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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 09:25

L'élection d'Obama à la présidence des Etats-Unis me plonge dans des sentiments métissés.

D'abord je ne suis pas un anti-américain obsessionnel. Je fais la différence entre les gens et les dirigeants. Je ne suis pas convaincu que l'aphorisme selon lequel les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent soit toujours approprié. Je n'assimilais pas les Etats-Unis à George Bush, je ne les assimilerai pas à Barack Obama. D'autant que, si l'écart du nombre de grands électeurs, entre Obama et McCain, est indiscutable, il est bien moindre au niveau du nombre de voix obtenues par chacun d'eux.

Ensuite l'Amérique est décidément le pays de tous les possibles : elle est capable de porter à la présidence un homme inconnu il y a quatre ans et d'exorciser les démons de son passé. Elle a un enthousiasme, qui, même quand je ne le partage pas, est rafraîchissant, et que j'ai scrupule à vouloir doucher. Elle a un dynamisme que l'on retrouve dans la façon même avec laquelle Barack Obama a fait campagne.

En qualité de catholique, c'est-à-dire de chrétien, pour qui tous les hommes sont dignes et respectables parce qu'ils ont en eux une parcelle de divinité - ils sont créés à l'image de Dieu - je ne peux que me réjouir que la couleur de la peau du candidat élu n'ait pas joué de rôle dans l'élection américaine, sinon peut-être de la part, compréhensible, d'afro-américains, et je ne peux trouver que délirant ceux qui veulent en tirer un argument dans un sens ou dans l'autre, comme l'a fait, par exemple, samedi dernier, Jean-Jacques Roth dans Le Temps (voir mon article Le délire obamaniaque de Jean-Jacques Roth dans "Le Temps" ).

Enfin, bien que je sache que les promesses du candidat Obama ne seront pas obligatoirement tenues par le président Obama, je ne peux qu'être inquiet qu'il soit comparé à Roosevelt aussi bien de la part de ceux qui le critiquent que de ceux qui l'adulent. Cela nous promet une durée de crise plus longue qu'elle ne devrait l'être. La religion de l'interventionnisme a fait sa réapparition (voir mon article Avec l'élection d'Obama une grande dépression économique est en vue  ) et Barack Obama en est, hélas, un fervent adepte.

Toutefois pour tempérer ce dernier propos, pessimiste, je terminerai en disant que les choses changent plus vite aujourd'hui que dans les années 30. C'est un bienfait de la mondialisation des échanges, à ne pas confondre avec le mondialisme, qui n'est que de... l'interventionnisme planétaire.

Francis Richard 

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 10:15

Son partenaire du double, Stanislas Wawrinka, lui avait dit, après sa désillusion en simple aux Jeux Olympiques, et avant de jouer avec lui un match en double aux mêmes JO: « Ce n’est pas la fin du monde ». Cette seule petite phrase avait eu pour effet de galvaniser celui qui fut, en simple messieurs, roi des courts de tennis pendant 237 semaines consécutives , et de lui faire décrocher avec son partenaire helvétique la médaille d’or en double.

Je ne sais plus lors de quel match Federer avait suscité de la part du commentateur télé une réflexion dont voici la teneur, en substance : « On a l’impression qu’il se rend au bureau et qu’il n’y va pas de gaieté de cœur ». C’est dire l’enthousiasme avec lequel il semblait jouer ces derniers temps, du moins avant cette révélation de l’or en double aux Jeux Olympiques.

Dans mon édito du 18 août ( La chute du roi Federer est toute relative  ) je constatais que Federer n’avait pas eu jusque là une aussi mauvaise saison que cela, « la pire des meilleures saisons » selon Franck Ramella dans L’Equipe ( ici ) d’hier. Certes il avait perdu sa couronne de premier joueur mondial, mais il avait obtenu des résultats dont bien d’autres joueurs auraient aimé pouvoir se targuer.

Dans les quelques matchs perdus par lui qu’il m’a été donné de regarder je voyais bien qu’il avait conservé toute sa suprématie technique, mais que mystérieusement il semblait soudain incapable de l’employer. Il semblait surtout qu’il n’avait pas le même plaisir de jouer que naguère, qu’il s’ennuyait, et que, tout d’un coup, au milieu d’une partie, il baissait les bras et qu’il n’avait plus même envie de se battre.

Fallait-il donc attribuer ces sautes d’envie aux séquelles de sa mononucléose ? En partie peut-être. Mais pas uniquement. Puisqu’il a fallu cette petite phrase toute simple de Wawrinka pour lui redonner du cœur à l’ouvrage. La suite a montré que ce n’était en effet pas la fin du monde pour « Rodgeur ».

