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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 05:35

messe à thibervilleLe 20 février 2011 l'abbé Francis Michel, curé pendant près d'un quart de siècle, a dit sa dernière messe à Thiberville. Il aura résisté plus d'un an à sa destitution programmée le 19 juin 2009 par Mgr Nourrichard, évêque d'Evreux, et qui aurait dû être effective le 3 janvier de l'an passé, si les paroissiens du lieu ne s'y étaient pas opposés, et si l'abbé Francis Michel n'avait pas déposé trois recours à Rome.

 

Le diocèse d'Evreux est un des plus sinistrés de France. Dans ce champ de ruines une seule paroisse était florissante, celle de Thiberville. Pourquoi ? Parce que son curé avait fait concrètement sienne la devise de sainte Jeanne d'Arc, Dieu premier servi, et qu'il s'était occupé des âmes plutôt que de froide administration, le reste étant obtenu de Dieu par surcroît.

 

Mgr Nourrichard a l'attitude inverse de son curé. Au lieu de s'attaquer aux raisons profondes de la désaffection des fidèles, il se présente comme un syndic de faillite, qui répartit la pénurie. Au manque de prêtres il répond par une nouvelle répartition administrative d'un clergé vieillissant, réduit à une véritable peau de chagrin. Cette réorganisation bureaucratique et arbitraire passe par la disparition de la paroisse de Thiberville.

 

Maintenant l'ordre règne à Thiberville, comme on disait que l'ordre régnait à Budapest ou à Prague, après leurs insurrections. Il n'y a plus de curé à demeure. Bientôt il n'y aura plus de fidèles du tout, alors que naguère, de ce point de vue, la paroisse était exemplaire. La forme l'a emporté sur le fond, la loi épiscopale sur la vie paroissiale, l'organisation bureaucratique sur la foi qui soulève les montagnes.

 

L'abbé Francis Michel est un vivant reproche adressé à des hommes d'Eglise qui ont failli comme Mgr Nourrichard et qui ne veulent pas comprendre les profondes raisons du succès d'une paroisse. Même s'il s'en défend, l'évêque d'Evreux ne supporte pas que ce succès provienne du respect de la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise et non pas d'interprétations subjectives et abusives du seul concile qui compterait, Vatican II.

 

L'abbé Francis Michel continue d'être un vivant reproche. Le maire de Thiberville a mis à sa disposition le presbytère de la commune, face à l'église. Ce reproche vivant est certes devenu muet, mais il n'en est que plus redoutable. L'église, pleine à craquer le 20 février 2011, était inaccessible le 27. Les serrures en avaient été obstruées par de la mousse expansive. Demain la messe y aura bien lieu. Gageons qu'elle ne fera pas salle comble avec les gens du cru [la photo provient d'ici].

 

La paroisse de Thiberville était celle qui rapportait le plus au diocèse. Au contraire de Mgr Nourrichard, qui doit être comptable à quasi plein temps, l'abbé Francis Michel n'est pas un administrateur. L'abbé Francis Michel aurait ainsi refusé de faire certifier les comptes de sa paroisse, ce qui serait obligatoire depuis 2005, et se serait passé de conseil financier, crimes abominables pour le comptable Nourrichard ! L'abbé Francis Michel est un bon pasteur et c'est ce que les cinq mille paroissiens qui le soutiennent lui demandent en premier lieu. Mais Mgr Nourrichard a peut-être trouvé là moyen de le faire partir définitivement.

 

Comme l'abbé Francis Michel refuse de quitter Thiberville et qu'il continue à y dire sa messe privée, l'évêque le menace d'excommunication et, énigmatique, sussure avec gourmandise à la presse :

 

"J'ai aussi été alerté par des choses plus graves."

 

En fait le diocèse a déposé plainte contre l'abbé Francis Michel le 14 octobre 2010 pour "abus de confiance et détournement de fonds". Cette paroisse rapportait certainement beaucoup trop. Ce qui est éminemment suspect... Mgr Nourrichard en bon apôtre jette la pierre à son ex-curé de Thiberville, dont le modèle est le saint Curé d'Ars, qui devait, bien sûr, lui, tenir des comptes au quart de poil...

 

Il ne suffisait pas à Mgr Nourrichard de destituer l'abbé Francis Michel, de lui proposer une mutation inacceptable, de détruire l'oeuvre de sa vie. Il s'agit maintenant de le salir, de le discréditer définitivement.

 

C'est du propre !  

 

Francis Richard

 

Le site de Soutien à l'Abbé Michel est ici

 

Articles précédents :

 

L'oukase de Mgr Nourrichard contre l'abbé Francis Michel, curé de Thiberville du 22 janvier 2011

Le recours sur le fond de l'abbé Francis Michel accepté par Rome  du 24 juillet 2010

Mgr Nourrichard devrait écouter: à Thiberville la vox populi c'est la vox Dei du 7 juillet 2010

Mgr Nourrichard veut toujours disloquer la paroisse de l'abbé Michel du 15 avril 2010

Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville du 3 février 2010

L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester du 18 janvier 2010 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 21:00

Mgr-Marc-Aillet.jpg

Mgr Marc Aillet vient de publier une lettre pastorale ayant pour titre La Charité du Christ nous presse et pour sous-titre L'urgence de la mission, aux éditions Artège ici. Le titre provient du verset 14 du chapitre V de la seconde épître aux Corinthiens de Saint Paul. 

 

Mgr Aillet est évêque de Bayonne, Lescar et Oloron. Je suis donc une des ses ouailles quand je me trouve dans ma thébaïde de Saint Jean-de-Luz.

 

J'ai déjà eu l'occasion de l'approcher à deux reprises. Une fois quand il a dit la messe selon le rite extraordinaire à Biarritz le jour de la Toussaint 2009 ici et une seconde fois quand il a prêché dans l'église saint Jean-Baptiste de Saint Jean-de-Luz le jour du Vendredi Saint de l'année dernière.

 

L'évêque de Bayonne n'est donc pas un inconnu pour moi. J'ai d'ailleurs été déçu en bien, comme on dit dans le Pays de Vaud, quand j'ai appris qu'il était un des quatre évêques français à avoir marché pour la vie le dimanche 23 janvier 2011 à Paris. Je n'aurais pas été surpris si j'avais déjà lu à ce moment-là sa lettre pastorale, où il signale la création [début 2010] de l'Académie diocésaine pour la vie.

 

Dans son introduction Mgr Marc Aillet explique le but de cette magnifique lettre pastorale. Il s'agit de répondre à l'appel à la nouvelle évangélisation que le pape Jean-Paul II a lancé il y a maintenant plus de 30 ans et que le pape Benoît XVI a confirmé récemment en créant le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation [motu proprio Unicumque et semper du 21 septembre 2010].

 

Pourquoi une nouvelle évangélisation ? Parce que le Concile Vatican II a trop souvent été mal interprété. Au lieu de l'être selon une herméneutique de la continuité, il l'a été selon une herméneutique de la rupture. L'"ouverture au monde", partant "d'un regard de bienveillance sur certaines évolutions du monde moderne", aurait dû être "orientée vers l'annonce de l'Evangile du Salut" au lieu d'être de fait une "sécularisation" de l'Eglise : on a en effet trop souvent reconsidéré "l'Eglise elle-même à partir du monde".

 

Quels sont les fruits ?

 

"Nous devons admettre avec lucidité - et c'est d'abord une cause de souffrance pour nous tous - les symptômes persistants d'une Eglise en difficulté : vieillissement du clergé et des assemblées paroissiales, crise des vocations sacerdotales et à la vie consacrée, éclatement de la famille, crise de la transmission de la foi aux jeunes, essoufflement spirituel et tentation de l'activisme, distance avec le Magistère romain, éclipse de la présence de l'Eglise dans la société, etc."

 

Tous les hommes d'Eglise n'ont pas, hélas, cette lucidité...

 

Les moyens concrets que met en oeuvre Mgr Aillet pour donner un nouvel élan missionnaire à son diocèse devraient inspirer ses confrères en épiscopat. Plutôt que de les passer en revue je soulignerai que "le Kérygme en est le coeur : la proclamation, par des témoins, du Mystère du Christ mort et ressuscité pour nous sauver; il a pour objet de "susciter l'acte de foi", en favorisant la rencontre avec le Christ et en appelant à la conversion". Tant il est vrai que "dans l'Eglise catholique, par formation et par tradition, nous sommes parfois devenus davantage enseignants que prédicateurs au sens du Kérygme".

 

J'ajouterai que Mgr Aillet ne rejette aucune expression de la foi, qu'il s'agisse de formes de piété populaire, telles que les vénérations de reliques, les pèlerinages, les processions, les chemins de croix, ou celles de nouveaux mouvements ecclésiaux ou communautés nouvelles, tels que le Renouveau charismatique, Communion et Libération, Chemin néocatéchuménal.

 

Toutefois un nouvel élan missionnaire ne peut se faire sans renouveau intérieur. Le véritable "esprit du Concile" ? Un souffle spirituel et missionnaire qui peut se résumer à cette invite du pape Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique Novo Millennio Ineunte, du 6 janvier 2001, "à "contempler le visage du Christ", comme "fondement absolu" de toute action pastorale et missionnaire" :

 

"Il ne se réduit pas à quelques réformes de structure, qui demeurent périphériques par rapport au renouvellement intérieur que le Concile a préconisé pour que l'Eglise soit plus fidèle à la mission du salut du monde qu'elle a reçue de son Maître et Seigneur, comme l'attestent tous les mouvements de Renouveau nés dans l'Eglise post-conciliaire. D'ailleurs les réformes de structure ou les résolutions pratiques qui se réclament du Concile doivent être évaluées à l'aune de cette intention fondamentale. Si ces résolutions venaient à manquer à ces deux visées contemplative et missionnaire, alors elles seraient infidèles au Concile et devraient être révisées, voire abandonnées."

 

Que doivent proposer les pasteurs aux fidèles ?

 

"Ce n'est pas de faire quelque chose, de remplir une fonction ou d'animer un service, mais bien de rechercher la sainteté, comme plénitude de la vie chrétienne qui réside dans la connaissance parfaite de la Vérité et la perfection de la charité."

 

Les moyens de la sainteté que les pasteurs doivent leur offrir ?

 

"La prière, l'Eucharistie, la Réconciliation, le primat de la grâce, l'écoute de la Parole de Dieu et l'annonce de la Parole de Dieu."

 

A l'instar du pape Benoît XVI, Mgr Aillet souligne le primat de la liturgie qui doit respecter les normes établies, préalable à la manifestation de son caractère sacré :

 

"Il ne fait pas de doute que si le Concile a approfondi le caractère social et convivial de l'Eucharistie, cela s'est fait souvent au détriment de la présence réelle du Christ sous les apparences du pain et du vin consacrés. En accentuant la notion de "repas communautaire", on a infirmé le sens du sacré."

 

De même il souligne qu'il n'y a pas contradiction entre les rites ordinaire et extraordinaire. Plus :

 

"Le motu proprio Summorum Pontificum, sur la liturgie romaine avant 1970, n'est pas seulement une disposition canonique pour permettre à ceux qui y sont légitimement attachés de pratiquer l'ancien missel, mais une invitation faite à tous à approfondir le sens et l'esprit de la liturgie."

 

Communion dans la main et debout ou communion sur la langue et à genoux, comme cette dernière a été remise en honneur par le Saint Père lui-même ?

 

"Plutôt que de se scandaliser devant ce que d'aucuns appellent de manière simpliste un "retour en arrière", n'est-il pas préférable d'essayer de comprendre ce que cet exemple du Saint Père veut signifier en invitant ainsi à entourer la communion du plus grand respect ?"

 

Il ajoute :

 

"Reste à redécouvrir aussi le caractère sacrifiel de l'Eucharistie."

 

Redécouvrir ? C'est donc bien reconnaître qu'il avait été perdu dans la pratique de la Réforme liturgique...

 

De même ne faut-il pas redécouvrir "le lien intrinsèque qu'il y a entre l'Eucharistie et la Pénitence" ? Ainsi Mgr Aillet cite-t-il un passage de l'exhortation post-synodale Sacramentum Caritatis du pape Benoît XVI du 22 février 2007 :  

 

"A notre époque, les fidèles se trouvent immergés dans une culture qui tend à effacer le sens du péché, favorisant un comportement superficiel qui porte à oublier la nécessité d'être dans la grâce de Dieu pour s'approcher dignement de la communion sacramentelle."

 

Selon une herméneutique de la continuité la Constitution conciliaire Lumen Gentium apparaît sous un jour bien différent de celui auquel on nous a habitués trop souvent. Mgr Aillet s'en prend aux "méprises tenaces" relatives à l'expression de "peuple de Dieu" qui y figure et qui en fait rend compte du "Mystère intime de l'Eglise" :

 

"Non seulement il ne s'agissait pas d'identifier l'Eglise avec un peuple diffus dans l'humanité tout entière, à la manière de "chrétiens anonymes", mais il ne s'agissait pas non plus de faire droit à une conception démocratique de l'Eglise pour mieux s'adapter aux requêtes de la société moderne."

 

Il précise plus loin :

 

"Le peuple de Dieu, c'est donc le peuple qui appartient à Dieu, le peuple saint qu'on ne saurait entendre en un sens "démocratique" (du grec "demos"). Ce peuple naît de la volonté de Dieu qui pourvoit lui-même à son organisation : il n'est en aucun cas une émanation de la libre association des hommes."

