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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 14:00

Rien n'est trop beauPour ceux qui ignorent encore tout de ce qu'il convient d'appeler l'affaire abbé Francis Michel, curé de Thiberville, je rappelle que Mgr Christian Nourrichard, évêque d'Evreux, a décidé de supprimer la seule paroisse de son diocèse qui ne connaît pas la crise et dont l'abbé Francis Michel est toujours le curé, depuis plus de 20 ans, sinon juridiquement, du moins de fait.

 

Pourquoi veut-on supprimer cette paroisse qui marche ?

  

"Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire :

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise

- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire

- de célébrer la messe tournée vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles

- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire

- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II."

 

[voir mon article du 3 février 2010 Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville ]



Ce n'est donc pas pour des raisons de fond que Mgr Nourrichard veut destituer l'abbé Francis Michel et le réduire à l'état de prêtre subalterne. Les raisons officielles invoquées sont purement administratives. Il s'agit de redistribuer les rôles dans son diocèse qui connaît, hormis à Thiberville, une baisse de fréquentation des fidèles, une baisse de la pratique religieuse et une pénurie de prêtres, toutes tendances initiées sous la houlette de Mgr Gaillot, prédécesseur de Mgr Nourrichard.



En fait Mgr Nourrichard s'est même livré ces derniers temps, en bon syndic de faillite, à une véritable auto-démolition de son diocèse.

  

Dans son diocèse, il a en effet obtenu le départ de prêtres ou de futurs prêtres, c'est-à-dire qu'il en a organisé la pénurie :

 

"- L'abbé BL, curé de PA, prêtre lui aussi trop traditionnel, après des tentatives de discussions tout aussi infructueuses que celle avec l’abbé Michel, préféra quant à lui, quitter le diocèse, et il a été accueilli par un évêque voisin ;

 

- L'abbé FR J, diacre que Mgr Nourrichard a refusé d’ordonner prêtre a dû s’exiler dans un autre diocèse dans lequel il exerce désormais son ministère sacerdotal.

 

- Trois jeunes qui auraient dû intégrer les rangs des séminaristes diocésains, sont entrés dans des « séminaires internationaux »

 

- Après d’interminables négociations, l'abbé F G, prêtre d’une communauté Ecclesia Dei, a pu obtenir de dire une première messe dans son diocèse d’origine d’Evreux… près d’un an après son ordination."

 

[voir le communiqué du Comité de soutien du 11 juillet 2010 ici]

 

Dans son diocèse, il a obtenu la fermeture de couvents, c'est-à-dire qu'il s'est privé de leur soutien spirituel :

 

"- Le Carmel de Gravigny, un des couvents français qui avait conservé l’intégralité de la règle de sainte Thérèse , a fermé ses portes après l’expulsion manu militari de la supérieure et des dernières soeurs;

  

- A l’automne, fermeture des Sœurs de la Sagesse, après 145 ans de présence ;

 

- La célèbre communauté bénédictine de Verneuil-sur-Avre  a fermé depuis plusieurs années et les bâtiments ont finalement été vendus contre la volonté initiale de la supérieure."

 

[voir le communiqué du Comité de soutien du 11 juillet 2010 ici]

 

L'abbé Francis Michel a fait plusieurs recours à Rome. Tous ces recours ont été rejetés dans un délai record parce que, par ignorance, ils avaient été faits hors délai…

 

Dans deux communiqués le citoyen-évêque Nourrichard a cru bon de crier victoire un peu tôt, à chaque rejet [voir mes articles Mgr Nourrichard veut toujours disloquer la paroisse de l'abbé Michel  du 15.04.2010 et Mgr Nourrichard devrait écouter: à Thiberville la vox populi c'est la vox Dei du 7.07.2010]. Il a même donné, dans le dernier communiqué, un ultimatum à l’abbé Francis Michel : il serait suspendu le 26 juillet 2010 s’il n’obéissait pas à son ordre de destruction de la paroisse de Thiberville.

 

Le 22 juillet 2010 le Comité de soutien à l’abbé Francis Michel a publié le communiqué suivant qui change la donne ici : 

 

"Le recours du curé de Thiberville accepté par Rome

 

Les fidèles catholiques de la paroisse de Thiberville se réjouissent pleinement d’apprendre que la plus haute juridiction du Saint Siège, le Tribunal Suprême de la Signature Apostolique, a donné droit à M. l’Abbé F. Michel, curé de Thiberville, d’exposer sur le fond, ses réclamations, en acceptant le recours qu’il avait présenté.

 

Contrairement aux affirmations publiques de Mgr C. Nourrichard, aucune décision définitive n’a été rendue par les autorités romaines, actuellement saisies de plusieurs autres réclamations.

Contre le projet de destruction de la catholicité dans leurs paroisses, les fidèles de Thiberville réaffirment leur unité de foi, de liturgie et de charité avec le Pape Benoît XVI."

 

Mgr Nourrichard, entrepreneur de démolition diocésaine, pourrait bien être mis hors d’état de démolir. Pourrait être suspendu celui qui croyait pouvoir suspendre… et pourrait être maintenu en place un bâtisseur de la Maison du Seigneur [la photo ci-dessus du vitrail d'une église de la paroisse de Thiberville provient du site du Comité de soutien ici ], soucieux, lui, du salut des âmes.

 

Francis Richard

 

L'abbé Francis Michel, en chaire, expose sa situation le dimanche 25 juillet 2010 :

 

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 22:15

MgrRoduitLe 29 juin 2010 l'abbé Yannick-Marie Escher, chanoine, 36 ans, part de l'Abbaye de Saint-Maurice pour se réfugier à la Fraternité Saint-Pie X, autrement dit à Ecône. Il a laissé sur le bureau du Père-Abbé, Mgr Joseph Roduit, dont la photo ci-contre provient d'ici , une lettre de cinq pages dans laquelle il explique son départ. Il a reproduit cette lettre en quarante-quatre exemplaires destinés à chacun de ses quarante-quatre confrères, qui ont reçu leur copie par la poste.

 

Depuis que la nouvelle est tombée, il y a maintenant deux semaines, j'attendais que cette lettre soit publiée pour la commenter. Mais rien n'a été publié, même pas des extraits, sinon cette phrase :

 

« A l’heure où vous lirez ces lignes, je serai parti » [voir Le Matin Dimanche du 17 juillet 2010 ici ]

 

Nous ne pouvons donc que nous livrer à des conjectures sur son contenu, d'autant que son auteur a disparu de la circulation et que l'endroit où il s'est réfugié, un établissement de la Fraternité Saint-Pie X, demeure inconnu et que nous ne disposons que de peu de documents.

 

Le 6 juillet 2010 l'Abbaye de Saint-Maurice publie le communiqué suivant ici, mis en ligne le 8 :

 

"Défection à l’Abbaye de Saint-Maurice

 

Communiqué de presse officiel

 

Chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice depuis 1996, prêtre depuis 2001, le Chanoine Yannick Escher, 36 ans, a quitté son monastère à l’insu de son Père-Abbé et de ses confrères, le mardi 29 juin, pour rejoindre le mouvement d’Ecône et entrer dans la Fraternité sacerdotale Saint Pie X.

Professeur, aumônier des étudiants, maître des cérémonies, aumônier des Etudiants de l’Agaunia, correspondant du Bulletin Paroisses vivantes et du Nouvelliste, le chanoine Escher avait déployé un grand zèle dans ses nombreuses activités.

Son départ a été une surprise totale et causé un étonnement douloureux chez ses confrères et surtout dans le cœur de nombreux étudiants et autres personnes qu’il accompagnait spirituellement.

L’Abbaye prendra en charge aussitôt les ministères abandonnés par ce confrère, en particulier l’aumônerie du collège.

 

+ Joseph Roduit, Abbé

 

Saint-Maurice, le 6 juillet 2010"

 

Nous apprenons par ce communiqué que le Chanoine Escher était unanimement apprécié.



Sur le site de DICI ici, organe d'information de la Fraternité Saint-Pie X, un court article, intitulé "Suisse : un chanoine de l'Abbaye de Saint-Maurice rejoint la Fraternité Saint-Pie X" est publié le 10 juillet 2010 :  

 

« Chanoine de l´Abbaye de Saint-Maurice, en Valais, depuis 1996, le chanoine Yannick Escher, âgé de 36 ans, a quitté son monastère, le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul et jour des ordinations à Ecône. Il a rejoint la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, après avoir découvert la messe tridentine et longuement étudié les écrits et conférences de Mgr Marcel Lefebvre.

Professeur, aumônier des étudiants, maître des cérémonies, correspondant du Bulletin Paroisses vivantes et du quotidien valaisan Le Nouvelliste, « le chanoine Escher avait déployé un grand zèle dans ses nombreuses activités », relève l´Abbé de Saint-Maurice, Joseph Roduit, dans un communiqué attristé.

Le religieux suisse se trouve actuellement dans une des maisons de la Fraternité Saint-Pie X. Avant de quitter Saint-Maurice, il a adressé à son Père Abbé et à ses confrères une lettre de cinq pages expliquant que son départ était motivé par des raisons essentiellement liturgiques et doctrinales. (Sources : FSSPX/Apic – DICI n° 218 du 10/07/10) »

 

Nous apprenons par cet article que le Chanoine Escher a quitté son monastère pour des raisons « essentiellement liturgiques et doctrinales ».

 

Dans le numéro de Paroisses Vivantes d’Avril 2010, répondant à l’abbé Pascal Bovet de trente ans son aîné, curé de Prilly, qui a prononcé une homélie sur le Curé d’Ars [l’année sacerdotale sous le patronage de ce dernier a commencé le 18 juin 2009 et s’est achevée le 19 juin 2010], l’abbé Escher se livre ici :

 

« Considère, tout d’abord, que nous ne sommes pas de la même génération. Je n’ai jamais connu le catéchisme « questions-réponses » de ton enfance, mais que de partages d’Evangile et de révisions de vie ! […] J’ai tout redécouvert à l’adolescence en lisant le Catéchisme du Concile de Trente […], l’histoire et les actes des Conciles œcuméniques ainsi que la célèbre Histoire de l’Eglise de Daniel Rops. J’ai découvert alors le sens de la Tradition et de l’Eglise en tant que continuité du Christ »

 

Il ajoute :

 

« Un prêtre, vivant selon l’esprit du Curé d’Ars, m’a fait découvrir la beauté de la liturgie romaine, de la confession, du chant grégorien, de l’adoration eucharistique, du chapelet, de l’oraison, l’ascèse ainsi que la lecture priante des Ecritures. »

 

Le 7 juillet 2007, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI publiait un Motu Proprio, Summorum Pontificum, par lequel il demandait que soit faite toute la place qui lui revient au rite extraordinaire de l’Eglise [voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ]. 

 

Une association est née en Valais le 19 décembre 2009 pour « soutenir la forme extraordinaire au rit romain ainsi que le patrimoine culturel qui lui est lié », l’APFEL, Association Pour la Forme Extraordinaire de la Liturgie.

 

Sur le site ici de cette association de droit civil, qui s’est doublée récemment d’une « association privée de fidèles », conformément au droit canonique, on peut lire que le Président de cette association, Bertrand Décaillet, a tenté vainement depuis décembre 2007 tant auprès de Mgr Roduit, Père-Abbé de Saint-Maurice, que de Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, qu’ils appliquent la décision du Saint Père, exprimée dans son Motu Proprio.

 

Ces deux évêques ont montré l’exemple de la désobéissance au Chef de l’Eglise. Mgr Brunner, particulièrement, dans une réponse adressée à Bertrand Décaillet, le 20 mai 2010, reproduite ici sur le site de l’APFEL, qui s’en tient à la lettre plutôt qu’à l’esprit du Motu Proprio pour justifier sa fin de non recevoir et sa désobéissance ouverte à la volonté de Benoît XVI de réconcilier les catholiques entre eux et de les faire bénéficier d'une riche liturgie sous deux formes, ayant chacune leurs vertus.

 

Dans un entretien accordé le 15 juillet 2010 à Canal 9 ici, la télévision valaisanne, Mgr Roduit rend hommage au Chanoine Escher et à tout ce qu’il a fait à Saint-Maurice. Il prétend que dans la lettre expliquant son départ le Chanoine Escher ne parle pas du Motu Proprio Summorum Pontificum. Stricto sensu, c’est bien possible. Sur le fond c’est invraisemblable compte tenu de ce que dit l’article de DICI cité plus haut. Toujours la lettre plutôt que l’esprit. Le propre des Pharisiens.