Peut-être aussi la pression exercée sur vous quand vous êtes premier joueur mondial était-elle un plus lourd fardeau qu’on ne pouvait l’imaginer et que « Rodgeur » lui-même ne pouvait supporter, à la longue. Il fallait entendre d’ailleurs les commentaires qui ont été faits sur lui quand il est devenu certain qu’il perdrait sa couronne et la céderait à Rafael Nadal.

Parmi ces commentaires il y avait celui de Mats Wilander, après Wimbledon, qui avait dit que Roger Federer ne gagnerait peut-être plus de Grand Chelem. Dans L’Equipe d’hier il écrit : « Aujourd’hui, il m’a fait changer d’avis car il m’a montré autre chose. S’il joue comme ça, il peut gagner dix Grands Chelems de plus ». Ce qui prouve que Federer, joueur sympathique s’il en est, ne laisse pas indifférent et peut susciter des avis successifs contradictoires et peut-être excessifs.

Je terminerai par cette citation de « Rodgeur » après l’US Open que Franck Ramella reproduit dans L’Equipe d’hier: « Avant, je n’aimais pas les gens qui me battaient. Maintenant, je suis à l’aise avec tout le monde. J’apprécie vraiment la vie sur le circuit qui est relax ». Ce qui prouve que le roi, provisoirement déchu, a surtout réussi à vaincre son pire ennemi, c’est-à-dire lui-même.

Francis Richard 

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 20:00
Il est évidemment encore trop tôt pour dire si Roger Federer surmontera rapidement maintenant les déboires qu'il a connus en ce début d'année difficile, comparativement aux années précédentes, et qui lui ont coûté aujourd'hui 18 août sa première place dans le tennis mondial. Il dominait tellement ce dernier, et depuis tant de temps - 237 semaines consécutives -, que l'on avait oublié qu'il pouvait être vulnérable, donc détrônable.

On savait pourtant qu'il était humain. A preuve la création par lui d'une fondation dont le but est de financer des projets destinés à améliorer la situation d'enfants habitant des contrées défavorisés par l'enseignement et par le sport ( ici ). Mais on avait vu tant de fois au cours de ces derniers années qu'il avait en lui des ressources mentales hors du commun qu'on se prenait à penser qu'il surmonterait très vite, une nouvelle fois, l'adversité.

On savait que tout a une fin, mais ce garçon souriant était tellement sympathique, que l'on aurait voulu qu'il soit roi encore longtemps, pour le plaisir de contempler longtemps sa gentillesse. Il aura fallu la conjugaison d'au moins deux éléments décisifs pour que sa confiance en lui-même soit atteinte : une mononucléose et un adversaire redoutable et incontournable dans les grands moments.

Il s'est peut-être remis trop rapidement de sa mononucléose pour en être complètement guéri, et insuffisamment rapidement pour qu'il ait le temps de s'entraîner pour la saison. De plus le joueur hors pair qu'est Nadal a fait énormément de progrès au cours de la dernière année et avait trop d'ambition et de force de caractère pour jouer les éternels seconds. Il n'est certainement pas déshonorant d'être détrôné par un tel rival, qui n'a pas raté l'occasion.

S'il s'agissait d'un autre que Federer, les performances qu'il a réalisées depuis le début de l'année seraient considérées comme plus que remarquables, surtout compte tenu des circonstances. Il a été en finale de deux épreuves du Grand Chelem, Roland-Garros et Wimbledon, en demi-finale d'une autre épreuve du Grand Chelem, celle de Melbourne.

N'oublions non plus qu'il a été en finale à Monte-Carlo et à Hambourg et qu'il a remporté les tournois de Halle et d'Estoril. Si je compte bien il a remporté 45 victoires et essuyé 11 défaites. On peut donc dire que sa chute est toute relative, même si elle le place au 3ème rang de l'ATP Race derrière Nadal justement, et Djokovic, autre embusqué redoutable.

Il est donc important que Federer reprenne confiance en lui, car c'est surtout de cela qu'il s'agit. Aux Jeux Olympiques, avant d'être battu par Blake en quart de finale, il a montré qu'il pouvait sortir le grand jeu, celui du grand Federer, lors des précédentes rencontres. Aussi était-il réconfortant de voir la réapparition de son sourire après sa victoire en double aux côtés de Wawrinka en demi-finale, puis en finale. Il ne sera de toute façon pas venu pour rien à Pékin. 

