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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 00:50

Impot-sur-le-Travail.pngUne loi sur les prestations complémentaires cantonales pour familles a été votée le 23 novembre 2010 par le Grand Conseil du Canton de Vaud. Il s'agit comme d'habitude de prendre de l'argent dans la poche des uns pour le donner à d'autres. Le prétexte est cette fois d'aider des familles qui dépensent plus qu'elles ne gagnent ici.

 

Cette loi a été publiée à la Feuille des Avis Officiels du Canton de Vaud le 21 décembre 2010. Un comité référendaire a été constitué ici. Il s'agit pour lui de récolter 12'000 signatures dans le délai de 40 jours depuis cette publication, c'est-à-dire jusqu'au 30 janvier 2011. S'il y parvient, le peuple vaudois devra se prononcer pour ou contre cette loi par référendum.

 

Le financement de ces prestations complémentaires serait assuré par un prélèvement supplémentaire de 0,12% sur les salaires selon une répartition paritaire [fictive] entre employeur et salarié [0,6% sur le revenu des indépendants]. Il s'agit donc d'un nouvel impôt sur le travail qui s'ajoute aux autres nouveaux prélèvements et impôts en vigueur depuis le 1er janvier 2011. Ainsi :

 

- le taux de la TVA est passé de 7,60 à 8%

 

- le taux de l'assurance perte de gain [qui couvre les journées de service militaire et civile et les congés maternité] est passé de 0,30 à 0,40% [réparti paritairement...]

 

- le taux de l'assurance chômage est passé de 2 à 2,20% [réparti paritairement...] sur les salaires jusqu'à 126'000 francs annuels bruts et de 0 à 1% [toujours réparti paritairement...] au-delà de ces 126'000 jusqu'à 315'000 francs annuels bruts.

 

Sans parler de l'augmentation du taux des allocations familiales.

 

Ces nouvelles prestations complémentaires font partie de cette assistance publique de l'Etat nounou qui n'incite pas les bénéficiaires à travailler davantage, car ces prestations pourront même être versées à des personnes qui ne travaillent que très partiellement. Elles devraient au mieux coûter la bagatelle de 50 millions de francs [on sait que des dépassements sont toujours à redouter en matière de dépenses publiques] et permettre à 1% seulement des ménages de sortir du revenu d'insertion, soit un coût démesuré pour un résultat ridicule.

 

Il n'est pas étonnant dans ces conditions que des personnalités de la Fédération patronale vaudoise, de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie et de la Fédération vaudoise des entrepreneurs, ainsi que les présidentes et président des partis libéral, radical et de l'UDC vaudois, figurent dans le Comité référendaire.

 

Bien que composé d'une majorité de représentants des partis bourgeois, le Grand Conseil et le Conseil d'Etat vaudois n'ont pas pu s'empêcher une fois de plus de jouer les bons samaritains étatiques avec l'argent des contribuables. Il faut espérer que les électeurs seront appelés bientôt à leur dire stop et à leur signifier que l'extension de l'Etat social n'est pas une solution, comme le montre à l'envi l'exemple des pays voisins, en pleine dégringolade.

 

Francis Richard

 

Le oui l'a emporté, hélas, lors du vote du 15 mai 2011 par 61% des voix.  

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 03:50

Congrès-UDC-Coinsins 2010Le dernier numéro de L'Hebdo de l'année 2010, un numéro double, spécial, grand format, est l'exemple typique du média de gauche qui  ne se positionne en politique intérieure suisse que par rapport à l'UDC, obligée de tenir Congrès en plein air, faute de salle, en Pays de Vaud [la photo provient d'ici]. Que deviendrait le magazine bien-pensant sans elle ?

 

A tout seigneur tout honneur, dans son éditorial ici, Alain Jeannet cite deux fois le plus grand parti politique suisse.

 

Il se demande d'abord, faussement naïf :

 

"La question musulmane marquera-t-elle les prochaines élections fédérales ? L'UDC va-t-elle, en 2011, surfer sur la vague antiminarets ? Et lancer, par exemple, une initiative pour l'interdiction de la burka ?"

 

A propos de l'arrivée en 2011 de Roger de Weck à la tête de la SSR [la Société suisse de radiodiffusion et de télévision, étatique], qu'il considère comme un "journaliste talentueux", il écrit :

 

"Il lui faudra à la fois piloter la convergence des radios et des télévisions, réaffirmer le rôle du service public et expliquer aux sceptiques en quoi cette institution reste un ciment essentiel de la maison helvétique. Tout ça, en année électorale, sous le feu des scuds de l'UDC, qui voit en cet Européen convaincu l'ennemi à abattre."

 

L'Hebdo publie un sondage ici, réalisé par MIS Trend, sur le thème "En 2011, à quoi rêvent les Suisses ?". 11 questions sont posées, qui ne sont pas sans rappeler par leur incongruité les "Tu préfères" de Pierre Palmade et Gérard Darmon. La 10ème question - sur 11 questions ! - est relative à l'UDC :

 

"Rêvez-vous pour 2011 à une Suisse avec...

... moins d'étrangers ? 30,6%

... moins d'UDC ? 49,5%

 

Le commentaire de Christophe Passer se passe de ... commentaires :

 

"On ne peut que constater le score étonnant obtenu par le "moins d'étrangers" : il n'est en effet pas question ici d'étrangers délinquants, clandestins ou mal intégrés, mais juste d'étrangers."

 

Pour le journaliste il s'agit d'une "xénophobie molle infusée depuis des années dans la population par les répétitives logiques de moutons noirs, même si ça ne passe pas partout : la moitié des Suisses, presque les deux tiers des jeunes et des Romands rejettent l'UDC, ce qui constitue un score plutôt haut."

 

Rejet qu'on ne retrouve pas tout à fait dans les votations gagnées par l'UDC... 

 

En fait, à questions idiotes, réponses idiotes.

 

Le même Christophe Passer est l'auteur d'un article intitulé "Roger de Weck - Un courage pour la Suisse" ici. Dans cet article le journaliste est la voix de son maître Alain Jeannet. A propos de la nomination de Roger de Weck à la tête de la SSR, il fait cet amalgame :

 

"Cette nomination d'un grand éditorialiste parfaitement bilingue fut accueillie comme une heureuse surprise par beaucoup, sauf du côté de l'UDC, où l'on se méfie de l'homme d'esprit et de l'européen."

 

Il s'agit d'instiller l'idée qu'à l'UDC on se méfie des gens d'esprit tout autant que des européistes...  

 

Bis repetita placent. Plus loin, à propos justement de l'européisme de Roger de Weck, il écrit encore :

 

"Un attachement continental sincère, qui construit aujourd'hui encore la détestation hargneuse qu'ont pour lui les ténors UDC."

 

A L'Hebdo il est tabou de critiquer l'européisme... Vous aurez noté l'opposition polémique entre "attachement sincère" et "détestation hargneuse", entre gentil et méchants en quelque sorte.

 

Dans un article sur l'entreprise, l'éducation, la famille ici, Sylvain Menétrey se fait le chantre du "soft management" qu'il oppose à l'autoritarisme. C'est l'occasion pour lui de donner au passage un petit coup de patte à l'UDC :

 

"L'autoritarisme est devenu ringard, quoi qu'en disent les partisans du tour de vis à l'école et ailleurs, comme l'UDC ou Nicolas Sarkozy."

 

C'est confondre allègrement autorité et autoritarisme... Tout en nuances...

 

Terminons par la chronique de Chantal Tauxe sur "Le crépuscule des miliciens" ici. Celle qui voudrait bien "laisser l'UDC à son conservatisme castrateur" en fait un éloge qui se veut assassin. Elle reprend les arguments éculés, et faux, de l'argent et du professionalisme, ce qui permet d'éviter de reconnaître qu'une grande partie de la population vote pour l'Union démocratique du Centre surtout, et avant tout, parce qu'elle la voit et la sait proche de ses réelles préoccupations :

 

"C'est désormais un passage obligé aux lendemains des votations gagnées par l'UDC, que de dénoncer la disparité des moyens qui ont déterminé le résultat. L'UDC dispose de plus d'argent. L'UDC mène campagne de manière plus professionnelle [...]. L'UDC est professionnelle. Les autres partis, fidèles à la tradition suisse, ne le sont pas."

 

Comme on le voit l'UDC est la cible préférée de l'hebdomadaire de gauche qui ne rêve que d'une chose : que le centre droit fasse alliance avec la gauche, contre l'UDC

 

Le "magazine de référence en Suisse romande" ne se rend pas compte que, ce faisant, il rend surtout le plus grand des services à la dite UDC en lui donnant une importance encore plus grande qu'elle n'a en Suisse romande, qui ne peut que la ravir et qu'elle ne pourrait même pas imaginer dans ses rêves les plus fous...

 

Francis Richard

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 23:30

BruxellesHier, 14 décembre 2010, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne , réuni à Bruxelles [ la photo provient d'ici], a publié des conclusions sur les relations de l'Union avec les pays qui n'en sont pas membres, tels que la Suisse ici. L'Union européenne est définitivement le modèle qu'il ne faut pas suivre. Elle entend en effet exercer la loi du plus fort sur les petits pays qui ne se soumettent pas à elle.

 

Cette construction, hétéroclite et bureaucratique, antidémocratique et sans âme, de pays complètement dissemblables, dont les échecs répétés sont la marque de fabrique, se permet  d'imposer sa manière de voir à la petite Suisse, qui, certes, n'est pas parfaite mais se porte beaucoup mieux que ses vingt-sept partenaires bilatéraux de l'Union, qui sont autant de donneurs de leçons et qui devraient plutôt balayer devant leur porte.

 

Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union passe d'abord la brosse à reluire :

 

"Les relations entre l'UE et la Suisse sont bonnes, intenses et étendues."

 

Dans cet ordre d'idées il se félicite de beaucoup de choses :

 

- du fait que la Suisse soit un des principaux partenaires économiques de l'UE

- de la participation de la Suisse à l'espace Schengen

- du percement du tunnel du Gothard

- de la coopération de la Suisse dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité commune

- de la contribution de la Suisse à la réduction des disparités économiques et sociales dans l'Union [son argent l'intéresse !].

