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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 20:35

Eveline WidmerLes résultats des élections fédérales - ils devraient ravir Alain Jeannet, le rédacteur en chef de L'Hebdo , qui rêvait de voir l'UDC maigrir - ont donc démenti les sondages préélectoraux, ce qui ne surprend pas la présidente de MIS Trend, Marie-Hélène Miauton, qui, en professionnelle des sondages, confie au Temps de ce jour ici :

 

"Une élection à la proportionnelle dans 26 cantons est très compliquée à anticiper."

 

Elle constate que ces sondages "n'ont rien vu sur trois mouvements de sièges importants de ce dimanche électoral : le recul de l'UDC et la défaite lourde des Verts n'ont pas été anticipés; et le recul des libéraux-radicaux se révèle inférieur à la débâcle annoncée".

Parlons du recul indéniable de l'UDC, Union démocratique du Centre, qui a perdu 3,6% entre 2007 et 2011, 25,3% des voix en 2011 contre 28,9% en 2007. Ce qui montre, entre parenthèses, qu'une campagne à coup d'argent ne préfigure pas les résultats des élections: que n'a-t-on pas dit sur les moyens financiers de l'UDC, en omettant de préciser que c'est finalement peu en considération de tout l'argent dépensé par l'ensemble des médias pour médire d'elle pendant quatre ans.

 

A la TSR le recul de l'UDC, qui a fait une campagne molle cette fois-ci et qui le paie vraisemblablement - la modération ne lui va pas bien au teint - était présenté de la manière formelle, mais fallacieuse, suivante : 62 sièges en 2007 et 55 en 2011, comme si une scission en son sein et la création du PBD, Parti bourgeois démocratique, n'étaient pas intervenues entre-temps, en 2008.

 

En cours de législature 5 conseillers nationaux ont en effet quitté les rangs de l'UDC pour rejoindre le PBD. Il n'y avait donc plus que 57 conseillers nationaux UDC, qui ne sont en définitive plus que 54 maintenant. Le PBD, selon la TSR, était parti de 0 pour atteindre maintenant 9 conseillers nationaux... alors qu'en fait ils étaient passés de 5 à 9, ce qui relativise tout de même un peu leur progression.

 

Marie-Hélène Miauton a raison de dire :

 

"L'affaiblissement de l'UDC traduit la perte de l'électorat modéré de ce parti qui se retrouve dans le PBD issu de la crise interne à l'UDC après l'élection de Mme Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral à la place de Christophe Blocher."[la photo provient d'ici]

 

Globalement la gauche recule autant que la droite. Cela ne se voit pas bien dans le cas du PSS, Parti socialiste suisse, puisque des apparentements lui permettent de gagner 3 sièges tout en reculant de 1,9% des voix, 17,6% des voix en 2011 contre 19,5% en 2007. C'est surtout la lourde défaite des Verts, qui perdent 5 sièges, avec 8% des voix en 2011 contre 9,6% en 2007 - et se retrouvent à 15 sièges -, qui souligne ce recul.

 

Le centre grossi des sièges et des voix perdues à droite et à gauche - environ 3,5% des deux côtés - s'émiette. Les Verts libéraux sont les grands vainqueurs puisqu'ils passent de 3 à 12 sièges et atteignent les 5,2%; ils prouvent que l'écologie n'est pas l'exclusivité de la gauche. On l'a vu le PBD passe de 5 à 9 sièges avec 5,2% des voix, tandis que le PDC, Parti démocrate-chrétien, passe de 31 à 28 sièges - et de 14,7% des voix en 2007 à 13% en 2011 - et le PLR, le Parti libéral radical, de 35 à 30 sièges - et de 15,8% des voix en 2007 à 14,7% en 2011.

En résumé il y a une gauche et une droite amaigries, qui tournent chacune autour de 26% des voix et qui sont relativement cohérentes, et un gros centre droit autour de 39%, complètement émietté, en quatre morceaux.

 

Marie-Hélène Miauton s'en afflige :

 

"Je suis malheureuse de l'émiettement du centre droit. C'est un processus inquiétant pour la future gouvernance de la Suisse. Ce n'est pas sain pour le parlement. Les rapports de force deviennent moins lisibles, plus aléatoires. Cela favorisera la tentation de négocier ses voix de façon non transparente. Ce n'est pas bon pour la démocratie."

 

Cette observation devrait se confirmer lors de l'élection des Conseillers fédéraux le 14 décembre prochain...

 

Francis Richard

 

PS du 27.10.2011 

 

Voici les résultats publiés sur le site de la Confédération : 

 

 

Sigle Parti % des voix Conseillers nationaux
PLR Parti libéral-radical 15.1 30
PDC Parti démocrate-chrétien 12.3 28
PSS Parti socialiste suisse 18.7 46
UDC Union démocratique du centre 26.6 54
PES Verts  8.4 15
PVL Verts libéraux 5.4 12
PBD Parti bourgeois démocratique 5.4 9

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 18:30

pro-jura.chCela commence par des visiteurs de mon blog en provenance d'un site que je ne connais pas : http://www.pro-jura.ch . Par curiosité je me rends sur le site en question.

 

C'est celui de Dominique Baettig, candidat UDC au Conseil national dans le Jura, où 16 candidats se disputent ... les 2 sièges à pourvoir. Une petite enquête m'apprend que le lancement de ce site s'est fait de manière originale.

 

Il y a tout juste une semaine, le 10 octobre 2011, un tout-ménage, prospectus distribué dans toutes les boîtes aux lettres, fait son apparition dans le Jura. En haut de page de ce document que je me suis procuré, République et Canton du Jura, 23 octobre 201, suivi de cette phrase sibylline :

 

"Quand il s'agit de leurs enfants et de l'avenir de leur canton, les Jurassiennes et les Jurassiens votent avec leurs têtes et même pour une "forte tête"."

Le lendemain, 11 octobre 2011, la radio locale RFJ écrit ici :

 

"Le voile de fumée s’est dissipé. Le tract anonyme distribué lundi dans les boîtes aux lettres du canton du Jura a livré mardi matin le nom de son auteur. Il s’agit du conseiller national jurassien UDC Dominique Baettig, soutenu par un comité de citoyens. Le feuillet incite les Jurassiens à se rendre sur le site www.pro-jura.ch. Le président de l'UDC Jura, Romain Schaer, a appris la nouvelle par nos soins. Il estime que "si des gens trouvent des fonds ailleurs pour se faire de la pub personnelle, ça ne dérange pas le parti cantonal, pour autant que ça ne dérape pas.""