 

Si l'Eglise est une hiérarchie, ce n'est donc pas dans le sens de "domination sacrée", mais d'"origine sacrée". 

 

Le peuple de Dieu ? Ce sont les prêtres, dont l'évêque rappelle les trois devoirs d'enseigner, de mettre en contact avec Dieu qui est saint, de gouverner "selon la modalité du service et dans l'obéissance au Christ et donc au Magistère de l'Eglise" ; ce sont les laïcs, qui doivent collaborer fraternellement avec les prêtres et participer à "la mission d'évangélisation qui incombe à tout baptisé"; ce sont les consacrés, dont la vie religieuse doit être également envisagée sous l'angle de la "contestation du monde". 

 

Si les prêtres exercent "un sacerdoce ministériel", les laïcs de l'Eglise exercent "un sacerdoce commun" :

 

"Si les fidèles laïcs doivent prendre leur part de responsabilité dans la vie de l'Eglise, ce n'est pas d'abord parce que l'on manque de prêtres, mais bien parce que cette participation est inscrite dans la grâce du baptême et de la confirmation. J'ajoute que cette coresponsabilité dans l'animation de nos communautés chrétiennes ne doit pas s'interpréter en termes de substitution, mais de complémentarité; et cette complémentarité doit être manifeste sur le terrain, autrement dit : les prêtres ne doivent pas démissionner de leur responsabilité propre de pasteur, sous prétexte qu'ils bénéficient du concours de nombreux fidèles."

 

Faire de l'humanitaire ne suffit pas, la mission est primordiale :

 

"Sans sous-estimer l'importance de la diaconie ou de la solidarité pour combattre les situations de précarité et d'injustice qui privent nombre de nos concitoyens de l'élémentaire dignité qui leur est due, il faut affirmer haut et fort que la plus grande pauvreté réside dans l'ignorance du Christ."

 

La communion entre les membres de l'Eglise est d'abord une attitude spirituelle :

 

"Nous sommes établis par la foi dans une affinité spirituelle profonde avec nos frères et soeurs, qui s'approfondit à la mesure de la contemplation de Dieu."

 

L'engagement oecuménique s'entend comme une manière nouvelle d'aborder les autres chrétiens. L'Eglise catholique "continue de détenir la Vérité et la plénitude des moyens de salut". Mais les autres chrétiens sont désormais considérés "comme des frères appartenant à des Eglises et des communautés ecclésiales qui conservent, à des degrés divers, des éléments de Vérité et de sanctification".

 

Le dialogue avec les juifs ? Le 17 janvier 2010, à la synagogue de Rome, le pape Benoît XVI "a souligné les progrès dans la réconciliation entre les juifs et les catholiques, en particulier en surmontant les plaies de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme. Il a déploré une nouvelle fois, comme à Auschwitz et Jérusalem, "le drame singulier et bouleversant de la Shoah". Et qualifié d'irrévocable, le chemin du dialogue, de fraternité et d'amitié qui s'est instauré et approfondi depuis le Concile Vatican II. Il a désigné l'Ecriture Sainte comme le fondement le plus solide et le plus durable de notre proximité et de notre fraternité spirituelle".

 

Le dialogue interreligieux ? Il "doit viser avant tout un climat de connaissance mutuelle, voire de confiance amicale, pour mieux assurer les conditions de la paix et de la cohésion sociale". Ce qui n'empêche pas Mgr Aillet de dire :

 

"Pour mener ce dialogue dans la Vérité, on ne pourra pas passer sous silence l'infériorité sociale et politique, les atteintes graves à la liberté religieuse, voire les persécutions les plus sévères, dont les chrétiens peuvent être l'objet dans les pays musulmans ou à dominante hindouiste."

 

Comme on le voit, cette longue lettre pastorale aborde beaucoup de sujets. Son auteur y cite souvent les papes Jean-Paul II et Benoît XVI et montre que l'Eglise post-conciliaire peut très bien s'incrire dans la Tradition. Trois signes le confirment : Mgr Aillet a rouvert en septembre dernier le séminaire diocésain de Bayonne, fermé depuis 2005; il a consacré deux chapelles, à Pau et à Bayonne, à l'adoration perpétuelle; il souhaite consacrer son diocèse au Coeur Immaculé de Marie "pour retremper notre foi aux sources vives de la dévotion mariale".

 

Francis Richard

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 17:00

L'abbé Francis Michel Rameaux 2010L'abbé Francis Michel est curé de Thiberville depuis près d'un quart de siècle [la photo provient d'ici]. En tant que tel il est malheureusement placé sous l'autorité de l'évêque d'Evreux, Mgr Nourrichard.

 

Malheureusement, parce que le diocèse d'Evreux a la particularité dans une Eglise de France sinistrée, d'être un diocèse encore plus sinistré que les autres. A l'exception d'une paroisse, celle de Thiberville.

 

A cette exception il y a une bonne et sainte raison : son curé s'occupe avant tout du salut des âmes et il obtient le reste par surcroît. Il est d'abord pasteur avant d'être administrateur, comme le serait un vulgaire bureaucrate.

 

Mgr Nourrichard a un comportement inverse. Au lieu de s'occuper d'abord des âmes, il s'occupe d'administration, comme un vulgaire syndic de faillite. Il y a pénurie de prêtres ? Il répartit la pénurie, c'est-à-dire qu'il réorganise le diocèse en unités interparoissiales plus grandes. S'il avait ne serait-ce qu'un commencement d'authentique charité, il donnerait en exemple à ses autres clercs le curé de Thiberville et leur demanderait de le célébrer avec des palmes. Seulement voilà, ce serait aller à l'encontre de ses intimes convictions, ce serait se renier, ce serait reconnaître que son apostolat a fait faillite, faute de se souvenir que Dieu doit être premier servi plutôt que son petit ego, que le salut des ouailles doit être le véritable but poursuivi par un successeur des apôtres.

 

Le 19 juin 2009 Mgr Nourrichard décide donc de regrouper la paroisse de Thiberville à d'autres paroisses, autrement dit de la démanteler, et de ravaler son curé au rang de prêtre coopérateur sous l'autorité d'un confrère qui ne lui veut pas que du bien, sans doute parce que jaloux de ses succès, qu'il aurait été bien incapable d'obtenir. Le 3 janvier 2010 l'abbé Francis Michel aurait dû dire sa dernière messe à Thiberville. Mais ses ouailles ne l'entendent pas ainsi et s'y opposent. Lui-même ne peut se résoudre à détruire l'oeuvre de sa vie, au service de Dieu et de ses fidèles.  

 

La restructuration du diocèse masque donc un différend plus profond, qui peut se résumer ainsi, comme je l'ai fait le 3 février 2010 sur ce blog ici :

 

"Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire : 

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise
- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire
- de célébrer la messe tourné vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles
- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire
- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II.

Autant de choses propres à susciter la jalousie de confrères qui ont bien du mal, dans leurs églises désertes, à faire venir les fidèles, sinon à les retenir, et qui se réjouissent, en toute charité chrétienne, des avanies infligées par leur évêque incompétent à l'abbé Michel
."

 

L'abbé Francis Michel a déposé trois recours à Rome, tous trois rejetés, sans que soient connus les attendus précis de ces rejets. Nous connaissons le dernier de ces rejets par une lettre épiscopale du titulaire d'Evreux, datée du 14 janvier 2011 ici :

 

"Frères et Sœurs,

 

Vous avez droit à la vérité, c’est-à-dire à une information objective !

 

Dans le cadre de la situation de Thiberville, le Tribunal Suprême de la Signature Apostolique a rendu son jugement.

 

Rome confirme les décrets pris par l’Evêque d’Evreux concernant le statut de l’ancien groupement inter paroissial de Thiberville dont l’abbé Francis MICHEL était le curé.

 

Suite aux rejets des trois recours déposés à Rome par l’abbé Francis MICHEL, je lui réitère mon invitation à quitter Thiberville pour l’exercice de son ministère.

 

Ensemble nous continuons de prier pour l’abbé Francis MICHEL.

 

Evreux, le 14 janvier 2011

 

+ Christian NOURRICHARD

 

Evêque"



Pour Mgr Nourrichard l'information objective est de dire, sans autre forme de procès, sans publier les motifs des rejets, que les décrets, pris par lui, démantelant la paroisse de Thiberville et destituant son curé, sont confirmés par Rome. L'organisation romaine approuve donc la désorganisation normande. L'oukase bureaucratique tombe juste après : l'abbé Francis Michel est invité, ce qui est une clause de style assez farce, à quitter Thiberville pour exercer ailleurs son ministère. Quant à l'affirmation que ce monseigneur continue à prier pour l'abbé Francis Michel, n'est-elle pas hypocrite compte tenu des circonstances ?

 

Existe-t-il encore un recours possible à Rome ? Je ne sais, mais je sais qu'il faut continuer de prier pour l'âme de Mgr Nourrichard qui devra bien un jour rendre des comptes, sinon devant un tribunal humain, fût-t-il ecclésiastique, du moins devant Dieu.

 

En attendant, réfléchissant sur la vertu d'obéissance, je médite cette forte parole de saint Pierre, que rapporte saint Luc dans les Actes des Apôtres (Chapitre V, verset 29) :

 

"Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes."

 

Francis Richard

 

Articles précédents :

 

Le recours sur le fond de l'abbé Francis Michel accepté par Rome  du 24 juillet 2010

Mgr Nourrichard devrait écouter: à Thiberville la vox populi c'est la vox Dei du 7 juillet 2010

Mgr Nourrichard veut toujours disloquer la paroisse de l'abbé Michel du 15 avril 2010

Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville du 3 février 2010

L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester du 18 janvier 2010 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 17:35
Yannick EscherL'abbé Yannick Escher [ci-contre] est ce jeune chanoine de 36 ans qui, le 29 juin 2010, a quitté l'Abbaye de Saint Maurice en Valais pour Ecône, à la surprise générale, laissant une lettre de motivation de 5 pages sur le bureau du Père-Abbé, Mgr Roduit, lettre dont il adressait une copie par la poste à 44 de ses confrères [voir mon article Mgr Roduit responsable du départ du Chanoine Escher de Saint-Maurice ? ].
 
Dans une vidéo mise en ligne sur Internet  le 13 janvier dernier par DICI ici, l'abbé Yannick Escher dresse le portrait du prêtre d'après-Concile. A travers ce portrait il est loisible de reconnaître le portrait de ce prêtre, dont la vie de paroisse n'était plus tenable dès lors qu'il avait regardé vers la Tradition, vers la Fraternité Saint Pie X.
 
Le prêtre d'après-Concile est, selon l'abbé Yannick Escher, une victime. Il arrive seul dans une paroisse et il se retrouve seul au milieu de ruines : "personne au catéchisme, des têtes grises, des églises dans un pas trop bon état". Comme cela se fait-il ? On lui répond que le monde a changé, que les gens n'ont plus la même mentalité, qu'ils ne sont plus chrétiens. Salauds de gens !
 
En fait le monde a bon dos :
 
"Ce n'est pas le monde qui a fait fermer les écoles catholiques, les hôpitaux catholiques, les patronages. Ce n'est pas le monde. Ce sont les prêtres qui ont décidé de fermer, de changer."
 
Pourquoi ? L'abbé Duccarroz, prévôt de la cathédrale St Nicolas de Fribourg, en a donné l'explication à la radio, il y a quelques années, dans un moment de lucidité et de grande honnêteté :
 
"On nous a dit quand j'ai été ordonné : enlevez la soutane, fermez les oeuvres catholiques - les collectivités publiques en ont aussi [sous-entendu il ne faut pas les concurrencer]- allez vers les gens, ouvrez-vous. On l'a fait. Nos églises se sont vidées, nos séminaires se sont vidés. Peut-être qu'on s'est quand même trompé."...
 
En plus de se retrouver seul au milieu de ruines, le prêtre d'après-Concile se retrouve désarmé, parce que le cursus académique qu'il a suivi est d'une qualité médiocre.
 
Au lieu de lui enseigner la philosophie de Saint Thomas qui doit lui permettre de comprendre la théologie, on lui enseigne l'histoire de la philosophie et la philosophie de la pensée moderne... Au lieu d'étudier les dogmes on lui en enseigne l'histoire... Quant à l'enseignement de l'histoire de l'Eglise il est tout au plus du niveau de la dernière année de lycée...
 
On préfère lui enseigner la pastorale, l'homélitique, la pédagogie religieuse, qui pourraient s'apprendre sur le terrain ou, à la rigueur, en fin de cursus.
 
En outre on lui enseigne que tout commence avec le Concile. L'abbé Escher raconte que le prêtre qui lui donnait le cours de théologie pastorale à l'Université de Fribourg est venu un jour avec un carton sous le bras. Pour illustrer ce qu'était l'Eglise avant le Concile il a montré à ses étudiants le recto de ce carton sur lequel était dessinée une pyramide. Au verso, un cercle était censé représenter l'Eglise actuelle... C'était en 2e ou 3e année...
 
Le prêtre d'après-Concile est un prisonnier :
 
"Il est pris en otage entre ses confrères, les fidèles, les assistants pastoraux laïcs et son évêque."
 
