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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 09:25

Port d'OuchyHier, au sortir du bureau, le ciel se dégage et le jour finissant, les derniers rayons d’un soleil d’hiver, incitent à la promenade, bien qu’il fasse vraiment cru. La narcose complète que j’ai subie, il y a trois semaines déjà, produit encore sur moi ses effets d’assommoir. Pourtant je ne résiste pas à cet appel. Bientôt mes gants de cuir élimés, qui autrefois ont dû être élégants, ne suffiront plus à protéger mes doigts du froid.

Face à la Migros, de l’autre côté de l’avenue de La Harpe, il a été fait table rase de l’Hôtel de La Navigation, qui doit laisser la place à une résidence cossue, avec vue sur le lac. Le souvenir de repas pris ici, en sous-sol, dans le cadre de  La Pompe, l’association des étudiants mécaniciens de l’EPFL, vient taquiner ma mémoire et me rajeunir de quelque quarante ans… C’était au temps où le GM s’appelait encore La Chaloupe.

Après avoir posté une lettre je traverse la route à la hauteur de la station du M2 , qui a remplacé la Ficelle, et du kiosque à journaux, son vis-à-vis. Je me dirige vers le lac, longeant le château d’Ouchy, où mes parents descendaient quand ils me rendaient visite et qui a bien changé depuis. Il y a là derrière un parc à deux roues. Une motocycliste vient d’arriver, tout de cuir noir vêtue. Elle ôte son casque et ébroue sa chevelure blonde qui se répand sur ses épaules, d’un mouvement que ne renierait pas Valérie Kaprisky.

statue plantureuseTandis que je me dirige vers le quai de Belgique, une ombre portée se déplace derrière la mienne. Je me retourne de trois quarts. C’est ma motocycliste de tout à l’heure. Je constate furtivement qu’elle est plantureuse, comme la statue qui, un peu plus loin, regarde, au-delà du Léman, la rive de France. Sa silhouette m’évoque l’image fantasmée que je me fais d’une walkyrie.

Plus loin, à la hauteur de pédalos à louer l’été, me croise une autre jeune femme, en tenue de cycliste, lunettes noires, chevelure tout aussi noire, dissimulée sous une casquette, qui laisse échapper une queue de cheval ... noire. Mon œil est attiré par sa démarche athlétique que je jalouse un peu, parce que j’ai mal au pied droit, que de temps à temps je sens une pointe au ventre et que bientôt, dans deux semaines, j’ajouterai une année de plus à ma collection inattendue.

Les moignons des arbresLe poème de Corneille, chanté par Brassens, me revient à l’esprit :

Marquise, si mon visage

A quelques traits un peu vieux

Souvenez-vous qu’à mon âge

Vous ne voudrez guère mieux.

 

Avec sa conclusion pondue sur un autre ton par Tristan Bernard :

 

Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant.


Quelques photos plus tard ma marcheuse athlétique, de retour, me dépasse à bonne allure, qui ne me permettrait pas de la suivre si seulement l’envie m’en prenait. J’ai toutefois le temps de mieux voir qu’elle porte sur le haut du corps une veste matelassée et sur le bas, rien d’autre, comme une seconde peau, que ce pantalon de cycliste, une chemise bleu tendre lui descendant juste au-dessus du postérieur, dont les muscles, avec netteté,  paraissent bien vigoureux pour une partie charnue.

Arbre pleurant ses branches doréesLe quai devient quai d’Ouchy quand commence le parc du Denantou de l’autre côté de la chaussée. Les arbres de la promenade alignent leurs moignons. De part en part, dans leurs rotondes, d’autres arbres pleurent leurs branches, dorées par le couchant. Le lac est d’un bleu scintillant qui reflète celui du ciel, parsemé de quelques cotons d’ouate rosie. L’air est de plus en plus vif. Une légère brise en accroît le ressenti réel.

