elle se sent prise au piège. Elle rêvait d'une victoire facile sur l'extension à la Roumanie et à la Bulgarie, en surfant sur la peur des Roms. Elle s'est retrouvée à devoir torpiller l'entier de l'accord sur la libre circulation, et peut-être, par effet domino, tous les accords bilatéraux. Le peuple aurait-il suivi ? Sans doute pas. L'économie non plus, dont l'UDC se targue d'être le défenseur. Et voilà les souverainistes contraints d'avouer implicitement que pour la Suisse, l'UE est un partenaire incontournable..."

Le problème de Serge Gumy est que pour lui les positions de l'UDC ne peuvent être qu'utilitaires et dictées par la perspective de victoires, que ce soit lors d'élections fédérales, cantonales ou lors de votations. Si tel était le cas l'UDC chercherait à mettre de l'eau dans son vin et ferait comme les autres partis bourgeois, elle sacrifierait ses convictions sur l'autel des alliances et elle ne serait pas ostracisée par les autres. Or il n'en est rien. Serge Gumy ne peut l'ignorer. Encore une fois il prend ses lecteurs pour des billes.

L'UDC, et Christoph Blocher en premier, se sont toujours prononcés pour la voie bilatérale avec l'Union européenne. C'est même bien pourquoi ils se sont toujours opposés, et s'opposent toujours, à l'adhésion à l'Union européenne. Serge Gumy feint de l'ignorer et de se réjouir que l'UDC soit obligée de reconnaître que l'UE est "un partenaire incontournable". Ce qui est présenté par lui comme un scoop est en réalité une lapalissade. Serge Gumy n'a pas beaucoup de considération pour ses lecteurs.

La conclusion qu'ose Serge Gumy est située à la même hauteur que ses vues, c'est-à-dire basses : "Mal prise, en perte de vitesse dans les sondages, l'UDC tente de s'en sortir par une pirouette pitoyable. Elle se pose en dindon de la farce démocratique. Elle en est plutôt le bouffon."

Petites remarques donc sur cette conclusion :
1) Les sondages ne donnent qu'une indication à un moment donné. Ils sont d'autant plus relatifs quand  des valeurs de pourcentages absolus sont fournies sans préciser les marges d'erreur.
2) Il faut du courage pour reconnaître que l'on s'est trompé. Il faut donc saluer l'UDC qui ne persévère pas dans l'erreur qui aurait consisté à tomber tête la première dans le piège tendu par ses ennemis.
3) L'UDC n'est pas le dindon de la farce anti-démocratique jouée par le parlement puisqu'elle l'a éventée.

Pour parodier Michel Audiard : "Les bouffons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît." Les lecteurs de Serge Gumy comprendront...

Francis Richard

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 07:00
Si je n'aime pas spécialement l'esprit qui préside aux numéros de "L'Hebdo" (ici), je reconnais y trouver souvent matière à réflexion contradictoire. Ainsi l'européisme indécrottable de ses rédacteurs me sugère-t-il involontairement des arguments contraires à cette idéologie ringarde.

Dans le numéro daté du 3 juillet un article est consacré à Jacques de Watteville qui représente la Suisse à Bruxelles depuis le début de l'année. Cet article est illustré par la photo ci-contre représentant le chef de la Mission helvétique sur le balcon de cette dernière, située à quelques encablures du siège du parlement de l'Union européenne (ici), avec le drapeau rouge à croix blanche en  second plan.

Le titre de l'article est trompeur, mais la photo, elle, n'est pas trompeuse. Jacques de Watteville est présenté en effet comme "l'homme qui défend la Suisse à Bruxelles", alors que symboliquement il tourne le dos au drapeau du pays.

Première citation du "défenseur" de la Suisse sur la situation actuelle du pays : "Géographiquement, nous étions en marge de l'UE en 1992 et faisions partie d'une AELE de sept membres. Aujourd'hui nous sommes seuls et enclavés". On ne peut pas dire que le "défenseur" fasse preuve d'une ardeur à toute épreuve et qu'il croie dur comme fer en ses atouts...Je lui conseille la lecture roborative d'Astérix dont le seul petit village tenait tête aux occupants romains !