 

Mgr Roduit, toujours dans cet entretien, avance une explication pour le départ du vilain petit canard qu’il aurait élevé dans son cloître : il aurait préféré le château-fort d’Ecône à la caravane de Saint-Maurice. Comme s’il était confortable de porter l’étiquette d’Ecône. Dans Le Matin Dimanche du 17 juillet 2010, cité plus haut, la journaliste Christine Salvadé parle en ces termes d’Ecône, comme s’ils reflétaient la pensée de Mgr Roduit :

 

« Ecône renie Vatican II, estime que les papes font fausse route. Entrer à Ecône, c’est changer de confession, renier ses vœux. C’est grave, on ne pouvait lui faire plus mal. »

 

Ecoutant la voix de son maître, Mgr Roduit, Pascal Décaillet, d’habitude mieux inspiré, s’en prend lui aussi à Ecône sur son blog ici :

 

« Je regrette infiniment sa décision, car le Chanoine Escher, que j’ai l’honneur de connaître et avec qui il m’arrive de correspondre, est un homme d’une valeur spirituelle et intellectuelle, mais aussi d’une richesse de contact, au-dessus de la mêlée. Ce sont précisément le monde des vivants, celui des élèves, de l’éducation qui ont besoin de gens comme lui. Plutôt que quelque forteresse figée dans la nostalgie ».

 

Son article du 8 février 2009, que je ne connaissais pas et qui suit ces fortes paroles, n’honorent pas spécialement leur auteur. Il se livre à des amalgames comparables à ceux qu’il prête à ceux qu’il fustige.

 

Pour rétablir un certain équilibre je laisserai le mot de la fin sur Ecône à l’autre Décaillet, Bertrand, Président de l’APFEL, qui sur le Forum Catholique s’exprime ainsi le 19 juillet 2010, ici :   

 

« L'idéologie tient lieu du sens surnaturel de l'Eglise désormais et redonne un sens au positionnement d'un certain clergé lorsque la Foi n'informe plus la vie, et ce n'est pas propre au Valais! A Ecône, le Chanoine aura retrouvé le sens surnaturel de l'Eglise, de l'obéissance comme vertu, de l'autorité comme service, et de la vie intérieure. »

 

Si le Père-Abbé de Saint-Maurice n’a pas su retenir un aussi bon élément que le Chanoine Escher, ne faut-il pas se poser la question : n’est-il pas finalement responsable de son départ ? Son comportement méprisant à l’égard de ceux qui demandent en vain l’application du Motu Proprio dans son ressort depuis deux ans et demi plaide en ce sens.

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 18:15

Thiberville Sacré Coeur 2010A chaque fois que je quitte Lausanne pour Saint Jean-de-Luz il y a du nouveau dans le diocèse de Mgr Christian Nourrichard, l'évêque d'Evreux, qui s'acharne sur l'abbé Francis Michel. Je vais finir par devenir superstitieux... ou par comprendre que les dates de publication des communiqués du prélat ne sont pas le fruit du hasard, mais de bien mauvaises intentions, puisqu'il s'agissait la première fois du Vendredi Saint et la seconde de la Fête du Précieux Sang de Jésus.   

 

Le 15 avril dernier j'écrivais [voir mon article Mgr Nourrichard veut toujours disloquer la paroisse de l'abbé Michel  ] :

 

"Les absents ont toujours tort. Pendant les dix jours que j'ai passés au Pays Basque, mesurant le bonheur d'avoir là-bas Mgr Marc Aillet pour évêque, je n'ai eu qu'un accès limité à Internet et je n'ai donc pas su que le recours de l'abbé Francis Michel auprès de la Congrégation pour le Clergé avait été rejeté dans un délai record. Ce n'est donc qu'avec bien du retard que je viens de l'apprendre aujourd'hui, en consultant le site de soutien au curé de Thiberville ici [d'où provient la photo prise lors de la fête du Sacré Coeur de cette année]" 

 

Je pourrais écrire quelque chose de similaire aujourd'hui. En effet, une semaine après, j'apprends que Mgr Nourrichard, évêque d'Evreux, a publié le jeudi 1er juillet 2010 le communiqué suivant ici :

 

"THIBERVILLE : Quel avenir pour l'Abbé Francis MICHEL ?

Les décisiond de Mgr Christian Nourrichard, Evêque d'Evreux ont été confirmées par ROME, que ce soit par la Congrégation Romaine pour le Clergé, le 18 mars 2010, ou par l'instance suprème du Tribunal Suprême de la Signature Aspostolique, le 26 mai 2010. 

En ne publiant pas le verdict énoncé par ROME, signe d’apaisement, Mgr Christian Nourrichard espérait jusqu’au dernier moment, que l’abbé MICHEL entende raison. 

Le pouvoir que reçoivent les prêtres dans l’Eglise Catholique Romaine provient de leur ordination.  Celle-ci les inscrit en communion avec leur Evêque, c’est-à-dire par ce fait même, avec l’Eglise  tout entière. Ce pouvoir n’est pas « magique ». 

Mgr Christian Nourrichard a fait à l’abbé Francis MICHEL différentes propositions de ministère, à   la fois dans et hors du diocèse. Il les a toutes refusées. 

L’Abbé Michel a donc reçu, en toute conformité au droit canonique de l’Eglise Catholique  Romaine, l’injonction de quitter la paroisse de Notre Dame de Charentonne. 

Si à la date du 26 juillet 2010, il n’a pas répondu à cette injonction, un décret de suspension le concernant sera prononcé par Mgr Christian Nourrichard." 

  

J'écrivais le même 15 avril dernier :

 

"Pour ceux qui ne savent pas qui est l'abbé Francis Michel je rappelle qu'il est, sinon juridiquement, du moins aux yeux de Dieu et de ses ouailles, toujours, ce depuis 20 ans, curé de Thiberville, une paroisse qui dépend administrativement de l'évêque d'Evreux, Christian Nourrichard, prélat qui ne fait rien pour inspirer le respect dû à sa dignité mitrée. Le sort spirituel des âmes de cette paroisse est le cadet des soucis de ce véritable syndic de faillite. 

 

Fin décembre cet évêque bureaucrate, et sans saveur, pour lequel un diocèse n'est qu'une administration, où les prêtres diocésains ne sont que des pions, que l'on peut déplacer à loisir, décide de supprimer d'un trait de plume la seule paroisse de son diocèse qui n'est pas en voie d'être désertée par les fidèles [ voir mon article  du 18 janvier 2010]."L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester

 

Revenons au communiqué. La phrase la plus choquante est la suivante :

 

"En ne publiant pas le verdict énoncé par ROME, signe d’apaisement, Mgr Christian Nourrichard  espérait jusqu’au dernier moment, que l’abbé MICHEL entende raison." 

  

En effet il aurait été intéressant que l'évêque désinformateur publie justement le verdict in extenso. Le bon peuple chrétien aurait appris que ce verdict n'a pas été rendu sur le fond mais sur une question de procédure. En l'occurrence le recours de l'abbé Francis Michel n'a pas été rejeté parce que c'est un mauvais prêtre, un prêtre indigne, mais parce qu'il a fait son recours initial hors du délai requis de 15 jours... 

  

La phrase où l'évêque bureaucrate, syndic de faillite de son diocèse, procédurier, se montre ubuesque - et peut-être imprudent - est la suivante : 

  

"Si à la date du 26 juillet 2010, il n’a pas répondu à cette injonction [ de quitter la paroisse de Notre Dame de Charentonne, qui n'existe plus administrtaivement parlant...], un décret de suspension le concernant sera prononcé par Mgr Christian Nourrichard". 

  

Car, si un décret de suspension est prononcé par l'évêque, il faudra bien cette fois examiner sur le fond l'inévitable recours de l'abbé Francis Michel, qui respectera cette fois scrupuleusement le délai prévu par la procédure pour cette nouvelle décision. 

  

Le fond ? Le 3 février dernier j'écrivais [ voir mon article Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville ] le résumé suivant : 

 

"Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire :

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise

- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire

- de célébrer la messe tournée vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles

- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire

- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II." 

  

Autant dire que Mgr Nourrichard a du souci à se faire. 

  

S'il se souciait moins, d'ailleurs, de gestion administrative que de salut des âmes, il se souviendrait que le Christ a demandé de juger l'arbre aux fruits et il écouterait un peu mieux la vox populi de Thiberville qui, en l'occasion, exprime la vox Dei. 

  

Francis Richard  

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 19:00

Joseph Ngo Quang KietIl y a plusieurs moyens d'obtenir la démission de quelqu'un : lui offrir une large compensation, le faire chanter ou le harceler. C'est ce dernier moyen que le régime communiste vietnamien semble avoir employé pour obtenir la démission de l'archevêque de Hanoï.

 

Mgr Joseph Ngo Quang Kiet [dont la photo ci-contre provient d'ici] est-il un archevêque âgé, démissionnant pour faire valoir ses droits à une retraite bien méritée ? Non. Il aura 58 ans seulement au mois de septembre prochain.  Autant dire que la raison de son départ ne peut avoir aucun rapport avec son âge. 

 

Mgr Joseph Ngo Quang Kiet est-il quelqu'un que ce régime totalitaire a pu corrompre ou faire chanter ? Non. Il ne reste donc que le harcèlement et c'est sans doute la véritable raison de sa démission.

 

Qu'a donc fait Mgr Kiet pour mériter d'être harcelé ? Il a osé résister. Qui plus est sereinement, pacifiquement. 

 

Il y a bientôt deux ans, je racontais sur ce blog ici comment l'archevêque de Hanoi avait osé tenir tête au Comité populaire de la ville, en maintenant la revendication de l'Eglise catholique "sur des terrains lui appartenant, qui n'ont pas fait l'objet officiellement d'un changement de propriétaire et qui ne sont pas utilisés dans l'intérêt général, tels que peuvent l'être des écoles ou des hôpitaux" et dont les autorités s'étaient emparées au mépris du droit de propriété.

 

L'archevêque avait alors déclaré :

 

"Nous nous permettons de rappeler que nous désirons ardemment construire l'unité nationale. Nous avons beaucoup voyagé à l'étranger, nous nous sentons humiliés quand nous portons le passeport vietnamien. Où que nous allions, nous sommes fouillés. Nous sommes très tristes de cette situation et nous voulons que notre pays soit plus fort."

 

Propos que la presse aux ordres avait scrupuleusement rapporté, comme l'internaute peut en juger, en disant que Mgr Kiet "se sentait honteux de porter un passeport vietnamien"...

 

A l'époque le maire de Hanoï, Nguyen The Thao, avait même demandé la révocation de Mgr Kiet,  après que le prélat avait déclaré, au sortir d'une vaine réunion avec des représentants des autorités, que "la liberté religieuse n'est pas un privilège mais un droit." 

 

Depuis fin 2007 les incidents avec l'Eglise catholique n'ont pas cessé de se multiplier. Il s'agit pour la dictature communiste d'abattre ce bastion de liberté en provoquant ses fidèles pour qu'ils commettent des violences et justifient leur répression.

 

Au début de cette année Mgr Kiet s'était bien gardé d'intervenir lors d'un énième incident [voir mon article Au Vietnam, plus que jamais, le régime communiste persécute les catholiques ]. Il ne voulait surtout pas que les autorités en tirent prétexte pour obtenir sa révocation.

 

Toujours est-il que début mars Mgr Kiet s'envolait pour se faire soigner à Rome "pour surmenage" ici. A Rome il a effectivement été admis à l'hôpital Gemelli où la Congrégation pour l'évangélisation des peuples lui avait réservé une place. 

 

Moins de deux semaines après le retour à Hanoï le 9 avril dernier de Mgr Kiet, Mgr Pierre Nguyen Van Nhon, âgé de 72 ans, était nommé par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, évêque coadjuteur de Hanoï. Trois semaines plus tard Mgr Nhon devenait archevêque de Hanoï à la suite de la démission de Mgr Kiet, qui quittait la capitale le 13 mai dernier pour se faire soigner aux Etats-Unis ici.

