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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 09:25
Avant que l'Ombre..., de Marie Javet

Avant que l'Ombre... n'en sorte, il faudra quelque six mois. Et quelques heures de lecture... Encore que. Marie Javet donne en effet au lecteur un avantage sur les protagonistes puisqu'il connaît son existence avant que les protagonistes n'en prennent conscience.

 

Les six mois d'aujourd'hui - à cheval sur 2014 et 2015 - ne peuvent en effet se comprendre sans retours dans le passé... S'il n'y a pas unité de temps, il y a unité de lieu puisque l'histoire se déroule dans une maison des hauts de Lausanne avec parc et vue sur lac.

 

Cette demeure est dotée de deux tourelles arrogantes, l'une à l'avant et l'autre à l'arrière du bâtiment, qui lui donnent un air de vieille demoiselle à la fois guindée et fantasque. Elle a appartenu à une femme, Anthea Mermoz, qui, en 1968, s'y est immolée par le feu...

 

Camille est veuve, avec une enfant, Lucie, désormais sans logis. Son mari, mort dans un accident, n'a laissé derrière lui que des dettes. Elle a heureusement trouvé un emploi de secrétaire, mais n'a pas beaucoup de moyens pour se loger et songe à une colocation.

 

L'Ombre veille et fait en sorte que Camille choisisse de louer une chambre dans cette maison singulière qui sert de cadre à l'intrigue. Ainsi, pour l'Ombre, se retrouveront au même endroit tous les personnages sur lesquels elle a décidé d'exercer sa vengeance.

 

Le présent s'explique par le passé, comme toujours. A la fin des années 1970 et au début des années 1980, la maison, dont ont hérité les deux fils d'Anthea, qui ne s'entendent pas, est occupée, en attendant, par une colocation d'artistes qui eux apparemment s'entendent.

 

Quand Camille vient habiter la maison, certains des colocataires originels en sont partis et c'est, vraisemblablement parmi eux, bien que rien ne soit jamais sûr, que se trouve l'Ombre, se déplaçant à l'insu des colocataires qui y sont restés et qui font bon accueil à Camille.

 

Peu à peu, au fil du roman, le lecteur apprend à connaître les premiers colocataires et découvrent leurs secrets. Mais, même s'il en sait plus que les protagonistes, il lui faut tout de même attendre la fin pour apprendre quels liens les unissent et les désunissent ...

 

Une fois que l'Ombre est identifiée, l'atmosphère devient plus lourde encore pour les rescapés de la colocation. Car l'Ombre, toujours tapie, garde jusqu'au bout sa capacité de nuisance. Jusqu'au bout? Marie Javet, qui tire les ficelles du récit, lui réserve une surprise...

 

Francis Richard

 

Avant que l'Ombre..., Marie Javet, 340 pages, Plaisir de Lire

 

Livre précédent:

La petite fille dans le miroir (2017)

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 16:30
Oostduinkerke, de Claire May

Oostduinkerke est située sur la commune de Koksijde dans le plat pays flamand qui fut celui de Jacques Brel (et qui est le mien). C'est dans cette ville que se déroule le roman de Claire May. Au bord de la Mer du Nord:

 

Verte, grise, beige et les bandes blanches de l'écume dans le mouvement des vagues. Le bruit sourd des masses d'eau déplacées. L'horizon plan qu'on devine courbe en se rappelant que la Terre est ronde. Et le ciel impassible au-dessus de la scène...

 

A Oostduinkerke se trouve l'Apicule, la maison familiale d'été des quatre descendantes de Jacques, l'arrière-grand père de la narratrice, Emma Rochat: sa mère, la soeur de sa mère, une de leurs cousines, une de leurs nièces:

 

Quand je pousse le portail de la propriété, mes souvenirs d'enfance renaissent. Je creuse le passé et déterre des images - un fou rire avec mon cousin sous le chêne, l'accent belge de mon grand-père à présent décédé...

 

Emma rencontre Charles Richter dans un tea-room, chez Rubens, qui fait l'angle avec l'Astridplein. Charles y est serveur. Leurs deux prénoms sont flaubertiens. Charles lui en fait la remarque; ils sont comme les Bovary:

 

J'ai souri. En quelques mots et une mimique, nous avons compris que notre milieu social était le même - celui où l'on cite Madame Bovary. On reconnaît vite son semblable, tout comme son contraire...

 

Charles et Emma deviennent amis. Ils se racontent. Elle vient de Suisse et a un peu moins de trente ans; lui vient d'Allemagne et a quarante ans. Ils se promènent ensemble. Mais Charles diffère profondément d'Emma et le lui dit:

 

Tu te fous du cours des choses, l'actualité, tes semblables. Le battement d'ailes du papillon t'importe peu. Tu ne vois que tes tornades intérieures. On dirait que les particules du monde meurent avant d'atteindre ton existence.

