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30 novembre 2024 6 30 /11 /novembre /2024 22:55
Chant à Notre Dame

Le 15 novembre dernier, la statue de la Sainte Vierge, Notre Dame de Paris, a quitté l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, où elle avait trouvé refuge après l'incendie non élucidé de la cathédrale le 15 avril 2019.

 

Le 15 décembre 1979, je me suis marié en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Le 15 avril 2019 je me trouvais, retraité depuis le 1er avril, dans un train à destination de Paris, quand j'ai appris le sinistre.

 

Aurais-je été à Paris, ce quinze du mois, j'aurais participé à la procession qui a conduit ND d'une maison de Dieu à l'autre, mais je subissais ce jour-là, au même moment, une IRM dans une clinique de Lausanne...

 

Notre-Dame de Paris est un lieu sacré où la prise de parole par un profane, fût-ce le Président de la République, me paraît déplacée, même sous le prétexte d'une ultime visite de chantier avant réouverture.

 

Après avoir écouté le discours convenu que Micron y a prononcé hier, je pense qu'il aurait mieux fait de s'abstenir de tirer une nouvelle fois la couverture à lui, sous couvert de remercier ceux qui y ont oeuvré.

 

À la suite de Péguy, j'ai fait neuf fois le pèlerinage de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres, organisé à la Pentecôte par Notre-Dame de Chrétienté, sous la bannière de Notre-Dame des Armées.

 

Celui de 1991 m'a inspiré, trois semaines après, un Chant à Notre Dame, dédié à Joseph Porta, curé de cette chapelle de Versailles, à Roger Morandi, son vicaire, et aux autres pèlerins de son chapitre.

 

En le publiant aujourd'hui, j'entends rappeler que les cathédrales ne sont pas des musées, mais des lieux catholiques où la Sainte Messe est célébrée et où sont rendues grâces à Dieu et à Sa Très Sainte Mère.

 

Francis Richard

 

NB

 

La photo qui illustre cet article provient du site de Notre-Dame de Paris

 

Chant à Notre Dame

 

Nous revoici au pied de votre cathédrale.

Une année a passé, nous éloignant de vous,

Et nous tremblons de froid  dans la bise qui râle

Parce que Mai l'oblige à se moquer de nous.

 

Nous sommes prêts à partir et à quitter Paris.

Nous n'attendons qu'un ordre et nous mettons en route.

Sur le dur asphalte nous faisons le pari

De marcher tout du long sans avoir aucun doute.

 

Nous savons bien pourtant ce qui lors nous attend.

Nos pieds endoloris qui se couvrent d'ampoules;

Le soleil qui nous brûle ou le très mauvais temps;

La chaleur ou le froid donnant la chair de poule;

 

Les chemins caillouteux succédant au bitume;

L'herbe foulée au pied par ceux qui vont devant

Et qui le lendemain suivant notre coutume

Se trouveront derrière à marcher dans le vent;

 

Les villes bien serrées de la proche banlieue;

Le bois de Verrières où nous sera donné,

Après avoir franchi seulement quelques lieues,

Le Corps de votre Fils qui fut abandonné,

 

Puis fut ressuscité pour votre grande gloire;

Les maisons qui cèdent la place aux premiers champs;

Les gazouillis d'oiseaux, nous voulons bien le croire,

Qui accompagneront les plus beaux de nos chants;

 

Le damier jaune et vert du colza et du blé,

Qui sera le blason princier de nos bannières,

Dont les hautes couleurs font fuir les endiablés,

Et qui nous soutiendront de toutes les manières.

 

Tandis que nous irons, nous traînant bien parfois,

Nous serons emportés, en disant le rosaire,

Par le souffle divin, jailli de notre foi,

Qui nous soulagera de toutes nos misères.

 

Le soir des premiers jours, parvenus au bivouac,

Nous dresserons enfin vaillamment notre tente.

Tout se déroulera sans le plus petit couac.

Nous aurons répondu en somme à votre attente.

 

Nous regrettons un peu le camp de Gallardon.

Il nous reste Choiseul et sa vaste prairie.

Nous découvrons ravis le site d'Épernon,

Où nos repas frugaux n'ont rien d'une féerie.

 

Qu'importe le chemin s'il mène jusqu'à Vous.

Nous Vous suivons partout, Ô Dame des Armées !

Et nous ne craignons pas d'être traités de fous,

Car Vous ne laissez pas nos âmes désarmées.

 

Pendant ce long parcours, quand le coeur nous en dit,

Nous pensons aux prêtres servant votre chapelle,

Le Chanoine Porta, le Père Morandi,

Qui ramassent pour Vous les âmes à la pelle.

 

Sans eux serions-nous là, pour notre conversion ?

Ils ont su provoquer la petite étincelle,

Qui pour les tentations donne de l'aversion

Et embrase d'amour toute âme qui chancelle.

 

Enfin, à l'horizon, deux flèches se dessinent.

Elles nous apprennent que nous touchons au but.

Leur vision céleste sans cesse nous fascine.

Nous en oublions presque que nous sommes fourbus.

 

L'arrivée à Chartres est notre récompense.

Nous nous sentons légers, délivrés d'un fardeau.

Nos coeurs se savent purs, tout gonflés d'espérance.

Nos sacs ne pèsent plus que nous portons au dos.

 

Nous revoici au pied de votre cathédrale,

Où pour nous accueillir, nous, pauvres pèlerins,

Un homme tout vêtu de pourpre cardinale,

De la part du Pape, nous salue tout serein.

 

Chatou, le 10 juin 1991

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29 septembre 2024 7 29 /09 /septembre /2024 16:50
Adieu à Philippine Lenoir de Carlan

Comme beaucoup de Français1, j'ai été profondément choqué et ému par la mort de Philippine Lenoir de Carlan. Bien que je ne l'aie pas connue, je me sens proche d'elle, à plusieurs titres, géographique, universitaire, confessionnel.

 

Jeune femme de dix-neuf ans, elle a été assassinée par un jeune homme qui n'aurait pas dû se trouver sur le territoire français, le vendredi 20 septembre 2024, dans le Bois de Boulogne, où son corps n'a été retrouvé que le lendemain.

 

Ces jours-là, je me trouvais dans le même Bois de Boulogne, au lieu-dit la Croix-Catelan, dans un club sportif dont je suis membre depuis plusieurs décennies et où, après avoir subi deux opérations cardiaques, j'arrive à nager, grâce à Dieu.

 

Philippine, était une brillante étudiante à l'Université de Paris-Dauphine, où il y a près de cinquante ans, j'ai passé deux ans, en troisième cycle, dans le but d'obtenir un DESS, Diplôme Supérieur d'Études Spécialisées, en Finances.

 

Le prénom de Philippine restera dans les mémoires des Français. Sa sainte patronne, Rose-Philippine Duchesne, (1769-1852), religieuse de la Société du Sacré Coeur, fut notamment missionnaire en Amérique chez les Potowatomies...

 

La mort de Philippine n'est pas un fait divers, c'est un acte de barbarie qui n'est pas isolé en France, pourtant devenue Fille aînée de l'Église après le baptême de Clovis, à Reims, en l'an 496, où je me suis retrouvé quinze siècles plus tard...

 

Étant en Suisse, à Lausanne, au moment de ses obsèques2, je n'ai pas pu me rendre sur le parvis de la cathédrale Saint-Louis à Versailles, où, le 14 mai dernier, j'assistai à celles de ma belle-mère, que j'avais revue une dernière fois le 7.

 

Ces correspondances m'interrogent, de même que l'homélie prononcée le 27 septembre par le Père Pierre-Hervé Grosjean, curé de Montigny-Voisins le Bretonneux, la paroisse de Philippine où j'ai passé mon permis de conduire...en 1975.

 

Cette homélie, que je reproduis ci-dessous, m'a amené à faire mon examen de conscience, moi qui ai survécu à plusieurs reprises, Dieu seul sait pourquoi, et à prendre de bonnes résolutions pour le temps qui me reste, à l'appel du Père:

 

Avec l'aide de Dieu et de bons amis, ceux du Ciel et ceux de la terre, nous sommes tous capables d'un petit pas ou d'un grand pas vers plus de bien. Si dans un an, cinq ans ou dix ans, chacun peut dire: ce drame m'a grandi et m'a encouragé, à l'occasion de son départ, j'ai choisi d'avancer et de m'engager... alors oui, le mal n'aura pas gagné, nous l'aurons traversé et surmonté, entraînés par Philippine, et tous nos grands frères et grandes soeurs du Ciel, nos premiers de cordée... 

 

Francis Richard

 

1 - Je suis binational, français et suisse, né en Belgique...

2 - Le 27 septembre 2024 à 13 heures.

 

HOMÉLIE – OBSÈQUES DE PHILIPPINE LE NOIR DE CARLAN
VENDREDI 27 SEPTEMBRE 2024
CATHÉDRALE SAINT-LOUIS DE VERSAILLES

 

Pourquoi sommes-nous là ? Si nombreux, si différents, si douloureux, serrés les uns
contre les autres, autour de Loïc, Blandine et leurs enfants, auprès de ton corps,
Philippine ? Pour quoi faire ?

 

La première réponse, que nous pouvons tous partager, croyants et non-croyants,c’est que nous sommes là pour pleurer.
 