 

Pourquoi figuré-je parmi les liens du site ?

 

Si je n'ai rien écrit sur les séquelles de la vaccination contre le virus A(H1N1), ni sur l'agriculture avec du lait payé 20 centimes le kilo, ni sur l'allemand obligatoire à l'école, ni sur les candidats jurassiens au Conseil national, mes articles sur la BNS et sur la démocratie directe m'ont peut-être valu de figurer parmi les liens "informatifs" du site.

 

Comme mon but est de propager un certain nombre d'idées et de valeurs auxquelles je tiens, même si je suis loin de partager toutes les idées du candidat UDC à sa propre succession dans le Jura - notamment en matière de théorie du complot -, je renvoie volontiers l'ascenseur à celui qui me l'a envoyé.

 

Il faut dire que j'aime bien les cavaliers seuls ... et que j'essaie de n'avoir pas de préjugés. C'est ainsi que j'ai découvert que Dominique Baettig n'avait pas chômé durant les quatre ans où il a représenté le Jura à Berne. La liste de ses interventions est impressionnante et certaines ne sont pas dénuées d'intérêt.

 

Cela vaut le détour, sinon l'adhésion. 

 

Francis Richard 

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 08:35

Toni BrunnerDans son éditorial de L'Hebdo du 13 octobre 2011 ici, Alain Jeannet joue implicitement les prophètes à dix jours des élections fédérales :

 

"Contrairement aux élections de 2007, l'UDC ne maîtrise plus l'agenda politique. Ses provocations tombent à plat. Ses héros semblent fatigués. D'aucuns en déduisent l'annonce d'un déclin."

 

Alain Jeannet reste prudent. D'aucuns ? Il pourra toujours dire que ce n'est pas lui qui annonçait ce déclin qu'il souhaite pourtant ardemment.

 

Même s'il ne s'agit que d'un sondage, le dernier de gfs.berne  publié le 12 octobre 2011 ici, [d'où provient la photo de Tonni Brunner, le président de l'UDC suisse] montre que l'UDC serait en légère progression (29.3% contre 28.9%) par rapport aux élections de 2007, en dépit de l'apparition du PBD (3.6% contre 0%), qui résulte d'une scission au sein de l'UDC après l'élection de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf au siège de Christoph Blocher.

 

A propos de Christoph Blocher, Alain Jeannet parle de pleurnicheries. Le chef de l'UDC qui doute de son élection, à Zurich, au Conseil des Etats, se plaindrait dans le SonntagsBlick, le plus fort tirage de la presse dominicale :

 

"Les journalistes auraient décidé de se liguer contre lui, l'UDC subirait une sorte de boycott médiatique."

 

Et d'ajouter : "On se pince".

 

Sous la plume d'Alain Jeannet cela ressemble à une galéjade puisque, dans l'hebdomadaire dont il est le rédacteur en chef, il ne se passe pas de semaine sans que l'UDC ne soit prise pour cible, comme dans les autres médias, à l'exception notoire de la Weltwoche.

 

L'autre semaine faisait également exception. Le conseiller d'Etat Jean-Claude Mermoud, après son décès, a été ménagé. Comme les antisémites ont leur bon juif, les anti-UDC ont leur bon UDC. Mais cette exception confirme la règle de systématiquement s'en prendre à l'UDC, quoique ses représentants disent. Avec eux les nuances ne sont pas de mise.

Alain Jeannet ne sous-estime cependant pas sa meilleure ennemie :

 

"Au fil des années, l'UDC a formé une armée de militants. Plus qu'un parti, c'est un mouvement, qui s'est construit autour de thèmes travaillés à fond. Sur la durée. Contrairement à ses adversaires, il mobilise l'essentiel de son électorat potentiel."

 

Bref, pour l'éditorialiste, "l'UDC reste une redoutable machine de guerre".

 

 Certes une grande partie des résultats de l'UDC sont obtenus grâce à ses militants. Qu'elle bénéficie de fonds importants c'est indéniable, mais cela contrebalance-t-il le dénigrement systématique des commentateurs médiatico-politiques à son égard ?

 

Les succès de l'UDC viennent plutôt de ce qu'elle est à l'écoute des vrais problèmes rencontrés par les citoyens. On peut être pour la libre circulation des personnes et se poser des questions sur l'immigration. On peut être pour la défense de la sphère privée et se poser des questions sur l'insécurité grandissante (dans mon immeuble, à Lausanne, 4 appartements sur 24 ont été cambriolés il y a trois semaines...).

 

Au vu des résultats en Suisse romande il faudra voir, dans huit jours, si L'Hebdo, qui a ici le monopole de fait en tant que news magazine, aura eu une influence, si cette machine de guerre contre l'UDC aura fait autre chose que des ronds dans l'eau du lac Léman.

 

Francis Richard   

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 09:00


Daniel VasellaDans le dernier numéro de Bilan ici daté du 5 octobre 2011, sont publiés les résultats d'un sondage mené en juillet dernier par Demoscope ici auprès de 1009 habitants de la Suisse.

Il ressort de ce sondage qu'une majorité de 58% des personnes interrogées "pense que l'Etat devrait légiférer sur les revenus des dirigeants", contre 34% des personnes qui estiment que c'est une décision libre des actionnaires et 8% sans opinion. 

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à souhaiter cette intervention de l'Etat ; les personnes de plus de 55 ans plus nombreuses que celles de moins de 35 ans ; les personnes à faibles et moyens revenus plus nombreuses que celles à revenus plus élevés ; les personnes les moins éduquées plus nombreuses que les plus éduquées.

Pourquoi l'intervention de l'Etat est-elle souhaitée ? Pour fixer des limites :

 

"L'idée serait [...] de se baser sur une limitation des écarts entre le salaire le plus bas dans l'entreprise concernée et le salaire le plus haut."

 

Ce qui revient à dire que l'on trouve exagéré ces écarts. Autrement dit, on est mû par un sentiment d'inégalité, qui ne repose sur rien d'objectif, qui est purement émotionnel, qui provient de la comparaison entre ses propres revenus et ceux des dirigeants.


L'article de Bilan ne donne pas d'explications sur les motivations des différentes catégories de personnes qui se sont prononcées pour une fixation des limites du salaire des dirigeants par l'Etat. On peut cependant tenter de donner des explications, catégorie par catégorie.

Comme les femmes sont effectivement moins bien payées que les hommes et qu'elles sont moins nombreuses à occuper des postes de dirigeants, il n'est pas surprenant qu'elles soient en majorité favorables à l'intervention de l'Etat.