 

Que le Vatican ait fait une concession au régime ou que Mgr Kiet ait réellement demandé à être déchargé de sa tâche pour raisons de santé, le fait est là : le régime communiste vietnamien a eu la peau de l'archevêque de Hanoï et ses ouailles sont dans l'affliction. Il faut prier pourqu'elles ne se divisent pas dans l'épreuve.

 

Francis Richard

 

Voici la lettre d'adieu émouvante que Mgr Kiet a adressée à ses ouailles et que publie Catholique.org ici :

 

Hanoi le 13 mai 2010

 

Chers frères et sœurs,

 

Le Saint-Siège vient d’annoncer que le Saint-Père a accepté ma demande de démission. Voici venu le moment de me séparer de vous. Il m’est difficile de vous dire au revoir, surtout que vous n’êtes pas encore prêts à accepter mon départ ! Je ne peux pas ne rien dire, mais je ne peux non plus tout vous dire en une seule fois, la dernière. Je souhaite ardemment que vous compreniez qu’il n’existe pas de raisonnement capable de convaincre ceux qui sont tristes. Mais j’espère que votre grand cœur vous permettra d’accepter une chose qui maintenant ne peut plus changer.

 

J’ai eu le tort de vous décevoir en présentant ma démission. Mais soyez convaincus que tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour le plus grand bien de l’Eglise et, plus concrètement, de notre archidiocèse de Hanoi. En réalité, lorsque j’ai fait allusion à cette démission, les congrégations romaines concernées ont protesté. Mais lorsque je suis allé directement la proposer au Saint-Père, celui-ci dans sa grande bonté m’a compris et il l’a accepté. Avec ma demande de démission, j’ai aussi prié le Saint-Siège de me trouver un successeur. C’est le président de la Conférence épiscopale du Vietnam, Mgr Pierre Nguyen Van Nhon, qui a été choisi. Par obéissance, il a accepté avec courage cette lourde charge, dans les si délicates circonstances d’aujourd’hui. Tout s’est véritablement passé dans un esprit de service et d’amour mutuel.

 

En cet instant d’émotion, le sentiment le plus fort en moi est un sentiment d’affection et de reconnaissance.

Je rends grâce au Seigneur d’avoir enveloppé ma vie de son amour débordant : il n’y a aucun lieu, aucun moment de ma vie où je n’ai été submergé par lui. Je me considère véritablement comme « un disciple aimé du Seigneur ». Bien que je n’en sois pas digne, le Seigneur m’a aimé. Malgré mon infidélité, il ne m’a pas abandonné. A travers les embûches, les dangers de la mer, la main du Seigneur m’a conduit à bon port. Aujourd’hui, cette même main aimante me guide sur un nouveau chemin pour que je comprenne davantage et que je vive en plénitude cet amour. Éternellement, je lui rendrai grâce.

 

C’est un vrai bonheur pour moi que de vivre dans l’Eglise. Où que j’aille et quelle que soit ma tâche, je continue de lui appartenir. Que ce soit dans la basse région peuplée et riante, ou dans la haute région retirée, dans une ville animée ou dans une pauvre campagne, je reste toujours un membre de l’Eglise. Que je sois chargé de missions importantes ou que je n’accomplisse que des tâches ordinaires, même lorsque je suis étendu, immobile, sur un lit de malade, j’apporte ma contribution à la vie de l’Eglise. Ainsi, même petit et ordinaire, je suis toujours l’objet de soins et d’amour.

 

Cet amour s’est manifesté de façon vivante et concrète, à travers vous, frères et sœurs bien-aimés, proches et lointains, qui avez partagé avec moi et m’avez soutenu tout au long de ma vie. Vous êtes mes parents, mes frères et mes sœurs, toute ma parenté... Nous sommes devenus un seul être à travers tant d’événements tristes et joyeux. Nous avons vécu ensemble, travaillé ensemble. Pus que cela, nous nous sommes réjouis ensemble, ensemble nous avons espéré, nous nous sommes inquiétés, nous nous sommes attristés ensemble. Spécialement, dans les moments de tempête, alors que notre vie était menacée, nous étions prêts à mourir ensemble. Comment pourrait-on encore nous séparer ?

 

Vous êtes le cadeau le plus précieux que le Seigneur m’ait accordé dans ma vie.

 

Je rends grâce au Seigneur pour l’évêque auxiliaire et les prêtres, mes frères très chers. Vous faites partie de mon cœur. Vous êtes la force de vie du diocèse, car vous l’édifiez pour qu’il devienne une famille vivant dans l’harmonie, avec un seul cœur et un seul esprit. Merci à vous de m’avoir donné le bonheur de goûter votre fraternité chaleureuse à l’intérieur de la famille du diocèse : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis. » (Ps 132,1).

 

Je remercie le Seigneur pour les religieux et les religieuses, des collaborateurs de confiance. Discrets mais efficaces, ne craignant pas d’accomplir les tâches les plus modestes, prêts à vous rendre dans les lieux les plus éloignés, vous avez élargi le champ d’évangélisation du diocèse, lui permettant de procurer des récoltes de plus en plus abondantes. Merci pour votre générosité !

 

Je rends grâce au Seigneur pour les séminaristes, nos enfants bien-aimés. Vous êtes la prunelle de mes yeux. Animés par un esprit de service et de don de vous-même, vous avez ouvert vos âmes au programme de formation de l’Eglise, vous vous êtes appliqués à perfectionner vos connaissances, vous avez participé avec zèle à la pastorale, vous vous êtes engagés au service des plus pauvres, des malades et plus spécialement des lépreux et surtout vous n’avez cessé de perfectionner votre conduite morale. Merci à vous d’avoir donné à vos formateurs la vision d’un avenir plein d’espérance pour le diocèse.

 

Merci au Seigneur pour vous mes frères et sœurs laïcs bien-aimés de la famille de l’archidiocèse de Hanoi. Lorsque je pense à vous, je ne peux réprimer mon émotion. En supportant avec persévérance des difficultés, non seulement vous avez été les fondations d’une Eglise ferme et inébranlable, les racines d’un arbre qui n’a cessé de porter des fruits en abondance, mais vous avez aussi, pour une part, contribué à l’édification de la société lorsque avec courage vous avait élevé la voix pour soutenir la justice, prêts à sacrifier votre vie pour défendre la vérité. Vous êtes l’Eglise. Vous avez versé votre sueur, vos larmes, et même votre sang pour maintenir et développer l’Eglise. Je suis fier de vous. Je vous admire. Je vous suis reconnaissant.

 

Alors que nous parlons d’amour, comment ne pas mentionner le pardon ? Je vous demande de pardonner mes fautes et mes lacunes. Je vous demande aussi de pardonner, en mon nom, à tous ceux qui nous ont offensés. Nous n’acceptons pas le mal, mais il nous faut pardonner et prier pour ceux qui se sont égarés afin qu’ils retrouvent le droit chemin.

 

En ce moment des adieux, comment tout dire ? Ma dernière parole sera pour vous dire de garder votre amour et votre unité. C’est là le trésor le plus précieux de notre Eglise. Dans cet amour et cette unité déjà présents, vous aimerez Mgr Pierre Nguyen Van Nhon comme vous m’avez aimé moi-même ; vous collaborerez avec lui, comme vous l’avez fait avec moi. Il me remplacera au milieu de vous pour que jamais le courant d’amour mutuel ne s’interrompe.

 

Même séparés, la prière nous unira. Même parti, je continuerai à servir le diocèse par la prière. Grâce à la prière et à notre amour mutuel, le Seigneur accordera à notre diocèse de nombreuses grâces, plus que nous pouvons en souhaiter. C’est pourquoi, je vous demande de ne pas me retenir, et de me laisser partir conformément à ma propre aspiration. Je suis en effet, persuadé que mon départ est conforme à la volonté de Dieu et qu’il constituera un bien aussi bien pour vous que pour moi.

 

Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.

 

Joseph Ngô Quang Kiêt

 

Nous en sommes au

688e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 21:00

Abbé Michel sermon de NoëlLes absents ont toujours tort. Pendant les dix jours que j'ai passés au Pays Basque, mesurant le bonheur d'avoir là-bas Mgr Marc Aillet pour évêque, je n'ai eu qu'un accès limité à Internet et je n'ai donc pas su que le recours de l'abbé Francis Michel auprès de la Congrégation pour le Clergé avait été rejeté dans un délai record. Ce n'est donc qu'avec bien du retard que je viens de l'apprendre aujourd'hui, en consultant le site de soutien au curé de Thiberville ici [d'où provient la photo ci-contre de l'abbé Michel].

 

Pour ceux qui ne savent pas qui est l'abbé Francis Michel je rappelle qu'il est, sinon juridiquement, du moins aux yeux de Dieu et de ses ouailles, toujours, ce depuis 20 ans, curé de Thiberville, une paroisse qui dépend administrativement de l'évêque d'Evreux, Christian Nourrichard, prélat qui ne fait rien pour inspirer le respect dû à sa dignité mitrée. Le sort spirituel des âmes de cette paroisse est le cadet des soucis de ce véritable syndic de faillite.

 

Fin décembre cet évêque bureaucrate, et sans saveur, pour lequel un diocèse n'est qu'une administration, où les prêtres diocésains ne sont que des pions, que l'on peut déplacer à loisir, décide de supprimer d'un trait de plume la seule paroisse de son diocèse qui n'est pas en voie d'être désertée par les fidèles [voir mon article L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester du 18 janvier 2010]. C'est aussi arbitraire et absurde que de décider de la destruction massive de maisons sur le littoral de Vendée ou de Charente Maritime... pour masquer une incompétence, qui a conduit à un désastre.

 

Selon le principe des calamités de Michel de Poncins, qui est transposable à ce qu'est devenu l'évêché où un Mgr Gaillot a jadis sévi :

 

"Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité pour soi-disant corriger la première"

 

Le manque de prêtres a conduit ainsi le citoyen-évêque Nourrichard à répartir cette pénurie géographiquement sans se demander dans le fond d'où elle pouvait bien provenir et comment il convenait d'y remédier. 

 

Admettons un instant que la décision du citoyen-évêque Nourrichard ne soit ni arbitraire ni absurde et qu'elle ne réponde pas à une calamité par une autre calamité, mais soit en quelque sorte une sanction. Cela voudrait dire que l'abbé Francis Michel serait coupable de quelque chose. Or comme je le résumais le 3 février 2010 [voir mon article Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville ] : 

 

"Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire : 

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise
- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire
- de célébrer la messe tourné vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles
- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire
- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II.

Autant de choses propres à susciter la jalousie de confrères qui ont bien du mal, dans leurs églises désertes, à faire venir les fidèles, sinon à les retenir, et qui se réjouissent, en toute charité chrétienne, des avanies infligées par leur évêque incompétent à l'abbé Michel
."

  

Dans notre hypothèse, il faut donc croire que le citoyen-évêque Nourrichard se nourrit de bien mauvaises pensées pour disloquer une paroisse qui marche, pour destituer ainsi un curé tout à fait dans la lignée du Saint Curé d'Ars, sous le patronage duquel le pape Benoît XVI a placé l'année 2009-2010.


Le citoyen-évêque Nourrichard publie le Vendredi Saint un communiqué assez farce ici,  écrit la veille, soit le Jeudi Saint, qui tombait cette année le 1er avril. 

 

C'est un communiqué au vocabulaire beaucoup plus froidement administratif  que lumineusement religieux :  

 

"Rome a parlé.

La Congrégation Romaine a confirmé la décision de Mgr Nourrichard, Evêque d’Evreux.

L’ancien groupement interparoissial de Thiberville reste donc une communauté locale de la

paroisse de Notre Dame de Charentonne, dont le curé est le P. Jean Vivien.

Il s’agit maintenant pour l’abbé Francis Michel de vivre l’engagement pris le jour de son

ordination presbytérale : l’obéissance promise à l’Evêque de son diocèse.

Mgr Nourrichard rappelle que l’Abbé Michel n’a plus les pouvoirs canoniques pour célébrer les

mariages reconnus par l’Eglise.

En ce jour du Jeudi Saint, fête du Sacerdoce où tous les prêtres renouvellent cet engagement,

prions pour que l’abbé Michel retrouve le chemin de la fidélité et de la communion.

En cette année sacerdotale le témoignage du St Curé d’Ars peut sans doute l’y aider.

