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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 21:30
Tout catholique fidèle ne peut que se réjouir que le pape Benoît XVI ait levé les excommunications infligées le 1er juillet 1988 aux quatre évêques ordonnés la veille par Mgr Lefebvre.  Cette mesure d'apaisement prononcée le 21 janvier dernier, au cours de la semaine de l'unité, est le signe que le pape Benoît XVI est bien décidé à recoudre la tunique déchirée.

Le décret ( ici ) de levée de ces condamnations canoniques se réfère à une lettre adressée le 15 décembre 2008 par Mgr Fellay, un des quatres évêques ordonnés à Ecône il y a 20 ans. Dans cette lettre Mgr Fellay écrit ce passage, cité par le décret, qui montre le pas indéniable qu'il a fait : "Nous sommes aussi toujours bien ancrés dans la volonté de rester catholiques et de mettre toutes nos forces au service de l'Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est l'Eglise catholique romaine. Nous acceptons son enseignement filialement. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives [c'est moi qui souligne] et c'est pourquoi la situation actuelle nous fait d'autant plus souffrir".

Tout n'est pas résolu pour autant, mais, avec la levée des sanctions et cette déclaration de soumission, les deux parties ont fait un grand premier pas vers la réconciliation. Le décret, de son côté, explique les raisons de la levée des excommunications : "Cet acte exprime le désir de consolider les relations réciproques de confiance, d'intensifier et de rendre stables les rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec le Siège Apostolique. Ce don de paix, au terme des célébrations de Noël, se veut aussi un signe pour promouvoir l'unité dans la charité de l'Eglise universelle et, par là, enlever le scandale de la division [c'est moi qui souligne]".

Au vu des réactions suscitées dans les média par cette levée de sanctions canoniques, il est bon de rappeler pourquoi les quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre ont été excommuniés. Ils l'ont été, ainsi que Mgr Lefebvre, et eux cinq seuls (1), parce qu'ils ont été ordonnés, et qu'il a ordonné, non seulement sans mandat du pape de l'époque, à savoir Jean-Paul II, mais encore en dépit de sa mise en garde. C'est pourquoi il s'est agi d'une excommunication latae sententiae, encourue par la seule commission du délit de désobéissance. C'était donc avant tout une mesure de discipline interne à l'égard de membres éminents de l'Eglise, mais désobéissants. Même si cette désobéissance pouvait avoir des origines doctrinales.

Dans ce contexte il est tout de même extraordinaire que de bons apôtres, pour la plupart extérieurs à l'Eglise, pour certains ennemis jurés de l'Eglise, pour d'autres ennemis couvés parfois même en son sein, s'octroient un droit d'ingérence dans les affaires disciplinaires de l'Eglise et qu'ils donnent des leçons à son chef sur sa manière de la gouverner. De quoi se mêlent-ils, que diable, s'ils sont non-catholiques ? Et catholiques, pourquoi le restent-ils, s'ils se sentent si mal à l'aise en son sein ? Personne n'oblige personne à être catholique. Il est d'autres façons d'être chrétiens pour ceux qui le souhaitent...

Les média, comme d'habitude, jouent là encore leur rôle de désinformation. Ils contribuent à mettre de l'huile sur le feu en mettant l'accent sur des faits qui n'ont rien à voir avec la levée des sanctions. Ainsi l'un des quatre évêques a tenu des propos "négationnistes" ( voir les articles de 24 Heures ici et du Matin ici ). La levée de son excommunication serait donc scandaleuse. Quel rapport ? Aucun. Il est évident que la levée de l'excommunication de cet évêque n'a pas été faite pour le récompenser  pour ces propos, et qu'elle n'a rien à voir avec eux, quelque scandaleux qu'ils puissent être. Cet évêque a été accueilli par l'Eglise parce qu'il a émis sa ferme volonté de se soumettre à l'autorité de Pierre. Lui seul étant responsable de ses divagations. Ce qui, de toute façon, n'engage pas les trois autres.

Patricia Briel, dans Le Temps de ce jour ( ici ), se fait porte-parole de ses semblables : "Les catholiques progressistes, dont le malaise grandit tous les jours, aimeraient sans doute bénéficier de la sensibilité paternelle de Benoît XVI concernant leurs revendications: l'accès des divorcés-remariés à la communion, l'ordination d'hommes mariés, et l'assouplissement du célibat des prêtres". Quel rapport avec la levée des sanctions contre les évêques ordonnés à Ecône ? Aucun. L'Eglise catholique, à laquelle, encore une fois, personne n'est obligé d'appartenir, a un chef, comme l'a voulu le Christ, et ses règles. C'est elle qui les fixe. Elle n'est pas une vulgaire entreprise dont les membres pourraient faire valoir leurs revendications. Les quatre évêques ci-devant excommuniés le savent encore mieux que d'autres.