Devant le mystère du mal, devant l’injustice insupportable et la violence qui s’est déchaînée, nous sommes sidérés, comme écrasés. Bien sûr, la justice des hommes sera nécessaire. Son temps viendra. Mais aujourd’hui, nous avons besoin de pleurer, de partager et de déposer ensemble notre douleur, notre colère, notre compréhension.
Nous pouvons la déposer ici, au pied de la Croix, car nous croyons que Dieu comprend tout cela. Dieu partage tout cela. Dieu n’est jamais du côté du mal, mais toujours du côté de ceux qui sont éprouvés. Jésus qui a pleuré la mort de son ami Lazare – nous croyons, nous chrétiens, en un Dieu qui a pleuré ! - Jésus qui a affronté le martyre de la croix, Jésus qui nous aime tels que nous sommes, Jésus nous comprend et nous accueille avec notre
douleur immense.

 

Sous son regard, au cœur de ces larmes, nous pouvons en même temps faire monter vers Dieu une action de grâce, et vers Philippine l’expression de notre gratitude. Car là, auprès de toi Philippine, tous ceux qui t’ont connue et aimée, prennent conscience plus que
jamais de ce qu’il y a eu de beau et de vrai dans ta vie, de ce qu’ils ont reçu de toi, vécu de beau avec toi. Il est précieux, mes amis, que chacun de vous prennent ces jours-ci dans le silence ou la prière, le temps de faire mémoire, le temps de relire ces moments
vécus avec Philippine. Vous comprendrez alors plus que jamais combien la vie de Philippine a été un don de Dieu pour vous… Alors, mêlée à vos larmes, pourra monter cette prière de louange : « Merci mon Dieu, merci de m’avoir donnée Philippine comme
fille, comme sœur, comme amie, comme camarade. Seigneur, permet que tout ce qu’il y a eu de beau dans sa vie puisse porter du fruit dans nos vies ».

 

Oui, je le crois : parce que Philippine avait appris dans sa famille, dans sa paroisse, au sein des scouts et guides de France la joie de croire, d’aimer et de servir, son passage sur la terre, même s’il est tellement trop court, trop bref à nos yeux, aura sa fécondité et
portera du fruit, comme le grain de blé tombé en terre dont parle l’évangile…

 

Pourquoi sommes-nous là ? Nous sommes aussi là pour prier, pour essayer de prier.
 

Philippine tu avais la foi, tu croyais que Jésus a donné sa vie pour chacun de nous. Pour que dans nos vies, ni notre péché, ni le mal qui nous atteint, ni même la mort puissent avoir le dernier mot. Voilà pourquoi nous sommes ici. Parce que nous voulons, à ta suite,
accueillir nous aussi cette promesse de Jésus : « j’ai donné ma vie pour que vous ayez la vie en plénitude. » Nous voulons nous accrocher à cette espérance que nous donne Jésus, comme on s’accroche à une ancre pour ne pas couler ou dériver. Oui, en priant
pour toi, en te portant devant Dieu, Philippine, nous espérons et nous croyons que le Seigneur t’accueille dans sa paix, dans la joie du Ciel, qu’auprès de Lui tu ne souffres plus, et que tu connais ce bonheur parfait pour lequel nous avons été créés, ce bonheur
qu’aucun mal ne pourra plus désormais atteindre ou abîmer, cette joie éternelle dont nous avons tous soif, dont tu avais soif et que les joies de ta vie annonçaient. Nous sommes là, nous accrochant à cette espérance qui nous promet aussi qu’il y aura un jour
des retrouvailles. Nous te reverrons Philippine. Cette espérance n’empêche pas nos larmes, mais elle les éclaire.

 

Philippine, pour nourrir ta foi, pour que cette foi éclaire ta vie, tu venais à la messe le dimanche, tu aimais venir au groupe de prière paroissial, tu vivais ta foi en actes avec tes amis en particulier dans le scoutisme. Bien sûr, comme chacun de nous, tu avais tes
défauts, tes combats, tes doutes et tes limites… mais tu croyais au pardon de Dieu, tu te savais aimée de Lui. Nous prions pour toi, Philippine. Mais prie aussi pour nous, s’il te plaît, pour tous ceux qui te pleurent. Que tous puissent se découvrir eux aussi aimés de
Dieu, que tous puissent accueillir cette promesse de retrouvailles, que tous puissent s’accrocher à cette ancre de l’espérance. Veille sur notre foi, Philippine. Veille sur notre espérance. Qu’elle nous éclaire dans cette obscurité. Voilà ta mission désormais Philippine…


Enfin, nous sommes là pour pleurer, prier et …pour agir.

 

Nous avons nous aussi en effet chacun une mission. Nous ne voulons pas que le mal ait le dernier mot. Nous voulons croire que Jésus a vaincu la mort, pour que ceux qui accueillent cet Amour
victorieux puissent recevoir la vie éternelle. Mais dès maintenant, nous pouvons répondre à ce mal en le retournant contre lui-même. Comment ? En faisant de ce drame, de cette épreuve terrible, l’occasion d’un sursaut, l’occasion de grandir résolument,
généreusement et courageusement dans notre vie, dans la façon de la vivre pleinement, de la donner, dans notre désir de servir et d’aimer. Nous voulons opposer au Mal, à sa violence et à sa laideur, la force de notre amour, de notre espérance, de notre foi, et la
beauté de notre unité. Nous voulons répondre à l’horreur du mal par la force plus grande encore du bien, le bien que nous pouvons faire en nous engageant, chacun à notre façon, chacun selon notre vocation, pour servir. Servir les plus petits, les plus jeunes, les plus
pauvres ou les plus fragiles ; Servir concrètement notre pays, nos paroisses, dans nos écoles et nos facs. Nous engager pour plus de justice et plus de paix, pour annoncer l’évangile et consoler les affligés. Encore une fois, la justice fera son travail. Cela est
vraiment nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. Chacun de nous peut aussi décider ici que quelque chose va changer dans sa vie ces jours-ci. Chacun peut décider de sortir un peu meilleur de ces funérailles, pour que le monde soit meilleur : nous pouvons sortir
avec un cœur plus généreux, une âme plus fervente et plus fidèle, un désir plus grand de servir, d’aimer et de croire. Nous pouvons tous trouver pour cela un pas à faire, un pas de plus. Par exemple une réconciliation à vivre avec un proche, par exemple dire vraiment et montrer notre confiance ou notre amour à celui ou celle qui en a besoin, en commençant par nos parents, nos enfants, nos amis, ceux qui nous sont confiés… Par exemple, oser
se lancer dans ce projet qui nous attend ou nous reprendre en main sur tel ou tel aspect de notre vie un peu laissé à l’abandon… commencer ou retrouver un chemin vers Dieu ou vers les autres… décider de s’engager dans tel ou tel service, formation ou mouvement… visiter ou prendre soin de celui qui est seul, malade, âgé ou isolé… choisir d’oser parler en vérité entre amis et se tirer vers le haut… décider de se remettre même pauvrement à
prier, à se confesser ou retourner à la messe… oser partager cette foi qui nous anime pour beaucoup, même si elle est parfois fragile ou mêlée de doutes… ne plus perdre de temps, et développer ses talents au service d’autres ou de plus grand que nous… reprendre un combat intérieur sur lequel on s’était découragé, se relever et choisir de se laisser aider… Bref. Chacun pourra discerner ! Mais ne reprenons pas le cours de la vie sans que rien ne change… Je vous le promets : avec l’aide de Dieu et de bons amis, ceux du Ciel et ceux de la terre, nous sommes tous capables d’un petit pas ou d’un grand pas vers plus de bien. Si dans un an, cinq ans ou dix ans, chacun peut dire : ce drame m’a bouleversé mais aussi réveillé, l’exemple de Philippine m’a fait grandir et m’a encouragé, à l’occasion de son départ, j’ai choisi d’avancer et de m’engager… alors oui, le mal n’aura pas gagné, nous l’aurons traversé et surmonté, entraînés par Philippine, et tous nos grands frères et grandes sœurs du Ciel, nos premiers de cordée…

 

Je termine, Philippine, en te confiant en particulier ta famille et tes amis, et toute cette jeunesse présente ici dans cette cathédrale. Tous ces jeunes qui sont touchés par ton départ si brutal, par la jeune fille lumineuse que tu as été, par ta foi simplement vécue…
Tu es désormais leur grande sœur du Ciel. Encourage les dans leurs joies, leurs peines et leurs combats. Donne à chacun de pouvoir servir, croire et aimer à son tour avec toute la générosité dont il ou elle est capable. Aide tous ces jeunes à découvrir combien ils sont
aimés de Dieu, de façon inconditionnelle, quelle que soit leur histoire ou leurs fragilités.
Parce que c’est quand on se sait aimé qu’on devient capable du meilleur !

 

Ô Vierge Marie, Notre-Dame des éclaireurs, que les scouts et les guides aiment chanter et prier, accueillez avec tendresse Philippine auprès de Jésus. Veillez sur nous, Vierge Marie, soyez pour nous celle qui console et espère, en attendant le matin de Pâques…
Soyez l’étoile qui nous guide dans la nuit, vers l’aube qui vient. Vierge Marie, vous à qui Jésus nous a confiés avant de mourir, encouragez chacun ici à faire de sa vie une vie belle, donnée, engagée… afin que le monde comprenne que le mal n’a pas gagné, et qu’il ne gagnera jamais. Afin que le monde comprenne grâce à Philippine que servir, croire et aimer portera toujours du fruit. Afin que tous apprennent qu’au-delà des joies et des larmes de ce temps, de belles retrouvailles et un grand Amour nous attendent !

