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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 20:00

Diktat salarial de l'EtatQui doit décider de la politique salariale d'une entreprise? Ses propriétaires ou l'Etat?

 

Telle est la question fondamentale à laquelle les électeurs suisses devront répondre le 24 novembre 2013.

 

Ce jour-là, en effet, ils voteront pour ou contre l'initiative populaire "1:12 - Pour des salaires équitables", lancée par les jeunes socialistes suisses.

 

Si cette initiative est adoptée par le peuple dans un mois, la Constitution fédérale sera modifiée comme suit:

 

Art. 110a Politique salariale

1 Le salaire le plus élevé versé par une entreprise ne peut être plus de douze fois supérieur au salaire le plus bas versé par la même entreprise. Par salaire, on entend la somme des prestations en espèces et en nature (argent et valeur des prestations en nature ou en services) versées en relation avec une activité lucrative.

2 La Confédération légifère dans la mesure nécessaire. Elle règle en particulier:

a. les exceptions, notamment en ce qui concerne le salaire des personnes en formation, des stagiaires et des personnes en emploi protégé;

b. l'application à la location de services et au travail à temps partiel.

 

Qu'est-ce que cela signifie?

 

Cela signifie que l'Etat réglementera la politique salariale des entreprises en leur imposant à toutes, sans considération de leurs différences (de chiffres d'affaires, de secteurs d'activité, d'effectifs etc.), le même rapport de 12 entre le plus haut salaire et le plus bas.

 

Les jeunes socialistes, quand on leur dit que la liberté des propriétaires de fixer les salaires de leurs dirigeants et de leurs employés comme ils l'entendent sera limitée, répondent par une pirouette ici:

 

"L'initiative 1:12 ne fixe aucun salaire, mais elle met en place des limites raisonnables."

 

Admettons que, dans une entreprise, le plus bas salaire soit de CHF 3'200.- par mois et de CHF 41'600.- par an. Le salaire annuel le plus élevé devra donc être de CHF 499'200.-, quel que soit l'effectif de l'entreprise. Ce salaire annuel sera aussi improbable dans une entreprise de 10 salariés que dans une entreprise de 500, 1'000 ou 50'000 salariés, pour des raisons d'ailleurs diamétralement opposées.

 

Le juste salaire d'un dirigeant ne peut pas se calculer en fonction des autres salaires de l'entreprise mais en fonction de ses responsabilités, de ses compétences et qualités. A partir d'un certain niveau, le nombre de dirigeants potentiels se réduit et c'est cette rareté qui en fait le prix, comme dans tous marchés. Dire comme les jeunes socialistes qu'il n'y a pas de marché des managers, c'est tout simplement un déni de réalité.

 

Au fait, pourquoi 1:12 serait-il un ratio induisant des limites raisonnables? Là nous entrons dans l'arbitraire le plus absolu. Certes le nombre 12 est symbolique. C'est le nombre des mois de l'année, des tribus d'Israël, des apôtres du Christ etc. Mais cela ne le rend pas moins arbitraire, ni pour autant raisonnable. Il aurait été aussi arbitraire de choisir 1:7 ou 1:20...

 

Les initiants disent:

 

"L'initiative 1:12 renforce la Suisse."

 

Ils pensent que la limitation des hauts salaires permettrait de renforcer la cohésion sociale. En fait, la cohésion sociale n'existe que dans la mesure où le niveau de vie général est élevé et où le chômage est bas. En comparaison internationale la Suisse est dans le peloton de tête mondial sous ces deux aspects. Pourquoi? Parce qu'elle est parmi les pays les plus libéraux du monde (où tous les salaires sont justement fixés librement) et que toute sa population en profite.

 

Les initiants disent:

 

"Les profiteurs ne profitent pas à la croissance, ils la mettent en danger."

 

Pourquoi "les profiteurs" (c'est en ces termes qu'ils parlent des dirigeants) mettent-ils en danger la croissance?

 

Parce que leurs hauts salaires empêchent d'augmenter les bas salaires. Pourquoi un dirigeant accepterait-il de diriger une entreprise à un salaire moindre que celui qu'il pourrait obtenir ailleurs? Pourquoi ne serait-il pas tenté de sous-traiter les tâches les plus humbles pour que le salaire le plus bas de son entreprise soit le plus élevé possible et lui permette de maintenir son salaire actuel en le multipliant par 12?

 

Les initiants disent:

 

"Les arnaqueurs [c'est en ces termes qu'ils parlent des dirigeants] ne sont pas les meilleurs, mais seulement les plus avides."

 

Comme si eux n'étaient pas avides de se partager leurs hauts salaires...

 

Quand les initiants disent qu'"aucune PME n'est visée par l'initiative", ils montrent par là même qu'ils méconnaissent les salaires des dirigeants de PME... Et quand ils ajoutent qu'elle "ne vise que les salaires astronomiques des top-managers", ils montrent par là même que ce monde-là leur est également inconnu.

 

Les initiants disent:

 

"Il n'y aura aucun changement en ce qui concerne l'AVS. L'ancien chef du Département des assurances sociales le confirme."

 

S'il le confirme...

 

Il serait bien surprenant pourtant que l'initiative, si elle est adoptée, n'ait pas de répercussion sur les recettes fiscales et sur l'AVS, puisqu'il est plus que douteux que la limitation des hauts salaires se traduise par des augmentations des salaires les plus bas... et que des places de travail pourraient bien être supprimées, sans parler de délocalisations d'entreprises sous des cieux devenus dès lors plus cléments.

 

Il faut donc refuser cette initiative. Elle porte atteinte aux droits de propriété puisque la politique salariale des entreprises serait réglementée par l'Etat. Elle porte en germe les effets de ruine, qu'engendre toujours l'envie, ce péché capital qui est la marque de fabrique de tous les socialismes.

 

Francis Richard

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 22:30

Paix du travail MEUWLYLa Suisse - et j'aime ça - ne fait pas tout comme les autres, au grand dam de certains qui voudraient qu'elle se cantonne dans l'uniformité, dont on sait depuis Antoine Houdar de La Motte, qu'un jour elle a tout simplement donné naissance à l'ennui.

 

Il y a 75 ans, alors que la France, exemple pris au hasard, était un pays où toutes négociations entre patronat et syndicats commençaient par des grèves organisées par ces derniers, la Suisse se singularisait en instaurant la Paix du travail. C'est-à-dire l'engagement par les partenaires sociaux de renoncer à l'utilisation de la grève ou du lock-out pour résoudre leurs différends, ou, du moins, de les considérer comme d'ultimes recours.

 

Le 30 octobre 2012, un grand colloque réunissait des représentants des milieux patronaux et des milieux syndicaux pour célébrer cet anniversaire. Ce qui est proprement inimaginable dans un pays comme la France actuelle, exemple toujours pris au hasard, où la lutte des classes est l'objet de fantasmes d'un autre âge.

 

Un livre, qui rassemble les interventions faites lors de ce grand colloque, vient de paraître. Les intervenants y sont des syndicalistes, des représentants du patronat, des universitaires, des politiques.

 

Dans son introduction, Olivier Meuwly, historien, chargé de cours à l'Université de Genève, sous la direction duquel ce livre a été édité, explique le regroupement en trois parties des 18 interventions faites ce jour-là:

 

"La première partie pose clairement les questions qui balisent la thématique qui nous occupe, en cisèlent les contours et en définissent les avantages fondamentaux, mais aussi les questions qui fâchent. La deuxième partie offre un regard plus théorique sur la Paix du travail, dans une perspective historique mais aussi économique: quels sont ses effets sur l'économie suisse? Comment doit-elle être comprise dans un univers économique en mutation.

La troisième partie, enfin s'attaque aux questions les plus brûlantes qui interpellent le partenariat social en ce début du XXIe siècle."