Les personnes âgées de plus de 55 ans ont bien souvent atteint le maximum des revenus qu'elles pouvaient espérer, ce qui n'est évidemment pas le cas des plus jeunes qui ont encore toute leur carrière devant eux.

Pour les personnes à faibles et moyens revenus les écarts sont encore plus criants que pour les personnes aux revenus les élevés. Bien souvent le niveau du revenu va de pair avec l'éducation. Aussi n'est-il pas non plus surprenant que les personnes les moins éduquées ressentent davantage ces écarts.

Pourquoi cette comparaison est-elle faite ? C'est l'envie, à l'origine de toutes les politiques d'intervention de l'Etat pour réduire arbitrairement les inégalités qui en est le moteur. L'envie est évidemment habillée des vêtements honorables de la justice sociale, sinon comment justifier cette intrusion de l'Etat dans les affaires privées ?

De quoi parle-t-on en matière de salaire des dirigeants ? Ce sont surtout les salaires des hauts dirigeants qui suscitent la réprobation, au vu de leurs résultats.

Le montant total des rémunérations des conseils d'administration et de la direction générale de 49 sociétés, toutes comprises dans le SMI,  Swiss Market Index, et le SMIM, son indice complémentaire, s'élèverait à 1,27 milliards de francs, selon Ethos ici [voir l'article du Temps du 3 juillet 2011 de Mathilde Farine ici] , qui s'indigne de leur hausse entre 2009 et 2010 :

"En moyenne et quel que soit le secteur, un membre de la direction générale a reçu près de 3 millions de francs (+19%), le président du conseil d’administration 1,9 million (–5%), et un administrateur 300 000 francs (+6%)."

Est-ce exagéré ? Si l'on compare ces revenus avec les revenus des personnes les moins rémunérées de ces entreprises, certainement. Mais c'est purement subjectif. Comparaison n'est pas raison.

 

Il y a en effet un marché des hauts dirigeants et il ne semble pas que les hauts dirigeants suisses soient payés davantage que leurs confrères des pays les plus riches. Par ailleurs ne serait-il pas plus juste par exemple de comparer ces rémunérations à l'effectif des entreprises en question ? Ou à leurs chiffres d'affaires ?

C'est pourquoi la définition des écarts entre les plus hauts revenus et les plus bas d'une entreprise donnée ne peut être qu'arbitraire. Les écarts devraient-ils être de 1 à 12 comme le proposent les Jeunes socialistes suisses ici ? Mais pourquoi pas de 1 à 7 ou de 1 à 20...

 

L'Etat fait déjà beaucoup trop de choses. La plupart du temps il les fait moins bien que ceux qui sont directement intéressés et il ne s'occupe pas bien de la sécurité intérieure et extérieure qui devraient être ses principaux soucis.

On ne voit donc pas pourquoi il devrait se mêler des revenus des hauts dirigeants qui est affaire privée et qui ne peut être résolue que contractuellement, au cas par cas.

Francis Richard


La photo de Daniel Vasella, patron de Novartis, qui illustre cet article provient d'ici.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 21:30

Mesures-31-aout-Conseil-federal.jpgAprès un mois d'août 2011, au cours duquel la Banque nationale suisse, BNS, aura injecté 200 milliards de liquidités, le mois de septembre 2011 n'aura pas été moins funeste pour l'économie helvétique.

 

Le 6 septembre 2011 la BNS décide de maintenir l'euro à un cours plancher de 1.20 franc suisse ici, c'est-à-dire de lier le sort du franc suisse à celui de l'euro.

Le 30 septembre 2011, c'est-à-dire demain, seront enterinées définitivement par le Parlement les mesures présentées par le Conseil fédéral le 31 août 2011 ici [la photo de cette conférence de presse provient d'ici].

Dans peu de temps on connaîtra le coût réel de cet interventionnisme étatique dans l'économie et on pourra regretter l'occasion manquée que procurait un franc fort. C'était en effet une véritable opportunité pour les entreprises suisses de marquer des points par rapport à leurs concurrentes européennes, que les autorités helvétiques n'auront pas saisie, dans tous les sens du terme.

 

Bientôt nous aurons une idée de ce qu'aura coûté l'achat d'euros par la BNS pour maintenir le franc suisse à un cours plancher arbitraire. Il suffira de jeter un coup d'oeil sur le montant des placements de devises de la BNS au 30 septembre 2011. On ne le saura vraisemblablement qu'une fois passées les élections fédérales du 23 octobre prochain, dans un mois... A fin août 2011 ces placements représentaient 253 milliards de francs, contre 197 milliards à fin juin 2011...

La plus grande part du plan contre le franc fort, qui sera adopté demain, et applicable dès le lendemain, s'élève à 500 millions de francs et est destinée à permettre l'indemnisation d'éventuelles réductions d'horaires de travail. Cela veut dire que, si cette éventualité se présente, on sera prêt à colmater les brèches. C'est aussi admettre que l'économie suisse est sur la défensive...

 

N'aurait-il pas mieux valu rendre les entreprises suisses plus compétitives en abaissant leurs coûts, par exemple en abaissant l'impôt sur les sociétés comme le suggérait Victoria Curzon-Price dans un article du Temps du 14 septembre 2011 ici ? Ce qui n'enlève pas la contrainte bénéfique pour les entreprises d'améliorer encore leur productivité par l'innovation et la créativité. 

Les autres mesures qui seront adoptées définitivement demain - 212,5 millions pour la technologie et la recherche, 100 millions pour l'hôtellerie, 46,5 millions pour les transports, 10 millions pour les exportations de produits agricoles transformés - sont toutes des mesures sectorielles qui favoriseront automatiquement certaines entreprises en mauvaise posture aux dépens de celles qui se portent bien.

 

Comme le soulignait Victoria Curzon-Price dans l'article cité plus haut :

 

"Il n’y a rien de plus détestable en politique économique que d’imaginer des mesures qui font de la discrimination, en l’occurrence entre les secteurs exposés à la concurrence internationale et les secteurs «intérieurs». Non seulement ce genre de distinction est contraire à l’esprit du droit – il est injuste – mais il n’a aucun fondement économique. Tout étant lié à tout dans l’économie, ces distinctions n’ont aucun sens."

Cet interventionnisme donne donc l'impression d'être une réponse précipitée plutôt que réfléchie à la situation. Il faut dire que dans un peu plus de trois semaines ont lieu les élections fédérales ... et que le gouvernement, de même que les parlementaires, doivent montrer justement qu'ils ne sont pas restés les bras croisés devant cette situation. Ceci explique cela...