Les fidèles de Mgr Lefebvre ne seraient que 150'000 pour les uns, 200'000 pour les autres. Ces chiffres, estimés au plus bas par les média, comme les manifestants dont les slogans ne leur reviennent pas, sont pris et repris partout par eux. Ce n'est évidemment pas innocent. Il s'agit là de souligner que les "intégristes", comme les appellent charitablement les mêmes média, sont quantité négligeable, au regard du milliard de catholiques. Patricia Briel, dans le même Temps de ce jour, décidément en verve, pose même la question suivante, avec une fausse ingénuité : "Le prix à payer pour retrouver l'unité avec Ecône, qui représente 150'000 fidèles, n'est-il pas trop élevé ?"

Au lieu de faire de Golias sa lecture de chevet, qui, sous la plume de Christian Terras, ose parler ( ici ) de révisionnisme de Vatican II  à propos de la levée d'excommunication des évêques lefebvristes, Patricia Briel ferait bien de relire ce passage de l'évangile selon Saint Jean : "Moi, je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît, et que moi-même je connais mon Père; et je donne ma vie pour mes brebis. Mais j'ai d'autres brebis qui ne sont point de cette bergerie : et il faut que je les amène, et elles entendront ma voix, et il n'y aura qu'un bercail et qu'un pasteur"...

Francis Richard

(1) Six, si l'on compte Mgr Castro Mayer (décédé le 26 avril 1991) qui a co-ordonné les quatre évêques avec Mgr Lefebvre (décédé le 25 mars 1991). 
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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 12:00

Pour cette grande fête de Noël, qui célèbre le mystère de l'Incarnation de Notre Seigneur, je me permets de ranger ma plume dans son plumier et de vous laisser écouter paisiblement le chant traditionnel "Adeste fideles" qui symbolise pour moi les noëls de mon enfance, auxquels je reste profondément attaché. Mais vous ne perdez rien pour attendre. Ce n'est qu'une trêve...

Pour vous permettre de suivre l'enregistrement que j'ai choisi pour vous, voici les paroles extraordinaires - latin oblige - de ce sublime chant d'adoration du Nouveau Né : 



Adeste fideles læti triumphantes,

Venite, venite in Bethlehem.

Natum videte Regem angelorum.

Venite adoremus (ter)

Dominum.


En grege relicto humiles ad cunas,

Vocati pastores approperant,

Et nos ovanti gradu festinemus.

Venite adoremus (ter)

Dominum.


Æterni Parentis splendorem æternum,

Velatum sub carne videbimus,

Deum infantem pannis involutum.

Venite adoremus (ter)

Dominum.


Pro nobis egenum et fœno cubantem

Piis foveamus amplexibus ;

Sic nos amantem quis non redamaret ?

Venite adoremus (ter)

Dominum.


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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 22:15
Les média ne bruissent plus aujourd'hui que de l'annonce de la mort de Soeur Emmanuelle, leur grande amie, qui était aussi celle de l'Abbé Pierre. Il se trouve que je n'ai jamis été très attiré, spirituellement parlant, par cette religieuse, non plus que par son cher ami, fondateur des Compagnons d'Emmaus. Peut-être leur connivence avec les média m'a-t-elle toujours mal disposé à leur égard, si je reconnais volontiers que leur action humaine en faveur des démunis et des déshérités était indéniablement méritoire.

Je suis gêné d'apporter une note discordante dans le concert unanime à l'égard d'une personne décédée, qui plus est d'une religieuse, qui j'espère a rejoint le Père Eternel, et pour le repos de laquelle je prie bien sincèrement, du mieux que je peux. Je crois qu'au fond de moi, leur foi en l'Homme, à elle et à l'Abbé Pierre, m'a toujours semblé très décalée, pour des religieux, par rapport à leur Foi en Dieu. Ce qui n'est pas un compliment aux yeux du catholique pécheur, et bien imparfait que je suis, qui préfère chercher ailleurs des modèles plus sûrs.

Deux exemples, parmi d'autres, me semblent symptomatiques à ce propos : l'adresse de Bernard Kouchner, aujourd'hui à la télévision, qui salue la "militante" en Soeur Emmanuelle; l'objet social de l'association créée en 1980 par Soeur Emmanuelle. Je suis sûr que Bernard Kouchner n'entendait pas par "militante" que Soeur Emmanuelle était un membre éminent de l'Eglise militante. Quant à ASMAE, l'ONG créée par Soeur Emmanuelle, elle se déclare "indépendante, laïque, et apolitique" ( ici ) ce qui ne laisse pas de me faire songer, s'agissant d'une fondation par une religieuse catholique.

Il y a huit jours le pape Benoît XVI canonisait sur la place Saint Pierre une autre soeur, Soeur Maria Bernarda, d'origine suisse, celle-là, alors que Soeur Emmanuelle était, comme moi, d'origine franco-belge, ce qui ne me rend pas pour autant plus complaisant à son égard. 700 pèlerins venus de Suisse avaient fait le voyage, dont pas moins de 250 depuis son village natal d'Auw en Argovie, qui ne compte que 1'600 âmes. Je serais bien étonné que Soeur Emmanuelle bénéficie un jour d'une canonisation autre que celle qu'elle reçoit aujourd'hui des média... 

