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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 19:30
Max Göldi emprisonnéLa décision du Conseil fédéral est tombée hier : il est prêt à renoncer à sa liste noire interdisant à des ressortissants libyens de se rendre en Suisse, si, tenez-vous bien, la Libye renonce à son interdiction d'entrée faite aux citoyens de l'espace Schengen.

La Suisse aurait donc apparemment cédé à la pression inamicale de l'Union européenne. Dans cette affaire je suis étonné par ceux, parmi les commentateurs et les hommes politiques, qui jouent les étonnés. Il y a huit jours j'écrivais [voir mon article Comment,en refusant des visas à des Libyens,la Suisse a poussé à bout l'Italie ] :

"J'attends avec impatience de voir si ces pseudo-démocraties européennes finiront toutes, à l'instar de l'italienne, par lécher les babouches du dictateur libyen.

Jusqu'à preuve du contraire - j'espère me tromper - nous y sommes presque.

Voyons cependant de plus près le communiqué du Conseil fédéral publié hier ici :

"Dans le cadre de la médiation de l'Union européenne (UE), le Conseil fédéral est prêt à lever dans les meilleurs délais la liste instituant une interdiction d'entrée et de transit sur territoire suisse pour certaines catégories de ressortissants libyens. Il attend que la Libye lève également sa liste d'interdiction d'entrée des citoyens de l'espace Schengen en Libye.


L'objectif de la Suisse reste la libération de M. Max Göldi. Pour ce faire, la Suisse est prête à continuer à négocier sur la base des propositions des deux médiateurs européens
."

Rappelons que la Libye, suite à l'interdiction - en novembre 2009 - d'entrée en Suisse signifiée à 150 de ses ressortissants - la Libye parle de 188 - a décidé d'interdire l'entrée de son territoire aux citoyens de l'espace Schengen le 15 février 2010. Soit plus de trois mois plus tard ... 

Pourquoi la Suisse avait-elle dressé cette liste d'indésirables ? Parce que les deux otages suisses retenus en Libye avaient disparu pendant près de sept semaines. Quand ils étaient réapparus, la Suisse n'avait pas renoncé à sa liste en apprenant trois jours plus tard que Rachid Hamdani et Max Göldi, les deux otages, seraient jugés par la justice aux ordres du régime de Kadhafi ... pour des infractions imaginaires.

Si la Suisse renonçait à sa liste sans autre contrepartie que la levée de l'interdiction d'entrée en Libye faite aux citoyens de l'espace Schengen, cela signifierait que l'Union européenne a préféré les intérêts économiques de certains de ses membres - l'Italie et Malte, pour ne pas les nommer - et ceux de Kadhafi à la défense de ses principes et des pays qui ont passé des accords avec elle. Cela reviendrait également à dire que l'Union européenne met sur le même pied une dictature et une démocratie.

Il semble que cela ne soit pas le cas, si l'on en croit cette dépêche de l'ATS de ce jour
ici  et si l'on interprète avec optimisme le deuxième paragraphe du communiqué du Conseil fédéral, où il fait confiance aux deux médiateurs européens, que sont l'Espagne et l'Allemagne, pour résoudre la crise :

""La Suisse a fait montre d'un grand sens des responsabilités", a déclaré Michele Cercone, porte-parole de Cecilia Malmström, commissaire en charge des Affaires intérieures et de la Sécurité.


"La Commission invite la Libye à reprendre la délivrance de visas et à libérer Max Göldi sans délais", a-t-il ajouté. "Nous espérons être à un tournant de ce contentieux et qu'une solution diplomatique sera trouvée le plus tôt possible"".

Tout dépend maintenant du lunatique et colérique Muammar Kadhafi.

Les Etats-Unis et l'Union européenne se présentent comme des grandes puissances qui défendent le droit et la morale. En réalité elles fabriquent des lois qui permettent à leurs dirigeants de contourner le droit et la morale. 

L'utilisation par Obama de la procédure de "réconciliation", détournée de son objet [
L'obamagouille pour faire passer la réforme américaine de la santé ], en est un exemple récent : il est heureux que des sénateurs républicains aient mis à jour des irrégularités patentes dans le texte final présenté devant le Sénat et que la délirante réforme de la santé doive être revotée ici.

La menace d'utilisation, par l'Italie et Malte, de l'article 26 du nouveau code communautaire des visas, applicable dès le 5 avril prochain, est du même acabit [voir mon article
Comment,en refusant des visas à des Libyens,la Suisse a poussé à bout l'Italie ]. Il s'agirait de déroger à la règle qui veut que le refus de visas par un pays de l'espace Schengen s'étende à tous les autres, alors que ce dispositif en est justement le principal atout.   

