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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 14:00
Vladimir VolkoffLe 8 mai 2005 Vladimir Volkoff (la photo provient d'ici) adressait une prière à Sainte Jeanne d'Arc, devant sa statue de la place des Pyramides à Paris, à l'issue du cortège traditionnel organisé par l'Action française (ici). Les circonstances étaient particulières. Trois semaines plus tard devait avoir lieu le référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe.

Finalement, par 55% des voix, les Français devaient rejeter ce traité. En conséquence de quoi la parole leur serait dès lors ôtée, à titre de punition démocratique, pour avoir aussi mal voté. Vladimir Volkoff devait quitter ce monde le 14 septembre suivant. Sa prière à Sainte Jeanne pour conserver la doulce France, momentanément exaucée, apparaît avec le recul comme un magnifique testament spirituel.

Un internaute m'a adressé ses voeux pour 2010 en y joignant cette prière. Il m'en a par là même rappelé l'existence. Cette prière n'a rien perdu de son actualité et je la reproduis volontiers ci-après. 

Sans vouloir la réduire le moins du monde au seul septième miracle demandé par Volkoff à la sainte, je suis heureux cependant de souligner que les libertés de boire et de fumer en étaient l'objet, à une époque où elles sont bafouées par un hygiénisme totalitaire, qualifié par ce solide orthodoxe de racisme puritain.

Francis Richard

Prière à Sainte Jeanne d'Arc

Sainte Jeanne,

Puisque vous êtes sainte, vous avez déjà fait des miracles, vous savez vous y prendre, alors je vais vous demander d'en faire un pour nous.

Non. Parce que vous êtes une grande sainte, je vais vous demander d'en faire dix. Et de très grands, de très miraculeux.

Premièrement, sainte Jeanne, je vais vous demander de faire que tous les Français redeviennent amoureux de la France. Pas de l'Amérique insidieuse, pas de l'Orient fascinant, pas de l'Islam séducteur. De la France, de la doulce France.

Deuxièmement, sainte Jeanne, je vous demanderai de faire que tous les Français inspirent de nouveau à toutes les Françaises l'envie de porter leurs enfants, de les porter jusqu'à leur naissance, d'en accoucher, de les nourrir, de les élever, d'en faire des Français, beaucoup, beaucoup de Français, ce qui nous épargnera, entre autres, la nécessité d'encourager une immigration que nous savons si mal intégrer.

Troisièmement, je voudrais vous demander d'avoir une pensée pour notre belle langue française. Rendez-nous la première partie de la négation: faites que nous disions « je ne vais pas voter oui » et non « jvais pas voter ouais ». Rendez-nous l’accord du participe qui est en train de disparaître. Rendez le subjonctif à encore que et l'indicatif à après que. Rendez-nous les liaisons : « vous-z-aussi » et non pas « vouossi ». Otez la bouillie de certaines bouches contemporaines, surtout celles de beaucoup de jeunes gens et des acteurs en vogue. Faites que nous recommencions tous à dire bonjour et non pas bonjoureu. Essayez de nous épargner les anglicismes et les américanismes, pas seulement dans le vocabulaire, surtout dans les tournures de phrase contre nature que nous inspirent les langues anglo-saxonnes. Quant à ceux qui disent conforter, ou incontournable, ou qui se laissent interpeller au plan de leur vécu, faites que le diable les patafiole. Si j'osais, Jeanne, si j'osais - mais je sais que j'exagère -je vous demanderais timidement de ressusciter aussi, ne serait-ce que sporadiquement, l'imparfait du subjonctif.

Quatrièmement, je vous demande, sainte Jeanne, de faire que les Français redeviennent frondeurs, gouailleurs, indisciplinés, sceptiques, qu'ils ne se laissent plus bourrer le mou ni laver le cerveau, qu'ils sachent distinguer entre une vessie et une lanterne, qu'ils prennent de nouveau un malin plaisir à traverser en dehors des clous, qu'ils se rappellent le vieux dicton picard méfie-te, qu'ils appliquent la méthode périgourdine "plus je me regarde, plus je m'attriste, plus je me compare, plus je me rassure", qu'ils sachent conclure comme il faut l'adage normand pt-êt' ben qu'oui, pt-êt ben qu'... non ! Qu'ils n'oublient pas que dire oui, c'est baisser la tête et que dire non, c'est relever le front.

Cinquième miracle, faites, je vous en supplie, que les Français ne deviennent pas une plèbe irresponsable, soucieuse de ses droits à et non plus de ses devoirs de, perpétuellement assistée donc asservie, et ne connaissant plus que deux catégories : tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire et tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit. Je voudrais voir les Français non pas libéraux ni libertaires, mais libres. Affranchis. Francs, quoi. Des Français qui seraient redevenus Francs.

Sixième miracle, je vous demande de nous rendre le respect de l'âge. D'abord j'y ai intérêt et puis c'est le respect de l'âge qui caractérise le raffinement du cœur : peu importe si le respecté est une vieille baderne, c'est le respectueux qui gagne à respecter, ou, du moins, à employer les marques extérieures du respect.

Que voulez-vous, j'en ai assez de constater qu'avec ma barbe blanche il n'y a que des Noirs à me céder leur place dans le métro ! Je la refuse, d'ailleurs, mais à la longue cela va finir par me rendre raciste, raciste pro-Noir, bien entendu.

À propos de racisme, septième miracle. Je voudrais voir supprimer de France le racisme puritain, anti-fumeur et anti-buveur, qui s'empare de notre pays. Enfin, c'est affligeant. Vous entrez dans un restaurant et la première question qu'on vous pose, c'est « Fumeur ou Non fumeur ? » Et quand vous dites « Non fumeur », comme moi, vous sentez aussitôt l'approbation du jeune maître d'hôtel. Ensuite, quand vous êtes deux et que vous commandez du vin, il vous demande d'un ton encourageant « Une demi-bouteille ? » et quand vous répondez comme moi « Non, une bouteille entière... pour commencer », le jeune maître d'hôtel cache à peine sa réprobation ou alors il sourit avec indulgence comme devant une plaisanterie de mauvais goût. Bientôt, dans les restaurants, on vous demandera « Buveur ou non buveur » et il y aura un coin réservé pour les parias alcoolos tandis qu'aux tables pour honnêtes gens les sodomites, les pornographes et les drogués triomphants ne boiront que de l'eau. Épargnez-nous cela, sainte Jeanne.

Sainte Jeanne, je voudrais aussi voir l'administration de la justice revenir à des normes humaines. S'il y a conflit entre un employé et un employeur, je ne voudrais pas que l'employé eût gagné d'avance comme le recommande le Syndicat de la magistrature. Si des enfants pervertis par la télévision dénoncent leurs éducateurs pour pratiques sexuelles interdites, je voudrais qu'une enquête sérieuse fût faite. Si un cambrioleur armé s'introduit dans ma maison et que je tire mieux que lui, je ne voudrais pas passer pour un assassin.

Neuvième miracle. Faites, sainte Jeanne, je vous en supplie, que ce ne soit pas seulement le trente-et-un du mois d'août et pas seulement au roi d’Angleterre, que la France puisse se permettre de citer le général Cambronne. Faites que ce soit tous les jours de l'année, et 366 jours les années bissextiles et faites que ce soit à tous les potentats du monde, s'ils nous manquent de respect. J'espère, sainte Jeanne, ne pas vous choquer : vous avez dû en entendre d'autres quand vous commandiez à vos troupiers médiévaux.

Dernier miracle. Sainte Jeanne, donnez-nous une aventure. Une grande et noble aventure. Une aventure à la mesure de la France, comme celle que vous nous aviez donnée à l'époque de la guerre d'Algérie et que nous n'avons pas su apprécier. Faites que nous courions des dangers, que la vie devienne exaltante et dure, que nous oubliions nos comptes en banque, nos livrets de caisse d'épargne, nos chaînes hi fi, nos vacances, notre bougeotte, nos coucheries, nos barbituriques, nos prudhommes, nos normes européennes, notre traintrain planplan, et revenez alors, revenez sainte Jeanne, brandir votre étendard et vous mettre à la tête de ceux qui vous suivront.

Il y en aura, sainte Jeanne, il y en aura. Et peut-être plus que nous ne pensons. 


Vladimir Volkoff

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533e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 23:00
pie XII et les juifsQue n'ai-je pas lu dans la presse romande après l'annonce du décret de Benoît XVI, par lequel sont reconnues "les vertus héroïques" des papes Pie XII et Jean-Paul II (ici) :

"Benoît XVI vient de signer un décret en faveur d'un pape accusé d'être resté silencieux devant la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale" Le Temps du 21.12.2009 (ici).