Cependant, ce qui rapproche les deux soeurs, ce sont les oeuvres. L'une comme l'autre ont enseigné. L'une comme l'autre ont créé des écoles et des établissements médicaux, Maria Bernarda en Colombie (après avoir été en Equateur, qu'elle a dû fuir, après l'arrivée au pouvoir de francs-maçons persécuteurs, en 1895), Emmanuelle en Egypte. Il s'agissait dans les deux cas d'un amour réel pour les pauvres. Les soeurs de Sainte Maria Bernarda ont été surnommées "les soeurs des poubelles de Colombie", Soeur Emmanuelle s'est intitulée - on n'est jamais si bien servi que par soi-même - "chiffonnière avec les chiffonniers".  

La différence toutefois est que Soeur Maria Bernarda a créé une Congrégation, la Congrégation des Soeurs franciscaines de Marie Auxiliatriceici ), sous l'égide de Saint François d'Assise et de la Très Sainte Vierge, et que Soeur Emmanuelle, comme je l'ai dit plus haut, a créé une ONG, sous son propre nom. Car ASMAE signifie en toute humilité "Association Soeur Emmanuelle".

Dans les deux cas, celui de la Congrégation de Soeur Maria Bernarda et celui de Soeur Emmanuelle, les pays où la Congrégation et l'ONG se sont implantées sont des terres de mission. Dans le premier cas il s'agit d'implantations en Colombie, au Brésil, en Equateur, au Venezuela, en Bolivie, au Pérou et à Cuba, mais aussi en Autriche, en Suisse ainsi qu'au Mali et au Tchad. Dans le second cas au Burkina-Faso, en Egypte, en France, en Inde, au Liban, à Madagascar, aux Philipines et au Soudan. L'internaute ne devrait pas s'étonner que la Suisse, l'Autriche et la France soient comptées parmi les terres de mission...

Là encore la différence saute aux yeux. Du côté de la première sainte de Suisse, il s'agit d'apostolat. Comme le Saint Père l'a rappelé dans son homélie "(Maria Bernarda) fit part aux autres de l'amour de Dieu, auquel elle consacra, avec fidélité et joie, sa vie tout entière". Du côté de la religieuse franco-belge, il s'agit d'amour tout court, d'humanisme, et de "programmes humanitaires". Sans dénigrement aucun, qui ne serait pas charitable, on me pardonnera donc de préférer prendre Maria Bernarda pour modèle plutôt qu'Emmanuelle, que je laisse volontiers aux média qui en sont si friands.

Après Saint Nicolas de Flüe (1417-1487), canonisé en 1947, et patron de la Suisse, celle-ci a donc le bonheur de compter enfin une sainte d'origine helvétique, Sainte Maria Bernarda (1848-1924), la première depuis que la Confédération existe, et qui sera fêtée chaque année le 19 juin. Puisse cette sainte, à qui l'on reconnaît deux miracles, protéger mon pays d'adoption, et intercéder auprès de Dieu pour exaucer, de la part de ses fidèles, les voeux qui Lui sont agréables.

Francis Richard
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 14:20

Paix Liturgique ici ) fait beaucoup en France pour faire connaître le Motu Proprio Summorum Pontificum par lequel le Saint Père, le pape Benoît XVI, a confirmé que le rite extraordinaire de la liturgie romaine est on ne peut plus valide (voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ) et qu'il faut lui rendre toute sa place dans les paroisses où des fidèles le demandent.

Paix Liturgique fait davantage. Au fil des semaines elle informe de la constitution de groupes de fidèles qui, à travers toute la France, demandent l'application du Motu Proprio, avec des résultats ... variés. Paix Liturgique est devenue en quelque sorte un point de ralliement incontournable pour tous ceux qui veulent permettre à la tunique déchirée de l'Eglise de se recoudre en faisant la paix entre les différentes sensibilités rituelles.

Dans ses derniers bulletins Paix Liturgique a publié, avec ses commentaires, les résultats d'un sondage de l'organisme de sondages CSA ( ici ), qui est proprement extraordinaire, sur le Motu Proprio et ce qu'en pensent les catholiques français. Ce sondage est extraordinaire parce qu'il bouleverse les idées reçues à ce sujet et met en lumière celles de nombreux évêques, qui apparaissent alors comme des combattants soixante-huitards attardés, ce qui est un pléonasme.

Je vous laisse découvrir les questions et les réponses à ce sondage. Sans ajouter de commentaires. Je vous suggère plutôt de lire les commentaires que Paix Liturgique fait sur son site. J'ajoute seulement que ce sondage a coûté la somme de 4'000 € et vous incite à envoyer des contributions à l'adresse suivante :

Paix Liturgique, 3 avenue Boileau, 78170 La-Celle-St-Cloud FRANCE

Francis Richard

Sondage CSA 08 01 153 B réalisé les 24 et 25 septembre 2008 auprès d'un panel représentatif

Question 1 : Le Pape Benoît XVI a rappelé en juillet 2007 que la messe pouvait être célébrée à la fois en français, c'est-à-dire sous sa forme moderne dite Ordinaire, et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme ancienne dite Extraordinaire et que ces deux formes étaient tout aussi acceptables l'une que l'autre. Le saviez-vous ?

