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6 avril 2023 4 06 /04 /avril /2023 21:10
Merci à Michel Houellebecq pour sa tribune sur l'euthanasie et le suicide assisté dans Harper's

Dans son édition de février 2023,  le magazine Harper's publie une tribune de Michel Houellebecq, traduite en anglais par Robyn Creswell, Sur l'euthanasie et le suicide assisté, intitulée La façon européenne de mourir, qui met le sujet d'actualité de la fin de vie en perspective.

 

En 2019 déjà, l'écrivain avait publié une tribune, dans Le Monde daté du 11 juillet, intitulée Vincent Lambert, mort pour l'exemple, qui sonnait comme un avertissement sur le risque qu'il y avait d'être hospitalisé en France et d'être ainsi à la merci de l'État qui décide de votre sort.

 

Michel Houellebecq montre d'abord dans cette tribune que le niveau ne cesse de baisser puisque Guy Debord s'est suicidé à l'ancienne, que Jean-Luc Godard s'est fait assister et que le prochain provocateur de génie optera sans aucun doute pour l'euthanasie médicalisée.

 

Un exercice mental consiste d'abord à imaginer que vous avez acquis, sur le dark web, du pentobarbital, un poison mortel, apparemment sans douleur, qu'un ami, pour qui la vie est devenue insupportable, vous demande de lui fournir et qui s'en sert quelques mois plus tard:

 

Comment vous sentiriez-vous ?

 

L'exercice continue en faisant l'hypothèse que ce soit un étranger qui vous demande de lui procurer du pentobarbital moyennant de l'argent, beaucoup d'argent. Si vous sautez l'obstacle éthique et que vous envisagez de vous lancer dans ce business, il vous déconseille la Suisse:

 

C'est un marché très encombré.

 

Houellebecq est un agnostique: tous les opposants à l'euthanasie qu'il connaît sont des chrétiens fervents, mais il se sent mal compris par eux parce que ses motifs leur échappent. Il rappelle les termes du serment d'Hippocrate, qui vivait avant l'avènement du christianisme:

 

Je ne remettrai à personne une drogue mortelle si on me la demande, ni ne prendrai l'initiative d'une telle suggestion. De même, je ne remettrai pas non plus à une femme un pessaire abortif. C'est dans la pureté et la piété que je passerai ma vie et exercerai mon art.

[...]

Si j'exécute ce serment et ne l'enfreins pas, qu'il me soit donné de jouir de ma vie et de mon art, honoré de tous les hommes pour l'éternité. En revanche, si je le viole et que je me parjure, que ce soit le contraire.1

 

Emmanuel Kant a fait l'énorme effort intellectuel de dissocier la dignité humaine et la loi morale de la métaphysique, donc du christianisme. Pour lui, la dignité humaine prohibe le suicide. De nos jours, la dignité est devenu un mot sans signification, une blague de mauvais goût.

 

Houellebecq ajoute qu'il a l'impression que l'idée d'une loi morale est devenue plutôt obscure:

 

Petit à petit, et sans que personne ne fasse d'objection, ou même le remarque, notre loi civile s'est éloignée de la loi morale dont l'accomplissement devrait être le seul but. C'est difficile de vivre dans un pays où les lois sont permises si elles approuvent les actes qui n'ont rien à faire avec la moralité ou ferment les yeux sur les actes qui sont moralement abjects.

 

Il considère que le suicide assisté reste un suicide. Quand il apprend que quelqu'un s'est suicidé, il n'éprouve ni respect - il ne veut pas exagérer -, ni désapprobation, ni dérision. Il n'en va pas de même de l'euthanasie administrée par un médecin qui est près d'être approuvée 2:

 

C'est en train de devenir la façon européenne de mourir.

 

Cette façon européenne de mourir révèle notre faible respect pour la liberté individuelle et un appétit malsain pour le contrôle des gens, un état de choses que nous appelons trompeusement bien-être mais qui devrait plus précisément s'appeler servitude:

 

Ce mélange d'extrême infantilisation, par lequel on accorde à un médecin le droit d'ôter sa vie, et d'un désir impatient pour "ultime liberté" est une combinaison qui, très franchement, me dégoûte.

 

Dire que c'est la seule alternative humaine pour que les derniers jours, mois ou années, d'une vie ne soient pas remplis de souffrance insupportable, repose sur deux mensonges. En effet, contrairement à ce qu'on affirme:

- la souffrance physique peut être vaincue par des opioïdes;

- le temps qui reste à vivre est imprévisible et conforme, comme beaucoup de choses en ce monde, à une courbe en cloche.

 

Couper court aux adieux 3 est impie pour ceux qui croient et immoral pour n'importe qui: c'est le consensus des civilisations, des religions, des cultures qui nous ont précédés:

 

Ce n'est pas le rôle des médecins d'ôter la vie. C'est même tout le contraire. Et en France, nombreux sont les médecins qui s'opposent fortement à la légalisation de l'euthanasie. Ce n'est pas une responsabilité qu'ils sont désireux de prendre.

 

Ce qu'avaient imaginé des auteurs de science-fiction - internet, transhumanisme, quête d'immortalité, création de robots intelligents - est en passe d'être réalité. D'autres ont eu l'idée de l'euthanasie comme moyen de résoudre les problèmes économiques posés par le vieillissement de la population.

 

Dans le genre, le livre qui convainc le mieux de lutter contre l'euthanasie n'est pas Make Room! Make Room! de Harry Harrison, porté à l'écran sous le titre de Soleil Vert, mais The Test de Richard Matheson où les personnes âgées doivent réussir des tests de compétence pour éviter d'être libérées du poids de leur âge...

 

Francis Richard

 

1 - Ce n'est évidemment pas la version, revue et corrigée en 2012, figurant sur le site de l'Ordre des Médecins ...

2 - En France, après la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et l'Espagne.

3 - Le moment de dire adieu est possible avec le suicide assisté.