"Benoît XVI réécrit l'histoire" Le Temps du 21.12.2009 (ici).

"Le pape doit aussi faire son devoir de mémoire" Le Matin du 20.12.2009 (ici).

On se croirait revenu au temps, qui n'est au fond pas si lointain que cela, de la désinformation soviétique.

Mais a-t-on jamais seulement cessé de désinformer dans la presse qui tient le haut du pavé et qui est de plus en plus désertée par ses lecteurs, lesquels se rendent compte peu à peu qu'on leur ment sans vergogne, et à longueur de temps. 

Quel que soit le sujet, le "réchauffement climatique", la fumée passive mortelle, Benoît XVI, Pie XII, l'islamisation, les minarets, la démocratie directe, les causes réelles de la crise économique, le secret bancaire, le fossé se creuse entre ceux qui cherchent la vérité et défendent les libertés individuelles et ceux qui, se prenant pour l'élite, la travestissent systématiquement.

Quand certaines attaques proviennent de "nos frères aînés" - pour nous autres catholiques, ils sont des aînés, selon la magnifique expression de Jean-Paul II - cela m'attriste de constater que le montage soviétique sur le "silence" de Pie XII fonctionne  avec eux, alors qu'ils devraient être les derniers à se faire avoir et les premiers à savoir que Pie XII est certainement celui qui a sauvé le plus grand nombre de leurs coreligionnaires pendant la Seconde Guerre mondiale.

Avant cette guerre abominable, Mgr Eugenio Pacelli, qui devait devenir pape sous le nom de Pie XII, est nonce en Allemagne à partir de 1917, puis Secrétaire d'Etat du Vatican à partir de 1929 et le plus proche collaborateur du pape Pie XI, auquel il succède en 1939. 

Le futur Pie XII connaît donc bien l'Allemagne. Il assiste à la naissance du nazisme et prononce, de 1920 à 1935, pas moins de 44 discours, à travers l'Europe, entièrement consacrés à le dénoncer. Extrait de ce qu'il dit de Hitler en 1929 :

"Ou bien je me trompe vraiment beaucoup, ou bien tout cela ne se terminera pas bien. Cet être-là est entièrement possédé de lui-même : tout ce qu'il dit et écrit porte l'empreinte de son égoïsme ; c'est un homme à enjamber des cadavres et à fouler aux pieds tout ce qui est en travers de son chemin - je n'arrive pas à comprendre que tant de gens en Allemagne, même parmi les meilleurs, ne voient pas cela, ou du moins ne tirent aucune leçon de ce qu'il écrit et dit. Qui parmi tous ces gens, a seulement lu ce livre à faire dresser les cheveux sur la tête qu'est Mein Kampf ?" [cité par Andréa Tornielli dans son livre Pie XII, publié aux Editions du Jubilé ici].

C'est la raison pour laquelle le pape Pie XI va demander à Mgr Pacelli d'être le rédacteur de son encyclique adressée aux Allemands, Mit brennender Sorge, qui sera lue, dans 15'000 églises allemandes, le jour des Rameaux de 1937. Que dit cette encyclique (ici en anglais) ? Extrait (ici en français) :

pie XII"Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine - toutes choses qui tiennent dans l’ordre terrestre une place nécessaire et honorable,- quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi".
 
Pour la Noël de 1942, devenu Pie XII, le pape "accusé d'être resté silencieux devant la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale", dans un message à la radio, évoque :

"les centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nationalité et de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive". [cité par Alexis Brezet dans son article sur La légende noire de Pie XII, publié dans le livre Mythes et polémiques de l'histoire, chez Studyrama ici

Personne n'est dupe sur la cible de ce message, même si le pape Pie XII se montre prudent, avec raison. Son texte, lu dans les églises polonaises, en juillet 1942, qui condamne les déportations des juifs, s'est traduit par l'arrestation de tous les catholiques d'origine juive, dont Edith Stein, qui mourra à Auschwitz.

Alexis Brezet ajoute :

"Ce n'est évidemment pas un hasard si parmi les villes occupées, Rome figure en tête de celles qui hébergeront les plus de juifs. De fait, le pape, évêque de la cité sainte, ordonna l'ouverture des couvents aux réfugiés; le Vatican lui-même en accueillit. Sur les 5'715 juifs de Rome, prêts à être déportés, 4'715 trouvèrent refuge dans les institutions catholiques".

Les plus ardents défenseurs de Pie XII sont ... des juifs, tels que Pinchas Lapide, consul d'Israël à Milan pendant la guerre [auteur de Three Popes and the Jews, épuisé], ou le rabbin David Dalin [auteur de Pie XII et les juifs. Le mythe du Pape d'Hitler, publié aux Editions du Jubilé ici]. Il est même un juif, qui s'est rendu célèbre en se convertissant au catholicisme, le grand rabbin de Rome pendant la guerre, Zolli, qui a pris pour nom de baptême Eugenio, le prénom du pape "controversé" pour reprendre l'expression du Temps.

En 1958, après la mort de Pie XII, Golda Meir, alors Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Ben Gourion, déclare :

"Nous pleurons un grand serviteur de la paix. Pendant les dix ans de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux et exprimer sa compassion envers les victimes". 

Cinq ans après, la légende noire de Pie XII commence. Une oeuvre de fiction, Le Vicaire, est publiée par un Allemand, Rolf Hochhuth. Elle sera portée à l'écran par Costa-Gravas, sous le titre Amen. Selon cette principale oeuvre à charge contre Pie XII, le pape n'aurait rien fait pour dénoncer les persécutions contre les juifs, il les aurait même encouragées par son silence. Ces allégations, comme on vient de le voir, n'ont aucun fondement. Mais elles vont être répercutées dans le monde entier, avec le succès que l'on sait, grâce à un montage soviétique.

Depuis qu'une longue étude, sous la signature du général Ion Mihai Pacepa, a paru le 25 janvier 2007 dans la National Review (ici), il n'est plus possible d'ignorer qu'une formidable opération de désinformation soviétique a été montée contre la mémoire du pape Pie XII, à laquelle a pris part le général Ivan Agayants, premier chef du Département D - celui de la désinformation - du Premier directorat du KGB - renseignements et opérations à l'étranger.

Le général Pacepa, qui est passé à l'Ouest en juillet 1978, était le numéro un de la DIE - les services extérieurs de la Securitate roumaine. Il a subtilisé des documents d'archives du Vatican et les a remis au général Agayants. Ce dernier, quand ils se rencontrent, le félicite pour ce vol qui va être très utile pour l'opération de dénigrement contre Pie XII qu'est en train de monter le général Aleksandr Sakharovsky, grand patron du Premier directorat du KGB.

La pièce de Rolf Hochhuth va être réécrite par le metteur en scène, le camarade Erwin Piscator, qui saura "augmenter le caractère détestable de Pie XII". A l'édition originale sera annexée une documentation inspirée des documents subtilisés par les Roumains et "organisée" par les techniciens du Département D, histoire de donner une crédibilité à une oeuvre qui n'en a pas, mais qui, pour commencer, "sera jouée dans toutes les villes du bloc de l'Est disposant d'un théâtre", avant d'être louée servilement dans leurs colonnes, leurs sons et leurs images, par les médias que nous voyons toujours à l'oeuvre.

Francis Richard

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521e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani
 
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 17:45

Quand j’ai appris, par Paix Liturgique (ici), que Mgr Aillet, évêque de Bayonne (ici), dirait la messe de la Toussaint selon la forme extraordinaire, à 11 heures, à la Chapelle du Saint Esprit du Braou, à Biarritz, arrivé la veille à Saint Jean-de-Luz depuis Lausanne, je me suis rendu en famille à ce rendez-vous historique.


Au Braou la messe tridentine est célébrée depuis un moment, une fois par mois. C’est en vertu du Motu Proprio Ecclesia Dei du Pape Jean-Paul II, que cette messe a été autorisée par le prédécesseur de Mgr Aillet. Grâce lui soit rendue.


Mgr Aillet est de ces évêques qui obéissent loyalement à la volonté de paix liturgique du Pape Benoît XVI. C’est donc, avec une joie non dissimulée, qu’il a annoncé, avant de prononcer son homélie qu’à partir de dimanche prochain la messe selon la forme extraordinaire serait dite tous les dimanches et fêtes à la Chapelle des Capucins de Bayonne par un tout jeune prêtre, l’abbé Merkens, habilité à dire la messe selon les deux formes, ordinaire et extraordinaire.