Ensemble des catholiques : OUI : 58% NON : 42%
Dont pratiquants réguliers : OUI : 82% NON 18%

Question 2 : Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les deux formes liturgiques (en français, c'est-à-dire sous sa forme moderne dite Ordinaire, et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme ancienne dite Extraordinaire) devaient être célébrées régulièrement dans les principales églises de votre diocèse ?

NORMAL

Ensemble des catholiques : 62 %
Catholiques pratiquants : 61 %

PAS NORMAL

Ensemble des catholiques :30%
Catholiques pratiquants : 34 %

NE SE PRONONCENT PAS

Ensemble des catholiques :8 %
Catholiques pratiquants : 5 %

Question 3 : Seriez-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt pas favorable ou pas du tout favorable à ce que la messe soit célébrée en latin et grégorien chaque dimanche dans votre paroisse, en plus de la messe en français ?

TOUT A FAIT FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 12 %
Catholiques pratiquants : 16 %

PLUTOT FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 31 %
Catholiques pratiquants : 26 %


PLUTOT PAS FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 23 %
Catholiques pratiquants : 30 %

PAS DU TOUT FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 27 %
Catholiques pratiquants : 25 %

NE SE PRONONCENT PAS

Ensemble des catholiques : 7 %
Catholiques pratiquants : 3 %

Question 4 : Si une messe était célébrée en latin et grégorien, sous sa forme ancienne dans une église près de chez vous, ou dans votre paroisse y assisteriez vous...?

Les Résultats :

TOUS LES SAMEDI OU LES DIMANCHE

3% des catholiques
19% des pratiquants réguliers

AU MOINS UNE FOIS PAR MOIS

4% des catholiques
15% des pratiquants réguliers

DE TEMPS EN TEMPS ,QUELQUEFOIS DANS L'ANNEE

22% des catholiques
27% des pratiquants réguliers

SEULEMENT POUR LES CEREMONIES ET LES GRANDES FETES

37% des catholiques
9% des pratiquants réguliers

JAMAIS

32% des catholiques
28% des pratiquants réguliers

NE SE PRONONCENT PAS

2% des catholiques
2 % des pratiquants réguliers

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 07:00
Sur une population totale de plus de 80 millions d'habitants, le Vietnam compte 8 à 10% de Catholiques. Ils ne peuvent donc être tenus pour quantité négligeable par le régime communiste. D'autant que là-bas les séminaires sont pleins...Pourtant celui-ci n'est pas près de restituer les terrains appartenant à l'Eglise catholique qu'il détient à Hanoï depuis le départ des Français en 1954 et qu'il a détournés pour d'autres usages.

L'hiver dernier les manifestations de Catholiques vietnamiens demandant leur restitution avaient cessé avant le Têt sur l'assurance des autorités que ce problème serait résolu. Comme le rapporte Henri Tincq dans Le Monde daté du 25 septembre ( ici ) : "Les catholiques entendent disposer d'espaces pour pouvoir construire des écoles et des hôpitaux, conformément à leur vocation sociale". Or les autorités n'avaient toujours pas tenu leur promesse de solution six mois plus tard.

A Hanoï les Catholiques, las d'attendre, organisent donc des manifestations depuis la mi-août devant un terrain situé à côté de l'église paroissiale de Thaï Ha. Il s'agit de manifestations pacifiques, au cours desquelles les fidèles prient, pour que "les Catholiques soient en sécurité et que la justice apparaisse", comme l'a déclaré Mgr Ngo Quang Kiet, l'archevêque de Hanoï. La réponse du régime à ces manifestations a été de rouer de coups des fidèles et d'en arrêter d'autres.

Le dimanche 14 septembre, un évêque français, Mgr Jean Legrez, évêque de Saint Claude dans le Jura, s'est rendu à Thaï Ha sur le terrain en litige, guidé par un des prêtres rédemptoristes qui ont la charge de cette paroisse. Il y a été accueilli chaleureusement par plus de 15'000 Catholiques de Hanoï, en présence d'un déploiement policier sans précédent, qui n'a pas osé faire usage de ses matraques électroniques, mais a filmé les manifestants aux fins d'identification.

Le vendredi 19 septembre c'est vers un autre site de la capitale vietnamienne que les regards des Catholiques se sont tournés, celui de l'ancien siège de la délégation apostolique, autrement dit l'ancienne ambassade du Vatican, 42 rue Nha Chung. En effet les autorités ont commencé ce jour-là d'y aménager un parc public. La grille a été abattue et des pelleteuses sont entrées en action, devant des centaines de personnes impuissantes, fidèles et religieux - prêtres, soeurs et séminaristes.

C'est ce jour-là que le chef du bureau de l'Associated Press, Ben Stocking, a été frappé à la tête par des policiers alors qu'il tentait de récupérer son appareil-photo, puis a été arrêté pendant deux heures et demi, avant d'être conduit à une clinique où lui ont été mis quatre points de suture à sa tête blessée.

