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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 19:30
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI confirme sa volonté de réconcilier les fidèles catholiques de sensibilité différente, qui, tous, font partie de l'Eglise dont il est le Pasteur. Cela fait grincer les dents de ceux qui, de tous bords, voudraient bien continuer à se quereller et à se jeter des anathèmes. 

Après avoir dans son motu proprio Summorum Pontificum  (voir mon article La messe tridentine est extraordinaire ) redonné toute sa place à la forme extraordinaire de la liturgie romaine, ce qui ne va toujours pas sans résistance de la part d'évêques rétrogrades (voir mon article L'évêque de Chicoutimi oppose la lettre juridique à l'esprit de paix ), il montre l'exemple, à Brindisi, le dimanche 16 juin dernier. Ce jour-là en effet il donne la communion aux fidèles à genoux sur un prie-Dieu et dans la bouche.

Son cérémoniaire, Mgr Guido Marini, dans un entretien accordé à l'Osservatore Romano du 26 juin suivant (ici), déclare que cette pratique est destinée à devenir habituelle lors des célébrations papales : "Il ne faut pas oublier que la communion dans la main reste, du point de vue juridique, une exception à la règle universelle, concédée par le Saint Siège aux Conférences épiscopales qui en ont fait la demande".

Mgr Guido Marini explique que cette façon de distribuer la communion, sans rien enlever à la distribution de la communion dans la main, "montre mieux la vérité de la Présence réelle dans l'Eucharistie, (qu') elle aide à la dévotion des fidèles, (qu') elle introduit, avec plus de facilité, au sens du mystère".

Il conclut à ce propos : "Ce sont des aspects qu'à notre époque, pastoralement parlant, il est urgent de souligner et de retrouver". Autrement dit les deux façons de distribuer la communion, debout et dans la main, à genoux et dans la bouche, continueront de coexister, mais la seconde est préférable.

Pour dire vrai il n'est pas rare que, dans une même église, où la liturgie ordinaire est célébrée, des fidèles communient dans la bouche, voire se mettent à genoux pour ce faire. Ils ne sont plus regardés comme des extra-terrestres. Ce qui est un progrès en vue de la réconciliation.

Dans la communion à genoux et dans la bouche, je vois, pour ma part, la manifestation de la vertu chrétienne d'humilité, que traduisent l'agenouillement et le sentiment d'indignité de seulement toucher avec la main au Corps du Christ.

Francis Richard

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 08:40
A la suite de mon articleLa messe tridentine est extraordinaire , un internaute du Canada , m'adresse ce message que je publie volontiers :

Bonjour,

Cette (mauvaise) nouvelle pourrait vous intéresser :

L'ÉVÊQUE DE CHICOUTIMI S'OPPOSE À LA MESSE TRIDENTINE

"C'est officiel : l'évêque de Chicoutimi (Canada), Mgr André Rivest, s'oppose à la Messe tridentine et n'appliquera pas le Motu proprio "Summorum Pontificum" dans le diocèse.

Le curé de la paroisse Sacré-Coeur, Mgr Jean-Roch Gaudin, a écrit un texte dans le feuillet paroissial qui annonce de manière officielle que l'évêque de Chicoutimi, Mgr André Rivest, n'appliquera pas le Motu proprio "Summorum Pontificum" dans le diocèse suite à la demande qui lui a été faite par 130 fidèles.

Voici le texte de Mgr Jean-Roch Gaudin :

1. En juillet 2007, le St-Père a étendu à l'Église entière la possibilité de célébrer la messe selon les livres liturgiques promulgués le 23 juin 1962, soit avant le Concile Vatican II. On appelle cela la "forme extraordinaire" de la messe. En langage liturgique, le mot "extraordinaire" signifie exceptionnel. Lors de la célébration sous cette forme extraordinaire, le prêtre célèbre la messe en latin et dos au peuple, comme autrefois, et les participants communient à genoux et sur la langue. La forme actuelle de célébrer la messe est la "forme ordinaire".

2. Il y a un mois, une pétition signée par 100 personnes m'a été présentée, me demandant l'autorisation d'avoir une messe une fois par mois sous la "forme extraordinaire", dans une des trois églises de la paroisse, de préférence à l'église du Christ-Roi. Selon le Motu Proprio du St-Père, j'avais le pouvoir d'autoriser cette requête.