 

Il ajoute:

 

Tu n'es la descendante de personne. Oui, c'est ça: tu vis, en quelque sorte, ex nihilo.

 

Vit-elle réellement ex nihilo? Pas sûr. En tout cas la suite de l'histoire permet d'en douter, comme elle lève le voile sur la personnalité ambiguë de Charles, tantôt tendre, tantôt jusqu'au-boutiste, toujours manichéen: un innocent.

 

Pour cela, il aura fallu un révélateur, inattendu: ce que va devenir l'Apicule, dont le sort sera scellé après que Martha De Smet, la nièce de sa mère, aura vendu ses parts au cousin Émile Peeters, qui veut la rénover, à sa façon...

 

Francis Richard

 

Oostduinkerke, Claire May, 188 pages, Éditions de l'Aire

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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 22:55
Carrousel du vent, de Marc Agron

Donnant libre cours à sa plume, il confond les époques, il écrit au présent, qui à peine transcrit devient le passé, parcourant les pays et les langues...

 

Il, c'est Maks. Libraire de son état, à l'enseigne de Cosmos, dans une ville suisse de l'Arc lémanique, originaire de l'ex-Yougoslavie, il a quitté son pays peu après la mort du Maréchal Tito, qui a suivi celle de Luka, son père.

 

C'est la visiteuse aux yeux verts, la porteuse d'histoire à la corpulence généreuse qui l'a incité à écrire sur celui qu'il appelle père, en lui mettant des feuilles sous le nez pour qu'ils les noircissent. Il a cru qu'elle s'en était allée, mais non.

 

Alors il se souvient: Se souvenir, c'est accepter de ne pas mourir seul. Il ne lui reste plus qu'à ramasser les miettes et à faire d'elles un pain perdu. L'on pense à tort que les mots se volatilisent et que seuls les écrits restent...

 

Sa mémoire, fût-elle en cavale (il se sert tout de même de notes qu'il a prises dans un carnet vert...), à force de persévérance, lui permet d'accéder au coeur de son être et de franchir une étape de sa mutation personnelle.

 

Ce n'est finalement pas en laissant dormir le chagrin qu'il peut y parvenir. Il doit se faire créateur, c'est-à-dire partir de rien: Il voudrait inventer les mots qui donnent les couleurs au vent, les formes au silence, une voix à la mémoire.

 

Sinon Maks, du moins Marc Agron le fait très bien à sa place, et avec humour, ce qui, c'est connu, rend tout supportable. Il fait remonter Maks sur le carrousel de son enfance tout en le faisant tourner sur celui d'aujourd'hui.

 

Alors, c'est vrai, c'est une histoire sans queue ni tête, gribouillée, mâchouillée, décatie, fleurie, déshabillée et revêtue, à la recherche de la phrase juste, d'une couleur adéquate, d'une sonorité agréable à l'ouïe, mais c'est plus que ça.

 

C'est aussi une satire du monde d'hier, notamment communiste, et du monde d'aujourd'hui, notamment artistique et littéraire; une réflexion sur le temps qui, après des pauses, se remet à virevolter, Carrousel du vent, et peut faire chuter:  

 

Être plus âgé que son père, c'est le déchirement, la perte de l'innocence. C'est la descente du sommet qu'on avait gravi la moitié d'une vie pour regagner la plaine...

 

Le roman reste bien sûr inachevé...

 

Comme le disait à Maks le peintre Music, à qui il avait demandé chez le grand galeriste Ditesheim pourquoi il ne finissait jamais ses toiles:

 

Aucune oeuvre n'est terminée tant qu'il y a de la vie.

 

Francis Richard

 

Carrousel du vent, Marc Agron, 224 pages, L'Âge d'Homme

 

Livre précédent:

Mémoire des cellules (2017) L'Âge d'Homme

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 22:55
Nuit américaine, de Pierre Lepori

Alexandre anime une émission radiophonique nocturne, Nuit américaine, dont le titre fait inévitablement penser au film de François Truffaut et à sa mise en abyme, mais aussi, pour les connaisseurs, au procédé de tournage que l'on désigne ainsi en français, tandis qu'en anglais on parle de day for night...

 

Le roman de Pierre Lepori présente des analogies avec le film et l'expression. S'y déroulent en effet en parallèle des interventions d'auditeurs, ponctuées de musiques, et la vie d'Alex en Amérique, où il a choisi d'aller, après que, son chef, lui a demandé de prendre un mois de congé pour surmenage et réflexion:

 

Le futur est sur le web!