A la sortie de la messe j’ai demandé à ce dernier l’adresse de la chapelle et l’horaire de la messe. Je suis donc en mesure d’annoncer que la Chapelle des Capucins se situe avenue de la Légion Tchèque à Bayonne et que la messe dominicale y sera célébrée à 10 heures 30.


Devant une assistance d’une centaine de personnes venues de tout le diocèse et même parfois de plus loin – j’ai entendu une personne dire à l’évêque qu’elle venait de Tarbes avec sa petite famille – Mgr Aillet a prononcé son homélie, coiffé de sa mitre et crosse à la main, dans un grand recueillement ponctué de quelques cris ou gazouillis des nombreux petits enfants présents à cette fête.


Mgr Aillet a rappelé que le baptême nous ouvrait à tous la voie vers la sainteté, qui signifie que nous sommes tous dès lors en la compagnie de Dieu : « Soyez parfait, comme mon Père est parfait ». Les 8 béatitudes qui sont l’évangile du jour sont en quelque sorte un autoportrait du Christ qui nous enseigne cette voie de la sainteté.


Quand nous sommes confrontés à des vicissitudes, à l’imitation du Christ, nous ne devons pas rendre coup pour coup comme les hommes du monde ; nous ne devons pas non plus nous résigner ; nous devons accepter volontiers nos souffrances et les offrir en sacrifice à Dieu. Cette radicalité exigeante est ce qui nous est demandé pour lui complaire et faire partie de cette cohorte de tous les saints dont l’Apocalypse parle dans l’épître du jour et à laquelle nous sommes tous conviés à grossir les rangs. 


Une fois la messe dite, après avoir salué Mgr Aillet et baisé respectueusement son anneau épiscopal, je lui ai demandé si je pouvais le photographier. Jovialement, et sur le ton de la plaisanterie, il m’a dit qu’il n’y voyait pas d’inconvénient à condition de ne pas oublier son bakchich...

Francis Richard

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470e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani, les deux otages suisses en Libye


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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 20:15
Paix Liturgique (ici) et Messa in Latino (photo ci-contre en provenance de son site ici) ont commandité un sondage en Italie auprès de Doxa, organisme de sondage réputé là-bas, sur le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, par lequel le pape Benoît XVI demande que le rite extrordinaire de l'Eglise romaine retrouve toute sa place dans l'Eglise catholique (voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ), conformément d'ailleurs à la Constitution conciliaire, De Sacra Liturgia, du Concile Vatican II... La presse italienne - comme le rapporte la Lettre 201 du 25 octobre de Paix Liturgique (ici)- s'est largement fait l'écho de ce sondage, plein d'enseignements et dont les résultats sont similaires à ceux récoltés en France par CSA il y a un an.

Ce précédent sondage (voir mon article Le sondage réalisé par CSA pour Paix Liturgique sur le Motu Proprio ) montrait que les catholiques français sont demandeurs, contrairement à ce que disent leurs évêques qui font la sourde oreille - circulez, il n'y a rien à voir - quand ils ne font pas tout leur possible pour s'opposer à la volonté du pape en matière liturgique. Les médias, y compris hélas des hebdomadaires comme Famille chrétienne, adoptent la même attitude d'omerta : faisons l'autruche et ne parlons surtout pas des 34% de pratiquants prêts à assister à la forme extraordinaire si elle était célébrée dans leur paroisse. Cela dérangerait notre train-train pépère.

Voici les résultats du sondage de Doxa, effectué du 24 au 27 septembre dernier auprès d'un échantillon de 1001 personnes de 15 ans et plus, et publié dans la Lettre 200 du 17 octobre de Paix Liturgique (ici) :

1ère question : Les catholiques italiens connaissent-ils l'existence du Motu Proprio "Summorum Pontificum" par lequel Benoît XVI approuve la célébration des deux formes du rite romain ?

Oui, répondent 64% des pratiquants - catholiques allant au moins une fois par mois à la messe - contre 36% qui n'en savent rien.

Considérant l'ensemble des catholiques, pratiquants ou non, 58% en ont connaissance et 42% ignorent son existence.

2ème question : Trouvez-vous normal la célébration des deux formes du rite dans vos paroisses ?

A égalité, 71% des pratiquants et de l'ensemble des catholiques sont favorables à la coexistence des deux formes dans leurs églises.

3ème question : Si une messe selon la forme extraordinaire était célébrée dans votre paroisse y assisteriez-vous ?

63% des pratiquants italiens déclarent qu'ils y assisteraient au moins une fois par mois (33% pour l'ensemble des catholiques). Un chiffre qui se répartit ainsi : 40% toutes les semaines et 23% au moins une fois par mois.

Je laisse le soin à l'internaute de prendre connaissance, dans le détail, des commentaires faits par Paix Liturgique à ce sondage.

Je relèverai juste trois commentaires.

Le premier, que fait Paix Liturgique, a trait à la réponse à la troisième question :

La proportion chez les pratiquants est tout simplement exceptionnelle : 63% ! Presque deux fois plus qu’en France !

Le deuxième revient à la parole du Christ qui demandait de juger l'arbre aux fruits :

En France une vocation sacerdotale sur quatre se destine à la forme extraordinaire (voir la Lettre 199 du 12 octobre de Paix Liturgique ici).

Le troisième souligne que la demande de la forme extraordinaire est universelle, c'est-à-dire catholique au sens étymologique du terme :

L'intérêt pour la forme extraordinaire n'est pas une question marginale pour les catholiques, ni même une question "nationale" voire une question à coloration « politique », mais au contraire une demande universelle.

Ce que confirme un sondage effectué par l'Université de Georgetown (ici) aux Etats-Unis (voir la Lettre 196 du 20 septembre de Paix Liturgique ici) :

45% des pratiquants assisteraient à la messe traditionnelle s'ils en avaient la possibilité. 

Conforté par ces différents sondages, Paix Liturgique, enfin, a raison que dire que le Saint-Père, sous-entendu en promulguant le Motu Proprio, a compris que de très nombreux fidèles de base, restés dans leurs paroisses pour diverses raisons ou ayant fait le choix de ne plus pratiquer, sont restés attachés à l’expression de la foi de leurs pères et ne demandent qu’à pouvoir en jouir à nouveau.

Francis Richard

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464e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani, les deux otages suisses en Libye
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 09:00
Les évêques suisses [photo ci-contre, tirée du site de la Conférence des évêques suisses ici] ont publié une Lettre pastorale le 7 septembre dernier pour la Fête fédérale d'action de grâce, de pénitence et de prière 2009 (ici). Ils l'ont intitulée : Appel à la réconciliation. Cette lettre a été lue lors des messes du Jeûne fédéral, les 19 et 20 septembre 2009. Et c'est en l'écoutant hier, à la messe, que j'en ai pris connaissance.

Dans l'ensemble ce texte n'appelle pas de remarque particulière. Il est même plutôt remarquable, dans un tout autre sens, parce qu'il rappelle comment parvenir à la réconciliation, perpétuellement inachevée, qui doit cependant être poursuivie, en commençant par son entourage.

C'est pourquoi j'ai été réellement peiné que dans un texte sur la réconciliation figure cette phrase :

Les démarches du Pape en faveur d’une réconciliation avec les intégristes, au début de cette année, nous a remis en mémoire la fracture profonde que connaît notre Eglise depuis le Concile.

L'internaute qui me lit régulièrement sait que je n'aime pas cette épithète d'intégriste, avec laquelle on qualifie les catholiques qui ont suivi Mgr Lefebvre. Pourquoi ? Parce qu'en l'occurrence c'est un mot qui n'est pas approprié, qui a une connotation péjorative, voire injurieuse, et qui est employé à dessein par les ennemis de l'Eglise pour discréditer des catholiques attachés, parmi d'autres, et à leur manière, à la Tradition.

D'une façon générale je n'aime pas le suffixe "isme", même s'il m'arrive parfois de succomber à la tentation d'employer des mots qui le comportent, ou en dérivent. Pour me sermonner je me répète alors la phrase suivante, tirée d'Eumeswil d'Ernst Jünger :

Le suffixe "isme" a une acception restrictive: il accentue le vouloir, aux dépens de la substance.

Ce suffixe, en effet, ne permet pas de nuancer, alors que je suis convaincu, par expérience, que tout est nuances.