+ Mgr Christian Nourrichard

Evêque d’Evreux".

 

Ce qui choque le plus dans ce communiqué c'est le chantage à l'obéissance auquel se livre le citoyen-évêque Nourrichard, qui ne trouve rien à redire aux désobéissances ouvertement affichées par des membres de son clergé bien-aimé à l'égard de directives du Saint Père.

 

Ce qui choque le plus également dans ce communiqué c'est l'invocation au témoignage du Saint Curé d'Ars pour convaincre en somme le curé de Thiberville de renoncer à l'imiter et à persévérer dans sa tâche de ramener au bercail les brebis dispersées.

 

Lundi de Pâques le Comité de Soutien à l'abbé Michel publiait la réponse suivante ici au communiqué épiscopal :

 

""Rome a parlé"

 

Monseigneur Nourrichard se plaît à dire que « Rome » a parlé, et que la Congrégation pour le clergé a confirmé sa décision.

 

C'est aller un peu vite en besogne. Non la Congrégation n'a en rien confirmé sa décision, elle répond simplement que le recours de l'abbé est juridiquement rejeté. Elle ne répond absolument pas au problème de fond, à savoir l'intérêt pastoral, l'intérêt des âmes. Elle répond sur le plan purement administratif.

 

Or sur le terrain, cette décision de l'évêque d'Evreux reste insoluble :

- les fidèles ne reconnaissent pas Jean Vivien pour leur curé, ne se retrouvent pas dans sa « pastorale » ;

- et ils veulent garder leur curé, l'abbé Michel, celui qui les guide depuis plus de 20 ans, a partagé leurs joies et leurs peines, comme « le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent » (Jn X, 11-18)

 

Monseigneur appelait au dialogue, mais un dialogue demande que l'interlocuteur écoute. Aujourd'hui les fidèles de Thiberville n'ont toujours pas été entendus. A la voix plaintive des « brebis », il ne répond jusqu'à ce jour que par l'obéissance et la menace.

 

Qu'il nous soit permis de rappeler à Monseigneur que le 23 avril 2004 et le 22 février 2007, Rome a parlé ! Nous aimerions voir le zèle intrépide d'un successeur des Apôtres dans l'application de l'instruction Redemptionis Sacramentum, rappelant l'importance de l'application rigoureuse des normes officielles dans la liturgie, et à nouveau dans l'exhortation Sacramentum Caritatis. Le silence assourdissant dans ce domaine sous-entendrait que tous les prêtres du diocèse appliquent fidèlement les directives romaines sur la liturgie et proposent à leurs fidèles LA liturgie romaine authentique... Qu'il nous soit permis d'en douter, car il suffit de quitter de quelques kilomètres le secteur de Thiberville pour être témoin du contraire.

 

Alors oui, « Rome a parlé »... mais il serait bon de ne pas écouter que ce qui arrange... Aujourd'hui l'abbé Michel donne à ses fidèles ce que le Peuple de Dieu est en droit d'attendre de son prêtre, et ces derniers ne sont pas disposés à l'abandonner ! Si Monseigneur pense que l'affaire sera réglée par décret, si Monseigneur s'en tient à l'état « administratif » du problème... alors bien loin d'une solution, nous nous trouvons dans une impasse dont il lui faudra assumer les conséquences."

 

Ajoutons qu'il existe une voie de recours contre la décision purement juridique prise par la Congrégation pour le Clergé, auprès du Tribunal suprême de la Signature apostolique, que préside Mgr Raymond Burke.

 

Le citoyen-évêque Nourrichard a, je l'espère, vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. En choisissant le Vendredi Saint pour publier son bulletin de victoire, il a certes alourdi momentanément la croix de l'abbé Michel, mais il n'est pas sûr que le Seigneur, d'où procède tout pouvoir sur Terre, bénira finalement cette mauvaise action de la part d'un successeur des apôtres.

 

Francis Richard

 

Nous en sommes au 

 

635e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

 

 Max Göldi

 

 

 

 

 

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 22:00

Hebdo du 1.04.10

Hier, de retour du Pays Basque où j'ai passé les fêtes de Pâques, sous la houlette de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, j'ai trouvé L'Hebdo du 1er avril 2010. L'hebdomadaire romand, qui, sans prétention aucune, se dit " bon pour la tête", déverse sur le pape Benoît XVI un tombereau d'immondices, en guise de joyeuses fêtes de Pâques. 

 

Après l'air pur de l'Atlantique, qui, lui, est " bon pour l'esprit", j'ai donc dû humer, à mon corps défendant, la haine anticléricale recuite, après passage dans un seau d'aisance, de l'hebdomadaire de référence.

 

Pour faire bonne mesure le plumitif de service, Christophe Passer, ici, nous fait d'abord le résumé des épisodes précédents - soit deux pages sur trois de son article fielleux - avant d'en venir au nouvel épisode de la série de calomnies contre Benoît XVI.

 

Sur ce blog j'ai dit l'année dernière ce que je pensais de la levée des excommunications [voir mon article La levée des excommunications par Benoît XVI est de son seul ressort ], de Mgr Williamson [voir mes articles Ces éminences catholiques suisses qui tirent dans le dos de Benoît XVI  , Levée d'excommunication de Mgr Williamson : les à peu près de France 2  et Mgr Richard Williamson demande pardon ], du " silence" de Pie XII [ voir mon article Le montage soviétique sur le "silence" de Pie XII fonctionne toujours ]. Je n'y reviendrai donc pas. Je laisse sur ces sujets le journaleux à ses miasmes.

 

Le nouvel épisode de la série de calomnies contre Benoît XVI s'intitule " scandales pédophiles".

 

Sur ce thème Christophe Passer s'en prend à la lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande, datée du 19 mars 2010, fête de saint Joseph. Il écrit :

 

" Elle ne s'adresse qu'aux seuls Irlandais, ce qui a provoqué un  premier écœurement . Cette stratégie du confinement est terrible. Les affaires de prêtres pédophiles vont-elles comme le nuage de Tchernobyl, au gré des vents mais s'arrêtant aux frontières ? Quid des Etats-Unis, de la France, de l'Allemagne, de la Suisse, du reste du monde ?"

 

Christophe Passer n'a pas peur des contradictions, ce qui dénote un certain courage. Il rappelle en effet un peu plus loin :

 

" Benoît XVI disait en février : "Les abus sexuels sur des enfants et des jeunes gens sont non seulement un crime atroce, mais aussi un péché grave qui offense Dieu.""

 

Au lieu de nous dire d'où vient cette citation - Benoît XVI réagissait ainsi déjà ici  aux abus sexuels commis par ... des prêtres et religieux irlandais - il rebondit sur elle pour dire arbitrairement : 

 

"C'est lui, Joseph Ratzinger [il n’est plus Benoît XVI ?], qui offense Dieu désormais, par ses mensonges et ses dénis, par sa dogmatique absence de courage à affronter l'époque et ses tourments".

 

J'ai eu beau relire l'article du sieur Passer, je n'ai pas trouvé quels étaient les mensonges et les dénis que l'auteur - que la haine étouffe visiblement au point d'asphyxier ses neurones - reproche à Benoît XVI.

 

Benoît XVI a-t-il fustigé en février les abus sexuels commis en Irlande, comme le laisse supposer le sieur Passer, pour les minimiser en mars ?

 

Faux : il est évident que le sieur Passer a lu la lettre pastorale aux catholiques d'Irlande ici [si la version en français n'est pas officielle, elle est fidèle à l'esprit de Benoît XVI] en diagonale ou qu'il en a dénaturé l'esprit ou qu'il a fait les deux.

 

Benoît XVI écrit au tout début :

 

" Je ne peux que partager le désarroi et le sentiment de trahison que nombre d'entre vous ont ressentis en prenant connaissance de ces actes scandaleux et criminels et de la façon dont les autorités de l'Eglise en Irlande les ont affrontés." 

 

Il redit donc ce qu'il a dit en février. Puis il rappelle longuement que :

 

" Tout au long de l'histoire, les catholiques d'Irlande se sont révélés une immense force de bien tant dans leur patrie qu'à l'étranger".

 

Enfin il analyse les raisons de la crise actuelle. Pour bien comprendre cette analyse il faut la citer in extenso ce que le sieur Passer se garde bien de faire. Admettons, pour être charitable, que la place lui manque. Il n'était pas pour autant obligé de sortir les phrases de leur contexte, pour bien tordre l'esprit de la lettre.

 

Comme je ne veux pas céder à cette tentation et que la place ne m'est pas mesurée, je cite donc le passage dans son intégralité pour laisser juge l'internaute :

 

" Au cours des dernières décennies, toutefois, l'Eglise dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des personnes à l'égard de l'enseignement et des valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées. Au cours de cette période, apparut également la tendance déterminante, également de la part de prêtres et de religieux, à adopter des façons de penser et à considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l'Evangile. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre comment les appliquer de la meilleure façon possible [ souligné par moi pour la raison expliquée ci-dessous]. En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, une tendance à éviter les approches pénales à l'égard de situations canoniques irrégulières. C'est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème déconcertant de l'abus sexuel des enfants, qui a contribué de façon très importante à l'affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l'Eglise et pour ses enseignements.

 

Ce n'est qu'en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu'il est possible d'entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer: des procédures inadéquates pour déterminer l'aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats; une tendance dans la société à favoriser le clergé et d'autres figures d'autorité, ainsi qu'une préoccupation déplacée pour la réputation de l'Eglise et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne. Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont assombri la lumière de l'Evangile à un degré que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre." 

 

Tout ce que le sieur Passer trouve à dire c'est :

 

" La lettre a la froide ignominie théologique de retourner les choses en présentant l'Eglise comme l'authentique victime des affaires de pédophilie."

 

Le propos évident du journaleux n'est pas que l'Eglise se réforme, mais qu'elle soit condamnée. Si je raisonnais comme lui, je dirais qu'il serait bien content que l'Eglise soit définitivement salie par ses bergers galeux et qu'elle crève... 

 

Ce journaliste, qui se réfère à un moment donné à Christian Terras [voir mon article La parole est au procureur Christian Terras,"expert" es Catholiques ! ], n'aime évidemment pas la brève allusion faite par Benoît XVI à Vatican II, qui, pour lui, comme pour son mentor, doit être le seul Concile qui vaille, les autres comptant pour du beurre. Là encore, c'est une habitude, il sort la phrase de son contexte et la tronque, ce qui rend, croit-il, plus solide sa démonstration :

 

" Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre"

 

De comprendre quoi ? "Comment l'appliquer de la meilleure façon ", a précisé le Saint Père. Précision  que le sieur Passer passe  à la trappe... Il n'a pas peur des trucages, ce qui dénote également un certain courage. 

 

Quand on commence à truquer il est difficile de s'arrêter en chemin. Pas un mot du sieur Passer sur les paroles de Benoît XVI à l'égard des victimes d'abus et de leurs familles. Il convient de réparer cet oubli :   

 

"Vous avez terriblement souffert et j'en suis profondément désolé [souligné par moi]. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez subi. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d'entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l'expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d'entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir eu l’impression qu'il n'y avait aucun moyen d'échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l'Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous [souligné par moi]. Dans le même temps, je vous demande de ne pas perdre l'espérance. C'est dans la communion de l'Eglise que nous rencontrons la personne de Jésus Christ, lui-même victime de l'injustice et du péché. Comme vous, il porte encore les blessures de sa souffrance injuste. Il comprend la profondeur de votre peine et la persistance de son effet dans vos vies et dans vos relations avec les autres, y compris vos relations avec l'Eglise. Je sais que certains d'entre vous trouvent également difficile d'entrer dans une église après ce qui s'est passé. Toutefois, les blessures mêmes du Christ, transformées par ses souffrances rédemptrices, sont les instruments grâce auxquels le pouvoir du mal s'est brisé et nous renaissons à la vie et à l'espérance. Je crois fermement dans le pouvoir de guérison de son amour sacrificiel — également dans les situations les plus sombres et sans espérance — qui apporte la libération et la promesse d'un nouveau départ."

 

Il préfère s’interroger :

 

"Où sont en cette lettre de Joseph Ratzinger [il n’est plus Benoît XVI ?], ses propres excuses ? "

 

Pour l'aider, j'ai souligné les passages qu'il cherchait ...