 

Plutôt que de faire une revue de détail des différentes interventions, il semble préférable de relever quelques traits saillants.

 

Personne ne s'étonnera que Renzo Ambrosetti, co-président du syndicat Unia, se plaigne qu'en Suisse les "dispositions de protection collective demeurent lacunaires, en matière de protection contre les lienciements, de réglementation du temps de travail ou encore d'obligation de négociation de plans sociaux. Alors que seuls 50 pour cent des salariés se trouvent actuellement sous régime conventionnel..."

 

Comme si les conventions collectives de travail, CCT, étaient la panacée...

 

Le directeur général du Centre Patronal, Christophe Reymond, en dit beaucoup de bien:

 

"Le principe des conventions collectives part de l'idée qu'un employeur accordera plus facilement à son personnel des améliorations de condition de travail dans la mesure où ses concurrents directs en octroient des semblables"...

 

Comme si les conditions de travail ne pouvaient pas être un élément de négociation individuelle sur des marchés du travail où la concurrence à l'embauche est vive entre employeurs...

 

Christophe Reymond n'exclut d'ailleurs pas le recours à l'Etat:

 

"L'Etat est parfois appelé à intervenir, mais seulement à la demande des parties en cause, pour décider qu'une convention collective aura force obligatoire générale, afin que les dissidents ne profitent pas indûment d'un avantage économique qui fausse la concurrence et finirait par ruiner l'édifice."

 

Avec de telles déclarations collectivistes il n'est pas étonnant que les milieux syndicaux ne trouvent rien à redire aux milieux patronaux avec lesquels ils négocient... Ne sont-ils pas intéressés les uns comme les autres à justifier, donc à pérenniser, leur existence?

 

Ne sont acceptables moralement que les accords privés librement négociés entre les parties, fussent-elles collectives ces parties. Aussi n'y a-t-il aucune raison de les généraliser, donc de les imposer aux parties qui ne sont pas signataires...

 

Des analyses ont été menées par Yves Flückiger, vice-recteur de l'Université de Fribourg, à partir de l'Enquête suisse sur la structure des salaires. Les résultats ne sont pas ceux auxquels il s'attendait:

 

"Il apparaît [...] que la couverture par une CCT est paradoxalement synonyme de salaires plus faibles pour les personnes qui en bénéficient."...

 

A quoi servent-elles alors? Il ressort de cette étude:

 

"Qu'en Suisse les partenaires sociaux négocient l'ensemble des conditions de travail et prennent garde de ne pas voir se développer une frange de la population salariée qui pourrait devenir dépendante de l'aide sociale compte tenu de sa rémunération."

 

Les CCT ne satisfont d'ailleurs pas toujours les syndicats. Sabine von der Weid, secrétaire permanente de l'UAPG, Union des Associations patronales genevoises, s'étonne:

 

"Il est [...] surprenant de constater que les syndicats en appellent de plus en plus à l'intervention de l'Etat. Car les exemples se multiplient. On le voit au niveau fédéral, pour des thèmes tels que le salaire minimum ou les six semaines de vacances, ou dans le cadre des mesures d'accompagnement. On le voit au niveau cantonal, ainsi à Genève, dans le cas de la lutte contre le travail au noir et le dumping salarial. Serait-ce là un aveu de faiblesse de leur part? Une volonté de changer d'orientation? Ou plus simplement une réaction ponctuelle à une situation inhabituelle?"

 

Dans les milieux patronaux, ce qui n'est pas une surprise, on aime la libre économie un poco, ma non troppo. A cet égard l'intervention de Pierre-Michel Vidoudez, secrétaire général de la FVE, Fédération vaudoise des entrepreneurs, est emblématique et caricaturale (involontairement?):

 

"En conclusion, nous vous proposons de considérer trois options: la main invisible, la cravache étatique et le renouveau de la guilde.

Par main invisible, chère à Adam Smith, il faut entendre l'autorégulation du marché: seuls les plus adaptés survivront au chaos. Cela signifie aussi démanteler les institutions sociales paritaires, renoncer à la formation professionnelle et accepter que le travail soit effectué par des gens de passage non ancrés dans l'économie locale.

La cravache étatique, c'est le durcissement des lois, le renforcement des contrôles administratifs et la répression par l'Etat, ce qui n'est guère profitable au commerce en général. De plus, cela génère un surplus administratif coûteux tant pour l'entreprise que pour l'Etat.

Enfin, et c'est peut-être cette voie que les partenaires sociaux doivent soutenir et remettre au goût du jour: le concept de la guilde, soit une association de commerçants ou d'artisans groupés sur une base volontaire pour la défense de leurs intérêts, pratiquant une activité commune et dotée de règles précises en dehors du contrôle de l'Etat."

 

N'est-ce pas un magnifique plaidoyer pro domo, au prix d'inexactitudes "minimes" sur le libéralisme?

 

On se réjouit toutefois qu'il y ait en Suisse aussi peu de grèves...

 

Francis Richard

 

75 ans de la paix du travail, sous la direction d'Olivier Meuwly, 154 pages, Slatkine

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 22:10

Rêves d'enfant ETOILE FILANTECe jour avait lieu à 18 heures le vernissage de l'exposition Rêves d'enfants.

 

La Fondation Etoile filante organise cette exposition jusqu'au 31 août 2013, place de la Palud, à Lausanne, dans le Forum aux voûtes historiques de l'Hôtel de Ville.

 

La Fondation Etoile filante existe depuis tout juste 20 ans cette année.

 

Elle réalise des rêves d'enfants souffrant d'une maladie, d'un handicap ou des séquelles d'un accident:

 

"La réalisation d'un rêve permet à l'enfant et sa famille de faire le plein de force et de courage, et de regagner la confiance en l'avenir."

 

Faire un voeu ETOILE FILANTEElle finance "des projets qui apportent de la joie aux enfants et aux jeunes accueillis dans les hôpitaux, les institutions et les écoles spécialisées".

 

Et elle étudie toutes les demandes:

 

"Que ce soit un camp, une excursion, un spectacle, du matériel, l'intégration d'un enfant dans une activité."

 

Elle offre "aux enfants atteints dans leur santé la possibilité de partager des moments de plaisir et d'évasion au travers de visites variées", grâce à la Carte Etoile filante.

 

Il ne faut pas oublier, comme le rappelle Léon Missile, sur une affiche à l'entrée du Forum, que, lorsque l'on voit une étoile filante, il faut faire un voeu...

 

Stonehenge REVE D'ENFANTLa Fondation Etoile Filante exauce les voeux d'enfants et de jeunes (jusqu'à 18 ans), que la vie malmène...

 

Jusqu'à fin 2012 elle a ainsi:

 

- réalisé 1600 rêves,

- soutenu 420 projets 

- délivré 1700 Cartes Etoile filante aux familles et aux institutions.

 

Grâce à la Fondation Etoile filante, Henri, 12 ans a pu découvrir Londres et le site mégalithique de Stonehenge. Oriana, 12 ans, a pu faire un tour de carrousel sans foule et sans bruit. Emir, 18 ans, a rencontré l'animateur Denis Brogniart. Maxime, 16 ans a conduit une finisseuse de route etc.

 

Marie-José IMSANDUne classe en intégration dans un collège secondaire de Neuchâtel  a créé pour Noël une vitrine de santons et s'est rendue à Aix-en-Provence pour y visiter le marché des santons.

 

Plus de 25 partenaires, à travers la Suisse, ouvrent leurs portes aux titulaires de la Carte Etoile filante: des établissements culturels, tels que des musées, et des établissements de loisirs, tels que des parcs ou des zoos.