L'abbé Escher raconte trois anecdotes à ce sujet, qui ne sont pas des cas isolés.
 
La première est celle d'un jeune prêtre contraint de donner une absolution collective, ce qui est interdit par l'Eglise, encore aujourd'hui :
 
"Juste après il était allé se confesser à un autre prêtre. Mais il avait été obligé de le faire. Il en était encore retourné. C'est tragique. Donc il est comme prisonnier, parce qu'il doit faire. Mais il sait que ce n'est pas juste."
 
S'il invoque un document tel que le motu proprio de Jean-Paul II sur la confession [Misericordia Dei, du 7.04.2002] qui est très clair sur la question, on lui répond :
 
"Heureusement qu'il y a des montagnes entre Rome et nous !" 
 
La seconde est celle d'un prêtre de son âge qui lui fait cette confidence :
 
"Le directeur de ma chorale est divorcé et vit avec quelqu'un, au vu et au su de tout le monde. Je suis obligé de lui donner la communion, parce que, si je ne lui donne pas la communion, je n'ai plus de chorale et il va se plaindre."
 
La troisième est celle de ce prêtre qui arrive dans une paroisse où tous les rôles ont déjà été distribués aux laïcs qui s'occupent des catéchismes, des préparations à la première communion et à la confirmation etc. :
 
"Je suis juste bon à dire la messe, à confesser les quelques personnes qui viennent se confesser encore."
 
On tient le prêtre par l'obéissance. "Les évêques sont des papes dans leurs diocèses"... qui ne montrent pas l'exemple. S'adressant à l'un d'entre eux, l'abbé Escher lui dit simplement :
 
"Si vous demandez l'obéissance de vos clercs, vous devez, Monseigneur, vous-même montrer l'exemple en obéissant au Souverain Pontife. Sinon vous ne pouvez pas exiger l'obéissance de vos clercs."
 
Le prêtre d'après-Concile n'a pas forcément ce courage-là. Il est résigné :
 
"Ma foi, mieux vaut se tromper en obéissant que de désobéir et de faire juste."
 
Cela ne vous rappelle rien ?
 
Au prêtre d'après-Concile on demande de ne plus être dogmatique, de ne plus imposer de formules, bref de pratiquer la pastorale de l'engendrement qui a pour caractéristique de changer chaque année, au mieux tous les cinq ans, au gré de la mode. De qui se moque-t-on ? demande l'abbé Escher :
 
"Les gens aujourd'hui, les jeunes - j'ai beaucoup travaillé avec les jeunes - ont soif de la Vérité. La Vérité a un nom, un visage. Ce n'est pas une théorie, c'est une personne, c'est Jésus-Christ. Il faut leur donner Notre Seigneur Jésus-Christ, bien sûr avec beaucoup de tact, de délicatesse. Il faut rendre la Vérité aimable. On ne va pas les assommer à coups de catéchisme. On est bien d'accord avec ça. Mais on n'est pas là pour être des animateurs de Club Méditerranée spirituel ! "
 
Hors du Concile, point de salut ! Qui l'a lu complètement ? Aucune importance, puisque c'est un événement qui se poursuit dans le temps, un esprit, que dis-je, une ouverture, un renouvellement. C'est du moins ce qu'on répond au prêtre d'après-Concile quand il invoque la Constitution pour la liturgie "qui dit que le latin reste la langue de l'Eglise, que le chant grégorien reste le chant de l'Eglise latine."...
 
Vatican II, c'est l'idole :
 
"De l'idole découle l'idéologie. Et l'idéologie est toujours totalisante. Elle exclut tout le reste et elle détruit tout le reste. Le propre de l'idole et de l'idéologie, c'est de détruire même ceux qui la professe, de les aveugler complètement."
 
Il faudrait ouvrir les yeux sur la situation et se demander pourquoi il n'y a plus que 5% de pratique religieuse en moyenne... 
 
Dans un entretien du 15 juillet 2010 à Canal 9 ici, la télévision valaisanne, Mgr Roduit, Père-Abbé de Saint Maurice, avait osé dire que l'abbé Yannick Escher avait préféré le château-fort d'Ecône à la caravane de Saint Maurice...
 
Dans cette vidéo l'abbé Escher, en quelque sorte, lui répond :
 
"On peut pardonner beaucoup de choses dans l'Eglise. On vous pardonnera d'avoir une relation amoureuse. On vous pardonnera de ne pas dire la messe tous les jours, de laisser votre bréviaire, de vous moquer des formules de piété éprouvées, de dire des hétérodoxies, pour ne pas dire plus, en chaire. On vous le pardonnera. On est très charitable, mais on ne vous pardonnera pas une seule chose, le péché suprême c'est de regarder vers la Tradition, et bien plus encore, de regarder vers la Fraternité Saint Pie X."
 
Francis Richard
  

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

 
Voici la vidéo de l'abbé Yannick Escher :
 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 00:05

Lumière du mondePour se faire une idée la plus juste possible d'une personnalité comme le pape Benoît XVI, il ne faut pas se contenter de lire les médias, qui, comme dans bien d'autres domaines, ont une fâcheuse propension à déformer les propos d'autrui pour les rendre conformes à leurs préjugés, à leurs a priori. Il faut en quelque sorte aller de préférence à la source.

 

C'est bien pourquoi je suis très heureux de pouvoir entendre la voix non déformée du pape, interrogé par quelqu'un - Peter Seewald - qui ne cherche pas à le piéger, mais à lui faire dire ce qu'il pense réellement sur un certain nombre de sujets qui ont trait aux signes des temps, à son pontificat et à la direction vers laquelle nous allons.

 

Dans Lumière du Monde, publié chez Bayard ici, Benoît XVI nous confirme qu'il ne voulait pas être pape :

 

"Dès l'instant où cette charge a pesé sur moi, je n'ai pu que dire au Seigneur : "Que fais-Tu de moi ? Maintenant c'est Toi qui portes la responsabilité. Il faut que Tu me guides ! Je ne peux pas. Si Tu as voulu de moi, alors il faut aussi que Tu m'aides !" "

 

Il rappelle ce qu'est l'infaillibilité du pape que beaucoup de catholiques mal instruits ne savent même pas définir - il serait donc vain de reprocher leur ignorance à ceux qui ne le sont pas :

 

"Pour les affaires courantes, l'évêque de Rome agit comme n'importe quel évêque qui confesse sa foi, la proclame, qui est fidèle à l'Eglise. C'est seulement quand sont réunies certaines conditions, quand la tradition est devenue claire et qu'il a conscience de ne pas agir arbitrairement, que le pape peut dire : ceci est la foi de l'Eglise."

 

Il précise :

 

"Le pape peut naturellement avoir des opinions privées erronées. Mais, comme il a été dit, quand il parle comme pasteur suprême de l'Eglise, en conscience de sa responsabilité, alors il ne dit rien qui lui serait propre, qui viendrait juste de lui passer par l'esprit."

 

Ce livre contient des explications, des opinions, des déclarations, parmi lesquelles j'ai opéré un choix, forcément subjectif et partiel, mais qui correspondent, me semble-t-il aux principales interrogations du moment au sujet du pape, de l'Eglise et de notre temps. Plutôt que de rapporter, j'ai préféré citer longuement, pour ne pas déformer. 

 

Benoît XVI explique pourquoi il a levé les excommunications qui frappaient les évêques ordonnés par Mgr Lefebvre :

 

"Ces quatre évêques, contrairement à ce que l'on a maintes fois sous-entendu, n'ont pas été excommuniés à cause de leur attitude négative envers le concile Vatican II. Ils l'ont été en réalité, parce qu'ils avaient été ordonnés sans mandat pontifical. [...] Si leur excommunication a été levée, c'est pour la seule raison qu'ils ont exprimé à présent une reconnaissance du pape - même s'ils ne le suivent pas sur tous les points."

 

Au sujet du scandale des abus sexuels il explique quelle a été son attitude :

 

"Il était impossible de ne pas voir que la volonté de vérité n'était pas le seul moteur de ce travail d'enquête mené par la presse, et qu'il s'y mêlait la joie de dénoncer l'Eglise et de la discréditer le plus possible. Mais malgré cela une chose devait rester claire : dans la mesure où c'est la vérité nous devons nous réjouir de tout éclaircissement. La vérité, liée à l'amour bien compris, c'est la valeur numéro un. [...] C'est seulement parce que le mal était dans l'Eglise que d'autres ont pu s'en servir contre elle." 

 

Que faire ?

 

"Il est important que, premièrement, on prenne soin des victimes et que l'on fasse tout pour les aider; deuxièmement, que l'on empêche de tels faits en choisissant judicieusement les candidats au sacerdoce, autant qu'on le peut; troisièmement que les criminels soient punis et qu'on leur ôte toute possibilité de récidiver."

 

Des directives ont été prises dans ce sens en 2003. Depuis, elles ont été "retravaillées et récemment publiées dans une dernière version".

 

Pourquoi bannir la croix de l'espace public ?

 

"Si la croix contenait un message déraisonnable et non assimilable par d'autres, ce serait plutôt inquiétant. Mais la croix contient le message que Dieu lui-même souffre, qu'il nous manifeste son affection à travers sa souffrance, qu'il nous aime. C'est un message qui n'agresse personne. Voici déjà un point.

 

D'autre part, il existe aussi bien entendu une identité culturelle au fondement de nos pays. Une identité qui les forme positivement, qui les porte depuis l'intérieur et qui détermine toujours les valeurs positives et la structure fondamentale de la société. Grâce à elles, l'égoïsme est repoussé dans ses frontières et une culture de l'humain est possible. Je dirais qu'une telle expression culturelle d'une société par elle-même, qui en vit positivement, ne peut offenser ceux qui ne partagent pas cette conviction, et que cette expression ne doit pas non plus être bannie."

 

Il s'exprime ainsi sur la burqa :

 

"Je ne vois aucune raison de prononcer une interdiction générale. On dit que certaines femmes ne la porteraient pas de leur plein gré et qu'elle est en réalité une violence faite à la femme. Si tel est le cas, bien entendu, on ne peut pas être d'accord. Mais si elles veulent la porter de leur plein gré, je ne vois pas pourquoi on va le leur interdire."

 

Sur les Juifs vus par les chrétiens :

 

"Les juifs n'aiment pas trop entendre les mots "frères aînés", que Jean XXIII employait déjà. Dans la tradition juive, le "frère aîné", Esaü, est aussi le frère réprouvé. On peut quand même employer ces mots parce qu'ils disent quelque chose d'important. Mais il est exact aussi de dire que les Juifs sont aussi nos "pères dans la foi". Et ces mots rendent peut-être encore plus visible la manière dont nous sommes liés."

 

Sur son "discours de Ratisbonne" : 

 

"J'avais conçu et tenu ce discours comme un texte strictement académique, sans être conscient que la lecture que l'on fait d'un discours pontifical n'est pas académique mais politique. Une fois qu'il a été passé au crible politique, on ne s'est plus intéressé aux finesses de la trame, on a arraché un texte à son contexte et on en a fait un objet politique qu'il n'était pas en soi."

 

Sur les liturgies ordinaire et extraordinaire :

 

"Concrètement, la liturgie rénovée de Vatican II est la forme variable selon laquelle l'Eglise célèbre aujourd'hui. Si j'ai voulu rendre plus accessible la forme précédente, c'est surtout pour préserver la cohésion interne de l'histoire de l'Eglise. Nous ne pouvons pas dire : avant, tout allait de travers, maintenant tout va bien."

 

Pourquoi a-t-il modifié la prière pour la conversion des juifs, dite le Vendredi Saint dans l'ancien rite ?

 

"La formulation de cette prière était réellement blessante pour les Juifs, et par ailleurs elle n'exprimait pas de manière positive l'unité interne entre l'Ancien et le Nouveau Testament.[...] J'ai modifié cette prière afin qu'elle exprime notre foi dans le fait que le Christ est le sauveur de tous."

 

Sur le silence de Pie XII pendant la Seconde Guerre Mondiale :

 

"Pie XII a sauvé la vie de milliers de juifs en faisant ouvrir les couvents et les monastères romains - ce que seul le pape en personne peut faire - et en proclamant leur extraterritorialité, ce qui n'était pas totalement sûr du point de vue du droit, mais que les Allemands ont toléré tout de même. Une chose est claire : à l'instant même où il aurait émis une protestation publique, on n'aurait plus respecté l'extraterritorialité et les milliers de personnes qui avaient été mises en sécurité dans les monastères romains auraient été déportées."

 

Lors de son voyage en Afrique les médias n'ont retenu qu'une phrase de Benoît XVI : il disait que le problème du Sida ne serait pas résolu par la distribution de préservatifs. Il apporte les précisions suivantes :

 

"La seule fixation sur le préservatif représente une banalisation de la sexualité. Or cette banalisation est justement à l'origine d'un phénomène dangereux : tant de personnes ne trouvent plus dans la sexualité l'expression de leur amour, mais uniquement une drogue qu'ils s'administrent eux-mêmes."