Deuxième citation du "défenseur" : "Plus l'UE est absorbée par ses problèmes internes, et moins elle est disponible pour les pays tiers". Ce qui, en langage non diplomatique, signifie que le non irlandais c'est pas bon pour la Suisse, alors qu'en fait c'est tout le contraire. L'UE n'est gentille qu'avec ceux qui lui résistent. Il faut voir les risettes qui sont faites aujourd'hui à l'Irlande, dont l'exemple payant est maintenant suivi par la Pologne et la Tchéquie, et demain peut-être par d'autres.

J'en profite pour ouvrir une parenthèse. "On" reproche à ces trois derniers pays de ne pas avoir la reconnaissance du ventre puisqu'ils ont bénéficié d'aides de l'UE et refusent de se coucher devant ses diktats politiques. D'abord je ne suis pas sûr que leur développement soit réellement dû à ces aides. Il est plus vraisemblable qu'il provienne des conditions-cadres libérales qu'ils se sont données. L'ayant bien compris ils ne sont pas prêts d'y renoncer en institutionnalisant toujours plus la bureaucratie bruxelloise qui déferait ce qu'ils ont réussi à faire.

Troisième citation du "défenseur" : "Oui, la voie bilatérale s'apparente plus au sentier de montagne où l'on progresse en cordée plutôt qu'à l'autoroute de plaine". Et alors ? Qui a dit que pour garder son indépendance et se conformer réellement au principe de subsidiarité la vie s'écoulerait comme un long fleuve tranquille ? N'est-ce pas préférable que de passer sous les fourches caudines des dirigeants non élus de la Commission ?

Quatrième citation du "défenseur" à propos du différend fiscal : "Nous n'avons pas d'amis, que des alliés ponctuels à Bruxelles. Chacun défend ses intérêts, c'est normal". Est-ce souhaitable d'avoir des amis quand il s'agit de négocier? Il ne faut pas oublier que l'on n'est jamais trahi que par les siens... A preuve la trahison du parlement suisse qui, pour complaire à l'UE, a piétiné la démocratie directe et s'est privé d'une arme dissuasive - en n'utilisant pas l'extension de la libre circulation à la Bulgarie et à la Roumanie - pour obtenir que l'UE abandonne définitivement son ingérence dans les affaires internes du pays en matière fiscale. 

Cinquième et dernière citation du "défenseur" : "La Suisse garde une bonne image à Bruxelles". Tiens donc ! Et pourquoi cela ? "La contribution de solidarité de 1,25 milliard de francs pour les nouveaux membres de l'UE a créé un réel goodwill en notre faveur". La recette de l'ambassadeur Watteville pour s'attirer les bonnes grâces de l'UE est donc de cracher à son bassinet. L'Union européenne, c'est grand, c'est généreux, c'est magnifique ! J'en suis tout enthousiaste...

En tout cas, avec un "défenseur" pareil, la Suisse est sûre d'une chose, elle devra toujours capituler devant l'UE, et sans combattre, parce que son valeureux "défenseur" courbera toujours l'échine devant celle-ci.

Francis Richard
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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 11:27

Il est un site que j'aime beaucoup et que je vous recommande : Commentaires.com (ici). Vous pouvez y retrouver entre autres les signatures de Pascal Décaillet, de Jean Romain, de Ludovic Monnerat et, bien sûr, de Philippe Barraud. Vous pourrez y respirer un air de liberté que vous ne trouverez nulle part ailleurs dans les média romands, et des commentaires non-conformistes sur l'actualité.