 

AMEN

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18 août 2024 7 18 /08 /août /2024 18:45
Les Quatre Degrés de la violente charité, de Richard de Saint-Victor

Écrits spirituels du Moyen-Âge contient des textes du XIe au XVe siècle. Celui qui est l'objet de ce billet remonte au XIIe siècle. Il est intéressant parce qu'il montre que l'amour connaît quatre degrés.

 

Ces quatre degrés distingués par le chanoine victorin sont communs aux affections humaines et divines.

 

Quels sont-ils?

  • Le premier degré est celui qui blesse.
  • Le deuxième celui qui lie.
  • Le troisième celui qui fait languir.
  • Le quatrième celui qui fait défaillir.

 

Mais ces quatre degrés amoureux comportent des différences entre eux selon que les sentiments concernent Dieu ou les affections humaines. Ils sont tout à fait différents selon que les désirs [sont] spirituels ou bien charnels.

 

En effet les degrés dans le cas des affections humaines et dans celui des affections divines sont en progression inverse.

 

Dans les affections humaines:

  • Dans le premier degré amoureux, celui du mariage, l'affection mutuelle d'un amour intime resserre des liens pacifiques entre ceux qui se sont engagés.
  • Dans le second degré, l'esprit est enserré de manière indissoluble, sans qu'il puisse se soucier d'autre chose: il ne prend plus ni soin de ses devoirs, ni attention à ses affaires.
  • Dans le troisième degré, exclusif de tout autre sentiment, l'esprit ne peut jouir, selon son désir, de l'objet de ses désirs, et il ne peut recevoir de consolation d'aucune autre chose.
  • Dans le quatrième degré, l'âme est rendue mauvaise et malheureuse: quoi de plus malheureux que de toujours se fatiguer à désirer ce dont la jouissance ne pourra jamais rassasier?

 

Au contraire, dans les affections divines:

  • Au premier degré, on aime Dieu avec son coeur, avec son âme et avec son esprit, cependant pas avec la totalité de ses facultés.
  • Au deuxième, on aime Dieu de tout son coeur.
  • Au troisième, de toute son âme.
  • Au quatrième, de toutes ses forces.

 

Ce docteur de la charité en tire la conséquence à partir de l'exégèse des Écritures:

  • Au premier degré, Dieu entre en l'esprit et l'esprit revient sur lui-même.
  • Au deuxième degré, il monte au-dessus de lui-même et s'élève jusqu'à Dieu.
  • Au troisième degré, l'esprit élevé jusqu'à Dieu passe en lui tout entier.
  • Au quatrième degré, il sort à cause de Dieu et descend sous lui-même.

 

Il conclut son texte ainsi:

 

Au premier [degré], [l'esprit] monte jusqu'à lui-même; au deuxième, il se transcende lui-même; au troisième, il est configuré à la clarté divine; au quatrième il est configuré à l'humilité du Christ. Au premier, il est ramené à lui; au deuxième, il est transporté; au troisième, il est transfiguré; au quatrième, il est ressuscité.

 

Parmi ceux qui ont reçu et fait leur profit direct de l'enseignement ricardien sur la charité, il y a Dante...

 

Francis Richard

 

Les Quatre Degrés de la charité, Richard de Saint-Victor, 26 pages, La Pléiade

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26 mai 2024 7 26 /05 /mai /2024 19:45
Pélage (vers 360-420) - L'adversaire de Saint Augustin, d'Aimé Richardt

Après avoir consacré un livre à Saint Augustin, Aimé Richardt, courageusement, en écrit un sur Pélage, son adversaire déclaré.

 

Pourquoi courageusement?

Si la pensée et la théologie de Pélage sont bien connues grâce à ses écrits, il n'en est pas de même de sa vie matérielle.

 

Une fois de plus l'adage romain se vérifie:

Verba volant, scripta manent.

Les paroles s'envolent, les écrits restent.

 

Aussi l'auteur cite-t-il les faits saillants dont on est à peu près sûrs pour établir une chronologie de l'hérésiarque et il se base beaucoup sur les écrits de Pélage et sur ceux de ses adversaires.

 

Quoi qu'il en soit, Pélage serait originaire d'Angleterre, aurait séjourné à Rome pendant environ vingt-cinq années, jusqu'au sac par Alaric, avant de s'enfuir d'abord en Afrique Nord, puis au Proche-Orient, et de mourir en Egypte.

 

Par ses écrits, on sait qu'il a reçu une excellente éducation, qu'il a une connaissance approfondie de la philosophie classique. On sait qu'à Rome il a ses entrées dans la noblesse, comme il aura des amis riches et influents à Jérusalem.

 

Il sera aussi l'adversaire de Jérôme, l'un des trois chefs de l'Église de son temps, avec Augustin et Chrysostome: Jérôme est le plus instruit des trois, mais aussi le plus déplaisant: par exemple, il traitera Pélage de grand chien des Alpes et le comparera à un lutteur corpulent.

 

Quels seront les reproches faits à Pélage, convaincu d'être dans l'orthodoxie et qui feront pourtant de lui un hérésiarque, condamné et excommunié par l'Église?

 

Il n'aurait pas dû enseigner

  • qu'Adam a été créé sujet à la mort
  • que la transmission du péché d'Adam se fait par l'exemple et non pas physiquement
  • que les nouveau-nés naissent dans l'état d'Adam avant son péché tout en ne niant pas l'efficacité du baptême: un enfant peut pécher dès sa naissance
  • que la nature n'est pas corrompue
  • que la grâce est nécessaire au salut mais qu'elle ne l'est pas pour pratiquer la vertu, qui résulte du libre arbitre.

 

Quels sont les critères d'appartenance à l'Église pour Pélage, l'hérésiarque, et pour Augustin, l'orthodoxe? Pélage met l'accent sur le comportement et le mode de vie, Augustin sur la confession et les sacrements.

 

Le pélagianisme subsistera jusqu'à la fin du VIe siècle, sans doute parce qu'il avait une certaine cohérence et qu'il séduisait une certaine élite.

 

Francis Richard

 

Pélage, Aimé Richardt (vers 360-420) - L'adversaire de Saint Augustin, 80 pages, Chez l'auteur

 

Coordonnées de l'auteur:

10, Cour Jérôme-Patret

70800 Dampierre-lès-Conflans

France

Tél.: +33 3 84 49 71 52

 

Livres précédents:

 

Chez François-Xavier de Guibert:

La vérité sur l'affaire Galilée (2007)

Calvin (2009)

Saint François de Sales et la Contre-Réforme (2013)

Jean Huss, précurseur de Luther (2013)

Bossuet, conscience de l'Eglise de France (2014)

Lacordaire - Le prédicateur, le religieux (2015)

 

Chez Artège:

Lamennais le révolté 1782-1854 (2017)

Zwingli le réformateur suisse 1484-1531 (2018)

Montalembert (2020)

Le Catholicisme social en France (1830-1870) (2020)

Saint François Xavier - Le missionnaire (2022)

 

Chez SOTECA:

Saint Vincent de Paul (1561-1660)-Le miséricordieux (2022)

Le saint curé d'Ars (2023)

Saint Augustin (2023)

 

Chez l'auteur:

Saint Thomas d'Aquin (1226-1274)-Le Docteur angélique (2023)

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28 avril 2024 7 28 /04 /avril /2024 22:55
Saint Augustin, d'Aimé Richardt

Augustin d'Hippone, né le 13 novembre 354 à Thagaste (l'actuelle Souk Ahras, Algérie) et mort le 28 août 430 à Hippone (l'actuelle Anaba, Algérie) [...] est l'un des quatre Pères de l'Église occidentale et l'un des trente-six docteurs de l'Église.

 

Rien ne prédisposait Augustin à devenir un saint, encore moins docteur de l'Église. En effet, comme le rappelle Aimé Richardt, il détestait le système scolaire et n'était pas bilingue. S'il possédait le latin, il ignorait le grec. De plus il était naturellement porté sur le beau sexe et vécut d'ailleurs quinze ans avec sa concubine à qui il fit un enfant...

 

Sur le plan religieux, bien qu'élevé par sa mère Monique dans la foi catholique, à 19 ans, il va s'attacher à l'astrologie et devenir proche de la secte de Mani, qui voyait dans le Christ deux figures mythiques:

  • Jésus la Splendeur, être transcendant
  • Jésus cloué à l'immense croix de Lumière qu'était le monde.

 

Augustin enseigne la rhétorique d'abord à Thagaste, de 373 à 374, à Carthage, de 374 à 383. Puis il part pour Rome où il ne reste qu'un an - il y est tombé malade -, avant de se rendre à Milan. Pendant son année romaine et la suivante, il entre dans une période de doute avant de découvrir saint Paul et de rompre définitivement avec le manichéisme, vraisemblablement en 384.