 

Il ajoute - ce qui va être interprété, à tort parce que c'est simpliste, comme une admission par lui de l'usage du préservatif dans certains cas ici :

 

"Il peut y avoir des cas particuliers, par exemple lorsqu'un prostitué utilise un préservatif, dans la mesure où cela peut être un premier pas vers une moralisation, un premier élément de responsabilité permettant de développer à nouveau une conscience du fait que tout n'est pas permis et que l'on ne peut pas faire tout ce que l'on veut. Mais ce n'est pas la véritable manière de répondre au mal que constitue l'infection contre le virus VIH. La bonne réponse réside forcément dans l'humanisation de la sexualité."

 

Dans ce livre Benoît XVI aborde bien d'autres sujets que ceux dont j'ai choisi de reproduire quelques extraits. L'internaute intéressé les découvrira avec profit en le lisant dans son entier. 

 

Pour ma part je terminerai par deux derniers extraits qui ont pour vertu d'aller bien au-delà de préoccupations encore trop terrestres dans les précédents.

 

Dans le premier, sans rejeter les bienfaits de la science Benoît XVI en trace les limites et nous rappelle le besoin religieux de l'homme :

 

"Quelles que soient les transformations, l'homme reste cependant toujours le même. Il n'y aurait pas tant de croyants si les gens n'avaient pas toujours cette idée au fond de leur coeur : oui, ce qui est dit dans la religion, c'est ce dont nous avons besoin. La science à elle seule, de la manière dont elle s'isole et prend son autonomie, ne couvre pas la totalité de notre vie. C'est un domaine qui nous apporte de grandes choses, mais pour y parvenir elle a besoin que l'homme reste un homme.

 

Nous avons bien vu que le progrès a certes fait progresser nos capacités, mais ni notre grandeur, ni notre humanité. Nous devons retrouver un équilibre intérieur, et nous avons aussi besoin de grandir intellectuellement : cela, nous le voyons de mieux en mieux, dans les grandes difficultés de notre temps."

 

Comme le disait le physicien nucléaire Werner Heisenberg, l'invraisemblable est par principe pensable :

 

"Tant que l'on est enivré par les connaissances fragmentaires, on dit : il n'y a rien de plus, avec cela, nous savons tout. Mais à l'instant où l'on reconnaît la dimension inouï du tout, le regard va plus loin et pose la question d'un Dieu d'où tout provient."

 

Francis Richard

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 09:45

genoudMgr Bernard Genoud a rendu l’esprit et son âme a rejoint le Créateur le 21 septembre 2010 dans sa 69ème année. Depuis plus de 10 ans il était évêque de Fribourg, Lausanne, Genève et Neuchâtel. A ce titre il aura été confronté à deux crises majeures, la chute des vocations sacerdotales et le scandale des prêtres pédophiles. Sur la façon dont il y aura fait face, il est certainement trop tôt pour répondre avec justesse. Le Christ ne nous demande-t-il pas d’ailleurs de juger l’arbre aux fruits et ne nous recommande-t-il pas de nous garder de juger les autres ?

A la mi-août, Mgr Bernard Genoud a accordé deux entretiens, dans La Liberté ici et dans Le Matin Dimanche ici [d'où provient la photo] sur lesquels il est bon, je crois, de revenir parce qu’il nous donne dans ces entretiens, avec simplicité, un exemple à suivre pour nos derniers temps sur Terre. Ce qu’il dit est suffisamment proche de sa mort pour que nous lui accordions le plus grand crédit et pour que nous soyons touchés par la sérénité qui fut la sienne dans ses derniers temps. L’esprit restait prompt si la chair était faible.

Il est deux façons de prêcher la parole de Dieu, par la parole justement et par l’exemple. Schématiquement la première est celle des Dominicains, la seconde celle des Bénédictins, qui me parle davantage, sans doute parce que je ne suis pas un modèle. Cette distinction n’est cependant qu’intellectuelle et rassurante. En réalité les deux façons se fondent souvent et la parole peut elle-même prêcher d’exemple. C’est ce que j’ai ressenti en relisant les deux entretiens accordés par Mgr Genoud depuis l’EMS (Etablissement médico-social], La Providence, de Fribourg d’où il a dirigé jusqu’au bout son diocèse.

Mgr Genoud considérait que les malades étaient nos « maîtres spirituels ». Il disait en 2004 lors d’un pèlerinage à Lourdes qu’il était heureux en leur compagnie. Il se sentait proche d’eux, davantage encore, bien sûr, quand il est devenu l’un des leurs :

« Je redis la même chose, mais avec plus de force. C’est vrai que, maintenant, je suis avec eux dans la « fraternité ». Parfois il faut avoir passé par certaines expériences pour pouvoir en parler avec une certaine exhaustivité. » [La Liberté]

Cette fraternité était double selon lui, une fraternité de sang et de sens :

« Fraternité du sang parce que nous sommes humains. Tous, nous savons qu’il y aura une échéance à notre existence et, en même temps, humains mais fils du même Dieu, qui donne sens à notre existence et fait de nous des frères. » [La Liberté]

La maladie ne lui donne pas le sentiment d’avoir été abandonné par Dieu et il ne doute pas:

« J'ai cette grâce: toute ma vie, Dieu m'a aidé à ne pas douter de la foi. » [Le Matin Dimanche]

Pourquoi ne doute-t-il pas ? Parce qu’il sent la présence de Dieu :

« Derrière le demi-millimètre de mes paupières closes, Il est là ! C’est moi, au contraire, qui ne suit pas toujours là pour lui » [La Liberté]

Aux journalistes du Matin Dimanche, incrédules, il confirme qu’Il est plus présent depuis qu’il est malade:

« Il ne peut pas être plus présent, c'est moi qui le suis. Vous savez, les trois quarts du temps, c'est nous qui sommes absents. J'y suis plus attentif parce que j'ai plus de temps pour l'être. Ça me donne cette sérénité intérieure. » [Le Matin Dimanche]

Mgr Genoud ne dit pas que la présence de Dieu dissimule la maladie. Pour lui il faut la regarder en face, avec courage :

« La souffrance est une école de vie spirituelle. J'aime bien le mot «courage» dans la maladie. Ça veut dire agir avec le cœur. J'ai envie de dire à tous ceux qui souffrent: «Agissez avec courage et vous verrez que ça ira mieux.» On sait bien que le cœur et le psychisme ont une importance fantastique dans la maladie. » [Le Matin Dimanche]

On sait que Mgr Genoud est mort d’un cancer du poumon et qu’il a continué de fumer jusqu’au bout – un ami, un véritable frère pour moi, très malade, fumeur impénitent, aujourd’hui décédé, me disait qu’il n’était pas possible d’être « un héros tout le temps ».

Mgr Genoud disait qu’il aimerait dire aux fumeurs d’arrêter :

« Même si je ne suis pas un très bon exemple. Fumer, c'est bête: on s'abîme la vie, on abîme celle des autres. Pourquoi? Pour arriver à en être malade? Cela dit, il n'y a pas que ça, j'avais sûrement une prédisposition au cancer. » [Le Matin Dimanche]

Cela ne l’empêchait pas d’ajouter :

« J'ai beaucoup diminué. Arrive un moment où l'on se dit: «Ce n'est pas maintenant qu'il faut faire cet effort-là. Il fallait le faire avant.» Mais il y a aussi, aujourd'hui, une certaine idéologie dans le combat contre la cigarette. Quand il y a eu la prohibition de l'alcool aux Etats-Unis, ça a fait la richesse de la mafia. On pouvait faire n'importe quoi, tuer les gens au colt, mais il ne fallait pas boire. Aujourd'hui, on a reporté cette attention morale sur la fumée. On dirait qu'on peut faire n'importe quoi mais ne pas fumer. » [Le Matin Dimanche]

Fortes paroles que tout défenseur des libertés individuelles ne peut qu’approuver.

Mgr Bernard Genoud n’avait pas peur de la mort. Dans l’évangile il est dit que l’on ne sait ni le jour ni l’heure. Mais il se pourrait que Mgr Genoud ait fait exception :

« [Le moment de quitter ce monde] arrivera comme pour tout le monde. Je n’en sais rien quand. Le Bon Dieu me le fera savoir, Il est assez malin pour me le dire. Ce n’est pas mon problème, c’est le sien ! » [La Liberté]

Il est très possible que le Seigneur lui ait accordé cette grâce, lui dont la devise était :

« Ma grâce te suffit »

Lui qui en donnait l’explication suivante :

« Pour moi, tout est grâce. Comme la dernière phrase du «Journal d'un curé de campagne» [roman de Georges Bernanos]: la grâce, c'est la beauté, la gratuité, le don. »

Francis Richard

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 20:10

lavang04L'Eglise catholique a commencé à évangéliser le Viet Nam au début du XVIe siècle. Elle y a établi deux Vicariats apostoliques en 1659, il y a maintenant un peu plus de 350 ans. Il y aura bientôt 50 ans, le 24 novembre 1960, fête des martyrs du pays, le pape Jean XXIII en a établi la hiérarchie actuelle, qui comprenait alors 25 diocèses. Un 26e diocèse a en effet été créé le 22 novembre 2005 par le pape Benoît XVI ici.

 

Pour commémorer ces deux anniversaires la Conférence des évêques vietnamienne a ouvert une Année sainte, le 24 novembre 2009, à So Kien, au nord de Hanoï. 120'000 fidèles, 1'000 prêtres et 2'000 religieuses y entouraient leurs évêques. Le 24 novembre prochain aura lieu une grande "assemblée du peuple de Dieu" à Saïgon. L'Année sainte se terminera le jour de l'Epiphanie 2011 au sanctuaire marial de La Vang.

 

Pendant des siècles l'Eglise catholique vietnamienne a été persécutée. On peut dire qu'elle a été fécondée par le sang de ses martyrs. De 1625 à 1886 ce ne sont pas moins de 53 décrets qui ont été pris contre elle par les seigneurs et les empereurs du pays. On évalue à 130'000 les victimes de ces persécutions. Au cours du XXe siècle les papes Léon XIII, Saint Pie X et Pie XII ont béatifiés 117 d'entre elles ici, que le pape Jean-Paul II a canonisées le 19 juin 1988.

 

Sous le règne de l'empereur Canh Trinh, en 1798, des catholiques vietnamiens, fuyant les persécutions, se sont réfugiés dans une forêt située à 60 km de Hué, à La Vang. C'est là que Notre Dame ici [la photo qui illustre cet article provient d' ici] leur est apparue, entourée de deux anges, revêtue de l'ao dai, le costume local, tenant dans ses bras l'Enfant Jésus et leur disant de se montrer joyeux de souffrir pour leur foi :

 

"J'ai déjà exaucé vos prières. Dorénavant tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs voeux exaucés".

 

Depuis deux siècles les pèlerins se succèdent sans interruption en ce lieu qui a enregistré guérisons et conversions. Une petite chapelle y a été construite en 1886, puis une église en 1901. A l'occasion de la bénédiction de cette église, qui sera agrandie en 1928, Notre Dame de La Vang a été proclamée protectrice des catholiques du pays en présence de 12'000 fidèles. En 1962 le pape Jean XXIII élèvera cette église au rang de basilique mineure.

 

Les troupes communistes du Nord-Vietnam détruiront cette basilique lors de la guerre faite au Vietnam libre entre 1972 et 1975. Lors de la canonisation en 1988 des 117 martyrs vietnamiens, le pape Jean-Paul II souhaitera la reconstruction du sanctuaire. Son souhait sera exaucé dix ans plus tard et, le 15 août 1998, devant le sanctuaire, au moins 70'000 fidèles pourront prier Notre Dame de La Vang, deux cents ans après les apparitions.

 

Après la restitution en 2008 de 21,5 ha sur les 23 ha, confisqués par les autorités communistes vietnamiennes en 1975, en avril 2009 a été annoncée par Mgr Etienne Nguyen Nhu The, archevêque de Hué, la construction d'une nouvelle basilique sur le centre de pèlerinage de La Vang, qui pourra accueillir 5'000 fidèles ici. Les travaux devraient commencer en janvier 2011.

 

Sur ce vaste terrain devraient être construits également un amphithéâtre de 3'000 places, un lieu d'adoration du Saint Sacrement de 200 places, une chapelle de 300 places, un lieu destiné au sacrement de pénitence, une stèle pour la statue de la Vierge, une maison de retraite de 400 places, un bâtiment destiné aux malades et handicapés, un lieu pour abriter les nombreux ex-voto, une salle d'exposition etc.

 

Pour la fête prochaine de l'Assomption, 3 à 400'000 pèlerins sont attendus à La Vang. Ce ne sont pas les intentions de prière qui leur manqueront...

 

Tout récemment encore, le 3 juillet 2010, un paroissien de Con Dau est mort à la suite d'un interrogatoire musclé mené par la police après les incidents survenus deux mois plus tôt ici. Le 4 mai dernier le défunt, Monsieur Nguyen Nam, était un des responsables de l'organisation des funérailles de Madame Maria Tan. Ce jour-là le cortège funéraire avait été empêché par les forces de police de se rendre au cimetière de la paroisse, à la place duquel devraient s'élever des constructions nouvelles financées par des investisseurs étrangers. Un affrontement violent s'était ensuivi et les policiers s'étaient emparé du cercueil... Depuis six paroissiens, au nombre desquels Nguyen Nam, faisaient l'objet d'une action judiciaire... 

 

Les temps changent, mais les persécutions continuent...