 

Francis Richard 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:45

agefi 2011-09-22 jeu 01Le Conseil des Etats vient de se rebiffer. Hier, par 29 voix contre 7, il n'a pas accepté les explications du Conseil fédéral relatives au nouvel accord de double imposition avec les Etats-Unis et l'a renvoyé devant la Commission préparatoire ici. La discussion sur les ajustements de cette convention a été reportée à la fin de l'année quand des éclaircissements satisfaisants auront été apportés à la Commission.

Notamment les sénateurs ont tiqué sur le fait que, comme le rapporte l'ATS, l'Agence télégraphique suisse ici :

"Les Etats-Unis ne seront pas obligés de fournir des données personnelles ou des numéros bancaires. Il leur suffira d'invoquer un comportement fautif induit par un établissement financier."

 Ils n'ont pas été rassurés par le fait que " la pêche aux renseignements ("fishing expedition") restera exclue", ni par le fait que "les autorités fiscales américaines devront justifier les raisons pour lesquelles elles ont besoin des renseignements demandés et livrer une description détaillée du comportement mis en cause."

Dans l'éditorial de L'AGEFI de ce jour, intitulé Le secret bancaire helvéto-décentré ici, Pierre Bessard souligne que ce report "et l'adoption d'une motion visant à ce que la Suisse puisse "lutter à armes égales" dans le domaine de la confidentialité bancaire suggèrent un certain aplomb face au trend dominant d'accorder des concessions d'abord, et de discuter ensuite".

Cependant, face aux autorités américaines, Pierre Bessard n'attend pas de "geste héroïque du Conseil fédéral au nom du respect de la sphère privée", mais il rappelle fort opportunément que "le secret bancaire est destiné à protéger le citoyen contre les excès de son gouvernement également" :

"La question d'avoir quelque chose à cacher ou non est hors de propos : la sphère privée n'est pas un alibi, mais le moyen tout à fait honorable et indispensable de délimiter son individualité par rapport à l'espace public. Cela vaut pour sa fortune ou ses revenus légitimement acquis."

Il ne faut donc pas "voir dans la croisade fiscale actuelle une guerre commerciale", mais une guerre menée "contre les ressortissants des pays respectifs".

 

Dans le cas particulier des Etats-Unis, dont les ressortissants sont assujettis fiscalement quel que soit leur lieu de résidence, le Foreign Account Tax Compliance Act n'est pas dirigé contre les banques mais contre les nombreux citoyens américains expatriés qui ne font pas de déclaration.

Il n'est pas surprenant dans ces conditions que, rien qu'en Suisse, 2'000 personnes veuillent renoncer à leur citoyenneté américaine.

Pierre Bessard conclut :

 

"Face à ce qu'il faut bien appeler l'esclavage fiscal, le secret bancaire prend des allures d'institution humanitaire. C'est à ce titre qu'il aurait dû être défendu."

C'est un droit de l'homme qui trouve, hélas, peu de défenseurs ...

Francis Richard

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 12:00

Euro contre franc mi aout mi sept 2011Depuis que la BNS, Banque Nationale Suisse, a décidé le 6 septembre 2011 ici que l'euro ne descendrait pas en-dessous du cours d'un euro pour 1.20 franc, le cours de l'euro a oscillé entre 1,20 franc et 1,21 franc.

Comme le montre la représentation graphique ci-contre, qui provient d'ici, on voit très bien le palier qui a suivi cette décision après une forte chute de l'euro les jours précédents.  

Cela signifie que onze jours plus tard le franc reste une valeur refuge sinon l'euro aurait repris davantage de couleurs par rapport au franc suisse et n'oscillerait pas juste au-dessus de ce cours plancher. Cela signifie aussi que la BNS continue à acheter beaucoup d'euros pour maintenir la monnaie européenne au cours plancher décidé arbitrairement par elle. Dans ces conditions on peut se demander qui fera les frais des pertes probables de la politique de la BNS.

Il faut savoir qu'au 31 décembre 2010, sur les 100'000 actions qui composent le capital de 25 millions de francs de la BNS, 32'764 étaient détenues par 2'236 actionnaires particuliers, 53'212 par 77 actionnaires de droit public, dont 38'981 par les 26 cantons, 13'673 par les 24 banques cantonales et 558 par 27 collectivités publiques et établissements de droit public ici.

Il est intéressant de noter au passage que les plus gros actionnaires parmi les cantons sont les cantons de Berne avec 6'630 actions, de Zurich avec 5'200 actions, de Vaud avec 3'401 actions et de St Gall avec 3'002 actions.

 

Il faut savoir également que, si la Confédération ne possède pas d'actions de la BNS, elle la contrôle tout de même puisque la nomination de six membres du Conseil de banque sur onze revient au Conseil fédéral, dont le président et le vice-président, et que le même Conseil fédéral nomme les trois membres de la Direction générale de la banque centrale helvétique.

 

L'indépendance de la BNS est donc toute relative. Elle l'est d'autant moins qu'elle a conclu le 14 mars 2008 une convention ici avec le Conseil fédéral par laquelle elle s'engage à distribuer à l'Etat 2,5 milliards de francs de 2008 à 2017, deux tiers de cette somme revenant aux Cantons et un tiers à la Confédération.

En 2009 la BNS avait réalisé un bénéfice de 9,955 milliards de francs et avait donc distribué les 2,5 milliards de francs convenus en 2008 auquels s'ajoutaient 1,5 million de dividendes versés aux actionnaires, soit un rendement de 6% par action. 

En 2010 elle enregistrait une perte de 20,807 milliards - le résultat des positions en monnaies étrangères était même une perte de 26,492 milliards - et était obligée de puiser dans ses réserves pour distribuer les 2,5 milliards prévue par la convention de 2008 et pour verser 1,5 million de dividendes aux actionnaires.  

Au premier semestre 2011, la BNS a enregistré une nouvelle perte de 10,8 milliards ici . Or, compte tenu de la décision prise le 6 septembre dernier, il est probable que les pertes de 2011 seront encore plus élevées. On peut donc légitimement, au vu du bilan ici, se demander si la convention de 2008 ne devra pas être révisée prématurément et si des dividendes devront être versés.

Qui fera donc les frais des pertes probables de la BNS en 2011 ? Les actionnaires qui ne toucheront pas de dividendes, mais ce n'est pas le plus gros des distributions de bénéfices. En revanche les 2,5 milliards sur lesquels comptent la Confédération et les Cantons, risquent fort de ne pas pouvoir être versés.

