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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 18:12

La semaine dernière les parlementaires suisses ont décidé que la reconduction de l’accord de libre circulation des personnes et son extension à la Roumanie et à la Bulgarie seraient réunis en un seul objet. Le Conseil national a bien bataillé un peu, mais finalement c’est la position du Conseil des Etats qui l’a emporté.

Pascal Décaillet, dans sa chronique du 13 juin (ici), sur Lausanne FM, estime que l’essentiel n’était pas de réunir ces deux accords de libre circulation des personnes en un seul objet ou de les dissocier en deux objets, mais de poursuivre la voie bilatérale : « Petit pays, la Suisse vit de ses échanges. De l’ouverture économique, elle n’a rien à craindre. Maintes fois, par le passé, elle a su affronter, à son avantage, des situations de concurrence ».

Certes. Il n’en demeure pas moins que les parlementaires suisses, par contagion sans doute, adoptent les méthodes anti-démocratiques de l’Union européenne, qui consistent à ne surtout pas donner la parole aux peuples par crainte du désaveu, et quand désaveu il y a à tenter de ne pas en tenir compte.

Finalement le peuple irlandais, qui était le seul à pouvoir s’exprimer sur le Traité de Lisbonne, a justement infligé, au nom de tous les peuples européens, un désaveu cinglant à l’ensemble des parlements européens qui avaient déjà accepté cet ersatz malhonnête de la Constitution européenne, refusée pourtant par les peuples français et néerlandais en 2005. Il a bien compris qu’il s’agissait d’une duperie et que ses libertés étaient en jeu.

L’Union européenne doit savoir que les peuples ont leur mot à dire et que leur assentiment n’est pas automatique. C’est pourquoi, contrairement à ce que pense Pascal Décaillet, il était essentiel de dissocier les deux objets relatifs à la circulation des personnes. Seul le calendrier a rendu possible que la reconduction et l’extension doivent être approuvées au même moment.   

De cette coïncidence de date les parlementaires acquis à l’eurocratie ont profité pour ne pas tenir parole et confondre les objets. Il n’y a que dans les dictatures que l’on demande au peuple de donner une seule réponse à plusieurs questions, même s’il existe un lien entre elles. Quand des démocraties se livrent à de telles manigances et quand la parole est donnée à leurs peuples, ces derniers peuvent encore dire non, par principe.

Hier, les organisations faîtières de l’économie se sont toutes prononcées en faveur de ce paquet à la ficelle trop grosse. Elles ont vite fait de le faire parce qu’elles craignent qu’un refus l’an prochain ne se traduise par une remise en cause de la voie bilatérale choisie par la Suisse. Elles ont tort. L’exemple irlandais a montré que cette crainte est infondée. Il faut voir et entendre les risettes qui sont faites aujourd’hui au peuple irlandais pour l’amadouer, après qu’il a montré les dents et que les tentatives de lui faire peur ont échoué.

L’UDC se prononcera le 5 juillet prochain s’il y a lieu pour elle de lancer le référendum contre cet objet douteux. Si elle le fait, il faudra qu’elle le fasse au nom des libertés, la question de l’extension à la Roumanie et à la Bulgarie étant secondaire. Il s’agira non pas de détruire comme l’insinue fielleusement D.S. Miéville, dans son édito du Temps du 13 juin 2008, mais de montrer que c’est aux peuples d’avoir le dernier mot. L’Union européenne ne comprend que ce langage.

Francis Richard

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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 07:26

Le 12 décembre 2007 Christoph Blocher n’était pas réélu conseiller fédéral. C’était hier. Depuis il semble que, dans le camp bourgeois, les gagnants d’hier soient devenus les perdants d’aujourd’hui. Car quels ont été, en apparence du moins, les grands gagnants, dans le camp bourgeois, de cette journée fatidique du 12 décembre ?

 

Le terne Samuel Schmid, réélu brillamment conseiller fédéral, avec les voix de l’UDC et des autres partis, a eu la chance ce fameux 12 décembre que son élection ait lieu fort opportunément avant celle de Christoph Blocher.