 

Francis Richard

 

Articles précédents sur l'Eglise catholique vietnamienne :

 

Le régime communiste vietnamien a eu la peau de l'archevêque de Hanoï  du 7 juin 2010

Au Vietnam, plus que jamais, le régime communiste persécute les catholiques du 27 janvier 2010

Les biens de l'Eglise catholique vietnamienne détournés par le régime du 26 septembre 2008

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 14:00

Rien n'est trop beauPour ceux qui ignorent encore tout de ce qu'il convient d'appeler l'affaire abbé Francis Michel, curé de Thiberville, je rappelle que Mgr Christian Nourrichard, évêque d'Evreux, a décidé de supprimer la seule paroisse de son diocèse qui ne connaît pas la crise et dont l'abbé Francis Michel est toujours le curé, depuis plus de 20 ans, sinon juridiquement, du moins de fait.

 

Pourquoi veut-on supprimer cette paroisse qui marche ?

  

"Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire :

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise

- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire

- de célébrer la messe tournée vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles

- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire

- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II."

 

[voir mon article du 3 février 2010 Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville ]



Ce n'est donc pas pour des raisons de fond que Mgr Nourrichard veut destituer l'abbé Francis Michel et le réduire à l'état de prêtre subalterne. Les raisons officielles invoquées sont purement administratives. Il s'agit de redistribuer les rôles dans son diocèse qui connaît, hormis à Thiberville, une baisse de fréquentation des fidèles, une baisse de la pratique religieuse et une pénurie de prêtres, toutes tendances initiées sous la houlette de Mgr Gaillot, prédécesseur de Mgr Nourrichard.



En fait Mgr Nourrichard s'est même livré ces derniers temps, en bon syndic de faillite, à une véritable auto-démolition de son diocèse.

  

Dans son diocèse, il a en effet obtenu le départ de prêtres ou de futurs prêtres, c'est-à-dire qu'il en a organisé la pénurie :

 

"- L'abbé BL, curé de PA, prêtre lui aussi trop traditionnel, après des tentatives de discussions tout aussi infructueuses que celle avec l’abbé Michel, préféra quant à lui, quitter le diocèse, et il a été accueilli par un évêque voisin ;

 

- L'abbé FR J, diacre que Mgr Nourrichard a refusé d’ordonner prêtre a dû s’exiler dans un autre diocèse dans lequel il exerce désormais son ministère sacerdotal.

 

- Trois jeunes qui auraient dû intégrer les rangs des séminaristes diocésains, sont entrés dans des « séminaires internationaux »

 

- Après d’interminables négociations, l'abbé F G, prêtre d’une communauté Ecclesia Dei, a pu obtenir de dire une première messe dans son diocèse d’origine d’Evreux… près d’un an après son ordination."

 

[voir le communiqué du Comité de soutien du 11 juillet 2010 ici]

 

Dans son diocèse, il a obtenu la fermeture de couvents, c'est-à-dire qu'il s'est privé de leur soutien spirituel :

 

"- Le Carmel de Gravigny, un des couvents français qui avait conservé l’intégralité de la règle de sainte Thérèse , a fermé ses portes après l’expulsion manu militari de la supérieure et des dernières soeurs;

  

- A l’automne, fermeture des Sœurs de la Sagesse, après 145 ans de présence ;

 

- La célèbre communauté bénédictine de Verneuil-sur-Avre  a fermé depuis plusieurs années et les bâtiments ont finalement été vendus contre la volonté initiale de la supérieure."

 

[voir le communiqué du Comité de soutien du 11 juillet 2010 ici]

 

L'abbé Francis Michel a fait plusieurs recours à Rome. Tous ces recours ont été rejetés dans un délai record parce que, par ignorance, ils avaient été faits hors délai…

 

Dans deux communiqués le citoyen-évêque Nourrichard a cru bon de crier victoire un peu tôt, à chaque rejet [voir mes articles Mgr Nourrichard veut toujours disloquer la paroisse de l'abbé Michel  du 15.04.2010 et Mgr Nourrichard devrait écouter: à Thiberville la vox populi c'est la vox Dei du 7.07.2010]. Il a même donné, dans le dernier communiqué, un ultimatum à l’abbé Francis Michel : il serait suspendu le 26 juillet 2010 s’il n’obéissait pas à son ordre de destruction de la paroisse de Thiberville.

 

Le 22 juillet 2010 le Comité de soutien à l’abbé Francis Michel a publié le communiqué suivant qui change la donne ici : 

 

"Le recours du curé de Thiberville accepté par Rome

 

Les fidèles catholiques de la paroisse de Thiberville se réjouissent pleinement d’apprendre que la plus haute juridiction du Saint Siège, le Tribunal Suprême de la Signature Apostolique, a donné droit à M. l’Abbé F. Michel, curé de Thiberville, d’exposer sur le fond, ses réclamations, en acceptant le recours qu’il avait présenté.

 

Contrairement aux affirmations publiques de Mgr C. Nourrichard, aucune décision définitive n’a été rendue par les autorités romaines, actuellement saisies de plusieurs autres réclamations.

Contre le projet de destruction de la catholicité dans leurs paroisses, les fidèles de Thiberville réaffirment leur unité de foi, de liturgie et de charité avec le Pape Benoît XVI."

 

Mgr Nourrichard, entrepreneur de démolition diocésaine, pourrait bien être mis hors d’état de démolir. Pourrait être suspendu celui qui croyait pouvoir suspendre… et pourrait être maintenu en place un bâtisseur de la Maison du Seigneur [la photo ci-dessus du vitrail d'une église de la paroisse de Thiberville provient du site du Comité de soutien ici ], soucieux, lui, du salut des âmes.

 

Francis Richard

 

L'abbé Francis Michel, en chaire, expose sa situation le dimanche 25 juillet 2010 :

 

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 22:15

MgrRoduitLe 29 juin 2010 l'abbé Yannick-Marie Escher, chanoine, 36 ans, part de l'Abbaye de Saint-Maurice pour se réfugier à la Fraternité Saint-Pie X, autrement dit à Ecône. Il a laissé sur le bureau du Père-Abbé, Mgr Joseph Roduit, dont la photo ci-contre provient d'ici , une lettre de cinq pages dans laquelle il explique son départ. Il a reproduit cette lettre en quarante-quatre exemplaires destinés à chacun de ses quarante-quatre confrères, qui ont reçu leur copie par la poste.

 

Depuis que la nouvelle est tombée, il y a maintenant deux semaines, j'attendais que cette lettre soit publiée pour la commenter. Mais rien n'a été publié, même pas des extraits, sinon cette phrase :

 

« A l’heure où vous lirez ces lignes, je serai parti » [voir Le Matin Dimanche du 17 juillet 2010 ici ]

 

Nous ne pouvons donc que nous livrer à des conjectures sur son contenu, d'autant que son auteur a disparu de la circulation et que l'endroit où il s'est réfugié, un établissement de la Fraternité Saint-Pie X, demeure inconnu et que nous ne disposons que de peu de documents.

 

Le 6 juillet 2010 l'Abbaye de Saint-Maurice publie le communiqué suivant ici, mis en ligne le 8 :

 

"Défection à l’Abbaye de Saint-Maurice

 

Communiqué de presse officiel

 

Chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice depuis 1996, prêtre depuis 2001, le Chanoine Yannick Escher, 36 ans, a quitté son monastère à l’insu de son Père-Abbé et de ses confrères, le mardi 29 juin, pour rejoindre le mouvement d’Ecône et entrer dans la Fraternité sacerdotale Saint Pie X.

Professeur, aumônier des étudiants, maître des cérémonies, aumônier des Etudiants de l’Agaunia, correspondant du Bulletin Paroisses vivantes et du Nouvelliste, le chanoine Escher avait déployé un grand zèle dans ses nombreuses activités.

Son départ a été une surprise totale et causé un étonnement douloureux chez ses confrères et surtout dans le cœur de nombreux étudiants et autres personnes qu’il accompagnait spirituellement.

L’Abbaye prendra en charge aussitôt les ministères abandonnés par ce confrère, en particulier l’aumônerie du collège.

 

+ Joseph Roduit, Abbé

 

Saint-Maurice, le 6 juillet 2010"

 

Nous apprenons par ce communiqué que le Chanoine Escher était unanimement apprécié.



Sur le site de DICI ici, organe d'information de la Fraternité Saint-Pie X, un court article, intitulé "Suisse : un chanoine de l'Abbaye de Saint-Maurice rejoint la Fraternité Saint-Pie X" est publié le 10 juillet 2010 :  

 

« Chanoine de l´Abbaye de Saint-Maurice, en Valais, depuis 1996, le chanoine Yannick Escher, âgé de 36 ans, a quitté son monastère, le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul et jour des ordinations à Ecône. Il a rejoint la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, après avoir découvert la messe tridentine et longuement étudié les écrits et conférences de Mgr Marcel Lefebvre.

Professeur, aumônier des étudiants, maître des cérémonies, correspondant du Bulletin Paroisses vivantes et du quotidien valaisan Le Nouvelliste, « le chanoine Escher avait déployé un grand zèle dans ses nombreuses activités », relève l´Abbé de Saint-Maurice, Joseph Roduit, dans un communiqué attristé.

Le religieux suisse se trouve actuellement dans une des maisons de la Fraternité Saint-Pie X. Avant de quitter Saint-Maurice, il a adressé à son Père Abbé et à ses confrères une lettre de cinq pages expliquant que son départ était motivé par des raisons essentiellement liturgiques et doctrinales. (Sources : FSSPX/Apic – DICI n° 218 du 10/07/10) »

 

Nous apprenons par cet article que le Chanoine Escher a quitté son monastère pour des raisons « essentiellement liturgiques et doctrinales ».

 

Dans le numéro de Paroisses Vivantes d’Avril 2010, répondant à l’abbé Pascal Bovet de trente ans son aîné, curé de Prilly, qui a prononcé une homélie sur le Curé d’Ars [l’année sacerdotale sous le patronage de ce dernier a commencé le 18 juin 2009 et s’est achevée le 19 juin 2010], l’abbé Escher se livre ici :

 

« Considère, tout d’abord, que nous ne sommes pas de la même génération. Je n’ai jamais connu le catéchisme « questions-réponses » de ton enfance, mais que de partages d’Evangile et de révisions de vie ! […] J’ai tout redécouvert à l’adolescence en lisant le Catéchisme du Concile de Trente […], l’histoire et les actes des Conciles œcuméniques ainsi que la célèbre Histoire de l’Eglise de Daniel Rops. J’ai découvert alors le sens de la Tradition et de l’Eglise en tant que continuité du Christ »

 

Il ajoute :

 

« Un prêtre, vivant selon l’esprit du Curé d’Ars, m’a fait découvrir la beauté de la liturgie romaine, de la confession, du chant grégorien, de l’adoration eucharistique, du chapelet, de l’oraison, l’ascèse ainsi que la lecture priante des Ecritures. »

 

Le 7 juillet 2007, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI publiait un Motu Proprio, Summorum Pontificum, par lequel il demandait que soit faite toute la place qui lui revient au rite extraordinaire de l’Eglise [voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ]. 

 

Une association est née en Valais le 19 décembre 2009 pour « soutenir la forme extraordinaire au rit romain ainsi que le patrimoine culturel qui lui est lié », l’APFEL, Association Pour la Forme Extraordinaire de la Liturgie.

 

Sur le site ici de cette association de droit civil, qui s’est doublée récemment d’une « association privée de fidèles », conformément au droit canonique, on peut lire que le Président de cette association, Bertrand Décaillet, a tenté vainement depuis décembre 2007 tant auprès de Mgr Roduit, Père-Abbé de Saint-Maurice, que de Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, qu’ils appliquent la décision du Saint Père, exprimée dans son Motu Proprio.

 

Ces deux évêques ont montré l’exemple de la désobéissance au Chef de l’Eglise. Mgr Brunner, particulièrement, dans une réponse adressée à Bertrand Décaillet, le 20 mai 2010, reproduite ici sur le site de l’APFEL, qui s’en tient à la lettre plutôt qu’à l’esprit du Motu Proprio pour justifier sa fin de non recevoir et sa désobéissance ouverte à la volonté de Benoît XVI de réconcilier les catholiques entre eux et de les faire bénéficier d'une riche liturgie sous deux formes, ayant chacune leurs vertus.

 

Dans un entretien accordé le 15 juillet 2010 à Canal 9 ici, la télévision valaisanne, Mgr Roduit rend hommage au Chanoine Escher et à tout ce qu’il a fait à Saint-Maurice. Il prétend que dans la lettre expliquant son départ le Chanoine Escher ne parle pas du Motu Proprio Summorum Pontificum. Stricto sensu, c’est bien possible. Sur le fond c’est invraisemblable compte tenu de ce que dit l’article de DICI cité plus haut. Toujours la lettre plutôt que l’esprit. Le propre des Pharisiens.