 

Publication commune avec LesObservateurs.ch

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30 mars 2023 4 30 /03 /mars /2023 20:45
La méthode Macron pour sortir des crises

Depuis qu'Emmanuel Macron a été élu, plusieurs crises se sont succédé et ont été résolues de la même manière, qui peut se résumer à quatre expressions: en même temps, quoi qu'il en coûte, nous sommes en guerre, emmerder. La première signifie faire diversion pour passer d'une crise à l'autre. La deuxième, utiliser l'argent magique pour parvenir à ses fins. La troisième, faire peur pour mieux soumettre. La quatrième, diviser pour avoir à l'usure ou pousser à bout.

 

FAIRE DIVERSION

 

Faire diversion, c'est saisir toutes les opportunités qui se présentent pour passer entre les gouttes d'un orage:

. La crise des Gilets jaunes, après le grand débat national, a été définitivement enterrée avec le confinement pour prétendument lutter contre la Covid-19.

. Le bilan désastreux du premier quinquennat a été escamoté par la guerre en Ukraine.

. Le risque de ne pas être réélu a été écarté en fabriquant un repoussoir: d'abord Eric Zemmour, puis Marine Le Pen.

. La réforme des retraites a été adoptée légalement (mais une loi peut être contraire au droit): le Conseil constitutionnel aura le dernier mot le 14 avril 2023. En attendant, la vie continue, alors pourquoi ne pas parler d'autre chose: école, santé, écologie, réindustrialisation, ordre républicain etc. ?

 

L'ARGENT MAGIQUE

 

Utiliser l'argent magique a permis:

. De calmer les ardeurs des Gilets jaunes.

. D'atténuer les rigueurs d'un confinement, non seulement inutile mais néfaste.

. De faire croire que les Français n'auraient pas à en régler la note si le Président était reconduit.

. De renvoyer l'ascenseur aux Cabinets de conseil qui avaient permis son élection.

 

FAIRE PEUR

 

Faire peur aux bourgeois, petits et grands, a été ou est le leitmotiv pour:

. Discréditer les Gilets jaunes en laissant faire ceux qui, à l'extrême-gauche, ont instrumentalisé le mouvement et commis des exactions.

. Discréditer ceux qui ramenaient à de justes proportions la pandémie de Covid-19 ou qui mettaient en doute, en connaissance de cause, que les vaccins soient la panacée ou les seuls remèdes.

. Discréditer, en les considérant comme des trouble-fête, ceux qui, réalistes, contestent l'avenir radieux promis par le ministre de l'économie: baisse du chômage, croissance retrouvée1.

. Discréditer ceux qui s'opposent à la réforme des retraites en mettant l'accent sur les violences perpétrées par des extrémistes de gauche, qui sont des alliés objectifs.

 

DIVISER

 

Diviser pour régner est une vieille recette qui marche pour avoir les récalcitrants à l'usure ou les pousser à bout:

. Diviser les Gilets jaunes entre eux et les isoler du reste de la population.

. Diviser les soignants entre eux après les avoir fait tous applaudir.

. Diviser les Français entre ceux qui profitent de l'État-providence (en accroissant son périmètre) et les autres, c'est-à-dire entre ceux qui sont assistés et ceux qui prennent des risques.

. Diviser les syndicats entre ceux qui sont réformistes et ceux qui sont jusqu'au-boutistes.

. Diviser les élus entre ceux qui sont les gentils et ceux qui sont les méchants, puis en inversant leurs rôles.

 

LA FIN DE LA MÉTHODE ?

 

La méthode Macron lui a permis jusqu'à présent de garder le pouvoir, ce qui est, semble-t-il, l'essentiel pour lui, car il ne se préoccupe guère du sort des autres, l'intérêt général étant pour lui une abstraction commode.

 

De faire diversion, de dilapider l'argent public, de faire peur et de diviser lui ont jusque-là réussi:

Chacun entend assez qu'il est fort louable à un prince de maintenir sa foi et vivre en intégrité, non pas avec ruses et tromperies. Néanmoins on voit par expérience de notre temps que ces princes se sont faits grands qui n'ont pas tenu grand compte de leur foi, et qui ont su par ruse circonvenir l'esprit des hommes, et à la fin ils ont surpassé ceux qui se sont fondés sur la loyauté.

( Machiavel, Le Prince, Livre de Poche classique, 1969)

 

Certes. Mais, comme il est dit dans La Cité de la peur (1994), le film d'Alain Berbérian : On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personnes une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes mille fois...

 

Francis Richard

 

1 - Les chiffres sont des êtres fragiles qui, à force d'être torturés, finissent par avouer tout ce qu'on veut leur faire dire. Alfred Sauvy

 

Publication commune avec LesObservateurs.ch

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22 mars 2023 3 22 /03 /mars /2023 23:55
Emmanuel Macron ou le plus grand commun diviseur

Pour le président Emmanuel Macron, seuls les élus du peuple sont légitimes: lui-même - charité bien ordonnée commence par soi-même -, les parlementaires, les syndicats. Mais le peuple en soi, qu'il réduit avec mépris à une foule, ne l'est pas.

 

Quand il dit aimer ses compatriotes, il fait le tri. Ceux qui ne sont pas élus, ou qui ne lui sont pas soumis, sont des factions ou des factieux. Il y a pour lui des Français qui sont plus légitimes que les autres et avec lesquels il condescend à parler.

 

Il constate qu'il n'y a pas de majorité alternative puisque les deux motions de censure ont échoué, mais il oublie de dire qu'il n'a qu'une majorité relative et laisse à Mme Borne la responsabilité de n'avoir pas voulu soumettre sa réforme au vote.

 

Il prétend avoir le sens des responsabilités. Entre les sondages et le court terme, il choisit l'intérêt général, concept indéfinissable, qu'il est le seul à connaître, quitte - saluons sa bravoure ou bien sa témérité - à endosser l'impopularité du peuple.

 

Dans l'intérêt supérieur du pays, la réforme des retraites serait nécessaire et son seul regret est de ne pas avoir réussi à en convaincre les Français, alors qu'il est évident que la retraite par répartition, pour perdurer, ne peut garder les mêmes règles.

 

La retraite par répartition 1 est le problème, mais il n'est pas question de remettre en cause cette filouterie étatique, dont il est pourtant bien conscient qu'elle repose sur un système de Ponzi. Lors de son entretien télévisé du 22 mars 2023, il l'avoue:

 

Nous avons un système par répartition, ce qui fait que ce sont nous les actifs qui finançons aujourd'hui les retraites. On ne finance pas les nôtres.