3. Mais, comme les signataires venaient principalement de différentes paroisses du diocèse et par solidarité avec la pastorale d'ensemble du diocèse, j'ai cru bon consulter Mgr André Rivest, le premier Pasteur du diocèse, et en même temps lui soumettre la pétition pour qu'il donne une orientation diocésaine à ce sujet.

4. Mgr Rivest a consulté son Conseil presbytéral (composé de différents prêtres du diocèse) le lundi 19 mai dernier et le lendemain il m'a téléphoné pour me dire qu'il croyait bon de ne pas accorder l'autorisation de célébrer la messe sous la "forme extraordinaire" dans le diocèse pour les raisons suivantes :

a. Le Motu Proprio dit : "dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la messe sous sa forme extraordinaire" (art. 5-1). Ni dans la paroisse Sacré-Coeur, ni dans le diocèse, il n'existe de groupe stable. Les signataires de la pétition ne forment pas un groupe stable, un groupe permanent, une communauté en tant que telle, mais un ensemble de personnes dispersées dans le diocèse qui, très majoritairement, n'ont pas de lien continu entre elles.

b. L'Évêque a comme rôle de protéger l'unité dans le diocèse et il a l'autorité et la responsabilité sur la liturgie et sur la pastorale des fidèles. L'autorisation de célébrer des messes sous sa "forme extraordinaire", sera source de division parmi les prêtres et les fidèles et l'impact d'une telle célébration risque d'être négatif.

c. Parmi les critères mis de l'avant par le St-Père dans son Motu Proprio, l'évêque doit examiner si les demandeurs et les prêtres eux-mêmes ont la formation liturgique et une "certaine familiarité" avec la "forme extraordinaire" du rite latin, de même qu'une bonne connaissance de la langue latine que le pape Benoît XVI lui-même juge nécessaires pour une célébration fructueuse selon la "forme extraordinaire". Or, parmi les signataires très peu peuvent répondre positivement à ces critères.

5. Après avoir consulté mon équipe pastorale, je suis totalement en accord avec la position de Mgr Rivest qui m'a demandé de vous faire part de sa décision. Je n'autorise donc pas la célébration de la messe sous sa "forme extraordinaire" dans la paroisse Sacré-Coeur (photo ci-dessus).

6. Cependant, les personnes qui désirent avoir une telle messe, peuvent se rendre à l'église St-François-d'Assise, 1381, 1ère Avenue, Limoilou, Québec, tous les dimanches et les jours de fête, à 10 heures (messe chantée).

Mgr Gaudin a même affirmé : "Mon article annonce officiellement et publiquement la position de l'«évêque et la mienne. J'espère qu'avec mon article, l'histoire va se terminer. Autrement, je vais me poser de sérieuses questions sur le sens du respect et de l'obéissance à l'autorité de la part de ces personnes. Ce n'est pas le Pape qui est le premier responsable pastoral et de la liturgie du diocèse, mais l'évêque. Et les Papes ont l'habitude de respecter cette responsabilité, à moins de raisons très très très graves.

Le Pape n'interviendra sûrement pas sur ce dossier et n'obligera sûrement pas notre évêque à offrir une messe tridentine dans le diocèse. Il lui demandera seulement des informations supplémentaires et il le respectera dans sa décision. L'Évêque aura perdu du temps inutilement".

Pour plus de détails, vous pouvez visiter le blog :
http://motupropriochicoutimi.over-blog.com/

Bien à vous,

Léonard Murphy

Mon commentaire :

Il est évident que l'évêque de Chicoutimi oppose la lettre juridique à l'esprit d'apaisement du Saint Père.

D'après le motu proprio Summorum Pontificum (
Art. 5, § 1) :

"Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église."

Le Saint Père ne donne pas de définition de ce qu'est un groupe stable de fidèles, mais 130 personnes ne sont pas quantité négligeable, et les rejeter comme le fait l'évêque de Chicoutimi est pour le moins peu charitable et contraire à l'esprit de réconciliation voulue par le Saint Père. Se baser sur le fait que les dits fidèles sont répartis sur plusieurs paroisses du diocèse est un argument spécieux à une époque de grande mobilité.

Il existe toutefois un recours quand l'évêque du lieu fait la sourde oreille. Il ne faut pas hésiter à saisir la Commission pontificale Ecclesia Dei, comme le prévoit cet article du motu proprio (Art. 7.) :

"Si un groupe de fidèles laïcs dont il est question à l’article 5 § 1 n’obtient pas du curé ce qu’ils lui ont demandé, ils en informeront l’Évêque diocésain. L’Évêque est instamment prié d’exaucer leur désir. S’il ne peut pas pourvoir à cette forme de célébration, il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei."