Par exemple, quelques temps après le référendum irlandais, le 17 juin 2008, Philippe Barraud avait épinglé, avec beaucoup de talent, Urs Gfeller, qui, sur la Première, avait montré tout son mépris pour le peuple irlandais. Ce dernier aurait été "mal informé", il n'aurait "pas lu le traité" et ne représenterait après tout que "0,5% de la population de l'Union européenne". Ce qui voulait dire que le peuple était trop c... pour qu'on lui laisse la parole.

Philippe Barraud avait été mis en rage par ces propos. Il avait balayé, d'un revers de main sûre, les arguments des intellectuels qui voudraient réserver la démocratie directe aux petites questions et laisser les grandes entre les mains d'experts et de politiciens. En effet le peuple voterait avec ses tripes, il serait ignare et vulgaire, alors que, pour Philippe Barraud, le peuple aurait au contraire "une vision détachée et critique, dans laquelle entre une grande part d'intuition et de bon sens".

En conclusion Philippe Barraud écrivait que le peuple pouvait bien se tromper et porter des monstres au pouvoir, mais que c'était "bien la grandeur de la démocratie, institution humaine et donc faillible, de laisser au peuple le privilège de choisir son destin, quitte à en payer lourdement le prix si le choix n'était pas bon". Il préférerait "toujours un peuple qui peut se tromper, à des technocrates qui méprisent le peuple".

Pour ma part, dans mon émission du 19 juin 2008, sur Radio-Silence (
ici), j'avais épinglé des propos de Michel Beuret, dans "L'Hebdo" du même jour, qui n'étaient pas sans parenté avec ceux d'Urs Gfeller: "A l'instar du despote, s'il n'est pas "éclairé", le pays sombre. Les peuples européens sont-ils "éclairés" des affaires de l'Union européenne ? A l'évidence pas assez." Je commentais : "Cette excuse selon laquelle les peuples ne sont pas suffisamment éclairés pour décider de leur sort est celle invoquée par toutes les dictatures pour passer outre à leur consentement".

Sur la même longueur d'onde que Philippe Barraud sur nombre de sujets, je ne le suis pas sur au moins deux sujets. Philippe Barraud se fait en effet le chantre d'une écologie contraignante et de l'interdiction de fumer. Sur ces deux sujets, il est rien moins que libéral et cela ne laisse pas de me chagriner. Mais personne n'est parfait...

Certes le peuple de Genève a décidé d'interdire de fumer dans les lieux publics à 80% (voir mon article sur ce sujet : 
Les dissidents de Genève pour la liberté de fumer  ), mais il est une caractéristique de la démocratie helvétique qui tempère le couperet représenté parfois par la loi du nombre, c'est ce qu'on appelle la démocratie de concordance. Dans l'esprit il s'agit de trouver des accords à l'amiable et des compromis avec les minorités. Et les dissidents de Genève ne demandent pas autre chose.

Dans une griffure de son site, Philippe Barraud s'en prend aux deux ténors du barreau de Genève qui veulent continuer à pouvoir fumer : "Regardez-les donc, Bonnant et Warluzel: "Moi, je continuerai à fumer au restaurant, na !". Dérisoires et pathétiques, ces vieux gamins capricieux donnent à penser que non content de tuer la cigarette conduit à l'infantilisme, ou à la démence sénile précoce."

Cette griffure, qui me rappelle les heures bénies où mes soeurs à bout d'arguments utilisaient leurs ongles, donne à penser que Philippe Barraud se soucie des libertés individuelles comme de colin-tampon et qu'il a vite fait de les prendre pour des caprices, ce qui n'est pas de très bon goût, comme dirait certainement Me Bonnant.

Francis Richard 

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 05:50
Christoph Blocher, conseiller fédéral non-réélu, a lancé son appel du 18 juin. Ce jour-là il a exprimé une opinion inédite qui n'a pas laissé de surprendre ses adversaires et même...nombre de ses amis. Il n'est plus d'avis qu'il faut lancer le référendum contre le paquet global de la libre circulation des personnes et, s'il y a référendum, sous-entendu lancé par d'autres, suivez mon regard vers les Démocrates Suisses et la Lega, il recommandera l'abstention.