 

Vu l'espérance de vie et la démographie, dit-il, il est nécessaire de réformer ce système, comme le firent Edouard Balladur en 1993, François Fillon en 2003 ou Éric Woerth en 2010, oubliant de dire qu'il faudra de toute façon recommencer...

 

Il est responsable mais pas coupable: ce n'est pas de sa faute si les comptes se sont dégradés; c'est la faute à la Covid, à la guerre, à l'inflation, qu'il a favorisées avec le quoi qu'il en coûte, les sanctions contre-productives, l'accroissement de la dette:

 

Pendant des décennies nous avons 2 habitué le pays à dépenser et à ne plus produire, ou produire de moins en moins.

 

Les Français ne comprennent pas qu'il y ait eu tant d'argent magique pour remédier à ces calamités étatiques et qu'il faille encore qu'ils paient de leur personne pour combler un petit trou comparé aux sommes colossales qui ont été dilapidées par ailleurs.

 

Pour ne pas discuter des sujets qui fâchent, le président Macron préfère parler d'avenir, c'est-à-dire d'autre chose, de réindustrialisation, de plein emploi, de loi de programmation militaire, de mieux-être à l'école, dans la santé ou l'environnement.

 

Il aura beau froncé les sourcils comme il l'a fait lors de l'entretien télévisé du 22 mars 2023, il n'est pas sûr que ses autosatisfactions sur le taux de chômage ramené à 7,2 % 3 et sur la réindustrialisation administrée par l'État dupent les Français.

 

Par ce froncement, les Français auront ressenti le mépris et non pas le souci qu'il a pour eux. Et ils ne l'auront pas cru quand il leur a dit qu'il aimait son pays et ses compatriotes, se souvenant de sa grossièreté à l'égard des soignants non-vaccinés.

 

Il joue avec le feu en divisant pour régner et en misant sur le pourrissement pour retourner la situation en sa faveur. Seulement ce plus grand commun diviseur n'a rien à perdre puisqu'il ne cherche pas à être réélu 4 , comme il le dit sans vergogne.

 

Francis Richard

 

1 - La retraite par capitalisation est taboue en France étatiste.

2 - Lui compris.

3 - Qui ne tient compte que des chômeurs de la catégorie A.

4 - La Constitution ne lui permet pas un troisième mandat.

 

Publié sur Contrepoints

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15 mars 2023 3 15 /03 /mars /2023 12:55
L'amoncellement de poubelles à Paris, symbole de la France grévicole

La réforme des retraites est rejetée par les Français, qui veulent pourtant conserver en même temps le système de répartition de leurs retraites, quoi qu'il en coûte.

 

Rappelons que ce système est un système de Ponzi, pour lequel son inventeur a été condamné aux États-Unis à plusieurs peines de prison au XXe siècle:

 

Un système de Ponzi est un système par lequel on rémunère les apports des clients précédents avec les apports des nouveaux. Ce magnifique système s'effondre quand les apports des nouveaux clients s'avèrent insuffisants pour rémunérer les apports des précédents.

 

(cf mon article du 9 septembre 2016)

 

UNE ESCROQUERIE LÉGALE

 

L'Assurance Vieillesse, née sous le régime de Vichy, est donc une escroquerie légale puisqu'elle consiste à verser les rentes de retraite à partir des cotisations des actifs.

 

Ce système s'effondre quand ces cotisations sont insuffisantes pour couvrir les rentes, en raison de la baisse de la démographie et de l'augmentation de l'espérance de vie:

 

Le COR estime que les comptes du régime des retraites français seraient excédentaires en 2022 (+3,2 Mds€ soit 0,1% du PIB), avant de redevenir durablement déficitaires (en moyenne sur les 25 prochaines années), et ce quelles que soient les hypothèses retenues.

 

(Conseil d'Orientation des retraites, COR, rapport de septembre 2022, in Rexecode du 20 septembre 2022)

 

LA FRANCE GRÉVICOLE

 

Qui fait grève en France contre la réforme des retraites? Surtout ceux qui ne risquent pas grand chose pour leur emploi: employés d'entreprises publiques et fonctionnaires.

 

Ainsi pour prendre l'exemple de Paris-poubelle, ce sont les éboueurs du secteur public qui font grève, tandis les éboueurs du secteur privé remplissent leur contrat:

 

Ce mouvement social n'a pas les mêmes conséquences dans toutes les rues de la capitale. Les services municipaux assurent la collecte des déchets des 2è, 5è, 6è, 8è, 9è, 12è, 14è, 16è, 17è et 20è arrondissement de la capitale. Dans les autres, ce sont des entreprises privées qui ont la charge du ramassage des poubelles.

 

(Sofiane Aklouf, BFM TV, 13 mars 2023)

 

LE SECTEUR PRIVÉ PALLIE LA DÉFAILLANCE DU SECTEUR PUBLIC

 

Dans la nuit du 13 au 14 mars, qui a collecté les déchets dans le 17ème arrondissement de Paris? Une société privée qui opère d'habitude dans les XVIIIe et Xe arrondissements.

 

Qui a décidé de recourir à Derichebourg, cette société privée? Ce ne peut être que la maire de Paris, Anne Hildago, à la demande du maire d'arrondissement, Geoffroy Boulard.

 

Les interventions sont priorisées pour la salubrité publique: déblaiement des marchés alimentaires, enlèvement des sacs poubelles au sol, sécurité des cheminements piétons.

 

(Johan Cherifi avec AG, BFM TV, 14 mars 2023)

 

EN MÊME TEMPS

 

En même temps, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et son premier-adjoint, Emmanuel Grégoire, soutiennent l'exercice du droit de retrait des éboueurs de la capitale:

 

Le meilleur moyen de remettre les éboueurs au travail, c’est de retirer la réforme. J’envoie un petit message de sympathie à nos agents. Ils sont les plus directement touchés par la réforme des retraites.

 

(Conférence de presse d'Emmanuel Grégoire, 13 mars 2023)

 

Un employeur soutient donc la grève de ses employés. On aura tout vu: Il y a bien quelque chose de pourri dans la ville de Paris, pour paraphraser le dramaturge d'outre-Manche.