Le lendemain, samedi 20 septembre, au même endroit, une veillée de prière était organisée, après une marche de 5'000 personnes, parties de la Cathédrale Saint Joseph de Hanoï à l'issue de la messe de 18 heures. Un petit autel surmonté d'une croix et de la statue de la Vierge Marie a été dressé devant l'entrée principale. Un reportage de la télévision d'Etat vietnamienne a présenté le même soir les fidèles comme des "agitateurs sociaux à la solde du Vatican".

Le même jour l'archevêque de Hanoï, Mgr Kiet a été reçu par le président du Comité populaire de la Ville, c'est-à-dire par le maire. Il a maintenu les revendications de l'Eglise sur des terrains lui appartenant, qui n'ont pas fait l'objet officiellement d'un changement de propriétaire et qui ne sont pas utilisés dans l'intérêt général, tels que peuvent l'être des écoles ou des hôpitaux.

Au cours de cette réception il a dit : "Nous nous permettons de rappeler que nous désirons ardemment construire l'unité nationale. Nous avons beaucoup voyagé à l'étranger, nous nous sentons humiliés quand nous portons le passeport vietnamien. Où que nous allions, nous sommes fouillés. Nous sommes très tristes de cette situation et nous voulons que notre pays soit plus fort". La presse du régime a rapporté ces propos scrupuleusement en disant  que Mgr Kiet "se sentait honteux de porter un passeport vietnamien"...

Le dimanche 21 septembre, ayant bien reçu le message du prélat, le Comité populaire de la Ville envoyait un avertissement écrit à Mgr Kiet lui demandant de ne pas encourager ses paroissiens à manifester...

Le même jour, les Catholiques de la paroisse de Thaï Ha ont assisté en grand nombre aux six messes dites en leur église, en si grand nombre qu'une grande partie de l'assistance n'a pas pu pénétrer dans le sanctuaire. Puis ils se sont rendus sur le terrain revendiqué où ont été dressées une statue de la Vierge Marie et des tentes abritant ses gardiennes.

A proximité, dans l'après-midi, un groupe de 200 Jeunes communistes en uniforme, et des voyous, se sont tenus le long du chemin menant au terrain, crachant et frappant ceux qui passaient pour s'y rendre. A 23 heures ils sont allés renverser les tentes des gardiennes du sanctuaire marial et ont  blessé une femme sérieusement. Une demi-heure plus tard le nombre des agresseurs était de 500. Ces derniers encerclaient l'église et le couvent des rédemptoristes sous l'oeil indifférent des nombreux policiers présents, menaçant d'en enfoncer les portes et de les envahir.

Le calme ne devait revenir que vers les deux heures du matin du 22 septembre. Mais les accès à l'église et au couvent étaient bloqués par des gendarmes. L'ordre communiste et, avec lui, la pseudo-liberté religieuse régnaient de nouveau sur Hanoï...

Francis Richard

PS

Deux sites permettent de se tenir au courant de la situation au Vietnam : celui de Viet Tan ( ici ) et celui de Viet Catholic News ( ici ). Un autre site (ici ) permet d'avoir des nouvelles des églises d'Asie.
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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 23:50

 

Selon l’AFP : « Pour la première fois dans l'histoire de la France républicaine, un Pape et un président de la République affichent une politique commune. En ce sens, déjà, la laïcité de notre République est en danger", s'est indigné le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon.

Or que dit le Pape le 12 septembre, à l’Elysée ( ici )? « Il est (…) fondamental, d’une part, d’insister sur la distinction entre le politique et le religieux, afin de garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l’Etat envers eux ».

Qu’ajoute-t-il ? « et d’autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu’elle peut apporter, avec d’autres instances, à la création d’un consensus éthique fondamental dans la société ».

Il faut croire que Jean-Luc Mélenchon considère la laïcité non pas comme une garante de la liberté religieuse, mais comme une machine de guerre contre toute religion, ce qui en fait une pure idéologie, indigne de la France, sinon de la République.    

Samedi dernier, sur France Info, j’entends une journaliste parler d’une fidèle venant acclamer son « idole » sur l’Esplanade des Invalides. Elle parle de Benoît XVI, évidemment. Cela me  frappe parce que justement le thème de l’homélie de Benoît XVI ce matin-là est un appel à fuir les idoles.

Benoît XVI dans son homélie du 13 septembre ( ici ) désigne en effet les idoles qu’il convient de fuir et pose la question qui fâche : « L’argent, la soif de l’avoir, du pouvoir et même du savoir n’ont-ils pas détourné l’homme de sa Fin véritable, de sa propre vérité ? ».  

Alexis Favre, dans Le Matin Dimanche, au soir du 13 septembre (ici ), prétend que la visite du Pape suscite sur la Toile des critiques « largement plus nombreuses que les messages de soutien » et que « les internautes intéressés – souvent catholiques – digèrent mal la messe en latin réhabilitée ».

Que dit Benoît XVI aux évêques de France réunis à Lourdes le dimanche 14 septembre ( ici ), dans l’hémicycle Sainte Bernadette à propos de son Motu proprio Summorum Pontificum? «Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l’indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire » (voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ).