Il faut espérer que, dans le cas présent, le Conseil fédéral ne sera pas, et la Suisse avec, victime d'un de ces tours de passe-passe, et que l'Union européenne, ayant obtenu que la Suisse lâche la proie pour l'ombre, ne la laisse pas tomber.

En attendant, Max Göldi [la photo de son arrestation, ci-dessus, provient d'
ici], le dernier otage suisse retenu en Libye, est retourné en prison depuis plus d'un mois. Si cela continue, cet innocent aura bientôt purgé toute sa peine arbitraire de quatre mois, sans compter les centaines de jours qu'il aura passées contre son gré sur le sol libyen... pour s'être trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.

Francis Richard

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

Rappel des précédents articles sur l'affaire Kadhafi :

Comment,en refusant des visas à des Libyens,la Suisse a poussé à bout l'Italie du 17.03.10
Le jihad new-look de Kadhafi en réponse au vote sur les minarets du 10.03.10
Le ridicule ne tue pas, sinon Muammar Kadhafi avec son jihad... du 03.03.10
Otages suisses: la Libye, Etat voyou, a fauté en défiant Schengen du 23.02.10
La Libye de Kadhafi retient depuis 500 jours deux Suisses en otage du 01.12.09
Le gang Kadhafi, père et fils, et l'initiative anti-minarets du 22.10.09
Retour sur la 64e session de l'ONU et le bras de fer Kadhafi-Merz du 01.10.09
Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... du 08.09.09
Affaire Kadhafi : en attendant le retour des deux otages. du 27.08.09
Affaire Kadhafi : C'est la honte ! Hans-Rudolf Merz a fini par se coucher du 20.08.09
La prise d'otages en Iran comme en Libye est une politique de dictature du 11.08.09
Affaire Kadhafi : avant de franchir les 2 derniers millimètres du 23.07.09
Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi du 29.06.09
L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation du 24.04.09
Kadhafi réclame 300'000 francs à la Suisse pour jouer au Père Noël  du 24.12.08
Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses  du 9.10.08
Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  du 13.08.08
Affaire Kadhafi : trompe-l'oeil du parallèle entre Libye et Suisse du 31.07.08
Affaire Kadhafi : baisser son pantalon en étant dans son bon droit du 29.07.08
L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris du 25.07.08

Nous en sommes au

614e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi

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Published by Francis Richard - dans Suisse
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commentaires

Ben Palmer 27/03/2010 16:07


Pour ceux qui n'ont pas le mémoire défaillante: Il y a quelque 2 ans, l'intervention de l'état américaine aux niveaux des prêts hypothécaires (prêts sans sécurité à des taux près de zéro) s'est
terminé par un crash économique avec des répercussions mondiales.
Tout le monde a pointé du doigt sur les banques et l'industrie pour demander de nouvelles mesures étatiques de serrage de vis.

Aujourd'hui c'est tout un état qui ne sait pas gérer ses finances, malgré la règlementation et le contrôle par les institutions de l'UE.

La leçon qu'il faut en tirer: les politiciens n'ont ni plus de compétence ni plus de savoir que l'industrie privée. Mais quand la politique se trompe, les dégâts ne sont pas seulement limités à une
région, une industrie ou un secteur industriel, les dégâts sont universels et le contribuable paie.

Non, il ne faut pas aider la Grèce, et je ne comprends surtout pas pourquoi c'est le contribuable allemand qui devrait payer les pots cassés. L'Allemagne elle-même est aussi au bord de faillite,
ses dettes atteignent plus de 70% du PIB, sans compter les rentes à payer aux futurs générations.

Encore une raison pour ne pas adhérer à l'UE. La solidarité financière est mal placée quand le contribuable n'a absolument aucune influence sur les dépenses de son propre pays et encore moins sur
les galipettes d'un pays qui vit dans la corruption comme la Grèce.


Francis Richard 27/03/2010 16:10



Je suis parfaitement d'accord avec ce que vous dites.



Le passant ordinaire 27/03/2010 06:13


Ben Palmer
Que la Suisse fasse partie de l’UE ne change rien. La Grèce est-elle écoutée et aidée ? La raison est un non catégorique car l’hideuse teutonne Angela Merkel dirige l’Europe et tous les autres pays
s’aplatissent devant cette ex communiste. Hier il fallait voir les grimaces du comique hexagonal pour tenter de se faire remarquer et donner le change. Attention le Portugal et l’Espagne sont dans
le collimateur de l’UE, seront-ils eux aussi aidé ? On peut en douter.

MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS
vous avez absolument raison la Suisse n’a plus d’honneur. Hier le fromager appenzellois signe des accords qui risquent fort de ne point être ratifié car la haine des Suisses allemands envers les
Teutons est incommensurable. Les parlementaires déploieront des trésors d’ingéniosité pour faire capoter ces accords tout comme l’achat du fer à repasser français cet avion dénommé Rafale.