 

Auparavant, grâce à un manichéen influent, il obtient une chaire de rhétorique à Milan, qui devrait être un tremplin pour monter plus haut et y rencontre l'évêque, Ambroise. Car Augustin est ambitieux. Et sa mère, Monique, qui l'a rejoint, favorise son ambition pour qu'il devienne un bon chrétien et fasse un beau mariage. Pour cela, il faut qu'il se sépare de sa compagne, qu'il renvoie en Afrique...

 

Mais il ne se marie pas et connaît une autre femme... Toutefois, chaque dimanche, il écoute les prêches d'Ambroise, si bien que fin 385, début 386, il opère d'abord, la lecture de saint Paul aidant, une conversion de l'intelligence, puis, la raison aidant, une conversion de la volonté.

 

Malgré qu'il en ait, il renonce au mariage et aux caresses des femmes. Il ne désire plus la fortune ni les honneurs. Et, dans la nuit du 24 au 25 avril 387, il reçoit le baptême de la main d'Ambroise. Il décide alors de rentrer en Afrique avec sa mère, qui tombe malade à Ostie et meurt après neuf jours de grande souffrance, à cinquante-six ans.

 

Augustin ne va plus en Afrique, retourne à Rome, où il passe une deuxième année, de 387 à 388, dans la communauté chrétienne et commence une polémique avec les manichéens à qui il en veut d'avoir stérilisé spirituellement ses années de jeunesse.

 

Pendant les années 386, 387 et 388, Augustin lit beaucoup et écrit, notamment trois Dialogues et un traité sur Le libre arbitre. Et, à l'automne 388, ayant renoncé à sa carrière professorale, il retourne à Thagaste, pour y faire retraite.

 

Fin 390 il se rend à Hippone. Ses écrits ont commencé à circuler et sont remarqués. Il assiste aux offices de Valérius, l'évêque du lieu, qui, âgé, lors d'un sermon dit rechercher un prêtre capable de le seconder. L'assistance le désigne alors et il est ordonné prêtre séance tenante...

 

Dès lors Augustin prend la plume contre les manichéens, puis contre les donatistes. À la demande de Valérius, il est élevé à l'épiscopat et devient co-évêque d'Hippone en 395 et, quand Valérius meurt, peu après, il lui succède.

 

Augustin est inlassable: On le croit tout entier occupé à raisonner les donatistes, après avoir réduit les manichéens, et dans le même temps on le voit aussi batailler contre les païens.

 

De même, va-t-il en 411-412 commencer à réfuter Pélage, qui était résolument opposé à la transmission du péché d'Adam. Autrement dit, pour Augustin, le péché originel existe, tandis que, pour Pélage, non. Ce qui change le sort des petits enfants qui meurent non baptisés.

 

Plus tard encore Augustin affrontera Julien d'Éclane, pour qui la mort d'Adam était naturelle et n'était pas la conséquence de son péché. Le péché originel, pour Augustin, ne faisait cependant pas disparaître pour autant le libre arbitre du genre humain: l'homme ne pouvait toutefois sauver son âme seul, sans le secours de la grâce.

 

L'auteur écrit dans son avant-propos:

Dans sa théologie, le poids et l'habitude du péché sont tels que, sans la grâce divine, l'homme ne peut se sauver [...]. Il a été accusé d'avoir favorisé la théocratie de l'Église dans le cadre de ce que certains ont appelé l'augustinisme politique. Nous pensons qu'il est plutôt un des pères de l'individualisme moderne, voire du libéralisme.

 

Puissent ces quelques éléments de la vie et de la pensée d'Augustin inciter à lire ce livre consacré à un saint, un exégète et un théologien pour qui le Christ est descendu sur terre pour sauver le genre humain du péché d'Adam, comme l'enseigne l'Église.

 

Francis Richard

 

Saint Augustin, Aimé Richardt, 168 pages, Éditions SOTECA

 

N.B.

Ce livre peut être commandé chez l'auteur:

10, Cour Jérôme-Patret

70800 Dampierre-lès-Conflans

France

Tél.: +33 3 84 49 71 52

 

Livres précédents:

 

Chez François-Xavier de Guibert:

La vérité sur l'affaire Galilée (2007)

Calvin (2009)

Saint François de Sales et la Contre-Réforme (2013)

Jean Huss, précurseur de Luther (2013)

Bossuet, conscience de l'Eglise de France (2014)

Lacordaire - Le prédicateur, le religieux (2015)

 

Chez Artège:

Lamennais le révolté 1782-1854 (2017)

Zwingli le réformateur suisse 1484-1531 (2018)

Montalembert (2020)

Le Catholicisme social en France (1830-1870) (2020)

Saint François Xavier - Le missionnaire (2022)

 

Chez SOTECA:

Saint Vincent de Paul (1561-1660)-Le miséricordieux (2022)

Le saint curé d'Ars (2023)

 

Chez l'auteur:

Saint Thomas d'Aquin (1226-1274)-Le Docteur angélique (2023)

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14 avril 2024 7 14 /04 /avril /2024 16:00
Dignitas infinita - Déclaration sur la dignité humaine, du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

Cette déclaration rappelle ce qu'est la dignité humaine, qui n'est pas seulement définie par la foi mais par la raison. Elle a été approuvée par le Pape François le 25 mars 2024 et publiée le 2 avril 2024, 19e anniversaire de la mort de saint Jean-Paul II.

 

Quel est l'objet de la Déclaration Dignitas infinita?

 

Une infinie dignité, inaliénablement fondée dans son être même, appartient à chaque personne humaine, en toutes circonstances et dans quelque état ou situation qu'elle se trouve.

 

Pourquoi la Déclaration a-t-elle été jugée nécessaire?

 

La Déclaration cite saint Jean-Paul II, mort dans la dignité, qui, en 1979, lors de la troisième conférence épiscopale latino-américaine, à Puebla, avait déclaré:

 

La dignité humaine est une valeur évangélique qui ne peut être méprisée sans offenser gravement le Créateur. Cette dignité est foulée aux pieds au plan individuel, lorsqu'on ne tient pas dûment compte des valeurs comme la liberté, le droit de professer sa religion, l'intégrité physique et psychique, le droit aux biens essentiels, à la vie... Elle est foulée aux pieds, au plan social et politique, lorsque l'homme ne peut exercer son droit de participation ou est soumis à des contraintes illégitimes, ou à des tortures physiques, psychiques, etc.

 

La dignité a plusieurs sens, mais le plus important est celui de la dignité ontologique qui concerne la personne en tant que telle par le simple fait d'exister et d'être voulue, créée et aimée par Dieu.

 

La personne?

 

En tant que "substance individuelle", la personne jouit d'une dignité ontologique (c'est-à-dire au niveau métaphysique de l'être lui-même): c'est un sujet qui, ayant reçu de l'existence de Dieu, "subsiste", autrement dit exerce l'existence de manière autonome.

 

Qu'est-ce qui caractérise la dignité humaine?

 

  • Elle est intrinsèque à la personne: elle n'est pas conférée a posteriori, elle est antérieure à toute reconnaissance et ne peut être perdue.
  • Elle provient de l'amour de son Créateur.
  • Elle est inestimable, puisque, pour s'unir à tout être humain, le Christ s'est incarné.
  • Elle n'est pas seulement liée à ses origines mais à sa fin qui est d'être en communion avec Dieu pour le connaître et pour l'aimer.
  • Elle peut atteindre son niveau le plus haut par la liberté de l'être humain à laquelle son image de Dieu est confiée et qui, sous la direction et l'action de l'Esprit, peut faire grandir sa ressemblance avec Lui.
  • Elle ne peut qu'être blessée ou obscurcie par le péché, mais celui-ci ne peut jamais effacer le fait que l'être humain a été créé à l'image de Dieu: c'est pourquoi la foi contribue de manière décisive à aider la raison dans sa perception de la dignité humaine, et à en accueillir, consolider et préciser les traits essentiels.

 

Et les droits et devoirs de l'homme?

 

La dignité humaine en est le fondement:

 

  • Le respect de la dignité humaine est inconditionnel parce qu'elle est intrinsèque: elle ne dépend pas du jugement sur la capacité d'une personne à comprendre et à agir librement.
  • La dignité humaine ne justifie pas la multiplication arbitraire de nouveaux droits: c'est une référence objective pour la liberté humaine.
  • La dignité humaine ne se limite pas à la capacité de décider discrétionnairement de soi-même et de son propre destin, indépendamment de celui des autres, sans tenir compte de son appartenance à la communauté humaine. 

 

Le libre arbitre ?

 

Si la liberté est un merveilleux cadeau du ciel, elle ne peut s'exercer, sous peine de se fourvoyer, loin de Dieu et sans son aide: Le libre arbitre préfère souvent le mal au bien. Aussi, pour qu'une véritable liberté soit possible, la dignité humaine doit-elle être replacée au centre.