Ces manques à gagner pour l'Etat seront-ils compensé par des baisses de dépenses publiques ? Poser la question c'est y répondre. Cela signifie que les personnes imposables seront mises à contribution...

Francis Richard

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 15:20
Crédit Suisse évasion fiscaleSuite à la gestion calamiteuse des finances publiques par l'administration Obama et prédécesseurs, on sait que les Etats-Unis sont aux abois, que l'argent manque, qu'il faut le faire rentrer coûte que coûte.

On sait aussi que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Alors sus aux évadés de l'enfer fiscal américain ! 
 
Après l'UBS l'an passé ici, d'autres banques suisses seraient dans le collimateur du fisc américain pour faire rendre gorge aux citoyens américains qui ont déposé des fonds chez elles.

C'est du moins ce que l'on apprenait samedi par une dépêche ici [d'où provient la photo] de l'ATS, l' Agence Télégraphique Suisse, reprenant une information du TagesAnzeiger :

"Dans un courrier confidentiel adressé à dix banques suisses, les autorités helvétiques ont affirmé que la requête des Etats-Unis pourrait "aboutir en partie", mais que la transmission des données devrait être faite par les banques elles-même, et non par le gouvernement, affirme le TagesAnzeiger. Cette lettre précise que les données bancaires transmises ne pourront être antérieures au 30 septembre 2009.
 
Avant cette date, les informations ne seront fournies qu’en cas de "violation de la législation américaine ou fraude fiscale avérée", selon le journal."

La dépêche ATS précise pourtant :

"Les autorités américaines exigent la communication des données bancaires de la clientèle privée et des fondations américaines ayant déposé au moins 50.000 dollars (35.300 euros) en Suisse entre 2002 et juillet 2010, selon le journal."

Selon les autorités helvétiques, la cible serait donc très étroite et bien différente des desiderata américains : d'octobre 2009 à juillet 2010. Invraisemblable !

Les autorités américaines, à moins de leur résister, ce qui reste à démontrer - le passé ne plaide pas en faveur des autorités helvétiques -, obtiendront ce qu'elles veulent.

Parmi les banques visées la dépêche cite en premier le Credit Suisse, à qui un ultimatum a été donné qui expire demain, mais encore Wegelin, Julius Bär et la Zürcher Kantonalbank, qui a démenti être la cible de la justice américaine.

Dénoncer ainsi leurs clients rappelle les heures les plus sombres du XXe siècle. Quand des Etats abusent de leur pouvoir de coercition pour dérober la plus grosse part du fruit du travail des plus entreprenants d'entre leurs citoyens, il est moral que ces derniers veuillent échapper à ce vol légal.

Il n'est pas moral que les banques suisses soient contraintes d'elles-mêmes à trahir ceux qui leur ont fait confiance en trouvant refuge chez elles.

Seulement il est devenu tellement commun de vouloir faire payer les riches ou présumés tels que cela n'émeut plus grand monde. Or c'est oublier qu'après les riches viendra le tour des autres, des moins riches aux plus pauvres.

En outre trahir la confiance de clients de la part de banques est suicidaire, car leur business repose justement sur la confiance. Elles n'ont pas besoin de cette atteinte à leur crédibilité, à l'heure où un certain nombre d'entre elles ont pris des engagements inconsidérés.
 
Francis Richard

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 18:00

euro = 1.20 francAinsi la BNS, la Banque nationale suisse, s'obstine-t-elle à intervenir contre le franc fort. Ses interventions précédentes ont déjà coûté beaucoup. Mais elle persiste et signe.

Après l'injection de liquidités à hauteur de 200 milliards au cours du mois d'août, elle a décidé ce matin à 10 heures 19 précises de ne pas laisser descendre le franc en dessous d'un cours plancher d'un euro pour 1,20 franc.

Qu'est-ce que cela signifie ? Que la BNS va acheter tous les euros dont la valeur sera inférieure à 1,20 franc pour maintenir le cours de change à ce minimum. C'est une façon comme une autre d'acheter des euros, tout aussi ruineuse que celle pratiquée l'an passé et qui s'était traduite par une perte de 21 milliards de francs... C'est inutile et ruineux. Car le problème n'est pas le franc fort mais l'euro faible. C'est s'attaquer à l'effet et non pas à la cause.

Pourquoi 1,20 franc ? Pourquoi pas 1,15 franc ou 1,40 franc comme le demandent l'Union syndicale suisse et les socialistes ici [d'où provient la photo] ? Nobody knows, it's a mystery : c'est à première vue purement arbitraire.

 

Le communiqué qui va avec cette nouvelle intervention étatique n'est guère rasssurant ici :


"La surévaluation actuelle du franc est extrême. Elle constitue une grave menace pour l’économie suisse et recèle le risque de développements déflationnistes.


La Banque nationale suisse (BNS) vise par conséquent un affaiblissement substantiel et durable du franc. Dès ce jour, elle ne tolérera plus de cours inférieur à 1,20 franc pour un euro sur le marché des changes. La Banque nationale fera prévaloir ce cours plancher avec toute la détermination requise et est prête à acheter des devises en quantité illimitée.


Même à 1,20 franc pour un euro, la monnaie helvétique reste à un niveau élevé. Elle devrait continuer à s’affaiblir sur la durée. Si les perspectives économiques et les risques de déflation l'exigent, la Banque nationale prendra des mesures supplémentaires."

La conclusion de la brève allocution de son directeur, Philipp Hildebrand, ici n'est pas davantage rassurante :

"La Banque nationale s'engage sur une voie exigeante. Nous devons accepter que le prix à payer peut être très élevé. Nous en assumons la responsabilité. Car ne pas agir entraînerait pour notre économie des dommages énormes à long terme. Par la mesure qu'elle prend aujourd'hui, la Banque nationale agit dans l'intérêt général de la Suisse."

Euro contre franc le 6.09.2011D'abord remarquons que la déflation n'est de loin pas une calamité. Dans son livre, Deflation and libertyJörg Guido Hülsmann fait cette remarque qui devrait faire réfléchir le citoyen à qui on est prêt à raconter n'importe quoi :
 

"Il n'y a absolument aucune raison de s'inquiéter de ses effets économiques, à moins de mettre sur le même plan le bien-être de la nation et le bien-être de ses fausses élites."