 

Puis, progressivement, le Conseil montre les dents.

 

Il commence par prendre note que la Suisse vient de confirmer son choix de continuer à conclure avec l'Union "des accords dans des secteurs choisis" et par dire que "cette approche sectorielle" a permis une coopération plus étroite entre les deux.

 

L'objection vient tout de suite après :

 

"[Cette approche sectorielle] s'est traduite au fil des années par un ensemble très complexe d'accords multiples."

 

[A qui la faute ? Sinon à l'UE qui n'arrête pas de pondre directives et réglementations... qui représentent des centaines de milliers de pages illisibles et inapplicables.]

 

Toujours est-il que le Conseil est préoccupé par plusieurs points qu'il considère comme incompatibles avec les accords signés grâce à cette approche sectorielle, tels que :

 

- leur application incohérente qui résulterait de l'introduction par la Suisse "de mesures et pratiques législatives ultérieures"

- la distorsion de concurrence qui serait créée par "les différents régimes cantonaux d'imposition des sociétés"

 

Il est effectivement difficile pour tous ces pays, dont le déficit démocratique est patent, de comprendre que le peuple est souverain en Suisse, notamment en matière fiscale, ce localement, et qu'il a le dernier mot, alors que celui-ci n'appartient chez eux qu'à leurs prétendues élites.

 

Il est difficile également pour ces pays de comprendre que la concurrence fiscale est un élément de la concurrence tout court, alors que chez eux toute concurrence n'est qu'une liberté conditionnelle et révocable à merci et à tout bout de champ. Le Conseil ose pourtant parler sans vergogne d'"insécurité juridique" générée par la Suisse.

 

Le Conseil passe alors à nouveau la brosse à reluire. C'est ainsi qu'il se félicite :

 

- que la Suisse "soit disposée à envisager une extension du champ d'application en matière de fiscalité des revenus de l'épargne"

- qu'elle se soit engagée à "appliquer les normes de l'OCDE en matière de transparence et d'échange d'informations dans le domaine fiscal".

 

[Ce que l'Union a obtenu sous la contrainte...Elle applaudit donc son emploi.]

 

C'est pour mieux asséner son coup : 

 

"Tout en respectant pleinement la souveraineté et les choix de la Suisse [pure clause de style !], le Conseil est arrivé [tout seul ou avec l'aide de la Commission ?] à la conclusion que, si le système actuel d'accords bilatéraux a bien fonctionné par le passé, le principal défi pour les années à venir sera d'aller au-delà de ce système, qui est devenu complexe, difficile à gérer et a manifestement atteint ses limites [encore une fois à qui la faute ?]."

 

Quelles sont finalement les exigences de l'Union ?

 

- la Suisse se devra "d'appliquer et d'interpréter de manière homogène et au fur et à mesure les éléments de l'acquis en évolution"

- l'UE ne conclura de nouveaux accords qu'en ayant à l'esprit "la nécessité de garantir des progrès parallèles dans tous les domaines de coopération, notamment ceux qui posent des difficultés aux citoyens et aux entreprises de l'UE".

 

Ce qui signifie que l'UE veut que l'on fasse comme elle, ce qui ne lui a pas réussi, c'est-à-dire que l'on s'aligne sur la même pression fiscale, sur les mêmes contraintes sociales, sur le même endettement, sur les mêmes réglementations pour tout et pour rien. Bref elle demande à la Suisse de suivre docilement la route de la servitude qu'elle a tracée pour elle-même. Ou elle saura bien l'imposer par la force à la Suisse récalcitrante.

 

Un seul souhait devant tant d'arrogance : que l'UE se disloque le plus tôt possible, ce qui serait le meilleur service qu'elle rendrait à ses ressortissants et à la Suisse, qui n'a décidément rien à faire dans cette galère-là.

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 23:35

BillagLe 7 septembre de cette année j'ai raconté ici ce qu'était Billag, la société qui a le monopole en Suisse du recouvrement de la redevance audiovisuelle jusqu'en 2014 :

 

"Cette filiale à 100% de Swisscom, dont le siège est à Fribourg, a alors obtenu [en 1998] le mandat de la Confédération d'encaisser les redevances radio et télé. Pour récolter quelque 1,3 milliard de francs elle emploie 300 personnes et coûte la bagatelle de 55 millions de francs de frais de fonctionnement [en fait 57 millions] à la collectivité."

 

La plus grosse part du gâteau ici est dévolu à la SSR - 1'153 millions sur 1'270 millions -, c'est-à-dire aux télévisions et radios publiques. Le seul fait de posséder un appareil de réception - ordinateurs compris - vous condamne à payer la redevance audiovisuelle, que les programmes publics vous plaisent ou non, que vous allumiez votre appareil ou non. Le principal est que votre appareil soit en bon état de marche. C'est ce qu'on appelle la liberté de choix, puisqu'on est libre de ne pas regarder mais qu'on n'est pas libre de ne pas payer.

 

Dans mon article du 7 septembre 2010, je faisais écho à cette information incroyable ici : au cours des trois dernières années 67 millions de francs de la redevance n'ont pas trouvé preneurs, la loi étant tellement bien faite qu'ils ne pouvaient pas être attribués à des télévisions et radios privés selon les critères retenus. La proprortion est énorme puisque chaque année 50 millions de francs sont récoltés en leur faveur. Pas question pour autant de diminuer la redevance audiovisuelle. On trouvera bien moyen de dépenser ces fichus 67 millions d'une manière ou d'une autre. Fouchtra !

 

Le 13 octobre 2010, l'OFCOM, l'Office fédéral de la communication, annonce ici [d'où vient la photo] qu'à partir de 2011 la redevance audiovisuelle, qui représente la bagatelle de 462 francs par an, une des plus élevées d'Europe, sinon la plus élevée, environ 347 € au cours actuel, sera désormais perçue une seule fois par an au lieu de tous les trois mois. Pourquoi ? Je vous le donne en mille Emile, comme dirait Coluche : pour économiser 9 à 10 millions de francs... en coûts d'impression et d'envoi, en frais de paiement.

 

Il faut savoir, à titre comparatif, que l'OFCOM perçoit 4 millions de francs sur la redevance audiovisuelle pour "la surveillance de l'organe d'encaissement, pour le règlement des procédures de recours contre les décisions de l'organe d'encaissement et pour la poursuite des resquilleurs". En somme qu'il est lui aussi intéressé par ce fromage qui fait vivre décidément beaucoup de monde...

 

Comme un certain nombre de redevables auront du mal à payer en une fois, il leur est proposé de continuer à payer tous les trois mois, moyennant une surtaxe de 2 francs par facture, ce qui portera la redevance annuelle à 470 francs, soit une hause déguisée de 1,7%... Si, par hypothèse, les 3 millions de redevables actuels choisissaient cette solution, certes les économies de 9 à 10 millions de francs ne seraient pas réalisées mais il tomberait 24 millions de plus dans l'escarcelle de Billag... 

 

Il est vraisemblable que cette bonne nouvelle, quand la mise en place de la facture annuelle sera effective, n'enchantera pas les redevables. Billag s'attend donc à un afflux de questions. Traduisez : à un afflux de récriminations. Pour y faire face l'organe d'encaissement a décidé de doubler le nombre des collaborateurs de son centre d'appel ici. De 70 actuellement ils passeront à 140. Ce qui représentera un surcoût de 3 à 4 millions de francs pour en économiser hypothétiquement 9 à 10.

 

Vous savez ce que cela me rappelle ? Le sophisme de la vitre cassée, dénoncé par Frédéric Bastiat, dans son livre Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas ici ...

 

A tout prendre, ne serait-il pas plus simple de supprimer purement et simplement la redevance comme le suggère Pascal Décaillet ici  et laisser au consommateur la liberté d'écouter et de regarder ce que bon lui semble ?

 

Francis Richard

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 23:45

Affaire KadhafiVendredi dernier, 3 décembre 2010, la Commission de gestion du Conseil des Etats a publié son rapport ici sur la Gestion par les autorités fédérales de la crise diplomatique entre la Suisse et la Libye, autrement dit sur l'affaire Kadhafi.[la photo provient d'ici].

 

Après avoir lu le début de ce rapport où était résumé l'essentiel en bref, j'ai failli renoncer à aller plus avant. En effet, à quoi bon lire une enquête qui "ne vise ni une évaluation globale de la gestion de cette crise ni une appréciation de la stratégie de négociation suivie par la diplomatie suisse" ?

 

Il faut dire que le mandat d'enquête de la Commission de gestion est limité, pour la durée de la crise, soit pour la période allant du 15 juillet 2008 au 13 juin 2010 :

 

- à l'analyse de la conduite du Conseil fédéral et des flux d'informations au sein du collège en relation avec le voyage d'Hans-Rudolf Merz en Libye le 20 août 2009 et avec la planification d'opérations d'exfiltration des deux otages suisses en Libye

- à l'analyse des modalités de la collaboration entre les autorités fédérales et les autorités de la République et canton de Genève.

 

Ma curiosité a toutefois été récompensée. La Commission de gestion a bien été obligée pour remplir son mandat de reconstituer plusieurs épisodes de la crise, avec des moyens d'investigations que votre serviteur ne possède évidemment pas. C'est cette reconstitution, davantage que les recommandations de la Commission, qui, à mon sens, présente un réel intérêt.

 

C'est ainsi que deux points ont retenu toute mon attention :

 

- le statut d'Hannibal et d'Aline Kadhafi lors de leur arrestation le 15 juillet 2008¨

 

- le comportement d'Hans-Rudolf Merz, alors président de la Confédération, lors de la conclusion de l'accord du 20 août 2009

 

Le 15 juillet 2008 les époux Kadhafi, Hannibal et Aline, respectivement fils et bru du Guide de la Révolution, sont arrêtés à la suite d'une plainte pénale déposée par deux de leurs domestiques qui ont subi des sévices de leur part. La veille, avant de procéder à cette arrestation, les autorités genevoises ont interrogé les autorités fédérales. Celles-là reçoivent de celles-ci un courriel daté du 15 juillet 2008, qui figure dans le rapport et dont le passage important est le suivant :

 

"Ces deux personnes [Monsieur H.K. et Madame A.K.] n'ont pas de statut diplomatique en Suisse et sont soumises au droit ordinaire.