 

En réalité, il préfère citer une phrase, sortie une nouvelle fois de son contexte, à l’adresse des prêtres et religieux abuseurs, pour qui il serait "plein de compassion" :

 

"Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux ".

 

Isolée, cette phrase est incompréhensible. Elle est citée telle quelle pour faire croire que le Pape verse plus de larmes sur les criminels que sur les victimes.

 

Voici donc le texte intégral où le Pape s'adresse aux abuseurs :

 

"Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l'estime des personnes en Irlande et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. Ceux d'entre vous qui sont prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l'Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l'Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse.

Je vous exhorte à examiner votre conscience, à assumer la responsabilité des péchés que vous avez commis et à exprimer avec humilité votre regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à faire personnellement amende pour vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux [souligné par moi]. Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu."

Revenons à l’affirmation du sieur Passer, citée au début de cet article, selon laquelle le Pape ne se serait adressé qu’aux Irlandais au sujet de la pédophilie. Le sieur Passer ignore, ou feint d’ignorer, ce qui est fautif dans les deux cas, que le Souverain Pontife s’est adressé sur le même sujet aux Australiens en novembre 2008 et aux Américains en avril 2008…

Comme le rappelle l’excellent site benoit-et-moi ici :

"L'expérience américaine montre que ce sont justement les évêques locaux qui ont étouffé les procédures contre les prêtres pédophiles.

C'est pourquoi selon les nouvelles règles rédigées par Ratzinger en 2001 pour les délits les plus graves ("De delictis gravioribus"), la compétence pour les juger revient à la CDF [Congrégation pour la Doctrine de la Foi]. Les peines sont aggravées, les délais de prescription allongés.

Un an plus tard, Ratzinger est un des protagonistes de la rencontre entre les dirigeants de l'épiscopat américain et le Saint-Siège, qui inaugurera la "tolérance zéro" dans l'Eglise américaine..."

 

Ce que l’ineffable Christian Terras traduit de la manière truquée suivante dans L’Hebdo ici :

 

"Pour la pédophilie, Joseph Ratzinger avait toute latitude, et pourtant, en 2001, il écrit un texte De delictis gravioribus [voir la lettre ici et les commentaires appropriés] qui souligne le secret pontifical absolu sur ces affaires. Et qui exprime que désormais, la gestion des dossiers pédophiles sera directement centralisée par la Congrégation. Des milliers de cas lui seront alors transmis."

 

Dans ces conditions on a du mal à croire Christian Terras, le truqueur, quand il affirme sans preuve que Benoît XVI était au courant de l’étendue des dégâts aux Etats-Unis dès 1985 et qu’en 2005 il n’a échappé à la justice américaine que parce qu’il a été élu pape.

 

Je terminerai par cette citation du Message Pascal de Mgr Marc Aillet ici :

 

« Nous n’avons pas à rougir de notre Eglise qui est sans aucun doute la seule Institution au monde qui aborde ces affaires avec autant de transparence et de vérité, apportant concrètement sa compassion aux victimes, reconnaissant les erreurs passées, mettant en place des mesures énergiques pour prévenir des actes aussi monstrueux. Nous n’avons pas à rougir de nos prêtres, dont l’immense majorité vit son engagement dans la fidélité et donne sa vie sans compter pour Dieu et ses frères. Nous n’avons pas à rougir de notre Pape Benoît XVI qui n’a pas ménagé sa peine depuis des années pour apporter une réponse adéquate et ferme à tous ces graves dysfonctionnements.

 

Il n’est pas indifférent que cette condamnation médiatique advienne alors que nous nous apprêtons à célébrer le Mystère pascal du Christ, à suivre Jésus dans sa Passion et sa mort sur la croix pour ressusciter avec lui au matin de Pâques. C’est la prophétie d’Isaïe qui continue de s’accomplir aujourd’hui : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe […] Le Seigneur Dieu vient à mon secours […] je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50). »

 

Francis Richard

 

PS

  

L'internaute peut apporter son soutien à Benoît XVI ici . 

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

Nous en sommes au 

 

 626e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

 

 

Max Göldi

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 10:25

augustinComme je suis un nomade, qui vit sur deux pays, qui réside successivement à trois endroits différents, qui a de multiples activités, je n’ai pas toujours la possibilité, bien que de sensibilité traditionnelle, d’assister le dimanche à une messe selon la forme extraordinaire [voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ].

C’est toutefois une chance, peut-être est-ce même providentiel, que d’assister aux deux formes du rite romain, l’ordinaire et l’extraordinaire. Cela permet de côtoyer deux communautés qui parfois, pas toujours, heureusement, s’ignorent et ne se comprennent donc pas. Cela permet de les connaître et de les comprendre, l'une et l'autre.

Que les deux rites cohabitent sous le toit d’une même église contribue, me semble-t-il, à cette paix liturgique entre catholiques voulue par le Saint Père. C’est bien pourquoi je soutiens, modestement, à ma mesure,  le maintien, en sa qualité de curé, de l’abbé Francis Michel dans sa paroisse de Thiberville, parce qu’il a su y établir cette paix, que d’aucuns menacent par leur sectarisme de « bourreau-crates » [voir mes articles L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester  et Affaire abbé Francis Michel: le script du 3 janvier à Thiberville ].

Je me suis trouvé plusieurs fois ces derniers temps dans la possibilité d’assister à la messe selon la forme extraordinaire à Lausanne, à la Chapelle Saint Augustin ici [l'image de saint Augustin provient d'ici]. Dans un bulletin de cette paroisse, paru il y a un peu plus d’un mois, est reproduit un magnifique texte de Bossuet où sont exprimés toute la mesure et tout l’équilibre du Grand Siècle, qui devraient conduire à la paix de l’âme.

Bossuet, en effet, dans ce texte, classique au sens profond du terme, renvoie dos à dos les positions extrêmes, l’inhumaine complaisance qui rend le vice aimable et l’injuste rigueur qui rend la vertu odieuse. C’est à cet équilibre difficile à atteindre qu’il me semble devoir tendre si l’on veut rechercher Dieu et parvenir à la paix de l’âme. Il ne faut ni être trop complaisant envers soi-même, ni trop dur ; ne se donner ni trop bonne ni trop mauvaise conscience ; trouver le juste milieu, avec l'aide de Dieu.

Dans l’Ordo liturgique du rite romain selon la forme extraordinaire, l’évangile de la Sexagésime est celui où saint Luc rapporte la parabole du semeur. Le Christ donne le sens de cette parabole. Il distingue ceux qui écoutent et mettent en pratique, ceux qui se contentent d’écouter sans mettre en pratique et ceux qui n’écoutent même pas.

Sur ce thème, ce jour-là, l’officiant a naturellement fait son homélie. Nous sommes tour à tour dans l’une ou l’autre de ces trois catégories. Alors que l’animal ne fait le mal que lorsqu’il se sent menacé ou qu’il a faim, l’homme peut aussi faire le mal gratuitement.  Il peut le faire parce qu’il a choisi de le faire. Car l’homme n’a été créé ni bon ni mauvais mais libre, en toutes circonstances. Bien sûr il lui faut choisir le bien de préférence au mal. Mais le bien n’est pas toujours si facile à déterminer et nous ne sommes pas constants dans nos attitudes.

Sur la liberté en toutes circonstances, le prêtre nous donne l’exemple de cette femme qui a survécu à un camp de concentration. Chaque matin elle se levait un quart d’heure plus tôt que ses compagnes d’infortune. Elle profitait de ce quart d’heure pris sur son court sommeil pour nettoyer ses chaussures. Elle savait pertinemment que celles-ci seraient rapidement souillées par le travail des champs, mais c’était pour elle une façon de préserver, ne serait-ce qu’un moment, sa dignité. Il est probable que cet acte libre, accompli chaque matin, pour elle-même, lui ait sauvé la vie.

Aujourd’hui l’officiant, en ce troisième dimanche de Carême, a de nouveau parlé du mal et de la liberté. Dans les livres d’histoire de son enfance et de sa jeunesse - nous devons peu ou prou être de la même génération - il était surtout question de conflits. Peu de place était laissée aux événements heureux. Il en est de même aujourd’hui dans les médias.

En 1968 le slogan était : « Il est interdit d’interdire ». Les choses ont bien changé, elles ont même changé du tout au tout. Le monde actuel est rempli d’interdits. L’interdiction de fumer [voir mon article "Pour une loi libérale sur l'interdiction de fumer" est une bonne initiative ] n’est qu’une interdiction parmi de multiples interdictions, toujours plus extrêmes. Il devient ainsi de plus en plus difficile de voyager d’un pays l’autre. Avec les interdits notre monde croit pouvoir contenir le mal et le faire disparaître. En réalité les interdits ne résolvent rien et engendrent d’autres conflits.

L’origine du mal est Dieu. Comprenons bien ce que cela veut dire. Dieu nous aime sans mesure, mais il nous laisse libre de l’aimer en retour. Que signifierait un amour obligatoire ? « Tu dois m’aimer » serait le contraire de l’amour. En nous accordant notre liberté de l’aimer ou non, Dieu nous a donné aussi la liberté de faire le mal.

Comment combattre le mal ? Ce n’est pas en multipliant les interdits que nous y parviendrons. Dans l’évangile du jour, le Christ chasse le « démon qui rendait muet celui qui en était possédé » [Luc, 11, 14]. Il n’y a que Dieu qui puisse chasser le mal, comme il a chassé le démon du muet de l'évangile. A chaque fois qu’une église est désaffectée, à chaque fois qu’un séminaire ferme, à chaque fois que Dieu disparaît de notre monde, le mal s’installe et fait des ravages.

Cette réflexion de l'officiant me fait penser à cette citation de Chesterton que feu le père Roger Morandi, longtemps vicaire de Notre Dame des Armées à Versailles, faisait souvent :

« Chassez le surnaturel, le naturel s’en va avec lui ».

En fait, la solution pour combattre le mal est de faire la plus grande place à Dieu dans notre vie. En toute liberté, celle de ses enfants.

« Conduisez-vous donc en fils de lumière ; tout ce qui vient de la Lumière est bonté, justice et vérité »

dit saint Paul dans l’épitre du jour [Paul, Ephésiens, 5,9]

Francis Richard

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596e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi
         

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 22:50
BHL pics 180Bernard-Henri Lévy n'a pas sa langue dans sa poche. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche ici [d'où la photo ci-contre provient] il rend justice à Benoît XVI et à Pie XII en ces termes :

"Benoît XVI, je tente de le lire avec attention. Et, sur les relations judéo-chrétiennes, les procès d’intention systématiques qui lui sont faits sont juste incompréhensibles: outre qu’il met le débat à un niveau intellectuel élevé, il se situe dans la continuité totale de son prédécesseur, Jean-Paul II ! Quant à Pie XII, je demande simplement qu’on s’en tienne aux faits. Le fait est que, contrairement à ce que répètent en boucle les crétins, la plupart des archives sont ouvertes et consultables. Le fait est que, dans le silence assourdissant du monde entier sur la Shoah, il a été plutôt le moins silencieux de tous. Le fait est qu’il a, sans avions ni canons, plus dit et plus fait que Churchill, Roosevelt et de Gaulle réunis. Bien sûr qu’il aurait pu dire et faire davantage. Tout le monde peut toujours dire et faire davantage. Mais le présenter comme le "pape d’Hitler", broder inlassablement sur ce fameux "silence de Pie XII" est absurde et assez dégueulasse."

BHL ne fait que confirmer ce que j'écris sur ce blog à propos des deux papes et de leurs relations avec nos frères aînés, selon l'expression lumineuse de Jean-Paul II.

Francis Richard

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570e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 18:50
Abbé MichelLe site de soutien à l'abbé Francis Michel ici [la photo ci-contre en provient], curé de Thiberville, paroisse dissoute par Mgr Nourrichard, évêque d'Evreux - dissoute sur le papier, puisque l'abbé Michel reste en place jusqu'à la décision de Rome sur cette dissolution - a publié dimanche dernier le script ici de ce qui s'est passé dans l'église de Thiberville le 3 janvier 2010, il y a aujourd'hui un mois, jour pour jour.

Ce script est une pièce importante à verser au dossier que j'ai tenté de résumer au mieux le 18 janvier dernier sur ce blog [voir mon article L'abbé Francis Michel, curé de Thiberville, et qui entend le rester ].

