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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 22:35
Une huitaine de jours passés au Pays Basque, à Saint Jean-de-Luz (photo ci-contre), m'ont permis de me ressourcer, au sens plein du terme puisque je m'y suis rendu pour la première fois avec ma mère, en provenance de Belgique où je suis né, alors que j'avais à peine trois semaines d'existence...

Rédiger des articles dans un cyber-café n'est pas chose aisée, comme j'ai pu en faire l'expérience ... et j'ai donc bien dû me résoudre à respecter une trêve pascale de quelques jours.

Le jour de Pâques, j'ai assisté à la messe dans l'église Saint Jean-Baptiste, où Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, Infante d'Espagne, se sont mariés en 1660... L'église était pleine à craquer, remplie de locaux et de gens de passage, comme moi. Le Pays Basque n'est pas une terre de mission pour l'Eglise catholique...

Sur la feuille dominicale, datée du 12 avril 2009, de la paroisse Saint Pierre de l'Océan - itsasoko jondoni Petri - , à laquelle la célèbre église luzienne est rattachée, j'ai pu lire un message au Peuple de Dieu ( ici ), en date du Jeudi Saint, 9 avril 2009, signé par Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, et par les prêtres du diocèse. A mon retour ici à Lausanne, je ne résiste pas à la tentation de reproduire ce message, qui ne peut que réchauffer le coeur des catholiques fidèles :

Rassemblés pour la messe chrismale, en la Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne, où nous avons renouvelé les promesses de notre ordination presbytérale, nous voulons adresser un message au peuple de Dieu, à l'occasion du Jeudi-Saint, jour anniversaire de l'institution de l'Eucharistie et du Sacerdoce.

Nous croyons à notre ministère, celui pour lequel nous avons été consacrés dans le sacerdoce et pour lequel nous avons donné toute notre vie. Loin de regretter le choix que nous avons fait, en répondant oui à l'appel du Seigneur, nous sommes tout à la joie de redire aujourd'hui notre disponibilité à l'Eglise et aux hommes. C'est en pleine liberté que nous avons choisi le célibat consacré, selon la discipline de l'Eglise latine, et dont le dernier Synode ordinaire des évêques a rappelé "la richesse inestimable", "comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l'Eglise et au Règne de Dieu".

Les défections médiatisées, que nous n'avons pas à juger, ne doivent pas faire oublier la fidélité et la générosité de l'immense majorité des prêtres de nos diocèses de France.

Conscients de nos faiblesses, nous nous confions à la prière des fidèles qui nous entourent de leur amitié, de leur soutien et de leur engagement au service de nos communautés, et les assurons de notre entier dévouement.

Les humbles fidèles, et pécheurs, dont je suis, ne peuvent que prier pour de tels prêtres que le Seigneur nous fait la grâce de nous envoyer pour s'occuper de nos âmes. Ils ne peuvent également que les remercier pour leur dévouement sans faille.

Francis Richard

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 19:40

Jean Ferré, le regretté fondateur - avec Serge de Beketch - de Radio Courtoisie  ( ici ) aimait à répéter  :

"Un texte sans contexte est un texte con".

Cette phrase m'est restée. Et, quand je cite quelqu'un, j'essaie toujours de situer la citation que je fais dans son contexte, autant que faire se peut. Cela me semble être une simple question d'honnêteté intellectuelle.

Dans l'avion qui l'emportait mardi 17 mars après-midi vers le Cameroun, le Pape Benoît XVI a fait une déclaration. Les journalistes, que seules les petites phrases intéressent et qui se soucient comme d'une guigne de la vérité, n'ont retenu des propos du Pape que deux phrases approximativement reproduites et, surtout, isolées de leur contexte :

"On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs" 

"Au contraire leur utilisation aggrave le problème

C'est ainsi que se comporte Philippe Dumartheray dans La Tribune de Genève ici, qui rapporte, entre autres, avec jouissance, ce commentaire assassin de Daniel Cohn-Bendit :

 

"C'est presque du meurtre prémédité. Il y en a assez avec ce pape !"

A l'heure d'Internet il est facile de se renseigner. Ce qu'a vraiment dit le Pape sur la distribution de préservatifs (l' image de l'objet ci-dessus est reprise du site ici de M6info.fr ) se trouve très facilement sur le site de l'agence de presse Zenit  (ici ) et a été publié avant que Philippe Dumartheray ne publie son propre article.

Pour des questions de droits de reproduction, il ne m'est pas possible de reproduire tout le texte. Je citerai cependant le passage essentiel, laissant à l'internaute le soin de se reporter, pour un contexte plus large, à la source indiquée :

"Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements  personnels, à être proches de ceux qui souffrent."

Dans son article Philippe Dumartheray laisse entendre - ce qui est criminel pour le coup - que le préservatif est la seule prévention possible contre le sida et que ne pas le mettre lors de relations sexuelles peut être mortel. Le Pape serait donc criminel d'encourager les Africains à ne pas utiliser de préservatif. Comme on vient de le lire, ce n'est pas ce qu'a dit le Pape.

Le Pape répète - ce que l'Eglise a toujours dit, et qu'elle dira toujours - que la sexualité ne peut pas être déconnectée de la spiritualité et de l'amour. Autrement dit que la seule et égoïste satisfaction sexuelle ne peut qu'engendrer des désordres et empêcher le plein épanouissement des hommes et des femmes. Ce n'est pas une nouveauté. C'est pourquoi l'Eglise a toujours prôné la fidélité et la monogamie, qui restent selon elle, en l'occurrence, la meilleure des préventions contre le sida.  

A ce propos le Christ n'y va pas avec le dos de la cuiller. Il n'est pas venu abolir la loi, il est venu l'accomplir (Matthieu 5, versets 27 et 28) - et comment ! - :

"Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : tu ne commettras point d'adultère. Mais moi je vous dis que quiconque aura regardé une femme pour la convoiter, a commis déjà l'adultère dans son coeur"

Plus loin Il en rajoute une couche (versets 31 et 32) :

"Il a été dit aussi : Quiconque renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation. Et moi je vous dis que quiconque renvoie sa femme hors le cas d'adultère, la rend adultère: et quiconque épouse une femme renvoyée, commet un adultère"

Il faut reconnaître que ce n'est pas très XXIème siècle : en ce siècle il serait même recommandé de baiser tout ce qui bouge, à condition de mettre une protection...

Aux yeux de l'Eglise, le préservatif - qui n'est pas, loin de là, fiable à 100% - n'est donc pas la meilleure prévention contre le sida. Utilisé d'abord comme moyen de contraception, puis comme protection contre les maladies sexuellement transmissibles, dont le sida est la plus redoutable, il a le fâcheux inconvénient de faire croire à l'utilisateur qu'il peut échapper sans risques aux conséquences de son vagabondage sexuel. Cela peut l'encourager, à tort, à persévérer dans cette voie risquée.

Le Pape dit donc en substance - en termes moins directs bien sûr :

"Vous n'êtes pas obligés de céder à toutes vos pulsions sexuelles et à toutes leurs dérives. Si vous le faites, vous augmentez vos risques. Le préservatif peut toujours vous lâcher, être déficient. Tandis que si vous êtes fidèles l'un à l'autre, entre époux, le risque par contamination sexuelle du moins sera nul."

L'autre volet de la déclaration du Pape, qui a été occulté généreusement par les média, est l'aide à apporter aux Africains pour soigner les malades en grand nombre atteints par le sida et les accompagner spirituellement et humainement dans leurs souffrances. Compte tenu de la gravité de la situation, le Pape a d'ailleurs demandé aux entreprises pharmaceutiques la gratuité des thérapies.

Le père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, ( ici ) a rappelé opportunément le 18 mars que :

"25% des structures s'occupant des malades du sida sont catholiques. Il faudrait aussi mentionner toutes les structures s'occupant des enfants nés séropositifs et spécialement des orphelins du sida".

Cela n'intéresse évidemment pas Philippe Dumartheray et ses semblables...