 

L’ambitieuse Eveline Widmer-Schlumpf, a été élue à la place de Christoph Blocher, le même 12 décembre, sans les voix de l’UDC, mais avec les voix du PDC et de la gauche. Son ego était comblé. Une telle place valait bien une trahison.

 

Le sémillant Christophe Darbellay (voir photo ci-dessus), président du PDC suisse, sans le ralliement duquel le succès du complot rose-vert-rouge, visant à la non-réélection de Christoph Blocher, n’aurait pas été possible, a du mal, plus le temps passe, à assumer une telle responsabilité. Dans le film de Hansjürg Zumstein projeté d’abord en Suisse allemande, il s’en vante impudemment. Lors de la projection du même film, au cours de l’émission Infrarouge du 4 mai dernier, sur la télévision suisse romande, il fait profil bas et minimise son rôle pourtant éminent.

 

Qu’est-il advenu de ces heureux gagnants au cours des six mois qui viennent de s’écouler ?

 

Eveline Widmer-Schlumpf a été exclue de son propre parti, dont elle ne défend d’ailleurs aucune des positions phares, bien au contraire. On l’a bien vu notamment lors des votations du 1er juin, ce qui suffirait à soi seul à justifier son exclusion. Elle ne représente plus qu’une poignée de dissidents grisons de son ex-parti, qui aimeraient en créer un autre, sans doute voué à l’échec.

 

Samuel Schmid s’est discrédité un peu plus en se livrant ces derniers temps à une valse-hésitation entre une dissidence bernoise qu’il appelle de ses vœux et un soutien à une ligne politique « bourgeoise » au sein de l’UDC qu’il appelle également de ses vœux. Après avoir été le demi-conseiller fédéral de l’UDC, il s’apprête à l’être d’un nouveau parti bernois, bourgeois et libéral, sans doute voué à l’échec, même s’il s’unit à son épigone grison.

 

Christophe Darbellay est désavoué par son propre parti, ce dans son propre fief. Il ne sera pas l’un des deux candidats PDC au conseil d’état du bas Valais en mars 2009. Les délégués du PDC Valais en ont décidé ainsi le 6 juin dernier lors de leur congrès qui se tenait à Conthey.

 

C’est à se demander si Christoph Blocher ne rend pas nuls ceux qu’il veut perdre.  

 

« L’Hebdo » du 12 juin est d’ailleurs très chagrin de ce qui arrive à Christophe Darbellay. Car ce dernier est son chouchou. Il l’est depuis que l’on connaît le rôle déterminant qu’il a joué – en divisant le camp bourgeois – dans l’éviction de Christoph Blocher du conseil fédéral. Il emploie même des gros mots. Ainsi  parle-t-il de « démocratie confisquée » à propos de l’éviction de son chouchou de la course au conseil d’état valaisan l’année prochaine.

 

Certes cette éviction, comme l’autre, celle de Blocher, s’est faite dans les règles, des règles  librement consenties. Mais l’autre, celle de Blocher, était démocratique et celle-là, celle de Darbellay ne l’est pas. Dans ce dernier cas 2% de l’électorat a refusé son investiture à un candidat médiatique, dans l’autre des parlementaires ont refusé que le courant majoritaire d'un parti obtenant près de 30% d’électeurs soit représenté au gouvernement par un candidat non médiatique. Comprenne qui pourra. La raison journalistique a des raisons que je ne connais pas.

 

Francis Richard

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 07:49

L’ensemble des commentateurs se sont réjouis de la « défaite » électorale subie par l’UDC le 1er juin. Enfin l’UDC en prenait plein la figure et c’était le mot de gifle qui revenait à la une de la plupart des journaux de Suisse romande et qui s’échappait de toutes les lèvres. Un seul journaliste à ma connaissance faisait exception et c’était Pascal Décaillet qui, sur Lausanne FM, relativisait ce qui n’était après tout qu’un revers comme les autres partis en connaissent et donnait rendez-vous en 2011.