 

Tandis que les auditeurs continuent la nuit, en Europe, à raconter à l'antenne ce qu'ils ont envie, vrai ou faux - cela n'a pas d'importance -, c'est le jour en Amérique, et vice-versa. Si bien qu'Alex se retrouve à écouter son émission en streaming à trois heures de l'après-midi de sa première journée américaine.

 

Alex en Amérique s'enfonce dans sa nuit à lui, à lui seul, dans une ville trop grande. Sa rencontre avec Paméla, femme corpulente, étrange créature à la chevelure rousse bouclée, ne peut qu'être un intermède, alors que le hantent les figures de sa mère, de son ex-femme, de son frère et de son ami d'enfance.

 

Dans le film de Truffaut, le personnage du réalisateur dit en substance: Les films sont mieux que la vie [...], nos vies sont compliquées, et caetera mais les films, eux, filent tout droit, comme des trains dans la nuit. Peut-être que la vie d'Alex est moins compliquée qu'elle ne paraît, et ce roman plus droit...

 

Francis Richard

 

Nuit américaine, Pierre Lepori, 102 pages, Éditions d'en bas

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 22:15
Les prénoms épicènes, d'Amélie Nothomb

- Nous avons un point commun, toi et moi. Nos prénoms ne spécifient pas de quel sexe nous sommes.

- Oui. Nous portons des prénoms épicènes.

- Épicènes? Je ne connais pas ce mot.

- Ben Johnson, un célèbre contemporain de Shakespeare, a donné ce titre à l'une de ses pièces. Il en fait le nom de la femme parfaite.

 

Et Claude Guillaume et Dominique Rosec n'eurent qu'une seule enfant qu'ils prénommèrent Épicène, le prénom le plus épicène du monde...

 

Claude et Dominique se sont rencontrés le 12 septembre 1970 à la terrasse d'un café de Brest. Ils ont tous deux vingt-cinq ans. Elle, Dominique, est secrétaire chez Terrage. Lui, Claude, est sur le point de monter à Paris pour créer une société. Coïncidence, c'est pas croyable, elle apprendra peu après qu'il s'agit de Terrage Paris...

 

Quoi qu'il en soit Claude met le paquet pour séduire Dominique: ce jour-là il lui offre le champagne, du Deutz. Puis il circonvient ses parents, lesquels trouvent qu'il est très bien ce garçon. Enfin, à son retour de Paris, il lui offre un flacon de Chanel n°5, qu'il a acheté dans une boutique des Champs-Élysées avant de reprendre le train.

 

Très vite ils se marient. Claude souhaite qu'ils aient un enfant. Comme cela ne vient pas, il est de plus en plus désagréable avec Dominique. Quatre ans plus tard il parvient à ses fins. Il redevient attentionné, mais une fois que l'enfant paraît, il la déteste. Celle-ci, sans le lui montrer, est très tôt dans la même disposition à son égard:

 

A l'âge de cinq ans, Épicène sut qu'elle n'aimait pas son père. Ce ne fut pas une révélation, mais la première formulation d'une vérité qui avait germé en elle deux ou trois ans plus tôt.

 

A l'âge de onze ans, son père, délibérément, fait perdre à Épicène sa meilleure amie, Samia. Elle découvre en lui le monstre qui la hait depuis la naissance. Mais elle ne s'avoue pas vaincue pour autant: Ce qu'il ne sait pas, c'est que je le hais. Je le hais encore plus qu'il me hait. Et un jour, je ne sais pas comment, je le tuerai...

 

La même année, Claude demande à Dominique de devenir l'amie de Madame Cléry, dont les deux filles, nées l'une en 1972, l'autre en 1973, sont dans la même école qu'Épicène: il s'agit d'approcher par elle l'inaccessible Monsieur Cléry, un homme important avec lequel faire affaire constituerait un aboutissement dans sa carrière...

 

Peu à peu, Amélie Nothomb révèle la face cachée de Claude. Ainsi s'explique pourquoi ce mec ignoble voue une telle haine à sa propre fille et quel but il poursuit dans la vie. Cette histoire, qui trouve son épilogue dix ans après cette révélation, est en quelque sorte une fable dont la morale se trouve dans ce que dit Épicène à sa mère:

 

La personne qui aime est toujours la plus forte.