Alors on peut ne pas être d'accord avec la morale prônée par l'Eglise, ou avoir du mal à la respecter - dans ce cas, pourquoi ne pas mettre un préservatif ? cependant, c'est sans garantie -, mais dire qu'elle est criminelle c'est de la désinformation pure. L'Eglise ne demande pas de ne pas utiliser de préservatifs, elle demande d'avoir un comportement sexuel conforme à son enseignement, ce qui permet de s'affranchir de cette protection à risques.

Francis Richard

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 00:45

La réponse est oui.

En effet la levée de l'excommunication des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre et Mgr Castro Mayer continue à soulever un tollé dans les média et dans la frange des catholiques qui ne jurent que par Vatican II, comme s'il y avait une solution de continuité entre ce dernier concile oecuménique et tous les autres conciles qui l'ont précédé. 

Il est possible, comme le pape Benoît XVI le fait déjà, d'éclairer Vatican II à la lumière de la Tradition et de renoncer à ce que le pape Paul VI appelait "les fumées de Satan", c'est-à-dire aux déviances qui l'ont suivi et qui se sont traduites par la pénurie des vocations et la chute brutale de la pratique religieuse.

Selon une étude de l'IFOP, publiée par La Croix en juillet 2006, en France, par exemple, 81% des Français se disaient catholiques en 1952, ils n'étaient plus que 65% en 2006, et les "messalisants" (ceux qui vont à la messe tous les dimanches) étaient passés de 27% à 4,5% dans le même laps de temps. Beau résultat !

Les adeptes suisses du seul Concile Vatican II - que j'appellerai par commodité monoconciliaires - ont manifesté dimanche 8 mars à Lucerne à l'appel du mouvement "Auftreten statt austreten" ("se positionner plutôt que se retirer"). Ils étaient des centaines selon Le Matin ( ici ) , 1'500 selon 24 heures (
 ici ). Ce qui ne représente pas grand chose au regard des plus de 3'300'000 baptisés catholiques sur une population totale de 7'700'000 habitants, que compte la Suisse...

Le leitmotiv des manifestants était de s'opposer à la ligne actuelle de l'Eglise jugée conservatrice, étroite d'esprit, autoritaire, pas assez moderne, sans vouloir quitter l'Eglise pour autant. La goutte qui a fait déborder leur vase, qui ne devait pas être rempli d'eau bénite - c'est trop réac l'eau bénite -, a été la levée des excommunications et particulièrement celle de Mgr Williamson.

Le Matin
nous dit :

 

Les protestataires proposent au contraire une Eglise plus proche de ses membres et favorise une pratique contemporaine de la foi. Concrètement, ils revendiquent l'application pleine et entière des droits de l'homme au sein de l'institution, un système plus participatif, l'égalité des sexes, l'oecuménisme et le pluralisme des opinions ".

Cette église qu'ils appellent de leurs voeux existe déjà. C'est l'église de nos frères protestants. S'ils veulent rester catholiques, il faut qu'ils admettent le primat de Pierre, ce à quoi d'ailleurs rien ne les oblige. Le nonce du Vatican en Suisse, pour lequel la manifestation de Lucerne a été un motif de souffrance ( ici ), a rappelé avant-hier que :

" Le pape Benoît XVI, ainsi que ses prédécesseurs Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II sont - au sein de l'Eglise catholique - les garants de la vision correcte et fidèle du Concile Vatican II ".

Autrement dit : fini les divagations et les interprétations personnelles sujettes à caution !

La Conférence des Evêques suisses, par la voix de son président, Mgr Koch, s'est prononcée le 5 mars sur la levée des excommunications ( ici ). Sa position est celle de donneurs de leçons tous azimuts qu'il faut bien considérer avec une certaine admiration. D'un côté Mgr Koch a souligné que :

" la levée de l'excommunication ne signifie pas réhabilitation de plein droit, mais ouverture de la part de l'Eglise catholique à des personnes qui s'en sont séparées pour des raisons de doctrine ".

De l'autre Mgr Koch s'est déclaré fâché :

" par le fait que la manifestation prévue pour samedi à Lucerne contre la levée des excommunications passe pour une manifestation nationale, alors qu'il ne s'agit en fait que d'un événement alémanique ".

En somme un coup de crosse à droite, un coup de crosse à gauche. Et pour finir un coup de crosse asséné au pape lui-même :

" La levée de l'excommunication a été préparée avec trop peu de soin et il y a eu de grosses lacunes de la part de la Curie dans l'information aux évêques, aux fidèles et à l'opinion publique ".

Le commentaire de Vincent Pelligrini ( ici ) dans Le Nouvelliste du 5 mars sur ce communiqué vaut d'être cité :

 

" Le pape est tout seul. Du moins si l'on considère les épiscopats européens. Heureusement je peux confirmer qu'il reste nombre de fidèles et de prêtres qui sont plus indulgents avec lui que les évêques suisses en l'affaire décrite ci-dessus ".

Hier matin, sur La première, Mgr Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (photo ci-dessus, de Florian Cella, tirée ( ici ) de La Tribune de Genève  du 18 février dernier), a réagi au sujet de la levée des excommunications dans la même veine que Mgr Koch. Puis il a réagi au sujet de l'excommunication prononcée par son frère dans l'épiscopat, Mgr Sobrinho, évêque de Recife.

Cette sanction religieuse a été prise à l'encontre de la mère d'une enfant de 9 ans, que l'on a avorté, à 15 semaines, de deux jumeaux qu'elle portait à la suite d'un viol, excommunication prononcée également à l'encontre de l'équipe médicale qui a pratiqué cet avortement ( ici ).


Mgr Sobrinho avait souligné :


" La loi de Dieu est au-dessus de n'importe quelle loi humaine. Alors, quand une loi promulguée par des législateurs est contraire à la loi de Dieu, cette loi n'a aucune valeur ".

D'accord avec Mgr Farine, son auxiliaire, pour estimer que l'excommunication est une arme anachronique - sauf bien entendu à l'égard des évêques d'Ecône - Mgr Genoud a déclaré à propos de cette affaire brésilienne que la parole était d'argent, mais que le silence était d'or : 

" Il y a des fois où il faut se taire. C'est tout. Ne rien dire. Bien sûr cela reste grave des choses comme cela, mais il y a un moment où il y a la loi et où il y a l'application de la loi. C'est ce qu'on appelle l'épiquie  ".
 
Joli coup de crosse confraternel !

J'en conclus qu'il vaut mieux avorter que d'être sacré évêque. Car le silence n'a pas été d'or sur la levée des excommunications. Loin s'en faut. Il y en a même qui ont suggéré d'excommunier à nouveau les évêques ordonnés par Mgr Lefebvre s'ils se montraient trop récalcitrants à reconnaître Vatican II dans son intégralité : un nouvel intégrisme... en quelque sorte.

Francis Richard


L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 11:00
L'agence de presse Zenit a publié hier ( ici ) une lettre de Mgr Williamson (photo ci-contre tirée de 24 Heures ici ) dans laquelle il demande pardon et déclare notamment :

Le Saint-Père et mon supérieur, Mgr Bernard Fellay, m'ont demandé de reconsidérer les remarques que j'ai faites à la télévision suédoise il y a quatre mois, en raison de leurs si lourdes conséquences.


En examinant ces conséquences, je peux dire sincèrement que je regrette d'avoir fait ces remarques, et que si j'avais su à l'avance tout le mal et les blessures qu'elles allaient susciter, spécialement pour l'Eglise, mais aussi pour les survivants et les familles des victimes de l'injustice sous le Troisième Reich, je ne les aurais pas faites.

Dont acte.