Après la tour Haldimand commence le Sentier des rives du lac. Je quitte Lausanne et suis désormais à Pully. Je passe devant le domaine de Verte-Rive, la demeure où est mort il y a tout juste 50 ans le bien-aimé Général Guisan, celui qui dirigea avec force la défense nationale helvétique lors de la seconde guerre mondiale. Je marche encore un peu, au-delà de la station de relevage de Verney et croise d’autres inconnues. Car, curieusement, il n’y a que des promeneuses en cette tombée du soir. Je prends d’autres photos de paysage et doit cesser, non pas faute de pellicule mais faute de courant, l’objectif resté bloqué en position prise de vue.

Sentier des rives du lac PullyIl ne m’est donc plus possible de figer numériquement le soleil qui se couche derrière le Jura, de conserver, autrement que sur la rétine, les ombres des montagnes se dessinant sur une bande de ciel rose qui se dégrade en bleu toujours plus sombre quand on s'en éloigne. Il fait de plus en plus cru, un vrai froid de canards, qui s’ébattent d'ailleurs joyeusement dans l’eau. Clopin-clopant je me hâte de regagner mes pénates, non sans me remémorer un passage du dernier livre de Jacques Chessex ici qui décrit les mêmes lieux, à une autre saison et à une autre heure :

La rive du lac Léman, à Lausanne , est d’une beauté fulgurante en fin d’automne. A l’aube, les eaux scintillent dans un dégradé de bleu jusqu’à la Savoie violette, dont la montagne se précise à la lumière montante. Les saules, les ormeaux, les petits peupliers de la côte sont jaunes, émettant des rayons concentrés dans la fraîcheur, où appellent les oiseaux des parcs et de l’eau qui lèche les galets blancs.

Un sentiment de calme, de sérénité, gagne le promeneur de ces lieux. La profondeur du paysage, l’étendue lacustre, le découpage des cimes qui agrandissent le ciel, l’étrange paix même des eaux mouvantes, gratifient celui qui en jouit d’une immédiate dilatation de tout l’être.

Ce matin il fait gris. Quelques flocons de neige confirment que ce n’est pas encore le printemps...

Francis Richard

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595e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 00:15
ChatteLe 7 mars prochain le peuple suisse va se prononcer sur un objet qui montre à quel point nous sommes dans une époque de confusion : l'institution généralisée en Suisse d'un avocat de la protection des animaux.

Comme le rappelle le site de la Confédération ici :

"L’initiative populaire «Contre les mauvais traitements envers les animaux et pour une meilleure protection juridique de ces derniers (Initiative pour l’institution d’un avocat de la protection des animaux)» vise à obliger les cantons à mettre en place un avocat de la protection des animaux, qui défendra, en cas de procédure pénale, les intérêts des animaux maltraités".

Si cette initiative populaire est adoptée dimanche, l'article 80 de la Constitution fédérale sera modifié comme suit :


La Confédération édicte des dispositions sur la protection des animaux en tant quêtres vivants doués de sensations. 

 

5 En cas de procédures pénales motivées par des mauvais traitements envers des animaux ou pour d'autres violations de la législation sur la protection des animaux, un avocat de la protection des animaux défendra les intérêts des animaux maltraités. Plusieurs cantons peuvent désigner un avocat de la protection des animaux commun."

Il se trouve qu'il existe en Suisse une loi sur la protection des animaux, en vigueur depuis le 1er septembre 2008 ici , qui est, aux dires des opposants aussi bien que des partisans de l'initiative populaire, une des plus strictes du monde.

Les opposants estiment qu'il est contraire au fédéralisme d'imposer un avocat de la protection des animaux à tous les cantons. S'ils le veulent, ils peuvent déjà en désigner un. Seul le canton de Zürich a cru bon de le faire. C'est dire qu'un avocat des animaux n'est pas nécessaire aux yeux de la plupart des Suisses. Il vaut mieux miser sur la prévention. En outre un avocat de la protection des animaux engendrerait pour les cantons des frais supplémentaires et inutiles.