 

Pendant l'exposition au Forum de l'Hôtel de Ville de Lausanne, des artistes peintres tels que Marie-José Imsand [photo ci-dessus, devant une grande toile sur laquelle elle dessine et qui sera coloriée par des enfants rêveurs], Gilles-Emmanuel Fiaux, Musto partageront des moments artistiques avec les visiteurs et la jeune Laetitia Fischer dédicacera son premier livre, Le chat qui jouait à cache-cache.

 

Un grand concours de dessins est lancé sur le thème Rêves d'enfants... Les prix seront remis sur place le 31 août 2013 à 11 heures en présence d'artistes peintres locaux.

 

Il faut souligner que toutes les actions de la Fondation Etoile filante sont financées uniquement grâce au soutien de donateurs...

 

Francis Richard

 

Horaires de l'exposition:

 

Lundi: 12h - 18h

Mardi, jeudi, vendredi: 10h - 18h

Mercredi, samedi: 9h - 18h

Fermé le dimanche

Entrée libre

 

Antenne en Suisse romande:

 

Fondation Etoile filante

Anne Zimmermann

Ch. de Montétan 14

Case postale 153

1000 Lausanne 7

Tél.: 021 314 88 15

etoile@etoilefilante.ch

Compte postal: 87-743773-9

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 22:00

Moscovici WidmerSchlumpfLe 11 juillet 2013 la Suisse et la France ont signé une nouvelle convention contre les doubles impositions en matière d'impôts sur les successions.

 

Cette nouvelle convention signée par Eveline Widmer-Schlumpf pour la Suisse et par Pierre Moscovici pour la France fait la part belle au fisc français, de plus en plus à court d'argent frais.

 

En effet cette convention prévoit que, si l'héritier, quelle que soit sa nationalité, réside en France depuis au moins huit ans, il devra s'acquitter de l'impôt sur les successions d'un défunt, qui résidait en Suisse, suivant le régime confiscatoire français en la matière.

 

Certes la conseillère fédérale jure ses grands dieux que le fisc suisse ne sera pas lésé. Et c'est vrai. Sauf qu'il n'y a quasiment plus de cantons en Suisse où existe l'imposition sur les successions en ligne directe. Ou, si elle existe, les taux d'imposition sont dérisoires en comparaison des taux français.

 

Il s'agit donc d'un marché de dupes, qui, s'il ne lèse pas les états cantonaux helvétiques, lèse à coup sûr les héritiers résidant en France d'un Suisse ou d'un Français qui résidait en Suisse.

 

Pour sa défense la conseillère fédérale publie aujourd'hui ici un document où sont répertoriées les neuf erreurs commises par les commentateurs sur la convention qu'elle a signée imprudemment et qui, si elle passe la rampe du parlement, ne passera pas, espérons-le, celle d'un référendum. 

 

Quelles sont ces prétendues erreurs?

 

1) La convention viole la souveraineté fiscale de la Suisse/des cantons: ce n'est pas la bonne question. En réalité, cette convention livre à la rapacité fiscale de la France des personnes physiques qui y échappaient, heureusement, depuis la convention du 31 décembre 1953.

 

2) La convention viole les principes de l'OCDE: oui, justement. Dans le modèle de l'OCDE l'imposition de la succession se fait dans le pays de résidence du défunt et l'imposition des immeubles au lieu de situation. Ce qui était le cas dans la convention de 1953 et ne l'est plus dans celle de 2013.

 

3) La convention va créer un précédent: sur 10 conventions signées par la Suisse avec d'autres pays, 2 (avec les Etats-Unis et avec l'Allemagne) prévoient déjà l'imposition subsidiaire au domicile des héritiers. Est-ce une raison pour persévérer dans cette voie avec un autre grand pays, qui impose, comme de juste et comme les autres, la loi du plus fort qui, selon le fabuliste, est toujours la meilleure?

 

4) La convention crée une grave insécurité juridique et une absence de convention est préférable: autrement dit, mieux vaut à tout prendre céder à la loi du plus fort que de lui résister. Ce n'est pas avec une telle mentalité que la Suisse a su, depuis ses origines, demeurer libre face aux puissants.

 

5) La convention est inique: elle corrigerait des inégalités. En réalité elle aligne les contribuables sur la fiscalité la plus forte, celle de la France. Si la plupart des cantons ont abandonné les droits de successions en ligne directe, c'est bien parce qu'il s'agit d'une imposition inique. Il s'agit en effet de taxer des biens rescapés de multiples taxes, opérées, pendant toute sa vie, sur les revenus et fortunes du défunt.

 

6) Les héritiers de nationalité suisse sont pénalisés en France: il est vrai que la convention ne vise pas spécifiquement la nationalité mais l'héritier qui réside en France. Mais, dans les faits, ce sont bien un grand nombre de Suisses qui sont visés par cette convention, alors qu'ils ne l'étaient pas auparavant, et qui en feront, principalement, les frais, puisqu'ils n'étaient quasiment pas imposés quand ils héritaient d'un parent résidant de l'autre côté de la frontière.

 

7) La convention Suisse-Allemagne sur les successions est plus avantageuse car elle favorise les héritiers de nationalité suisse: tant mieux si elle est plus avantageuse dans un cas au moins, celui des héritiers suisses résidant en Allemagne d'un défunt suisse résidant en Suisse; dommage qu'elle ne le soit pas dans tous les autres cas. Encore une fois, que cette convention Suisse-Allemagne s'aligne dans les autres cas sur la fiscalité allemande, plus élevée, est injustifiable. Il est tout aussi injustifiable que la conseillère fédérale se serve de ce précédent fâcheux pour en justifier un autre, qui est encore pire.

 

8) Le protocole additionnel sur l'entraide administrative combat l'évasion fiscale au détriment des intérêts helvétiques: c'est là où l'on mesure combien les reculades de la Suisse en la matière sont préjudiciables. La conseillère fédérale se réfugie derrière elles pour justifier une nouvelle mesure attentatoire aux droits de propriété individuels.

 

9) La convention contrevient à la stratégie de l'argent propre du Conseil fédéral: cette stratégie malheureuse et immorale, contrairement à son intitulé, a ouvert la porte aux inquisitions fiscales d'un pays qui fait la chasse massive à l'argent, qui est réduit a quia en raison d'une gestion publique calamiteuse depuis des décennies.

 

Comme on le voit, la conseillère fédérale ne répond pas sur le fond. Elle justifie d'avoir cédé au diktat des Français par des arguties et non pas par des arguments.

 

Il serait temps que la Suisse arrête de courber l'échine devant un Etat étranger qui s'est fait une spécialité de voler l'argent des gens, celui de ses ressortissants et celui des autres,  par des impôts toujours plus élevés, sans commune mesure avec les services qu'il rend et, surtout, qu'il devrait rendre.

 

Francis Richard

 

La photo qui illustre cet article provient d'ici.

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 22:55
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Ma première fête nationale en tant que Suisse, je tenais à la passer dans mon nouveau pays, en remerciement d'avoir accepté de me compter parmi ses citoyens.


Pour illustrer cet article, je n'ai pas mis de croix blanche sur fond rouge, ni de croix rouge sur fond blanc, qui rappellent l'une comme l'autre que la Suisse est un pays chrétien.


Le préambule de sa Constitution fédérale commence d'ailleurs par cette proclamation:

 

"Au nom de Dieu Tout-Puissant!"

 

Non, j'ai préféré l'illustrer par une photo du centre de la Suisse, l'Älggialp, d'où le Président actuel de la Confédération, Ueli Maurer, a prononcé son allocution du 1er août 2013, diffusée après le téléjournal, sur RTS1, peu après 20 heures.

 

Si j'ai tenu à devenir suisse, c'est non seulement parce que la Suisse m'a beaucoup apporté, que j'y ai été formé dans une de ses plus prestigieuses écoles, l'EPFL, que j'y suis devenu homme et que j'y ai appris à ouvrir les yeux sur le monde, mais encore parce que j'ai été séduit par son modèle politique, économique et culturel, unique au monde, qui permet à des personnes très différentes de vivre ensemble.