Les catholiques qui ont suivi Mgr Lefebvre ne se reconnaissent pas dans le terme d'intégristes, mais dans celui de tradis ou de catholiques traditionnels, qui n'acceptent d'innovation que dans le sens de la Tradition. 

Il aurait donc été préférable que les évêques suisses emploient cette dernière expression - moins médiatique, mais plus conforme - dans un texte qui se veut un appel à la réconciliation. Mais veulent-ils vraiment de cette réconciliation? On peut en douter ( Voir mon article Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI ).

Et leur magnifique appel à la réconciliation perd de sa force de conviction à ne pas prêcher d'exemple.

Francis Richard

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 22:45
Sur le site de la TSR l'émission de Temps présent de ce soir est présentée dans sa rubrique Programmes TV en ces termes aguicheurs :

Comment être un Saint [le titre de l'émission] 

En perte de vitesse, l'Eglise catholique sort son joker : elle fabrique à toute allure des Saints. Le Vatican mise sur l'exemple de croyants modèles pour doper l'adhésion des fidèles. Bonne nouvelle pour la Suisse romande, l'allègement des procédures de canonisation pourrait profiter à une petite couturière fribourgeoise : Marguerite Bays. Mais est-ce que tout cela est vraiment catholique ?

Le ton est donné.

L'émission elle-même, qui dure 48 minutes, reste sur ce ton, tout du long. Car faussement objectifs - ils donnent certes longuement la parole à des représentants de l'Eglise catholique et à des fidèles - les journalistes agrémentent leur reportage de commentaires fielleux et des remarques pseudo-historiques de Patrice Borcard. C'est ce qui avait amené mon ami Adrien de Riedmatten à souligner que la télévision suisse romande émettait depuis...Calvingrad.

Plusieurs fois au cours de la journée une présentation de 40 secondes égrenait cette rengaine récitée par la  sémillante Anne-Frédérique Widmann :

L'Eglise catholique connaît une crise sans précédent. Alors elle fabrique des saints pour renforcer la foi des fidèles (...) Bientôt une couturière fribourgeoise canonisée. L'Eglise se lancera-t-elle dans le prêt-à-sanctifier ?

Le résumé de l'émission sur le site propre (ici) de celle-ci est moins démagogique et plus conforme au fond des choses. Je le reproduis donc parce qu'il m'évite de résumer l'émission pour ceux qui ne l'ont pas vue :

Autrefois, fabriquer un saint était long et compliqué et bien rares étaient les personnalités qui avaient les honneurs de Rome. Dès le début du XXe siècle, les papes ont allégé les procédures de béatification et de canonisation. Mais c'est Jean-Paul II qui les a radicalement simplifiées. A dessein, le Pape polonais a fait des Saints l'une des armes de sa nouvelle évangélisation. Durant son pontificat, il a béatifié et canonisé davantage que tous les papes avant lui. Ces trente dernières années, ils sont ainsi quelque 2500 a avoir [sic] été élevés au rang de catholiques exemplaires. Et grâce à ces nouvelles règles, la Suisse romande pourrait bien voir sa première sainte canonisée à Rome. La Fribourgeoise Marguerite Bays est proche du but. Cette petite couturière du XIXe s. a déjà franchi une étape décisive : en 1995, elle était béatifiée par Jean-Paul II lui-même. Aujourd'hui, elle est devenue l'attraction du petit village de Siviriez dans la Glâne. Sa maison natale est devenue un lieu de pèlerinage et tous les 27 du mois, jour anniversaire de sa mort, l'église paroissiale est prise d'assaut. Mais pour être élevée au rang de Sainte, il faut que deux miracles soient attribués à Marguerite Bays [la médaille ci-dessus reproduite provient du site consacrée à la bienheureuse ici]. Selon ses fidèles défenseurs, la couturière aurait sauvé un jeune homme en 1940 lors d'un accident de cordée. Et il y a quelques années, c'est une fillette de 22 mois qui aurait miraculeusement survécu à un accident de tracteur grâce à elle. Temps Présent a enquêté sur ces miracles et même retrouvé des témoins directs, convaincus des pouvoirs de la couturière. Mais ces pouvoirs ne font pas l'unanimité...

Rediffusion le vendredi 14 août 2009 à 01h et le lundi 17 août 2009 à 15h15 sur TSR2.

Un reportage de Bertrand Theubet et Pierre-Olivier

Volet Image : Yves Dubois Son : Gianni Del Gaudio Montage : Monique Preiswerk

Les journalistes, en particulier Eric Burnand, auraient pu s'en tenir à cet exposé des faits somme toute assez neutre et, à la limite, acceptable, mais pour se donner des airs d'indépendance d'esprit ils n'ont pas pu se retenir de faire des commentaires fielleux, indignes de la part d'employés de la télévision nationale d'Etat, censée représenter le pays.

Florilège :

Parlant de la crise sans précédent que connaîtrait l'Eglise - les journalistes de la TSR montrent là leur ignorance crasse en matière d'histoire religieuse - ils ajoutent :

Les gaffes du pape n'ont rien arrangé.

Les internautes qui me lisent savent que les prétendues gaffes participent d'un montage médiatique on ne peut plus grossier.

Adeptes du jeu de mots laids ils disent que l'Eglise a décidé de :

Montrer ses saints.

Pour illustrer le fait que Jean-Paul II a béatifié et canonisé davantage que tous les papes avant lui et que Benoît XVI reste dans cette lignée, ils disent par exemple :

La machine à fabriquer des saints tourne à plein régime.

Pour illustrer que la procédure de sanctification est simplifiée ils disent que rejoindre le club des saints en est facilité.

L'emploi des expressions fabriquer des saints, doper l'adhésion des fidèles, prêt-à-sanctifier, gaffes du pape, montrer ses saints, rejoindre le club des saints, n'est pas innocent. D'autant que par exemple l'expression fabriquer des saints est répétée comme un leitmotiv tout au long de l'émission...pour qu'elle bourre bien le crâne des téléspectateurs.

Le but de ces soi-disant journalistes est clair : il s'agit de faire croire que l'Eglise fabrique des saints, sous-entendu de toutes pièces, sans être trop regardante sur les miracles invoqués pour les causes présentées, que ce faisant elle cherche à redorer son blason en favorisant la superstition et en insistant sur le côté magique des modèles proposés à la vénération des fidèles. Ce sont là propos de profanes qui ne supportent décidément pas le sacré, qui le leur rend bien.

Francis Richard

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 19:15
Le 29 juin dernier, en la fête des saints Apôtres Pierre et Paul, Benoît XVI (photo tirée du site de Challenges ici ) signait sa troisième encyclique, Caritas in veritate (ici), L'amour dans la vérité, consacrée au développement humain intégral dans la charité et dans la vérité. Elle était rendue publique le 7 juillet 2009. 

Nombre de commentateurs de cette encyclique de Benoît XVI ont surtout retenu l'urgence, selon le Saint Père, de mettre en place
une véritable Autorité politique mondiale. Ainsi, dans Le Temps du 7 juillet 2009 (ici), dans un article intitulé Benoît XVI pour une gouvernance mondiale, Patricia Briel indique-t-elle, citant le Pape, l'objet d'une telle mise en place :

Pour le gouvernement de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l’environnement et pour réguler les flux migratoires.[paragraphe 67]


Elle omet cependant - et c'est essentiel - de parler de ce qui doit inspirer une telle Autorité. Je cite le Pape :

Une telle Autorité devra être réglée par le droit, se conformer de manière cohérente aux principes de subsidiarité et de solidarité, être ordonnée à la réalisation du bien commun, s'engager pour la promotion d'un authentique développement humain intégral qui s'inspire des valeurs de l'amour et de la vérité.[paragraphe 67]

Il est intéressant de savoir ce qu'entend Benoît XVI par développement humain intégral :

Le développement authentique de l'homme concerne unitairement la totalité de la personne dans chacune de ses dimensions. [paragraphe 11]

Benoît XVI précise plus loin ce qu'il faut entendre par là :

Un tel développement demande (...) une vision transcendante de la personne; il a besoin de Dieu : sans Lui, le développement est nié ou confié aux seules mains de l'homme, qui s'expose à la présomption de se sauver lui-même et finit par promouvoir un développement déshumanisé. [paragraphe 11]

Pour le catholique, national et libéral, que je suis, il est réconfortant de lire :

- que le Pape justifie le développement par la confiance que l'homme doit placer en Dieu : 

L'idée d'un monde sans développement traduit une défiance à l'égard de l'homme et de Dieu. [paragraphe 14]

- que le Pape met en garde contre le scientisme et l'écologie radicale :