 

Francis Richard

 

Les prénoms épicènes, Amélie Nothomb, 162 pages, Albin Michel

 

Livres précédents chez le même éditeur:

Le voyage d'hiver (2009)

Une forme de vie (2010)

Tuer le père (2011)

Barbe bleue (2012)

La nostalgie heureuse (2013)

Petronille (2014)

Le crime du comte Neville (2015)

Riquet à la houppe (2016)

Frappe-toi le coeur (2017)

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 22:00
Mer porteuse, de Didier Burkhalter

La Mer porteuse de tous les espoirs imprègne le roman de Didier Burkhalter dont l'histoire navigue sur cinq générations et se nourrit tout du long de métaphores maritimes, qui lui donnent le souffle d'une épopée familiale.

 

Mais il faut dire tout de suite que ces cinq générations ne sont finalement rien au regard des millions d'années depuis lesquelles l'océan mêle les courtes existences et les longues morts pour en faire une vie perpétuelle...

 

Ce 20 septembre 1897, à la Baie des Trépassés en Bretagne, tout près de la falaise où sa mère s'est jetée après l'avoir abandonnée, Gwellaouen, seize ans, attend avec inquiétude celui qu'elle aime, Kaelig, parti sur une sardinière.

 

La chaloupe a affronté une tempête. Enceinte de Kaelig, Gwellaouen, ne sait pas encore que le père de Kaelig est mort à bord et qu'ils vont pouvoir partir à l'aventure avec les deux jumeaux, Enor et Aelia, qu'elle porte en elle.

 

L'année suivante, les quatre traversent l'océan pour aller au Canada, où ils sont accueillis par une Abaigh au grand coeur qui les a précédés ici quelques décennies plus tôt avec ses parents, après avoir quitté son Irlande natale.

 

Vingt ans après, avant la fin de la Grande Guerre, Kaelig et Enor retraversent l'océan pour la faire. La mer prend la vie de l'un, tandis que l'autre, rescapé et manchot, choisit la mer sur laquelle il veut cingler dans sa vie à lui:

 

Il sera avocat pour porter et faire triompher les justes causes de la vie des autres.

 

Avec Abaigh et Aelia, qui prêcheront d'exemple, Enor créera en effet une fondation pour adopter des enfants abandonnés, lutter contre les adoptions forcées et accueillir dans un centre les jeunes femmes enceintes rejetées par tous.

 

S'il est deux leçons à tirer de ce récit, qui ressemble comme deux gouttes d'eau salée à un conte poétique, c'est qu'il est difficile de tourner le dos à ses origines et que la beauté de la bonté est telle que ses bienfaits ne se perdent pas.

 

Francis Richard

 

Mer porteuse, Didier Burkhalter, 200 pages, L'Aire

 

Livre précédents:

Enfance de Terre (2017)

Là où lac et montagne se parlent (2018)

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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 19:30
Le miroir des âmes, de Nicolas Feuz

Le prologue du Miroir des âmes annonce tout de suite les couleurs que Nicolas Feuz a voulu donner à son polar où les apparences s'avèrent décidément trompeuses: il est noir, sanglant, glauque, au sens figuré comme au sens propre du terme.

 

Dans le prologue, en effet, à titre d'avertissement à ceux qui le traquent, Le Vénitien tue un inspecteur de police, Martin Saudan, en lui coulant du verre de Murano dans la gorge. C'est une première pour lui que de tuer un policier, qui plus est dans son accoutrement rituel:

 

[Le Vénitien] portait une robe sombre à grande capuche, comme la tenue de cérémonie d'une secte très occulte conçue par l'imaginaire ténébreux d'un Lovecraft. Sur la tête, il avait un large masque de loup...

 

Le premier jour qui suit n'est pas triste non plus: une bombe à billes de verre explose à Neuchâtel, sur la place des Halles, faisant de nombreuses victimes, parmi lesquelles, frappé d'amnésie, le procureur Jemsen auquel rend visite à l'hôpital Flavie Keller, sa greffière.

 

Le même jour, le commissaire Tristan Kramer et l'inspecteur Justin Mollier, de l'ICS (Intégrité corporelle et sexuelle), se présentent au salon de massages Perla Blu pour interroger Alba, une des prostituées de l'établissement que dirige Robert Balla, dit Berti.

 

A l'entrée du Perla Blu, ils ont passé outre le cerbère prénommé Marku, qui a des yeux de tueur, un corps bodybuildé, qui est albanais comme Berti et qui est aussi musclé que con: mais on ne l'avait pas recruté non plus pour donner des cours de philosophie...

 

Enfin, le deuxième jour, font leur apparition le Conseiller d'État Pierre Keppler et le Secrétaire général de son département Luc Autier, retranchés derrière la raison d'État pour taire leurs liens avec le Vénitien auquel ils ont eu recours pour de basses oeuvres...