 

Quelques violations graves de la dignité humaine:

 

  • Le drame de la pauvreté: le document l'attribue, à tort, à l'inégale répartition des richesses, car ce n'est pas l'inégalité qui est en cause, mais la prédation de certains aux dépens des autres, notamment dans le cas de l'État-providence qui est une singerie de la Providence. Réduire les coûts du travail n'est pas une mauvaise chose en soi, comme le pensent les auteurs du document, surtout quand il s'agit de coûts induits par l'État actif (pour reprendre l'expression de Pape François), qui se taille la part la plus belle, car c'est de son intervention que résulte directement le chômage.
  • La guerre: Avec son cortège de destructions et de douleurs, la guerre porte atteinte à la dignité humaine à court et à long terme. C'est pourquoi toutes les guerres accroissent les problèmes et ne les résolvent pas. Qui plus est, le document cite, à raison, le Pape François: La guerre au nom de la religion devient une guerre à la religion elle-même.
  • Le travail des migrants: Les migrants sont parmi les premières victimes des multiples formes de pauvreté. Certes, mais à qui la faute? Le document ne pose pas cette question essentielle et personne, respectueux de la dignité humaine, ne niera qu'il faut voir en eux des personnes humaines.
  • La traite des personnes humaines
  • Les abus sexuels
  • Les violences contre les femmes

 

À cette liste de violations graves de la dignité humaine, le document ajoute celles dues à ce qu'il faut bien appeler le progressisme sociétal, expression que le document n'emploie pas, mais qui revient à ne pas reconnaître le caractère intrinsèque de la dignité de tout être humain, qui vaut depuis le moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle:

 

  • L'avortement:

Dans le cas de l'avortement, on observe le développement d'une terminologie ambiguë, comme celle "d'interruption de grossesse", qui tend à en cacher la véritable nature et à en atténuer la gravité dans l'opinion publique [...] Mais aucune parole ne réussit à changer la réalité des choses: l'avortement provoqué est le meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué, d'un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance. Au regard de la foi, c'est une offense au Créateur de l'homme.

  • La gestation pour autrui:

L'enfant, immensément digne, devient un simple objet.

  • L'euthanasie et le suicide assisté:

Il faut réaffirmer avec force que la souffrance ne fait pas perdre à la personne malade la dignité qui lui est propre de manière intrinsèque et inaliénable, mais qu'elle peut devenir une occasion de renforcer les liens d'appartenance mutuelle et de prendre conscience de la valeur de chaque personne pour l'ensemble de l'humanité.

Il est certain que la dignité de la personne malade dans un état critique ou terminal exige de chacun les efforts appropriés et nécessaires pour soulager ses souffrances par des soins palliatifs appropriés et en évitant tout acharnement ou toute intervention disproportionnée.

[...]

La vie est un droit, non la mort, celle-ci doit être accueillie, non administrée.

  • La mise au rebut des personnes handicapées

Tout être humain, quelle que soit sa condition de vulnérabilité, reçoit sa dignité du fait même qu'il est voulu et aimé par Dieu.

  • Théorie du genre:

elle est très dangereuse parce qu'elle efface les différences dans la prétention de rendre tous égaux. [...] Elle nie la plus grande différence possible entre les êtres vivants: la différence sexuelle. [...] La plus belle et la plus puissante: elle réalise, dans le couple homme-femme, la plus admirable réciprocité et est donc à l'origine de ce miracle qui ne cesse de nous étonner, à savoir l'arrivée de nouveaux êtres humains dans le monde.

  • Changement de sexe:

Toute intervention de changement de sexe risque, en règle générale, de menacer la dignité unique qu'une personne a reçue dès le moment de la conception.

  • Violence numérique:

Il est nécessaire de s'assurer constamment que les formes de communication actuelles nous orientent effectivement vers une rencontre généreuse, vers la recherche sincère de la vérité intégrale...

 

Conclusion

 

Le respect de la dignité de chaque personne est [...] la base indispensable à l'existence même de toute société qui se veut fondée sur le droit juste et non sur la force du pouvoir. C'est sur la base de la reconnaissance de la dignité humaine que sont défendus les droits fondamentaux de l'homme, qui précèdent et fondent toute coexistence civilisée.

 

Francis Richard

 

Dignitas infinita, Dicastère pour la Doctrine de la Foi, 84 pages, Téqui (sortie le 24 avril 2024)

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24 mars 2024 7 24 /03 /mars /2024 18:00
Saint Thomas d'Aquin (1226-1274) - Le docteur angélique, d'Aimé Richardt

Résumer l'essentiel de la vie et de l'oeuvre de Saint Thomas d'Aquin relevait de la gageure. Aimé Richardt y est parvenu, avec son expérience des biographies de saints et de religieux.

 

Cette année est celle du sept-cent-cinquantième anniversaire de la mort du Docteur angélique et celle des nonante ans de la naissance de son biographe, devenu un de mes auteurs familiers.

 

Il serait vain de résumer à mon tour son résumé magistral. Aussi ne retiendrai-je que quelques traits qui m'ont fait souvenir de l'enseignement thomiste dispensé par Louis Millet ...

 

À Cologne, Thomas s'est imprégné de la pensée d'Albert, son maître en théologie; le surnom de boeuf muet lui est alors donné par ses condisciples, car c'était un homme massif et silencieux.

 

Humble, il ne voulait pas recevoir le titre de Docteur de l'Université de Paris, mais une vision céleste le fit triompher de sa répugnance et lui soumit son sujet de thèse, un verset biblique:

 

De vos sommets vous arroserez les montagnes, et la terre sera rassasiée du fruit de vos oeuvres.

 

Son biographe commente: Le texte qui venait de lui être indiqué offrait matière aux plus heureux développements. Il ajoute qu'il était facile1 d'en faire l'application au Verbe incarné:

 

Du trône de sa majesté [il] arrose des torrents de sa gloire les montagnes, c'est-à-dire les esprits célestes, et rassasie en même temps la terre, c'est-à-dire l'Église militante, du fruit de ses travaux et de sa mort.

 

La méthode de Thomas, dans sa Somme contre les gentils2, est de convaincre l'adversaire non pas par argumentation mais en réduisant à rien ses arguments contraires à la vérité de la foi:

 

Cette manière de convaincre celui qui s'oppose à une telle vérité se tire de l'Écriture, divinement confirmée par des miracles. Ce qui dépasse la raison humaine, nous ne le croyons en effet que sur une révélation de Dieu. 

 

Comment faire son salut? Thomas, dans son Compendium théologiae, livre peu connu, explique, par la parole brève, reprise à Saint Paul, en quoi consiste la perfection en cette vie:

  • connaître la vérité (la foi)
  • poursuivre une juste fin, c'est ce que le Seigneur nous apprend par les demandes du Pater (l'espérance)
  • observer la justice, résumée par l'unique commandement de la charité.

 

Jean-Paul II, dans sa lettre encyclique Fides et ratio, écrivait que la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité.

 

Avant lui, Thomas ne disait pas autre chose et proposait donc cinq voies qui conduisent à conclure, par l'exercice de la raison, à l'existence d'un être que tout le monde appelle Dieu:

 

Elles reposent sur la distinction3 entre ce que Dieu est pour nous (par exemple Dieu en tant que créateur du monde) et ce qu'il est en lui-même, ce qui est impossible à connaître intégralement en ce monde, car en raison de sa perfection suprême, il est au-delà de ce que la créature peut connaître par elle-même.

 

Francis Richard

 

1 - Je n'aurais pas employé ce qualificatif...

2 - Errants, païens, musulmans, juifs, hérétiques.

3 - Il faisait aussi la distinction entre la raison naturelle et la raison éclairée par la Révélation (Écriture et Tradition).

 

Saint Thomas d'Aquin, Aimé Richardt, 76 pages, Chez l'auteur

 

Coordonnées de l'auteur:

Aimé Richardt

10 Varigney

70800 Dampierre lès Conflans

France

Tél.: +33 3 84 49 71 52

E-mail: contact@inlandeurope.eu

 

Livres précédents:

 

Chez François-Xavier de Guibert:

La vérité sur l'affaire Galilée (2007)

Calvin (2009)

Saint François de Sales et la Contre-Réforme (2013)

Jean Huss, précurseur de Luther (2013)

Bossuet, conscience de l'Eglise de France (2014)

Lacordaire - Le prédicateur, le religieux (2015)

 

Chez Artège:

Lamennais le révolté 1782-1854 (2017)

Zwingli le réformateur suisse 1484-1531 (2018)

Montalembert (2020)

Le Catholicisme social en France (1830-1870) (2020)

Saint François Xavier - Le missionnaire (2022)

 

Chez SOTECA:

Saint Vincent de Paul (1561-1660)-Le miséricordieux (2022)

Le saint curé d'Ars (2023)

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3 novembre 2023 5 03 /11 /novembre /2023 20:35
Le temps des saints, de Mgr Marc Aillet

L'Église n'est pas une institution humaine comme les autres. Deux mots la définissent: mystère et sacrement:

L'Église est le corps mystique du Christ, un organisme vivant dont la tête est le Christ, l'âme est l'Esprit Saint, et dont nous sommes les membres.

 

Pour répondre à la crise qu'elle connaît, l'Église n'a pas besoin de réformateurs mais de saints (c'est ce qu'écrivait Georges Bernanos dans La vocation spirituelle de la France):

Qu'est-ce que la sainteté? C'est le souci d'appartenir à Dieu par toute ma vie. Je suis invité à prendre conscience que, par mon baptême, j'appartiens à Dieu et que toute ma vie est appelée à être transformée par la grâce, qui est à la fois un don et une tâche à accomplir.