 

L'ÉTAT-PROVIDENCE ?

 

Une fois de plus, l'État obèse est défaillant. Car dans tous les domaines où il intervient il échoue. Encore heureux que, en dépit de la doxa, un secteur privé existe encore.

 

Que faudra-t-il de plus pour que les Français ouvrent les yeux et se rendent compte que l'État n'est pas la solution mais le problème, ce dans tous les domaines?

 

Peut-être faudra-t-il attendre que l'État fasse faillite pour que leurs yeux se dessillent. D'autres pays en ont fait l'expérience et appris à leurs dépens que c'est la politique du pire.

 

Francis Richard

 

Publié sur Contrepoints et LesObservateurs.ch

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22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 20:00
Un trois millième billet, aujourd'hui

Écrire sur tout et sur rien, avec pour seule contrainte d'écrire en liberté.

 

C'est la seule ambition que j'ai eue en créant ce blog-notes le 24 mai 2008. C'est un pari que j'ai tenu et que je compte continuer à tenir tant que Dieu voudra bien me prêter vie et vigueur.

 

Au fil des ans, ce blog-notes s'est étoffé. Le 31 décembre 2013, je publiais mon millième billet et le 27 avril 2018, le deux millième. Aujourd'hui j'en suis donc au trois millième billet.

 

On parle beaucoup de retraite ces temps et on fait une fixette sur l'âge de départ. Je suis parti en retraite le 1er avril 2019, à 68 ans. S'il n'avait tenu qu'à moi, j'aurais volontiers continué.

 

Sans prétendre que ma dernière profession fut pénible, j'y ai, pendant des années, abattu beaucoup de travail, si bien que mon employeur a dû embaucher plusieurs personnes pour me remplacer.

 

Dans ma famille, la retraite n'a jamais été un but de l'existence. Mon grand-père paternel est mort à la tâche à 61 ans, mon grand-père maternel l'a prise à 76 et mon père à 72, pour à peine 5 ans.

 

Mon père avait commencé à travailler avec son père à 15 ans, après avoir obtenu son certificat d'études et suivi une formation de comptabilité chez Pigier. Il aura donc travaillé... 57 ans.

 

En qualité d'ancien responsable RH d'une entreprise, de plusieurs centaines d'employés quand je l'ai quittée, et gérant de la caisse de pensions commune à cinq entreprises, je connais le sujet.

 

La retraite par répartition est une escroquerie légale. En Suisse, elle est heureusement limitée à l'AVS. C'est la retraite par capitalisation, c'est-à-dire l'épargne de chacun, qui est la seule équitable.

 

En actualisant toutes les cotisations versées pendant mon activité professionnelle en France et en leur appliquant un taux de rente 1 raisonnable, je bénéficierais d'une rente française bien plus élevée.

 

Mais c'est un raisonnement que les politiques français, tous collectivistes, de quelque bord qu'ils soient, ne peuvent pas entendre parce que mérite et travail sont exclus de leur vocabulaire.

 

En voulant réformer une filouterie, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle soit un jour parée de vertus. Le principe des calamités de feu mon ami Michel de Poncins reste d'une brûlante actualité:

 

Une calamité d'origine publique conduit toujours à une autre calamité publique pour soi-disant corriger la première.

 

Francis Richard

 

1 - En Suisse, le taux de conversion.

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19 janvier 2023 4 19 /01 /janvier /2023 18:00
Taxer davantage les riches pour que tout le monde soit pauvre

Plus de 200 millionnaires viennent d'adresser une lettre aux participants, à Davos, du World Economic Forum, une fondation de droit privé, qui a lieu cette année du 16 au 20 janvier, sous la protection de 5000 militaires, aux frais des citoyens suisses, et sans leur consentement.

 

Les signataires, majoritairement des Américains, y demandent de les taxer davantage, eux les extrêmement riches, et de le faire illico presto. Pourquoi? Parce que c'est équitable économiquement et que les extrêmes sont insoutenables, souvent dangereux et rarement tolérés longtemps.

 

Ce n'est pas la première fois que de riches Américains demandent à être taxés davantage. Il y a quatre ans déjà deux hommes très riches, Warren Buffett et Bill Gates, sans doute honteux de l'être, demandaient à être davantage taxés pour que l'État finance davantage formation et santé.  

 

En fait, ce qui tourmente la conscience de ces millionnaires, voire de ces milliardaires, ce sont les inégalités, auxquelles il conviendrait de s'attaquer, surtout quand elles sont grandes, même si les inégalités sont naturelles à l'homme et sont d'autant plus grandes que l'État appauvrit:

 

Y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes.

 

Il suffit de considérer les pays où le périmètre de l'État croît et embellit. Quels que soient les impôts et taxes qu'il engrange, il n'y en a jamais assez et il s'endette toujours plus, quoi qu'il en coûte. Le résultat est mirobolant: les riches y sont appauvris 1 et les pauvres y deviennent plus pauvres. 

 

Si l'État, au lieu de s'occuper de ce qui ne relève pas de sa compétence, à savoir justice, armée et police, laissait à chacun la liberté de disposer du fruit de son mérite et de son travail, c'est-à-dire dépenser ou mettre de l'argent de côté pour investir, c'est alors que l'économie serait équitable.

 

Apparemment cette réalité économique passe très au-dessus de la tête de la Secrétaire Générale d'Europe Écologie Les verts, Marine Tondelier, qui rêve de et veut Une France sans milliardaires, ce qui se traduirait inévitablement par une France où tous seraient égaux, mais pauvres.

 

Un bon conseil donc aux signataires de la lettre aux participants du Forum de Davos: Installez-vous fiscalement en France, vous serez taxés à merci. Et, si vous voulez même être tondus pour votre repentance, ne lésinez pas à financer Europe Écologie Les Verts de Madame Tondelier.

 

Francis Richard

 

1 - À l'exception de ceux qui sont de connivence avec l'État.

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29 décembre 2022 4 29 /12 /décembre /2022 12:55
L'intelligence artificielle et l'accident vasculaire cérébral

Le terme d'intelligence artificielle est défini ainsi par le Larousse:

 

Ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence humaine. 