Si l'on en croit les gazettes il a suffi que Stan dise à Rodgeur que son élimination du simple par Blake n'était pas la fin du monde pour que le bâlois ait un sursaut d'énergie et redevienne vainqueur, supporté par l'amitié de son compatriote vaudois. Cette solidarité dans l'épreuve, grande leçon de l'olympisme, lui aura au moins confirmé qu'il n'était pas seul au monde du tennis et que parfois les encouragements les meilleurs viennent tout simplement du coeur.

Francis Richard
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 20:00

Maintenant qu'Alexandre Soljenitsyne a rejoint l'Eternel, tout le monde, ou presque, chante ses louanges et j'en suis ravi, d'autant plus ravi que, depuis 35 ans, je suis un fidèle lecteur de l'écrivain russe et que je suis rarement en désaccord avec ses conclusions, si je ne suis pas toujours en accord parfait avec toutes ses analyses, que je suis enclin, sinon à réfuter, du moins à nuancer.

De cet engouement général je suis d'autant plus ravi que certaines louanges viennent de la part de personnes qui ont parfois dit beaucoup de mal de lui de son vivant, même récemment, et n'osent pas, par manque de courage intrinsèque, émettre une fausse note dans le concert laudateur actuel. Par charité chrétienne je ne donnerai pas de noms.

Cela dit, je constate que l'on identifie surtout Soljenitsyne à cette seule oeuvre majeure qu'est L'Archipel du Goulag. Ce qui me gêne un peu, parce qu'il ne faudrait pas, me semble-t-il, occulter le reste. Certes je ne dénie pas l'importance de ce livre monumental. Il est à la fois une somme de faits et de témoignages qui pourraient nourrir utilement l'acte d'accusation du communisme - dont le procès reste à organiser - et un pavé littéraire qui a provoqué un terrible tremblement de terre, à sa publication, grâce au talent et à la situation particulière de l'écrivain.

Avant Soljenitsyne, et même encore pendant un temps, les bons apôtres des média de l'époque refusaient d'ouvrir les yeux sur la réalité de l'univers concentrationnaire soviétique, dont les nazis s'étaient d'ailleurs inspirés abondamment, comme les historiens le découvrent aujourd'hui. Il y avait pourtant de nombreux documents et témoignages accablants, depuis des décennies, sur ce réel cauchemar, mais ceux qui les apportaient étaient systématiquement décrédibilisés, et diffamés, poursuivis parfois, et réduits au silence toujours.

Ce qui a changé avec Soljenitsyne, c'est qu'il a eu le prix Nobel de littérature en 1970, qui est une consécration de la bien-pensance, et qu'il n'a pas fui son pays. Il parlait de l'intérieur. Il était en outre un témoin qui avait souffert dans sa chair et dans son âme de ce régime abominable, auquel il avait cru au début, n'en ayant pas connu d'autres. Régime que d'aucuns osent encore défendre en prétendant qu'il en existe, ou peut en exister, des versions à visage humain.

Soljenitsyne n'est pas seulement un dissident engagé comme L'Archipel pourrait le laisser supposer, il est aussi un immense écrivain, que j'ai aimé tout soudain avec notamment la lecture de ces deux livres, pleins d'humanité et de spiritualité, que sont Le pavillon des cancéreux et Le premier cercle. Je suis particulièrement attaché à ce dernier livre, sans doute parce que j'ai eu la chance de rencontrer celui qui a servi de modèle à l'un des protagonistes, qui répond au nom de Sologdine.

Dans son appartement de Sèvres, près de Paris, j'ai en effet rencontré Dimitri Panine, après le bannissement de Soljenitsyne, le lendemain de l'arrivée de ce dernier à Francfort, en février 1974, où les deux amis de captivité avaient pu se retrouver en toute liberté après des années de séparation. Le Nouvelliste du Valais m'avait en effet demandé de m'entretenir avec lui pour ses lecteurs.

L'oeuvre de Soljenitsyne est immense, comme son talent, et je reconnais humblement ne pas avoir encore tout lu de La roue rouge par exemple. Mais j'ai lu avec beaucoup d'attention Comment réaménager notre Russie ?, Le problème russe à la fin du XXe siècle ou La Russie sous l'avalanche. Il me semble que les prémices de ces réflexions de l'écrivain russe sur son pays se trouvaient déjà dans le discours de Harvard sur Le déclin du courage. Il ne voulait surtout pas que son pays emprunte le même chemin dévoyé que l'Occident.

Dans ce discours, prononcé il y a trente ans tout juste à Harvard, Soljenitsyne attribue à plusieurs causes le déclin du courage, qui l'a frappé quand il est arrivé en Occident, en le regardant avec "un regard étranger". La cause première, selon lui, est le bien-être : "Même la biologie sait cela :  il n'est pas bon pour un être vivant d'être habitué à un trop grand bien-être". Je ne suis pas sûr que le bien-être dont nous jouissons soit trop grand, même s'il est infiniment plus grand que celui d'autres régions du globe. Je reste persuadé que le bien-être n'est pas la cause de ce déclin, mais l'éducation, de même que l'exemple, que l'on donne à ceux qui nous suivent.