Pour cet ensemble de commentateurs, décidément l’opposition ne réussissait pas à l’UDC. Oubliés les derniers succès électoraux dans les cantons, obtenus au détriment des radicaux et des PDC. Oubliés les 36% des suffrages tout de même recueillis par l’initiative « pour des naturalisations démocratiques ». L’UDC enfin amorçait son déclin. Alain Rebetez sur la TSR1 n’avait pas de mots assez cruels à l’égard de Christoph Blocher qui s’était éclipsé et avait refusé de se livrer à la meute de journalistes qui l’attendaient au tournant de l’hôtel Mariott.


Le même Alain Rebetez se réjouissait des scissions annoncées au sein de l’UDC bernoise après l’exclusion de l’UDC grisonne. Il tirait des plans sur la comète. Un nouveau parti allait naître, soi-disant bourgeois et libéral. Il allait être rejoint par tous ceux qui, au sein de l’actuelle UDC, ne se reconnaissent pas dans la ligne blochérienne du parti. Il allait représenter un pôle d’attraction terrible et mettre un frein à l’irrésistible ascension de l’UDC depuis quinze ans.


D’ailleurs Samuel Schmid lui-même sortait du bois. Avec son courage légendaire il quittait le navire au moment où celui-ci allait sombrer. C’était le signe imparable que l’on vivait le commencement de la fin d’une UDC arrogante et triomphante, qui allait maintenant amorcer son reflux dans les urnes. Bref l’ensemble des commentateurs prenaient ses désirs pour des réalités. Pascal Décaillet lui-même hier matin se prenait à rêver à la reconstruction d’une droite qu’il appelle depuis longtemps de ses vœux et qui serait idéalement composée des radicaux, des libéraux, du PDC et du nouveau parti en gestation.


Je ne suis pas sûr que l’exclusion de l’UDC grisonne par l’UDC suisse réponde à une stratégie délibérée. Mais, au contraire de l’ensemble des commentateurs, j’y vois une chance fantastique pour l’UDC. L’ensemble des commentateurs oublient un peu vite que l’exclusion de l’UDC grisonne par le Comité directeur de l’UDC Suisse s’est faite par 84 voix contre 5. Ce qui signifie que la très grande majorité du parti approuve cette décision douloureuse. L’UDC va y gagner en cohérence et pouvoir parler d’une seule voix, ce qui est nécessaire quand on se veut un grand parti d’opposition.


Les apprentis-sorciers du 12 décembre 2007 nous avaient répété que la concordance était respectée puisque l’UDC était représentée par deux membres au Conseil fédéral. Certes ce n’était pas des membres que l’UDC avait choisis, mais ils étaient membres de l’UDC. Tout le monde savait bien pourtant que la concordance obtenue n’était qu’une concordance de façade.


Ladite façade a volé en éclats. Avec l’exclusion d’Eveline Widmer-Schlumpf  pour faits de trahison et la désertion de Samuel Schmid, il n’y a plus de représentant de l’UDC au Conseil fédéral. C’est un véritable cadeau fait à l’UDC qui peut légitimement proclamer que la concordance n’existe plus au Conseil fédéral et que le plus grand parti du pays en a été exclu, contrairement à une tradition non écrite et néanmoins démocratique. En 2011 l’UDC, parée des vertus d’une opposition cohérente, pourra revendiquer deux membres pur jus au Conseil fédéral, alors que deux sièges auront été occupés par deux membres d’un petit parti surreprésenté.


Francis Richard   

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 07:25

Hier donc les trois objets soumis à votation ont été rejetés par le peuple.

 

Très rapidement je reprendrai en substance les propos tenus sur TSR1 par Yvan Perrin, Vice-président de l’UDC, sur le rejet de l’article constitutionnel « Qualité et efficacité économique dans l’assurance-maladie », rebaptisé sobrement et opportunément par ses adversaires article constitutionnel « sur la santé » : « Le peuple ronchonne quand il reçoit les avis de prime d’assurance-maladie, mais il s’en accommode finalement  puisqu’il rejette un moyen sûr de réduire leur montant qui est d’y introduire de la concurrence et de la transparence. En somme il est prêt à payer le prix pour avoir une médecine de qualité ». Dont acte.

 

Il apparaît clairement que les assurés, en particulier les assurés modestes, ont été dupes de la gauche, du réflexe corporatiste des médecins et de la propagande des cantons contre cet objet qui leur enlevait des prérogatives.