Francis Richard

Articles précédents sur la levée des excommunications annoncée le 24 janvier 2009 par le pape Benoît XVI :

La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort du 26 janvier 2009
Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI du 28 janvier 2009
La parole est au procureur Christian Terras,"expert" es Catholiques ! du 3 février 2009
Levée d'excommunication de Mgr Williamson : les à peu près de France 2 du 6 février 2009
Les poncifs anti-cléricaux de Charles Poncet dans "L'Hebdo" du 8 février 2009

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:20
Dans Télématin sur France 2, au cours du JT de 8 heures du 5 février 2009 (ici ), présenté par Nathanael de Rincquesen, un reportage est fait après la publication par la Secrétairerie d'Etat du Vatican d'un communiqué en date du 4 février 2009 au sujet entre autres de Richard Williamson. 

A 6 minutes du début de ce JT le commentaire suivant est fait : "Après deux semaines de tollé le Vatican a finalement réagi : il ne lèvera l'excommunication qui frappe Richard Williamson, l'évêque qui a tenu des propos négationnistes, qu'à une condition".

Suit une déclaration du porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi : "Pour retrouver une fonction au sein de l'Eglise catholique il faut qu'il renie publiquement tout ce qu'il a déclaré au sujet de la Shoah".

Si cette dernière déclaration est conforme au communiqué du 4 février 2009 ( 
ici ) de la Secrétairerie d'Etat, le commentaire ne l'est pas. Voici le passage du communiqué du 4 février 2009 :

"Il Vescovo Williamson, per una ammissione a funzioni episcopali nella Chiesa dovrà anche prendere in modo assolutamente inequivocabile e pubblico le distanze dalle sue posizioni riguardanti la Shoah, non conosciute dal Santo Padre nel momento della remissione della scomunica."

"Pour être admis à exercer une fonction épiscopale dans l'Eglise, l'évêque Williamson devra d'abord prendre ses distances de manière absolument sans équivoque, et publiquement, avec ses déclarations regardant la Shoah, non connues du Saint Père au moment de la levée de son excommunication".

En effet le Saint Père ne reviendra pas sur la levée de l'excommunication de Richard Williamson, contrairement à ce que dit le commentaire, mais Richard Williamson ne pourra exercer de fonction épiscopale que s'il prend ses distances avec ses positions relatives à la Shoah. Nuance !

Un peu après le reportage évoque les dites déclarations de Mgr Williamson effectuées à la télévision suédoise. Le commentaire de France 2 fait alors est le suivant : "Trois jours après, le 24 janvier, Benoît XVI lève pourtant l'excommunication qui frappe Richard Williamson et trois autres évêques. Selon le Vatican, à cette date, le Pape n'était pas au courant des positions négationnistes du prélat".

Ce commentaire est lui aussi en contradiction avec le communiqué de la Secrétairerie d'Etat. En effet que dit ce communiqué ? Que le Saint Père n'était pas au courant au moment de la levée des excommunications. Quand celle-ci a-t-elle eu lieu ? Le 21 janvier, c'est-à-dire le même jour que sont diffusées les déclarations scandaleuses de Mgr Williamson. Le commentaire fait croire faussement que le Saint Père ne connaissait pas ces déclarations trois jours plus tard, parce qu'effectivement le décret de levée des excommunications ne sera connu que le 24 janvier.

Ce petit exemple montre de quels à peu près se satisfont des journalistes professionnels qui prétendent nous informer, et qui appartiennent de surcroît au service public.

Francis Richard

L'internaute peut se reporter à mes articles précédents sur la levée des excommunications des quatre évêques ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre et Mgr Castro Mayer :

La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort - 26 janvier 2009
Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI - 28 janvier 2009
La parole est au procureur Christian Terras,"expert" es Catholiques ! - 3 février 2009

Je rappelle également que les catholiques fidèles devraient avoir à coeur de signer ( ici ) la lettre de soutien au pape que j'ai reproduite ( ici ).

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 23:15

Pascal Décaillet sur son blog ( ici ) a poussé un cri le 1er février dernier : "Terras, semper Terras". Cri de lassitude auquel le mien ne peut que se joindre.

Pascal Décaillet proclame d'abord, à juste titre : "Catholique, attaché à mon Eglise et à son unité, c’est avec nausée que j’accueille les propos de M. Williamson sur les chambres à gaz, je l’ai écrit, je le répète. L’antisémitisme est quelque chose d’insupportable, il n’y a rien d’autre à dire". Je suis en parfaite communion là encore avec lui (voir mon article Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI ).

Sur le sujet de l'Eglise catholique il a toutefois autre chose à dire  : "Cela posé, juste un mot sur la désespérance de certains carnets d’adresses. On leur dit Rome, ils pointent Terras. On leur dit Pape, ils ciblent Terras. Automatisme des Temps modernes, le génie de Charlot en moins. Terras, ou alors Hans Küng, toujours les mêmes, semper eadem !".

Christian Terras, rédacteur en chef de la revue Golias, est l'invité inévitable des medias, qui en font un représentant éminent, et souvent unique, de l'Eglise catholique. Aussi lui demandent-ils, sorte de réflexe pavlovien, d'émettre un  avis sur tout sujet relatif à l'Eglise catholique. Terras aurait bien évidememment tort de refuser d'entrer en telle matière, qui est pour lui pain béni.

Il suffit de lire Golias( ici ), dont Christian Terras est le rédacteur en chef, pour se rendre compte que, malgré tout le tapage qu'on lui permet de faire, il ne représente qu'une petite frange extrêmiste, et infime, du catholicisme français, attachée au seul concile Vatican II - qu'elle interprète à sa façon - en récusant tout ce qui le précède, et en s'autoproclamant ouverte et progressiste.

Dernier en date Le Matin.ch du 31 janvier ouvre ses colonnes à Christian Terras pour un entretien instructif ( ici ), où il se fait professeur de sémantique. Au cours de l'entretien le journaliste cherche à lui faire dire que Benoît XVI est "au fond un intégriste honteux qui soutient la Fraternité". Christian Terras n'ose tout de même pas aller aussi loin : "Non je ne crois pas que l'on puisse réduire Benoît XVI à un intégriste de la Fraternité. Il est beaucoup plus raffiné que ces gens-là".

Le journaliste insiste :
"Ce n'est pas un intégriste honteux, mais un intégriste assumé alors ...

Un traditionaliste plutôt.

Quelle est la différence ?

Les intégristes, ou plutôt réintégristes vu la situation actuelle, ne reconnaissent pas le pape en place. Ils interprètent la tradition catholique en ne choisissant qu'une partie des conciles et ils ont une vision théocratique de la société.

Les intégristes de la fraternité préfèrent d'ailleurs dire qu'ils sont traditionalistes...

C'est vrai, intégriste est pour eux une insulte. Mais ils ne sont pas traditionalistes. Les traditionalistes sont ceux qui ont refusé de suivre Mgr Lefebvre dans le schisme même s'ils partageaient ses points de vue".

 

Ce dialogue appelle au moins les commentaires suivants :

 

- Christian Terras affirme que les catholiques qui ont suivi Mgr Lefebvre "ne reconnaissent pas le pape en place" : l'internaute verra qu'il n'en est rien s'il prend connaissance de la lettre du Supérieur de la Fraternité Saint Pie X (voir mon article La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort ). En revanche on peut se demander ce que signifie pour Terras le mot de reconnaissance du pape, lui qui se fait un devoir de désobéir autant que faire se peut à Benoît XVI...

- Christian Terras affirme que les mêmes catholiques "interprètent la tradition catholique en ne choisissant qu'une partie des conciles" : or, sur les 24 conciles généraux de l'Eglise catholique, ceux-ci n'émettent de sérieuses réserves que sur le dernier, exactement la position inverse de Christian Terras et consorts...

- Les catholiques qui ont suivi Mgr Lefebvre se disent traditionalistes. Christian Terras n'en a cure. C'est lui le professeur de sémantique : ils sont intégristes, et même réintégristes. Point barre ! Que cela leur plaise ou non !

Cet exemple récent montre la complaisance - et la connivence - des medias avec ce courant ultra-minoritaire qui est à l'origine du cri libératoire, et latin, de Pascal Décaillet, évoqué plus haut.