 

La sainteté n'est pas réservée à une élite de héros, mais bien à de pauvres pécheurs. Car nous sommes tous pécheurs:

Pas de miséricorde sans péché et pas de sainteté sans miséricorde!

 

C'est pourquoi l'Église doit parler des exigences de l'Évangile et donc du péché, par lequel l'humanité est blessée, et donner les moyens de se conformer progressivement à ces exigences:

Dieu croit en l'homme. Jésus a confiance en nous. Il sait qu'avec la grâce du baptême et la force de l'Esprit, nous pouvons entamer un chemin de conversion.  

 

Nous ne devons pas oublier que ce chemin de conversion ici-bas a pour destination le royaume des Cieux et que le salut des âmes est la loi suprême dans l'Église.

 

Aussi l'Église ne doit-elle pas chercher à nous rassurer et doit-elle parler de paradis, d'enfer et de purgatoire, faire de la liturgie le lieu efficace, par le sacrifice de Jésus, de notre pèlerinage vers la patrie céleste, encouragés que nous sommes par la multitude des anges et des saints qui nous accompagnent sur ce chemin parfois ardu.

 

Tous les baptisés, laïcs, consacrés et prêtres, participent au sacerdoce commun du Christ, par la médiation duquel ils sont appelés à offrir des sacrifices spirituels à Dieu. Mais les prêtres exercent un sacerdoce distinct, apostolique et ministériel, ordonné au sacerdoce commun comme celui-ci lui est ordonné, et ont trois pouvoirs inséparables, qui ne peuvent être répartis:

  • le pouvoir d'enseigner
  • le pouvoir de sanctifier par les sacrements
  • le pouvoir de gouverner ou de conduire le troupeau de Dieu.

 

Par le sacrement de l'ordre, le prêtre est configuré ontologiquement au Christ. Il est mis à part, mais n'est pas séparé. La parole lumineuse de saint Augustin explicite cette place: Pour vous, je suis évêque; avec vous, je suis chrétien.

 

Comme tous les baptisés, le prêtre est appelé à la sainteté. Pour y parvenir, il doit consacrer du temps à sa vie intérieure, qui doit primer sur les oeuvres; il doit donc prier, annoncer le salut, professer la foi et porter sa croix:

  • Le prêtre est célibataire comme le Christ: Le célibat pour le Royaume fait partie intégrante du chemin de sainteté du prêtre.
  • Le prêtre est père: Être "père", n'est-ce pas précisément engendrer, en particulier susciter des vocations, donner envie à des jeunes de donner leur vie pour s'unir au Christ par la prière et annoncer l'Évangile?

 

Comme tous les baptisés, les laïcs sont appelés à la sainteté, mais ils ne le peuvent que s'ils sont formés, qu'ils soient petits ou grands:

Dans la tradition de l'Église, cela se fait de deux manières: par le kérygme, c'est-à-dire l'annonce du Christ mort et ressuscité, pour nous sauver et nous donner la vie, et la didachè, c'est-à-dire l'approfondissement par l'enseignement.

 

La morale que l'Église enseigne n'est pas une morale de l'obligation, où la loi joue un rôle régulateur pour contraindre une liberté. Elle n'est pas non plus une morale de conscience, où l'homme cherche à s'affranchir du carcan de la loi, comme de toute autorité

 

La morale que l'Église enseigne découle de la conception chrétienne de la liberté, héritée de saint Thomas d'Aquin:

Elle ne précède pas la nature humaine, mais s'enracine en elle, et plus particulièrement dans ses deux facultés spirituelles qui la spécifient, l'intelligence et la volonté.

[...]

Le premier sentiment moral n'est pas le devoir, comme l'a théorisé de manière abstraite Emmanuel Kant, mais le désir du bonheur qui est la vraie source de l'agir libre.

 

La morale que l'Église enseigne découle de la loi naturelle, qui exprime sous forme de préceptes, les inclinations naturelles qui disent l'inclination au Bien et donc l'aspiration au bonheur qui est inscrite dans le coeur de tout homme. Ces préceptes, contenus dans le Décalogue, orientent de l'intérieur et non de l'extérieur, la liberté de l'homme.

 

La morale que l'Église enseigne est une morale de perfection qui recherche le bien le meilleur auquel l'homme est incliné par nature, précisément parce qu'il a été créé à l'image de Dieu - ad imaginem Dei, où la préposition ad indique en effet, en latin, un mouvement vers -, pour ressembler à Dieu.

 

La morale que l'Église enseigne s'oppose à la destruction de l'humanité par des lois dites sociétales, qui sont votées au nom d'une liberté faisant fi de l'être corporel, rejeté en marge de la personne, comme d'un matériau disponible à mon libre choix, au nom d'un dualisme entre l'âme et le corps:

Mon corps est le signe que je suis un être créé, et donc limité, ce que précisément la culture actuelle dénie. En outre, on ne peut pas séparer le corps de l'esprit, l'homme est "un de corps et d'âme"1 - je suis mon corps comme je suis mon âme.

 

La morale que l'Église enseigne se trouve dans Le sermon sur la montagne (Mathieu 5.1-7.29), qui est la charte parfaite de la vie chrétienne et le programme complet de sainteté. Elle est intemporelle, elle est le contraire du relativisme d'aujourd'hui:

 

C'est le temps des saints qui seul peut nous disposer au temps qui vient.

 

Priant pour que ce temps advienne, Mgr Marc Aillet n'a pas peur de dire la vérité, avec autorité; il n'est pas complaisant, comme les mauvais bergers d'Israël que le prophète Isaïe (56, 10-11) traitait de chiens muets, incapables d'aboyer: à bout de souffle, allongés, ils aiment somnoler.

 

Francis Richard

 

1 - Constitution pastorale Gaudium et Spes n.14.

 

Le temps des saints, Mgr Marc Aillet, 320 pages, Artège

 

Livre précédemment chroniqué chez le même éditeur:

 

La charité du Christ nous presse, 224 pages (2010)

 

Messes célébrées par Mgr Aillet auxquelles j'ai assisté:

 

Toussaint 2009 à Biarritz

Pâques 2019 à Saint-Jean-de-Luz

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30 août 2023 3 30 /08 /août /2023 19:50
Savonarole, d'Aimé Richardt

Jérôme Savonarole (1452-1498) est un religieux condamné par l'Église pour schisme et instauration d'un régime théocratique à Florence. Des catholiques lui accorderont respect, confiance, voire admiration; des protestants, tels que Luther, verront en lui un éminent précurseur de la Réforme.

 

C'est son histoire qu'Aimé Richardt raconte dans ce livre en en restituant le contexte. Il en ressort que les moeurs de l'Église sont contraires à son enseignement, jusques au sommet de la hiérarchie, et que Jérôme Savonarole va s'insurger contre, à partir du moment où il en fera lui-même partie.

 

Ce qui frappe dans cette époque de chrétienté, c'est l'intolérance des uns et des autres qui n'est pas sans rappeler ce que nous vivons dans la nôtre, où des mots sont des appels à des actes qui nous choquent parce que, du moins à ma génération, nous avons appris à les trouver répréhensibles.

 

À lire cette biographie, il est difficile de prétendre que Savonarole ait commis des actes condamnables. Il n'est pas de ceux qui disent de faire ce qu'ils ne font pas eux-mêmes. À ce point de vue, sa vie est irréprochable. Mais ce qu'il dit n'est pas toujours crédible, est dur, parfois contradictoire.  

 

Après des études universitaires, il reçoit l'appel de Dieu en mai 1474 et quitte la maison paternelle sans guère d'explications, un peu moins d'un an plus tard, en avril 1475, pour se rendre au couvent dominicain de Bologne, où il revêt l'habit des mains du prieur et se forme pendant sept ans.

 

Depuis ses 20 ans, Jérôme écrit des poèmes. Il continuera cette activité pendant toute sa vie, ce qui démontre qu'il a une bonne culture. À chaque grande occasion, il en compose, mais ce sont ses prêches qui vont, peu à peu, retenir l'attention, mû par une illumination qu'il aurait eu à 22 ans.

 

Dès lors il prophétise qu'un fléau s'abattra sur l'Église si elle ne s'amende pas et n'opère une profonde réforme... Il y a à cela sept raisons: la criminalité, la luxure et l'idolâtrie, les mauvais bergers, les faux prophètes, la diminution de la foi, la décrépitude de l'Église et le mépris des saints.

 

Écarté pendant un temps du couvent dominicain de Florence, après avoir été à Bologne, Ferrare et en Lombardie, il y retourne en 1490, à l'invitation de Laurent le Magnifique, sous les instances de Giovanni Pic de la Mirandole. Il y donne des leçons sur l'Apocalypse au grand retentissement.

 

Son destin bascule après sa prédication du 27 avril 1791, où il se montre d'une rare véhémence. Les pauvres et les opprimés y trouvent la justification de leur mécontentement tandis qu'elle indiffère les riches et que Laurent le Magnifique se sent visé et ne lui oppose qu'un piètre prédicateur.

 

Après la mort de Laurent le Magnifique, devenu prieur du Monastère Saint Marc, Jérôme Savonarole se fait prophète non plus sur la base des Écritures mais sur les révélations qu'il se persuade que Dieu lui ferait directement, tout en prétendant que l'Ancien Testament reste la source de ses visions.