 

Comme l'explique Luc Julia dans son livre, L'intelligence artificielle n'existe pas, il faudrait donc plutôt parler d'intelligence augmentée, mais ce serait moins tendance, moins vendeur.

 

Le fait est que cette simulation de l'intelligence humaine, sans laquelle elle n'existerait tout simplement pas, peut rendre et rend déjà de signalés services, notamment en médecine, pour l'AVC.

 

Une des causes importantes de mortalité et d'invalidité est l'AVC, c'est-à-dire l'accident vasculaire cérébral. C'est un véritable fléau, comme le souligne le Ministère de la santé et des solidarités:

 

Chaque année, 150 000 personnes sont victimes d’un AVC, plus de 110 000 sont hospitalisées et 30 000 en décèdent. Cette pathologie représente la première cause nationale de handicap acquis de l’adulte : plus de 500 000 Français vivent avec des séquelles. Il représente aussi la 3ème cause de mortalité chez l’homme et la 2ème chez la femme, après les cancers et l’infarctus du myocarde.

 

Aussi toute avancée dans sa prévention et son diagnostic est-elle bienvenue. En Angleterre, une société, Brainomix, une émanation de l'Université d'Oxford, a mis au point un logiciel ad hoc.

 

Ce logiciel e-Stroke permet, à partir de l'examen des images du cerveau (scans), à des patients toujours plus nombreux de bénéficier du bon traitement, au bon endroit et au bon moment.

 

Le Ministère de la Santé britannique - il y a 85 000 AVC par an en Angleterre - a fait le 27 décembre 2022 deux annonces encourageantes, relatives à l'utilisation de ce logiciel au Royaume-Uni:

 

- la réduction du temps moyen d'interprétation des images du cerveau de 140 minutes à 79 minutes, la rapidité d'intervention étant le facteur déterminant pour éviter ou réduire les séquelles;

 

- l'augmentation, pour 111 000 patients ayant les symptômes de l'AVC (troubles de l'équilibre, maux de tête intenses, baisse de la vision), du taux de légèreté ou nullité du handicap, de 16% à 48%. 

 

En France, une société, AI-Stroke, implantée à Pérols dans l'Hérault, immatriculée le 1er janvier 2022, devrait, au cours de l'année 2023, i.e. demain, apporter sa solution à cette pathologie.

 

Ce qu'on appelle intelligence artificielle est donc une raison d'espérer pour les hommes, n'en déplaise à tous ceux qui s'opposent au progrès technique par idéologie ou qui décrient tout humanisme.  

 

Francis Richard 

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21 octobre 2022 5 21 /10 /octobre /2022 20:00
Les recours au 49-3 d'Élisabeth Borne

Art.49-3 de la Constitution:

Le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée nationale sur le vote d'un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l'alinéa précédent.

 

Recourir à l'article 49-3 n'est pas inhabituel sous la Ve République. Il y a eu, avant le ministère d'Élisabeth Borne, 89 recours à cet article, dont un seul en 5 ans, sous le ministère d'Édouard Philippe, lorsqu'il s'est agi, en 2020, d'instituer le système universel de retraite.

 

Mais cela ne veut pas dire, parce qu'elle est légale, qu'il faille utiliser cette procédure. Elle est surtout un aveu de faiblesse du gouvernement qui, sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, n'avait, alors, pas grand chose à craindre d'une majorité docile.

 

Comme une seule motion de censure a été adoptée, en 1962, depuis le début de la Ve République, le gouvernement, sait qu'il a peu de chances d'être renversé. D'autant que dans ce cas, le président pourrait employer son arme de dissuasion massive, la dissolution.

 

Plutôt que de seulement désigner un nouveau premier ministre et de renoncer aux projets de loi concoctés, le président pourrait en effet dissoudre l'Assemblée nationale et donner une nouvelle preuve d'autorité en renvoyant les députés devant leurs chers électeurs.

 

Devant ce triste spectacle, où les politiques français ne savent pas débattre, font preuve d'un ego démesuré et n'oublient surtout pas de se servir en premier, les Français seront de moins en moins enclins à accorder leur confiance à une démocratie aussi autoritaire.

 

Madame Borne, qui n'est que la voix de son maître, est comme lui: elle ne souffre pas que sa volonté ne soit pas faite. Avoir deux fois recours à l'article 49-3 en deux jours, en faisant croire qu'elle s'est montrée conciliante jusque-là mais qu'elle ne peut plus, est affligeant.

 

Francis Richard

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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 22:55
Le Président Macron ne pourra plus décider seul de tout

Pendant cinq ans le Président Emmanuel Macron a décidé seul de tout, avec une majorité de députés dociles. Il a été le Président Absolu de la République pour reprendre l'expression et le titre du dernier livre de Philippe Fabry.

 

Emmanuel Macron est donc le responsable au premier chef de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays et qui a été occultée par les épouvantails Zemmour puis Le Pen pendant la campagne des présidentielles.

 

Après cinq ans de surdité, il a prétendu ce soir avoir entendu les Français. Peut-être, mais il n'a toujours pas compris quel désaveu cinglant ils lui ont infligé et la confiance toute relative qu'ils lui ont accordée et dont il se targue.

 

En effet, après tout, il n'a obtenu le vote que de 20% des inscrits au premier tour et de seulement 38,5% au second. Maintenant, à l'Assemblée nationale, il ne dispose plus d'une majorité de députés obéissant à son bon plaisir.

 

Ce soir il a donné le spectacle de celui qui rejettera la responsabilité d'un éventuel chaos aux députés de l'opposition qui pratiqueraient l'obstruction à ses moindres volontés: il observera jusqu'où ils sont prêts à aller... avec lui.

 

Après cette période d'observation, qui durera le temps qu'il faudra, il dissoudra éventuellement l'Assemblée au moment opportun, c'est-à-dire quand ses conseillers en communication lui diront qu'il a des chances de l'emporter.

 

Éternel stagiaire, il faut comprendre que quand il dit: Nous devons collectivement apprendre à gouverner et légiférer différemment, il parle en fait de lui-même et que le nous collectif est un pluriel de majesté très personnel.