 

Compte tenu des répercussions politiques que cette interpellation ne manquera pas de susciter au niveau des relations bilatérales entre les deux pays, je vous prie de bien vouloir instruire les agents de police afin qu'ils prennent toutes les précautions d'usage lors de leur intervention."

 

Inculpés le 16 juillet 2008, les époux Kadhafi sont libérés sous caution le lendemain et regagnent la Libye le jour même.

 

Deux jours plus tard, le 19 juillet 2008, deux ressortissants suisses, Rachid Hamdani et Max Göldi, sont arrêtés sous un prétexte bidon et emprisonnés dans un premier temps jusqu'au 29 juillet 2008 dans des conditions de détention exécrables. Ils sont alors relâchés avec interdiction de quitter le territoire libyen.

 

Un comité indépendant composé d'un juge suisse et d'un juge libyen est mis en place début septembre 2008, tandis que les domestiques du couple Kadhafi retirent leur plainte et que le procureur de la République et canton de Genève abandonne les poursuites pénales contre le couple Kadhafi.

 

Le 14 décembre 2008 le juge suisse conclut son enquête en ces termes :

 

"J'estime que l'arrestation et la détention de M. et Mme [K.] n'ont pas été exécutées en violation des droits suisse et international, sauf en ce qui concerne le vol présumé [allusion à une déclaration, effectuée par trois employés et datée du 13 juillet 2008, du vol d'une montre et de 2000 € appartenant au couple K.]. Le déroulement  des opérations n'en est pas moins regrettable, notamment si l'on considère que les autorités de police genevoises avaient été informées que M. et Mme [K.], en tant que détenteurs de passeports diplomatiques et en leur qualité de hauts dignitaires de l'Etat libyen, devaient être traités avec une attention toute particulière. Ce conseil n'a malheureusement pas été suivi et l'on peut considérer que les deux personnes en question n'ont pas toujours été traitées avec les égards dus à leur rang et ont même été inutilement humiliés."

 

Quant au juge libyen, le 24 décembre 2008, il accrédite cette fable du "diplomate libyen et de son épouse" et considère que le traitement infligé au couple K. et la violation des droits de leur enfant "doivent être qualifiés de délits en vertu du droit pénal" et que "des mesures disciplinaires sévères" doivent les sanctionner.

 

Le problème est que les époux K. ne bénéficient pas de l'immunité diplomatique au moment des faits et que les conclusions de l'un et l'autre juge sont donc sans valeur, puisque toute leur argumentation, à l'un comme à l'autre, repose sur cette qualification erronée.

 

Pendant les mois qui suivent, des tractations ont lieu, sans résultat. Micheline Calmy-Rey, ministre des Affaires étrangères suisse, fait même le déplacement à Tripoli du 27 au 29 mai 2009, sans résultat.

 

Lors de sa séance du 17 juin 2009 le Conseil fédéral donne mandat informel à Hans-Rudolf Merz, président de la Confédération en 2009, de se charger du dossier. Après de nouvelles tractations une proposition d'accord est envoyée par la Libye le 13 août 2009.

 

Cette proposition est soumise par la collaboratrice diplomatique d'Hans-Rudolf Merz à la DDIP, Direction du droit international public (qui dépend du département de Micheline Calmy-Rey), qui conclut qu'elle est inacceptable par la Suisse. Il ne peut être question que la Suisse présente des excuses formelles et publiques pour tort commis à l'égard d'un diplomate libyen, puisqu'aucun tort n'a été commis et que H.K. n'avait pas de statut diplomatique au moment des faits. Selon la DDIP, un tribunal arbitral doit examiner non seulement "le comportement suisse" mais aussi "les violations de droit subséquentes à l'arrestation du couple K. commises par la Libye".

 

Une semaine plus tard, sans avoir consulté ses collègues du Conseil fédéral, Hans-Rudolf Merz signe le 20 août 2009, à Tripoli, un accord avec la Libye qui ne tient aucun compte des conclusions de la DDIP et qui leur est même exactement contraire. Le président de la Confédération s'est rendu en Libye après voir dit pourtant la veille à ses collègues qu'il ne s'y rendrait pas...

 

Pire, le 24 août 2009, dans une proposition élaborée par son département, il leur demande d'approuver cet accord lors de la séance prévue le 26 août 2009, en mentionnant qu'il s'est "seulement excusé pour les circonstances de l'arrestation". Ce qui est inexact puisque le texte original de l'accord est le suivant :

 

"The Swiss Federal Governement shall express official and public apology for the unjustified and unnecessary arrest conducted by the Geneva Police."

 

Ce qui peut se traduire par :

 

"Le Conseil fédéral devra exprimer ses excuses officielles et publiques pour l'arrestation injustifiée et non nécessaire conduite par la police de Genève."

 

Le rapport révèle :

 

"De plus, la version allemande de l'accord présentée par le président de la Confédération 2009 au Conseil fédéral lors de sa séance du 26 août 2009 ne correspond pas littéralement au texte original anglais. En effet il est fait état d'une "ungebührliche und unnötige Verhaftung" et non d'une "unberechtige und unnötige Veraftung"".

 

Ce qui n'est pas la même chose puisque "ungebührlich" peut se traduire par "peu convenable" et "unberechtig" par "injustifié"...

 

Enfin on apprend par le rapport que, le 26 août 2009, le Conseil fédéral n'approuve pas formellement l'accord du 20 août 2009, mais qu'il en prend acte et "décide de prendre en main la phase de mise en oeuvre de l'accord" :

  

"Il ressort des procès-verbaux du Conseil fédéral que les membres du collège n'étaient pas prêts à approuver formellement cet accord alors qu'ils n'avaient pas été consultés au préalable sur son contenu.

  

Par ailleurs, il ressort aussi des documents du Conseil fédéral que la secrétaire générale du DFF [Département fédéral des finances, dirigé par Hans-Rudolf Merz], sur mandat du président de la Confédération 2009, aurait approché la chancelière fédérale en vue de modifier après-coup la décision du Conseil fédéral du 26 août 2009, ce que la chancelière fédérale aurait refusé de faire."...

  

L'accord humiliant du 20 août 2009 devait permettre la libération rapide des otages suisses retenus en Libye. Il n'en a rien été. Rachid Hamdani devait être retenu six mois encore et Max Göldi dix.

 

Ces deux épisodes confirment :

 

- que la République et canton de Genève s'est montré respectueuse du droit suisse et du droit international et qu'elle a traité le couple Kadhafi comme les criminels de droit commun qu'ils étaient sans tenir compte qu'ils étaient puissants ou misérables

 

- que le président de la Confédération 2009, à savoir Hans-Rudolf Merz, a outrepassé ses droits, qu'il s'est complètement fourvoyé dans cette affaire et qu'il était vraiment temps qu'il prenne sa retraite.

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

 

Articles précédents sur l'affaire Kadhafi :

 

Affaire Kadhafi: l'accord signé par la Suisse sous la contrainte ne vaut rien du 14.06.10    

Max Göldi sorti de prison: retour à la case départ ? du 11.06.10  

Muammar Kadhafi se confie à l'Hebdo : plus ouf, tu meurs ! du 7.05.10  

Affaire Kadhafi : demain soir Max Göldi aura déjà purgé la moitié de sa peine du 21.04.10
Union européenne, Kadhafi, mêmes intérêts économiques ? du 25.03.10
  

Comment,en refusant des visas à des Libyens,la Suisse a poussé à bout l'Italie du 17.03.10
Le jihad new-look de Kadhafi en réponse au vote sur les minarets du 10.03.10
Le ridicule ne tue pas, sinon Muammar Kadhafi avec son jihad... du 03.03.10
Otages suisses: la Libye, Etat voyou, a fauté en défiant Schengen du 23.02.10
La Libye de Kadhafi retient depuis 500 jours deux Suisses en otage du 01.12.09
Le gang Kadhafi, père et fils, et l'initiative anti-minarets du 22.10.09
Retour sur la 64e session de l'ONU et le bras de fer Kadhafi-Merz du 01.10.09
Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... du 08.09.09
Affaire Kadhafi : en attendant le retour des deux otages. du 27.08.09
Affaire Kadhafi : C'est la honte ! Hans-Rudolf Merz a fini par se coucher du 20.08.09
La prise d'otages en Iran comme en Libye est une politique de dictature du 11.08.09
Affaire Kadhafi : avant de franchir les 2 derniers millimètres du 23.07.09
Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi du 29.06.09
L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation du 24.04.09
Kadhafi réclame 300'000 francs à la Suisse pour jouer au Père Noël  du 24.12.08
Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses  du 9.10.08
Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  du 13.08.08
Affaire Kadhafi : trompe-l'oeil du parallèle entre Libye et Suisse du 31.07.08
Affaire Kadhafi : baisser son pantalon en étant dans son bon droit du 29.07.08
L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris du 25.07.08
 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 20:00

Initiative sur le renvoiLe dimanche 28 novembre 2010 le peuple suisse a donc approuvé par près de 53% des voix l'initiative populaire de l'UDC, Union démocratique du centre, "Pour le renvoi des criminels étrangers". Ce résultat était attendu, annoncé depuis plusieurs semaines [voir mon article Le peuple suisse votera le renvoi systématique des criminels étrangers ].

  

Pour se faire une idée des réactions de la presse écrite romande après cette votation, rien de plus simple. Il suffit d'analyser ce que disent les éditoriaux de quelques quotidiens romands sur le sujet, au lendemain de cette votation, c'est-à-dire datés du 29 novembre 2010.

 

Pour faire cette analyse j'en ai sélectionné cinq, dans l'ordre alphabétique des patronymes des auteurs :

 

Jean-François Fournier, du Nouvelliste (Valais) ici "Le charme (même plus) discret de la bourgeoisie"

Sandra Jean, du Matin (Vaud) ici, "Centre-droite, tu roupilles ?"