En désespoir de cause Pascal Décaillet a cette conclusion magnifique, et poétique, que je vous laisse méditer : "Quand la curiosité se dissout dans la géométrie descriptive, il nous restera toujours, pour réinventer le monde, la mer de Valéry. Toujours recommencée."

Francis Richard


En ces circonstances, les catholiques fidèles auront à coeur de signer ( ici ) la lettre suivante de soutien au pape :

L’appel de simples fidèles catholiques

 

            Cette lettre réunit des fidèles catholiques, toutes tendances confondues, qui souhaitent soutenir le pape dans son geste courageux. Les animateurs de ce site vous assurent de l’entière confidentialité qui sera garantie aux noms des signataires dont la liste sera uniquement remise au Saint-Siège. 


Le 21 janvier 2009, vous avez décidé, Très Saint Père, de retirer* l’excommunication qui pesait sur les évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Par ce geste courageux, vous avez agi en pasteur du troupeau confié par Dieu.

 

            Hommes et femmes investis dans la vie de notre cité, pères et mères de familles ou célibataires, après des temps houleux où « la barque semblait prendre l'eau de toutes parts », nous souhaitons bâtir avec vous l’Église de demain sur sa Tradition. Ce dessein passe nécessairement par la transmission de la foi aux générations futures, par l’amour de la liturgie catholique et par la défense de la vie humaine.

 

               Par cette lettre, nous souhaitons avant tout vous exprimer notre vive gratitude. Si ce geste historique peut vous attirer le désaveu de certains médias hostiles recourant aux amalgames, il suscite en nous une joie immense et nous remplit d’espérance. Nous avons prié à vos intentions, à la suite de la demande que vous formuliez au seuil de votre pontificat : « Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups » (1).

 

            Nous voulons en apposant notre signature à cette lettre faire part de notre âge et du nombre de nos enfants pour vous dire qu’avec vous, nous voulons construire pour les générations qui nous suivront une Chrétienté qui sera, nous l’espérons de tout cœur, décomplexée et proclamera à toute la face du Monde le Credo.

 

            C’est dans un esprit de respect filial que nous vous apportons notre soutien et nos prières quotidiennes pour la poursuite de votre pontificat afin que l’Église de Dieu en sorte grandie.

 

 

(1) Benoît XVI, 24 avril 2005

 

 

« Rien n'enhardit autant l’audace des méchants que la faiblesse des bons »

 

Léon XIII, encyclique Sapientæ Christianæ, 10 janvier 1890

 

 

Le GREC, Groupe de Réflexion entre catholiques encourage vivement la démarche de ces catholiques qui souhaitent apporter leur soutien au pape Benoit XVI.
Il invite tous les catholiques de bonne volonté à s'unir à cette démarche informelle.

Qu'est-ce que le GREC ?

Marie-Alix Doutrebente,
P/O le Comité d'organisation du GREC

 

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* Simples fidèles, nous ne souhaitons pas nous immiscer dans des débats poussés sur des formules précises qui auront été disputées entre journalistes, clercs ou canonistes. Retirer l’excommunication, ce n’est ni lever l’excommunication, ni retirer le décret. Nous espérons que tous ceux qui sont animés par le seul dessein d’apporter leur soutien au pape, en conformité avec l’esprit qui l’a guidé le 21 janvier 2009 sauront dépasser des questions qui divisent plutôt qu’elles unissent.

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 22:00
Croyez-vous aux coïncidences? Moi pas.

Ainsi l'entretien de Mgr Williamson sur les chambres à gaz et l'antisémitisme a été enregistré il y a plusieurs semaines, le 1er novembre 2008, pour être exact. Pourtant la télévision suédoise ne l'a diffusé que le 21 janvier dernier, en pleine semaine de l'unité des chrétiens, le jour même où était signé le décret levant les excommunications prononcées le 1er juillet 1988 contre les quatre évêques ordonnés à Ecône le 30 juin 1988 par Mgr Lefebvre. Si c'est une coïncidence - thèse du producteur suédois de l'entretien -elle est pour le moins troublante.

Comme sont troublantes, lors de cet entretien, les dernières phrases de Mgr Williamson : "L'Allemagne a payé des milliards et des milliards de DM et aujourd'hui d'euros parce que les Allemands ont un complexe de culpabilité sous prétexte qu'ils auraient gazé 6 millions de Juifs. Mais je ne crois pas que 6 milllions de Juifs ont été gazés. Mais, je vous en conjure, ce que je vous dis est contraire à la loi en Allemagne. S'il y avait un Allemand à proximité vous pourriez me faire mettre en prison avant que je ne quitte l'Allemagne. J'espère que telle n'est pas votre intention [c'est moi qui souligne]" ... Des rumeurs circulent maintenant selon lesquelles une enquête serait ouverte par la justice allemande sur Mgr Williamson... qui pourrait se retrouver sur le banc d'infamie. D'une pierre deux coups...

Tout  cela ressemble fort à une manipulation : il s'agit de faire échouer toute réconciliation avec les  catholiques qui ont suivi Mgr Lefebvre, puis qui ont suivi les évêques qu'il a ordonnés. Au nom de Vatican II on proclame le dialogue interreligieux, et on le pratique avec tout le monde, mais on en exclut ceux qui ont une sensibilité catholique traditionnelle : un comble ! Que ces attaques proviennent de nos frères séparés, ou de nos frères aînés, passe encore, même si c'est désolant. Mais qu'elles proviennent de soi-disants catholiques c'est tout simplement choquant. Cela montre en tout cas que le Diviseur livre un combat d'arrière-garde: il n'est jamais autant déchaîné que quand il est sur le point d'échouer.

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI ne pouvait pas ne pas être au courant de cette diffusion des propos scandaleux de Mgr Williamson par la télévision suédoise quand il a décidé de promulguer, le 24 janvier, le décret, signé le 21, de levée des excommunications. Il a courageusement passé outre. Pourquoi ? Parce qu'au-delà de la personne douteuse de Mgr Williamson il y a trois autres évêques et des centaines de milliers de catholiques (24 Heures parle de 600'000 fidèles en marge de son article sur le "mécontentement" des Allemands à la suite de cette levée de sanctions ici ). Autant d'âmes qu'il convient de ramener au bercail.

Benoît XVI ne s'est donc pas fait avoir
comme l'insinue fielleusement le Père Albert Longchamp, Provincial des Jésuites de Suisse, dans un entretien accordé à Swissinfo. Benoît XVI a promulgué le décret de levée parce que Mgr Fellay, en son nom et au nom des trois autres évêques sanctionnés, avait fait un premier pas (voir mon article La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort ) et qu'il se devait d'en faire un lui aussi, à son tour, quitte à braver une tempête qui serait, à n'en pas douter, savamment orchestrée par les média. Il l'a fait d'autant plus tranquillement qu'il n'a rien à se reprocher au sujet de la Shoah, s'étant rendu à Auschwitz le 28 mai 2006 pour y prononcer un discours éloquent. Ce mercredi il l'a d'ailleurs répété haut et clair : "La Shoah doit être pour tous un avertissement contre l'oubli, la négation et le réductionnisme".

En disant que le Pape s'est fait avoir, le Père Albert Longchamp cherche à le ridiculiser et ... à lui enlever tout mérite. Car il faut du courage aujourd'hui pour affronter des média unanimes, et prompts, à pratiquer l'amalgame et à parler de réhabilitation d'un négationniste, dans le but évident de salir l'Eglise, alors qu'il s'agit de tout autre chose. Le Père Albert Longchamp est complice de cet amalgame nauséabond. Il dit en effet  le 27 à Swissinfo ( ici ) : "Je ne suis pas sûr que Benoit XVI va réagir à ces propos négationnistes, étant donné que l'un de ses prédécesseurs, Pie XII, a eu une attitude critiquable envers les Juifs avant et durant la Deuxième Guerre mondiale. Les rapports entre l'Eglise catholique et les Juifs restent en effet très délicats." Pas de chance Benoît XVI a réagi le lendemain !