 

Emmanuel Macron a dit ce soir qu'il y avait des dossiers urgents à traiter, qu'il ne fallait plus augmenter la dette publique, ni les impôts, c'est-à-dire qu'il fallait faire au fond tout le contraire de ce qu'il a fait pendant cinq années.

 

La vision optimiste est de penser qu'Emmanuel Macron sera stoppé dans son élan de marche vers nulle part et qu'il ne pourra plus exercer la totalité de son pouvoir de nuisance. Il devra composer avec le Parlement qu'il méprisait:

 

La responsabilité de la majorité présidentielle est de s'élargir.

 

La vision pessimiste est de penser non pas que le pays sera ingouvernable. Le Parlement débattra, mais il ne votera jamais la diminution conjointe des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques, pourtant seule issue à la crise.

 

Le problème qui se pose n'est donc pas celui de la gouvernabilité. Emmanuel Macron restera quoi qu'il en coûte et quoi qu'il arrive, mais au moins il ne pourra plus décider seul de tout, pendant un temps, ce qui est une bonne chose.

 

Francis Richard

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31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 22:45
Si on refaisait le match Liverpool- Real de Madrid au Stade de France...

Ce qui s'est passé aux abords du Stade de France, samedi 28 mai 2022, pour la finale de la ligue des champions 1, opposant Liverpool au Real de Madrid, est malheureusement emblématique d'une France complètement à vau-l'eau.

 

Pour fuir leurs responsabilités, le Ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et la Ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, ont rejeté la faute sur la prétendue détention de 30'000 à 40'000 billets non valables par des supporters anglais.

 

Un peu d'arithmétique permet de dire que c'est du grand n'importe quoi. L'Équipe - elle n'est pas la seule - estime à 70'000 les supporters de Liverpool présents à Paris, dont un peu plus de 20'000 avaient une place au Stade de France 2 et 44'000 se trouvaient dans la fan zone du Cours de Vincennes...

 

Une enquête réellement indépendante devrait confirmer que les coupables du chaos au Stade de Farce 3 sont l'UEFA, en tant qu'organisatrice, le Stade de France, propriété de l'État, la Préfecture de Police, la RATP, propriété de l'État, les jeunes des cités venus jouer les trouble-fête, et non pas les supporters britanniques:

 

 - L'UEFA et le Stade de France, parce qu'ils n'ont pas su filtrer ceux qui arrivaient depuis la ligne D du RER, en ne mettant pas suffisamment en place de couloirs de fouille;

 

- La Préfecture de Police, parce qu'elle a fait lever ce filtrage, laissé passer les arrivants de la ligne D du RER pour mieux les bloquer sur l'esplanade, où elle a utilisé du gaz lacrymogène, notamment contre de paisibles familles de supporters de Liverpool, pourtant détentrices de billets valables;

 

- La RATP, parce que son personnel, fidèle à la tradition de gréviculture française, en arrêtant le travail ce jour-là, sur la ligne B du RER, a conduit les usagers à aller au Stade de France par la ligne D ou la ligne 13 du métro;

 

- Les jeunes 4 - et moins jeunes - venus des quartiers (pas seulement dionysiens) qui en ont profité pour escalader les grilles ou qui, à la fin du match, ont rançonné violemment des supporters britanniques, dont c'était décidément la fête ce soir-là.

 

Aussi l'image que donne ainsi la France n'est-elle pas de nature à la rendre crédible pour organiser en ce lieu, dans de bonnes conditions, des matchs de la Coupe du Monde de Rugby en 2023 ou des épreuves des Jeux Olympiques de 2024.

 

D'une manière plus générale, la France apparaît de moins en moins comme une destination touristique idéale, vu comment les Britanniques ont été les boucs émissaires de l'impéritie de son gouvernement en matière de sécurité. 

 

Évidemment, il est loisible de relativiser, comme l'aurait fait le dénommé Coluche, qui, par dérision, disait:

 

La France, comme elle est, c'est pas plus mal que si c'était pire. 

 

Francis Richard

 

1 - Cette finale aurait dû avoir lieu à Saint-Pétersbourg...

2 - Qui en contient quelque 81'000...

3 - Titre du quotidien anglais The Sun.

4 - Six d'entre eux, tous étrangers, mais aucun Britannique, sont ou seront jugés en comparution immédiate...

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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 20:30
Il ne fait pas bon être russe en ce moment, particulièrement en France

La guerre est une spoliation et les sanctions économiques sont une spoliation légale. Elles privent des gens, qui n’y sont pour rien, de leur projet de vie, de leurs libertés, de leur propriété, de leur personnalité. « Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme. » Frédéric Bastiat, La Loi (1850), écrivait Patrick de Casanove, dans Contrepoints le 17 mars 2022.

 

Les Russes et les Ukrainiens, qui ne sont pour rien dans la guerre engagée par Vladimir Poutine en Ukraine et à laquelle l'attitude de Zelensky n'est pas étrangère, sont atteints dans toutes ces dimensions humaines.

 

Il faut écrire les Russes et les Ukrainiens, car, en Occident, les larmes ne sont en effet aujourd'hui versées que sur le sort de ces derniers: les premiers appartiendraient au camp du Mal et les seconds à celui du Bien.

 

Les Ukrainiens qui fuient la guerre sont accueillis en Occident avec compassion et il n'y a rien à y redire. Mais les Russes seuls sont tenus responsables des décisions que prennent malgré eux les dirigeants de leur pays.

 

En l'occurrence on tient les Russes responsables de ce qu'ils sont et non pas de ce qu'ils font, alors qu'il n'existe pas de responsabilité sans enchaînement entre les actes commis et les conséquences qui en découlent.

 

Le mot russe suffit d'ailleurs pour susciter l'opprobre général dans les médias serves et chez les bien-pensants et pour pousser d'aucuns à des actes répréhensibles, qui sont à la fois punitifs et jusqu'à présent impunis:

 

- Le 28 février 2022, la Cathédrale orthodoxe russe a été découverte taguée;

 

- Dans la nuit du 6 au 7 mars 2022, le Centre culturel russe à Paris a été attaqué au cocktail Molotov (invention russe qui, par exception, ne soulève pas de réprobation).