Si "à 1,20 franc pour un euro, la monnaie helvétique reste à un niveau élevé", on peut se demander pourquoi ne pas fixer le cours plancher plus haut ? Poser la question, c'est y répondre. La BNS n'en a tout simplement pas les moyens. Cet aveu implicite rend nulle et non avenue sa détermination "à acheter des devises en quantité illimitée". De même l'emploi du conditionnel pour affirmer que le franc "devrait continuer à s'affaiblir dans la durée" confirme-t-il cet aveu d'impuissance.

Ce qui est encore moins rassurant c'est l'affirmation de son directeur que "le prix à payer peut être très élevé". Il justifie cette intervention par l'intérêt national, ce qui est le dernier recours des impuissants pour faire accepter n'importe quoi. L'inaction, selon Philipp Hildebrand, "entraînerait pour notre économie des dommages énormes à long terme". Autrement dit il vaudrait mieux payer cher aujourd'hui pour éviter de payer encore plus cher demain.

En réalité c'est déplacer la charge de quelques uns sur le dos de tout le monde. C'est aussi faire quelque chose pour ne pas se voir reprocher de ne rien faire. Mais on voit déjà, sur l'image ci-dessus [qui provient d'ici] du cours d'aujourd'hui de l'euro contre franc, que, si l'euro s'est apprécié jusqu'à 1,22 franc à l'annonce de la décision de la BNS, il s'est maintenu au cours plancher décidé par elle dans les heures qui ont suivi. Le prix à payer sera certainement très élevé...

Dans un flash de Tocqueville Magazine ici, daté d'hier, et à paraître demain sur son site, mon ami Michel de Poncins écrit :

"Les dévaluations pratiquées par le pouvoir politique sont immorales. Il y a bien longtemps, Moïse reçut sur le Mont Sinaï les commandements de Dieu, dont le célèbre : «Tu ne voleras pas ». Depuis ce fait historique, toutes les législations ont imposé, à la fois aux croyants et aux incroyants, le respect des contrats privés et de la propriété. Or, la dévaluation imposée par les pouvoirs politiques est une rupture de contrat et une atteinte à la propriété."

Dévaluer de fait le franc suisse est non seulement inutile et ruineux mais immoral...

Francis Richard

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 19:10

Au bord du lacLe livre sur les quais est une manifestation littéraire originale qui en est à sa deuxième édition ici. L'an passé je devais être sur mes terres, comme le dit un de mes amis, c'est-à-dire au Pays Basque, où j'ai besoin de me ressourcer de temps en temps.


Le livre, auquel je voue un véritable culte - ce qui ne se dément pas avec l'âge, bien au contraire - a donc, comme l'an passé, pris possession d'une portion des quais de Morges, au bord du lac Léman.

 

Pendant trois jours, du 2 au 4 septembre 2011, le livre était à l'honneur sous une vaste tente, qui abritait plus de 250 auteurs de livres et leur nombreuse cohorte de lecteurs. Hier il faisait chaud une bonne partie de la journée. Par les nombreuses ouvertures pratiquées sur les côtés, aucune brise ne soufflait. Heureux étaient les auteurs dont les tables se trouvaient côté lac... Aujourd'hui le temps pluvieux pouvait les réconcilier tous... en les gardant au sec.

Sous la tenteLe livre est bien vivant et je ne crois pas que les tablettes le remplaceront. Ils cohabiteront. Les tablettes permettent de transporter une véritable bibliothèque dans un minimum d'espace, ce qui est d'une grande commodité mais ne remplace pas la grande volupté que procurent les contacts tactile et visuel entre le lecteur et cet objet qu'est le livre. Le format, le poids, la couverture, le papier, la police des caractères, les tranches, que sais-je, tout participe à le singulariser, y compris de savoir qui l'a tenu entre ses mains... 


Mes bibliothèques sont pleines de livres de toutes sortes, poche, brochés, reliés, illustrés, pléiade. Je tiens à tous comme à la prunelle de mes yeux. Je reconnais que je suis maniaque et que je ne suis guère prêteur, comme la fourmi du fabuliste. Quand, par extraordinaire, je prête un livre et qu'il me revient dans un état que je ne considère pas comme impeccable, je l'offre à celui qui voulait me le rendre... et rachète un nouvel exemplaire pour mon propre usage. Dans cet esprit, je me refuse à surligner ou à annoter. Je prends des notes dans un cahier d'écolier à spirale ou intercale des signets dans les pages. Je sais bien que je suis insupportable... 
 

Le livre sur les quaisEn tout cas, à voir la foule qui se pressait sous la tente à Morges, il ne pouvait pas y avoir le moindre doute. La lecture n'est pas près de disparaître. Ne nous faisons pas pour autant d'illusions. Même si, grâce notamment aux collections de poche, la lecture est fort heureusement devenue accessible à tous, tout le monde loin s'en faut ne lit pas. Je connais même des acheteurs de livres...qui ne les lisent pas. Il ne semblait cependant pas que ce fût le cas chez les amoureux des livres qui se pressaient sous la tente ces derniers jours.

 

Dans le cadre du livre sur les quais de Morges, l'échange avec les auteurs est plus facile qu'aux salons de Paris ou de Genève, si l'on excepte les auteurs que leur célébrité empêche de dire davantage à leurs dédicataires que des mots convenus et brefs, tel Jean d'Ormesson qui présidait cette manifestation de Morges. A ce propos, je jouis d'un privilège avec certains auteurs. D'avoir parlé de leurs livres sur mon blog me permet d'engager aisément la conversation avec eux, en dépit de ma timidité qui ne s'est pas démentie non plus avec l'âge. Je pense à Louise Anne Bouchard, à Mélanie Chapuis, à Aude Seigne, à Anne-Sylvie Sprenger, à Jacques-Etienne Bovard ou à Jean-Michel Olivier, qui se sont montrés bien indulgents pour mon bavardage.

Comme dans d'autres salons du livre il était possible d'assister à des tables rondes, à des lectures ou à des films inspirés de livres. 

 

Le château de MorgesHier j'ai assisté à la table ronde sur L'Afrique au coeur, qui se tenait dans le château de Morges (construit au XIIIe siècle par Louis de Savoie) et qui était animé par Jean-Louis Kuffer, dont j'ai pu enfin faire la connaissance, après avoir échangé avec lui courriels et messages sur Facebook. J'ai pu apprécier son humour pince-sans-rire et son art de mener le débat en présentant les auteurs avec subtilité, lisant des extraits de leurs livres qui mettent en appétit, leur permettant de donner le meilleur d'eux-mêmes. 