En effet ce script, comme le dit le mot d'introduction du site de soutien, permet de percevoir "mieux certaines choses", comme l'internaute pourra en juger par lui-même.

Le motif officiel invoqué pour dissoudre cette paroisse florissante est "un réaménagement pastoral". Mais ce n'est qu'un prétexte, puisque ce réaménagement commence, tout à fait par hasard, par la paroisse de Thiberville...

Il n'y a rien à reprocher à l'abbé Francis Michel sinon d'avoir "une sensibilité traditionnelle" et de se conformer à la volonté de Sa Sainteté le pape Benoît XVI, c'est-à-dire : 

- de situer le Concile Vatican II dans la continuité de la tradition millénaire de l'Eglise
- de donner sa place au rite extraordinaire de l'Eglise à côté de son rite ordinaire
- de célébrer la messe tourné vers le Seigneur, en communion d'élévation vers Dieu avec les fidèles
- de se préoccuper et de s'occuper avant tout des âmes qui lui sont confiées à l'instar du Saint Curé d'Ars à qui il a été laissé 40 ans pour ce faire
- d'être soutenu en retour par les laïcs de sa paroisse, qui assument ainsi pleinement leur promotion voulue par le Concile Vatican II.

Autant de choses propres à susciter la jalousie de confrères qui ont bien du mal, dans leurs églises désertes, à faire venir les fidèles, sinon à les retenir, et qui se réjouissent, en toute charité chrétienne, des avanies infligées par leur évêque incompétent à l'abbé Michel.

Francis Richard

Le script du 3 janvier à Thiberville

Mgr Nourrichard : Au nom du père et du fils et du Saint-Esprit. « Je ne veux que la paix. Ils veulent la guerre ». C'est une phrase tirée de la Bible, du psaume 119 au verset 7. Je vous laisse les uns et les autres l'apprécier. Je suis donc venu pour cette fête de la Toussaint.... (cris de l'assemblée) cette fête de l'Epiphanie. Que vous ridiculisiez malheureusement montre dans quel état d'esprit vous êtes.

Un laïc :
S'il vous plait, laissons parler Monseigneur, après nous aurons tout le loisir, moi le premier, de dire ce que nous avons sur le cœur, mais je vous en prie, à défaut de sa personne, respectez sa fonction.

Mgr Nourrichard :
Je suis venu donc avec le père Jean-Pierre Decraene, le père Jean Vivien pour présenter votre nouvelle situation. Après avoir entendu l'avis du conseil diocésain des paroisses, après avoir recueilli l'avis des conseils presbytérals, j'ai décidé avec le conseil épiscopal de poursuivre l'application du réaménagement pastoral prévu dans le cadre du projet « Paroisses 2000 ». Le groupement interparoissial de Thiberville n'existe plus et fait place à une communauté locale de la paroisse Notre-Dame de la Charantonne. J'ai décidé d'en confier la responsabilité au père Jean Vivien, ce dernier est aussi membre du conseil épiscopal ainsi qu'au plan national de l'église de France, membre avec moi-même du conseil des associations de fidèles laïcs. Aujourd'hui, c'est une étape importante mais non définitive car il y aura peut-être à revoir telle ou telle modification territoriale pour certaines communes. Ce qui est constaté ici l'est également dans telle ou telle autre nouvelle paroisse. Nous prendrons soin d'apporter les modifications qui s'imposent. L'abbé Francis Michel n'est donc plus curé, (hurlements) la paroisse n'existant plus (inaudible). Il faut savoir que tous les ...(inaudible)  

(les fidèles commencent à sortir de l'église)

Intervention d'un laïc pour calmer l'assemblée.

Mgr Nourrichard : Je tiens à vous dire que ce n'est pas du tout pour une question de sensibilité liturgique, que ce n'est pas non plus, contrairement à ce que vous manifestez, une animosité entre l'abbé et moi-même.

Un laïc : Mes frères, s'il vous plait, je vais prendre la parole. Restez à vos places et taisez-vous. Je voulais simplement dire à Monseigneur qui est notre évêque, qu'il exerce pour nous des fonctions sacrées à nos yeux de catholiques fervents mais justement mes frères ne croyez pas que j'approuve la mesure qui vient d'être prise et si vous me le permettez, je vais expliquer pourquoi. Mais pour cela il faut que vous puissiez vous taire car les hurlement ne servent à rien sinon à donner raison à ceux qui prennent cette décision. Je trouve que véritablement nous assistons à une langue de buis, c'est ce que l'on utilise pour les ecclésiastiques pour la langue de bois, parce qu'on nous parle de réorganisation à l'intérieur du diocèse. C'est très gentil, seulement cela ne touche pour l'instant que Thiberville. Je pense que, pour accroître un peu la crédibilité du propos, Monseigneur aurait dû faire référence à ce projet gouvernemental de réorganisation des collectivités territoriales. A ce moment-là cela aurait eu un petit peu plus de poids. Simplement ce que je veux dire c'est qu'on nous donne des arguments qui ne tiennent pas. Je suis un simple laïc, je suis un simple fidèle, et je m'autorise précisément du Concile Vatican II qui a parlé de promotion du laïcat et qui a redécouvert la notion de peuple de Dieu. Par conséquent, le peuple de Dieu aussi doit faire entendre sa parole. C'est ce que nous voulons et vraiment, je suis un catholique fervent, je crois que beaucoup ici me connaissent, je fais la lecture le dimanche à la grand'messe de 10h, je suis scandalisé parce que les arguments qui nous sont donnés ne sont pas les vrais arguments, le vrai argument c'est que le père Michel, que je connais bien, qui est un prêtre admirable qui fait très bien son travail à la satisfaction de tous, il a simplement un gros défaut, c'est qu'il est de sensibilité traditionnelle, et ça c'est le péché. Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, glorieusement régnant, a répété à de nombreuses reprises qu'il convenait, en ce qui concerne ce Concile Vatican II, qui est bon intrinsèquement, de le considérer dans l'herméneutique de la continuité c'est-à-dire de toute la tradition millénaire de l'Eglise et non comme l'an I d'une nouvelle Eglise. Ici dans cette paroisse on obéit tout à fait aux prescriptions conciliaires voulues par le Saint-Père. Le dimanche matin à 10h, la grand'messe est célébrée selon le rite ordinaire de l'Eglise et c'est très bien. A 17h, grâce au Motu Proprio, généreusement accordé à tous les prêtres du monde entier par le Souverain Pontife, il est célébré une messe de Saint Pie V, encore dite du Bienheureux Jean XXIII. Par conséquent il n'y a rien à reprocher à l'abbé Michel, si ce n'est, et cela Monseigneur nous sommes devant le Tabernacle, tout le monde sera responsable un jour devant Dieu, il y a de la haine dans ce diocèse de la part de deux de nos vicaires qui poursuivent l'abbé Michel... (inaudible) ... et c'est ça le noeud du problème. Il n'y a pas de réorganisation du diocèse, ça c'est une blague, ce sont des fariboles, et c'est scandaleux de dire ça devant le Tabernacle. (Applaudissements)

l'Abbé Francis Michel : Comme je suis le principal intéressé, parce que pour l'instant nous avons entendu l'évêque (inaudible) qui va partir de Thiberville, nous avons entendu la voix d'un laïc et je m'en réjouit car Dieu sait qu'effectivement dans l'Eglise conciliaire on ne se prive pas de dire « les laïcs, les laïcs... » sauf quand les laïcs ne parlent pas dans le bon sens, là on ne veut plus les entendre. Donc en troisième place il paraît donc que je ne suis plus votre curé mais comme je vous l'ai dit on ne peut pas m'empêcher dans mon coeur et dans mon âme d'être votre pasteur. C'est-à-dire que je me considère effectivement comme le pasteur de vos âmes. Donc, nous sommes aussi dans cette année sacerdotale où le seul curé d'Ars, qui nous est proposé comme modèle pendant toute cette année, est resté 40 ans dans sa paroisse. J'imagine le mal d'un Curé d'Ars aujourd'hui qui ne pourrait sûrement pas faire 40 ans dans sa paroisse. Dans tout cela, on ne parle jamais du Bon Dieu, jamais du bien des âmes, jamais de votre bien mes frères. Car qu'allons nous gagner à cette journée ? Qu'allons-nous gagner ?

Une voix dans l'assemblée : La vérité.

l'Abbé Francis Michel : La vérité certes, mais je ne pense pas que le Bon Dieu y gagne beaucoup dans tout cela. Alors il nous faut justement prier le Saint Curé d'Ars, il nous faut prier et soyez bien assurés que je souscris à ce qui a été dit de la part du laïc qui a pris la parole car pas plus tard qu'hier on me disait encore qu'un des prêtres qui est dans le secteur disait : « un Francis Michel n'aurait jamais dû être ordonné ». C'était dit hier dans une paroisse où on voudrait justement m'envoyer, donc je n'ai plus rien à dire, je vous en laisse tirer les conclusions. Si « un Francis Michel n'aurait jamais dû être ordonné », je ne peux donc pas aller ailleurs. Je demeure donc dans mon esprit et dans mon coeur votre pasteur. Comme il est difficile d'assister à l'Eucharistie dans ces conditions, je me demande Monseigneur comment vous pouvez célébrer la messe dans cet esprit, comme je vais dire la messe à 11h15 et peut-être un peu avant à Bournainville-Favrolles...

Monseigneur Nourrichard : J'entends m'y rendre...

l'Abbé Francis Michel : Je continue les annonces : messe à 11h15 à Bournainville, cet après-midi, comme chaque premier dimanche du mois, l'adoration réparatrice de 16h à 17h et à 17h la messe dans le rite extraordinaire. Ce qui est quand même formidable c'est qu'on puisse être devant l'autel bien orienté, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ainsi soit-il.

Monseigneur Nourrichard : Que ceux et celles qui ont envie de sortir puissent sortir et la messe se poursuit.

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564e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 21:35

archeveque-hanoiEn septembre 2008 j'avais fait le récit sur ce blog de la persécution exercée par le régime communiste vietnamien ici contre les catholiques, qui représentent 8 à 10% de la population du pays. A l'époque les communistes au pouvoir avaient notamment employé la violence contre des paroissiens de Thai Ha, pour les empêcher de prier et de récupérer un terrain détourné par le régime en 1954.

En fait le régime communiste vietnamien sait que l'Eglise catholique est un bastion de liberté dans le pays et qu'elle n'a pas peur de lui. Cette situation n'est pas sans ressembler à celle qu'a connue la Pologne catholique dans les années 1980, encouragée par l'élection au siège de Pierre, à l'automne 1978, du cardinal Karol Wojtyla, sous le nom de Jean-Paul II. A la grande différence toutefois que les catholiques sont minoritaires au Vietnam, ce qu'ils n'étaient pas en Pologne.

Le régime totalitaire vietnamien n'en est pas moins déterminé à écraser ce libre bastion, qui pourrait être contagieux, et, en particulier, à se débarrasser de l'archevêque de Hanoi, Mgr Joseph Ngo Quang Kiet [photo ci-dessus publiée par La Croix ici], qui lui résiste. Le maire de la ville, Nguyen The Thao, promis aux plus hautes fonctions dans le régime, a même demandé sa révocation, après que le prélat a déclaré, au sortir d'une vaine réunion avec des représentants des autorités, que la liberté religieuse n'est pas un privilège mais un droit.

Après l'annonce, à Vinh Long, en décembre 2008, de la transformation en jardin public d'un terrain appartenant depuis un siècle aux religieuses de Saint Paul de Chartres ici  et après l'expédition punitive des autorités contre des paroissiens de Tam Toa en juillet 2009 ici, c'est au tour de la paroisse de Dong Chiem, située dans l'archidiocèse d'Hanoi d'être l'objet d'une agression policière.

blessé 1 de Dong ChiemLe 6 janvier 2010, à 2-3 heures du matin, des policiers vietnamiens ont commencé à détruire la croix érigée au printemps dernier sur la colline Nui Tho, qui appartient à l'Eglise catholique depuis plus d'un siècle et qui est située à Dong Chiem, soit à 70 km au sud de Hanoi. La nouvelle se répand. Des paroissiens veulent empêcher cette destruction. Ils sont frappés et blessés [photos en provenance d'ici], dont deux assez gravement, par des agents de la Sécurité publique, qui sont armés de grenades lacrymogènes, de matraques électriques et de fusils, et qui sont accompagnés de chiens policiers ici. Une dizaine de personnes sont arrêtées.