 

Mgr Roduit, toujours dans cet entretien, avance une explication pour le départ du vilain petit canard qu’il aurait élevé dans son cloître : il aurait préféré le château-fort d’Ecône à la caravane de Saint-Maurice. Comme s’il était confortable de porter l’étiquette d’Ecône. Dans Le Matin Dimanche du 17 juillet 2010, cité plus haut, la journaliste Christine Salvadé parle en ces termes d’Ecône, comme s’ils reflétaient la pensée de Mgr Roduit :

 

« Ecône renie Vatican II, estime que les papes font fausse route. Entrer à Ecône, c’est changer de confession, renier ses vœux. C’est grave, on ne pouvait lui faire plus mal. »

 

Ecoutant la voix de son maître, Mgr Roduit, Pascal Décaillet, d’habitude mieux inspiré, s’en prend lui aussi à Ecône sur son blog ici :

 

« Je regrette infiniment sa décision, car le Chanoine Escher, que j’ai l’honneur de connaître et avec qui il m’arrive de correspondre, est un homme d’une valeur spirituelle et intellectuelle, mais aussi d’une richesse de contact, au-dessus de la mêlée. Ce sont précisément le monde des vivants, celui des élèves, de l’éducation qui ont besoin de gens comme lui. Plutôt que quelque forteresse figée dans la nostalgie ».

 

Son article du 8 février 2009, que je ne connaissais pas et qui suit ces fortes paroles, n’honorent pas spécialement leur auteur. Il se livre à des amalgames comparables à ceux qu’il prête à ceux qu’il fustige.

 

Pour rétablir un certain équilibre je laisserai le mot de la fin sur Ecône à l’autre Décaillet, Bertrand, Président de l’APFEL, qui sur le Forum Catholique s’exprime ainsi le 19 juillet 2010, ici :   

 

« L'idéologie tient lieu du sens surnaturel de l'Eglise désormais et redonne un sens au positionnement d'un certain clergé lorsque la Foi n'informe plus la vie, et ce n'est pas propre au Valais! A Ecône, le Chanoine aura retrouvé le sens surnaturel de l'Eglise, de l'obéissance comme vertu, de l'autorité comme service, et de la vie intérieure. »

 

Si le Père-Abbé de Saint-Maurice n’a pas su retenir un aussi bon élément que le Chanoine Escher, ne faut-il pas se poser la question : n’est-il pas finalement responsable de son départ ? Son comportement méprisant à l’égard de ceux qui demandent en vain l’application du Motu Proprio dans son ressort depuis deux ans et demi plaide en ce sens.

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 18:15

Thiberville Sacré Coeur 2010A chaque fois que je quitte Lausanne pour Saint Jean-de-Luz il y a du nouveau dans le diocèse de Mgr Christian Nourrichard, l'évêque d'Evreux, qui s'acharne sur l'abbé Francis Michel. Je vais finir par devenir superstitieux... ou par comprendre que les dates de publication des communiqués du prélat ne sont pas le fruit du hasard, mais de bien mauvaises intentions, puisqu'il s'agissait la première fois du Vendredi Saint et la seconde de la Fête du Précieux Sang de Jésus.   

 

Le 15 avril dernier j'écrivais [voir mon article Mgr Nourrichard veut toujours disloquer la paroisse de l'abbé Michel  ] :

 

"Les absents ont toujours tort. Pendant les dix jours que j'ai passés au Pays Basque, mesurant le bonheur d'avoir là-bas Mgr Marc Aillet pour évêque, je n'ai eu qu'un accès limité à Internet et je n'ai donc pas su que le recours de l'abbé Francis Michel auprès de la Congrégation pour le Clergé avait été rejeté dans un délai record. Ce n'est donc qu'avec bien du retard que je viens de l'apprendre aujourd'hui, en consultant le site de soutien au curé de Thiberville ici [d'où provient la photo prise lors de la fête du Sacré Coeur de cette année]" 

 

Je pourrais écrire quelque chose de similaire aujourd'hui. En effet, une semaine après, j'apprends que Mgr Nourrichard, évêque d'Evreux, a publié le jeudi 1er juillet 2010 le communiqué suivant ici :

 

"THIBERVILLE : Quel avenir pour l'Abbé Francis MICHEL ?

Les décisiond de Mgr Christian Nourrichard, Evêque d'Evreux ont été confirmées par ROME, que ce soit par la Congrégation Romaine pour le Clergé, le 18 mars 2010, ou par l'instance suprème du Tribunal Suprême de la Signature Aspostolique, le 26 mai 2010. 

En ne publiant pas le verdict énoncé par ROME, signe d’apaisement, Mgr Christian Nourrichard espérait jusqu’au dernier moment, que l’abbé MICHEL entende raison. 

Le pouvoir que reçoivent les prêtres dans l’Eglise Catholique Romaine provient de leur ordination.  Celle-ci les inscrit en communion avec leur Evêque, c’est-à-dire par ce fait même, avec l’Eglise  tout entière. Ce pouvoir n’est pas « magique ». 

Mgr Christian Nourrichard a fait à l’abbé Francis MICHEL différentes propositions de ministère, à   la fois dans et hors du diocèse. Il les a toutes refusées. 

L’Abbé Michel a donc reçu, en toute conformité au droit canonique de l’Eglise Catholique  Romaine, l’injonction de quitter la paroisse de Notre Dame de Charentonne. 

Si à la date du 26 juillet 2010, il n’a pas répondu à cette injonction, un décret de suspension le concernant sera prononcé par Mgr Christian Nourrichard." 

  

J'écrivais le même 15 avril dernier :

 

"Pour ceux qui ne savent pas qui est l'abbé Francis Michel je rappelle qu'il est, sinon juridiquement, du moins aux yeux de Dieu et de ses ouailles, toujours, ce depuis 20 ans, curé de Thiberville, une paroisse qui dépend administrativement de l'évêque d'Evreux, Christian Nourrichard, prélat qui ne fait rien pour inspirer le respect dû à sa dignité mitrée. Le sort spirituel des âmes de cette paroisse est le cadet des soucis de ce véritable syndic de faillite. 

 

Fin décembre cet évêque bureaucrate, et sans saveur, pour lequel un diocèse n'est qu'une administration, où les prêtres diocésains ne sont que des pions, que l'on peut déplacer à loisir, décide de supprimer d'un trait de plume la seule paroisse de son diocèse qui n'est pas en voie d'être désertée par les fidèles [ voir mon article  du 18 janvier 2010]."L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester

 

Revenons au communiqué. La phrase la plus choquante est la suivante :

 

"En ne publiant pas le verdict énoncé par ROME, signe d’apaisement, Mgr Christian Nourrichard  espérait jusqu’au dernier moment, que l’abbé MICHEL entende raison." 

  

En effet il aurait été intéressant que l'évêque désinformateur publie justement le verdict in extenso. Le bon peuple chrétien aurait appris que ce verdict n'a pas été rendu sur le fond mais sur une question de procédure. En l'occurrence le recours de l'abbé Francis Michel n'a pas été rejeté parce que c'est un mauvais prêtre, un prêtre indigne, mais parce qu'il a fait son recours initial hors du délai requis de 15 jours... 

  

La phrase où l'évêque bureaucrate, syndic de faillite de son diocèse, procédurier, se montre ubuesque - et peut-être imprudent - est la suivante : 

  

"Si à la date du 26 juillet 2010, il n’a pas répondu à cette injonction [ de quitter la paroisse de Notre Dame de Charentonne, qui n'existe plus administrtaivement parlant...], un décret de suspension le concernant sera prononcé par Mgr Christian Nourrichard". 

  

Car, si un décret de suspension est prononcé par l'évêque, il faudra bien cette fois examiner sur le fond l'inévitable recours de l'abbé Francis Michel, qui respectera cette fois scrupuleusement le délai prévu par la procédure pour cette nouvelle décision. 

  

Le fond ? Le 3 février dernier j'écrivais [ voir mon article Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville ] le résumé suivant : 

 

"Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire :

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise

- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire

- de célébrer la messe tournée vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles

- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire

- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II." 

  

Autant dire que Mgr Nourrichard a du souci à se faire. 

  

S'il se souciait moins, d'ailleurs, de gestion administrative que de salut des âmes, il se souviendrait que le Christ a demandé de juger l'arbre aux fruits et il écouterait un peu mieux la vox populi de Thiberville qui, en l'occasion, exprime la vox Dei. 

  

Francis Richard  

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 19:00

Joseph Ngo Quang KietIl y a plusieurs moyens d'obtenir la démission de quelqu'un : lui offrir une large compensation, le faire chanter ou le harceler. C'est ce dernier moyen que le régime communiste vietnamien semble avoir employé pour obtenir la démission de l'archevêque de Hanoï.

 

Mgr Joseph Ngo Quang Kiet [dont la photo ci-contre provient d'ici] est-il un archevêque âgé, démissionnant pour faire valoir ses droits à une retraite bien méritée ? Non. Il aura 58 ans seulement au mois de septembre prochain.  Autant dire que la raison de son départ ne peut avoir aucun rapport avec son âge. 

 

Mgr Joseph Ngo Quang Kiet est-il quelqu'un que ce régime totalitaire a pu corrompre ou faire chanter ? Non. Il ne reste donc que le harcèlement et c'est sans doute la véritable raison de sa démission.

 

Qu'a donc fait Mgr Kiet pour mériter d'être harcelé ? Il a osé résister. Qui plus est sereinement, pacifiquement. 

 

Il y a bientôt deux ans, je racontais sur ce blog ici comment l'archevêque de Hanoi avait osé tenir tête au Comité populaire de la ville, en maintenant la revendication de l'Eglise catholique "sur des terrains lui appartenant, qui n'ont pas fait l'objet officiellement d'un changement de propriétaire et qui ne sont pas utilisés dans l'intérêt général, tels que peuvent l'être des écoles ou des hôpitaux" et dont les autorités s'étaient emparées au mépris du droit de propriété.

 

L'archevêque avait alors déclaré :

 

"Nous nous permettons de rappeler que nous désirons ardemment construire l'unité nationale. Nous avons beaucoup voyagé à l'étranger, nous nous sentons humiliés quand nous portons le passeport vietnamien. Où que nous allions, nous sommes fouillés. Nous sommes très tristes de cette situation et nous voulons que notre pays soit plus fort."

 

Propos que la presse aux ordres avait scrupuleusement rapporté, comme l'internaute peut en juger, en disant que Mgr Kiet "se sentait honteux de porter un passeport vietnamien"...

 

A l'époque le maire de Hanoï, Nguyen The Thao, avait même demandé la révocation de Mgr Kiet,  après que le prélat avait déclaré, au sortir d'une vaine réunion avec des représentants des autorités, que "la liberté religieuse n'est pas un privilège mais un droit." 

 

Depuis fin 2007 les incidents avec l'Eglise catholique n'ont pas cessé de se multiplier. Il s'agit pour la dictature communiste d'abattre ce bastion de liberté en provoquant ses fidèles pour qu'ils commettent des violences et justifient leur répression.

 

Au début de cette année Mgr Kiet s'était bien gardé d'intervenir lors d'un énième incident [voir mon article Au Vietnam, plus que jamais, le régime communiste persécute les catholiques ]. Il ne voulait surtout pas que les autorités en tirent prétexte pour obtenir sa révocation.

 

Toujours est-il que début mars Mgr Kiet s'envolait pour se faire soigner à Rome "pour surmenage" ici. A Rome il a effectivement été admis à l'hôpital Gemelli où la Congrégation pour l'évangélisation des peuples lui avait réservé une place. 

 

Moins de deux semaines après le retour à Hanoï le 9 avril dernier de Mgr Kiet, Mgr Pierre Nguyen Van Nhon, âgé de 72 ans, était nommé par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, évêque coadjuteur de Hanoï. Trois semaines plus tard Mgr Nhon devenait archevêque de Hanoï à la suite de la démission de Mgr Kiet, qui quittait la capitale le 13 mai dernier pour se faire soigner aux Etats-Unis ici.

 

Que le Vatican ait fait une concession au régime ou que Mgr Kiet ait réellement demandé à être déchargé de sa tâche pour raisons de santé, le fait est là : le régime communiste vietnamien a eu la peau de l'archevêque de Hanoï et ses ouailles sont dans l'affliction. Il faut prier pourqu'elles ne se divisent pas dans l'épreuve.

 

Francis Richard

 

Voici la lettre d'adieu émouvante que Mgr Kiet a adressée à ses ouailles et que publie Catholique.org ici :

 

Hanoi le 13 mai 2010

 

Chers frères et sœurs,

 

Le Saint-Siège vient d’annoncer que le Saint-Père a accepté ma demande de démission. Voici venu le moment de me séparer de vous. Il m’est difficile de vous dire au revoir, surtout que vous n’êtes pas encore prêts à accepter mon départ ! Je ne peux pas ne rien dire, mais je ne peux non plus tout vous dire en une seule fois, la dernière. Je souhaite ardemment que vous compreniez qu’il n’existe pas de raisonnement capable de convaincre ceux qui sont tristes. Mais j’espère que votre grand cœur vous permettra d’accepter une chose qui maintenant ne peut plus changer.

 

J’ai eu le tort de vous décevoir en présentant ma démission. Mais soyez convaincus que tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour le plus grand bien de l’Eglise et, plus concrètement, de notre archidiocèse de Hanoi. En réalité, lorsque j’ai fait allusion à cette démission, les congrégations romaines concernées ont protesté. Mais lorsque je suis allé directement la proposer au Saint-Père, celui-ci dans sa grande bonté m’a compris et il l’a accepté. Avec ma demande de démission, j’ai aussi prié le Saint-Siège de me trouver un successeur. C’est le président de la Conférence épiscopale du Vietnam, Mgr Pierre Nguyen Van Nhon, qui a été choisi. Par obéissance, il a accepté avec courage cette lourde charge, dans les si délicates circonstances d’aujourd’hui. Tout s’est véritablement passé dans un esprit de service et d’amour mutuel.