Soljenitsyne s'en prend également au juridisme - "le droit est trop froid et trop formel pour exercer sur la société une influence bénéfique". Là encore l'éducation doit apprendre aux petits d'hommes quels sont leurs devoirs, qui vont de pairs avec leurs droits, et que l'on a tendance à négliger au profit de ces derniers. L'exercice des libertés n'est concevable que lorsque l'on appris à être responsables.

Soljenitsyne s'en prend à "la bienveillante conception humaniste selon laquelle l'homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu'il importe d'amender". Il est un peu trop facile de rejeter sur la société les maux dont on est responsable et que l'on porte en soi. Seule l'éducation, encore une fois, peut apprendre à s'améliorer et à se montrer dignes d'être des hommes.

Je terminerai par ce passage qui se trouve à la fin du discours de Harvard et qui ne laisse pas de nourrir mes réflexions depuis lors : "Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devient l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés".

Francis Richard

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 19:15

Migros Magazine publie cette semaine un entretien avec Eric Zemmour (ici) . L'hebdomadaire le présente ainsi : "Journaliste au "Figaro", chroniqueur chez Ruquier, Eric Zemmour a l'art de faire l'unanimité contre lui en défendant des incongruités comme le nationalisme, le machisme ou la culture classique. Dans son dernier livre, il s'en prend à l'antiracisme".

Ma première réaction en lisant cette introduction a été de poussser l'expression molièresque : "Ah le brave homme !"... En fait je serais malhonnête si je feignais de découvrir ce journaliste non conformiste. Si je lis peu Le Figaro et ne regarde pas On n'est pas couché, l'émission de Ruquier du samedi soir sur France 2, je me délecte tous les mois de la chronique de ce triste individu dans Spectacle du Monde.

Parce que l'antiracisme est une idéologie néfaste, de plus protégée par la loi - en Suisse c'est le fameux article 261bis du Code pénal qui permet aux bien-pensants de clouer le bec aux autres, et qui devrait bien être modifié comme Christoph Blocher l'envisageait - il est réjouissant que quelqu'un s'en fasse le pourfendeur, de surcroît avec raison, et sans le recours facile à l'émotion, et le mette dans le même sac que le féminisme.

Eric Zemmour dit donc dans cette entretien : "Le féminisme, l'antiracisme sont des causes de bien-pensants. C'est dans le milieu des pseudo-élites françaises et occidentales qu'on navigue sur cette ligne progressiste, féministe, antiraciste, une ligne que le peuple ne suit pas du tout". Et pour cause c'est une ligne suivie par des intellectuels dévoyés, refusant la parole au peuple quand ce dernier n'a pas l'heur de leur plaire.

Eric Zemmour précise : "Etre contre l'antiracisme n'est pas être raciste. Ne pas aimer le féminisme, ça ne veut pas dire ne pas aimer les femmes". C'est le bon sens même et cela va même mieux en le disant. Qu'est-ce donc que l'antiracisme ? "Une idéologie mise en place par d'anciens gauchistes qui avaient dû renoncer à leurs illusions et qui ont trouvé dans les immigrés une sorte de peuple révolutionnaire de substitution".

Là où Eric Zemmour met le doigt sur la plaie c'est quand il ajoute : "Plus grave, l'antiracisme est une manière détournée de mettre la race et les différences raciales au coeur de la politique. On n'a jamais autant parlé de racines, d'origines, de communautés que depuis que l'antiracisme règne en maître sur l'espace intellectuel". Ce faisant on joue avec le feu.

La mise en place de cette idéologie a évidemment été rendu possible par les mouvements massifs de population, résultant eux-mêmes du développement des moyens de transports. En France le modèle d'assimilation des immigrés "a explosé dans les années 70-80, c'est pour cela qu'il y a de la violence : chacun veut imposer son mode de vie, puisqu'il n'y a plus de modèle dominant. C'est ça le communautarisme. La France est un pays très fragile à ce niveau, puisque situé à l'épicentre de multiples influences".

Le paradoxe de l'antiracisme est donc qu'il attise un feu qui couve et qu'il se nourrit de ce qu'il prétend dénoncer. Eric Zemmour a le mérite de ne pas s'en laisser conter et de le dire tout haut, et rationnellement, tandis que beaucoup le pensent tout bas, et intuitivement. De fait il n'y a pas unanimité contre Eric Zemmour (voir le site de ses fans ici).