- Pierre Ruetschi, de La Tribune de Genève ici, "Ils perdent les bras croisés face à l'UDC"

- Louis Ruffieux, de La Liberté (Fribourg) ici, "Jusqu'où ?" 

- Pierre Veya, du Temps (Genève) ici, "L'angoisse"

  

Thèmes abordés par quatre de ces messieurs dame :

 

La victoire éclatante de l'UDC, seule contre tous :

 

"Seule contre tous les partis, l'UDC a gagné" Sandra Jean

 

"Avec moins de 30% des voix au Parlement, l'UDC, seule contre tous les autres partis, a convaincu une large majorité des Suisses de la suivre." Pierre Ruetschi

 

Le lien avec la votation de l'an passé "Contre la construction de minarets" :

 

"Une année après l'interdiction des minarets, l'UDC impose son dogme souverainiste, au mépris des règles de droit universelles" Pierre Veya

 

"Interdiction de la construction des minarets en 2009, instauration d'un régime pénal d'exception pour les étrangers criminels un an plus tard : deux funestes dimanches de fin novembre, deux crottes démocratiquement déposées dans le vaisselier constitutionnel." Louis Ruffieux

 

Les raisons du succès de l'UDC :

 

"Une vraie machine de guerre, avec un service de propagande parfait, des moyens financiers inégalables, des politiciens investis, des messages simplistes mais terriblement efficaces." Sandra Jean

 

Les raisons de l'échec des opposants à l'initiative :

 

"Manifestement, les partis du centre, le Conseil fédéral et le parlement sont de plus en plus impuissants à contrer le discours d'un grand parti qui exploite les peurs légitimes qui s'exercent à l'égard des phénomènes migratoires" Pierre Veya

 

"Sur la votation d'hier, apparaîtra encore le coupable déni de la réalité de la gauche et la droite modérée face aux agissements criminels d'une minorité d'étrangers qui, ces dernières années, ont pourri le climat." Louis Ruffieux

 

L'évocation du fossé entre la Suisse romande et la Suisse alémanique :

 

"La différence de sensibilité entre Romands et Alémaniques sur les sujets liés aux frontières ne leur  échappera pas non plus [aux historiens du futur]" Louis Ruffieux

 

"En bon Romand, on pourrait commencer par creuser le Röstigraben. Cela ne coûte rien et c'est défoulant de déverser sa frustration du dimanche sur le frère ennemi." Pierre Ruetschi

 

Le musellement préalable du peuple suisse pour l'empêcher de désormais mal voter :

 

"Il aurait fallu invalider le texte quand il était encore temps." Sandra Jean

 

"Les politologues s'étonneront sans doute de l'absence de filtre et de pot catalytique dans la mécanique fine de la démocratie helvétique. Ainsi peut-on, par voie d'initiative, demander tout, n'importe quoi et, pourquoi pas, la suppression du dernier dimanche de novembre." Louis Ruffieux

 

Cette dernière proposition est un véritable lapsus freudien de la part de son auteur qui parle plus haut de "deux funestes dimanches de fin novembre", ceux du 29 novembre 2009 et du 28 novembre 2010... 

 

Dans tous ces thèmes il y a des parts de vérité, indéniablement. Mais l'opposition systématique à l'égard de l'UDC de tous ces éditorialistes les empêche de voir les choses avec un peu de recul.

 

Le cinquième éditorialiste, Jean-François Fournier, parce qu'il n'est justement pas systématiquement hostile à l'UDC, a bien vu ce que certains autres de ses confrères n'ont qu'entraperçu :

 

"En ce début du XXIe siècle helvétique, aucune thématique ne rivalise sérieusement avec la sécurité parmi les préoccupations du citoyen. Et aucun système n'est capable d'ébranler les idées de profit, de consommation, de jouissance de son travail que le libéralisme a mises sur un pied d'Estale. Le type de société qui découle de ce constat porte un nom, décrit comme l'ennemi public No1 par les marxistes : la bourgeoisie."

 

Il précise sa pensée sur ce vote du 28 novembre 2010 qu'il qualifie de bourgeois :

 

"Aux classes qui détiennent les rênes de la production depuis les débuts de l'industrialisation - et la richesse qui va avec - s'ajoute désormais le poids d'une classe moyenne, qui entend bien consolider ses récents privilèges, dont le contrôle d'une fiscalité cantonale et communale qui lui est globalement favorable. Une alliance hétéroclite mais très large qui a donc stigmatisé comme un seul homme les criminels étrangers, ressentis comme la première menace à peser sur son bas de laine."

 

Il conclut :

 

"Ces réalités du siècle, seule l'UDC les a intégrées. En témoignent les prochains combats qu'elle annonce : la réforme d'une école jugée trop laxiste, ou la mise au pas de médias dénoncés comme majoritairement de gauche. Si le PS, les Verts, le PDC et le PLR n'ouvrent pas les yeux très vite, c'est un boulevard qui s'ouvre pour les démocrates du centre dans la perspective des élections fédérales de 2011."

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 23:40

Assises sur islamisationOskar Freysinger est l'homme à abattre depuis le succès de l'initiative populaire "Contre la construction de minarets", adoptée le 29 novembre 2009 par 57.5% des voix du peuple suisse. En effet Oskar Freysinger, Conseiller national UDC représentant le Valais, a été un des artisans notoires de ce succès, dont, de son propre aveu, l'ampleur l'a lui-même surpris.

 

Ce succès a bien souligné le clivage existant entre le peuple suisse et ses élites, qui ont toutes combattu l'initiative, à l'exception d'une partie de l'UDC, l'autre freinant des pieds, et de l'UDF. Ce succès a été symptomatique du ressenti de la population suisse à l'égard de l'Islam, qui n'est pas seulement une religion, mais aussi un système juridique et politique, alors que les musulmans, très peu nombreux en Suisse, n'y posent pas de problèmes majeurs. 

 

Aussi, dès que l'occasion se présente, les médias suisses s'en donnent-ils à coeur joie pour tenter de nuire et de salir Oskar Freysinger. Même des caricaturistes de gauche que j'apprécie - personne n'est parfait - cèdent à la tentation de tomber dans le crapoteux à son sujet, toutes les bassesses étant permises dès qu'il s'agit de lui, clairement reconnaissable à son catogan.

 

Le 18 décembre 2010 ont lieu à Paris des Assises internationales sur l'islamisation, à l'invitation des organisations suivantes :

  

Résistance républicaine – Actions Sita – Free World Academy – Institut Européen de Socialisation et d’Education – Bloc identitaire – Comité Lépante – Ligue du droit des femmes – Riposte Laïque – Vérité, valeurs et démocratie – Novopress – L’Ordre républicain – Liberty vox – Rebelles.info – Le Gaulois – Puteaux-libre – Union gaulliste – Drzz.info – SDF – L’Observatoire de l’islamisation – Parti de l’In-nocence – Ligue de Défense française

 

Parce que le Bloc identitaire est l'une des 22 organisations invitantes de ces assises, Le Temps, sous la signature de Patricia Briel, se croit autorisé à publier le 18 novembre dernier un article dans lequel on peut lire :

 

"Oskar Freysinger poursuit ses liaisons dangereuses. Le 18 décembre, il sera l’invité du Bloc Identitaire à Paris. Cette formation généralement classée à l’extrême droite de l’échiquier politique organise des "Assises internationales sur l’islamisation", dans le but de "défendre la laïcité" et "les valeurs de notre civilisation". Le communiqué du Bloc Identitaire présente le conseiller national UDC comme un invité de marque, en soulignant qu’il est "l’artisan de la votation citoyenne contre les minarets en Suisse"."



Suit un docte entretien entre dame Briel et le politologue Jean-Yves Camus, que le quotidien genevois présente - ce n'est pas innocent - comme un "spécialiste des mouvements nationalistes et extrémistes en Europe". Au cours de cet entretien, le politologue distingué dresse un portrait tout en nuances de ce mouvement "souvent présenté comme le successeur du groupe Unité radicale", que dame Briel se fait un plaisir de présenter comme un groupe dissous par décret, antisémite, haineux et violent à l'égard des étrangers. 

 

Après avoir précisé que certains dirigeants d'Unité radicale sont aujourd'hui à la tête du Bloc identitaire, Jean-Yves Camus explique que ce mouvement n'a cependant rien à voir avec Unité radicale : il s'oppose à l'islamisation parce qu'il est foncièrement opposé au multiculturalisme, il est favorable à l'enracinement local, il n'est ni souverainiste, ni fasciste, ni antisémite, en somme "il se situe à la droite de la droite".

 

Cette analyse doit bien décevoir dame Briel, qui se demande hypocritement si le Valaisan n'est tout de même pas en train de se radicaliser, puisqu'il a répondu positivement à une invitation de Filip Dewinter, membre du Vlaams Belang, et qu'il s'est adressé à Robert Spieler, fondateur de la Nouvelle droite populaire, tous deux classés par elle à l'extrême-droite. Ce qui lui permet un amalgame facile et tendancieux.

 

Le même jour 20 Minutes titre sans nuances : "Oskar Freysinger hôte de l'extrême-droite française" ici. Selon le quotidien gratuit, ces Assises, "rassemblement islamophobe", se tiennent "à l'appel d'une vingtaine de mouvements de la droite dure".

 

Ces deux journaux font dans l'à-peu-près, qui, à ce niveau, relève de la désinformation pure et dure.

 

En effet les mouvements qui organisent ces assisses sur l'islamisation ne sont de loin pas tous des mouvements de la droite dure. Contre-exemples :

 

- Résistance républicaine a été fondée par Christine Tasin du MRC, qui rassemble la gauche républicaine autour de Jean-Pierre Chevènement, et par

 

- Riposte laïque, qui n'est pas spécialement de droite.

 

- L'Institut européen de socialisation et d'éducation fait partie de la mouvance précédente.

 

- La Ligue du droit des femmes est une association féministe cofondée par Simone de Beauvoir



Enfin le  mouvement qui a invité à Paris Oskar Freysinger le 18 décembre prochain n'est pas le Bloc identitaire, mais Riposte laïque...