 

Après avoir vu Jemsen à l'hôpital Pourtalès, Keppler et Autier se rendent à la demande de Kramer sur les lieux de l'assassinat de son collègue Saudan, de l'ICS, dont le cadavre dénudé a été découvert accroché par une corde à la plate-forme d'une tour panoramique.

 

Après ces prémices, ce polar continue de tenir les promesses du genre: violences, sexe, et rebondissements, qui se produisent non seulement parce que les pièces du puzzle se mettent petit à petit en place, mais parce que l'envers des personnages n'est pas moins surprenant que l'endroit...    

 

Francis Richard

 

Le miroir des âmes, Nicolas Feuz, 224 pages, Slatkine & Cie

 

Livre précédent:

Eunoto - Les noces de sang TheBookEdition.com (2017)

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 22:55
Les trois singes, de Florian Sägesser

Ils sont trois amis, trois comme Les trois singes de la sagesse, dont la devise se résume à:

 

Ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre et il ne t'arrivera rien.

 

Ils sont trois amis et le bar Les Trois Singes est à la fois le lieu qui les symbolise et leur point de ralliement à Sydney:

 

- Ruffy se caractérise par cette nécessaire cécité: ne rien voir, ne pas voir la réalité en face: il est artiste...

- Brian ne s'avère pas du genre bavard malgré sa profession: il est prof...

- Mike aime ne rien entendre et se convaincre qu'il n'a pas tort: il aime aussi les chiffres...

 

Brian va se marier avec Megan, prof comme lui, et c'est l'occasion pour le trio de se retrouver: cela faisait quatre ans qu'il n'avait pas été réuni, Mike étant parti à Genève pendant tout ce temps-là. Mais il est revenu, après avoir rompu avec une belle.

 

Comme le mariage a lieu dans cinq mois ils décident de faire une dernière virée entre célibataires, de louer un van et de prendre la direction de Melbourne:

 

Conjuguant le présent comme un cadeau, ils veulent vivre une dernière fois comme au bon vieux temps, lorsque le futur ne se calculait qu'au lendemain, guère plus loin. Les soucis étaient immédiats, les plaisirs aussi. Qu'importait hier, qu'importait demain.

 

En attendant qu'il prenne la route de Melbourne, Florian Sägesser caractérise le trio, composé de trois jolis garçons aux patronymes symboliques:

 

- Richard Hobo, alias Ruffy, l'Aborigène, éternel étudiant;

- Brian Longwood, qui - c'était couru, puisqu'il est le plus réfléchi des trois - est le premier à avoir trouvé chaussure à son pied;

- Mike Hangover, pour lequel l'amour, c'est compliqué et qui, fils unique, a perdu ses parents dans un incendie...

 

Après quelques jours, et nuits, passés à Sydney, ils prennent la route. Le van n'est prévu que pour deux passagers: Brian conduit; Mike aimerait bien; Ruffy se dissimule, pour que la police ne les arrête pas puisqu'ils sont dans l'illégalité...

 

Premier incident: passé Canberra, le van entre en collision avec un kangourou et le tue; ils décident de ne pas le signaler au garde-faune... et de laisser l'animal au bord de l'autoroute...

 

Deuxième incident: dans une boîte de nuit, à Fitzroy, quartier alternatif de Melbourne, Mike fait la connaissance de Lee, une laconique et mystérieuse enchanteresse, aux longs cheveux noirs bouclés et à la peau couleur caramel, qui le quitte abruptement après avoir allumé la flamme du désir...

 

Troisième incident: dans la salle à manger de la maison d'hôtes où le trio loge, Mike voit Lee (diminutif de Leewana): elle est toujours aussi laconique et pressée de le quitter; elle consent cependant à ce qu'il lui note le numéro de téléphone de Brian sur un bout de papier (le sien n'est plus actif); et donne rendez-vous au trio le lendemain après-midi à Devil's Elbow.

 

Le lendemain, au lieu-dit, les trois découvrent le cadavre de Leewana au bout d'une jetée; préviennent la police, mais sont arrêtés par le commissaire Andrew Redneck, parce qu'ils  connaissaient la victime: la preuve en est le bout de papier sur lequel est inscrit le numéro de téléphone de Brian...

 

Ruffy appelle alors à l'aide un ancien policier qu'il connaît, Gordon Grahams, à qui il a rendu des services. C'est une tout autre histoire qui commence, compliquée comme l'amour... Avant son dénouement, inattendu, les trois singes font la grimace... 