Les partisans de l'initiative estiment que la loi sur la protection des animaux n'est pas appliquée. Ils n'en veulent pour preuve que le nombre de sanctions prises dans l'ensemble des cantons de même que le montant des amendes infligées, alors qu'à Zürich, grâce à l'avocat des animaux, il y en a davantage et que les amendes y sont supérieures à la moyenne nationale (532 francs contre 439...). Enfin un avocat ne coûterait pas si cher que cela : à l'heure actuelle il en coûte 80'000 francs annuels à Zürich pour l'avocat et son assistante à mi-temps.

Ni les uns ni les autres n'abordent, me semble-t-il, le problème de fond, à de rares exceptions près. L'institution d'un avocat des animaux, fut-il chargé de seulement s'occuper de leur protection, soulève la question de la mise sur le même plan de l'homme et de l'animal. Or cette tendance à l'anthropomorphisme est une négation de la réalité, qui se nourrit de mauvaise conscience, celle de l'homme omnivore qui se nourrit, entre autres, d'animaux... 

Dieu sait que j'aime les animaux, à l'enseigne de mon saint patron, François d'Assise. Il m'est plusieurs fois arrivé d'intervenir, même manu militari, quand je voyais qu'un animal était maltraité par un de mes semblables qui ne me ressemblait guère. La photo qui illustre cet article est celle de la chatte de la famille, qui a malheureusement péri dans un accident et dont une autre photo illustre ce blog depuis le début. Il n'empêche qu'en tant qu'humaniste, attaché à notre civilisation judéo-chrétienne, je fais tout de même la différence entre un homme et un animal.

L'existence d'un avocat des animaux est une conséquence de la dérive initiée avec la déclaration universelle des droits de l'animal adoptée le 15 octobre 1978, à la Maison de l'UNESCO, à Paris. Au-delà du légitime droit de la protection des animaux cette déclaration a consacré de manière incohérente les droits des animaux, sans obligations d'aucune sorte de leur part et pour cause.

En effet il n'est pas besoin d'être religieux, juif, chrétien ou musulman, pour faire la distinction entre un homme et un animal, vertébré ou pas. La déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 n'énonce-t-elle pas  :

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité" ?

On y retrouve ce qui caractérise un homme : il est doué de parole et de raison, il dispose du libre-arbitre, alors que les animaux ne font qu'obéir à leur nature. La faible différence génétique entre l'homme et certains animaux n'y change rien. Au contraire elle fait toute la différence. Comme quoi la qualité l'emporte toujours sur la quantité.

Francis Richard

L'institution d'un avocat de la protection des animaux généralisée à tous les cantons a été rejetée par 70,5% des suffrages le 7 mars 2010.

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence (
 
ici ) mon émission sur le même thème.

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594e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi





 
 


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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 21:50
gadhafiMuammar Kafdhafi [la photo ci-contre provient d'ici] ne se contrôle plus, il perd son sang-froid. En réagissant de manière disproportionnée à la contre-attaque ciblée de la Suisse, qui l'a mis avec 149 autres dignitaires de la dictature libyenne sur une liste d'indésirables dans l'espace Schengen, le bédouin de carnaval de Tripoli ressemble de plus en plus à un échappé d'asile. Ce qui lui fait commettre erreur sur erreur et ne met pas les rieurs de son côté. 

A commencer par le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, qui a éclaté de rire vendredi dernier, 26 février, en apprenant que, la veille, le tyranneau pétrolier avait appelé au Jihad contre la Suisse "apostate et mécréante" ici. Comme le Führer libyen n'a aucun sens de l'humour, il a exigé des excuses, le mot de son vocabulaire, restreint, qu'il utilise le plus souvent ces derniers temps.

Il faut dire que le discours déjanté que le papa d'Hannibal avait prononcé à l'ONU pendant une heure trente-six minutes [voir mon article Retour sur la 64e session de l'ONU et le bras de fer Kadhafi-Merz ], qui avait même lassé ses plus chauds admirateurs, avait laissé un souvenir impérissable dans la mémoire de Philip Crowley : 

"J'ai vu cette information, et cela m'a rappelé cette journée de septembre, l'une des plus mémorables séances de l'Assemblée générale de l'ONU dont je me souvienne. Beaucoup de mots, beaucoup de papier volant un peu partout, et pas forcément beaucoup de sens".