 

Après l'élection du pape Alexandre VI, la chute des Médicis, la nouvelle vision qu'il décrit en chaire le 1er avril 1495, tout va changer pour Jérôme Savonarole dont d'aucuns mettront alors en cause la bonne foi. Ses attaques contre le pape lui vaudront excommunication et défections de partisans.

 

Lui qui avait été saisi d'une rage punitive (bûcher pour les sodomites, extirpation des mauvais prêtres, enfermement des prostituées au bordel, lourdes amendes pour les joueurs, percement de la langue des blasphémateurs, interdiction des bals, etc.) finira pendu et brûlé après avoir été torturé.

 

Après s'être rendu aux autorités civiles qui menaçaient de mettre le feu à son couvent, il avoua sous la torture que son but était la gloire, le crédit et la réputation. C'était un reniement total de l'oeuvre de sa vie. Seul un de ses deux compagnons, arrêtés avec lui, et torturés, ne l'aura pas renié.

 

L'Inquisition les condamnera comme hérétiques et schismatiques, les remettra au bras séculier qui doit les exécuter par pendaison: leurs corps devront ensuite être brûlés afin que le feu purifie la terre de leur passage, et leurs cendres dispersées pour effacer toute trace de leur passage sur la terre.

 

Il ne faut jamais oublier le contexte, ni juger avec les yeux d'aujourd'hui. Mais l'on ne peut s'empêcher de faire des rapprochements avec un autre épisode de l'histoire, la Révolution française, où des mots, suivis d'actes, ce qui ne peut être reproché à Savonarole, se sont retournés contre leurs auteurs.

 

Francis Richard

 

Savonarole, Aimé Richardt, 154 pages, SOTECA (sortie le 30 août 2023)

 

Livres précédents:

 

Chez François-Xavier de Guibert:

La vérité sur l'affaire Galilée (2007)

Calvin (2009)

Saint François de Sales et la Contre-Réforme (2013)

Jean Huss, précurseur de Luther (2013)

Bossuet, conscience de l'Eglise de France (2014)

Lacordaire - Le prédicateur, le religieux (2015)

 

Chez Artège:

Lamennais le révolté 1782-1854 (2017)

Zwingli le réformateur suisse 1484-1531 (2018)

Montalembert (2020)

Le Catholicisme social en France (1830-1870) (2020)

Saint François Xavier - Le missionnaire (2022)

 

Chez SOTECA:

Saint Vincent de Paul (1561-1660)-Le miséricordieux (2022)

Le saint curé d'Ars (2023)

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27 août 2023 7 27 /08 /août /2023 22:55
L'Apocalypse de Saint Jean, de Louis Lafont

Apocalyptique:

  • 1. Relatif aux apocalypses en général, ou à l'Apocalypse de saint Jean.
  • 2. Qui évoque la fin du monde ; épouvantable : La guerre atomique serait apocalyptique.

 

Larousse

 

Il est scandaleux que le mot "Apocalyptique" ait pris dans le langage et dans les dictionnaires le sens de "terrifiant". Cela prouve que le "monde" , pris dans l'acception que Jésus a souvent employée, se méprend sur les plus claires promesses de Dieu.

 

Louis Lafont

 

Il faut lire ou relire L'Apocalypse de Saint Jean pour se convaincre qu'il s'agit au contraire d'un livre d'espérance dont la première partie est consacrée à ce qui est au temps de Saint Jean et la seconde à ce qui doit arriver après cela, c'est-à-dire le retour en gloire du Christ.

 

Comme Saint Jean, dans ce livre difficile, rapporte telles quelles, visions et Parole que Dieu lui a données à Patmos, il convient non pas de leur donner d'interprétations personnelles mais de simples éclaircissements fournis par d'autres passages de l'Écriture Sainte.

 

Louis Lafont, dans cette auto-édition, déposée en 1975 à la Librairie Téqui et revêtue de l'imprimatur du diocèse de Paris, a donc accompagné chacun des versets des vingt-deux chapitres de ce 73e livre de la Bible de brèves annotations avec leurs références bibliques.

 

Ce qui est remarquable dans ce travail d'érudition, c'est l'honnêteté de celui qui s'y est livré. En effet, plutôt que d'imaginer comment interpréter tel ou tel verset obscur - et il y en a -, l'auteur reconnaît alors humblement qu'il ne sait pas quel sens objectif il faut lui donner:

 

N'affirmons pas plus que nous ne savons.

 

Il est important aussi de noter que la période du retour en gloire du Christ1 est une chronologie non datée mais continue et que le texte ne dit pas quand il adviendra; on sait seulement que des événements rapides le précéderont et qu'il sera d'une grande soudaineté:

 

Il ne faut y chercher, au sens propre, ni l'histoire du monde ni l'Histoire de l'Église, mais les événements relatifs au grand Retour.

Cela n'empêche pas qu'il puisse y avoir, au cours de l'histoire, des préfigurations de ces événements. L'imagination peut s'exercer sur ces préfigurations à condition de n'y voir que des préfigurations.

 

L'Apocalypse est Révélation. Saint Jean a reçu réellement les visions et la Parole que Jésus-Christ lui a transmises. Il n'a rien inventé, n'a rien imaginé, ne s'est inspiré d'aucunes traditions. Il les a reçues parce qu'il était un serviteur de Dieu, en qui Il avait confiance.

 

L'Apocalypse est une prophétie au sens biblique. Ce n'est pas une simple prédiction. Ce qui est annoncé n'est donc pas totalement irrévocable: c'est pourquoi, mystérieusement, elle laisse sa place à la liberté humaine qui n'empêche pas Dieu de réaliser ses desseins.

 

Son message, adressé aux serviteurs de Dieu, est de les éclairer, non pas de les plonger dans la perplexité ou dans la terreur; de leur montrer l'urgence de [leur] conversion et de [leur] engagement personnel, car seules la foi et la miséricorde divine les sauveront.

 

À la fin de l'Apocalypse, Jean écrit: Et je vis un ciel et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer il n'y a plus désormais. (21,1). Louis Lafont fait ce commentaire, à dédier aux adeptes de la religion écologiste, cette pitoyable singerie:

 

Quant à savoir si la destruction de la terre sera causée par l'action des hommes cela ne semble pas probable, bien que l'homme puisse lui-même la ravager. Seul, Dieu semble pouvoir y mettre un terme.

 

Francis Richard

 

1 - La Parousie

 

L'Apocalypse de Saint Jean, Louis Lafont, 88 pages, Librairie Téqui

 (1975)

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15 août 2023 2 15 /08 /août /2023 20:40
Sublimitas et miseria hominis, de Pape François

Nous sommes plus grands que nous ne pouvons le saisir, et en même temps nous gardons une capacité d'injustice, de mensonge et de cruauté que nous ne pouvons sonder.

 

C'est en ces termes que, dans sa préface, Pierre Manent commente le titre de la Lettre apostolique pour le quatrième centenaire de la naissance de Blaise Pascal de Pape François, qui est parue le 19 juin 20231.

 

Grandeur et misère de l'homme, telle est la traduction en français du titre de cette lettre, surprenante de la part d'un pape qui pourrait pourtant s'opposer au pourfendeur de la Societas Jesu à laquelle il appartient.

 

Pape François est en effet plus lucide quand il traite de religion, son domaine de compétences, que quand il se mêle d'affaires purement humaines, qu'il s'agisse de science ou d'économie, où, moins grand, il s'égare...

 

Pascal était d'une intelligence prodigieuse: en dehors des visées de l'amour il n'y a pas de vérité qui vaille; c'est l'Esprit Saint qui nous libère et c'est bien pourquoi la religion chrétienne nous fait connaître le vrai bien.

 

Pascal avait l'esprit de géométrie qui permet de comprendre le fonctionnement des choses dans leur détail et, à la fois, de reconnaître les limites de l'intelligence et de s'ouvrir aux raisons surnaturelles de la Révélation.

 

Ces limites sont celles des philosophes grecs dont il admirait la sagesse, mais qui, faute d'appréhender la réalité, qui est supérieure à l'idée, ne pouvaient que conduire les stoïciens à l'orgueil, les sceptiques au désespoir.

 

La condition humaine est tragique. Aussi avons-nous besoin de nous divertir, mais cela n'apaise ni ne comble notre grand désir de vie et de bonheur. Seule la Révélation apporte la réponse rationnelle à nos contradictions.

 

Il faut faire preuve d'humilité autant que de courage pour L'accueillir. Pour découvrir Dieu - elle n'aura jamais fini de le faire -, la raison doit être illuminée par la grâce, comme ce fut le cas pour lui le 23 novembre 1654.

 

Pascal avait l'esprit de finesse, qui permet de saisir la réalité, tout d'un coup. Il l'appelle aussi le coeur. Le coeur spirituel, la charité, permet d'accéder aux vérités divines qui ne sont pas démontrables par la raison.

 

À la fin de sa lettre, Pape François évoque sa belle Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies. Elle est celle, dit-il, d'un homme pacifié qui ne se situe plus dans la controverse ni dans l'apologétique.