Pour ceux qui l'ignorent, comme le savant Père Longchamp, on sait aujourd'hui que Pie XII n'a pas eu cette "attitude critiquable envers les Juifs", dont le Provincial se fait le sinistre écho désinformateur. Il suffit pour s'en convaincre de lire les six forts volumes écrits par le rapporteur du procès en béatification, le RP Peter Gumpel, et le considérable travail d'historien du RP Pierre Blet. Sait-il ce Jésuite, à la langue contournée, ce que Golda Meir déclarait à propos de Pie XII en 1958 ? Elle déclarait : "Pendant la décennie de la terreur nazie (...), la voix du pape s'est élevée pour condamner les persécuteurs". 

En outre dans un article publié le 25 janvier 2007 dans la "National Review", l'ancien directeur des services secrets extérieurs roumains, passé à l'Ouest en 1978, le général Ion Mihai Pacepa, montre que nous devons la légende noire de Pie XII à une vaste opération de dénigrement montée par le général Aleksandr Sakharovsky, grand patron du premier directorat du KGB, dont le morceau de bravoure sera une pièce de théâtre, attribuée à l'Allemand Roch Hochhuth, intitulée Le Vicaire, réécrite par le camarade Erwin Piscator, accompagnée de documents subtilisés au Vatican par les Roumains et falsifiés pour les besoins de cette cause sordide.

Enfin, signalons l'attitude courageuse, mais pas téméraire des évêques suisses. Le 24 janvier le premier réflexe de Mgr Koch, le président de la Conférence, est le bon. Dans un communiqué il écrit ( ici ): "Avec la levée de l'excommunication des quatre évêques, le pape offre une main tendue pour la réconciliation. Le décret de la Congrégation des évêques sur la levée de l'excommunication, signé par le cardinal Giovanni Battista Re, souligne que d'autres pas sont encore nécessaires jusqu'au rétablissement de la pleine unité entre la totalité de la Fraternité Saint Pie X et l'Eglise catholique." Ce qui est une évidence.

Le second réflexe l'est moins. Mais il faut dire qu'entre-temps la tempête médiatique s'est amplifiée. Après avoir aimablement rappelé que les quatre évêques font toujours l'objet d'une suspens a divinis, le 27 janvier Mgr Koch se fait beaucoup moins amène ( ici ), il se fait même exigeant : "Nous, évêques suisses, attendons qu’au cours des discussions préalables au rétablissement de la communion et à la levée des suspensions, les quatre évêques de la fraternité déclarent de manière crédible qu’ils acceptent le Concile Vatican II et en particulier la déclaration « Nostra Aetate » et qu’ils adoptent une attitude positive envers le judaïsme."

Comme disait ce mécréant de Voltaire : "Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge !" 

Francis Richard

Voici la version sous-titrée en français des propos de Mgr Williamson enregistrés le 1er novembre 2008, diffusés sur la télévision publique suédoise le 21 janvier 2009 :




Pour que l'internaute ait en mains une pièce importante du dossier, voici le communiqué de Mgr Fellay, Supérieur de la Fraternité Saint-Pie X :

Nous avons eu connaissance d’une interview accordée par Monseigneur Richard Williamson, membre de notre Fraternité Saint Pie X, à la télévision suédoise. Dans cette interview, celui-ci s’exprime sur des questions historiques, en particulier sur la question du génocide juif par les national-socialistes.

Il est évident qu’un évêque catholique ne peut parler avec une autorité ecclésiastique que sur des questions concernant la foi et la morale. Notre Fraternité ne revendique aucune autorité sur les autres questions. Sa mission est la propagation et la restauration de la doctrine catholique authentique, exposée dans les dogmes de la foi.
C’est pour ce motif que nous sommes connus, acceptés et estimés dans le monde entier.

C’est avec une grande peine que nous constatons combien la transgression de ce mandat peut porter tort à notre mission. Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société. C’est pourquoi je lui ai interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques.

Nous demandons pardon au Souverain Pontife, et à tous les hommes de bonne volonté, pour les conséquences dramatiques d’un tel acte. Bien que nous reconnaissions l’inopportunité de ces propos, nous ne pouvons que constater avec tristesse qu'ils atteignent directement notre Fraternité, dans le but de discréditer sa mission.

Cela nous ne pouvons l’admettre et nous déclarons que nous continuerons de prêcher la doctrine catholique et de dispenser les sacrements de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Menzingen, le 27 janvier 2009
+ Bernard Fellay
Supérieur Général

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 21:30
Tout catholique fidèle ne peut que se réjouir que le pape Benoît XVI ait levé les excommunications infligées le 1er juillet 1988 aux quatre évêques ordonnés la veille par Mgr Lefebvre.  Cette mesure d'apaisement prononcée le 21 janvier dernier, au cours de la semaine de l'unité, est le signe que le pape Benoît XVI est bien décidé à recoudre la tunique déchirée.

Le décret ( ici ) de levée de ces condamnations canoniques se réfère à une lettre adressée le 15 décembre 2008 par Mgr Fellay, un des quatres évêques ordonnés à Ecône il y a 20 ans. Dans cette lettre Mgr Fellay écrit ce passage, cité par le décret, qui montre le pas indéniable qu'il a fait : "Nous sommes aussi toujours bien ancrés dans la volonté de rester catholiques et de mettre toutes nos forces au service de l'Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est l'Eglise catholique romaine. Nous acceptons son enseignement filialement. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives [c'est moi qui souligne] et c'est pourquoi la situation actuelle nous fait d'autant plus souffrir".

Tout n'est pas résolu pour autant, mais, avec la levée des sanctions et cette déclaration de soumission, les deux parties ont fait un grand premier pas vers la réconciliation. Le décret, de son côté, explique les raisons de la levée des excommunications : "Cet acte exprime le désir de consolider les relations réciproques de confiance, d'intensifier et de rendre stables les rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec le Siège Apostolique. Ce don de paix, au terme des célébrations de Noël, se veut aussi un signe pour promouvoir l'unité dans la charité de l'Eglise universelle et, par là, enlever le scandale de la division [c'est moi qui souligne]".

Au vu des réactions suscitées dans les média par cette levée de sanctions canoniques, il est bon de rappeler pourquoi les quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre ont été excommuniés. Ils l'ont été, ainsi que Mgr Lefebvre, et eux cinq seuls (1), parce qu'ils ont été ordonnés, et qu'il a ordonné, non seulement sans mandat du pape de l'époque, à savoir Jean-Paul II, mais encore en dépit de sa mise en garde. C'est pourquoi il s'est agi d'une excommunication latae sententiae, encourue par la seule commission du délit de désobéissance. C'était donc avant tout une mesure de discipline interne à l'égard de membres éminents de l'Eglise, mais désobéissants. Même si cette désobéissance pouvait avoir des origines doctrinales.

Dans ce contexte il est tout de même extraordinaire que de bons apôtres, pour la plupart extérieurs à l'Eglise, pour certains ennemis jurés de l'Eglise, pour d'autres ennemis couvés parfois même en son sein, s'octroient un droit d'ingérence dans les affaires disciplinaires de l'Eglise et qu'ils donnent des leçons à son chef sur sa manière de la gouverner. De quoi se mêlent-ils, que diable, s'ils sont non-catholiques ? Et catholiques, pourquoi le restent-ils, s'ils se sentent si mal à l'aise en son sein ? Personne n'oblige personne à être catholique. Il est d'autres façons d'être chrétiens pour ceux qui le souhaitent...