Francis Richard

 

La parole est à Oskar Freysinger qui explique pourquoi il sera à Paris le 18 décembre prochain :  

 

 

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 22:10

Eric Stauffer poursuiviLa Libye aurait été outragée par l'affiche que le MCG, le Mouvement des citoyens genevois, se proposait de placarder à Genève dans le cadre de sa campagne de soutien à l'initiative de l'UDC sur le renvoi des criminels étrangers. Elle l'aurait exprimé oralement à Tripoli  le 18 octobre 2010 à l'ambassadeur de Suisse. Elle l'aurait confirmé par une requête écrite, datée du 4 novembre dernier.

 

Il ne manquait plus que cette requête pour que le Conseil fédéral puisse donner son feu vert à la poursuite pénale d'Eric Stauffer [la photo provient d'ici], président du MCG, pour outrage à un Etat étranger, en vertu de l'article 296 du Code pénal suisse. Depuis le jeudi 18 novembre, c'est chose faite.

 

Le Conseil fédéral pouvait ordonner au Ministère public de la Confédération, MPC, de poursuivre Eric Stauffer, mais rien ne l'y obligeait, sinon pour préserver les nouvelles et récentes meilleures relations que la Suisse, naguère humiliée par lui, tâche d'entretenir désormais avec le dictateur... Eric Stauffer risque une peine de trois ans de prison au plus ou une peine pécuniaire.

 

Quels sont les faits ? Sur l'affiche concoctée par le MCG figurait une banale photo de Kadhafi, surmontée du titre "Il veut détruire la Suisse". Comme je le rappelais dans mon article du 26 octobre 2010 sur le sujet [Affiche MCG: vous avez dit outrage à Kadhafi? Comme c'est étrange ! ], il est difficile de voir dans cette photo et dans ce titre un quelconque outrage à Kadhafi ou à la Libye puisque cela correspond à la pure et simple vérité :

  

 

"Lors du G8, début juillet 2009, il[Kadhafi] déclare que la Suisse "est formée d'une communauté italienne qui doit retourner en Italie, d'une autre communauté allemande qui doit retourner en Allemagne et une troisième communauté française qui doit retourner en France." ici 

 

Début septembre 2009 on apprend qu'il a le plus sérieusement du monde déposé une requête en ce sens auprès de l'ONU ici, qui ne sera pas retenue parce que contraire à sa Charte. 

 

Le 25 février 2010 le Führer fou déclare le jihad contre la Suisse :"C’est contre la Suisse mécréante et apostate qui détruit les maisons d’Allah que le jihad doit être proclamé par tous les moyens. Le jihad contre la Suisse, contre le sionisme, contre l’agression étrangère n’est pas du terrorisme." ici.

 

La destruction des maisons d'Allah est clairement une allusion tordue - avec trois mois de retard ! - au vote du peuple suisse du 29 novembre 2009 demandant l'interdiction de construire de nouveaux minarets sur le sol helvétique..."

 

 

En tous les cas, le Conseil d'Etat genevois n'a rien trouvé de mieux que de dénoncer cette affiche au MPC ici, le 22 octobre 2010. Le 25 octobre 2010 le séquestre provisoire était ordonné par ce dernier. Le MCG et son président Eric Stauffer faisaient recours contre ce séquestre devant le Tribunal pénal fédéral, qui les déboutait le 16 novembre 2010. Deux jours plus tard Eric Stauffer était poursuivi... 



S'il est difficile de trouver outrageux le fait que le colonel Kadhafi veuille détruire la Suisse puisque c'est la stricte vérité et qu'il en est même fier, on pourrait toutefois s'interroger sur le lien que tente d'établir l'affiche entre Kadhafi et le renvoi des criminels étrangers. Le seul lien, implicite, mais il faut reconnaître qu'il est tiré par les cheveux, est que Kadhafi s'est comporté comme un criminel étranger.

 

En effet, dans la tradition barbaresque, il a pris en otages deux ressortissants helvétiques l'un pendant 583 jours et l'autre pendant 695 jours. Difficile pour autant de le renvoyer pour la bonne raison qu'il ne se trouve pas sur le sol suisse et que lui et son fils sont de toute façon plus égaux que les autres. La preuve : ils n'ont jamais été condamnés pénalement par la justice helvétique.

 

En admettant que ce soit outrageux de dire la vérité et de faire l'amalgame entre Kadhafi et les criminels étrangers, bons pour le renvoi, le Conseil fédéral est mal venu de donner droit pour autant à la requête libyenne. En effet, l'un de ses membres, Micheline Calmy-Rey, pour ne pas la nommer, n'a-t-elle pas qualifié la prise d'otages suisses en Libye de "kidnapping", le 22 octobre 2009 iciLa prise d'otage n'est-elle pas punissable en Suisse en vertu de l'article 185 du Code pénal ?

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 09:15

Congrès à CoinsinsL'Union Démocratique du Centre, l'UDC, le plus grand parti de Suisse, 30% des voix, est interdite de congrès à Lausanne. Pourquoi ? Parce que ce parti ne serait pas démocratique ? Parce qu'il serait un parti violent et dangereux, imposant ses vues par la rue ? Non pas, mais parce que les gauches syndicaliste et extrémiste font la loi à Lausanne et refusent de reconnaître à leur grand et populaire adversaire, une des libertés fondamentales en démocratie qu'est la liberté de réunion.

  

L'UDC veut organiser son Congrès annuel en terre vaudoise les 3 et 4 décembre prochain. Très naturellement elle jette son dévolu sur la capitale, Lausanne, qui est la quatrième ville de Suisse. L'endroit idéal pour y tenir un congrès est le palais de Beaulieu, parce qu'il est vaste et accessible ici. En juin dernier le parti reçoit donc confirmation de Beaulieu Exploitation qu'il pourra bien y tenir congrès. Fort de cette confirmation le parti engage des frais et signe des contrats avec des prestataires de service pour accueillir ses 700 délégués et 300 invités en provenance de toute la Suisse : hébergement, restauration, technique, sécurité, etc.  

  

A la mi-octobre seulement, le syndicat de gauche UNIA ici, qui doit tenir congrès au même endroit et aux mêmes dates, mandate Me Charles Poncet, l'avocat de Kadhafi, pour exiger de la Municipalité de Lausanne, en quasi totalité de gauche, qu'elle ne donne pas son autorisation à la manifestation de l'UDC. En effet les 3 et 4 décembre, c'est à peine une semaine après la votation sur le renvoi des criminels étrangers et le syndicat, bon apôtre, craint que ces proximité et promiscuité ne produisent des étincelles. Lors de sa séance du 27 octobre 2010, à six semaines de la date prévue, la Municipalité n'a toujours pas pris de décision à ce sujet.

  

La Municipalité a-t-elle jamais pris de décision formelle à ce sujet ? Il semble que non. En tout cas je n'en ai pas trouvé trace sur le site de la ville de Lausanne. Il semble que la Municipalité se soit bornée à demander à Beaulieu Exploitation de trouver une solution. Beaulieu Exploitation justement en trouve une : l'Université de Lausanne. Le Parti Socialiste suisse y a justement tenu congrès les 29 et 30 octobre 2010, l'endroit idéal ici. Mais il va s'avèrer tout aussi idéal pour l'UDC que le palais de Beaulieu, c'est-à-dire inaccessible.

 

En effet des étudiants apportent une lettre au Rectorat demandant l'annulation du congrès de l'UDC, mais surtout un tract est opportunément distribué sur le campus ici :

 

AGIR LE 4 DECEMBRE

  

Un parti qui engendre l'expulsion d'individus, simplement

parce qu'ils n'ont pas la bonne nationalité doivent [sic] recevoir

une réponse claire. Ne respectant pas la liberté de

mouvement des individus qui se font expulser, personne

n'a à respecter leur liberté de se réunir. Il faut agir

radicalement contre ce genre de parti qui engendre un

nettoyage ethnique et inscrit dans la constitution diverses

normes discriminatoires envers les étrangers. Le 4

décembre, organisons-nous tous, sans chefs, par petits

groupes ou individuellement. La possibilité d'actions est

infinie quand il y a de l'imagination:

endommager les voitures des membres de l'UDC, crever

les pneus, les dégonfler, briser les vitrines, balancer des

tomates ou de la peinture sur les xénophobes, bien que

quelque chose de plus lourd puisse aussi faire l'affaire,

endommager les locaux de l'amphimax, brûler quelques

chaises...

 

A chacun d'agir selon ses envies!

 

Pour une avalanche d'actions radicales le 4 décembre !

 

Détruire l'UDC n'est pas un choix mais un devoir !

 

No comment !

 

[voir mon article Le peuple suisse votera le renvoi systématique des criminels étrangers ].

 

Mardi 9 novembre 2010, l'Université de Lausanne ici, courageuse, mais pas téméraire, prenant prétexte de ce tract anonyme, fait donc savoir, par la voix de son secrétaire général Marc de Perrot, qu'elle ne peut prendre le risque que la situation ne dégénère sur le campus ici...

 

Dimanche 14 novembre, Anne-Catherine Lyon, Ministre socialiste de la Formation, de la Jeunesse et de la Culture de l’Etat de Vaud, approuve cette décision ici :

 

"L’Université a appliqué le principe de précaution".

 

Ce principe a décidément bon dos pour justifier l’injustifiable...

 

Jeudi 18 novembre, on apprend que l'UDC, interdite de réunion à Lausanne et environs, tiendra congrès en plein air, en terre vaudoise, à Coinsins, près de Gland, sur la propriété du député UDC vaudois Jean-Marc Sordet [la photo provient d'ici], après avoir essuyé le refus de 19 communes ici  ... Le parti agrarien renoue ainsi avec ses origines paysannes ici. Peut-être trouvera-t-il son bonheur dans le pré...

 

En tout cas : Vive la démocratie quand même ! Et merci à la gauche pour ses nombreuses contributions aux succès électoraux de l'UDC!