Il précise : « Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n’est de trop dans l’Eglise.» Ces catholiques qui s’opposent à la réconciliation ne cherchent-ils donc pas la paix ?  

Le même jour sur I-télé j’entends à propos des divorcés remariés l’emploi du mot de « fermeture », pour qualifier la position du Pape à leur égard, dans la bouche d’un commentateur – dont je me suis empressé d’oublier le nom, par charité chrétienne.

Que dit le Pape à leur sujet ? « L’Eglise, qui ne peut s’opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l’indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut pas admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes ».

Car quelle est la volonté du Christ à laquelle l’Eglise ne peut s’opposer ? «L’Eglise veut rester indéfectiblement fidèle au mandat que lui a confié son Fondateur, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ. Elle ne cesse de répéter avec Lui : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mt 19,6). L’Eglise ne s’est pas donnée cette mission : elle l’a reçue ».

Au Collège des Bernardins Benoît XVI prononce un discours le 12 septembre sur la culture ( ici ) dans ce lieu emblématique. Il montre que « les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l’antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une nouvelle culture ».

Nourris de la Parole lue de façon juste – « l’Ecriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue » –, introduits par Elle dans le dialogue avec Dieu, qui ne peut s’exprimer seulement avec des mots, mais avec une musique nécessaire, les moines cherchent Dieu et se laissent trouver par Lui. « Chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n’est pas moins nécessaire aujourd’hui que par le passé ».

Le Pape prononce ce discours devant une salle qui ne lui est pas acquise, où beaucoup « tiennent Dieu pour l’ennemi du genre humain et tentent de faire croire à leurs lecteurs naïfs que l’Europe n’a pas d’identité, sauf à devenir sectaire et fanatique » (Chantal Delsol, Le Figaro, 15 septembre ici ).

Il conclut : « Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves ».

Il  va même plus loin, où nous le suivrons, n’en déplaise à ceux qui nient ou renient les racines chrétiennes de l’Europe : « Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable ».

Francis Richard

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 19:30
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI confirme sa volonté de réconcilier les fidèles catholiques de sensibilité différente, qui, tous, font partie de l'Eglise dont il est le Pasteur. Cela fait grincer les dents de ceux qui, de tous bords, voudraient bien continuer à se quereller et à se jeter des anathèmes. 

Après avoir dans son motu proprio Summorum Pontificum  (voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ) redonné toute sa place à la forme extraordinaire de la liturgie romaine, ce qui ne va toujours pas sans résistance de la part d'évêques rétrogrades (voir mon article L'évêque de Chicoutimi oppose la lettre juridique à l'esprit de paix ), il montre l'exemple, à Brindisi, le dimanche 16 juin dernier. Ce jour-là en effet il donne la communion aux fidèles à genoux sur un prie-Dieu et dans la bouche.

Son cérémoniaire, Mgr Guido Marini, dans un entretien accordé à l'Osservatore Romano du 26 juin suivant (ici), déclare que cette pratique est destinée à devenir habituelle lors des célébrations papales : "Il ne faut pas oublier que la communion dans la main reste, du point de vue juridique, une exception à la règle universelle, concédée par le Saint Siège aux Conférences épiscopales qui en ont fait la demande".

Mgr Guido Marini explique que cette façon de distribuer la communion, sans rien enlever à la distribution de la communion dans la main, "montre mieux la vérité de la Présence réelle dans l'Eucharistie, (qu') elle aide à la dévotion des fidèles, (qu') elle introduit, avec plus de facilité, au sens du mystère".

Il conclut à ce propos : "Ce sont des aspects qu'à notre époque, pastoralement parlant, il est urgent de souligner et de retrouver". Autrement dit les deux façons de distribuer la communion, debout et dans la main, à genoux et dans la bouche, continueront de coexister, mais la seconde est préférable.

Pour dire vrai il n'est pas rare que, dans une même église, où la liturgie ordinaire est célébrée, des fidèles communient dans la bouche, voire se mettent à genoux pour ce faire. Ils ne sont plus regardés comme des extra-terrestres. Ce qui est un progrès en vue de la réconciliation.

Dans la communion à genoux et dans la bouche, je vois, pour ma part, la manifestation de la vertu chrétienne d'humilité, que traduisent l'agenouillement et le sentiment d'indignité de seulement toucher avec la main au Corps du Christ.

Francis Richard
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 08:40
A la suite de mon articleLa messe tridentine est extraordinaire , un internaute du Canada , m'adresse ce message que je publie volontiers :

Bonjour,

Cette (mauvaise) nouvelle pourrait vous intéresser :

L'ÉVÊQUE DE CHICOUTIMI S'OPPOSE À LA MESSE TRIDENTINE

"C'est officiel : l'évêque de Chicoutimi (Canada), Mgr André Rivest, s'oppose à la Messe tridentine et n'appliquera pas le Motu proprio "Summorum Pontificum" dans le diocèse.