 

Dans le domaine des arts et lettres, des patronymes russes sont devenus tabous:

 

- Dès les derniers jours de février 2022, les concerts du chef d'orchestre russe Valery Gergiev (l'un des plus sollicités au monde) ont été annulés à New-York, Paris et Milan, parce qu'il n'a pas fait son autocritique;

 

- Le 11 mars 2022, était connue la nouvelle de l'annulation d'un séminaire consacré à l'écrivain russe Dostoïevski, qui devait se tenir à l'université Biccoca de Milan;

 

- Le 19 mars 2022, des enseignants ont pétitionné pour que soit débaptisé en Vendée un collège Soljenitsyne (le grand dissident russe opposé au communisme), mais il n'est pas question de débaptiser dans la banlieue parisienne les nombreuses artères Lénine et Staline, pourtant russes.

 

N'échappent pas à l'ostracisme antirusse l'exclusion d'athlètes russes de rencontres sportives ou la fermeture de la chaîne russe RT France par la présidente non élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

 

Les sanctions économiques contre la Russie, qui sont de véritables actes de guerre sans déclaration, sont sans efficacité, sinon contre les populations des pays qui les appliquent, et s'étendent aux simples ressortissants russes.

 

Sous prétexte de nationalité russe, ils sont des dizaines à avoir vu leurs virements bloqués ou leur ouverture de compte refusée par des banques telles que la Société Générale ou BNP Paribas (Le Figaro du 31 mars 2022).

 

Toutes ces mesures vexatoires relèvent d'une mauvaise stratégie. Car, comme le disait l'académicien franco-russe Andreï Makine dans un entretien accordé à Alexandre Devecchio dans Le Figaro du 11 mars 2022:

 

C'est le meilleur moyen, pour les Européens, de nourrir le nationalisme russe, d'obtenir le résultat inverse de celui escompté. Il faudrait au contraire s'ouvrir à la Russie, notamment par le biais des Russes qui vivent en Europe et qui sont de manière évidente proeuropéens. Comme le disait justement Dostoïevski: "chaque pierre dans cette Europe nous est chère".

 

Francis Richard 

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

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21 mars 2022 1 21 /03 /mars /2022 23:45
En 2021 l'État français a dépensé un milliard d'euros en conseils privés

À l'initiative du groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), le Sénat a investigué pendant 4 mois sur l'influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques, en utilisant les moyens de contrôle renforcés des commissions d'enquête parlementaires1.

 

Le résultat de ces investigations, ce sont les deux forts volumes du Rapport d'information n°578 remis au Président du Sénat le 16 mars 2022. Le tome 1 de 361 pages constituant le rapport proprement dit, le tome 2 de 417 pages étant le recueil des auditions qui ont permis de l'établir.

 

UN PHÉNOMÈNE TENTACULAIRE

 

Les travaux de la commission d'enquête révèlent un phénomène tentaculaire. Les cabinets de conseil interviennent au coeur des politiques publiques, ce qui soulève deux principales questions: notre vision de l'État et de sa souveraineté face à des cabinets privés, d'une part, et la bonne utilisation des deniers publics, d'autre part.

 

Autrement dit le Président Arnaud Bazin, Sénateur Les Républicains, et Éliane Assassi, la Rapporteure (sic), Sénatrice CRCE, de ladite commission d'enquête se soucient surtout que des cabinets privés s'immiscent dans les affaires publiques et que les deniers publics soient mal utilisés.

 

UN MILLIARD DE DÉPENSES DE CONSEIL EN 2021

 

En 2021, les dépenses de conseil de l'État au sens large ont dépassé le milliard d'euros, dont 893,9 millions pour les ministères et 171,9 millions pour un échantillon de 44 opérateurs.

Il s'agit d'une estimation minimale car les dépenses des opérateurs sont plus élevées: [...] l'échantillon ne représente que 10% du total des opérateurs.

 

C'est un milliard d'euros qui s'ajoute aux plusieurs centaines de milliards d'euros de dépenses de l'État au sens large pour la même année, lesquels milliards ne semblent pas émouvoir outre mesure les membres de la commission sénatoriale...

 

Ce qui les interpelle, si le recours à des cabinets privés n'est pas chose nouvelle, c'est l'évolution desdites dépenses de conseil entre 2018 et 2021, c'est-à-dire pendant la présidence d'Emmanuel Macron: Les dépenses de conseil des ministères ont plus que doublé, avec une forte accélération en 2021 (+45%).

 

Ce qui ne correspond heureusement pas à l'évolution sur la même période de la totalité des dépenses publiques, qui sont de toute façon phénoménales (60,7% du PIB en 2021).

 

LE RÉFLEXE DU RECOURS À DES CONSULTANTS

 

La commission attribue cette évolution au réflexe que serait devenu ce recours à des consultants, même lorsque l'État dispose déjà de compétences en interne. Mais l'État dispose-t-il vraiment de compétences en interne? Telle est la question...

 

Il faut croire que non puisque les consultants sont intervenus sur la plupart des grandes réformes du quinquennat et qu'ils sont également appelés à la rescousse lorsque le Gouvernement est mis en difficulté sur un sujet.

 

Externaliser n'est-il pas l'aveu qu'en dépit de la pléthore de fonctionnaires - cinq millions et demi - l'État échoue à trouver en son sein les compétences lui permettant de conduire les affaires publiques? Encore faut-il cependant que les cabinets choisis soient compétents.

 

DES RÉSULTATS "INÉGAUX"

 

On peut en douter, vu les piètres résultats obtenus. Par exemple, la gestion de la crise dite sanitaire de la Covid-19, où trois cabinets, McKinsey (37,9%), Citwell (20,50%) et Accenture (16,10%), ont concentré 3/4 des dépenses de conseil n'a-t-elle pas été un fiasco économique et social?

 

On retiendra, par exemple, du rapport sénatorial que c'est McKinsey qui s'est occupé de la campagne vaccinale, et qu'il a, par exemple, facturé 957'674,20 euros (sic) pour préparer la réforme (avortée) des retraites et 496'800 euros pour la préparation  d'un colloque à l'UNESCO, finalement annulé...