Muammar ne décolère pas. Il devrait prendre garde à sa santé, non seulement mentale - il n'y a plus grand chose à y faire - mais physique... Sa dernière trouvaille, qui montre qu'il est bien mal en point, est, aujourd'hui, de décréter un embargo économique total sur la Suisse ... qui n'a quasiment plus d'échanges avec la Libye. Autant dire qu'il s'agit d'un mouvement d'humeur qu'il sait sans conséquences, semblable à un effet de manche de djellaba destiné à faire croire qu'il maîtrise encore la situation ici . 

Le communiqué de l'AFP publié par 24 Heures ramène les choses à leurs justes proportions :

"Les exportations suisses vers la Libye sont marginales au regard de ses relations commerciales avec d’autres pays, notamment européens. Elles se sont élevées en 2009 à 156 millions de francs suisses (106 millions d’euros) alors que la Suisse a exporté au total des marchandises pour une valeur de 180,3 milliards de francs (122,6 milliards d’euros)."

Un rapide calcul donne 0,09%... des exportations helvétiques.

A la limite c'est la Libye qui devrait surtout souffrir puisqu'elle exporte encore 718 millions de francs vers la Suisse ... qui peut s'approvisionner ailleurs sans difficulté. Mais quand on est colère et dictateur, on ne compte pas.

Dans un entretien au Temps de ce jour ici , Marko Kohen, le digne professeur de droit  international à l’Institut de hautes études internationales de Genève, ose dire, avec un accent munichois, que :

"La ligne dure ne porte pas ses fruits avec Tripoli. Si Berne hausse le ton, Tripoli renchérit immédiatement."

Comme si le profil bas, adopté précédemment par le Conseil fédéral, avait abouti à quelque chose ...

Il y a huit jours j'écrivais [voir mon article Otages suisses: la Libye, Etat voyou, a fauté en défiant Schengen ] :

"La Libye reste un Etat voyou qu'il faudrait mettre au ban du monde civilisé s'il ne s'y met pas tout seul..."

On n'en est plus très loin.

C'est pourquoi il faut maintenant rester ferme avec un régime qui met 19 mois à innocenter un otage que, pertinemment, il sait innocent depuis le début, et il faut espérer que la faiblesse d'avoir livré un autre innocent, mis aussitôt en prison ici et visité par le fiston délinquant du dictateur ici, ne soit pas interprétée comme un aveu que la Suisse est prête à aller à Canossa.

Francis Richard

Rappel des précédents articles sur l'affaire Kadhafi :

Otages suisses: la Libye, Etat voyou, a fauté en défiant Schengen du 23.02.10
La Libye de Kadhafi retient depuis 500 jours deux Suisses en otage du 01.12.09
Le gang Kadhafi, père et fils, et l'initiative anti-minarets du 22.10.09
Retour sur la 64e session de l'ONU et le bras de fer Kadhafi-Merz du 01.10.09
Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... du 08.09.09
Affaire Kadhafi : en attendant le retour des deux otages. du 27.08.09
Affaire Kadhafi : C'est la honte ! Hans-Rudolf Merz a fini par se coucher du 20.08.09
La prise d'otages en Iran comme en Libye est une politique de dictature du 11.08.09
Affaire Kadhafi : avant de franchir les 2 derniers millimètres du 23.07.09
Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi du 29.06.09
L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation du 24.04.09
Kadhafi réclame 300'000 francs à la Suisse pour jouer au Père Noël  du 24.12.08
Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses  du 9.10.08
Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  du 13.08.08
Affaire Kadhafi : trompe-l'oeil du parallèle entre Libye et Suisse du 31.07.08
Affaire Kadhafi : baisser son pantalon en étant dans son bon droit du 29.07.08
L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris du 25.07.08

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592e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 22:00
retraitesLe système des retraites suisse [le dessin ci-contre provient d'ici] repose sur trois piliers : l'AVS, la Prévoyance professionnelle et la Prévoyance individuelle . L'AVS est une retraite par répartition et les deux autres piliers sont des retraites par capitalisation. Les trois piliers sont malheureusement soumis à l'arbitraire de l'Etat.