 

Dans l'allocution du Président de la Confédération j'ai retrouvé les valeurs de ce modèle dans lesquelles je me retrouve.

 

Ueli Maurer a d'abord mis l'accent sur un développement préoccupant de la politique internationale:

 

"Nous constatons que la souveraineté des petits Etats est de moins en moins respectée. Certaines organisations internationales et quelques grands Etats recourent de plus en plus souvent à la force plutôt qu'au droit."

 

Cela s'est traduit par des pressions répétées:

 

"Certaines grandes entités veulent nous donner des ordres."

 

Il est d'autant plus important que les Suisses restent unis pour défendre leurs valeurs:

 

"Céder ne résout rien. Plus nous ferons de concessions, plus les prochaines exigences seront fortes."

 

Pourquoi critique-t-on la Suisse? Parce qu'elle fait faux? Non pas:

 

"On nous critique parce nous avons du succès, parce qu'il y a chez nous quelque chose à prendre."

 

Ueli Maurer n'a pas choisi au hasard le centre géographique de la Suisse pour en rappeler les valeurs essentielles:

 

"De même que l'Älggialp constitue le noyau géographique de la Suisse, la Suisse possède un noyau de valeurs et de principes politiques qui ont fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui, un pays dont la qualité de vie et la prospérité sont remarquables."

 

La liberté et l'indépendance font partie de ce noyau:

 

"Nous pouvons être fiers. Nous avons construit un ordre politique libéral qui donne aux citoyennes et aux citoyens des droits particulièrement étendus. Toutes les questions importantes sont tranchées par le peuple. C'est le peuple qui se donne ses propres lois. Voilà encore une caractéristique de la Suisse."

 

La Suisse est un pays à part en raison de sa liberté et de sa prospérité. Elle doit le rester:

 

"Même si la Suisse subissait des pressions, je suis optimiste pour ce qui concerne notre avenir, pour autant toutefois que nous soyons tous d'accord sur un point au moins, que les valeurs de la Suisse ne sont pas négociables, que nous ne renoncerons jamais à notre liberté, ni à notre indépendance."

 

Cet esprit de résistance est mien et me convient.

 

Francis Richard

 

Vidéo de l'allocution du Président de la Confédération, Ueli Maurer, à l'occasion de la fête nationale du 1er août 2013: 

 
 
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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 08:15

Mouvement-pour-la-liberte.pngLe 14 novembre 2012, j'assistais à l'assemblée générale constitutive du Mouvement pour la liberté (MPL) à Lausanne.

 

En dehors de quelques anciens comme moi, il y avait surtout des étudiants, ce qui était vraiment réjouissant.

 

Son but ne pouvait que rallier mes suffrages. L'article 2 des statuts de cette nouvelle association en effet reprend l'article 2 de La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la bonne, celle de 1789:

 

"Le but du MPL est « la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. » (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, article 2)"

 

Sur son site le MPL précise ce but:

 

"Soucieux et inquiet de la tendance à l’érosion des libertés individuelles dans la société helvétique – et dans le monde en général –, le MPL a pour but de promouvoir et défendre l’idée d’une société libre. Il espère sensibiliser les Suisses romands, de tous les milieux, au message de la Liberté et au fait de saisir l’importance qu’il y a à réduire la taille des gouvernements – tant cantonaux que fédéral – ainsi qu’à limiter leurs pouvoirs d’action. Pour accomplir son objectif, il envisage ainsi de tisser des liens avec les think thanks, les experts, les médias, les politiciens et, surtout, avec tout citoyen concerné."

 

Après une assemblée générale tenue le 20 février 2013, sous la présidence de Roberto Fucile, président du MPL, celui-ci prend peu à peu son envol.

 

Il a pris position sur les votations du 3 mars 2013 et, dans un communiqué, a tiré les conclusions qui s'imposaient sur leurs résultats:

 

"Après les votations du 3 mars dernier, nous constatons malheureusement un nouveau recul des libertés individuelles en Suisse. Le Mouvement pour la Liberté est de tout coeur avec les citoyens valaisans qui se sont retrouvés marginalisés par l’acceptation de la LAT par l’ensemble des autres cantons.

Nous nous réjouissons du vote sur la politique familiale et du signal clair donné par la Suisse Alémanique qui ne souhaite pas d’extension de l’Etat-providence. Le résultat romand reste, cependant, inquiétant. Le Mouvement pour la Liberté fera tout ce qui est en son pouvoir pour sensibiliser et informer les citoyens romands sur les problématiques liées à l’augmentation du poids de l’Etat dans la société."

 

Le 1er juin 2013, le MPL faisait une première apparition en public. Comme le rapporte Alphonse Crespo dans son article du 12 juin 2013, en ligne sur le site:

 

"Les inconditionnels de la liberté  réunis récemment sous la bannière du MPL sur la place publique lausannoise offraient volontiers thé, café et petits biscuits aux mendiants de la place. En revanche, les  chantres popistes de la solidarité postés à proximité refusaient de donner toute obole."

 

C'est toute la différence entre la solidarité (contrainte et forcée) et la charité (libre et volontaire)...

 

Depuis fin avril 2013, des articles paraissent sur le site du MPL. :

 

Le nécessaire dépérissement de l'Etat, de Nathanaël Genet, paru le 29 avril 2013

Les dilemmes éthiques du libéralisme: non-agression et moindre mal, de Thierry Falissard, paru le 6 mai 2013

Les dérives autoritaires du féminisme, d'Andrea Lucar, paru le 14 mai 2013

Revenu de base: belle salade de printemps, de Jérémy Berthet, paru le le 21 mai 2013

De l'esprit de consensus et de liberté, de Frédéric Jollien, paru le 28 mai 2013

Mendicité, Insécurité et Liberté, d'Alphonse Crespo, paru le 12 juin 2013

L'illusion régulatrice, de Francis Richard, paru le 20 juin 2013

 

Rien que leurs titres chante un autre air que celui que l'on entend communément, même en Suisse. L'air de la liberté.

 

Alors, si vous êtes des "inconditionnels de la liberté", n'hésitez pas à rejoindre ses rangs. Et, si vous ne l'êtes pas, devenez-le... C'est tout le bien que je vous souhaite.

 

Francis Richard

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 20:00

En-route-vers-les-Diablerets.jpgIl y a deux ans, je suis allé aux Diablerets.

 

Si j'avais aimé le site, j'en avais gardé un souvenir pluvieux et l'esprit chagrin. C'est pourquoi j'avais envie de conjurer le mauvais sort, en dépit de la légende:

 

"Un berger au coeur avare et dur refusa son secours."

 

Le châtiment n'avait pas tardé:

 

"Ces lieux devinrent l'asile des esprits méchants, un vrai carrefour des enfers, point de rendez-vous du sabbat des démons, des damnés et de tous les démons assemblés."

 

Rien que ça!

 

Mais, pour le piètre chrétien que je suis, il en faut tout de même plus pour être découragé. Aussi ai-je répondu présent quand l'Association vaudoise des écrivains (AVE) a annoncé qu'elle organisait une journée de lectures là-haut, à quelque 1'150 m d'altitude.

 

Vallée des OrmontsRien que la perspective de côtoyer des écrivains et de les entendre lire leurs oeuvres me donne, de toute façon, du coeur à l'ouvrage. Car j'éprouve de la gourmandise pour les livres et une grande curiosité pour ceux qui les écrivent...

 

Comme toujours, j'ai été déçu en bien, parce que la présidente de l'AVE, Sabine Dormond, sait très bien organiser ce genre de petit voyage littéraire et parce qu'elle a l'esprit large.