Les média, comme d'habitude, jouent là encore leur rôle de désinformation. Ils contribuent à mettre de l'huile sur le feu en mettant l'accent sur des faits qui n'ont rien à voir avec la levée des sanctions. Ainsi l'un des quatre évêques a tenu des propos "négationnistes" ( voir les articles de 24 Heures ici et du Matin ici ). La levée de son excommunication serait donc scandaleuse. Quel rapport ? Aucun. Il est évident que la levée de l'excommunication de cet évêque n'a pas été faite pour le récompenser  pour ces propos, et qu'elle n'a rien à voir avec eux, quelque scandaleux qu'ils puissent être. Cet évêque a été accueilli par l'Eglise parce qu'il a émis sa ferme volonté de se soumettre à l'autorité de Pierre. Lui seul étant responsable de ses divagations. Ce qui, de toute façon, n'engage pas les trois autres.

Patricia Briel, dans Le Temps de ce jour ( ici ), se fait porte-parole de ses semblables : "Les catholiques progressistes, dont le malaise grandit tous les jours, aimeraient sans doute bénéficier de la sensibilité paternelle de Benoît XVI concernant leurs revendications: l'accès des divorcés-remariés à la communion, l'ordination d'hommes mariés, et l'assouplissement du célibat des prêtres". Quel rapport avec la levée des sanctions contre les évêques ordonnés à Ecône ? Aucun. L'Eglise catholique, à laquelle, encore une fois, personne n'est obligé d'appartenir, a un chef, comme l'a voulu le Christ, et ses règles. C'est elle qui les fixe. Elle n'est pas une vulgaire entreprise dont les membres pourraient faire valoir leurs revendications. Les quatre évêques ci-devant excommuniés le savent encore mieux que d'autres.

Les fidèles de Mgr Lefebvre ne seraient que 150'000 pour les uns, 200'000 pour les autres. Ces chiffres, estimés au plus bas par les média, comme les manifestants dont les slogans ne leur reviennent pas, sont pris et repris partout par eux. Ce n'est évidemment pas innocent. Il s'agit là de souligner que les "intégristes", comme les appellent charitablement les mêmes média, sont quantité négligeable, au regard du milliard de catholiques. Patricia Briel, dans le même Temps de ce jour, décidément en verve, pose même la question suivante, avec une fausse ingénuité : "Le prix à payer pour retrouver l'unité avec Ecône, qui représente 150'000 fidèles, n'est-il pas trop élevé ?"

Au lieu de faire de Golias sa lecture de chevet, qui, sous la plume de Christian Terras, ose parler ( ici ) de révisionnisme de Vatican II  à propos de la levée d'excommunication des évêques lefebvristes, Patricia Briel ferait bien de relire ce passage de l'évangile selon Saint Jean : "Moi, je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît, et que moi-même je connais mon Père; et je donne ma vie pour mes brebis. Mais j'ai d'autres brebis qui ne sont point de cette bergerie : et il faut que je les amène, et elles entendront ma voix, et il n'y aura qu'un bercail et qu'un pasteur"...

Francis Richard

(1) Six, si l'on compte Mgr Castro Mayer (décédé le 26 avril 1991) qui a co-ordonné les quatre évêques avec Mgr Lefebvre (décédé le 25 mars 1991). 

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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 12:00

Pour cette grande fête de Noël, qui célèbre le mystère de l'Incarnation de Notre Seigneur, je me permets de ranger ma plume dans son plumier et de vous laisser écouter paisiblement le chant traditionnel "Adeste fideles" qui symbolise pour moi les noëls de mon enfance, auxquels je reste profondément attaché. Mais vous ne perdez rien pour attendre. Ce n'est qu'une trêve...

Pour vous permettre de suivre l'enregistrement que j'ai choisi pour vous, voici les paroles extraordinaires - latin oblige - de ce sublime chant d'adoration du Nouveau Né : 



Adeste fideles læti triumphantes,

Venite, venite in Bethlehem.

Natum videte Regem angelorum.

Venite adoremus (ter)

Dominum.


En grege relicto humiles ad cunas,

Vocati pastores approperant,

Et nos ovanti gradu festinemus.

Venite adoremus (ter)

Dominum.


Æterni Parentis splendorem æternum,

Velatum sub carne videbimus,

Deum infantem pannis involutum.

Venite adoremus (ter)

Dominum.


Pro nobis egenum et fœno cubantem

Piis foveamus amplexibus ;

Sic nos amantem quis non redamaret ?

Venite adoremus (ter)

Dominum.


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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 22:15
Les média ne bruissent plus aujourd'hui que de l'annonce de la mort de Soeur Emmanuelle, leur grande amie, qui était aussi celle de l'Abbé Pierre. Il se trouve que je n'ai jamis été très attiré, spirituellement parlant, par cette religieuse, non plus que par son cher ami, fondateur des Compagnons d'Emmaus. Peut-être leur connivence avec les média m'a-t-elle toujours mal disposé à leur égard, si je reconnais volontiers que leur action humaine en faveur des démunis et des déshérités était indéniablement méritoire.

Je suis gêné d'apporter une note discordante dans le concert unanime à l'égard d'une personne décédée, qui plus est d'une religieuse, qui j'espère a rejoint le Père Eternel, et pour le repos de laquelle je prie bien sincèrement, du mieux que je peux. Je crois qu'au fond de moi, leur foi en l'Homme, à elle et à l'Abbé Pierre, m'a toujours semblé très décalée, pour des religieux, par rapport à leur Foi en Dieu. Ce qui n'est pas un compliment aux yeux du catholique pécheur, et bien imparfait que je suis, qui préfère chercher ailleurs des modèles plus sûrs.

Deux exemples, parmi d'autres, me semblent symptomatiques à ce propos : l'adresse de Bernard Kouchner, aujourd'hui à la télévision, qui salue la "militante" en Soeur Emmanuelle; l'objet social de l'association créée en 1980 par Soeur Emmanuelle. Je suis sûr que Bernard Kouchner n'entendait pas par "militante" que Soeur Emmanuelle était un membre éminent de l'Eglise militante. Quant à ASMAE, l'ONG créée par Soeur Emmanuelle, elle se déclare "indépendante, laïque, et apolitique" ( ici ) ce qui ne laisse pas de me faire songer, s'agissant d'une fondation par une religieuse catholique.

Il y a huit jours le pape Benoît XVI canonisait sur la place Saint Pierre une autre soeur, Soeur Maria Bernarda, d'origine suisse, celle-là, alors que Soeur Emmanuelle était, comme moi, d'origine franco-belge, ce qui ne me rend pas pour autant plus complaisant à son égard. 700 pèlerins venus de Suisse avaient fait le voyage, dont pas moins de 250 depuis son village natal d'Auw en Argovie, qui ne compte que 1'600 âmes. Je serais bien étonné que Soeur Emmanuelle bénéficie un jour d'une canonisation autre que celle qu'elle reçoit aujourd'hui des média... 

Cependant, ce qui rapproche les deux soeurs, ce sont les oeuvres. L'une comme l'autre ont enseigné. L'une comme l'autre ont créé des écoles et des établissements médicaux, Maria Bernarda en Colombie (après avoir été en Equateur, qu'elle a dû fuir, après l'arrivée au pouvoir de francs-maçons persécuteurs, en 1895), Emmanuelle en Egypte. Il s'agissait dans les deux cas d'un amour réel pour les pauvres. Les soeurs de Sainte Maria Bernarda ont été surnommées "les soeurs des poubelles de Colombie", Soeur Emmanuelle s'est intitulée - on n'est jamais si bien servi que par soi-même - "chiffonnière avec les chiffonniers".  

La différence toutefois est que Soeur Maria Bernarda a créé une Congrégation, la Congrégation des Soeurs franciscaines de Marie Auxiliatriceici ), sous l'égide de Saint François d'Assise et de la Très Sainte Vierge, et que Soeur Emmanuelle, comme je l'ai dit plus haut, a créé une ONG, sous son propre nom. Car ASMAE signifie en toute humilité "Association Soeur Emmanuelle".