 

Pour masquer le fond du débat l’initiative populaire « Pour des naturalisations démocratiques » et l’initiative populaire « Souveraineté du peuple sans propagande » ont toutes deux été rebaptisées pour la circonstance par les média et les opposants à ces initiatives, c’est-à-dire tous les partis, hormis l’UDC. Le but avoué était de les caricaturer pour mieux obtenir leur rejet. Ainsi ces deux initiatives sont-elles devenues l’une l’initiative « Pour des naturalisations par les urnes » et l’autre l’initiative dite « muselière ».

 

Dans le premier cas l’UDC a peut-être trop parlé des conséquences et pas assez du principe. Certes il est vrai qu’en quinze ans le nombre des naturalisés a été multiplié par huit, que le taux de naturalisation par rapport au nombre d’habitants est plus fort en Suisse que dans les autres pays d’Europe, que la moitié d’entre eux est d’origine des Balkans ou de Turquie et que ce sont les originaires de ces dernières régions qui ont le taux de criminalité le plus élevé. Mais le plus grave est que par la grâce du Tribunal fédéral la naturalisation est d’acte politique devenu acte administratif.

 

Le Tribunal fédéral par ses deux décisions du 9 juillet 2003 a commis un abus de pouvoir. Il ne lui appartenait pas de quitter son rôle de juge pour endosser celui de législateur. Il n’a pas respecté la séparation des pouvoirs. Le malheur est que le peuple hier lui a donné raison. En lui donnant raison il a implicitement abandonné une part de sa souveraineté et renoncé à avoir le dernier mot. Il a en outre engagé le processus de changement de qualification des naturalisations qui de politiques seront de plus en plus administratives, donc automatiques.  

 

Cette votation enfin a été l’occasion de confirmer que Madame Eveline Widmer-Schlumpf ne représentait pas l’UDC au Conseil fédéral et que la concordance au Conseil fédéral n’était que de façade. En effet elle a recommandé le rejet d’une initiative lancée par son propre parti et contribué à son échec. Son exclusion de l’UDC décidée le même jour par le Comité directeur par le score sans appel de 84 voix contre 5 n’en paraît que plus justifiée. Remarquons toutefois que les 36% recueillis par l’initiative de l’UDC dépassent largement les 29% qu’elle a recueillis lors des élections fédérales de l’automne dernier.

 

Quant au dernier objet les interventions de Madame Widmer-Schlumpf contre les naturalisations démocratiques sont l’illustration que la séparation des pouvoirs, dont tout le monde se réclame, mais que peu défendent réellement, voudrait que le Conseil fédéral fasse preuve d’une réelle objectivité et se cantonne dans un rôle d’information, laissant aux partis le soin de mener les campagnes de votation.

 

Le rejet de ces deux derniers objets me paraît donc grave parce qu’il touche à la démocratie directe. Il est paradoxal que ce soit le peuple qui ce faisant restreigne lui-même sa souveraineté. Mais en est-il bien conscient ?

 

Francis Richard  

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 07:22

banner-fm.gifQuand je lis les déclarations des uns et des autres sur l’initiative de l’UDC ayant pour objet les naturalisations, je me demande si ces uns et ces autres ont seulement lu la modification de la Constitution qui résulterait de l’adoption de cette initiative.

 

L’alinéa 4 de l’article 38 de la Constitution fédérale est rédigé ainsi dans ladite initiative : « Le corps électoral de chaque commune arrête dans le règlement communal l’organe qui accorde le droit de cité communal. Les décisions de cet organe sur l’octroi du droit de cité communal sont définitives ».

 

Le texte n’est-il pas clair ? Il faut croire que non.

 

Isabelle Moret, conseillère nationale radicale vaudoise, écrit dans « 24 Heures » du 24 mai 2008 : « La naturalisation par les urnes est une procédure totalement à l’aveugle : comment le citoyen peut-il statuer sur l’intégration d’une personne à laquelle il n’a vraisemblablement jamais parlé ? ». Cette phrase laisse à penser qu’automatiquement l’unique application de cet article serait la naturalisation par les urnes, alors que ce n’est qu’une possibilité parmi tant d’autres, et certainement pas la principale. Fort justement le texte de présentation de cette votation par le Conseil fédéral rappelle qu’avant 2003 « moins de 5% des communes naturalisaient par les urnes ». Pourquoi y aurait-il lieu de penser que l’adoption de l’initiative changerait cette proportion ?