 

Francis Richard 

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 23:10

Impôts équitablesLes socialistes suisses n'ont qu'un postulat : faire payer les riches pour faire le bonheur de ceux qui ne le sont pas. En dehors de ce postulat simpliste, point de salut. Forts de ce postulat, qui est pourtant largement démenti par les faits, ils ont lancé une initiative intitulée "Pour des impôts équitables" ici qui fait l'objet d'une votation fédérale le 28 novembre prochain [la photo ci-contre provient d'ici].

 

Pour les socialistes il s'agit comme d'habitude (le prétexte des infrastructures dissimule le fait moins glorieux de verser des prestations de toutes sortes à leur clientèle électorale) de pouvoir toujours plus redistribuer, c'est-à-dire de voler légalement dans la poche des uns pour remplir celle des autres. Ce qui peut leur rapporter gros. A eux seuls.

  

Qui sont ces riches suisses d'ailleurs ? Pour les socialistes ce sont les personnes physiques qui ont un revenu imposable de plus de 250'000 francs ou une fortune de plus de 2 millions de francs. Combien sont-ils dans toute la Suisse ? 32'000 et 86'000 respectivement. C'est-à-dire qu'ils représentent, dans les deux cas, moins de 1% de la population suisse.

 

Conclusion : il ne devrait pas être difficile de trouver une majorité dictatoriale de citoyens pour ponctionner encore plus cette infime minorité qui a le tort de payer déjà 35% des recettes fiscales du pays... ce que les initiants se gardent bien de rappeler sur leur site ici.

  

A quelle sauce ces riches suisses seront-ils mangés si l'initiative socialiste passe ?

  

Un nouvel alinéa sera ajouté à l'article 129 de la Constitution fédérale sur l'Harmonisation fiscale, qui précise pourtant dans son alinéa 2 que "les barèmes, les taux et les montants exonérés de l'impôt ne sont pas soumis à l'harmonisation fiscale" ... pour respecter la souveraineté des cantons en la matière, fédéralisme oblige, ce dont les socialistes suisses n'ont cure, ne sachant pas ce que subsidiarité veut dire :

 

"al. 2bis (nouveau)

 

Les barèmes et les taux applicables aux personnes physiques sont toutefois soumis aux principes suivants:

a. pour les personnes vivant seules, le taux marginal des impôts cantonaux et communaux sur le revenu grevant la part du revenu imposable dépassant 250'000 francs doit se monter globalement à 22% au moins. Les effets de la progression à froid sont compensés périodiquement;

b. pour les personnes vivant seules, le taux marginal des impôts cantonaux et communaux sur la fortune grevant la part de la fortune imposable qui dépasse 2 millions de francs doit se monter globalement à 5 pour mille au moins. Les effets de la progression à froid sont compensés périodiquement;

c. pour les couples imposés conjointement et pour les personnes seules qui vivent en ménage commun avec des enfants ou des personnes nécessiteuses dont elles assument pour l'essentiel l'entretien, les montants valables pour les personnes vivant seules selon les let. A et b peuvent être augmentés;

d. le taux moyen de tout impôt direct prélevé par la Confédération, les cantons ou les communes ne doit diminuer ni avec l'augmentation du revenu imposable ni avec l'augmentation de la fortune imposable."

Limitons-nous aux paragraphes a. et b., le paragraphe c. étant une véritable bouteille à l'encre, et le paragraphe d. étant devenu sans objet, depuis que le Tribunal fédéral, en 2007, a déclaré les impôts dégressifs contraires à la Constitution, ce qui est cependant discutable sur le principe.

 

Première remarque : pourquoi des taux de 22% et de 5 pour mille au moins ? Pourquoi pas 25% et 7 pour mille au moins, ou 20% et 3 pour mille au moins ? "Nobody knows. It's a mystery !" En fait c'est purement arbitraire, le fait des princes socialistes. La justice fiscale socialiste a des raisons que la raison ne peut évidemment pas connaître...

 

Deuxième remarque : quels sont les cantons qui devront relever leurs taux d'imposition ? Comme par hasard les cantons - plus de la moitié - où l'état social voleur légal est le moins étendu et où les finances sont les plus saines, c'est-à-dire... en Suisse alémanique et plus particulièrement dans les cantons primitifs. Il y faudra relever tous les seuils d'imposition marginaux par la même occasion pour éviter des sauts abrupts des taux éponymes... La classe moyenne de ces cantons ne manquera pas de remercier les socialistes...qui lui veulent tant de bien ! 

 

Troisième remarque : les initiants veulent s'opposer à la concurrence fiscale parce qu'elle profite aux personnes les plus riches et aux entreprises :



"Plus mobiles que la moyenne, ces deux catégories de contribuables peuvent facilement se déplacer pour profiter des avantages financiers qui leur sont offerts" ici.



Cela ne veut-il pas dire que ces contribuables pourraient tout aussi bien quitter la Suisse si elle devient un enfer fiscal, comme tous les lieux de la planète où le socialisme progresse avec les dégâts collatéraux que l'on sait ? Qui paiera l'addition dans ce cas-là ? Poser la question, c'est y répondre : la fameuse classe moyenne que les socialistes prétendent chouchouter.

 

Quatrième remarque : la concurrence fiscale entre cantons profite à tout le monde. Si elle n'existait pas (elle est malheureusement d'ailleurs déjà fortement réglementée et fortement atténuée par la péréquation étatique, ce qui lui enlève une bonne part de ses bienfaits), les états cantonaux dépenseraient dès lors sans frein et les contributions des plus riches - ceux qui ne seraient pas partis - seraient vite insuffisantes à combler les déficits et à éponger les dettes. Force serait alors de faire contribuer la fameuse classe moyenne que les socialistes prétendent défendre, la main sur le coeur et la rose épineuse au poing.

 

Cinquième remarque : les cantons qui sont les moins avantagés ont justement l'arme fiscale pour attirer, en provenance du reste du monde, des personnes parmi les plus riches et des entreprises parmi les plus prospères. Cet afflux ne peut que bénéficier à la Suisse tout entière et à sa classe moyenne, ce que les socialistes ne peuvent pas comprendre, aveuglés qu'ils sont par leur idéologie égalitariste.

 

A supposer qu'un impôt puisse être équitable, surtout s'il sert à autre chose qu'à assurer la sécurité du pays, on peut se demander en quoi il serait juste d'en faire peser le poids toujours davantage sur les personnes les plus riches, ce qui se traduirait immanquablement tôt ou tard par une pression fiscale accrue sur les autres et notamment sur la fameuse classe moyenne. Ce qui ne correspondrait pas au but recherché mais qui serait le résultat inévitable obtenu.

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème

 

L'initiative socialiste "Pour des impôts équitables" a été refusée le 28 novembre 2010 par 58,5% des voix du peuple suisse. 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 01:15

renvoi criminels étrangersDans un monde parfait il n'y aurait pas de pays, donc pas d'étrangers, il n'y aurait pas de frontières, donc pas de contrôles des personnes, pas de criminels, donc pas de prisons. Les pays ne se feraient pas la guerre et il n'y aurait pas besoin d'armées. Les hommes ne se feraient pas de mal et il n'y aurait pas besoin de polices. Bref tout le monde il serait beau, tout le monde il serait gentil. Mais peut-être tout le monde il serait emm....

 

Seulement voilà : le monde est imparfait. Il n'est pas toujours beau ni toujours gentil. Des croyants y voient la marque du péché originel. Des incroyants se contentent de constater. Les uns et les autres cherchent alors à s'adapter à leur niveau et à leur échelle. Ils agissent sur les choses qui sont à leur portée et qu'ils peuvent changer. Ils n'ont pas la prétention de changer le monde dans son ensemble. Ils tentent de l'améliorer vaille que vaille dans leur environnement immédiat, par leur action.

 

Mais il en est qui nient cette imperfection du monde et qui essaient de le changer ou de le corriger pour le plus grand bien de tout le monde. S'il le faut, par la force. Ils se croient investis d'une mission. Même s'ils ne l'avouent pas, ou s'ils ne se l'avouent pas, ils ont un complexe de supériorité par rapport aux autres. Ils sont parfois sincères quand ils disent qu'ils veulent le bien des autres, éventuellement contre leur gré. Mais ce déni de réalité les conduit inévitablement à imposer la servitude aux autres et à leur refuser la parole. 

 

L'Etat devrait se cantonner dans ses fonctions régaliennes, autrement dit il devrait seulement assurer la sécurité des biens et des personnes, à l'intérieur du pays comme à l'égard de l'extérieur. Sans sécurité il n'est pas d'exercice possible des libertés individuelles dans un pays donné et d'un pays donné à un autre. Au lieu de cela, les Etats s'occupent la plupart du temps de tout autre chose. Ils créent même souvent par leur intervention dans d'autres domaines les conditions de l'insécurité.

 

Par exemple, en se développant, l'Etat social met en péril le droit de propriété. La redistribution des richesses, qui s'opère en prenant ce qu'il faut dans la poche des uns pour remplir celle des autres, met en danger la création de richesses puisque leur propriété n'est plus reconnue à leurs créateurs, puisqu'elle leur est confisquée en partie, une partie, qui plus est, à géométrie variable, suivant l'humeur des gouvernants. C'est l'insécurité liée à l'incertitude. 

 

Plus l'Etat social se développe dans un pays, plus il favorise l'idée chez certains, les moins entreprenants, que les richesses tombent du ciel, et, du coup, il freine leur création : à quoi bon se fatiguer, se disent certains, puisque ce sont les autres qui en profitent; à quoi bon se fatiguer, se disent d'autres, puisque certains sont bien forcés de pourvoir aux besoins d'autrui, sans que ce dernier n'ait à lever le petit doigt.

 

Il est sur la planète des pays plus ou moins riches. Les plus riches sont encore ceux où la liberté des échanges se conjugue avec une moindre dimension étatique. Mais, comme le monde n'est pas parfait, même les Etats de ces pays succombent à la tentation de l'intervention et développent leur dimension sociale. Ces richesses redistribuées exercent une attraction certaine sur les plus humbles du pays et, également, sur les habitants d'autres pays qui, même en travaillant dur, ne pourraient pas bénéficier d'une telle manne, de surcroît bien souvent gratuite, ou quasiment.