Absolutiser le progrès technique ou aspirer à l'utopie d'une humanité revenue à son état premier de nature sont deux manières opposées de séparer le progrès de son évaluation morale et donc de notre responsabilité. [paragraphe 14]

- que le Pape n'envisage pas de développement sans liberté ni responsabilité, qui lui est intrinséquement liée :

Le développement ne peut être intégralement humain que s'il est libre; seul un régime de liberté responsable lui permet de se développer de façon juste. [paragraphe 18] 

- que le Pape dénonce l'éclectisme culturel qui considère que toutes les cultures sont substantiellement équivalentes et interchangeables entre elles :

Cela favorise un glissement vers un relativisme culturel qui n'encourage pas le vrai dialogue interculturel; sur le plan social, le relativisme culturel conduit effectivement les groupes culturels à se rapprocher et à coexister, mais sans dialogue authentique et donc, sans véritable intégration. [paragraphe 26]

- que le Pape dénonce le nivellement culturel et l'uniformisation des comportements et des styles de vie :

De cette manière, la signification profonde de la culture des différentes nations, des traditions des divers peuples, à l'intérieur desquelles la personne affronte les questions fondamentales de l'existence en vient à disparaître. [paragraphe 26]

- que le Pape, comme son prédécesseur, Jean-Paul II, s'oppose à la culture de mort :

Quand une société s'oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour oeuvrer au service du vrai bien de l'homme. [paragraphe 28]

- que le Pape condamne aussi bien le fondamentalisme religieux que la promotion de l'indifférence religieuse ou de l'athéisme :

Dieu est le garant du véritable développement de l'homme, dans la mesure où, l'ayant créé à son image, Il en fonde aussi la dignité transcendante et alimente en lui la soif d'"être plus". [paragraphe 29]

- que le Pape condamne le protectionnisme qui empêche les produits des pays pauvres d'entrer sur les marchés des pays économiquement développés et qu'il reconnaît les bienfaits de la mondialisation, à ne pas confondre avec le mondialisme :

(Ce processus d'interdépendance planétaire) a été le principal moteur pour que des régions entières sortent du sous-développement et il représente en soi une grande opportunité. [paragraphe 33]

- que le Pape ne rejette pas le marché que tous les véritables libéraux savent ne pas exister à l'état pur :

Lorsqu'il est fondé sur une confiance réciproque et générale, le marché est l'institution économique qui permet aux personnes de se rencontrer, en tant qu'agents économiques, utilisant le contrat pour régler leurs relations et échangeant des biens et des services fongibles entre eux pour satisfaire leurs besoins et leurs désirs. [paragraphe 35]

- que le Pape sait bien que cet instrument peut être mal utilisé et qu'alors :

Ce n'est pas l'instrument qui doit être mis en cause mais l'homme, sa conscience morale et sa responsabilité personnelle et sociale. [paragraphe 35]

- que le Pape rappelle que Jean-Paul II, dans Centesimus Annus :

Avait relevé la nécessité d'un système impliquant trois sujets : le marché, l'Etat et la société civile. Il avait identifié la société civile comme le cadre le plus approprié pour une économie de la gratuité et de la fraternité, mais il ne voulait pas l'exclure des deux autres domaines. [paragraphe 38]

- que le Pape, pour parvenir à cette économie de la gratuité, déclare :

A côté de l'entreprise privée tournée vers le profit, et des divers types d'entreprises publiques, il est opportun que les organisations productrices qui poursuivent des buts mutualistes et sociaux puissent s'implanter et se développer. [paragraphe 38]

- que le Pape s'oppose au malthusianisme :

Il y a de la place pour tous sur la terre: la famille humaine tout entière doit y trouver les ressources nécessaires pour vivre correctement grâce à la nature elle-même, don de Dieu à ses enfants, et par l'effort de son travail et de sa créativité. [paragraphe 50]

- que le Pape invite à une véritable communion des hommes, sous le regard de Dieu :

La créature humaine, qui est de nature spirituelle, se réalise dans les relations interpersonnelles (...) Ce n'est pas en s'isolant que l'homme se valorise lui-même, mais en se mettant en relation avec les autres et avec Dieu.(...) L'unité de la famille humaine n'abolit pas en elle les personnes, les peuples et les cultures, mais elle les rend plus transparents les uns aux autres, plus unis dans leurs légitimes diversités. [paragraphe 53] 

La vérité unit les esprits entre eux et les fait penser à l'unisson, en les attirant et les unissant en elle. [paragraphe 54]

C'est en ce sens que je fais mienne la phrase de Jean-Louis Kuffer, que l'on peut trouver dans son dernier livre (voir mon article "Riches Heures", de Jean-Louis Kuffer ) :

Bien plus que la différence, dont on nous rebat les oreilles et qui signifie peu de choses à mes yeux, c’est la ressemblance qui m’importe en cela qu’elle surmonte les particularismes raciaux, sociaux ou sexuels au bénéfice de valeurs plus fondamentales.

Je terminerai par une citation de Benoît XVI sur les relations entre foi et raison, qui est une ses grandes préoccupations et qui était celle de son désormais fameux discours de Ratisbonne :

Ce n'est pas un hasard si la fermeture à la transcendance se heurte à la difficulté de comprendre comment du néant a pu jaillir l'être et comment du hasard est née l'intelligence. Face à ces problèmes dramatique, la raison et la foi s'aident réciproquement. Attirée par l'agir technique pur, la raison sans la foi est destinée à se perdre dans l'illusion de sa toute-puissance. La foi, sans la raison, risque de devenir étrangère à la vie concrète des hommes. [paragraphe 74]

Francis Richard

L'encyclique de Benoît XVI présentée en ... 1 mn 23 sur YouTube :


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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 20:10

Il faut du courage pour se rendre en Terre Sainte quand on s'appelle Benoît XVI (photo ci-contre publiée par 24 Heures). Surtout pour y rester une semaine entière. Car aujourd'hui la Terre Sainte est une terre divisée entre la Cisjordanie, Gaza, Israël et la Jordanie, une terre meurtrie sur laquelle vivent des fidèles des trois religions du Livre.

Les chrétiens sont très minoritaires et ont du mal à survivre dans cet univers qui leur est hostile. D'autant plus hostile aujourd'hui que des Juifs comme des Musulmans, par la façon dont les media rapportent ses propos, sont remontés contre le Chef de l'Eglise catholique 

En effet, pour des Juifs, Benoît XVI est Allemand, ce qui est rédhibitoire. Ceux d'entre eux qui veulent mettre de l'huile sur le feu rappellent jusqu'à plus soif qu'il a fait partie de la Jeunesse Hitlérienne, qu'il a été mobilisé dans la Wermacht et qu'il a levé l'excommunication d'un évêque négationniste.

En effet, pour des Musulmans, Benoît XVI est le pape qui a prononcé le discours de Ratisbonne où il aurait lié la foi musulmane à la violence.

Or il s'agit de désinformations pures et simples, basées sur des omissions, de petites phrases sorties de leur contexte, des amalgames, voire des mensonges éhontés.

Certes Benoît XVI a fait partie de la Jeunesse Hitlérienne, mais on omet soigneusement de dire que, dès 1936 l'adhésion y était obligatoire pour les tous jeunes Allemands, dès 1939 incontournable à partir de l'âge de 14 ans et qu'il y a été enrôlé de force, à cet âge, en 1941.

Certes Benoît XVI a fait partie de la Wehrmacht, mais on omet soigneusement de dire qu'il a été incorporé de force, à 16 ans, dans la défense anti-aérienne, alors qu'il venait d'entrer au séminaire. La maladie lui a permis d'en être finalement dispensé, et, en 1945, il a déserté pour retourner dans sa famille.

Certes Benoît XVI (photo ci-contre tirée de 20 Minutes ) a levé l'excommunication qui frappait un évêque négationniste, mais on omet soigneusement de dire qu'il l'a levée pour des motifs religieux et non pas parce Mgr Williamson était négationniste. La décision de cette levée de sanction était prise avant que les propos de Mgr Williamson ne soient connus, même si la publication de cette levée s'est faite après en avoir eu connaissance.