 

Francis Richard

 

Les trois singes, Florian Sägesser, 272 pages, L'Âge d'Homme

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2 septembre 2018 7 02 /09 /septembre /2018 21:20
Dernière rentrée, de Tiffany Jaquet

Le coup de feu qui détona ce vendredi de printemps emporta dans la trajectoire de la balle la vie d'un être humain et laissa dans son écho un souvenir sordide, imprégnant les couloirs du collège et les esprits de tous les élèves et de leurs professeurs.

 

Qui a pressé la détente? Sur qui le coup de feu a-t-il été tiré?

 

Pour le savoir, le lecteur est d'abord invité à remonter le temps: tout commence en effet avec la Dernière rentrée du professeur André Clottu, qui sera en retraite à la fin de l'année scolaire, après avoir enseigné quelque quarante ans.

 

Précédemment il enseignait au Collège secondaire Benjamin Constant, où il a fait toute sa carrière mais, pour une raison qui n'est dévoilée qu'à la fin de l'histoire, il a dû quitter son poste et est devenu finalement un professeur remplaçant.

 

Alors que les cours ont commencé depuis fin août, il n'arrive qu'en octobre pour remplacer une jeune femme, en DER1, salle 206, au Collège secondaire Pré-Fleuri: c'est une petite classe avec seulement une dizaine d'élèves, lui dit-on.

 

En fait les élèves ne sont que neuf: Alex Abetel, Timéo Chevalley, Valentina Fernandez, Daniel Garcia Pinto, Aminatou N'Dalo, Valtrim Laqiri, Sébastien Montant, Yacine Nesrim, Marie Wissinger; et c'est un condensé de mauvaises graines...

 

André Clottu pose tout de suite le cadre: il n'a pas d'humour; il entend que ses élèves respectent les règles de l'école et quelques principes personnels, tels que lever la main avant de prendre la parole ou être ponctuel; il vouvoie ses élèves.

 

Bref, il n'est pas là par plaisir et entend bien ne pas subir le sort de celle qui l'a précédée et dont ils ont obtenu le départ: il va faire bonne figure et tenir jusqu'à la fin de l'année scolaire. Ensuite il prendra une retraite anticipée bien méritée.

 

C'est ce qu'on va voir. Pour ce faire, Tiffany Jaquet, tandis qu'elle fait progresser le récit de mois en mois, jusqu'en mai, donne, sur les mois passés et le moment présent, la parole à chacun de ces maudits ados le jour du mortel coup de feu.

 

Ce jour-là, Clottu, jusqu'alors impatient de prendre sa retraite, confesse qu'il est soudain envahi par une forme de mélancolie, de celle que l'on ressent quand une page de l'histoire de notre existence se tourne. Car ses élèves ont fini par le toucher.

 

Francis Richard

 

Dernière rentrée, Tiffany Jaquet, 178 pages, Plaisir de lire

 

Livre précédent:

L'enfant du placard (2016)

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1 septembre 2018 6 01 /09 /septembre /2018 22:55
Lynx, de Claire Genoux

Lynx n'habite plus la maison d'enfance depuis son retour d'Asie. L'enfance, elle n'a été faite qu'avec Père, avec les longues heures d'attente dans la forêt et la lumière jaune des arbres, forêt qui est son vrai domaine, arbres qui sont sa seule famille.

 

Lynx s'est installé dans la grange, où le soir il monte les escaliers et dort nu dans son lit, et où sa moto est prête: il n'y a qu'à tourner la clé et démarrer, suivre le ruban vert et brun de la route où le soleil brille tout blanc. Et oublier l'enfance, ce bloc de solitude.

 

Presque tous les matins de cet été-là, Lynx descend à la buvette donner un coup de main à Didier. A l'automne il partira à moto pour le Maroc, après s'être occupé de la pièce à changer: Sans les voyages il ne tiendrait pas ici entre la forêt et le fleuve.

 

Lilia est venue pour aider Didier. Elle a avec elle un petit sur mesure: Il joue avec une lenteur infinie, ne demande rien. Marzio, son ex, vient le chercher certaines fois mais l'enfant lui est retourné vers le soir. Elle le cocole comme une vraie maman.

 

Après l'incendie de la maison d'enfance de Lynx, après le départ de maman qui parlait et qui écrivait, parce que ce n'était plus la peine, les mots n'ont plus été utilisés: Seuls le silence et les coups [de Père] ont été gardés comme moyen d'information...

 

Après que Père meurt des suites d'un accident en forêt et que Lynx et Lilia se parlent, leur histoire peut commencer. Alors que Père n'admettait pas que maman Liliane écrive, Lynx ne dit rien quand Lilia ouvre son carnet et va dedans avec les mots.