Francis Richard

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 19:17

L’honneur perdu d’un ordre d’avocats

L’histoire que je vais vous conter est édifiante et se passe en France. Elle montre à quel point la liberté d’expression est devenue le cadet des soucis de ceux-là mêmes qui devraient la défendre jusque dans les prétoires, je veux parler des avocats.

Comme je n’ai pas demandé à l’avocat, victime de ses pairs, si je pouvais raconter son histoire, et ne voulant pas lui nuire davantage, je ne donnerai ni son nom, ni celui de ceux qui l’ont ostracisé. Aussi bien l’essentiel n’est-il pas dans le cas particulier, mais bien dans ce qu’il révèle.

 Un avocat, après trente-sept ans d’exercice de son métier, décide de prendre sa retraite le 1er janvier dernier. Il demande donc au conseil de l’ordre des avocats, au tableau duquel il est inscrit, de bénéficier de l’honorariat.

Il faut savoir que l’honorariat permet à un avocat à la retraite de continuer à porter le titre d’avocat accolé de l’épithète honoraire. Il reste donc avocat, soumis aux obligations qui résultent du serment qu’il a un jour prêté.

Les avocats honoraires continuent à figurer, sous cette dénomination, au tableau de l’ordre des avocats et ils continuent de pouvoir accéder à tous les locaux réservés aux membres de l’ordre. Ils peuvent être consultés ou rédiger des actes sur autorisation du bâtonnier, mais n’exercent plus, autrement, la profession d’avocat.

Cette demande de l’honorariat est une formalité. L’honorariat n’est refusé que dans les cas de condamnations pénales relevant du droit commun. Il ne peut l’être d’ailleurs qu’après avoir entendu le demandeur. Dans 99,99% des cas il n’y a donc pas convocation de l’intéressé, ni donc  refus.  

 L’avocat dont il s’agit a toujours respecté les règles de la profession. Mais il est convoqué par ses pairs. Ce qui signifie qu’il est très sérieusement envisagé de ne pas donner une suite favorable à sa demande d’honorariat.

Effectivement l’honorariat lui est refusé au motif qu’il a été condamné pénalement en vertu, si je puis dire, de la loi Gayssot, une douzaine d’années plus tôt. Il a encouru cette condamnation – une forte amende – pour avoir commis un livre, dans lequel il contestait l’histoire officielle.

L'histoire officielle est la marque des pays totalitaires. J’ai à l’esprit deux exemples de remise en cause d’une histoire officielle : le génocide vendéen, nié pendant des décennies par la République française, et le massacre de Katyn, imputé aux nazis au procès de Nuremberg et commis en réalité par les soviétiques. Ce ne sont que deux exemples, mais il y en a bien d’autres.

Que la contestation de l’histoire officielle par cet avocat soit fondée ou non, ce ne devrait en tout cas pas être à la justice d’en juger. Qu’il faille promulguer une loi pour défendre une histoire officielle est d’ailleurs un aveu de faiblesse, puisque cela laisse supposer qu’elle a été promulguée pour faire taire ceux qui ne la gobent pas, et que l'on se trouve à bout d’arguments.  

L’avocat en question ne l’est donc plus, même sous la forme honoraire. Mais dans l’affaire c’est son conseil de l’ordre qui s’est déshonoré en assimilant un délit d’opinion à des délits de droit commun. Pour eux en somme commettre un livre anticonformiste est aussi déshonorant que de piquer dans la caisse.

Cette décision est surtout une manière d’avertissement, à l’égard de ceux qui ne veulent pas rester dans le rang, le petit doigt sur la couture du pantalon.

Francis Richard

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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 18:26
Pendant près de trois ans j'ai participé à l'aventure du Bureau Audiovisuel Francophone (BAF) de mon ami Adrien de Riedmatten. Les archives de ce blog sont toujours disponibles (ici). Le BAF s'est figé le 31 décembre 2007.

Avec 25 000 visiteurs par jour au moment de son décès, le BAF, pour reprendre l'expression chère à Jacques Laurent, est "mort en triomphe", ce qui vaut mieux que de mourir d'inanition.

Chroniqueur audio de Radio-Silence (
ici) depuis sept ans, j'y parle de la Suisse où j'ai le bonheur de résider. Je ne suis donc pas complètement absent de la toile. Mais l'écriture me manque.

Après quelques mois d'interruption involontaire d'écriture, je ne résiste pas à la tentation de reprendre la plume pour écrire sur tout et sur rien, avec pour seule contrainte d'écrire en liberté.

Francis Richard
 
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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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