 

Car, non seulement des écrivains vaudois, mais des écrivains fribourgeois et savoyards étaient de la partie et ces derniers représentaient avantageusement la Société fribourgeoise des écrivains et la Société des auteurs savoyards.

 

Dans le petit train qui, depuis Aigle, emporte la quarantaine de voyageurs, un peu avant onze heures du matin, un apéritif - de l'eau, du jus de pomme ou de l'Yvorne blanc -, est servi avec des mini croissants fourrés à la saucisse et des tresses feuilletées, histoire de mettre les passagers de bonne humeur, comme s'il en était besoin par ce beau temps inespéré.

 

Arrivee-a-Vers-l-Eglise.jpgLa première étape est le chef lieu de la commune d'Ormont-Dessus, Vers l'Eglise. Dans le temple de ce village, nous écoutons religieusement les premières lectures.

 

Michel Bavaud est tout ému. Il vient de perdre un ami et ce lieu le lui rappelle parce qu'il y venait en guise de politesse diplomatique rendue à la famille de cet ami protestant, qui préférait aller à l'église catholique de l'auteur.

 

Michel Bavaud lit un texte intitulé Les lettres orphelines, celles envoyées par une jeune femme à son cher et tendre, dont on ne connaît malheureusement pas les réponses. L'auditoire n'en saura pas beaucoup plus; l'auteur le laissera sur sa faim...

 

Temple-de-Vers-l-Eglise-2.jpgFrançois Gachoud lit alors un extrait de son livre Sagesse de la montagne. D'expérience il invite ceux qui tout à l'heure gagneront les Diablerets à pied depuis Vers l'Eglise à se hâter avec lenteur.

 

A la montagne il faut adapter le rythme au temps. Parvenu à un sommet, le marcheur peut en perdre la notion; une heure peut lui sembler un instant et lui donner alors un avant-goût d'éternité...

 

Suit la lecture d'un long poème par Méas Pech Métral, tiré de son livre Cambodge, je me souviens, poème qui raconte les souvenirs douloureux de la petite fille qu'elle était quand les Khmers rouges sont parvenus au pouvoir dans son pays natal.

 

Puis suit celle d'un poème de Chao-Ying, la femme de Gilbert Durand, d'origine chinoise, en hommage à son mari décédé le 7 décembre 2012, qui était un professeur insigne de sociologie et d'anthropologie et pour qui elle vouait une admiration sans bornes, celle d'une disciple à un maître.

 

Domaine-des-sources.jpgAux Diablerets, l'ultime étape est un chalet, dans le domaine des sources. Il a été construit en 24 heures lors d'un téléthon, il y a une dizaine d'années, après quelques préparatifs...

 

Les participants y sont accueillis par Nicole Frisch-Pichard , hôtelière et auteur, et son équipe féminine, qui ont préparé le repas, et par Philippe Grobéty, Syndic de la commune d'Ormont-Dessus, dont dépendent Les Diablerets.

 

Sous les grands parasols les voyageurs, devenus convives, peuvent alors se délecter d'une soupe aux pommes de terre, aux herbes sauvages et au Chatillon, un fromage d'alpage affiné dans le coin.

 

Domaine-des-sources-2.jpgLe repas se poursuit par la dégustation de fines tranches de saucisses, de morceaux de lards et de fromage, accompagnés d'un pain délicieux et du même Yvorne blanc que celui servi dans le train.

 

Ce festin se termine par des desserts qui me font monter l'eau à la bouche, rien que d'y penser: crèmes anglaises et au chocolat, muffins et, surtout, gâteau succulent à la cassonade...

 

Martine Magnaridès nous lit un extrait de son beau livre Il est des lieux, dont un passage est notamment consacré à ces deux fleuves frères que sont le Rhin et le Rhône. Thierry Daniel Coulon nous fait rire avec un texte désopilant sur cet animal mythique des montagnes qu'est le dahu. Roger Moiroud, auteur de romans policiers, lit le début de son petit dernier, Le pendu du jardin vagabond (ce jardin existe vraiment à Aix-les-Bains...), juste pour donner l'envie de connaître la suite. Eveline Maradan lit alors un poème de son cru, plein de sensibilité.

 

Chez-Rose.jpgAprès une pause, les lectures reprennent. Josette Pellet a choisi de nous lire des haïbuns, mélanges savants de haïkus et de prose. L'un d'eux commence par une tirade au vitriol, faite par un marginal, contre des riches, arrogants et prétentieux, et contre lui-même... Zerki Ergas, épris de nature, raconte avec émotion, dans un texte en français - ses livres sont écrits en anglais - le vêlement d'une vache valaisanne, et pas n'importe quelle vache, une reine du Val d'Hérens.   

 

Daniel Fattore, écrivain, poète, journaliste, blogueur, - et blagueur -, organiste de sa paroisse, lit une nouvelle, Quand pleure l'Arvine, tirée de son recueil Le noeud de l'intrigue, où un cep éponyme pleure de tristesse en regrettant ses sarments perdus et pleure de bonheur à la pensée de revivre bientôt et de porter du fruit...

 

Retour-a-Aigle.jpgComme cette nouvelle est courte, il la complète par deux sonnets, l'un sérieux, l'autre pas, sur les chants d'armaillis, ces bergers typiques des alpes fribourgeoises et vaudoises.

 

A l'issue de ces poèmes un tel véritable chant est entonné, spontanément, par quelques commensaux...Ce chant impromptu suscite l'enthousiasme de l'assemblée... et un tonnerre d'applaudissements de sa part.

 

Parmi les chanteurs il y a les deux poètes Eveline et Daniel, qui ont décidément plein de cordes à leur arc.

 

Un peu avant cinq heures de l'après-midi les amoureux de littérature voyageuse se retrouvent dans le wagon Chez Rose pour retourner à Aigle, où les adieux se prolongent. Car il est difficile de se quitter après avoir partagé de tels moments de félicité pour le corps et pour l'esprit...

 

Francis Richard

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 22:45

Echange-automatique.jpgQuand il s'agit de secret bancaire, les opposants à cette protection de la sphère privée parlent de moralité avec des trémolos dans la voix.

 

Ce ne serait pas bien de frauder le fisc de son pays. Ce ne serait pas bien de vouloir s'en évader, même si c'est un enfer fiscal.

A contrario au nom de la raison des Etats, ce serait bien de pouvoir accéder aux données financières et bancaires de tout un chacun et de pouvoir ainsi connaître par le détail tout ce qu'il gagne, tout ce qu'il dépense et tout ce qu'il épargne, si tant est qu'il puisse épargner.

 

Dans le même temps on restreint l'usage des espèces sonnantes et trébuchantes. Au-delà d'un certain montant, certaines transactions en espèces sont ainsi interdites dans la plupart des pays. C'est un moyen supplémentaire de tout contrôler, de tout connaître sur quelqu'un, à commencer par toutes ses habitudes de vie, dans le détail, en l'absence de tout secret bancaire.

 

Dans cette direction totalitaire, il y a deux jours, la Commission européenne a dit souhaiter étendre sa récente Directive de coopération administrative (qui prévoit déjà l'échange automatique d'informations sur les revenus professionnels, les jetons de présence, les pensions, les revenus de bien immobiliers et certains produits d'assurance-vie) aux revenus financiers tels que les dividendes et les plus-values.


Aujourd'hui a été publié le rapport d'experts, dirigé par Aymo Brunetti, professeur de l'Université de Berne, commandité par le Conseil fédéral, sur l'argent propre. Ce rapport, en date du 6 juin 2013, préconise d'accepter que l'échange automatique d'informations relatives aux étrangers devienne la norme internationale et de participer à son élaboration au sein de l'OCDE, prétendument pour s'assurer qu'elle s'appliquera bien à tous les pays.