Comme disait Victor Hugo, seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis (j'aime beaucoup cette phrase qui est une autre façon de dire qu'il faut savoir se remettre en cause). Or Christoph Blocher n'est pas un imbécile. Au lieu de disserter sur les arrière-pensées de Christoph, les commentateurs feraient bien de s'interroger sur les raisons de fond de Blocher. Seulement ils voudraient tant que Christoph Blocher leur resssemblât...

Ainsi D.S. Miéville dans "Le Temps" du 19 juin écrit-il avec gourmandise : "C'est l'industriel, le dirigeant économique qui l'a emporté chez lui sur le politique, interprètent plusieurs membres du parti".

Ainsi Valentine Zubler dans "24 Heures" du 20 juin écrit-elle de son côté avec jubilation : "Pourtant convaincu de la nécessité politique de lancer un référendum à la libre circulation, Christoph Blocher a, au fond, eu peur de l'économie". 

Pascal Décaillet, dans sa chronique matinale de Lausanne FM du 19 juin (ici), approche davantage de la vérité, me semble-t-il : "Sur le refus du référendum, la logique de Blocher, en soi, est claire : il est pour la libre circulation, contre son extension aux Roumains et aux Bulgares, considère comme scélérat le lien établi par le Parlement entre ces deux questions, mais ne veut pas pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain".

Une fois cela dit, l'animateur de "Genève à chaud" ne comprend pas que Christoph Blocher prône l'abstention. Car pour lui "ne pas participer, en politique, c'est pire que perdre". Il conseille même à l'UDC, si elle ne veut pas dire non, de dire... oui, avec les autres, à la libre circulation en cas de référendum.

Après avoir dit que, dans ce cas-là, l'UDC y perdrait en identité oppositionnelle ce qu'elle y gagnerait en crédibilté gouvernementale Pascal Décaillet ajoute : "Tout ce que Christoph Blocher déteste, me direz-vous, et c'est sans doute là le fond du problème. Risquer, pour la sauvegarde d'une stature et d'une posture personnelles, la ruine de l'entreprise dont on est le père et l'auteur, cela s'est vu".

En fait je conviens que lancer le référendum ne va pas de soi. Comme je l'ai écrit ici (Les méthodes européistes adoptées par les parlementaires suisses ) : "L’UDC se prononcera le 5 juillet prochain s’il y a lieu pour elle de lancer le référendum contre cet objet douteux. Si elle le fait, il faudra qu’elle le fasse au nom des libertés, la question de l’extension à la Roumanie et à la Bulgarie étant secondaire. Il s’agira non pas de détruire comme l’insinue fielleusement D.S. Miéville, dans son édito du Temps du 13 juin 2008, mais de montrer que c’est aux peuples d’avoir le dernier mot. L’Union européenne ne comprend que ce langage."

Or, on l'a vu le 1er juin avec le référendum sur la naturalisation, le message de la défense des droits populaires, donc des libertés, n'est pas si facile à faire passer que cela, surtout si l'un des objets est souhaitable et que l'autre ne l'est pas. 

Je crois que c'est mal connaître Christoph Blocher que de penser que ses positions politiques sont motivées par des raisons personnelles. A mon sens (je ne l'ai pas entendu diretement) le raisonnement qu'il tient peut se résumer en une phrase : "Quand les dés sont pipés, il ne faut pas jouer".

Imaginez un seul instant que la participation à un référendum sur la libre circulation, qui est un véritable enjeu national, soit de 20 ou 25%. Quelle gifle donnée à ceux qui ont cru jouer aux plus malins ! L'abstention peut aussi être une arme redoutable et un terrible désaveu. Cela ne s'est jamais fait ? Raison de plus.    

Francis Richard
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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 04:35
Le 24 février dernier le peuple genevois a adopté un objet interdisant de fumer dans les lieux publics. Le score était sans appel puisque 79,2 % des votants l'ont approuvé. Score digne de la défunte Union soviétique.