 

En cet instant d’émotion, le sentiment le plus fort en moi est un sentiment d’affection et de reconnaissance.

Je rends grâce au Seigneur d’avoir enveloppé ma vie de son amour débordant : il n’y a aucun lieu, aucun moment de ma vie où je n’ai été submergé par lui. Je me considère véritablement comme « un disciple aimé du Seigneur ». Bien que je n’en sois pas digne, le Seigneur m’a aimé. Malgré mon infidélité, il ne m’a pas abandonné. A travers les embûches, les dangers de la mer, la main du Seigneur m’a conduit à bon port. Aujourd’hui, cette même main aimante me guide sur un nouveau chemin pour que je comprenne davantage et que je vive en plénitude cet amour. Éternellement, je lui rendrai grâce.

 

C’est un vrai bonheur pour moi que de vivre dans l’Eglise. Où que j’aille et quelle que soit ma tâche, je continue de lui appartenir. Que ce soit dans la basse région peuplée et riante, ou dans la haute région retirée, dans une ville animée ou dans une pauvre campagne, je reste toujours un membre de l’Eglise. Que je sois chargé de missions importantes ou que je n’accomplisse que des tâches ordinaires, même lorsque je suis étendu, immobile, sur un lit de malade, j’apporte ma contribution à la vie de l’Eglise. Ainsi, même petit et ordinaire, je suis toujours l’objet de soins et d’amour.

 

Cet amour s’est manifesté de façon vivante et concrète, à travers vous, frères et sœurs bien-aimés, proches et lointains, qui avez partagé avec moi et m’avez soutenu tout au long de ma vie. Vous êtes mes parents, mes frères et mes sœurs, toute ma parenté... Nous sommes devenus un seul être à travers tant d’événements tristes et joyeux. Nous avons vécu ensemble, travaillé ensemble. Pus que cela, nous nous sommes réjouis ensemble, ensemble nous avons espéré, nous nous sommes inquiétés, nous nous sommes attristés ensemble. Spécialement, dans les moments de tempête, alors que notre vie était menacée, nous étions prêts à mourir ensemble. Comment pourrait-on encore nous séparer ?

 

Vous êtes le cadeau le plus précieux que le Seigneur m’ait accordé dans ma vie.

 

Je rends grâce au Seigneur pour l’évêque auxiliaire et les prêtres, mes frères très chers. Vous faites partie de mon cœur. Vous êtes la force de vie du diocèse, car vous l’édifiez pour qu’il devienne une famille vivant dans l’harmonie, avec un seul cœur et un seul esprit. Merci à vous de m’avoir donné le bonheur de goûter votre fraternité chaleureuse à l’intérieur de la famille du diocèse : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis. » (Ps 132,1).

 

Je remercie le Seigneur pour les religieux et les religieuses, des collaborateurs de confiance. Discrets mais efficaces, ne craignant pas d’accomplir les tâches les plus modestes, prêts à vous rendre dans les lieux les plus éloignés, vous avez élargi le champ d’évangélisation du diocèse, lui permettant de procurer des récoltes de plus en plus abondantes. Merci pour votre générosité !

 

Je rends grâce au Seigneur pour les séminaristes, nos enfants bien-aimés. Vous êtes la prunelle de mes yeux. Animés par un esprit de service et de don de vous-même, vous avez ouvert vos âmes au programme de formation de l’Eglise, vous vous êtes appliqués à perfectionner vos connaissances, vous avez participé avec zèle à la pastorale, vous vous êtes engagés au service des plus pauvres, des malades et plus spécialement des lépreux et surtout vous n’avez cessé de perfectionner votre conduite morale. Merci à vous d’avoir donné à vos formateurs la vision d’un avenir plein d’espérance pour le diocèse.

 

Merci au Seigneur pour vous mes frères et sœurs laïcs bien-aimés de la famille de l’archidiocèse de Hanoi. Lorsque je pense à vous, je ne peux réprimer mon émotion. En supportant avec persévérance des difficultés, non seulement vous avez été les fondations d’une Eglise ferme et inébranlable, les racines d’un arbre qui n’a cessé de porter des fruits en abondance, mais vous avez aussi, pour une part, contribué à l’édification de la société lorsque avec courage vous avait élevé la voix pour soutenir la justice, prêts à sacrifier votre vie pour défendre la vérité. Vous êtes l’Eglise. Vous avez versé votre sueur, vos larmes, et même votre sang pour maintenir et développer l’Eglise. Je suis fier de vous. Je vous admire. Je vous suis reconnaissant.

 

Alors que nous parlons d’amour, comment ne pas mentionner le pardon ? Je vous demande de pardonner mes fautes et mes lacunes. Je vous demande aussi de pardonner, en mon nom, à tous ceux qui nous ont offensés. Nous n’acceptons pas le mal, mais il nous faut pardonner et prier pour ceux qui se sont égarés afin qu’ils retrouvent le droit chemin.

 

En ce moment des adieux, comment tout dire ? Ma dernière parole sera pour vous dire de garder votre amour et votre unité. C’est là le trésor le plus précieux de notre Eglise. Dans cet amour et cette unité déjà présents, vous aimerez Mgr Pierre Nguyen Van Nhon comme vous m’avez aimé moi-même ; vous collaborerez avec lui, comme vous l’avez fait avec moi. Il me remplacera au milieu de vous pour que jamais le courant d’amour mutuel ne s’interrompe.

 

Même séparés, la prière nous unira. Même parti, je continuerai à servir le diocèse par la prière. Grâce à la prière et à notre amour mutuel, le Seigneur accordera à notre diocèse de nombreuses grâces, plus que nous pouvons en souhaiter. C’est pourquoi, je vous demande de ne pas me retenir, et de me laisser partir conformément à ma propre aspiration. Je suis en effet, persuadé que mon départ est conforme à la volonté de Dieu et qu’il constituera un bien aussi bien pour vous que pour moi.

 

Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.

 

Joseph Ngô Quang Kiêt

 

Nous en sommes au

688e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 21:00

Abbé Michel sermon de NoëlLes absents ont toujours tort. Pendant les dix jours que j'ai passés au Pays Basque, mesurant le bonheur d'avoir là-bas Mgr Marc Aillet pour évêque, je n'ai eu qu'un accès limité à Internet et je n'ai donc pas su que le recours de l'abbé Francis Michel auprès de la Congrégation pour le Clergé avait été rejeté dans un délai record. Ce n'est donc qu'avec bien du retard que je viens de l'apprendre aujourd'hui, en consultant le site de soutien au curé de Thiberville ici [d'où provient la photo ci-contre de l'abbé Michel].

 

Pour ceux qui ne savent pas qui est l'abbé Francis Michel je rappelle qu'il est, sinon juridiquement, du moins aux yeux de Dieu et de ses ouailles, toujours, ce depuis 20 ans, curé de Thiberville, une paroisse qui dépend administrativement de l'évêque d'Evreux, Christian Nourrichard, prélat qui ne fait rien pour inspirer le respect dû à sa dignité mitrée. Le sort spirituel des âmes de cette paroisse est le cadet des soucis de ce véritable syndic de faillite.

 

Fin décembre cet évêque bureaucrate, et sans saveur, pour lequel un diocèse n'est qu'une administration, où les prêtres diocésains ne sont que des pions, que l'on peut déplacer à loisir, décide de supprimer d'un trait de plume la seule paroisse de son diocèse qui n'est pas en voie d'être désertée par les fidèles [voir mon article L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester du 18 janvier 2010]. C'est aussi arbitraire et absurde que de décider de la destruction massive de maisons sur le littoral de Vendée ou de Charente Maritime... pour masquer une incompétence, qui a conduit à un désastre.

 

Selon le principe des calamités de Michel de Poncins, qui est transposable à ce qu'est devenu l'évêché où un Mgr Gaillot a jadis sévi :

 

"Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité pour soi-disant corriger la première"

 

Le manque de prêtres a conduit ainsi le citoyen-évêque Nourrichard à répartir cette pénurie géographiquement sans se demander dans le fond d'où elle pouvait bien provenir et comment il convenait d'y remédier. 

 

Admettons un instant que la décision du citoyen-évêque Nourrichard ne soit ni arbitraire ni absurde et qu'elle ne réponde pas à une calamité par une autre calamité, mais soit en quelque sorte une sanction. Cela voudrait dire que l'abbé Francis Michel serait coupable de quelque chose. Or comme je le résumais le 3 février 2010 [voir mon article Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville ] : 

 

"Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire : 

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise
- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire
- de célébrer la messe tourné vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles
- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire
- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II.

Autant de choses propres à susciter la jalousie de confrères qui ont bien du mal, dans leurs églises désertes, à faire venir les fidèles, sinon à les retenir, et qui se réjouissent, en toute charité chrétienne, des avanies infligées par leur évêque incompétent à l'abbé Michel
."

  

Dans notre hypothèse, il faut donc croire que le citoyen-évêque Nourrichard se nourrit de bien mauvaises pensées pour disloquer une paroisse qui marche, pour destituer ainsi un curé tout à fait dans la lignée du Saint Curé d'Ars, sous le patronage duquel le pape Benoît XVI a placé l'année 2009-2010.


Le citoyen-évêque Nourrichard publie le Vendredi Saint un communiqué assez farce ici,  écrit la veille, soit le Jeudi Saint, qui tombait cette année le 1er avril. 

 

C'est un communiqué au vocabulaire beaucoup plus froidement administratif  que lumineusement religieux :  

 

"Rome a parlé.

La Congrégation Romaine a confirmé la décision de Mgr Nourrichard, Evêque d’Evreux.

L’ancien groupement interparoissial de Thiberville reste donc une communauté locale de la

paroisse de Notre Dame de Charentonne, dont le curé est le P. Jean Vivien.

Il s’agit maintenant pour l’abbé Francis Michel de vivre l’engagement pris le jour de son

ordination presbytérale : l’obéissance promise à l’Evêque de son diocèse.

Mgr Nourrichard rappelle que l’Abbé Michel n’a plus les pouvoirs canoniques pour célébrer les

mariages reconnus par l’Eglise.

En ce jour du Jeudi Saint, fête du Sacerdoce où tous les prêtres renouvellent cet engagement,

prions pour que l’abbé Michel retrouve le chemin de la fidélité et de la communion.

En cette année sacerdotale le témoignage du St Curé d’Ars peut sans doute l’y aider.

+ Mgr Christian Nourrichard

Evêque d’Evreux".

 

Ce qui choque le plus dans ce communiqué c'est le chantage à l'obéissance auquel se livre le citoyen-évêque Nourrichard, qui ne trouve rien à redire aux désobéissances ouvertement affichées par des membres de son clergé bien-aimé à l'égard de directives du Saint Père.

 

Ce qui choque le plus également dans ce communiqué c'est l'invocation au témoignage du Saint Curé d'Ars pour convaincre en somme le curé de Thiberville de renoncer à l'imiter et à persévérer dans sa tâche de ramener au bercail les brebis dispersées.

 

Lundi de Pâques le Comité de Soutien à l'abbé Michel publiait la réponse suivante ici au communiqué épiscopal :

 

""Rome a parlé"

 

Monseigneur Nourrichard se plaît à dire que « Rome » a parlé, et que la Congrégation pour le clergé a confirmé sa décision.

 

C'est aller un peu vite en besogne. Non la Congrégation n'a en rien confirmé sa décision, elle répond simplement que le recours de l'abbé est juridiquement rejeté. Elle ne répond absolument pas au problème de fond, à savoir l'intérêt pastoral, l'intérêt des âmes. Elle répond sur le plan purement administratif.

 

Or sur le terrain, cette décision de l'évêque d'Evreux reste insoluble :

- les fidèles ne reconnaissent pas Jean Vivien pour leur curé, ne se retrouvent pas dans sa « pastorale » ;

- et ils veulent garder leur curé, l'abbé Michel, celui qui les guide depuis plus de 20 ans, a partagé leurs joies et leurs peines, comme « le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent » (Jn X, 11-18)

 

Monseigneur appelait au dialogue, mais un dialogue demande que l'interlocuteur écoute. Aujourd'hui les fidèles de Thiberville n'ont toujours pas été entendus. A la voix plaintive des « brebis », il ne répond jusqu'à ce jour que par l'obéissance et la menace.

 

Qu'il nous soit permis de rappeler à Monseigneur que le 23 avril 2004 et le 22 février 2007, Rome a parlé ! Nous aimerions voir le zèle intrépide d'un successeur des Apôtres dans l'application de l'instruction Redemptionis Sacramentum, rappelant l'importance de l'application rigoureuse des normes officielles dans la liturgie, et à nouveau dans l'exhortation Sacramentum Caritatis. Le silence assourdissant dans ce domaine sous-entendrait que tous les prêtres du diocèse appliquent fidèlement les directives romaines sur la liturgie et proposent à leurs fidèles LA liturgie romaine authentique... Qu'il nous soit permis d'en douter, car il suffit de quitter de quelques kilomètres le secteur de Thiberville pour être témoin du contraire.