 

Alors que les sondages donnent une large majorité à l’initiative UDC – ce qui n’est plus le cas quinze jours plus tard – Alain Jeannet dans son éditorial de « L’Hebdo », daté du 8 mai 2008, perd son calme légendaire : « Un oui enverrait (…) un signal calamiteux à tous ceux qui désirent s’intégrer et s’associer à notre destin commun. Parce que le texte de l’UDC ouvre la porte à l’arbitraire et à tous les dérapages xénophobes. Parce qu’il érige en système le délit de sale gueule ». Là encore Alain Jeannet réduit l’application de l’article modifié à la seule possibilité donnée de procéder aux naturalisations par vote populaire, pour lequel, comme on le voit, il a une tendresse particulière.

 

L’un comme l’autre, Moret comme Jeannet, ont tout faux. L’essentiel, dans l’esprit, et dans la lettre, de l’initiative UDC, n’est pas que les naturalisations se fassent par les urnes, mais que les citoyens d’une commune aient la possibilité de le faire s’ils le décident. Ce qui est très différent et on ne peut plus démocratique, malgré qu’ils en aient.

 

Cette liberté de choix de la procédure de naturalisation par les citoyens d’une commune n’est pas contraire au droit international, ni au fédéralisme, comme le reconnaît Etienne Grisel, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Lausanne, dans un article du « Temps » du 21 mai 2008. Elle résulte du fait que la naturalisation est un acte politique, alors que le Tribunal fédéral en a fait un acte administratif par l’abus de pouvoir que constituent ses décisions du 9 juillet 2003, condamnant un vote populaire et interdisant le déroulement d’un autre.

 

Etienne Grisel, dans le même article du « Temps », regrette que le compromis du Conseil des Etats conciliant vote populaire et recours n’ait pas été adopté par le Conseil national. En fait le recours n’est pas un droit fondamental en la matière, n’en déplaise au digne professeur, à moins de reconnaître que la naturalisation soit elle-même un droit. Si au contraire la naturalisation est un acte politique, alors c’est au peuple d’avoir le dernier mot, quelle que soit la forme que revêt l’expression de ce mot, directe ou indirecte. Quand le résultat d’un référendum ne plaît pas, est-il possible de faire recours ? 

 

Enfin il est regrettable que l’OFS (Office fédéral de la statistique) serve la soupe aux opposants à l’initiative UDC. Au chapitre de la naturalisation il ne prend pour indicateurs que les taux de naturalisation définis par le nombre de naturalisations pour 100 étrangers. Les pays qui ont peu d’étrangers naturalisent fortement et inversement les pays qui naturalisent peu ont beaucoup d’étrangers. La Suisse est dans ce dernier cas. Ce qui laisse croire qu’il n’y a pas de naturalisations massives dans le pays. Dans son argumentaire l’UDC publie un graphique où apparaît le nombre de naturalisations pour 100 000 habitants. La Suisse est largement en tête de tous les pays européens. Or il s’agit bien là du vrai taux de naturalisation d’un pays, négligé par l’OFS qui a choisi le mauvais dénominateur.

 

A Emmen, en 2000, le peuple a mal voté puisqu’il a refusé la naturalisation d’un certain nombre de requérants. Trois ans plus tard, le Tribunal fédéral n’a pas jugé. Il est sorti de son rôle. Il a légiféré en désavouant le peuple d’Emmen et en faisant taire celui de Zürich qui s’apprêtait à s’exprimer sur la question de la naturalisation par les urnes.

 

Le peuple suisse peut avoir le dernier mot le 1er juin prochain. A condition qu’il prenne bien conscience de l’essentiel, sur lequel le monde politico-médiatique se garde bien de lui attirer l’attention, à savoir que c’est lui le souverain.

 

Francis Richard

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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