Sans tarder le Conseil d'Etat genevois adoptait le 3 mars le règlement d'exécution relatif à cette interdiction de fumer. Devant un tel score, évidemment, il y avait urgence à décider qu'il serait applicable... le 1er juillet, juste après l'Euro 2008.

Le motif invoqué pour interdire de fumer dans les lieux publics était la santé tout aussi publique. Il était donc logique que, parmi les rares exceptions à cette interdiction il y ait les "chambres individuelles des hôpitaux, cliniques et autres lieux de soins"...

Ceux qui sont privés de liberté auront au moins une liberté que ceux du dehors n'auront pas. Il sera permis de fumer dans les "cellules des lieux de détention et d'internement". La direction générale de la santé publique, chargée de réprimer les contrevenants, n'étendra donc pas ses contrôles dans les prisons. Leurs clients n'auraient de toute façon pas été solvables, sinon corvéables à merci.

Car les contrevenants seront passibles d'une amende de 100 à 1000 francs et "l'exploitant ou le responsable d'un lieu qui ne fait pas respecter (l'interdiction) s'expose à une amende de 100 à 10000 francs". Ainsi en a décidé le gouvernement genevois. Le fumeur, comme l'automobiliste, peut bien cracher au bassinet des caisses publiques, dont, il est vrai, on ne connaît pas le fond.

Aussitôt les dissidents de Genève, en réponse à cette mesure liberticide, ont créé un site éponyme (ici), Internet étant encore, jusqu'à Dieu sait quand, un havre de liberté. Le 17 juin, sous leur label, ils se sont constitués en asssociation "pour défendre notamment "le respect des libertés" parmi lesquelles le droit de fumer sans gêner ou nuire à autrui".

Sont membres du Comité des "Dissidents de Genève" 15 personnalités genevoises dont un certain nombre d'avocats qui sont bien dans leur rôle de défense des libertés, ce que n'ont pas compris, ou voulu comprendre, un certain ordre d'avocats français que j'évoquais ici l'autre jour (Un conseil de l'ordre d'avocats se déshonore)  .

Les "Dissidents de Genève", avant même de fonder leur association, avaient lancé "une pétition adressée au Conseil d'Etat demandant des "aménagements et exceptions" à l'interdiction de fumer dans les lieux publics à compter du 1er juillet". Cette pétition a déjà recueilli 3400 signatures parmi lesquelles celles de Me Marc Bonnant et Dominique Warluzel, ténors du barreau de Genève.

Je profite de l'occasion pour souligner que la notion de lieux publics me semble bien confuse dans les esprits. En effet par lieux publics on entend aussi bien des lieux réellement publics que des lieux privés. Un bistrot, un restaurant, une boîte de nuit sont ainsi des lieux privés. Certes ils sont fréquentés par du public, ils n'en demeurent pas moins des lieux privés.

Personne n'oblige personne à aller dans un bistrot, un restaurant, une boîte de nuit, enfumés ou non. Personne n'oblige personne à aller travailler dans un de ces établissements, enfumé ou non. C'est d'autant plus vrai que le chômage culmine vertigineusement en Suisse à un peu plus de 2 %, même si Genève  oppose son exception culturelle à cette moyenne helvétique.

A mon sens l'interdiction de fumer dans des lieux privés, fréquentés par du public, viole le droit des propriétaires de ces lieux d'édicter leurs propres règles de bonne conduite que doivent respecter ceux qui les fréquentent. Au train où vont les choses il sera bientôt interdit de fumer dans la rue, lieu réellement public, pour lutter contre ...les gaz à effet de serre.

Francis Richard

PS

Je ne prêche pas pour mon poumon. Je suis non fumeur et pas autrement fier de l'être. Mais je suis choqué devant les atteintes faites aux libertés individuelles. Qu'elles soient consenties et approuvées par une majorité populaire n'y change rien.
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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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