 

Lynx sait que Lilia n'est pas comme les femmes qui le suivent à la grange, mais il lui montre la moto et les outils. Puis ils montent à la maison d'enfance où il lui propose de s'installer avec le petit, ce qui sera plus confortable que le cabanon de la buvette.

 

Lynx ne s'y installerait pas pour autant: L'enfance remonterait. Il en serait submergé, réveillé par  des bruits de grincement. On réentendrait les sonorités du Père quand il buvait dans la cuisine. Mais Lilia y écrirait, elle ne pourrait plus s'arrêter de le faire...

 

Lilia accepte. Si Lynx va à la poésie avec les arbres, Lilia n'arrête pas dès lors de travailler au livre sur la maison d'enfance. Le lecteur peut à ce moment-là se demander ce qu'il en adviendra à la fin de l'été et si Lynx dira enfin à Lilia qu'elle sera pour lui voyage

 

Francis Richard

 

Lynx, Claire Genoux, 208 pages, Éditions Corti

 

Livres précédents chez Bernard Campiche Éditeur:

Faire feu (2013)

La barrière des peaux (2014)

Orpheline (2016)

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 22:50
Le Prince d'Aquitaine, de Christopher Gérard

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,

Le Prince d'Aquitaine à la Tour Abolie;

(Gérard de Nerval, El Desdichado)

 

Mettre une telle épigraphe à la tête de son livre n'est pas fortuit pour Christopher Gérard. Non seulement il en tire le titre, mais des axes de développement de son récit. Car la suite du poème d'où elle est extraite lui indique la sortie...

 

Le narrateur est desdichado, ce qui signifie, en espagnol, malheureux, misérable, infortuné, déshérité... Et c'est peut-être dans ce dernier sens qu'il faut considérer Le Prince d'Aquitaine, imaginé de manière prégnante par l'auteur.

 

En effet le narrateur s'adresse à son père disparu, dont il n'a rien hérité, hormis des dettes et quelques photos craquelées à force d'avoir été utilisées comme marque-page ou comme papier à lettres... Il aura été déshérité jusqu'à l'os.

 

Tout au long de sa vie, le narrateur a sous les yeux un père fasciné par le néant et qui engloutit tout avec une joie mauvaise, celle du gamin qui, à coups de pelle, détruit le château fort bâti par un autre... Avec lui tout est destiné à sombrer.

 

Ce père qui dégringole dépense sans compter et brade tout ce qu'il peut: les médailles qu'il a héritées de son héros de père, les maisons qui viennent de sa femme, les napoléons que son fils reçoit un Noël de la part de sa tante Laure etc.

 

Ce père est en somme un fichu modèle: il est fumeur, alcoolique, coureur, amateur de bolides, homme de plaisirs obsédé par l'argent: Argent grappillé, sollicité, au besoin volé, toujours dilapidé, fondu comme neige au soleil, évaporé...

 

Ce père cherche toujours à dévaloriser son fils quelque effort qu'il fasse, le dissuade de faire des études, le laisse seul face à ses créanciers: patrons de restaurant, fournisseurs et autres garagistes, et aux patients de son cabinet de kiné...

 

Le fils n'est peut-être pas entraîné dans la chute de son père grâce à son habitude, contractée jeune, de flâner seul chez les antiquaires, les bouquinistes, de s'attarder dans la boutique d'un numismate ou devant des tableaux de peintres flamands...

 

Paradoxalement, la lecture de Pierre Drieu la Rochelle s'avère roborative pour lui. Car il ne lit pas seulement Le feu follet, mais Rêveuse bourgeoisie et Gilles... Et puis, il y a l'Aimée, l'âme soeur, exilée comme lui, à qui il dédie ce drôle de voyage...

 

A son père il peut dire in fine: Depuis mes débuts, vacciné par le spectacle de tes multiples dépendances, j'ai recherché l'autonomie et la liberté intérieure. En dépit de mon aveuglement, je suis parvenu à une relative claire conscience des enjeux...

 

Francis Richard

 

Le Prince d'Aquitaine, Christopher Gérard, 168 pages, Pierre Guillaume de Roux (sortie le 30 août 2018)

 

Livres précédents à L'Âge d'Homme:

Osbert et autres historiettes (2014)

Le songe d'Empédocle (2015)

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28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 22:45
Le village aux trente cercueils, de Jean-François Fournier

Automn pense avoir tout vu, tout lu, tout entendu dans les prétoires au sujet de l'inceste. Des pères violeurs. Des mères abusives. Des fratries malsaines. Des tontons criminels et des cousins agresseurs. Pourtant là, sur cette chaise griffée de plastique blanc, une jeune femme vient lui dire qu'elle connaît soixante-quinze personnes, rien qu'à Tennyson, victimes de crimes sexuels au sein de leurs familles respectives. Et qu'aucune plainte n'a jamais été déposée...