Le curé de la paroisse Sacré-Coeur, Mgr Jean-Roch Gaudin, a écrit un texte dans le feuillet paroissial qui annonce de manière officielle que l'évêque de Chicoutimi, Mgr André Rivest, n'appliquera pas le Motu proprio "Summorum Pontificum" dans le diocèse suite à la demande qui lui a été faite par 130 fidèles.

Voici le texte de Mgr Jean-Roch Gaudin :

1. En juillet 2007, le St-Père a étendu à l'Église entière la possibilité de célébrer la messe selon les livres liturgiques promulgués le 23 juin 1962, soit avant le Concile Vatican II. On appelle cela la "forme extraordinaire" de la messe. En langage liturgique, le mot "extraordinaire" signifie exceptionnel. Lors de la célébration sous cette forme extraordinaire, le prêtre célèbre la messe en latin et dos au peuple, comme autrefois, et les participants communient à genoux et sur la langue. La forme actuelle de célébrer la messe est la "forme ordinaire".

2. Il y a un mois, une pétition signée par 100 personnes m'a été présentée, me demandant l'autorisation d'avoir une messe une fois par mois sous la "forme extraordinaire", dans une des trois églises de la paroisse, de préférence à l'église du Christ-Roi. Selon le Motu Proprio du St-Père, j'avais le pouvoir d'autoriser cette requête.

3. Mais, comme les signataires venaient principalement de différentes paroisses du diocèse et par solidarité avec la pastorale d'ensemble du diocèse, j'ai cru bon consulter Mgr André Rivest, le premier Pasteur du diocèse, et en même temps lui soumettre la pétition pour qu'il donne une orientation diocésaine à ce sujet.

4. Mgr Rivest a consulté son Conseil presbytéral (composé de différents prêtres du diocèse) le lundi 19 mai dernier et le lendemain il m'a téléphoné pour me dire qu'il croyait bon de ne pas accorder l'autorisation de célébrer la messe sous la "forme extraordinaire" dans le diocèse pour les raisons suivantes :

a. Le Motu Proprio dit : "dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la messe sous sa forme extraordinaire" (art. 5-1). Ni dans la paroisse Sacré-Coeur, ni dans le diocèse, il n'existe de groupe stable. Les signataires de la pétition ne forment pas un groupe stable, un groupe permanent, une communauté en tant que telle, mais un ensemble de personnes dispersées dans le diocèse qui, très majoritairement, n'ont pas de lien continu entre elles.

b. L'Évêque a comme rôle de protéger l'unité dans le diocèse et il a l'autorité et la responsabilité sur la liturgie et sur la pastorale des fidèles. L'autorisation de célébrer des messes sous sa "forme extraordinaire", sera source de division parmi les prêtres et les fidèles et l'impact d'une telle célébration risque d'être négatif.

c. Parmi les critères mis de l'avant par le St-Père dans son Motu Proprio, l'évêque doit examiner si les demandeurs et les prêtres eux-mêmes ont la formation liturgique et une "certaine familiarité" avec la "forme extraordinaire" du rite latin, de même qu'une bonne connaissance de la langue latine que le pape Benoît XVI lui-même juge nécessaires pour une célébration fructueuse selon la "forme extraordinaire". Or, parmi les signataires très peu peuvent répondre positivement à ces critères.

5. Après avoir consulté mon équipe pastorale, je suis totalement en accord avec la position de Mgr Rivest qui m'a demandé de vous faire part de sa décision. Je n'autorise donc pas la célébration de la messe sous sa "forme extraordinaire" dans la paroisse Sacré-Coeur (photo ci-dessus).

6. Cependant, les personnes qui désirent avoir une telle messe, peuvent se rendre à l'église St-François-d'Assise, 1381, 1ère Avenue, Limoilou, Québec, tous les dimanches et les jours de fête, à 10 heures (messe chantée).

Mgr Gaudin a même affirmé : "Mon article annonce officiellement et publiquement la position de l'«évêque et la mienne. J'espère qu'avec mon article, l'histoire va se terminer. Autrement, je vais me poser de sérieuses questions sur le sens du respect et de l'obéissance à l'autorité de la part de ces personnes. Ce n'est pas le Pape qui est le premier responsable pastoral et de la liturgie du diocèse, mais l'évêque. Et les Papes ont l'habitude de respecter cette responsabilité, à moins de raisons très très très graves.

Le Pape n'interviendra sûrement pas sur ce dossier et n'obligera sûrement pas notre évêque à offrir une messe tridentine dans le diocèse. Il lui demandera seulement des informations supplémentaires et il le respectera dans sa décision. L'Évêque aura perdu du temps inutilement".

Pour plus de détails, vous pouvez visiter le blog :
http://motupropriochicoutimi.over-blog.com/

Bien à vous,

Léonard Murphy

Mon commentaire :

Il est évident que l'évêque de Chicoutimi oppose la lettre juridique à l'esprit d'apaisement du Saint Père.

D'après le motu proprio Summorum Pontificum (
Art. 5, § 1) :

"Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église."