Quelques jours plus tard, le 11 janvier 2010, un journaliste qui accompagne le Père Nguyen Van Lien, de la paroisse de Dong Chiem, est attaqué et blessé ici par un groupe de policiers, qui lui confisquent son appareil-photo. Les mêmes policiers s'en prennent à deux anciens combattants catholiques handicapés, qui ont eu la  mauvaise idée de vouloir eux aussi se rendre à Dong Chiem.

Le 22 janvier 2010, l'agence Zenit rapporte ici :

"Le 20 janvier, vers 11 h, un religieux rédemptoriste, frère Antoine Nguyên Van Tang, après avoir été éconduit hors de la paroisse par les forces de l'ordre a été violemment agressé et roué de coups. Le religieux a été laissé évanoui sur la route. Il n'a repris connaissance qu'une heure plus tard."

Comme on le voit il n'y a rien de nouveau, hélas, sous le soleil communiste.

Dans un article mis en ligne par La Croix le 25 janvier 2010 ici, Rémy Favre cite Tiep, un avocat catholique vietnamien :

"Nous pensons que les autorités vietnamiennes essaient de pousser l’archevêque à s’impliquer dans cette affaire. Elles cherchent un prétexte pour le chasser de Hanoï."

Ce serait bien dans la manière communiste de provoquer ainsi.

Rémy Favre ajoute :

"Aujourd’hui, les fidèles comprennent la retenue de leur archevêque. Ils s’organisent eux-mêmes pour protester contre les violences. Dans une lettre adressée aux autorités, la paroisse de Dông Chiêm demande la levée du siège de l’église et la remise en liberté de ceux qui ont été arbitrairement arrêtés."

Ici, dans nos pays où nous pouvons nous exprimer avec une plus grande liberté que là-bas, nous devons nous faire un devoir de faire connaître la vérité sur ce régime qui est la honte de l'humanité. Et nous, catholiques, devons prier pour que le Seigneur vienne en aide à nos coreligionnaires vietnamiens.

Francis Richard

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557e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani
  

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 22:55
Francis MichelLe diocèse d'Evreux
est devenu un désert pour l'Eglise catholique, un désert où les voix des prêtres, en voie d'extinction, prêchent ... de moins en moins.

Quelques chiffres publiés sur le site du diocèse
ici donnent la mesure de cette désertification. Pour 600000 âmes il n'y a plus que 84 prêtres. Or ce maigre chiffre peut encore faire un peu illusion. En réalité il n'y a plus que 48 prêtres en activité, les autres sont à la retraite. Et sur ces 48 prêtres, 25 seulement ont moins de 60 ans. "Jugez l'arbre aux fruits" dit le Seigneur...

C'est la faillite d'un diocèse de la douce France. Plus sévère qu'ailleurs. Car il a eu la "chance" d'avoir à sa tête Mgr Gaillot, puis Mgr David. Il a maintenant le bonheur d'avoir à sa tête Mgr Nourrichard... Ce dernier, en bon syndic de faillite, après avoir fait ce constat du même métal, a décidé de réorganiser administrativement le diocèse et de répartir autrement les maigres cohortes de son clergé, qui ne veillent plus que sur un  troupeau réduit comme une peau de chagrin. Sauf à Thiberville.

Parmi le clergé de Mgr Nourrichard, il y a en effet un curé, celui de Thiberville justement, l'abbé Francis Michel [photo ci-dessus, en provenance du site de soutien
ici], du même âge que lui ou presque - Mgr Nourrichard est de 1948 et l'abbé Michel de 1949 - qui a su moissonner dans ce désert. Pourquoi ? Parce qu'à l'imitation du patron des curés, le saint Curé d'Ars, il s'est occupé d'abord de Dieu et du salut de ses ouailles. Il n'a pas attendu que ce soit l'année sacerdotale pour le faire.

En 23 ans d'apostolat il a restauré les 14 églises de sa paroisse - "Rien n'est trop beau pour le Seigneur" disait saint Jean-Marie Vianney. Toutes ces églises normandes ont retrouvé leur éclat d'antan. Et des fidèles. Par centaines, alors qu'il n'y avait plus qu'une vingtaine de paroissiens à son arrivée.

Quelques chiffres, parmi d'autres, témoignent de cette réussite. On sait que le denier du culte est le nerf de la guerre. Or celui récolté à Thiberville, paroisse rurale, est plus important en proportion que celui récolté à Bernay, sous-préfecture et paroisse urbaine. Thiberville représente 5000 âmes et Bernay 15000. La première paroisse a engrangé 22000 euros en 2008 et la seconde 44000.

Le Figaro Magazine du 16 janvier 2010 
ici donne d'autres chiffres :

"Aujourd'hui, comme nous l'affirme Christian Wagner, un laïc, la paroisse de Thiberville [moins de 1% de la population totale de ce diocèse agonisant] est la plus dynamique du diocèse d'Evreux : 120 enfants sont catéchisés ; l'an passé, elle a eu 30 premières communions, 30 professions de foi, et près du quart des confirmations du diocèse (40 sur 170). «Pas mal, non, pour une simple communauté paroissiale paysanne ?» "

Il ne faut pas chercher bien loin les raisons de cette exception diocésaine. Sans être traditionnaliste l'abbé Michel est un curé traditionnel, un curé authentique. Dans sa paroisse, comme l'a demandé le pape Benoît XVI, les deux formes ordinaire et extraordinaire de la liturgie cohabitent. Les cérémonies ont gardé leur éclat d'antan et convertissent davantage que les meilleurs sermons.

Les "bouseux" de Thiberville sont revenus à la foi de leurs ancêtres et reçoivent les sacrements, de la main de leur curé de campagne, toujours vêtu d'une soutane, symbole de son état religieux. L'abbé Michel a interprété le Concile Vatican II à la lumière de la Tradition de l'Eglise, officiant d'ailleurs tourné vers l'autel, c'est-à-dire vers le Seigneur, dans la même direction que ses ouailles.
 
Le 19 juin 2009, fête du Sacré Coeur de Jésus, Mgr Nourrichard nomme l'abbé Michel
ici, "prêtre coopérateur", ce qui en bon français veut dire "vicaire", de la paroisse redécoupée de Père Laval-Louviers-Boucle de Seine, à l'autre bout du département de l'Eure, sous la coupe d'un jeunot qui n'a que 14 ans de service à son actif, une sanction épiscopale pour ses 23 ans de bons et loyaux services.

Et Thiberville ? La paroisse sera démantelée. Elle sera desservie, de temps en temps, quand il aura un moment, par l'abbé Jean Vivien, curé de Bernay, qui dissimule sa prêtrise dans les pans de son blouson et sa jalousie confraternelle, le doigt sur la couture de son pantalon.

Le dimanche 3 janvier 2010 devait être la dernière messe de l'abbé Michel à Thiberville. Ce jour-là, le peuple catholique de cette paroisse vivante ne l'a pas entendu ainsi. Il s'est rebellé contre son évêque qui, au cours des derniers mois, n'a voulu écouter ni son pasteur, ni ses brebis.

Le peuple paysan de Thiberville a fait entendre sa sainte colère en quittant l'église pour aller suivre la messe de l'abbé Michel dans une autre église de la paroisse. L'évêque, l'abbé Jean Vivien - le "remplaçant" - à ses côtés, s'est retrouvé tout seul ou presque, entouré de gens venus de Bernay, effarés par la tournure des événements. Ensuite il a tenté vainement d'entrer dans le sanctuaire de Bournainville- Faverolles, situé à quelques kilomètres de Thiberville, où l'abbé Michel célébrait la messe.

Rome devra trancher le différend entre l'évêque et le curé, l'évêque qui fait le vide autour de lui, le curé qui gagne des âmes à Dieu.

L'évêque qui ne veut pas revenir sur son décret du 19 juin 2009, tout en laissant provisoirement le curé exercer son ministère sur place. L'évêque qui, pitoyablement, parle en ces termes du Souverain Pontife :

"C'est lui qui est venu me chercher. Ce n'est pas moi qui lui ai demandé d'être évêque d'Evreux".

Le curé, soutenu également par les élus locaux, maire en tête, qui dit simplement :

"On ne peut pas m'arracher le coeur, ni la pensée, ni l'âme. Et je demeure dans mon esprit le pasteur de ces fidèles".

Le curé qui recommandait l'autre dimanche de ne pas faire "de tête à coincer des roues de corbillard".

Francis Richard  

Le sujet a fait l'objet d'une séquence de plus de 10 minutes dans l'émission Sept à huit d' Harry Roselmack, quelques secondes après la pub pour le film Inglourious Basterds :

 

 

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548e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 14:00
Vladimir VolkoffLe 8 mai 2005 Vladimir Volkoff (la photo provient d'ici) adressait une prière à Sainte Jeanne d'Arc, devant sa statue de la place des Pyramides à Paris, à l'issue du cortège traditionnel organisé par l'Action française (ici). Les circonstances étaient particulières. Trois semaines plus tard devait avoir lieu le référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe.

Finalement, par 55% des voix, les Français devaient rejeter ce traité. En conséquence de quoi la parole leur serait dès lors ôtée, à titre de punition démocratique, pour avoir aussi mal voté. Vladimir Volkoff devait quitter ce monde le 14 septembre suivant. Sa prière à Sainte Jeanne pour conserver la doulce France, momentanément exaucée, apparaît avec le recul comme un magnifique testament spirituel.

Un internaute m'a adressé ses voeux pour 2010 en y joignant cette prière. Il m'en a par là même rappelé l'existence. Cette prière n'a rien perdu de son actualité et je la reproduis volontiers ci-après. 

Sans vouloir la réduire le moins du monde au seul septième miracle demandé par Volkoff à la sainte, je suis heureux cependant de souligner que les libertés de boire et de fumer en étaient l'objet, à une époque où elles sont bafouées par un hygiénisme totalitaire, qualifié par ce solide orthodoxe de racisme puritain.

Francis Richard

Prière à Sainte Jeanne d'Arc

Sainte Jeanne,

Puisque vous êtes sainte, vous avez déjà fait des miracles, vous savez vous y prendre, alors je vais vous demander d'en faire un pour nous.

Non. Parce que vous êtes une grande sainte, je vais vous demander d'en faire dix. Et de très grands, de très miraculeux.

Premièrement, sainte Jeanne, je vais vous demander de faire que tous les Français redeviennent amoureux de la France. Pas de l'Amérique insidieuse, pas de l'Orient fascinant, pas de l'Islam séducteur. De la France, de la doulce France.

Deuxièmement, sainte Jeanne, je vous demanderai de faire que tous les Français inspirent de nouveau à toutes les Françaises l'envie de porter leurs enfants, de les porter jusqu'à leur naissance, d'en accoucher, de les nourrir, de les élever, d'en faire des Français, beaucoup, beaucoup de Français, ce qui nous épargnera, entre autres, la nécessité d'encourager une immigration que nous savons si mal intégrer.

Troisièmement, je voudrais vous demander d'avoir une pensée pour notre belle langue française. Rendez-nous la première partie de la négation: faites que nous disions « je ne vais pas voter oui » et non « jvais pas voter ouais ». Rendez-nous l’accord du participe qui est en train de disparaître. Rendez le subjonctif à encore que et l'indicatif à après que. Rendez-nous les liaisons : « vous-z-aussi » et non pas « vouossi ». Otez la bouillie de certaines bouches contemporaines, surtout celles de beaucoup de jeunes gens et des acteurs en vogue. Faites que nous recommencions tous à dire bonjour et non pas bonjoureu. Essayez de nous épargner les anglicismes et les américanismes, pas seulement dans le vocabulaire, surtout dans les tournures de phrase contre nature que nous inspirent les langues anglo-saxonnes. Quant à ceux qui disent conforter, ou incontournable, ou qui se laissent interpeller au plan de leur vécu, faites que le diable les patafiole. Si j'osais, Jeanne, si j'osais - mais je sais que j'exagère -je vous demanderais timidement de ressusciter aussi, ne serait-ce que sporadiquement, l'imparfait du subjonctif.