Dans les deux cas, celui de la Congrégation de Soeur Maria Bernarda et celui de Soeur Emmanuelle, les pays où la Congrégation et l'ONG se sont implantées sont des terres de mission. Dans le premier cas il s'agit d'implantations en Colombie, au Brésil, en Equateur, au Venezuela, en Bolivie, au Pérou et à Cuba, mais aussi en Autriche, en Suisse ainsi qu'au Mali et au Tchad. Dans le second cas au Burkina-Faso, en Egypte, en France, en Inde, au Liban, à Madagascar, aux Philipines et au Soudan. L'internaute ne devrait pas s'étonner que la Suisse, l'Autriche et la France soient comptées parmi les terres de mission...

Là encore la différence saute aux yeux. Du côté de la première sainte de Suisse, il s'agit d'apostolat. Comme le Saint Père l'a rappelé dans son homélie "(Maria Bernarda) fit part aux autres de l'amour de Dieu, auquel elle consacra, avec fidélité et joie, sa vie tout entière". Du côté de la religieuse franco-belge, il s'agit d'amour tout court, d'humanisme, et de "programmes humanitaires". Sans dénigrement aucun, qui ne serait pas charitable, on me pardonnera donc de préférer prendre Maria Bernarda pour modèle plutôt qu'Emmanuelle, que je laisse volontiers aux média qui en sont si friands.

Après Saint Nicolas de Flüe (1417-1487), canonisé en 1947, et patron de la Suisse, celle-ci a donc le bonheur de compter enfin une sainte d'origine helvétique, Sainte Maria Bernarda (1848-1924), la première depuis que la Confédération existe, et qui sera fêtée chaque année le 19 juin. Puisse cette sainte, à qui l'on reconnaît deux miracles, protéger mon pays d'adoption, et intercéder auprès de Dieu pour exaucer, de la part de ses fidèles, les voeux qui Lui sont agréables.

Francis Richard

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 14:20

Paix Liturgique ici ) fait beaucoup en France pour faire connaître le Motu Proprio Summorum Pontificum par lequel le Saint Père, le pape Benoît XVI, a confirmé que le rite extraordinaire de la liturgie romaine est on ne peut plus valide (voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ) et qu'il faut lui rendre toute sa place dans les paroisses où des fidèles le demandent.

Paix Liturgique fait davantage. Au fil des semaines elle informe de la constitution de groupes de fidèles qui, à travers toute la France, demandent l'application du Motu Proprio, avec des résultats ... variés. Paix Liturgique est devenue en quelque sorte un point de ralliement incontournable pour tous ceux qui veulent permettre à la tunique déchirée de l'Eglise de se recoudre en faisant la paix entre les différentes sensibilités rituelles.

Dans ses derniers bulletins Paix Liturgique a publié, avec ses commentaires, les résultats d'un sondage de l'organisme de sondages CSA ( ici ), qui est proprement extraordinaire, sur le Motu Proprio et ce qu'en pensent les catholiques français. Ce sondage est extraordinaire parce qu'il bouleverse les idées reçues à ce sujet et met en lumière celles de nombreux évêques, qui apparaissent alors comme des combattants soixante-huitards attardés, ce qui est un pléonasme.

Je vous laisse découvrir les questions et les réponses à ce sondage. Sans ajouter de commentaires. Je vous suggère plutôt de lire les commentaires que Paix Liturgique fait sur son site. J'ajoute seulement que ce sondage a coûté la somme de 4'000 € et vous incite à envoyer des contributions à l'adresse suivante :

Paix Liturgique, 3 avenue Boileau, 78170 La-Celle-St-Cloud FRANCE

Francis Richard

Sondage CSA 08 01 153 B réalisé les 24 et 25 septembre 2008 auprès d'un panel représentatif

Question 1 : Le Pape Benoît XVI a rappelé en juillet 2007 que la messe pouvait être célébrée à la fois en français, c'est-à-dire sous sa forme moderne dite Ordinaire, et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme ancienne dite Extraordinaire et que ces deux formes étaient tout aussi acceptables l'une que l'autre. Le saviez-vous ?

Ensemble des catholiques : OUI : 58% NON : 42%
Dont pratiquants réguliers : OUI : 82% NON 18%

Question 2 : Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les deux formes liturgiques (en français, c'est-à-dire sous sa forme moderne dite Ordinaire, et en latin et grégorien, c'est-à-dire sous sa forme ancienne dite Extraordinaire) devaient être célébrées régulièrement dans les principales églises de votre diocèse ?

NORMAL

Ensemble des catholiques : 62 %
Catholiques pratiquants : 61 %

PAS NORMAL

Ensemble des catholiques :30%
Catholiques pratiquants : 34 %

NE SE PRONONCENT PAS

Ensemble des catholiques :8 %
Catholiques pratiquants : 5 %

Question 3 : Seriez-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt pas favorable ou pas du tout favorable à ce que la messe soit célébrée en latin et grégorien chaque dimanche dans votre paroisse, en plus de la messe en français ?

TOUT A FAIT FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 12 %
Catholiques pratiquants : 16 %

PLUTOT FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 31 %
Catholiques pratiquants : 26 %


PLUTOT PAS FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 23 %
Catholiques pratiquants : 30 %

PAS DU TOUT FAVORABLE

Ensemble des catholiques : 27 %
Catholiques pratiquants : 25 %

NE SE PRONONCENT PAS

Ensemble des catholiques : 7 %
Catholiques pratiquants : 3 %

Question 4 : Si une messe était célébrée en latin et grégorien, sous sa forme ancienne dans une église près de chez vous, ou dans votre paroisse y assisteriez vous...?

Les Résultats :

TOUS LES SAMEDI OU LES DIMANCHE

3% des catholiques
19% des pratiquants réguliers

AU MOINS UNE FOIS PAR MOIS

4% des catholiques
15% des pratiquants réguliers

DE TEMPS EN TEMPS ,QUELQUEFOIS DANS L'ANNEE

22% des catholiques
27% des pratiquants réguliers

SEULEMENT POUR LES CEREMONIES ET LES GRANDES FETES

37% des catholiques
9% des pratiquants réguliers

JAMAIS

32% des catholiques
28% des pratiquants réguliers

NE SE PRONONCENT PAS

2% des catholiques
2 % des pratiquants réguliers

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 07:00
Sur une population totale de plus de 80 millions d'habitants, le Vietnam compte 8 à 10% de Catholiques. Ils ne peuvent donc être tenus pour quantité négligeable par le régime communiste. D'autant que là-bas les séminaires sont pleins...Pourtant celui-ci n'est pas près de restituer les terrains appartenant à l'Eglise catholique qu'il détient à Hanoï depuis le départ des Français en 1954 et qu'il a détournés pour d'autres usages.

L'hiver dernier les manifestations de Catholiques vietnamiens demandant leur restitution avaient cessé avant le Têt sur l'assurance des autorités que ce problème serait résolu. Comme le rapporte Henri Tincq dans Le Monde daté du 25 septembre ( ici ) : "Les catholiques entendent disposer d'espaces pour pouvoir construire des écoles et des hôpitaux, conformément à leur vocation sociale". Or les autorités n'avaient toujours pas tenu leur promesse de solution six mois plus tard.

A Hanoï les Catholiques, las d'attendre, organisent donc des manifestations depuis la mi-août devant un terrain situé à côté de l'église paroissiale de Thaï Ha. Il s'agit de manifestations pacifiques, au cours desquelles les fidèles prient, pour que "les Catholiques soient en sécurité et que la justice apparaisse", comme l'a déclaré Mgr Ngo Quang Kiet, l'archevêque de Hanoï. La réponse du régime à ces manifestations a été de rouer de coups des fidèles et d'en arrêter d'autres.

Le dimanche 14 septembre, un évêque français, Mgr Jean Legrez, évêque de Saint Claude dans le Jura, s'est rendu à Thaï Ha sur le terrain en litige, guidé par un des prêtres rédemptoristes qui ont la charge de cette paroisse. Il y a été accueilli chaleureusement par plus de 15'000 Catholiques de Hanoï, en présence d'un déploiement policier sans précédent, qui n'a pas osé faire usage de ses matraques électroniques, mais a filmé les manifestants aux fins d'identification.