Francis Richard

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 09:34

Quand le 7 juillet 2007 le Souverain Pontife, Benoît XVI, a publié son motu proprio « Summorum pontificum », je me suis demandé pourquoi il avait écrit que le missel romain de la liturgie conciliaire était l’expression ordinaire et le missel romain de la liturgie tridentine l’expression extraordinaire d’un unique rite romain.

 

Le Saint Père employait à dessein les qualificatifs d’ordinaire et d’extraordinaire pour les deux expressions vivantes de la liturgie romaine. On pouvait comprendre que par ordinaire il entendait l’expression la plus répandue et par extraordinaire l’expression à laquelle un nombre minoritaire mais non négligeable de fidèles était attaché.

 

Près de neuf mois après le début de la mise en application de son motu proprio, le 14 septembre 2007, en la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, je crois maintenant que le Saint Père était réellement inspiré par l’Esprit Saint, qu’il avait invoqué avant que de donner son texte à Rome ce 7 juillet de la troisième année de son pontificat.

 

C’est en observant les premiers résultats déjà obtenus, même s’ils déçoivent les impatients, et c’est en relisant, avec le recul, ce motu proprio que j’ai compris que derrière le sens premier d’extraordinaire il y en avait un second.

 

Les résultats obtenus ? Prenons le cas de la France. Selon le site de Paix Liturgique ici, qui porte bien son nom, il y a au moins 342 lieux de culte où la messe d’avant Concile Vatican II est  régulièrement célébrée, qu’elle le soit avec ou sans l’agrément de l’évêque, en parfaite communion ou non avec le Saint Siège. Il y a en cours, à l’heure actuelle, toujours selon Paix Liturgique, 153 demandes d’application du motu proprio et il y en a chaque jour de nouvelles.

 

A ce propos il est un fait nouveau qu’il convient de souligner. Des prêtres qui n’ont pas été formés dans un séminaire traditionnel se mettent à célébrer la messe tridentine. C’est en soi déjà un petit miracle, qui laisse augurer, j’espère, que la tunique déchirée de l’Eglise pourrait bien être en train de se recoudre.

 

Paix Liturgique parle de treize lieux de culte en Suisse où la messe tridentine est célébrée. Je lui signale amicalement qu’elle en oublie au moins six autres qu’elle peut trouver sur le site de Mysterium Fidei ici et qui sont agréés par l’évêque de Fribourg, Genève et Lausanne. J’ignore cependant s’il y a des demandes, comme en France, depuis la mise en application du motu proprio.

 

Mais revenons à l’emploi du terme extraordinaire par le Saint Père. Il écrit, dans son motu proprio, que « le missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII (…), en raison de son usage vénérable et antique, doit jouir de l’honneur qui lui est dû ». J’en conclus que le second sens qu’il faut entendre est celui d’exceptionnel non pas par la quantité mais par la qualité.

 

Dans un magnifique texte de mai dernier que vous pouvez lire sur le site de Mysterium fidei, l’abbé François Clément, à la messe duquel j’assiste de temps en temps, en la Chapelle Saint Augustin de Lausanne, tire les conséquences suivantes du motu proprio : 

 

-         « aucune (des) deux formes (liturgiques romaines) ne peut faire comme si l’autre n’existait pas »

-         il faut « se donner du mal pour que nos messes (selon la forme extraordinaire) soient encore plus belles et plus « convaincantes », plus paisibles et plus priantes »

-         il faut « user de patience »

 

Il conclut : « Ce qui est juste et vrai ne peut pas mourir. Ce qui a été inspiré par l’Esprit de Dieu, poli par les siècles et gardé vivant est encore là, sous nos yeux éblouis. La guerre cesse parfois aussi faute de combattants et on ne va pas se plaindre d’une certaine paix retrouvée ».

 

J’ajouterai que la forme extraordinaire de la liturgie me convient mieux que sa forme ordinaire parce que je suis moi-même un fidèle ordinaire, qui n’a rien d’extraordinaire.

 

Francis Richard

 

PS

 

J’emploie les expressions de messe conciliaire et de messe tridentine par commodité bien que je sache fort bien qu’elles sont inexactes. Les puristes me pardonneront.

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  • : Le blog de Francis Richard
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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