Certes, en septembre 2006, Benoît XVI a prononcé un discours (ici) à l'université de Ratisbonne, où il avait enseigné. Au cours de ce discours, qui avait pour thème foi et raison, il a cité une controverse médiévale - pardon Jacques Heers pour cet adjectif commode ! -, qu'il venait de lire, entre l'empereur byzantin Manuel II Paléologue et un savant persan, au cours duquel le premier, selon Benoìt XVI, s'adressant au second, s'exprime au sujet de l'Islam d'une manière étonnamment abrupte [ce qui veut bien dire que Benoît XVI ne la fait pas sienne et ... que les intellectuels de l'époque ne pratiquaient pas entre eux la langue de bois] :

Montre-moi donc ce que Mohammed a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d'inhumain, par exemple le fait qu'il a prescrit que la foi qu'il prêchait, il fallait la répandre par le glaive.

Or le propos de Benoît XVI était de souligner que :

La foi est un fruit de l'âme, non du corps. Donc si l'on veut amener quelqu'un à la foi, on doit user de la faculté de bien parler et penser correctement, non de la contrainte et de la menace.

Autrement dit que :

Ne pas agir selon la raison contredit la nature de Dieu.

Malgré tous ces préjugés de toutes parts contre lui, Benoît XVI a eu le courage de dire ce qu'il avait à dire et de faire ce qu'il avait à faire pendant son séjour en Terre Sainte. 

A la Mosquée Al-Hussein Bin-Tahal, il a reformulé le 9 mai, en termes actuels, ce qu'il avait dit à Ratisbonne (ici) :

Ne convient-il pas de reconnaître (...) que c'est souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions, et, parfois même, des violences dans la société ?

Et :

Quand la raison humaine accepte humblement d'être purifiée par la foi, elle est loin d'en être affaiblie; mais elle en est plutôt renforcée pour résister à la présomption et pour dépasser ses propres limitations.


Le prince Ghazi Bin Muhammed Bin Talal l'a accueilli en lui disant notamment (ici):

Les musulmans ont (...) particulièrement apprécié l’éclaircissement donné par le Vatican, selon lequel ce qui a été dit à Ratisbonne ne reflétait pas l’opinion de Votre Sainteté, mais était simplement une citation dans un discours académique.

Plus loin il lui a rendu cet hommage :

Je reçois en vous le pape Benoît XVI, vous dont le pontificat est caractérisé par le courage moral d'agir et de parler selon votre conscience, indépendamment des modes du moment, vous qui êtes aussi un maître théologien chrétien, auteur d'encycliques historiques sur les belles vertus cardinales de l'amour et de l'espérance, vous qui avez réintroduit la Messe traditionnelle en latin pour ceux qui le souhaitent et avez en même temps fait du dialogue interreligieux et intrareligieux la priorité de votre pontificat, pour répandre la bonne volonté et la compréhension entre toutes les populations de la terre.

Au mémorial de la Shoah, Yad Vashem [ Yad "mémorial", Vashem "nom"] Benoît XVI a dit le 11 mai  (ici) :

Il est possible de dérober à un voisin ce qu'il possède, son avenir ou sa liberté. Il est possible de tisser un réseau insidieux de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne méritent pas d'être respectés. Néanmoins, quoique vous fassiez, il est impossible d'enlever son nom à un être humain.

Et :

En tant qu'Evêque de Rome et Successeur de l'Apôtre Pierre, je réaffirme l'engagement de l'Eglise à prier et à travailler sans cesse pour faire en sorte que cette haine ne règne plus jamais dans le coeur des hommes.
  

 
Invité du journal de 7 heures du 8 mai dernier sur La Première (ici), la station de la RSR, François Garaï, Rabbin de la Communauté Israélite Libérale de Genève (ici), déclarait à propos de la levée de l'excommunication de Mgr Williamson par Benoît XVI :

Je lui en ai voulu un moment parce que je ne comprenais pas. Ensuite il a bien dit et répété que la réintégration de Mgr Williamson, qui n'est pas Monseigneur d'ailleurs au regard de l'Eglise catholique romaine, ne pourra se faire que lorsqu'il aura accepté et dit publiquement que la Shoah a été une réalité. Donc on voit bien que Benoît XVI a en quelque sorte cet axe de la réunion des chrétiens et qu'en même temps il est quelquefois confronté à des prises d'opinion de certains de ses frères totalement déraisonnables.

Et à propos du dossier de Pie XII, dont le procès en béatification est en cours :

Il empoisonnera la relation entre les Juifs et les Catholiques tant que les archives n'auront pas été ouvertes. Tant qu'on ne saura pas exactement ce que Pie XII a fait ou n'a pas fait, ce dossier sera un dossier extrêmement épineux entre eux et nous.

Il n'est pas besoin d'attendre l'ouverture de ces archives pour connaître un certain nombre de choses  que Pie XII a faites comme le rappelle cette vidéo :   


 

 

 


Au Mur Occidental du Temple, le Mur des Lamentations, Benoît XVI a prié pour la paix (ici) :


Lors de ma visite à Jérusalem, la "Ville de la paix", Demeure spirituelle commune des juifs, des chrétiens et des musulmans, Je vous apporte les joies, les espoirs et les aspirations, Les épreuves, la souffrance et la douleur de votre peuple à travers le monde, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, Entendez le cri des affligés, des apeurés, des dépouillés, Envoyez votre paix sur cette Terre sainte, sur le Moyen Orient, Sur votre famille entière, Remuez les cœurs  de tous ceux qui appellent en votre nom, Pour marcher humblement sur le sentier de la justice et de la compassion. "Dieu est bon avec ceux qui l'attendent, Avec l'âme qui le cherche" (Livre des lamentations 3:25)


Pour lui la paix ne pourra se faire que si tout le monde y met du sien : les Palestiniens doivent renoncer à la violence, les Israéliens accepter la création d'un Etat palestinien, tout le monde pouvoir accéder aux Lieux Saints que sont le Mur Occidental, le Dôme du Rocher et le Saint Sépulcre. Quant au mur qui sépare la Cisjordanie d'Israël il est de ceux qui devront bien être abattus tôt ou tard.

Evoquant les rencontres que Benoît XVI allait faire en Terre Sainte, François Garaï disait, encore sur La Première, le 8 mai dernier :

Quelquefois des petites graines sont semées par quelques paroles et quelques années plus tard on s'aperçoit qu'elles ont eu un effet beaucoup plus important qu'on ne le pense.

Francis Richard

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 22:35
Une huitaine de jours passés au Pays Basque, à Saint Jean-de-Luz (photo ci-contre), m'ont permis de me ressourcer, au sens plein du terme puisque je m'y suis rendu pour la première fois avec ma mère, en provenance de Belgique où je suis né, alors que j'avais à peine trois semaines d'existence...

Rédiger des articles dans un cyber-café n'est pas chose aisée, comme j'ai pu en faire l'expérience ... et j'ai donc bien dû me résoudre à respecter une trêve pascale de quelques jours.

Le jour de Pâques, j'ai assisté à la messe dans l'église Saint Jean-Baptiste, où Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, Infante d'Espagne, se sont mariés en 1660... L'église était pleine à craquer, remplie de locaux et de gens de passage, comme moi. Le Pays Basque n'est pas une terre de mission pour l'Eglise catholique...

Sur la feuille dominicale, datée du 12 avril 2009, de la paroisse Saint Pierre de l'Océan - itsasoko jondoni Petri - , à laquelle la célèbre église luzienne est rattachée, j'ai pu lire un message au Peuple de Dieu ( ici ), en date du Jeudi Saint, 9 avril 2009, signé par Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, et par les prêtres du diocèse. A mon retour ici à Lausanne, je ne résiste pas à la tentation de reproduire ce message, qui ne peut que réchauffer le coeur des catholiques fidèles :

Rassemblés pour la messe chrismale, en la Cathédrale Sainte-Marie de Bayonne, où nous avons renouvelé les promesses de notre ordination presbytérale, nous voulons adresser un message au peuple de Dieu, à l'occasion du Jeudi-Saint, jour anniversaire de l'institution de l'Eucharistie et du Sacerdoce.

Nous croyons à notre ministère, celui pour lequel nous avons été consacrés dans le sacerdoce et pour lequel nous avons donné toute notre vie. Loin de regretter le choix que nous avons fait, en répondant oui à l'appel du Seigneur, nous sommes tout à la joie de redire aujourd'hui notre disponibilité à l'Eglise et aux hommes. C'est en pleine liberté que nous avons choisi le célibat consacré, selon la discipline de l'Eglise latine, et dont le dernier Synode ordinaire des évêques a rappelé "la richesse inestimable", "comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l'Eglise et au Règne de Dieu".

Les défections médiatisées, que nous n'avons pas à juger, ne doivent pas faire oublier la fidélité et la générosité de l'immense majorité des prêtres de nos diocèses de France.