Pour faire passer cette pilule, le rapport Brunetti fait valoir que la Suisse pourrait obtenir ainsi, en contrepartie, le libre accès de ses banques au marché des autres pays de l'OCDE, à commencer par celui des principaux membres de l'UE, ainsi que le règlement du passé avec ces derniers. Rien n'est moins sûr: est-ce négocier que de devancer les desiderata d'adversaires qui ne vous veulent certainement pas du bien?    

 

Qu'est que cela signifie en définitive?

 

D'abord cela signifie que la Suisse renonce à ses grands principes de protection de la sphère privée. Certes l'échange automatique d'informations ne s'appliquerait qu'aux étrangers. Mais, justement, est-ce bien moral de trahir définitivement la confiance qu'ils ont encore, ou avaient, en notre protection de leur sphère privée?

 

(Il faut dire qu'à gauche et au-delà, un bon étranger, c'est un requérant d'asile ou un clandestin, voire un criminel de droit commun. Un mauvais, c'est celui qui commet le crime de placer son argent chez nous...) 

 

Ensuite cela signifie, d'une manière plus générale, que l'argent n'appartient pas aux personnes qui le gagnent mais aux Etats obèses qui veulent bien leur en laisser un peu, après s'être largement sucrés en prélèvements obligatoires. Charité bien ordonnée commence par celle des Etats, tel est le nouveau précepte.

 

Enfin cela signifie qu'une nouvelle étape sera franchie dans la destruction programmée du secret bancaire helvétique. On ne voit pas, après ça, pourquoi Madame Widmer-Schlumpf, conseillère fédérale des Finances, n'obtiendrait pas, puisque tel est son plus grand désir affiché, que les citoyens helvétiques ne bénéficient pas eux aussi, au nom de l'égalité universelle des droits, de la disparition du secret bancaire qui les protège encore.

 

Il s'agit d'une inversion complète des valeurs. Au lieu que les Etats soient au service des citoyens, ce sont les citoyens qui seront de plus en plus à leur service, et pour le dire plus crûment, à leur botte. Jamais les libertés individuelles n'ont été autant menacées dans nos pays dits démocratiques.

 

Jamais il n'aura été plus nécessaire de signer l'initiative Oui à la protection de la sphère privée!, pour qu'elle aboutisse et qu'elle soit finalement approuvée par le peuple. Car, en faisant de la protection de la sphère privée financière un principe constitutionnel helvétique, la Suisse, par cette exception juridique en faveur de ses citoyens, montrera au monde le chemin de la reconquête de ces libertés individuelles, qui sont menacées par la rapacité des Etats et par leur tentation totalitaire.

 

Francis Richard

 

La photo qui illustre cet article provient d'ici

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:30

Big brother

Dans un communiqué du 30 mai 2013, le Conseil fédéral annonce qu'il met en consultation jusqu'au 30 septembre 2013 un projet d'unification du droit pénal fiscal (en matière d'impôts directs et en matière d'impôts indirects), sous prétexte d'en "éliminer les faiblesses".

 

Aux termes de ce projet concocté par la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, les autorités fiscales cantonales pourraient interroger les banques dans le cadre de procédures pénales fiscales avec la seule "autorisation du chef de l'administration fiscale cantonale concernée".

 

Si un tel projet était adopté, il s'agirait d'une nouvelle atteinte au secret bancaire, mais, cette fois, visant les résidents.

 

Cette disparition programmée du secret bancaire n'est pas du tout dans la mentalité d'ici, hormis dans le petit monde des médias et de la gauche, qui se soucie fort peu des libertés individuelles et qui ne rêve que de faire comme les autres, comme ceux qui, à l'extérieur, échouent toujours et voudraient nous entraîner dans leur débine.

 

Le secret bancaire n'est pas, comme d'aucuns le prétendent, d'abord un avantage concurrentiel pour les banques - bien compromis maintenant vis-à-vis de l'extérieur -, mais avant tout un droit naturel à la protection de l'intimité et de la dignité de leurs clients. A partir de données bancaires - l'usage des espèces étant de plus en plus réduit - il est en effet possible de connaître tous les détails, ou presque, de la vie privée des gens.

 

Il n'y a que dans les dictatures et les régimes totalitaires que les citoyens sont considérés comme des suspects a priori. Dans les sociétés de liberté, les rapports des citoyens entre eux et des citoyens avec l'Etat ne peuvent reposer que sur la confiance. Et, du coup, les citoyens sont honnêtes, dans leur grande majorité. Les citoyens savent également que les autorités seront indulgentes avec eux s'ils commettent des erreurs par inadvertance dans leurs déclarations.

 

En principe les déclarations des revenus et fortune d'une année doivent se faire avant le 31 mars de l'année suivante - du moins est-ce le cas dans le canton de Vaud. Mais, il est possible, sans demande explicite de report, de faire sa déclaration jusqu'au 30 juin suivant, une demande de report au-delà n'étant pas exclue pour autant. Il n'y a pas comme en France le couperet de la majoration des 10% de l'impôt dû en cas de dépassement du délai de dépôt de déclaration, le cachet de la poste faisant foi.

 

L'autre grande différence avec les autres démocraties libérales est la possibilité pour les citoyens suisses de combattre par voie d'initiative une trop grande pression fiscale, ce qui n'existe nulle part ailleurs et de voter avec leurs pieds en déménageant dans des cantons où elle est moindre, s'ils le souhaitent.

 

La concurrence fiscale intercantonale et le frein à l'endettement, comme le nom l'indique, ont ainsi permis d'endiguer les velléités étatistes les plus folles des cantons les plus prodigues, où, comme par hasard, le chômage, très bas par rapport aux autres pays développés, est tout de même parmi les plus élevé du pays. Même si je suis de ceux qui estiment que le périmètre de l'Etat est encore trop grand ici, il reste donc raisonnable en comparaison de tous les pays alentour, à commencer par la France en perdition.

 

C'est cet environnement de confiance que le projet gouvernemental remettrait en question en ouvrant une nouvelle brèche dans la sphère privée.

 

Un comité interpartis a lancé aujourd'hui une initiative Oui à la protection de la sphère privée, pour, contre les incursions de l'Etat, défendre la sphère privée, à laquelle les citoyens suisses sont fermement attachés. Préparée depuis des semaines, cette initiative vient, espérons-le, juste à temps pour éviter l'irréparable dont la ministre Widmer-Schlumpf s'est faite une spécialité urgente.

 

A la co-présidence de ce comité d'initiative on trouve Alfred Heer, UDC, Gabi Huber, PLR, Christian Lüscher, PLR, Thomas Matter, UDC, Fulvio Pelli, PLR, Gerhard Pfister, PDC, et Hans-Ueli Vogt, UDC. Bref, des représentants éminents des trois principaux partis bourgeois du pays.

 

Si cette initiative aboutit d'ici au 4 décembre 2014 et qu'elle recueille la majorité des suffrages exprimés, l'article 13 de la Constitution fédérale, qui traite de la protection de la sphère privée, serait modifié.

 

Il serait précisé notamment que toute personne a droit "à la protection de sa sphère privée financière" et que des données ne pourraient être fournies aux autorités que s'il existe "un soupçon fondé", décidé par un tribunal, qu'une personne a eu, en utilisant "des titres faux, falsifiés ou inexacts quant à leur contenu", "le dessein de tromper l'autorité fiscale" ou qu'elle a "intentionnellement et de manière continue" soustrait "un montant important de l'impôt" ou "a prêté assistance à un tel acte ou incité à le commettre".

 

Dans ces cas, on est évidemment loin de l'erreur commise par inadvertance et pardonnable, et ce ne serait pas l'administration fiscale mais un tribunal qui déciderait de la fourniture de données à la même administration. Car, l'administration fiscale peut-elle être à la fois juge et partie?