L'AVS est condamnée comme tous les systèmes de retraite par répartition, qui s'apparentent au jeu de Ponzi [voir mon article Une arnaque signée Madoff: l'AVS, retraite par répartition helvétique ]. La Prévoyance professionnelle souffre d'être fortement réglementée par l'Etat. Seule la Prévoyance individuelle pourrait permettre au retraité de retirer les fruits de son épargne, faite tout au long de sa vie, à condition que ses versements, quels que soient leurs montants, soient intégralement déductibles de l'impôt [voir mon article 2 des 3 piliers du système de retraite suisse remplacés par le 3e ? ], ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Le 7 mars prochain, dans moins d'une semaine, le peuple suisse doit se prononcer sur une baisse du taux de conversion minimal de la Prévoyance professionnelle, le 2e pilier ici. Qu'est-ce à dire ? Le taux de conversion est le taux qui, appliqué à l'épargne cumulée, donne le montant de la rente annuelle qui sera servie durant toute la vie du retraité.

Le taux de conversion minimal est donc un des paramètres essentiels de ce système. Comme le remarquait Pierre Bessard dans une étude que je citais justement dans mon article  2 des 3 piliers du système de retraite suisse remplacés par le 3e ? :

"Sur un marché libre, la fixation du taux de conversion serait une décision actuarielle, comme il se devrait, et non une décision politique, avec tout le potentiel d'abus et d'irrationalité que cela implique, au détriment des assurés, forcés de livrer une partie de leurs revenus à la caisse de pension de leur employeur."

En effet le taux de conversion devrait être calculé actuariellement en fonction de l'âge de celui qui part à la retraite - l'âge de la retraite ne devrait d'ailleurs pas être fixé arbitrairement, mais décidé par celui qui part - et en fonction de  son espérance de vie à cet âge-là. L'âge actuel de la retraite en Suisse est fixé arbitrairement à 65 ans pour les hommes et à 64 ans pour les femmes.

Selon une décision prise par le peuple en 2003 le taux de conversion minimal, qui était alors de 7,2%, a été ramené en 2005 à 7,15%, puis progressivement à 7% en 2010 et sera finalement de 6,8% en 2014. Si le oui l'emporte le 7 mars, il devrait être abaissé à 6,4% en 2016. C'est-à-dire qu'en 10 ans les rentes auront diminué dans une proportion de plus de 11%, quel que soit le rendement du capital cumulé.

Cette baisse du taux de conversion serait justifiée par l'accroissement de la longévité et par les faibles taux de rendement des capitaux attendus. Si le premier facteur est indéniable, le second est sujet à caution. D'aucuns pensent même, tel le patron d'IAM, Michel Thétaz, que "la prochaine décennie sera celle des rendements élevés" ici [voir Bilan du 24 février 2010]. 

Il faut souligner au passage l'arbitraire du taux de rendement minimum fixé par l'Etat. Pierre Bessard, dans l'étude rappelée plus haut, remarquait à ce sujet:

"Si ce taux est fixé trop bas, il peut mener à une performance moindre et à éviter des chances de rendement plus élevés à long terme. Un taux d'intérêt trop élevé, en revanche, peut conduire à une prise de risques démesurée et accroître la probabilité d'insolvabilité d'une caisse."

Ce raisonnement peut aussi bien être tenu pour le taux de conversion.

Comme on le voit tout est arbitraire dans ce système de dupes : l'âge de la retraite, le taux de rendement minimum, le taux de conversion minimum. Certes il est des caisses de pension qui ne s'alignent pas systématiquement sur les minima fixés par l'Etat, mais ce n'est pas la majorité, loin de là.

Dans ces conditions, même si  le taux de conversion, à chaque palier, ne s'applique qu'aux nouvelles rentes, il est vraisemblable que la modification du 19 décembre 2008 de la loi sur la prévoyance professionnelle, LPP, sera rejetée par le peuple le 7 mars prochain.