 

Qu'est-ce qui différencie un citoyen d'un pays et un étranger ? 

 

Un citoyen peut l'être de naissance ou par acquisition de la nationalité. S'il l'est de naissance, il a baigné dans une culture, une histoire et une manière de vivre, qui caractérisent son appartenance à une communauté, celle des habitants de son pays. S'il l'est par acquisition il a dû adhérer - ou aurait dû devoir adhérer - aux droits fondamentaux qui régissent son nouveau pays; il doit dès lors se couler dans son moule et en épouser les contours, devenir délibérément un citoyen à part entière, comme ceux qui se sont contentés d'y naître. Ce n'est pas juste ? Peu importe. C'est ainsi. 

 

Quant à l'étranger, il est un hôte qui doit se comporter comme tel dans le pays qui l'accueille, en en respectant les règles même s'il n'adhère pas à ses valeurs. Alors que je me trouvais en Thaïlande, je me souviens d'avoir lu, il y a quelque trente ans, dans le Bangkok Post un article relatif à un étranger qui avait été mis en prison pour sacrilège. Il avait pris en photo le Bouddha d'Emeraude du Wat Prakeo, alors que des panneaux interdisaient formellement de le faire sous peine d'emprisonnement. Cet étranger savait donc ce qui l'attendait. Il est pourtant passé outre...

 

Le citoyen d'un pays a des devoirs et des droits, qui ne peuvent donc être que différents de ceux d'un étranger. Les devoirs d'un citoyen sont bien plus grands et ses droits également, notamment ses droits civiques. Parmi les plus grands devoirs, pour les hommes, il y a souvent, par exemple, l'obligation de servir un temps dans l'armée. Un étranger n'a pas de tels devoirs. Il s'agit d'un invité et il doit se comporter comme tel. Quand dans une maison un invité se comporte mal, on le réprimande, on le met dehors et on lui demande de rentrer chez lui. Quand il s'agit d'une personne de la famille, on le réprimande aussi et on lui demande seulement d'aller dans sa chambre pour se calmer.

 

Après ces quelques rappels, que dit l'initiative populaire de l'UDC "Pour le renvoi des criminels étrangers "[la photo provient d'ici], lancée à l'été 2007, déposée en février 2008, munie de 210'919 signatures valides et objet d'une votation le 28 novembre prochain ici ?

 

"I

La Constitution fédérale du 18 avril 1999 est modifiée comme suit:

Art. 121, al. 3 à 6 (nouveaux)

3 Ils (les étrangers) sont privés de leur titre de séjour, indépendamment de leur statut, et de tous leurs droits à séjourner en Suisse:

s'ils ont été condamnés par un jugement entré en force pour meurtre, viol, ou tout autre délit sexuel grave, pour un acte de violence d'une autre nature tel que le brigandage, la traite d'êtres humains, le trafic de drogue ou l'effraction; ou

s'ils ont perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l'aide sociale.

4 Le législateur précise les faits constitutifs des infractions visées à l'al. 3. Il peut les compléter par d'autres faits constitutifs.

5 Les étrangers qui, en vertu des al. 3 et 4, sont privés de leur titre de séjour et de tous leurs droits à séjourner en Suisse doivent être expulsés du pays par les autorités compétentes et frappés d'une interdiction d'entrer sur le territoire allant de 5 à 15 ans. En cas de récidive, l'interdiction d'entrer sur le territoire sera fixée à 20 ans.

6 Les étrangers qui contreviennent à l'interdiction d'entrer sur le territoire ou qui y entrent illégalement de quelque manière que ce soit sont punissables. Le législateur édicte les dispositions correspondantes.

II

Les dispositions transitoires de la Constitution fédérale sont modifiées comme suit:

Art. 197, ch. 8 (nouveau)

8. Disposition transitoire ad art. 121

(Séjour et établissement des étrangers)

Dans les cinq années qui suivent l'acceptation par le peuple et par les cantons de l'art. 121, al. 3 à 6, le législateur définit les faits constitutifs des infractions en vertu de l'art. 121, al. 3, il les complète et il édicte les dispositions pénales relatives à l'entrée illégale sur le territoire visée à l'art. 121, al. 6."

Les initiants partent du constat que les étrangers sont très nombreux en Suisse, pas loin de 22% [21.7% en 2009] de la population totale. Or dans toutes les catégories de crimes la proportion de criminels étrangers est largement supérieure à ces quelque 22% . Sont commis par des étrangers :

 

- 59% des homicides

- 54% des lésions corporelles graves

- 57% des cambriolages

- 62% des viols

- 91% des trafics d'êtres humains

- 56% des séquestrations et des enlèvements.

 

Du coup, en 2009, 70,2% des détenus étaient des étrangers ici.

 

64% des étrangers résidant en Suisse proviennent de l'Union européenne et, donc, 36% de pays tiers. Or la population carcérale est composée de 20% de citoyens de l'Union européenne et de 80% de personnes originaires de pays tiers...

 

Par ailleurs les étrangers perçoivent 44,2% de l'aide sociale et plus de 34,5% des rentes AI (assurance- invalidité).

 

Enfin les réfugiés ne représentent que 1,5% de la population étrangère résidant en Suisse et leur renvoi éventuel est de toute façon conditionné par l'article 25 de la Constitution fédérale alinéas 2 et 3 :

 

"2 Les réfugiés ne peuvent être refoulés sur le territoire d’un Etat dans lequel ils sont persécutés ni remis aux autorités d’un tel Etat.

3 Nul ne peut être refoulé sur le territoire d’un Etat dans lequel il risque la torture ou tout autre traitement ou peine cruels et inhumains."

 

Dans un rapport sur la criminalité et le droit pénal, l'Office fédéral de la statistique, OFS, observe ici

 

"Le nombre des condamnations prononcées en vertu du code pénal (CP) est resté pratiquement constant jusqu’en 2001; rapporté à l’effectif de la population résidante, il a même enregistré une baisse. De 2002 à 2004, on a observé pour la première fois une forte progression du nombre des condamnations par rapport à la population résidante. Ce nombre est resté inchangé depuis lors (environ 28 000 condamnations par année)."

 

Ce qui veut dire que la criminalité s'est établie à un niveau qui s'est stabilisé mais qui reste élevé, du moins pour la Suisse, réputée pour être un pays sûr.

 

Parmi les objections faites à cette initiative il y a :

 

- "L'initiative instaure un droit pénal où la double sanction, prison plus expulsion, ne dépend guère plus de l'acte, mais de l'appartenance à un groupe social" [Jacques Neirynck, L'Hebdo du 28 octobre 2010 ici].

 

Il n'y aurait plus égalité en droit. Or comme nous l'avons vu il n'y a ni égalité en droits, ni égalité en devoirs entre citoyens et étrangers.

 

- "De deux choses l'une : ou bien la prison constitue un lieu de réinsertion sociale et tout condamné ayant purgé sa peine redevient un citoyen apte à vivre en société; ou bien la prison ne remplit pas cet office et l'individu irrécupérable doit être retiré de la circulation"[Jacques Neirynck, L'Hebdo du 28 octobre 2010 ici].

 

Il s'agit d'un faux dilemme. La peine de prison est avant tout une punition, qui s'applique aussi bien aux citoyens qu'aux étrangers. L'expulsion permet de retirer de la circulation non pas quelqu'un d'irrécupérable mais quelqu'un qui n'a pas respecté les règles de l'hospitalité. Cette mesure n'est donc pas applicable aux Suisses qui sont chez eux dans leur pays ...jusqu'à plus informé.

 

Les initiants ont voulu que la menace de l'expulsion ait "un effet préventif" et renforce la sécurité. Ce sont choses qui ne peuvent se mesurer qu'à l'usage. Il est cependant vraisemblable que le fait que le renvoi soit systématique puisse avoir cet effet. Car, sans avoir été votée, l'initiative a déjà produit un premier effet selon L'Hebdo du 28 octobre 2010 :

 

"Anticipant les critiques, les cantons ont multiplié les décisions de renvois".

 

D'après l'hebdomadaire romand ici elles seraient passées de 438 en 2007 à 664 en 2009. Certes on est loin des 1'500 que vise l'initiative de l'UDC et que simule l'OFS ici , mais cela prouve que l'initiative répond aux préoccupations du peuple suisse, puisque les autorités cantonales se sentent obligées d'emboîter le pas. Sauf retournement improbable l'initiative pour le renvoi systématique des criminels étrangers sera donc votée le 28 novembre 2010, ce qui constituera en même temps un fort signal.

 

Comme le soulignait le 19 octobre 2010, ici, Philippe Barraud sur son site, Commentaires.com, encore faut-il que les autorités helvétiques fassent le nécessaire pour que la Suisse signe des accords de réadmissions avec les pays tiers dont des criminels étrangers sont originaires. L'initiative ne sera inapplicable que si on fait tout ce qu'il faut pour qu'elle le soit.

 

Or on fait bien tout pour qu'elle soit inapplicable, comme le soulignait Pascal Décaillet, le 10 octobre 2010, sur son blog ici :

 

"Venir nous annoncer, à ce stade du débat, clairement dans l’arène citoyenne, que l’initiative torpillerait le droit européen parce qu’elle serait contraire aux accords de libre-échange. Concrètement, Messieurs les juristes, ça veut dire quoi ? Qu’on arrête la campagne et qu’on va se coucher ? Ou qu’on laisse voter, et qu’en cas (bien probable) de victoire du texte, on annule tout ? Dans les deux cas, déni total de démocratie. Le seul fait de tenir ce genre de discours apporte des voix supplémentaires à l’UDC.

  

Et puis, la démocratie n’est pas affaire de juristes. Mais de citoyens. Chaque voix, le jour du vote, a le même poids, que le votant soit riche ou pauvre, clerc ou inculte, fin connaisseur des lois ou non."  