 

Automn Vaughn est journaliste à l'IndyStar. Elle vient d'être renvoyée en locale, à Evansville, dans l'Indiana... où elle rencontre une avocate, Ireland McIllroy. Qui veut lui parler de Tennyson, un village qui n'a rien de poétique, contrairement à ses apparences nominales, et qui relève même plutôt de l'enfer de Dante.

 

C'est ainsi qu'Automn est amenée par Ireland à s'entretenir avec la jeune femme assise sur la chaise griffée de plastique blanc, Lynn Robertson, puis avec Larsen König, les deux seuls natifs de Tennyson, et victimes de son système, qui veulent faire entrer la justice au village, et même, suprême dérangement, la presse...

 

A la journaliste et à l'avocate va se joindre Fitz Maywather, un flic des unités spéciales du FBI: il est le seul à pouvoir récolter plus que des indices, des preuves. Si cette arrivée dérange Automn, elle ne déplaît pas à Ireland, d'autant que ce flic ne défend que les lois non écrites: Elles seules sont porteuses de civilisation.

 

Le gouverneur Bill McNamara est préoccupé par son avenir national. Son adjoint, Garfield Walker, reçoit le procureur, "KB" Simonsen. Il lui demande d'étouffer l'affaire: Débrouillez-vous! Je ne veux pas connaître le dessous des cartes! Un vice de forme ou une affaire qui se résume à un ou deux cas au maximum...

 

Pour Ireland et Automn, que l'affaire rapproche, et pour Fitz, qui en pince pour Lynn, il n'est pas question de laisser tomber les deux victimes si la justice n'entre pas en matière. Seulement comment le juge Bartholomew Brookfield pourrait-il admettre que soient étalés de tels immondices en période préélectorale?

 

Le dossier Tennyson sera donc enterré: Ce village de dégénérés ne sera jamais puni. Lynn, Larsen et les autres n'auront jamais droit à la justice. Alors, il faut employer les grands moyens: Tennyson sera Le village aux trente cercueils; plusieurs des protagonistes de Jean-François Fournier sont prêts à en payer le prix...

 

Francis Richard

 

Le village aux trente cercueils, Jean-François Fournier, 200 pages, Xenia

 

Livre précédent:

Le chien (2017)

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 22:15
Une sirène, de Gilles de Montmollin

Ces yeux sombres, immenses, provocants. J'ai envie d'y plonger.

 

Loïc rencontre Une sirène à qui appartiennent ces yeux sombres, dans de troublantes circonstances. Depuis la plage du Langoustier, ce jeune professeur de voile remarque tout de suite un splendide voilier qui entre dans la baie:

 

Coque blanche, basse sur l'eau, mât élancé, légèrement incliné vers l'arrière. Une antiquité, bien sûr: on n'en fait plus, des bateaux aussi élégants. Avant arrondi, superstructure en acajou accordée à la ligne du pont, il doit dater des années 1930.

 

Le narrateur de Gilles de Montmollin a raison. Circé date bien de ces années-là: il a quatre-vingts ans...

 

La navigatrice solitaire de ce onze mètres environ, Lorraine, est visiblement totalement novice: elle aurait bien aimé jeter l'ancre dans cette baie, en manoeuvrant sous voiles, mais elle ne parvient qu'à échouer le voilier sur la plage et à tomber à l'eau.

 

De ce mauvais pas Loïc sort cette jeune femme insolente et arrogante, mais attirante en dépit de son physique quelconque: Piquante, du sex-appeal, oui. Bien fichue, non. Qui finit par l'embaucher comme skipper pour gagner la Sardaigne et l'Italie...

 

Cela tombe bien pour lui: il vient de passer deux nuits sur la plage; il n'a pas un rond et elle lui propose Trois cents euros par semaine. Nourri, logé; c'est l'occasion rêvée pour lui de naviguer sur un yacht vintage (il embarquerait même bénévolement...).

 

Si Loïc se décide finalement, pour les beaux yeux de Lorraine, il ne sait pas dans quoi il s'embarque. L'histoire qu'elle lui raconte sur elle et Circé est cousue de fil blanc. Cela ne présage rien de bon, ou un voyage éprouvant, comme la mer...

 

Francis

 

Une sirène, Gilles de Montmollin, 88 pages, BSN Press

 

Livres précédents:

Pour quelques stations de métro, Mon Village (2013)

La fille qui n'aimait pas la foule, BSN Press (2014)

Latitude noire, BSN Press (2017)

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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