 

Comme l'échéance de cette initiative est éloignée, dans dix-huit mois, d'aucuns, dans les médias, se prêtent à rêver que l'échange automatique des données, auquel la Widmer-Schlumpf est favorable, la rendra caduque entre-temps. Il est d'autant plus important, dans ces conditions, qu'elle aboutisse à beaucoup plus brève échéance. En l'occurrence, impossible n'est pas suisse...

 

Francis Richard

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 17:35

Loco vapeurHier,11 mai 2013, en fin d'après-midi, je suis retombé en enfance.

 

J'ai pris un petit train à vapeur pour parcourir en un quart d'heure la distance qui sépare la gare de Blonay du  Chemin de fer-Musée Blonay-Chamby.

 

Cela m'a rappelé le Train Bleu que nous prenions mes parents, mes trois soeurs et moi, dans les années 1960.

 

Nous partions de Paris en soirée et nous arrivions vers neuf heures du matin à Monaco. Rituellement, mon père et moi prenions des oeufs sur le plat au bacon au petit-déjeuner, dans le somptueux wagon-restaurant... Dans les tunnels, il ne fallait pas ouvrir les fenêtres pour ne pas recevoir d'escarbilles... Ici et maintenant, le charbon vient de Russie ou de Chine...

 

Cela m'a rappelé mon train électrique Märklin, dont mon grand-père maternel, installateur électricien de métier, avait câblé les aiguillages et les feux de signalisation sous la planche où il avait fixé les rails, et qu'il avait installée sur la table de ping pong du sous-sol de notre maison d'Auteuil...

 

Wagon salon BerninaMais ce n'est pas pour la nostalgie que je vins hier au musée en question, mais pour écouter les trois séances de lectures organisées par l'Association vaudoise des écrivains, dans un wagon-salon jaune, comme le sous-marin des Beatles.

 

Ces séances n'ont d'ailleurs pas commencé par une lecture mais par un véritable one man show du truculent Luciano Cavallini, qui joue avec les mots comme il danse.

 

Pierrette Kirchner Zufferey lut effectivement un conte de son recueil à paraître, La fée migrante.

 

Serge Heughebaert, en l'absence du regretté Pierre Nicolas, le contrebassiste de Georges Brassens, lut une chanson qu'il avait composée jadis illico à la vue d'une jeune femme en vison assise à côté d'un mineur, dans un wagon de troisième classe d'un train du Nord de la France, dont il est originaire.

 

Jazz bandIsabelle Chabanel, ancienne comédienne et ancienne institutrice, lut un texte de son cru d'une voix mélodieuse, tellement mélodieuse que je me suis laissé bercer par sa musique sans prêter la moindre attention aux mots... 

 

Philippe Lamon, qui vient de publier un roman, lui succéda avec un texte humoristique, paru dans les Récits de voyage 2012 des CFF, sous le titre de La valise bleue, qui ne s'avéra pas le piège que l'on croyait...

 

Tiré de ce même ouvrage collectif, Hélène Dormond lut sa nouvelle désopilante A fond de train, dans laquelle elle montre que le train est un moyen de transport de tout repos...

 

Sabine Dormond, dans sa nouvelle L'aiguilleur déraille, également tirée des Récits de voyage 2012 des CFF - décidément une mine ferroviaire -, nous raconta comment un moment d'égarement d'un aiguilleur surmené peut provoquer une catastrophe.

 

Isabelle Chabanel prêta sa voix à une nouvelle de voyage de Jérôme Plattner, qui rappelle la parabole du fils prodigue.

 

Enfin Olivier Chapuis fit le récit burlesque d'un voyage familial, plein de péripéties, au cours duquel un garçon et sa soeur s'envoient des gracieusetés tout le long du périple.

 

Panorama ChambyPour saluer l'arrivée de chaque train, le Macadam Jazz Band jouait des airs de jazz façon New Orleans, dont Les copains d'abord de Georges Brassens, qui ne laissent pas de me ravir et de trotter dans ma tête.

 

Cette fois, cela m'a rappelé les Haricots Rouges, ce groupe mythique qui se produisait régulièrement à Saint Jean-de-Luz, à l'invite du café-restaurant Le Suisse - cela ne s'invente pas -, sis place Louis XIV.

 

Il me suffit d'évoquer le Roi-Soleil, sans trop songer à certaines ombres de son règne, pour que le soleil, depuis le Panoramique Café, attenant au musée, finisse sous mes yeux en apothéose, au-desssus de mon lac préféré. La véritable nuit des musées de la Riviera put commencer...

 

Francis Richard

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 22:35

Sarasin-4.jpgLe 24 avril 2013, à la Ferme Sarasin, au Grand-Saconnex, dans le canton de Genève, le COSUNAM , Comité Suisse-Vietnam, invitait des personnalités et des journalistes à la projection en avant-première d'un court-métrage et reportage, intitulé Deux pays dans le coeur, réalisé par le journaliste libre Stéphane Palois avec le soutien de la Loterie Romande.

 

Avant la projection de ce court-métrage de 30 mn, un apéritif et un buffet étaient servis. Les mets, vietnamiens, délicieux, étaient accompagnés de vins, blanc et rouge, suivant les convictions ... gustatives.

 

Il est indéniable que le COSUNAM sait recevoir ses invités, créer entre eux une grande convivialité et favoriser les contacts. C'est ainsi que j'ai noué relation avec des représentants de la communauté vietnamienne de Lausanne et de la communauté catholique vietnamienne de Genève.

 

Sarasin-1.jpgUn intermède musical a également précédé la projection du film.

 

Deux jeunes filles, vêtues de costumes traditionnels vietnamiens, tout soyeux, ont interprété, avec des instruments typiquement vietnamiens, des morceaux de musique aux tonalités orientales, d'un grand raffinement, propres à créer dans l'assistance de réelles émotions apéritives au film en français, sous-titré en vietnamien.

 

Parmi les invités il y avait donc des personnalités suisses, fidèles soutiens du COSUNAM, tels que Elisabeth Bohler, maire de la ville du Grand-Saconnex, Pierre Weiss, vice-président du Parti Libéral Radical suisse ou Michel Rossetti, ancien maire de Genève. De nombreux membres éminents de la communauté vietnamienne de Suisse dont MM. Tran H. Kinh, Nguyen G. Tiên, Tran X. Son étaient également présents.

 

Certaines de ces personnalités figurent même dans le film, telles qu'Anne-Marie Von Arx-Vernon, député au Grand Conseil genevois, Rolin Wavre, ex-secrétaire général du Parti Radical genevois, Serge Dal Busco, conseiller administratif de la ville de Bernex ou Jean-Marc Comte, conseiller administratif de la ville du Grand-Saconnex.

 

Car, dans ce film réalisé pour le compte des Vietnamiens de Suisse, sont recueillis les témoignages de ces personnalités sur la communauté vietnamienne de Suisse, environ 15'000 personnes sur les 3 millions d'exilés du Vietnam. Il ressort de tous ces témoignages que les Vietnamiens de Suisse se sont remarquablement intégrés au pays tout en restant très attachés à la culture et aux traditions de leur pays d'origine.

 

Sarasin-2.jpgCe court-métrage montre également des images du Vietnam actuel où se sont rendues ces personnalités. Le pays apparaît animé d'un grand dynamisme, qui s'est traduit par un réel boom économique, stoppé cependant depuis 2007 par la crise internationale. Ce boom économique profite surtout aux membres du parti unique (20% de la population).

 

Sans la carte du parti il est illusoire d'ambitionner une quelconque réussite sociale.

 

De fortes inégalités sont le résultat de ce régime corrompu, qui n'a rien de libéral et tout d'une dictature. Il y a ainsi une concentration de voitures de luxe qui ne se retrouve nulle part ailleurs dans le monde. A côté de cela, la misère n'épargne pas des pans entiers des populations des villes et des campagnes, victimes bien souvent d'atteintes aux droits de propriété. Les expropriations pour construire des complexes touristiques sont monnaie courante sans qu'il n'y ait de dédommagements en rapport avec les préjudices subis.  