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

 

L'initiative "Pour le renvoi des criminels étrangers" a été adoptée sans surprise le 28 novembre 2010 par 52,9% des voix du peuple suisse.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 21:15

Affiche MCGLe dimanche 28 novembre 2010, le peuple suisse aura à se prononcer sur une initiative de l'UDC "Pour le renvoi des criminels étrangers" ici. Le MCG, Mouvement des Citoyens Genevois, ici soutient cette initiative et a préparé une affiche que Le Matin reproduit partiellement dans son édition de ce jour ici en cachant soigneusement l'objet du délit que le Conseil d'Etat genevois ne saurait voir.

 

Sans être méchant cette affiche n'apparaît pas comme un modèle de communication. Elle serait plutôt brouillonne en voulant dire beaucoup trop de choses en trop peu d'espace. Quoi qu'il en soit, il y aurait sur cette affiche une photo de Kadhafi au-dessus de laquelle serait inscrite cette simple phrase : "Il veut détruire la Suisse". Cet encart ne représenterait qu'un vingtième de l'affiche en question. Sans la vigilance des ministres genevois elle serait tout aussi bien passée inaperçue.

 

Faisant dans leurs culottes les membres du Conseil d'Etat genevois ici ont en effet interdit cette redoutable affiche. Cette interdiction ne serait pas une censure, mais une protection, un préservatif en quelque sorte, contre les fou..dres possibles du Guide de la révolution libyenne [voir la Tribune de Genève ici]. Ce faisant, le gouvernement de la République de Genève a donné une publicité formidable au MCG, qui doit être ravi de ce renfort inattendu et maladroit.

 

Le Président du Conseil d'Etat genevois, François Longchamp, a expliqué :

 

"Non seulement cet élément n'a aucun rapport avec la campagne, mais c'est d'autant plus délicat que cela porte atteinte aux intérêts de la Suisse, du canton et des ressortissants suisses à l'étranger".

 

Cette affiche compliquerait "inutilement les efforts de restauration du climat de confiance entre la Suisse et la Libye, sachant que les relations n'ont pas encore été rétablies, avec une procédure d'arbitrage en cours."

 

Si l'on en croit Le Matin du 21 octobre 2010 ici, le Conseil d'Etat genevois a donc ordonné à la SGA, la Société Générale d'Affichage, qui doit placarder les affiches du MCG dès la semaine prochaine, de masquer le coin à droite des 450 affiches de ce parti, où le dictateur libyen est représenté. Encore plus fort, le Conseil d'Etat a dénoncé le président du MCG, Eric Stauffer, au Ministère Public de la Confédération, MPC, pour avoir enfreint, selon lui, l'article 296 du Code pénal suisse qui dit ceci ici :

 

"Outrages aux Etats étrangers

 

Celui qui, publiquement, aura outragé un Etat étranger dans la personne de son chef, dans son gouvernement ou dans la personne d’un de ses agents diplomatiques ou d’un de ses délégués officiels à une conférence diplomatique siégeant en Suisse ou d’un de ses représentants officiels au sein d’une institution interétatique ou de son organisation établie ou siégeant en Suisse, sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire."

 

Pour que cet article s'applique encore faut-il qu'il y ait outrage et que l'outragé porte plainte.

 

Y a-t-il outrage ? Ce serait peut-être même l'inverse. Kadhafi pourrait se sentir outragé que l'on considère ses propres propos comme insultants pour lui. En effet la légende de la photo, "il veut détruire la Suisse", n'est qu'un écho de ce que Kadhafi dit lui-même avec fierté.

 

Lors du G8, début juillet 2009, il déclare que la Suisse "est formée d'une communauté italienne qui doit retourner en Italie, d'une autre communauté allemande qui doit retourner en Allemagne et une troisième communauté française qui doit retourner en France." ici

 

Début septembre 2009 on apprend qu'il a le plus sérieusement du monde déposé une requête en ce sens auprès de l'ONU ici, qui ne sera pas retenue parce que contraire à sa Charte.

 

Le 25 février 2010 le Führer fou déclare le jihad contre la Suisse :

 

"C’est contre la Suisse mécréante et apostate qui détruit les maisons d’Allah que le jihad doit être proclamé par tous les moyens. Le jihad contre la Suisse, contre le sionisme, contre l’agression étrangère n’est pas du terrorisme." ici

 

La destruction des maisons d'Allah est clairement une allusion tordue - avec trois mois de retard ! - au vote du peuple suisse du 29 novembre 2009 demandant l'interdiction de construire de nouveaux minarets sur le sol helvétique...

 

Dans ces conditions il est étonnant que le MPC ait sommé le MCG "de modifier ses affiches sous peine de séquestre en cas de diffusion" ici.

 

Comme le souligne sur son blog Soli Pardo ici, récent transfuge de l'UDC au MCG, l'article 296 du Code pénal suisse n'a jamais été utilisé à l'égard de quiconque en dépit des brocards dont ont bénéficié Georges W. Bush, Silvio Berlusconi ou Nicolas Sarkozy, pour ne parler que des derniers chefs d'Etat outragés copieusement dans la presse et ailleurs.

 

Sur son blog Pascal Décaillet publie ici une photo du pape Benoît XVI avec cette légende " Chef d'Etat très souvent outragé - Que fait M. Longchamp ?"

 

Il serait donc particulièrement honteux que la Suisse se déshonore en utilisant l'article 296 du Code pénal contre le MCG pour défendre l'honneur improbable d'un ennemi déclaré de la Suisse, d'un dictateur sanguinaire et d'un preneur d'otages sans vergogne, qui ne le demande d'ailleurs même pas. La liberté d'expression en prendrait un sacré coup, de même que la réputation de la Suisse, qui se conduirait alors comme une vulgaire république bananière.

 

Francis Richard

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 21:50

via sicuraAvant de tirer sa révérence, Moritz Leuenberger, ministre socialiste des Transports de la Confédération, soumet au Parlement helvétique un train de mesures destinées à rendre les routes suisses plus sûres. Ce qui n'est pas sûr du tout...

 

Le 21 octobre le Ministre a présenté ce vaste programme intitulé pompeusement Via sicura lors d'une dernière conférence de presse en tant que Conseiller fédéral. Initialement ce vaste programme comportait 60 mesures. Il n'en comporte plus que 23 ici, les plus coûteuses et les plus insensées ayant été abandonnées sous l'aimable pression collégiale des autres membres du Conseil fédéral.

 

Le dessein originel de ce programme était de "ramener à zéro le nombre de morts et de blessés graves sur la route." C'était, disait-on à l'époque imprudemment, la philosophie de la "Vision Zéro". L'intention était certes louable, mais complètement irréaliste, et d'ailleurs irréalisable. Depuis le nombre annuel de morts sur les routes est passé de 600 à 350 et le nombre de blessés graves de 6'000 à 4'700 entre 2000 et 2009. Ce qui est toujours trop. Personne n'en disconvient.

 

Certaines de ces 23 mesures du programme qui ont été maintenues, telles que la suppression des points noirs et des endroits dangereux du réseau routier, ne peuvent que recueillir l'approbation des automobilistes. Avec les améliorations techniques indéniables de la sécurité des automobiles elles-mêmes au cours de la dernière décennie, ce sont les mesures qui sont certainement les plus à même de réduire le nombre des victimes sur les routes.

 

Les mesures prises contre les chauffards et les récidivistes de délits graves ne soulèveront pas l'indignation des bons conducteurs et même des moins bons conducteurs. Encore qu'il faudra examiner dans le détail les règles précises d'application de ces mesures pour s'assurer de leur conformité avec le droit des personnes et le droit de propriété.

 

D'autres mesures sont en revanche véritablement liberticides et/ou arbitraires.

 

Il en est ainsi de l'expiration de la validité du permis de conduire à 50 ans, qui ne serait prolongé, de 10 ans en 10 ans, qu'après examen de la vue du titulaire. Interrogé par Le Matin Dimanche, le Dr Nicolas Ducrey, Directeur médical adjoint de l'Hôpital ophtalmologique Jules Gonin de Lausanne, s'insurge ici :

 

"Il n'y a pas de couperet qui tombe à 50 ans! Cette décision est purement arbitraire, elle ne repose pas sur des faits ophtalmologiques."

 

Ainsi peut-on se demander pourquoi obliger les cyclistes à porter un casque jusqu'à 14 ans, mais pas au-delà. Pour ne pas décourager les adeptes de la petite reine, chers au Ministre, qui ne cache pas son hostilité idéologique à l'égard des automobilistes ?

 

Ainsi peut-on s'interroger sur l'obligation de circuler en plein jour avec des phares allumés. Dont l'efficacité n'est pas prouvée, mais qui réjouira à coup sûr les fabricants d'ampoules...

 

Ainsi peut-on s'étonner qu'"en cas de dommages résultant d'une infraction aux règles de la circulation commise au moins par négligence grave, les assureurs RC des véhicules automobiles (soient) tenus de recourir contre la personne responsable de l'accident." Pour être sûr que l'automobiliste, a priori suspect, soit réprimé d'importance, même en cas de simple inattention ?

 

Ainsi peut-on s'inquiéter pour la protection de la sphère privée que soient communiquées aux assureurs RC "les mesures administratives prises à l'encontre de personnes assurées ou candidates à une couverture d'assurance". Pour ne leur laisser aucune chance de s'assurer dans de bonnes conditions ?

 

Ainsi peut-on trouver exorbitant que le détenteur d'un véhicule soit "tenu de payer l'amende d'ordre si le contrevenant n'est pas connu". N'est-ce pas dénier toute responsabilité individuelle et n'est-ce pas faciliter l'encaissement des amendes et le travail des agents de police sans se soucier de rendre vraiment justice ?

 

Comme on le voit, nombre de ces mesures n'ont rien à voir avec la sécurité routière et vont dans le sens d'une culpabilisation idéologique de l'automobiliste qui est considéré comme une vache à lait trayable à merci et qui est condamnable par le fait même qu'il tienne un volant dans ses mains.

 

Gageons que les parlementaires, pour la plupart automobilistes, sauront élaguer encore les mesures inutiles et liberticides de ce beau programme, cadeau empoisonné d'un ministre dont on ne regrettera décidément pas qu'il parte à la retraite.

 

Francis Richard

 

L'internaute peut écouter  ici sur le site de Radio Silence mon émission sur le même thème.

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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