Dans l’affaire nous opposant au grand chamelier hirsute Kadhafi qui vivra verra. Dans le pire des cas le ministre des affaires étrangères italien se foutra encore une fois des Suisses oubliant que
les Tessinois veulent diminuer drastiquement le nombre de frontaliers italiens.

Quant à nous il nous reste quelques armes de taille :

1) Le boycott des stations d’essence Tamoil

2) La mise en demeure voire la fermeture de la Raffinerie de Colombey n’est pas en règle en ce qui concerne la pollution.

3) Le sabotage des installations et des voies d’accès à la raffinerie.


Francis Richard 27/03/2010 09:03



Le passant ordinaire

Je crois que Ben Palmer est surtout très ironique...

Cela dit, je ne crois pas du tout que ce soit une bonne chose que l'Union européenne aide la Grèce. Ce serait encourager l'irresponsabilité de dirigeants qui ont géré leur pays de manière
déplorable. Le peuple grec doit s'en prendre à lui-même d'avoir choisi de tels dirigeants.

Ce sera bientôt le tour du Portugal et de l'Espagne, puis de la France justement, de payer la gestion calamiteuse de leurs dirigeants. Ce n'est donc pas pour rien que Sarkozy insiste pour que
l'Union vienne au secours de la Grèce. Il sait que le tour de la France viendra de devoir être secourue et il tient à ce que l'Union soit alors solidaire de son incompétence.

Il est pourtant immoral de faire payer à ceux qui gèrent bien les dommages provoqués par ceux qui gèrent mal. C'est aussi immoral de le faire pour les Etats que pour les
entreprises. 


Pour ce qui est de l'accord de double imposition entre la Suisse et l'Allemagne j'attends de voir ce qu'il contient. Mais il y a des chances que cet accord mal nommé - il vise à
empêcher la double imposition - soit un nouvel abandon des intérêts bien compris de la Suisse. Un accord signé par le Conseil fédéral peut heureusment toujours être refusé par le peuple qui a le
dernier mot. 



Ben Palmer 26/03/2010 09:45


"le Conseil fédéral est prêt à lever [..] la liste instituant une interdiction d'entrée []."

Sans condition aucune ! Juste par gentillesse. Mais la Suisse s'attend quand-même que la Libye lève sa liste d'interdiction, qui était provoquée par l'interdiction de la Suisse et qui devrait en
revanche devenir automatiquement caduque.

Quelle logique circulaire. Et l'UE n'est pas assez courageuse pour ajouter une condition, la condition sine qua non, qui devrait être attachée à cette levée de la liste Suisse (signataire de
Schengen) : la libération immédiate de Max Göldi.

Entretemps et sur une autre planète, la Commission des droits de l'homme fustige la votation suisse contre les minarets. Je l'admets, une grave et impardonnable violation des droits de l'homme que
de règlementer la construction de bâtiments. Beaucoup plus grave que de priver un individu de sa liberté pendant plus de 600 jours.


Francis Richard 27/03/2010 08:52


Cette "atteinte aux droits de l'homme" est d'autant plus grave que la liberté religieuse n'est pas affectée par l'interdiction des minarets... qui ne sont même pas une obligation
architecturale. 

Plus sérieusement cette interdiction de construire de nouveaux minarets est symbolique du refus préventif de l'islamisation par le pays comme le minaret l'est de la domination de
l'islam sur toute autre croyance et sur toute population environnante.

Il faut remarquer en outre que la résolution du Conseil des droits de l'homme a justement été votée par des pays qui ne respectent pas les droits de l'homme et qui sont des dictatures ou
assimilées.


MARTIN DESMARETZ de MAILLEBOIS 26/03/2010 08:24


Lorsqu'on se laisse gouverner par son portefeuille, on perd tout sens de l'HONNEUR ! Quand, en plus, on a les pieds empêtrés dans les fils tendus par les adeptes du gouvernement mondial, on est la
proie facile de l'araignée qui guette sa proie... Voilà notre situation. Et cette situation nous conduira à une nouvelle guerre mondiale "pas piquée des hannetons" !


Francis Richard 26/03/2010 08:33


J'espère que vous vous trompez...


Ben Palmer 26/03/2010 02:45


Cette affaire montre bien à quel point il serait avantageux pour la Suisse de faire partie de UE. Elle aurait son mot à dire ... et personne ne l'écouterait. Elle pourrait faire libre usage des
accords de l'UE et tous les autres membres se réuniraient derrière elle - comme un seul homme - pour la supporter ... comme dans le cas des accords de Schengen sur les visas.

Je me trompe ?


Francis Richard 26/03/2010 06:12


Hélas, non.


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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), je travaille dans les ressources humaines et m'intéresse aux arts et lettres.
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