Le vendredi 19 septembre c'est vers un autre site de la capitale vietnamienne que les regards des Catholiques se sont tournés, celui de l'ancien siège de la délégation apostolique, autrement dit l'ancienne ambassade du Vatican, 42 rue Nha Chung. En effet les autorités ont commencé ce jour-là d'y aménager un parc public. La grille a été abattue et des pelleteuses sont entrées en action, devant des centaines de personnes impuissantes, fidèles et religieux - prêtres, soeurs et séminaristes.

C'est ce jour-là que le chef du bureau de l'Associated Press, Ben Stocking, a été frappé à la tête par des policiers alors qu'il tentait de récupérer son appareil-photo, puis a été arrêté pendant deux heures et demi, avant d'être conduit à une clinique où lui ont été mis quatre points de suture à sa tête blessée.

Le lendemain, samedi 20 septembre, au même endroit, une veillée de prière était organisée, après une marche de 5'000 personnes, parties de la Cathédrale Saint Joseph de Hanoï à l'issue de la messe de 18 heures. Un petit autel surmonté d'une croix et de la statue de la Vierge Marie a été dressé devant l'entrée principale. Un reportage de la télévision d'Etat vietnamienne a présenté le même soir les fidèles comme des "agitateurs sociaux à la solde du Vatican".

Le même jour l'archevêque de Hanoï, Mgr Kiet a été reçu par le président du Comité populaire de la Ville, c'est-à-dire par le maire. Il a maintenu les revendications de l'Eglise sur des terrains lui appartenant, qui n'ont pas fait l'objet officiellement d'un changement de propriétaire et qui ne sont pas utilisés dans l'intérêt général, tels que peuvent l'être des écoles ou des hôpitaux.

Au cours de cette réception il a dit : "Nous nous permettons de rappeler que nous désirons ardemment construire l'unité nationale. Nous avons beaucoup voyagé à l'étranger, nous nous sentons humiliés quand nous portons le passeport vietnamien. Où que nous allions, nous sommes fouillés. Nous sommes très tristes de cette situation et nous voulons que notre pays soit plus fort". La presse du régime a rapporté ces propos scrupuleusement en disant  que Mgr Kiet "se sentait honteux de porter un passeport vietnamien"...

Le dimanche 21 septembre, ayant bien reçu le message du prélat, le Comité populaire de la Ville envoyait un avertissement écrit à Mgr Kiet lui demandant de ne pas encourager ses paroissiens à manifester...

Le même jour, les Catholiques de la paroisse de Thaï Ha ont assisté en grand nombre aux six messes dites en leur église, en si grand nombre qu'une grande partie de l'assistance n'a pas pu pénétrer dans le sanctuaire. Puis ils se sont rendus sur le terrain revendiqué où ont été dressées une statue de la Vierge Marie et des tentes abritant ses gardiennes.

A proximité, dans l'après-midi, un groupe de 200 Jeunes communistes en uniforme, et des voyous, se sont tenus le long du chemin menant au terrain, crachant et frappant ceux qui passaient pour s'y rendre. A 23 heures ils sont allés renverser les tentes des gardiennes du sanctuaire marial et ont  blessé une femme sérieusement. Une demi-heure plus tard le nombre des agresseurs était de 500. Ces derniers encerclaient l'église et le couvent des rédemptoristes sous l'oeil indifférent des nombreux policiers présents, menaçant d'en enfoncer les portes et de les envahir.

Le calme ne devait revenir que vers les deux heures du matin du 22 septembre. Mais les accès à l'église et au couvent étaient bloqués par des gendarmes. L'ordre communiste et, avec lui, la pseudo-liberté religieuse régnaient de nouveau sur Hanoï...

Francis Richard

PS

Deux sites permettent de se tenir au courant de la situation au Vietnam : celui de Viet Tan ( ici ) et celui de Viet Catholic News ( ici ). Un autre site (ici ) permet d'avoir des nouvelles des églises d'Asie.

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 23:50

 

Selon l’AFP : « Pour la première fois dans l'histoire de la France républicaine, un Pape et un président de la République affichent une politique commune. En ce sens, déjà, la laïcité de notre République est en danger", s'est indigné le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon.

Or que dit le Pape le 12 septembre, à l’Elysée ( ici )? « Il est (…) fondamental, d’une part, d’insister sur la distinction entre le politique et le religieux, afin de garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l’Etat envers eux ».

Qu’ajoute-t-il ? « et d’autre part, de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion pour la formation des consciences et de la contribution qu’elle peut apporter, avec d’autres instances, à la création d’un consensus éthique fondamental dans la société ».

Il faut croire que Jean-Luc Mélenchon considère la laïcité non pas comme une garante de la liberté religieuse, mais comme une machine de guerre contre toute religion, ce qui en fait une pure idéologie, indigne de la France, sinon de la République.    

Samedi dernier, sur France Info, j’entends une journaliste parler d’une fidèle venant acclamer son « idole » sur l’Esplanade des Invalides. Elle parle de Benoît XVI, évidemment. Cela me  frappe parce que justement le thème de l’homélie de Benoît XVI ce matin-là est un appel à fuir les idoles.

Benoît XVI dans son homélie du 13 septembre ( ici ) désigne en effet les idoles qu’il convient de fuir et pose la question qui fâche : « L’argent, la soif de l’avoir, du pouvoir et même du savoir n’ont-ils pas détourné l’homme de sa Fin véritable, de sa propre vérité ? ».  

Alexis Favre, dans Le Matin Dimanche, au soir du 13 septembre (ici ), prétend que la visite du Pape suscite sur la Toile des critiques « largement plus nombreuses que les messages de soutien » et que « les internautes intéressés – souvent catholiques – digèrent mal la messe en latin réhabilitée ».

Que dit Benoît XVI aux évêques de France réunis à Lourdes le dimanche 14 septembre ( ici ), dans l’hémicycle Sainte Bernadette à propos de son Motu proprio Summorum Pontificum? «Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l’indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire » (voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ).

Il précise : « Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n’est de trop dans l’Eglise.» Ces catholiques qui s’opposent à la réconciliation ne cherchent-ils donc pas la paix ?  

Le même jour sur I-télé j’entends à propos des divorcés remariés l’emploi du mot de « fermeture », pour qualifier la position du Pape à leur égard, dans la bouche d’un commentateur – dont je me suis empressé d’oublier le nom, par charité chrétienne.

Que dit le Pape à leur sujet ? « L’Eglise, qui ne peut s’opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l’indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut pas admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes ».

Car quelle est la volonté du Christ à laquelle l’Eglise ne peut s’opposer ? «L’Eglise veut rester indéfectiblement fidèle au mandat que lui a confié son Fondateur, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ. Elle ne cesse de répéter avec Lui : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mt 19,6). L’Eglise ne s’est pas donnée cette mission : elle l’a reçue ».

Au Collège des Bernardins Benoît XVI prononce un discours le 12 septembre sur la culture ( ici ) dans ce lieu emblématique. Il montre que « les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l’antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une nouvelle culture ».

Nourris de la Parole lue de façon juste – « l’Ecriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle est vécue » –, introduits par Elle dans le dialogue avec Dieu, qui ne peut s’exprimer seulement avec des mots, mais avec une musique nécessaire, les moines cherchent Dieu et se laissent trouver par Lui. « Chercher Dieu et se laisser trouver par Lui : cela n’est pas moins nécessaire aujourd’hui que par le passé ».

Le Pape prononce ce discours devant une salle qui ne lui est pas acquise, où beaucoup « tiennent Dieu pour l’ennemi du genre humain et tentent de faire croire à leurs lecteurs naïfs que l’Europe n’a pas d’identité, sauf à devenir sectaire et fanatique » (Chantal Delsol, Le Figaro, 15 septembre ici ).

Il conclut : « Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves ».

Il  va même plus loin, où nous le suivrons, n’en déplaise à ceux qui nient ou renient les racines chrétiennes de l’Europe : « Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable ».

Francis Richard

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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