 

Alors oui, « Rome a parlé »... mais il serait bon de ne pas écouter que ce qui arrange... Aujourd'hui l'abbé Michel donne à ses fidèles ce que le Peuple de Dieu est en droit d'attendre de son prêtre, et ces derniers ne sont pas disposés à l'abandonner ! Si Monseigneur pense que l'affaire sera réglée par décret, si Monseigneur s'en tient à l'état « administratif » du problème... alors bien loin d'une solution, nous nous trouvons dans une impasse dont il lui faudra assumer les conséquences."

 

Ajoutons qu'il existe une voie de recours contre la décision purement juridique prise par la Congrégation pour le Clergé, auprès du Tribunal suprême de la Signature apostolique, que préside Mgr Raymond Burke.

 

Le citoyen-évêque Nourrichard a, je l'espère, vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. En choisissant le Vendredi Saint pour publier son bulletin de victoire, il a certes alourdi momentanément la croix de l'abbé Michel, mais il n'est pas sûr que le Seigneur, d'où procède tout pouvoir sur Terre, bénira finalement cette mauvaise action de la part d'un successeur des apôtres.

 

Francis Richard

 

Nous en sommes au 

 

635e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

 

 Max Göldi

 

 

 

 

 

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 22:00

Hebdo du 1.04.10

Hier, de retour du Pays Basque où j'ai passé les fêtes de Pâques, sous la houlette de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, j'ai trouvé L'Hebdo du 1er avril 2010. L'hebdomadaire romand, qui, sans prétention aucune, se dit " bon pour la tête", déverse sur le pape Benoît XVI un tombereau d'immondices, en guise de joyeuses fêtes de Pâques. 

 

Après l'air pur de l'Atlantique, qui, lui, est " bon pour l'esprit", j'ai donc dû humer, à mon corps défendant, la haine anticléricale recuite, après passage dans un seau d'aisance, de l'hebdomadaire de référence.

 

Pour faire bonne mesure le plumitif de service, Christophe Passer, ici, nous fait d'abord le résumé des épisodes précédents - soit deux pages sur trois de son article fielleux - avant d'en venir au nouvel épisode de la série de calomnies contre Benoît XVI.

 

Sur ce blog j'ai dit l'année dernière ce que je pensais de la levée des excommunications [voir mon article La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort ], de Mgr Williamson [voir mes articles Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI  , Levée d'excommunication de Mgr Williamson : les à peu près de France 2  et Mgr Richard Williamson demande pardon ], du " silence" de Pie XII [ voir mon article Le montage soviétique sur le "silence" de Pie XII fonctionne toujours ]. Je n'y reviendrai donc pas. Je laisse sur ces sujets le journaleux à ses miasmes.

 

Le nouvel épisode de la série de calomnies contre Benoît XVI s'intitule " scandales pédophiles".

 

Sur ce thème Christophe Passer s'en prend à la lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande, datée du 19 mars 2010, fête de saint Joseph. Il écrit :

 

" Elle ne s'adresse qu'aux seuls Irlandais, ce qui a provoqué un  premier écœurement . Cette stratégie du confinement est terrible. Les affaires de prêtres pédophiles vont-elles comme le nuage de Tchernobyl, au gré des vents mais s'arrêtant aux frontières ? Quid des Etats-Unis, de la France, de l'Allemagne, de la Suisse, du reste du monde ?"

 

Christophe Passer n'a pas peur des contradictions, ce qui dénote un certain courage. Il rappelle en effet un peu plus loin :

 

" Benoît XVI disait en février : "Les abus sexuels sur des enfants et des jeunes gens sont non seulement un crime atroce, mais aussi un péché grave qui offense Dieu.""

 

Au lieu de nous dire d'où vient cette citation - Benoît XVI réagissait ainsi déjà ici  aux abus sexuels commis par ... des prêtres et religieux irlandais - il rebondit sur elle pour dire arbitrairement : 

 

"C'est lui, Joseph Ratzinger [il n’est plus Benoît XVI ?], qui offense Dieu désormais, par ses mensonges et ses dénis, par sa dogmatique absence de courage à affronter l'époque et ses tourments".

 

J'ai eu beau relire l'article du sieur Passer, je n'ai pas trouvé quels étaient les mensonges et les dénis que l'auteur - que la haine étouffe visiblement au point d'asphyxier ses neurones - reproche à Benoît XVI.

 

Benoît XVI a-t-il fustigé en février les abus sexuels commis en Irlande, comme le laisse supposer le sieur Passer, pour les minimiser en mars ?

 

Faux : il est évident que le sieur Passer a lu la lettre pastorale aux catholiques d'Irlande ici [si la version en français n'est pas officielle, elle est fidèle à l'esprit de Benoît XVI] en diagonale ou qu'il en a dénaturé l'esprit ou qu'il a fait les deux.

 

Benoît XVI écrit au tout début :

 

" Je ne peux que partager le désarroi et le sentiment de trahison que nombre d'entre vous ont ressentis en prenant connaissance de ces actes scandaleux et criminels et de la façon dont les autorités de l'Eglise en Irlande les ont affrontés." 

 

Il redit donc ce qu'il a dit en février. Puis il rappelle longuement que :

 

" Tout au long de l'histoire, les catholiques d'Irlande se sont révélés une immense force de bien tant dans leur patrie qu'à l'étranger".

 

Enfin il analyse les raisons de la crise actuelle. Pour bien comprendre cette analyse il faut la citer in extenso ce que le sieur Passer se garde bien de faire. Admettons, pour être charitable, que la place lui manque. Il n'était pas pour autant obligé de sortir les phrases de leur contexte, pour bien tordre l'esprit de la lettre.

 

Comme je ne veux pas céder à cette tentation et que la place ne m'est pas mesurée, je cite donc le passage dans son intégralité pour laisser juge l'internaute :

 

" Au cours des dernières décennies, toutefois, l'Eglise dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des personnes à l'égard de l'enseignement et des valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées. Au cours de cette période, apparut également la tendance déterminante, également de la part de prêtres et de religieux, à adopter des façons de penser et à considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l'Evangile. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre comment les appliquer de la meilleure façon possible [ souligné par moi pour la raison expliquée ci-dessous]. En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, une tendance à éviter les approches pénales à l'égard de situations canoniques irrégulières. C'est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème déconcertant de l'abus sexuel des enfants, qui a contribué de façon très importante à l'affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l'Eglise et pour ses enseignements.

 

Ce n'est qu'en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu'il est possible d'entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer: des procédures inadéquates pour déterminer l'aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats; une tendance dans la société à favoriser le clergé et d'autres figures d'autorité, ainsi qu'une préoccupation déplacée pour la réputation de l'Eglise et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne. Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont assombri la lumière de l'Evangile à un degré que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre." 

 

Tout ce que le sieur Passer trouve à dire c'est :

 

" La lettre a la froide ignominie théologique de retourner les choses en présentant l'Eglise comme l'authentique victime des affaires de pédophilie."

 

Le propos évident du journaleux n'est pas que l'Eglise se réforme, mais qu'elle soit condamnée. Si je raisonnais comme lui, je dirais qu'il serait bien content que l'Eglise soit définitivement salie par ses bergers galeux et qu'elle crève... 

 

Ce journaliste, qui se réfère à un moment donné à Christian Terras [voir mon article La parole est au procureur Christian Terras,"expert" es Catholiques ! ], n'aime évidemment pas la brève allusion faite par Benoît XVI à Vatican II, qui, pour lui, comme pour son mentor, doit être le seul Concile qui vaille, les autres comptant pour du beurre. Là encore, c'est une habitude, il sort la phrase de son contexte et la tronque, ce qui rend, croit-il, plus solide sa démonstration :

 

" Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre"

 

De comprendre quoi ? "Comment l'appliquer de la meilleure façon ", a précisé le Saint Père. Précision  que le sieur Passer passe  à la trappe... Il n'a pas peur des trucages, ce qui dénote également un certain courage. 

 

Quand on commence à truquer il est difficile de s'arrêter en chemin. Pas un mot du sieur Passer sur les paroles de Benoît XVI à l'égard des victimes d'abus et de leurs familles. Il convient de réparer cet oubli :   

 

"Vous avez terriblement souffert et j'en suis profondément désolé [souligné par moi]. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez subi. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d'entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l'expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d'entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir eu l’impression qu'il n'y avait aucun moyen d'échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l'Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous [souligné par moi]. Dans le même temps, je vous demande de ne pas perdre l'espérance. C'est dans la communion de l'Eglise que nous rencontrons la personne de Jésus Christ, lui-même victime de l'injustice et du péché. Comme vous, il porte encore les blessures de sa souffrance injuste. Il comprend la profondeur de votre peine et la persistance de son effet dans vos vies et dans vos relations avec les autres, y compris vos relations avec l'Eglise. Je sais que certains d'entre vous trouvent également difficile d'entrer dans une église après ce qui s'est passé. Toutefois, les blessures mêmes du Christ, transformées par ses souffrances rédemptrices, sont les instruments grâce auxquels le pouvoir du mal s'est brisé et nous renaissons à la vie et à l'espérance. Je crois fermement dans le pouvoir de guérison de son amour sacrificiel — également dans les situations les plus sombres et sans espérance — qui apporte la libération et la promesse d'un nouveau départ."

 

Il préfère s’interroger :

 

"Où sont en cette lettre de Joseph Ratzinger [il n’est plus Benoît XVI ?], ses propres excuses ? "

 

Pour l'aider, j'ai souligné les passages qu'il cherchait ...

 

En réalité, il préfère citer une phrase, sortie une nouvelle fois de son contexte, à l’adresse des prêtres et religieux abuseurs, pour qui il serait "plein de compassion" :

 

"Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux ".

 

Isolée, cette phrase est incompréhensible. Elle est citée telle quelle pour faire croire que le Pape verse plus de larmes sur les criminels que sur les victimes.

 

Voici donc le texte intégral où le Pape s'adresse aux abuseurs :

 

"Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l'estime des personnes en Irlande et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. Ceux d'entre vous qui sont prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l'Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l'Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse.

Je vous exhorte à examiner votre conscience, à assumer la responsabilité des péchés que vous avez commis et à exprimer avec humilité votre regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à faire personnellement amende pour vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux [souligné par moi]. Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu."

Revenons à l’affirmation du sieur Passer, citée au début de cet article, selon laquelle le Pape ne se serait adressé qu’aux Irlandais au sujet de la pédophilie. Le sieur Passer ignore, ou feint d’ignorer, ce qui est fautif dans les deux cas, que le Souverain Pontife s’est adressé sur le même sujet aux Australiens en novembre 2008 et aux Américains en avril 2008…

Comme le rappelle l’excellent site benoit-et-moi ici :

"L'expérience américaine montre que ce sont justement les évêques locaux qui ont étouffé les procédures contre les prêtres pédophiles.

C'est pourquoi selon les nouvelles règles rédigées par Ratzinger en 2001 pour les délits les plus graves ("De delictis gravioribus"), la compétence pour les juger revient à la CDF [Congrégation pour la Doctrine de la Foi]. Les peines sont aggravées, les délais de prescription allongés.

Un an plus tard, Ratzinger est un des protagonistes de la rencontre entre les dirigeants de l'épiscopat américain et le Saint-Siège, qui inaugurera la "tolérance zéro" dans l'Eglise américaine..."

 

Ce que l’ineffable Christian Terras traduit de la manière truquée suivante dans L’Hebdo ici :

 

"Pour la pédophilie, Joseph Ratzinger avait toute latitude, et pourtant, en 2001, il écrit un texte De delictis gravioribus [voir la lettre ici et les commentaires appropriés] qui souligne le secret pontifical absolu sur ces affaires. Et qui exprime que désormais, la gestion des dossiers pédophiles sera directement centralisée par la Congrégation. Des milliers de cas lui seront alors transmis."

 

Dans ces conditions on a du mal à croire Christian Terras, le truqueur, quand il affirme sans preuve que Benoît XVI était au courant de l’étendue des dégâts aux Etats-Unis dès 1985 et qu’en 2005 il n’a échappé à la justice américaine que parce qu’il a été élu pape.

 

Je terminerai par cette citation du Message Pascal de Mgr Marc Aillet ici :

 

« Nous n’avons pas à rougir de notre Eglise qui est sans aucun doute la seule Institution au monde qui aborde ces affaires avec autant de transparence et de vérité, apportant concrètement sa compassion aux victimes, reconnaissant les erreurs passées, mettant en place des mesures énergiques pour prévenir des actes aussi monstrueux. Nous n’avons pas à rougir de nos prêtres, dont l’immense majorité vit son engagement dans la fidélité et donne sa vie sans compter pour Dieu et ses frères. Nous n’avons pas à rougir de notre Pape Benoît XVI qui n’a pas ménagé sa peine depuis des années pour apporter une réponse adéquate et ferme à tous ces graves dysfonctionnements.

 

Il n’est pas indifférent que cette condamnation médiatique advienne alors que nous nous apprêtons à célébrer le Mystère pascal du Christ, à suivre Jésus dans sa Passion et sa mort sur la croix pour ressusciter avec lui au matin de Pâques. C’est la prophétie d’Isaïe qui continue de s’accomplir aujourd’hui : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe […] Le Seigneur Dieu vient à mon secours […] je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50). »

 

Francis Richard

 

PS

  

L'internaute peut apporter son soutien à Benoît XVI ici . 

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

Nous en sommes au 

 

 626e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

 

 

Max Göldi

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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