 

Sarasin-5.jpgAlors qu'en Suisse la circulation est très prévisible et que le code de la route est très bien observé dans l'ensemble, les images de circulation dans les grandes villes vietnamiennes donnent le tournis.

 

Et le spectateur ne peut que se demander comment il se fait qu'il y ait aussi peu d'accidents dans ce fourmillement de deux roues, qui sont les moyens de transport les plus utilisés, parce qu'à la portée du plus grand nombre.

 

Tous les intervenants du film et tous les intervenants de la soirée, qu'il s'agisse de Luy Nguyen Tang, secrétaire général du COSUNAM, de Pierre Maudet, Conseiller d'Etat, en charge du Département de la sécurité de la République de Genève, ou de Michel Tran Duc, représentant de Viet Tan, le Parti pour la réforme du Vietnam, venu de Paris spécialement, tous avaient le mot d'espoir à la bouche, l'espoir que le Vietnam évolue vers une démocratie pluraliste et le respect effectif des droits individuels par les autorités.

 

Un signe, parmi d'autres, montre que cet espoir n'est pas vain. Une récente pétition qui a recueilli en très peu de temps 115'000 signatures dans le monde, en a recueilli 5'000 au Vietnam même, en dépit du risque encouru là-bas par leurs signataires...

 

Francis Richard

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 13:30

Widmer-Schlumpf MoscoviciFrançois Hollande fait une fixation sur la Suisse.

 

Comme le chien de Pavlov, il salive maintenant à la pensée de faire main basse sur les héritages de Français, voire de ressortissants d'autres pays, décédés et domiciliés en Suisse, dont les héritiers auront la mauvaise idée de rester en France en dépit du fait qu'elle soit devenue un enfer fiscal.

 

Pour ce faire il a fait appel à un de ses missi dominici, le dénommé Pierre Moscovici. Lequel a rencontré, le 21 avril dernier, dame Evelyne Widmer-Schlumpf, Conseillère fédérale de son état, "cheffe" du Département fédéral des finances, pour mettre au point cette captation.

 

Car, comme je l'explique dans un article de ce jour sur lesobservateurs.ch, il s'agit d'une véritable captation d'héritage, à laquelle se prête une ministre helvétique passée orfèvre en matière de trahison.

 

Le Parlement, sinon le peuple, devrait tenir à honneur de ne pas se prêter à cette félonie à l'égard de ressortissants français, voire de ressortissants d'autres pays, qui ont choisi de s'établir dans notre beau pays.

 

Francis

 

La photo qui illustre cet article provient d'ici.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 00:05

Thomas-Minder-le-3.03.2013.jpgLa Suisse est un pays de tricheurs. Ils profitent de ce qui leur plaît dans l'Union européenne, via les accords bilatéraux, et rejettent ce qui leur déplaît. Ils vivent richement, aux dépens des autres.

 

La Suisse est un pays du secret. Des exilés fiscaux s'y réfugient. Des évadés fiscaux s'y planquent. Ils y apportent leur argent gagné ailleurs, lestant la charge fiscale des restants.

 

La Suisse est un pays de banques, dont les coffres-forts regorgent de l'argent sale du monde. Pas étonnant que les Suisses soient riches. Ils vivent largement de la finance anonyme et vagabonde.

 

A aucun moment ceux qui parlent ainsi de la Suisse, ne cherchent plus loin. Ils se satisfont de cette image caricaturale, qui explique si bien pourquoi chez eux rien ne marche. Car c'est la faute à la Suisse! Comme c'était la faute à Voltaire ou à Rousseau...

 

Il faut les faire plier ces Suisses. Il faut leur faire comprendre que leur insolente réussite est terminée. Et qu'ils devront cracher au bassinet, comme tout le monde.

 

Au-delà de cette caricature facile, il y a la réalité.

 

Et la réalité, c'est que les Suisses travaillent pendant que d'autres roupillent (le nombre d'heures à temps plein est un des plus élevés du continent, sinon le plus élevé: 1'914 heures annuelles en 2011).

 

Et la réalité, c'est que le secteur bancaire ne représente que 10,5% du PIB du pays en 2011 (la législation helvétique contre le blanchiment est une des plus sévères au monde) et que la Suisse excelle dans la microtechnique, dans la biotechnologie, dans la chimie, dans la pharma, dans l'alimentaire, dans l'assurance etc.

 

Et la réalité, c'est que la Suisse, comme le reconnaît Christian Saint-Etienne dans France: état d'urgence, a un système scolaire performant, que son régime fiscal (dû à la concurrence fiscale entre cantons) est incitatif, que les universités y coopèrent avec le privé, que son environnement macro-économique est stable, que ses institutions sont transparentes, que ses infrastructures sont de qualité, que son marché du travail est fluide (d'où un taux de chômage de 3,4% en janvier 2013, considéré ici pourtant comme élevé...).

 

Et la réalité, c'est que la Suisse intègre mieux ses étrangers que les autres (22,8% de la population en 2011).

 

Et la réalité, c'est que la Suisse est moins endettée que les autres (35% du PIB en 2011).

 

Mais tout cela ne compte pas... même si la Suisse démontre par là-même, en étant beaucoup plus libérale que les autres pays qui l'entourent, que le libéralisme, indépendamment du fait qu'il respecte les droits naturels, est plus efficace, même quand il est encore tout relatif...

 

Il a suffi que la votation sur l'initiative Thomas Minder "Contre les rémunérations abusives" obtienne 67,9% des suffrages dimanche dernier, pour que l'opprobre jeté sur la Suisse soit miraculeusement levé. Momentanément...

 

Le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a déclaré à propos de cette votation:

 

"Une excellente expérience démocratique où les Suisses montrent la voie et personnellement je pense qu'il faut s'en inspirer"

 

Le secrétaire-général du PS français, Harlem Désir, s'est exclamé:

 

"J'ai envie de dire: "Vive les Suisses!""

 

Le porte-parole de Michel Barnier, commissaire européen aux services financiers, Stefaan De Rynck, a opiné le 4 mars 2013:

 

"Nous prenons acte du vote important qui a eu lieu hier en Suisse"

 

Bref, tous ceux qui se prononcent d'ordinaire contre la libre économie, qui réussit si bien à la Suisse, dans une version relative pourtant, se réjouissent du résultat de cette votation. Cela ne laisse pas d'être inquiétant et devrait faire réfléchir tous ceux qui, guidés par l'envie et le populisme, ont voté pour ces dispositions liberticides.

 

Ce soudain engouement pour la Suisse sera sans lendemain, rassurons-nous. Cette intrusion législative dans le fonctionnement des entreprises pourrait cependant bien être un premier pas vers leur mise sous tutelle, surtout si les actionnaires des 260 sociétés suisses cotées en bourse, dans leur intérêt bien compris, ne décident pas de limiter les rémunérations de leurs managers comme le voudrait tant le monde politico-médiatique, toujours prêt à battre les montagnes alpines.

 

Gageons que l'interdiction des indemnités d'entrées et de sorties sera alors suivie d'autres interdictions, d'autres limitations et que les belles paroles de Thomas Minder, qui veut avoir le triomphe modeste, après avoir semé ses grains de servitude dans cette affaire, ne changeront rien au fait que les grands managers d'envergure seront moins bienvenus en Suisse et que cela lui sera préjudiciable.

 

Alors il faudra faire marche arrière. Ce qui est toujours possible en Suisse par la voie démocratique. Et nulle part ailleurs...

 

Francis Richard

 

La photo de Thomas Minder qui illustre cet article provient d'ici

 

Cet article est reproduit sur lesobservateurs.ch

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

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