 

Sans doute est-ce pourquoi Pape François, tout jésuite qu'il est, ne cherche pas à polémiquer sur l'engagement de Pascal aux côtés des Jansénistes et préfère terminer sa lettre par ce souhait empreint de conciliation:

 

Puissent son oeuvre de lumière et les exemples de sa vie si profondément baptisée en Jésus-Christ, nous aider à parcourir jusqu'au bout le chemin de la vérité, de la conversion et de la charité. 

 

Francis Richard

 

1 - Blaise Pascal est né le 19 juin 1623 à Clermont.

 

Sublimitas et miseria hominis, Pape François, 56 pages, Pierre TÉQUI éditeur

 

Autres textes de Pape François:

Laudato Si' (2015)

À la jeunesse (2016)

Traditionis custodes (2021)

 

Sur Pascal:

Pascal et la proposition chrétienne, Pierre Manent, 432 pages, Grasset (2022)

 

De Pascal:

L'esprit de géométrie et l'esprit de finesse

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31 juillet 2023 1 31 /07 /juillet /2023 22:55
Le mystère du mal, de Louis Millet

Dans ce livre, malheureusement épuisé, mais qui pourrait se trouver en chinant chez les bouquinistes des quais de Paris, s'ils ne disparaissent pas du fait du Prince, Louis Millet traite du mal, du Mystère du mal, la question essentielle, la plus grave de toutes.

 

Avec Aristote et Saint Thomas d'Aquin, Millet définit le mal comme étant une privation, la privation de ce qui est bien ou bon. Le mal est-il pour autant une nécessité naturelle? Non. D'ailleurs ses formes les plus graves sont causées par des actions humaines.

 

Les actions humaines résultent de choix. Les hommes sont en puissance d'agir bien ou mal. Cette possibilité est une condition nécessaire mais insuffisante pour être libre. On ne l'est pas vraiment quand on se laisse entraîner par l'opinion, la passion, l'émotion:

 

La vraie liberté consiste à choisir le vrai bien.

 

LES ASPECTS DU MAL

 

Les souffrances et douleurs:

- Les douleurs du corps sur lesquels peuvent agir les calmants, influer le psychisme, la manière de vivre, la connaissance du fonctionnement du corps, l'abandon spirituel de certains.

- Les douleurs morales, les tortures passives, qui peuvent conduire d'aucuns à des extrémités par désespoir ou être surmontées par d'autres dans la vie d'union à Dieu, d'abandon à Dieu.

 

Les fautes et péchés:

- Les fautes sont des violations de règles morales.

- Les péchés des offenses faites à Dieu.

 

Le mal vivre et le bien vivre:

- Le mal vivre, c'est vivre contre la nature de l'homme qui est un être en relation: c'est l'individualisme fermé.

- Le bien vivre, c'est vivre avec les autres, pour autrui, le contraire du pour soi sartrien: c'est l'ouverture à la réalité (du monde et des personnes). 

 

LA RACINE SPIRITUELLE DE NOS MAUX

 

Ce qui est à l'origine des maux, ce sont:

- L'orgueil, c'est-à-dire la certitude de son excellence, ne pas voir ce qui est mauvais en soi-même.

- La superbe, c'est-à-dire se croire au-dessus des autres, se faire Dieu, se fermer aux avis et aux conseils.

 

La vertu d'humilité, qui est soumission de l'homme à Dieu, permet au contraire de connaître sa limite.

 

L'Agneau de Dieu, doux et humble de coeur, est absolument autre que l'orgueilleux:

L'acceptation libre de la Passion et de la Crucifixion est essentiellement un acte d'Amour parfait de Jésus, pour son Père et pour nous.

 

Cette humilité ne peut se comprendre par la raison: la Croix est une sublime folie. Y sont unis justice et miséricorde:

- Le Christ a satisfait pour le péché du genre humain.

- Les hommes ne pouvaient pas par eux-mêmes satisfaire pour cette masse de péchés de l'humanité.

 

LE PÉCHÉ ORIGINEL

 

Le péché originel est un mystère. Mais, comme le dit Pascal:

L'homme est plus inconcevable sans ce mystère que ce mystère n'est inconcevable à l'homme.

 

Le péché originant, le péché personnel d'Adam et Ève, est la transmission à la nature humaine d'un état déchu. Le péché originé est contracté, non commis: c'est l'état de l'humanité en chacun de nous, non un acte personnel.

 

Le mystère du mal continue: Satan est vaincu par le Christ, mais il n'est pas anéanti.

 

Suivre le Christ, obéir à Dieu, consiste non pas à décider du bien et du mal, mais à distinguer le mal du bien, à savoir que ce qui est mal est mal, et, pour ce faire, ne pas se laisser séduire, fuir les occasions du péché.

 

CONCLUSIONS

 

Dieu tout-puissant et miséricordieux permet que des actions mauvaises soient faites, parce que leurs auteurs sont libres; il donne son Fils unique, incarné, pour que nous soyons sauvés de tout cet océan de péchés, y compris le péché originel qui est l'opposition première, gravissime, à l'amour divin.

[...]

"Dieu n'est pas venu supprimer la souffrance. Il n'est même pas venu l'expliquer, il est venu la remplir de sa présence."

Paul Claudel

[...]

C'est l'Église qui nous sauve et non l'inverse.

 

Francis Richard

 

Le mystère du mal, Louis Millet, 134 pages, Sicre Éditions Paris (2000)

 

Livre de Louis Millet précédemment chroniqué:

 

La métaphysique en toute simplicité, 190 pages, Pierre Téqui

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29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 20:50
Le saint curé d'Ars, d'Aimé Richardt

Jean-Marie Vianney naît le 8 mai 1786 à Dardilly, commune de la région lyonnaise. Il est le quatrième enfant d'une famille qui en comptera six.

 

À dix-huit ans, il annonce à son père qu'il veut devenir prêtre, mais, à l'époque, cela signifie pratiquer le latin. Or le latin est un supplice pour lui.

 

En 1809, pour échapper à la conscription, il déserte et ne revient qu'en 1811. Il est admis au séminaire en 1812 et ordonné prêtre en août 1815.

 

Il n'a donc pas été facile ni rapide à Jean-Marie d'accéder à la prêtrise. Nommé vicaire à Écully, il voit très vite son confessionnal assiégé.

 

La raison de cette ferveur est qu'il est un homme de foi et que celle-ci rayonne dans ses instructions aux enfants et lorsqu'il monte en chaire.

 

Au décès du curé d'Écully, il ne lui succède pas et est nommé à Ars-en-Dombes, où il s'installe le 13 février 1818 et y poursuit son apostolat.

 

Là encore les fidèles se pressent à son confessionnal. N'est-ce pas parce qu'il est un confesseur sévère et que, quand il prêche, il est concret?

 

L'église est délabrée? Il la restaure. Son âme est assaillie par le grappin? Il fait pénitence et ses armes pour le combattre sont le jeûne et la prière.

 

Ses pénitents doivent être humbles: l'orgueil est la chaîne de chapelet de tous les vices, être confiants et ne pas douter de la miséricorde de Dieu.

 

Il dépense ce qu'il reçoit pour l'embellissement, et le renouvellement, de ce qu'il appelle le ménage du Bon Dieu, et l'aide à ses paroissiens pauvres.

 

En 1824, sous sa férule, une école gratuite ouvre dont les élèves sont d'abord les filles de la région, puis les filles abandonnées des environs.

 

Ce succès du curé d'Ars ne va pas sans calomnies proférées contre lui, mais elles n'aboutissent pas. Il reste pour ne pas leur donner raison.

 

Les foules qui viennent se confesser à lui suscitent jalousies et médisances de la part de confrères, mais leur conversion seule lui importe:

 

Je leur donne une petite pénitence et fais le reste à leur place.

 

La confession, décriée à l'époque par un Jules Michelet, est pourtant ce qui caractérise le curé d'Ars et qu'il donnera, épuisé, jusqu'à sa mort.

 

Aimé Richardt rappelle en fin d'ouvrage les conditions à remplir pour être béatifié, puis canonisé. En 1925, il devint ainsi Le saint curé d'Ars:

 

La commune d'Ars-sur-Formans est aujourd'hui un lieu de pèlerinage qui accueille plus de 500 000 visiteurs par an.

 

Le livre se termine par la reproduction de l'Acte d'amour du curé d'Ars, qui, comme le dit l'auteur, en fait une belle fin, dont ce bel extrait:

 

Je vous aime, ô mon Dieu, et je n'appréhende l'enfer que parce qu'on n'y aura jamais la douce consolation de vous aimer.

 

Francis Richard

 

Le saint curé d'Ars, Aimé Richardt, 120 pages, SOTECA (sortie le 1er mars 2023)

 

Livres précédents:

 

Chez François-Xavier de Guibert:

La vérité sur l'affaire Galilée (2007)

Calvin (2009)

Saint François de Sales et la Contre-Réforme (2013)

Jean Huss, précurseur de Luther (2013)

Bossuet, conscience de l'Eglise de France (2014)

Lacordaire - Le prédicateur, le religieux (2015)

 

Chez Artège:

Lamennais le révolté 1782-1854 (2017)

Zwingli le réformateur suisse 1484-1531 (2018)

Montalembert (2020)

Le Catholicisme social en France (1830-1870) (2020)

Saint François Xavier - Le missionnaire (2022)

 

Chez SOTECA:

Saint Vincent de Paul (1561-1660)-Le miséricordieux (2022)

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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