Conscients de nos faiblesses, nous nous confions à la prière des fidèles qui nous entourent de leur amitié, de leur soutien et de leur engagement au service de nos communautés, et les assurons de notre entier dévouement.

Les humbles fidèles, et pécheurs, dont je suis, ne peuvent que prier pour de tels prêtres que le Seigneur nous fait la grâce de nous envoyer pour s'occuper de nos âmes. Ils ne peuvent également que les remercier pour leur dévouement sans faille.

Francis Richard
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 19:40

Jean Ferré, le regretté fondateur - avec Serge de Beketch - de Radio Courtoisie  ( ici ) aimait à répéter  :

"Un texte sans contexte est un texte con".

Cette phrase m'est restée. Et, quand je cite quelqu'un, j'essaie toujours de situer la citation que je fais dans son contexte, autant que faire se peut. Cela me semble être une simple question d'honnêteté intellectuelle.

Dans l'avion qui l'emportait mardi 17 mars après-midi vers le Cameroun, le Pape Benoît XVI a fait une déclaration. Les journalistes, que seules les petites phrases intéressent et qui se soucient comme d'une guigne de la vérité, n'ont retenu des propos du Pape que deux phrases approximativement reproduites et, surtout, isolées de leur contexte :

"On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs" 

"Au contraire leur utilisation aggrave le problème

C'est ainsi que se comporte Philippe Dumartheray dans La Tribune de Genève ici, qui rapporte, entre autres, avec jouissance, ce commentaire assassin de Daniel Cohn-Bendit :

 

"C'est presque du meurtre prémédité. Il y en a assez avec ce pape !"

A l'heure d'Internet il est facile de se renseigner. Ce qu'a vraiment dit le Pape sur la distribution de préservatifs (l' image de l'objet ci-dessus est reprise du site ici de M6info.fr ) se trouve très facilement sur le site de l'agence de presse Zenit  (ici ) et a été publié avant que Philippe Dumartheray ne publie son propre article.

Pour des questions de droits de reproduction, il ne m'est pas possible de reproduire tout le texte. Je citerai cependant le passage essentiel, laissant à l'internaute le soin de se reporter, pour un contexte plus large, à la source indiquée :

"Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements  personnels, à être proches de ceux qui souffrent."

Dans son article Philippe Dumartheray laisse entendre - ce qui est criminel pour le coup - que le préservatif est la seule prévention possible contre le sida et que ne pas le mettre lors de relations sexuelles peut être mortel. Le Pape serait donc criminel d'encourager les Africains à ne pas utiliser de préservatif. Comme on vient de le lire, ce n'est pas ce qu'a dit le Pape.

Le Pape répète - ce que l'Eglise a toujours dit, et qu'elle dira toujours - que la sexualité ne peut pas être déconnectée de la spiritualité et de l'amour. Autrement dit que la seule et égoïste satisfaction sexuelle ne peut qu'engendrer des désordres et empêcher le plein épanouissement des hommes et des femmes. Ce n'est pas une nouveauté. C'est pourquoi l'Eglise a toujours prôné la fidélité et la monogamie, qui restent selon elle, en l'occurrence, la meilleure des préventions contre le sida.  

A ce propos le Christ n'y va pas avec le dos de la cuiller. Il n'est pas venu abolir la loi, il est venu l'accomplir (Matthieu 5, versets 27 et 28) - et comment ! - :

"Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : tu ne commettras point d'adultère. Mais moi je vous dis que quiconque aura regardé une femme pour la convoiter, a commis déjà l'adultère dans son coeur"

Plus loin Il en rajoute une couche (versets 31 et 32) :

"Il a été dit aussi : Quiconque renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation. Et moi je vous dis que quiconque renvoie sa femme hors le cas d'adultère, la rend adultère: et quiconque épouse une femme renvoyée, commet un adultère"

Il faut reconnaître que ce n'est pas très XXIème siècle : en ce siècle il serait même recommandé de baiser tout ce qui bouge, à condition de mettre une protection...

Aux yeux de l'Eglise, le préservatif - qui n'est pas, loin de là, fiable à 100% - n'est donc pas la meilleure prévention contre le sida. Utilisé d'abord comme moyen de contraception, puis comme protection contre les maladies sexuellement transmissibles, dont le sida est la plus redoutable, il a le fâcheux inconvénient de faire croire à l'utilisateur qu'il peut échapper sans risques aux conséquences de son vagabondage sexuel. Cela peut l'encourager, à tort, à persévérer dans cette voie risquée.

Le Pape dit donc en substance - en termes moins directs bien sûr :

"Vous n'êtes pas obligés de céder à toutes vos pulsions sexuelles et à toutes leurs dérives. Si vous le faites, vous augmentez vos risques. Le préservatif peut toujours vous lâcher, être déficient. Tandis que si vous êtes fidèles l'un à l'autre, entre époux, le risque par contamination sexuelle du moins sera nul."

L'autre volet de la déclaration du Pape, qui a été occulté généreusement par les média, est l'aide à apporter aux Africains pour soigner les malades en grand nombre atteints par le sida et les accompagner spirituellement et humainement dans leurs souffrances. Compte tenu de la gravité de la situation, le Pape a d'ailleurs demandé aux entreprises pharmaceutiques la gratuité des thérapies.

Le père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, ( ici ) a rappelé opportunément le 18 mars que :

"25% des structures s'occupant des malades du sida sont catholiques. Il faudrait aussi mentionner toutes les structures s'occupant des enfants nés séropositifs et spécialement des orphelins du sida".

Cela n'intéresse évidemment pas Philippe Dumartheray et ses semblables...

Alors on peut ne pas être d'accord avec la morale prônée par l'Eglise, ou avoir du mal à la respecter - dans ce cas, pourquoi ne pas mettre un préservatif ? cependant, c'est sans garantie -, mais dire qu'elle est criminelle c'est de la désinformation pure. L'Eglise ne demande pas de ne pas utiliser de préservatifs, elle demande d'avoir un comportement sexuel conforme à son enseignement, ce qui permet de s'affranchir de cette protection à risques.

Francis Richard

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 00:45

La réponse est oui.

En effet la levée de l'excommunication des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre et Mgr Castro Mayer continue à soulever un tollé dans les média et dans la frange des catholiques qui ne jurent que par Vatican II, comme s'il y avait une solution de continuité entre ce dernier concile oecuménique et tous les autres conciles qui l'ont précédé. 

Il est possible, comme le pape Benoît XVI le fait déjà, d'éclairer Vatican II à la lumière de la Tradition et de renoncer à ce que le pape Paul VI appelait "les fumées de Satan", c'est-à-dire aux déviances qui l'ont suivi et qui se sont traduites par la pénurie des vocations et la chute brutale de la pratique religieuse.

Selon une étude de l'IFOP, publiée par La Croix en juillet 2006, en France, par exemple, 81% des Français se disaient catholiques en 1952, ils n'étaient plus que 65% en 2006, et les "messalisants" (ceux qui vont à la messe tous les dimanches) étaient passés de 27% à 4,5% dans le même laps de temps. Beau résultat !

Les adeptes suisses du seul Concile Vatican II - que j'appellerai par commodité monoconciliaires - ont manifesté dimanche 8 mars à Lucerne à l'appel du mouvement "Auftreten statt austreten" ("se positionner plutôt que se retirer"). Ils étaient des centaines selon Le Matin ( ici ) , 1'500 selon 24 heures (
 ici ). Ce qui ne représente pas grand chose au regard des plus de 3'300'000 baptisés catholiques sur une population totale de 7'700'000 habitants, que compte la Suisse...

Le leitmotiv des manifestants était de s'opposer à la ligne actuelle de l'Eglise jugée conservatrice, étroite d'esprit, autoritaire, pas assez moderne, sans vouloir quitter l'Eglise pour autant. La goutte qui a fait déborder leur vase, qui ne devait pas être rempli d'eau bénite - c'est trop réac l'eau bénite -, a été la levée des excommunications et particulièrement celle de Mgr Williamson.

Le Matin
nous dit :

 

Les protestataires proposent au contraire une Eglise plus proche de ses membres et favorise une pratique contemporaine de la foi. Concrètement, ils revendiquent l'application pleine et entière des droits de l'homme au sein de l'institution, un système plus participatif, l'égalité des sexes, l'oecuménisme et le pluralisme des opinions ".