Quatrièmement, je vous demande, sainte Jeanne, de faire que les Français redeviennent frondeurs, gouailleurs, indisciplinés, sceptiques, qu'ils ne se laissent plus bourrer le mou ni laver le cerveau, qu'ils sachent distinguer entre une vessie et une lanterne, qu'ils prennent de nouveau un malin plaisir à traverser en dehors des clous, qu'ils se rappellent le vieux dicton picard méfie-te, qu'ils appliquent la méthode périgourdine "plus je me regarde, plus je m'attriste, plus je me compare, plus je me rassure", qu'ils sachent conclure comme il faut l'adage normand pt-êt' ben qu'oui, pt-êt ben qu'... non ! Qu'ils n'oublient pas que dire oui, c'est baisser la tête et que dire non, c'est relever le front.

Cinquième miracle, faites, je vous en supplie, que les Français ne deviennent pas une plèbe irresponsable, soucieuse de ses droits à et non plus de ses devoirs de, perpétuellement assistée donc asservie, et ne connaissant plus que deux catégories : tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire et tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit. Je voudrais voir les Français non pas libéraux ni libertaires, mais libres. Affranchis. Francs, quoi. Des Français qui seraient redevenus Francs.

Sixième miracle, je vous demande de nous rendre le respect de l'âge. D'abord j'y ai intérêt et puis c'est le respect de l'âge qui caractérise le raffinement du cœur : peu importe si le respecté est une vieille baderne, c'est le respectueux qui gagne à respecter, ou, du moins, à employer les marques extérieures du respect.

Que voulez-vous, j'en ai assez de constater qu'avec ma barbe blanche il n'y a que des Noirs à me céder leur place dans le métro ! Je la refuse, d'ailleurs, mais à la longue cela va finir par me rendre raciste, raciste pro-Noir, bien entendu.

À propos de racisme, septième miracle. Je voudrais voir supprimer de France le racisme puritain, anti-fumeur et anti-buveur, qui s'empare de notre pays. Enfin, c'est affligeant. Vous entrez dans un restaurant et la première question qu'on vous pose, c'est « Fumeur ou Non fumeur ? » Et quand vous dites « Non fumeur », comme moi, vous sentez aussitôt l'approbation du jeune maître d'hôtel. Ensuite, quand vous êtes deux et que vous commandez du vin, il vous demande d'un ton encourageant « Une demi-bouteille ? » et quand vous répondez comme moi « Non, une bouteille entière... pour commencer », le jeune maître d'hôtel cache à peine sa réprobation ou alors il sourit avec indulgence comme devant une plaisanterie de mauvais goût. Bientôt, dans les restaurants, on vous demandera « Buveur ou non buveur » et il y aura un coin réservé pour les parias alcoolos tandis qu'aux tables pour honnêtes gens les sodomites, les pornographes et les drogués triomphants ne boiront que de l'eau. Épargnez-nous cela, sainte Jeanne.

Sainte Jeanne, je voudrais aussi voir l'administration de la justice revenir à des normes humaines. S'il y a conflit entre un employé et un employeur, je ne voudrais pas que l'employé eût gagné d'avance comme le recommande le Syndicat de la magistrature. Si des enfants pervertis par la télévision dénoncent leurs éducateurs pour pratiques sexuelles interdites, je voudrais qu'une enquête sérieuse fût faite. Si un cambrioleur armé s'introduit dans ma maison et que je tire mieux que lui, je ne voudrais pas passer pour un assassin.

Neuvième miracle. Faites, sainte Jeanne, je vous en supplie, que ce ne soit pas seulement le trente-et-un du mois d'août et pas seulement au roi d’Angleterre, que la France puisse se permettre de citer le général Cambronne. Faites que ce soit tous les jours de l'année, et 366 jours les années bissextiles et faites que ce soit à tous les potentats du monde, s'ils nous manquent de respect. J'espère, sainte Jeanne, ne pas vous choquer : vous avez dû en entendre d'autres quand vous commandiez à vos troupiers médiévaux.

Dernier miracle. Sainte Jeanne, donnez-nous une aventure. Une grande et noble aventure. Une aventure à la mesure de la France, comme celle que vous nous aviez donnée à l'époque de la guerre d'Algérie et que nous n'avons pas su apprécier. Faites que nous courions des dangers, que la vie devienne exaltante et dure, que nous oubliions nos comptes en banque, nos livrets de caisse d'épargne, nos chaînes hi fi, nos vacances, notre bougeotte, nos coucheries, nos barbituriques, nos prudhommes, nos normes européennes, notre traintrain planplan, et revenez alors, revenez sainte Jeanne, brandir votre étendard et vous mettre à la tête de ceux qui vous suivront.

Il y en aura, sainte Jeanne, il y en aura. Et peut-être plus que nous ne pensons. 


Vladimir Volkoff

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goldi et hamdani
  
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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 23:00
pie XII et les juifsQue n'ai-je pas lu dans la presse romande après l'annonce du décret de Benoît XVI, par lequel sont reconnues "les vertus héroïques" des papes Pie XII et Jean-Paul II (ici) :

"Benoît XVI vient de signer un décret en faveur d'un pape accusé d'être resté silencieux devant la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale" Le Temps du 21.12.2009 (ici).

"Benoît XVI réécrit l'histoire" Le Temps du 21.12.2009 (ici).

"Le pape doit aussi faire son devoir de mémoire" Le Matin du 20.12.2009 (ici).

On se croirait revenu au temps, qui n'est au fond pas si lointain que cela, de la désinformation soviétique.

Mais a-t-on jamais seulement cessé de désinformer dans la presse qui tient le haut du pavé et qui est de plus en plus désertée par ses lecteurs, lesquels se rendent compte peu à peu qu'on leur ment sans vergogne, et à longueur de temps. 

Quel que soit le sujet, le "réchauffement climatique", la fumée passive mortelle, Benoît XVI, Pie XII, l'islamisation, les minarets, la démocratie directe, les causes réelles de la crise économique, le secret bancaire, le fossé se creuse entre ceux qui cherchent la vérité et défendent les libertés individuelles et ceux qui, se prenant pour l'élite, la travestissent systématiquement.

Quand certaines attaques proviennent de "nos frères aînés" - pour nous autres catholiques, ils sont des aînés, selon la magnifique expression de Jean-Paul II - cela m'attriste de constater que le montage soviétique sur le "silence" de Pie XII fonctionne  avec eux, alors qu'ils devraient être les derniers à se faire avoir et les premiers à savoir que Pie XII est certainement celui qui a sauvé le plus grand nombre de leurs coreligionnaires pendant la Seconde Guerre mondiale.

Avant cette guerre abominable, Mgr Eugenio Pacelli, qui devait devenir pape sous le nom de Pie XII, est nonce en Allemagne à partir de 1917, puis Secrétaire d'Etat du Vatican à partir de 1929 et le plus proche collaborateur du pape Pie XI, auquel il succède en 1939. 

Le futur Pie XII connaît donc bien l'Allemagne. Il assiste à la naissance du nazisme et prononce, de 1920 à 1935, pas moins de 44 discours, à travers l'Europe, entièrement consacrés à le dénoncer. Extrait de ce qu'il dit de Hitler en 1929 :

"Ou bien je me trompe vraiment beaucoup, ou bien tout cela ne se terminera pas bien. Cet être-là est entièrement possédé de lui-même : tout ce qu'il dit et écrit porte l'empreinte de son égoïsme ; c'est un homme à enjamber des cadavres et à fouler aux pieds tout ce qui est en travers de son chemin - je n'arrive pas à comprendre que tant de gens en Allemagne, même parmi les meilleurs, ne voient pas cela, ou du moins ne tirent aucune leçon de ce qu'il écrit et dit. Qui parmi tous ces gens, a seulement lu ce livre à faire dresser les cheveux sur la tête qu'est Mein Kampf ?" [cité par Andréa Tornielli dans son livre Pie XII, publié aux Editions du Jubilé ici].

C'est la raison pour laquelle le pape Pie XI va demander à Mgr Pacelli d'être le rédacteur de son encyclique adressée aux Allemands, Mit brennender Sorge, qui sera lue, dans 15'000 églises allemandes, le jour des Rameaux de 1937. Que dit cette encyclique (ici en anglais) ? Extrait (ici en français) :

pie XII"Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine - toutes choses qui tiennent dans l’ordre terrestre une place nécessaire et honorable,- quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi".
 
Pour la Noël de 1942, devenu Pie XII, le pape "accusé d'être resté silencieux devant la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale", dans un message à la radio, évoque :

"les centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nationalité et de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive". [cité par Alexis Brezet dans son article sur La légende noire de Pie XII, publié dans le livre Mythes et polémiques de l'histoire, chez Studyrama ici

Personne n'est dupe sur la cible de ce message, même si le pape Pie XII se montre prudent, avec raison. Son texte, lu dans les églises polonaises, en juillet 1942, qui condamne les déportations des juifs, s'est traduit par l'arrestation de tous les catholiques d'origine juive, dont Edith Stein, qui mourra à Auschwitz.

Alexis Brezet ajoute :

"Ce n'est évidemment pas un hasard si parmi les villes occupées, Rome figure en tête de celles qui hébergeront les plus de juifs. De fait, le pape, évêque de la cité sainte, ordonna l'ouverture des couvents aux réfugiés; le Vatican lui-même en accueillit. Sur les 5'715 juifs de Rome, prêts à être déportés, 4'715 trouvèrent refuge dans les institutions catholiques".

Les plus ardents défenseurs de Pie XII sont ... des juifs, tels que Pinchas Lapide, consul d'Israël à Milan pendant la guerre [auteur de Three Popes and the Jews, épuisé], ou le rabbin David Dalin [auteur de Pie XII et les juifs. Le mythe du Pape d'Hitler, publié aux Editions du Jubilé ici]. Il est même un juif, qui s'est rendu célèbre en se convertissant au catholicisme, le grand rabbin de Rome pendant la guerre, Zolli, qui a pris pour nom de baptême Eugenio, le prénom du pape "controversé" pour reprendre l'expression du Temps.

En 1958, après la mort de Pie XII, Golda Meir, alors Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Ben Gourion, déclare :

"Nous pleurons un grand serviteur de la paix. Pendant les dix ans de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du pape s'est élevée pour condamner les bourreaux et exprimer sa compassion envers les victimes". 

Cinq ans après, la légende noire de Pie XII commence. Une oeuvre de fiction, Le Vicaire, est publiée par un Allemand, Rolf Hochhuth. Elle sera portée à l'écran par Costa-Gravas, sous le titre Amen. Selon cette principale oeuvre à charge contre Pie XII, le pape n'aurait rien fait pour dénoncer les persécutions contre les juifs, il les aurait même encouragées par son silence. Ces allégations, comme on vient de le voir, n'ont aucun fondement. Mais elles vont être répercutées dans le monde entier, avec le succès que l'on sait, grâce à un montage soviétique.

Depuis qu'une longue étude, sous la signature du général Ion Mihai Pacepa, a paru le 25 janvier 2007 dans la National Review (ici), il n'est plus possible d'ignorer qu'une formidable opération de désinformation soviétique a été montée contre la mémoire du pape Pie XII, à laquelle a pris part le général Ivan Agayants, premier chef du Département D - celui de la désinformation - du Premier directorat du KGB - renseignements et opérations à l'étranger.

Le général Pacepa, qui est passé à l'Ouest en juillet 1978, était le numéro un de la DIE - les services extérieurs de la Securitate roumaine. Il a subtilisé des documents d'archives du Vatican et les a remis au général Agayants. Ce dernier, quand ils se rencontrent, le félicite pour ce vol qui va être très utile pour l'opération de dénigrement contre Pie XII qu'est en train de monter le général Aleksandr Sakharovsky, grand patron du Premier directorat du KGB.

La pièce de Rolf Hochhuth va être réécrite par le metteur en scène, le camarade Erwin Piscator, qui saura "augmenter le caractère détestable de Pie XII". A l'édition originale sera annexée une documentation inspirée des documents subtilisés par les Roumains et "organisée" par les techniciens du Département D, histoire de donner une crédibilité à une oeuvre qui n'en a pas, mais qui, pour commencer, "sera jouée dans toutes les villes du bloc de l'Est disposant d'un théâtre", avant d'être louée servilement dans leurs colonnes, leurs sons et leurs images, par les médias que nous voyons toujours à l'oeuvre.

Francis Richard

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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