Le Saint Père ne donne pas de définition de ce qu'est un groupe stable de fidèles, mais 130 personnes ne sont pas quantité négligeable, et les rejeter comme le fait l'évêque de Chicoutimi est pour le moins peu charitable et contraire à l'esprit de réconciliation voulue par le Saint Père. Se baser sur le fait que les dits fidèles sont répartis sur plusieurs paroisses du diocèse est un argument spécieux à une époque de grande mobilité.

Il existe toutefois un recours quand l'évêque du lieu fait la sourde oreille. Il ne faut pas hésiter à saisir la Commission pontificale Ecclesia Dei, comme le prévoit cet article du motu proprio (Art. 7.) :

"Si un groupe de fidèles laïcs dont il est question à l’article 5 § 1 n’obtient pas du curé ce qu’ils lui ont demandé, ils en informeront l’Évêque diocésain. L’Évêque est instamment prié d’exaucer leur désir. S’il ne peut pas pourvoir à cette forme de célébration, il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei."

Francis Richard
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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 09:34

Quand le 7 juillet 2007 le Souverain Pontife, Benoît XVI, a publié son motu proprio « Summorum pontificum », je me suis demandé pourquoi il avait écrit que le missel romain de la liturgie conciliaire était l’expression ordinaire et le missel romain de la liturgie tridentine l’expression extraordinaire d’un unique rite romain.

 

Le Saint Père employait à dessein les qualificatifs d’ordinaire et d’extraordinaire pour les deux expressions vivantes de la liturgie romaine. On pouvait comprendre que par ordinaire il entendait l’expression la plus répandue et par extraordinaire l’expression à laquelle un nombre minoritaire mais non négligeable de fidèles était attaché.

 

Près de neuf mois après le début de la mise en application de son motu proprio, le 14 septembre 2007, en la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, je crois maintenant que le Saint Père était réellement inspiré par l’Esprit Saint, qu’il avait invoqué avant que de donner son texte à Rome ce 7 juillet de la troisième année de son pontificat.

 

C’est en observant les premiers résultats déjà obtenus, même s’ils déçoivent les impatients, et c’est en relisant, avec le recul, ce motu proprio que j’ai compris que derrière le sens premier d’extraordinaire il y en avait un second.

 

Les résultats obtenus ? Prenons le cas de la France. Selon le site de Paix Liturgique ici, qui porte bien son nom, il y a au moins 342 lieux de culte où la messe d’avant Concile Vatican II est  régulièrement célébrée, qu’elle le soit avec ou sans l’agrément de l’évêque, en parfaite communion ou non avec le Saint Siège. Il y a en cours, à l’heure actuelle, toujours selon Paix Liturgique, 153 demandes d’application du motu proprio et il y en a chaque jour de nouvelles.

 

A ce propos il est un fait nouveau qu’il convient de souligner. Des prêtres qui n’ont pas été formés dans un séminaire traditionnel se mettent à célébrer la messe tridentine. C’est en soi déjà un petit miracle, qui laisse augurer, j’espère, que la tunique déchirée de l’Eglise pourrait bien être en train de se recoudre.

 

Paix Liturgique parle de treize lieux de culte en Suisse où la messe tridentine est célébrée. Je lui signale amicalement qu’elle en oublie au moins six autres qu’elle peut trouver sur le site de Mysterium Fidei ici et qui sont agréés par l’évêque de Fribourg, Genève et Lausanne. J’ignore cependant s’il y a des demandes, comme en France, depuis la mise en application du motu proprio.

 

Mais revenons à l’emploi du terme extraordinaire par le Saint Père. Il écrit, dans son motu proprio, que « le missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII (…), en raison de son usage vénérable et antique, doit jouir de l’honneur qui lui est dû ». J’en conclus que le second sens qu’il faut entendre est celui d’exceptionnel non pas par la quantité mais par la qualité.

 

Dans un magnifique texte de mai dernier que vous pouvez lire sur le site de Mysterium fidei, l’abbé François Clément, à la messe duquel j’assiste de temps en temps, en la Chapelle Saint Augustin de Lausanne, tire les conséquences suivantes du motu proprio : 

 

-         « aucune (des) deux formes (liturgiques romaines) ne peut faire comme si l’autre n’existait pas »

-         il faut « se donner du mal pour que nos messes (selon la forme extraordinaire) soient encore plus belles et plus « convaincantes », plus paisibles et plus priantes »

-         il faut « user de patience »

 

Il conclut : « Ce qui est juste et vrai ne peut pas mourir. Ce qui a été inspiré par l’Esprit de Dieu, poli par les siècles et gardé vivant est encore là, sous nos yeux éblouis. La guerre cesse parfois aussi faute de combattants et on ne va pas se plaindre d’une certaine paix retrouvée ».

 

J’ajouterai que la forme extraordinaire de la liturgie me convient mieux que sa forme ordinaire parce que je suis moi-même un fidèle ordinaire, qui n’a rien d’extraordinaire.

 

Francis Richard

 

PS

 

J’emploie les expressions de messe conciliaire et de messe tridentine par commodité bien que je sache fort bien qu’elles sont inexactes. Les puristes me pardonneront.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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