Cette église qu'ils appellent de leurs voeux existe déjà. C'est l'église de nos frères protestants. S'ils veulent rester catholiques, il faut qu'ils admettent le primat de Pierre, ce à quoi d'ailleurs rien ne les oblige. Le nonce du Vatican en Suisse, pour lequel la manifestation de Lucerne a été un motif de souffrance ( ici ), a rappelé avant-hier que :

" Le pape Benoît XVI, ainsi que ses prédécesseurs Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II sont - au sein de l'Eglise catholique - les garants de la vision correcte et fidèle du Concile Vatican II ".

Autrement dit : fini les divagations et les interprétations personnelles sujettes à caution !

La Conférence des Evêques suisses, par la voix de son président, Mgr Koch, s'est prononcée le 5 mars sur la levée des excommunications ( ici ). Sa position est celle de donneurs de leçons tous azimuts qu'il faut bien considérer avec une certaine admiration. D'un côté Mgr Koch a souligné que :

" la levée de l'excommunication ne signifie pas réhabilitation de plein droit, mais ouverture de la part de l'Eglise catholique à des personnes qui s'en sont séparées pour des raisons de doctrine ".

De l'autre Mgr Koch s'est déclaré fâché :

" par le fait que la manifestation prévue pour samedi à Lucerne contre la levée des excommunications passe pour une manifestation nationale, alors qu'il ne s'agit en fait que d'un événement alémanique ".

En somme un coup de crosse à droite, un coup de crosse à gauche. Et pour finir un coup de crosse asséné au pape lui-même :

" La levée de l'excommunication a été préparée avec trop peu de soin et il y a eu de grosses lacunes de la part de la Curie dans l'information aux évêques, aux fidèles et à l'opinion publique ".

Le commentaire de Vincent Pelligrini ( ici ) dans Le Nouvelliste du 5 mars sur ce communiqué vaut d'être cité :

 

" Le pape est tout seul. Du moins si l'on considère les épiscopats européens. Heureusement je peux confirmer qu'il reste nombre de fidèles et de prêtres qui sont plus indulgents avec lui que les évêques suisses en l'affaire décrite ci-dessus ".

Hier matin, sur La première, Mgr Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (photo ci-dessus, de Florian Cella, tirée ( ici ) de La Tribune de Genève  du 18 février dernier), a réagi au sujet de la levée des excommunications dans la même veine que Mgr Koch. Puis il a réagi au sujet de l'excommunication prononcée par son frère dans l'épiscopat, Mgr Sobrinho, évêque de Recife.

Cette sanction religieuse a été prise à l'encontre de la mère d'une enfant de 9 ans, que l'on a avorté, à 15 semaines, de deux jumeaux qu'elle portait à la suite d'un viol, excommunication prononcée également à l'encontre de l'équipe médicale qui a pratiqué cet avortement ( ici ).


Mgr Sobrinho avait souligné :


" La loi de Dieu est au-dessus de n'importe quelle loi humaine. Alors, quand une loi promulguée par des législateurs est contraire à la loi de Dieu, cette loi n'a aucune valeur ".

D'accord avec Mgr Farine, son auxiliaire, pour estimer que l'excommunication est une arme anachronique - sauf bien entendu à l'égard des évêques d'Ecône - Mgr Genoud a déclaré à propos de cette affaire brésilienne que la parole était d'argent, mais que le silence était d'or : 

" Il y a des fois où il faut se taire. C'est tout. Ne rien dire. Bien sûr cela reste grave des choses comme cela, mais il y a un moment où il y a la loi et où il y a l'application de la loi. C'est ce qu'on appelle l'épiquie  ".
 
Joli coup de crosse confraternel !

J'en conclus qu'il vaut mieux avorter que d'être sacré évêque. Car le silence n'a pas été d'or sur la levée des excommunications. Loin s'en faut. Il y en a même qui ont suggéré d'excommunier à nouveau les évêques ordonnés par Mgr Lefebvre s'ils se montraient trop récalcitrants à reconnaître Vatican II dans son intégralité : un nouvel intégrisme... en quelque sorte.

Francis Richard


L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 11:00
L'agence de presse Zenit a publié hier ( ici ) une lettre de Mgr Williamson (photo ci-contre tirée de 24 Heures ici ) dans laquelle il demande pardon et déclare notamment :

Le Saint-Père et mon supérieur, Mgr Bernard Fellay, m'ont demandé de reconsidérer les remarques que j'ai faites à la télévision suédoise il y a quatre mois, en raison de leurs si lourdes conséquences.


En examinant ces conséquences, je peux dire sincèrement que je regrette d'avoir fait ces remarques, et que si j'avais su à l'avance tout le mal et les blessures qu'elles allaient susciter, spécialement pour l'Eglise, mais aussi pour les survivants et les familles des victimes de l'injustice sous le Troisième Reich, je ne les aurais pas faites.

Dont acte.

Francis Richard

Articles précédents sur la levée des excommunications annoncée le 24 janvier 2009 par le pape Benoît XVI :

La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort du 26 janvier 2009
Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI du 28 janvier 2009
La parole est au procureur Christian Terras,"expert" es Catholiques ! du 3 février 2009
Levée d'excommunication de Mgr Williamson : les à peu près de France 2 du 6 février 2009
Les poncifs anti-cléricaux de Charles Poncet dans "L'Hebdo" du 8 février 2009

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 00:20
Dans Télématin sur France 2, au cours du JT de 8 heures du 5 février 2009 (ici ), présenté par Nathanael de Rincquesen, un reportage est fait après la publication par la Secrétairerie d'Etat du Vatican d'un communiqué en date du 4 février 2009 au sujet entre autres de Richard Williamson. 

A 6 minutes du début de ce JT le commentaire suivant est fait : "Après deux semaines de tollé le Vatican a finalement réagi : il ne lèvera l'excommunication qui frappe Richard Williamson, l'évêque qui a tenu des propos négationnistes, qu'à une condition".

Suit une déclaration du porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi : "Pour retrouver une fonction au sein de l'Eglise catholique il faut qu'il renie publiquement tout ce qu'il a déclaré au sujet de la Shoah".

Si cette dernière déclaration est conforme au communiqué du 4 février 2009 ( 
ici ) de la Secrétairerie d'Etat, le commentaire ne l'est pas. Voici le passage du communiqué du 4 février 2009 :

"Il Vescovo Williamson, per una ammissione a funzioni episcopali nella Chiesa dovrà anche prendere in modo assolutamente inequivocabile e pubblico le distanze dalle sue posizioni riguardanti la Shoah, non conosciute dal Santo Padre nel momento della remissione della scomunica."

"Pour être admis à exercer une fonction épiscopale dans l'Eglise, l'évêque Williamson devra d'abord prendre ses distances de manière absolument sans équivoque, et publiquement, avec ses déclarations regardant la Shoah, non connues du Saint Père au moment de la levée de son excommunication".

En effet le Saint Père ne reviendra pas sur la levée de l'excommunication de Richard Williamson, contrairement à ce que dit le commentaire, mais Richard Williamson ne pourra exercer de fonction épiscopale que s'il prend ses distances avec ses positions relatives à la Shoah. Nuance !

Un peu après le reportage évoque les dites déclarations de Mgr Williamson effectuées à la télévision suédoise. Le commentaire de France 2 fait alors est le suivant : "Trois jours après, le 24 janvier, Benoît XVI lève pourtant l'excommunication qui frappe Richard Williamson et trois autres évêques. Selon le Vatican, à cette date, le Pape n'était pas au courant des positions négationnistes du prélat".

Ce commentaire est lui aussi en contradiction avec le communiqué de la Secrétairerie d'Etat. En effet que dit ce communiqué ? Que le Saint Père n'était pas au courant au moment de la levée des excommunications. Quand celle-ci a-t-elle eu lieu ? Le 21 janvier, c'est-à-dire le même jour que sont diffusées les déclarations scandaleuses de Mgr Williamson. Le commentaire fait croire faussement que le Saint Père ne connaissait pas ces déclarations trois jours plus tard, parce qu'effectivement le décret de levée des excommunications ne sera connu que le 24 janvier.

Ce petit exemple montre de quels à peu près se satisfont des journalistes professionnels qui prétendent nous informer, et qui appartiennent de surcroît au service public.

Francis Richard

L'internaute peut se reporter à mes articles précédents sur la levée des excommunications des quatre évêques ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre et Mgr Castro Mayer :

La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort - 26 janvier 2009
Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI - 28 janvier 2009
La parole est au procureur Christian Terras,"expert" es Catholiques ! - 3 février 2009

Je rappelle également que les catholiques fidèles devraient avoir à coeur de signer ( ici ) la lettre de soutien au pape que j'ai reproduite ( ici ).
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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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