 

Des interventions fort instructives de Khadi Hane, Nétonon Ndjékéry et Max Lobe, j'ai retenu qu'il est décidément difficile de vivre assis entre deux cultures aussi différentes que l'africaine et l'européenne. Quant aux interventions de Corinne Desarzens elles m'ont inspiré les mêmes réserves que celles que j'avais exprimées quand j'avais parlé ici de son dernier livre, Un roi.    

 

Au cinéma de l'Odéon, au milieu d'enfants - je suis resté un  grand enfant - j'ai vu le film Nicostratos, le pélican, d'Olivier Horlait, avec Emir Kusturica, tiré du livre éponyme d'Eric Boisset. Je me suis surpris à être ému par les tribulations du jeune Yannis et de son fabuleux oiseau.

 

Sur le Henry DunantAujourd'hui, au premier étage du Centre culturel du grenier bernois, bâtisse construite au XVIIe siècle, où se trouvent les rayons de la bibliothèque municipale pour adultes, j'ai écouté Mélanie Chapuis lire de longs extraits de son livre Des baisers froids comme la lune, dont j'ai parlé ici. Elle n'a pas la voix qui porte, mais elle a le ton juste et cela se voit qu'elle aime lire ses propres textes. Elle dit d'ailleurs avec naturel des choses que ses aînées de la génération précédente auraient dites en rougissant. 

 

Puis j'ai embarqué sur le Henry Dunant pour faire une croisière de plus d'une heure sur le lac, chose impensable à Paris ou à Genève, où les salons du livre se tiennent dans de grandes halles d'exposition anonymes et sans âme, loin de la Seine ou du lac Léman. Quatre écrivains débattaient de La naissance des personnages, sous-entendu dans les oeuvres romanesques. Ces écrivains étaient toutes des femmes, qui peuvent depuis quelques décennies écrire tout ce qui leur passe par la tête comme l'a rappelé Madeleine Chapsal, et qui n'ont pas peur de reconnaître, au contraire des hommes qui maîtrisent tout, comme de juste, que leurs personnages leur échappent et vivent leur vie sous leur plume. N'est-ce pas Frédérique Deghelt, Zoé Valdés et Shumona Sinha ?

Je ne peux que dire : l'an prochain à Morges !

Francis Richard

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 21:00

Euro contre franc le 2.09.2011La Banque nationale suisse, BNS, est intervenue trois fois pour affaiblir le franc suisse. Ce qui revient à fabriquer de la fausse monnaie et à copier les mauvais élèves de l'économie, pour ne pas être pénalisés par eux...

 

Au cours du dernier mois, la BNS a ainsi injecté au total 200 milliards de francs suisses de liquidités ici. Pour quel résultat ? Nul ou presque. Au jourd'hui 1 euro valait 1,11 franc suisse...

 

L'évolution de l'euro par rapport au franc suisse sur les six derniers mois [la représentation graphique de cette évolution provient d'ici] montre que ces interventions ne se sont traduites que par un point d'inflexion. La chute de l'euro se poursuit. Pourquoi ? Parce que l'euro n'inspire pas confiance, au contraire du franc suisse, tout simplement, et parce que la tendance n'est pas près de s'inverser.

On voit bien que ces interventions sont inutiles et coûteuses, qu'elles ne sont faites que dans un seul but : faire de la gesticulation pour montrer que la BNS n'est pas passive. Cela ressemble au but poursuivi par les plans de relance tout aussi inutiles et coûteux, engagés par l'ensemble des pays occidentaux  : faire croire que l'on agit, en se berçant de l'illusion keynésienne que la croissance est au bout de la dépense publique...

 

Bercés par cette illusion les économistes patentés jouent les vierges effarouchées devant la mise en place un peu partout de plans d'austérité. Ce qu'ils leur reprochent, c'est de diminuer les dépenses publiques, supposées être le moteur de la croissance économique, alors qu'elles en sont le frein, voire leur obstacle.  

 

Ce qu'il faudrait reprocher à ces plans d'austérité, c'est de ne pas tailler suffsamment dans les dépenses publiques, destructices d'emplois et d'épargne, pour permettre de libérer l'économie en baissant les taxes et les impôts, c'est-à-dire en redonnant aux entreprises et aux particuliers l'argent qui leur est confisqué et qui manque cruellement à l'économie pour croître et prospérer.

 

Dans le même esprit interventionniste, le Conseil fédéral a décidé, mercredi dernier 31 août 2011, de prendre des mesures visant à atténuer la force du franc. Ce premier train de mesures, chiffré à 870 millions de francs suisses ici, correspond en effet à une intervention étatique arbitraire :

 

- 500 millions sont destinés à permettre l'indemnisation d'éventuelles réductions d'horaires de travail

 

- 212,5 millions sont destinés à intensifier le transfert de savoir et de technologie

 

- 100 millions de prêt sont accordés à la Société suisse de crédit hôtelier

 

- 46,5 millions sont affectés au domaine des transports

 

- 10 millions sont alloués au financement des exportations de produits agricoles

 

N'aurait-il pas été plus judicieux et plus simple de baisser les taxes et impôts de tout le monde au lieu de favoriser les uns ou les autres ? La défense des emplois ne serait-elle pas mieux assurée en permettant à toutes les entreprises d'augmenter leur productivité sans avoir besoin de réduire leurs horaires de travail, autrement dit en leur permettant de s'adapter à la situation ?

Là encore il s'agit d'aider ceux que l'Etat, qui est omniscient comme chacun sait, considère comme prioritaires par rapport à d'autres. C'est le meilleur moyen de se tromper et de dépenser l'argent public de manière inutile et coûteuse.

Francis Richard

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 22:00

ecole 2010Le 25 janvier 2008 une initiative populaire, Ecole 2010 : sauver l'école, est déposée, munie de 15'249 signatures. Le 2 juin 2009 un contre-projet à cette initiative, Loi sur l'enseignement obligatoire, LEO, est voté par le Grand Conseil vaudois. Le peuple vaudois doit se prononcer le 4 septembre 2011 sur l'initiative et le contre-projet.

 

Ce calendrier montre à l'envi qu'en Suisse on se presse avec lenteur pour changer les choses : il n'y a pas le feu au lac, dit-on ici...

 

En lisant la brochure ici relative aux votations qui ont lieu dimanche prochain, force est de constater que l'initiative et le contre-projet sont l'expression de deux visions antagonistes de l'école vaudoise.

On ne sera pas étonné que la gauche et les verts soutiennent le contre-projet à l'initiative. Il correspond très bien à leur vision du monde de l'école où tous les élèves doivent être logés à la même enseigne, au nom de l'égalité, où la compétition doit être bannie, où il ne faut pas traumatiser trop tôt les élèves avec des notes, où l'important n'est pas de savoir mais de découvrir.