 

CONFLITS D'INTÉRÊTS

 

Dans ses conclusions, la commission a évidemment raison d'exiger que les cabinets de conseil, les consultants et sous-traitants, fassent des déclarations d'intérêts. Si cela avait été le cas, on aurait peut-être évité que le cabinet McKinsey joue un rôle prépondérant auprès de l'administration Macron...

 

En effet, n'est-il pas fortuit qu'un des directeurs associés en France de McKinsey s'appelle Victor Fabius et qu'il soit le fils de Laurent Fabius, Président du Conseil Constitutionnel, lequel, comme on sait, a mis beaucoup de bâtons dans les roues de la République en marche?

 

À propos d'intérêts, le rapport n°578, page 219, révèle que le cabinet McKinsey défend bien les siens:

 

[Il] est bien assujetti à l'impôt sur les sociétés en France mais ses versements s'établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans, alors que son chiffre d'affaires sur le territoire national atteint 329 millions d'euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public, et qu'il y emploie 600 salariés.

 

UNE COMPÉTENCE DE MCKINSEY: L'OPTIMISATION FISCALE

 

N'est-ce pas là un autre aveu? En France, la fiscalité - il faut bien financer les dépenses toujours plus grandes de l'État obèse: le quoi qu'il en coûte macronien est à ce sujet emblématique - est tellement confiscatoire qu'elle conduit les entreprises qui veulent survivre, à optimiser au maximum.

 

L'optimisation fiscale est au moins une des compétences qu'il faut reconnaître à McKinsey. Évidemment ça la fiche mal pour l'État qui, jusque-là, se gardait bien de mots dire, tout en lui accordant sa manne...

 

Francis Richard

 

1 - Toutes les citations sont extraites de la synthèse du rapport n°578, sauf indication contraire.

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

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30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 23:00
Il n'y a pas que la Covid dans la vie

Depuis deux ans le monde occidental vit en fonction de la Covid-19. Que ce soit par incompétence ou par volonté délibérée, ses dirigeants ont fait perdre une par une aux populations les libertés individuelles qui lui ont pourtant permis d'arriver à un niveau de développement inédit depuis le début de l'humanité.

 

La France ne se distingue pas des autres pays. Aujourd'hui la propriété de soi et la propriété des biens honnêtement acquis sont remises en cause par la perte de ces libertés de circuler, de travailler, de se réunir et de s'exprimer, tout cela sous un fallacieux prétexte sanitaire qui est en réalité politique.

 

Il n'est pas question de nier l'importance des épidémies successives dues aux différents variants, mais force est de constater, comme le soulignait Stephen Davies dans le livre collectif Les défis de l'après-Covid, publié par l'Institut Libéral, que pour les infections virales, l'infectiosité et la gravité sont inversement proportionnelles.

 

Les deux courbes des cas et des décès dus au Sars-Cov2 en France sur toute la période jusqu'à ce jour le montre très clairement sans qu'il soit besoin de faire de commentaires:

 

Il n'y a pas que la Covid dans la vie
Il n'y a pas que la Covid dans la vie

Il ne faut donc ni minimiser ni exagérer la pandémie. Or exagérer, c'est ce que font les dirigeants pour justifier des mesures de plus en plus restrictives des libertés. Comme ils ont lâché la proie des remèdes pour l'ombre des vaccins (voir mon article du 18 février 2021), ils n'ont de cesse d'obliger les populations à se faire vacciner.

 

Pour leur faire accepter cette thérapie expérimentale qui n'a pas tenu ses promesses (Tous vaccinés, tous protégés), ils ont imposé le pass sanitaire et imposeront, bientôt, le pass vaccinal, qui sont des mesures politiques et non pas sanitaires puisque ces prétendus vaccins1 n'empêchent ni d'être contaminé ni de contaminer, s'ils protègent partiellement.

 

La dernière trouvaille des dirigeants est de culpabiliser les personnes qui ne veulent pas se faire vacciner en propageant une fausse nouvelle. Les non-vaccinés occuperaient indûment des lits de soins critiques dans les hôpitaux. C'est du moins ce que prétend la DREES, Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, du Ministère de la santé.

 

Pour y parvenir, cet organisme opère une règle de trois à partir du nombre théorique de 86% de vaccinés chez les plus de 20 ans. Alors que, au cours des trois derniers mois, sur 100 lits en soins critiques, 15 patients sont identifiés Covid-19, que 3 ne sont pas venus pour cette affection, mais que 6 vaccinés et 6 non-vaccinés sont venus pour cela, il y aurait neuf fois plus d'entrées en soins critiques parmi les personnes non-vaccinées... 

 

Dans un article paru dans le numéro 587 de Mars 2021, de la revue Population & Sociétés de l'INED, Institut national d'études démographiques, se trouve une figure sur les nombres de décès hebdomadaires attendus et observés d'août 2014 à février 2021, qui relativise l'épidémie de Covid-19 en France et montre qu'auparavant la vie continuait en dépit de grippes meurtrières:
 

Il n'y a pas que la Covid dans la vie

Il n'y a pas que la Covid dans la vie. Il y a d'autres virus à combattre et à continuer de combattre, et notamment le VIH, le virus de l'immunodéficience humaine. L'OMS lançait d'ailleurs une campagne le 1er décembre dernier et rappelait que, dans le monde, 37,7 millions de personnes vivaient avec, qu'en 2020, 680'000 en étaient mortes et 1'500'000 en avaient été infectées.

 

Aux États-Unis, la recherche continue tandis qu'en Europe occidentale, elle semble sommeiller. C'est ainsi que la BBC annonçait que la Food and Drug Administration des États-Unis a approuvé lundi 20 décembre une injection [de Cabotégravir, CAB-LA] destinée à prévenir l'infection par le virus responsable du sida, la première de ce type au monde.

 

Puissent ceux qui ne se rendent pas compte que l'État, qui veut s'occuper de la vie des Français dans ses moindres détails (santé, éducation, recherche, etc.), ouvrir les yeux avant qu'il ne soit trop tard et comprendre qu'il est le problème et non pas la solution à tous leurs maux et que, en se passant de lui, c'est-à-dire en étant libres, ils pourraient bien mieux vivre.

 

Francis Richard

 

1- Nul ne connaît leurs effets à moyen et long terme.

 

Publication commune avec lesobservateurs.ch

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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