 

A l'inverse on sera surpris que seule l'UDC s'oppose au contre-projet, que les partis du centre soutiennent tous le contre-projet et que, parmi eux, seul le Parti Radical s'oppose à l'initiative. En effet la vision du monde de l'école que reflète l'initiative est pourtant bien celle que devraient avoir la droite et le centre droit, s'ils étaient cohérents avec eux-mêmes. 

 

A l'heure actuelle il y a trois filières dans le secondaire de l'école vaudoise : VSB, voie secondaire baccalauréat, VSG, voie secondaire générale, et VSO, voie secondaire à options, cette dernière voie étant une voie préprofessionnelle, dont le programme mériterait d'être étoffé.

 

Initialement la gauche et les verts voulaient imposer une voie unique, toujours cette tentation de vouloir tout uniformiser, de mettre tout le monde sur le même plan, de ne pas accepter les différences.

 

Devant les récriminations et pour obtenir le soutien des partis du centre, la gauche et les verts ont accepté de ne réduire les trois filières qu'à deux, VSB étant conservée - jusquà quand ? -, VSG et VSO ne formant plus qu'une seule filière hétéroclite.

 

De même, pour obtenir le soutien des partis du centre, la gauche et les verts ont consenti à un retour des notes plus précoce que ce qui était prévu à l'origine. Si l'initiative prévoit ce retour dès la 1ère année, le contre-projet ne le prévoit qu'à partir de la 3ème et ne veut surtout pas entendre parler de moyennes générales exigeantes : l'élitisme, voilà l'ennemi ! 

 

On sent bien qu'il s'agit là d'un compromis politique, la gauche et les verts étant d'une manière générale, plutôt favorables aux seules appréciations, moins traumatisantes pour les pauvres élèves, qu'aux notes, qui sont pourtant une préfiguration de ce que la vraie vie leur réserve, de manière plus ou moins explicite.

 

La gauche et les verts aiment le flou : dans le contre-projet les études sont organisées en cycles de quatre ans au lieu de deux actuellement, tandis que l'initiative prévoit un découpage annuel des programmes, plus naturel et correspondant, en outre, à l'évaluation des élèves.

 

Pour rester dans le flou, les enseignants bénéficient de la liberté pédagogique avec le contre-projet, ce qui conduit au n'importe quoi, l'élève étant placé au centre, avec les résultats que l'on sait, tandis que l'initiative prévoit le retour à une pédagogie explicite, c'est-à-dire structurée, systématique et accessible au commun des mortels.

En résumé : d'un côté des enseignants mué en animateurs, de l'autre des enseignants qui...enseignent et ont de l'autorité, ce qui est évidemment abominable...

 

Comme on le voit, il n'y a pas à hésiter pour ceux qui seraient encore indécis : pour enrayer la dégradation des connaissances et du comportement des élèves il faut dire oui à Ecole 2010 et non à LEO.

Francis Richard

Note du 4 septembre 2011 :

La LEO a recueilli 52 % de oui
L'initiative Ecole 2010 a recueilli 55,4 % de non

Merci au PLR et au PDC !

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 19:45

BNSAujourd'hui la Banque Nationale Suisse est intervenue en injectant des liquidités ici [d'où provient la photo] à hauteur de 80 milliards de francs pour éviter une nouvelle appréciation du franc suisse.

 

Ce qui porte à 200 milliards de francs le total des liquidités injectées par elle, entendez par là les avoirs en compte de virement détenus chez elle par les banques :

- le 3 août 2011, 50 milliards de francs s'ajoutaient au 30 milliards de francs déjà détenus

- le 10 août 2011, c'était 40 milliards de francs supplémentaires

- aujourd'hui, 17 août 2011, ce sont donc 80 milliards de plus.

 

Le but poursuivi est de rendre le franc suisse moins attractif en abaissant artificiellement ses rendements. Ce qui est arbitraire et ne changera pas le problème de fond que posent les mauvais élèves de l'économie que sont les pays de la zone euro, tous autant qu'ils sont, même s'il y en a parmi eux de moins mauvais, tels que l'Allemagne.

Pour quels résultats ?
 Après avoir frôlé la parité dans la journée du 2 août, l'euro passait de 1,08 franc suisse à 1,10 franc suisse le 3. Il ne valait plus de nouveau que 1,08 le lendemain... et, le 10 août, 1,04. Le 11 août il remontait à 1,09. Avec la reprise des marchés, sans intervention de la BNS, il remontait à plus de 1,10 en fin de semaine dernière.

 

Aujourd'hui, avant l'intervention de la BNS, l'euro plongeait de 1,15 à 1,12 et remontait à seulement 1,14, après cette intervention. En somme un coût élevé pour des résultats modestes. La BNS, qui ne veut pas donner l'impression qu'elle ne fait rien, envisage d'autres mesures tout aussi coûteuses et inutiles telles que l'acquisition d'euros sur le marché des devises. La perte de l'an passé ne semble pas lui avoir servi de leçon.

Dans ces circonstances le Conseil fédéral, réuni ce matin à Sierre, a décidé de consacrer les 2 milliards de francs d'excédent budgétaire prévu cette année à soutenir l'économie suisse ici :

 

"Le Conseil fédéral a conscience que les 2 milliards de francs qu'il entend engager en vue d'atténuer les effets de la force du franc et de soutenir l'économie suisse représentent un montant très élevé. Il souhaite renforcer les secteurs frappés de plein fouet par la situation de change défavorable et prévenir la délocalisation d'emplois à l'étranger."
 
Le but, là encore, est louable, mais il est arbitraire de vouloir "renforcer les secteurs frappés de plein fouet par la situation de change défavorable" et pas les autres. Les secteurs en question seraient le tourisme et l'industrie d'exportation. Des mesures seraient également prises en faveur de l'innovation, de la recherche, des infrastructures et des consommateurs. On retrouve l'idée que c'est l'Etat qui est le mieux à même de redistribuer l'argent ponctionné aux autres.

Pour le moment cette intervention programmée n'est pas détaillée. Elle ne sera effective de toute façon que dans quelques semaines, après approbation par le Parlement. En attendant, on retiendra un seul aspect nettement positif : la volonté d'améliorer les conditions-cadre économiques en Suisse. Il est regrettable que ce ne soit - semble-t-il - qu'au bénéfice de cibles bien déterminées... de manière parfaitement étatique.

 

Francis Richard

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.

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