Francis Richard

La réduction du taux minimal de conversion du 2e pilier à 6,4% a été rejetée par 72,7% des suffrages le 7 mars 2010.  

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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590e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

Max Göldi
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 07:55
liberté de fumerUne nouvelle initiative populaire fédérale est née. Elle porte ce titre paradoxal : Pour une loi libérale sur l'interdiction de fumer. Elle n'en est pas moins une bonne initiative. Pourquoi ? Parce que si elle aboutit, elle restaurera une liberté individuelle fondamentale qui est celle de rester maître chez soi, basée sur un droit tout aussi fondamental qui est le droit de propriété.

Je la soutiens parce qu'elle correspond parfaitement à ce que j'écrivais tout au début de l'existence de ce blog [voir mon article du 19 juin 2008 : Les dissidents de Genève pour la liberté de fumer ]. J'écrivais alors :

"La notion de lieux publics me semble bien confuse dans les esprits. En effet par lieux publics on entend aussi bien des lieux réellement publics que des lieux privés. Un bistrot, un restaurant, une boîte de nuit sont ainsi des lieux privés. Certes ils sont fréquentés par du public, ils n'en demeurent pas moins des lieux privés.

Personne n'oblige personne à aller dans un bistrot, un restaurant, une boîte de nuit, enfumés ou non. Personne n'oblige personne à aller travailler dans un de ces établissements, enfumé ou non. C'est d'autant plus vrai que le chômage culmine vertigineusement en Suisse à un peu plus de 2 %, même si Genève  oppose son exception culturelle à cette moyenne helvétique.

A mon sens l'interdiction de fumer dans des lieux privés, fréquentés par du public, viole le droit des propriétaires de ces lieux d'édicter leurs propres règles de bonne conduite que doivent respecter ceux qui les fréquentent. Au train où vont les choses il sera bientôt interdit de fumer dans la rue, lieu réellement public, pour lutter contre ...les gaz à effet de serre
."

Voici le texte de cette initiative tel qu'il est paru sur le site de la Confédération ici :


"La Constitution est modifiée comme suit :

 

Art. 118, al. 3 et 4 (nouveaux)

3

 

La décision de prononcer une interdiction de fumer dans un espace fermé relève de

la seule appréciation du propriétaire. Ce principe vaut également pour les espaces

fermés accessibles au public. Sont notamment accessibles au public les espaces

fermés:

a. des entreprises de restauration ou d’hôtellerie;

b. des bâtiments et véhicules des transports publics;

c. des bâtiments servant à la formation, au sport, à la culture ou aux loisirs.

4

 

Les espaces fermés accessibles au public où il est permis de fumer doivent être

signalés comme tels."

 

Entendons-nous bien. Je ne suis pas de ceux qui encouragent les autres à fumer - je suis d'ailleurs non fumeur - mais je suis de ceux qui défendent la liberté de choix de chacun et de fumer entre autres. Dans une société libre - ce qui est de moins en moins vrai en raison des interventions toujours plus grandes de l'Etat - chacun doit pouvoir prendre ses responsabilités, sans nuire à autrui, bien entendu.

Le principal argument pour interdire de fumer est que justement fumer nuirait à autrui. Cet argument repose sur une fable, celle de la fumée passive qui serait mortelle. Je reviendrai plus longuement sur le sujet au cours des prochaines semaines. D'ores et déjà je recommande de regarder et d'écouter la vidéo - que j'ai déjà publiée sur ce site le 8 novembre 2008 [voir mon article
Le Pr Molimard dit tout ce que vous devriez savoir sur le tabagisme], dans laquelle le Pr Molimard, père de la tabacologie, démonte cette fable.

En attendant je rappelle que cette fable a été inventée par des totalitaires - les nazis pour ne pas les nommer -, comme les Dissidents de Genève l'ont abondamment démontré sur leur site
ici, sur lequel vous pouvez d'ailleurs télécharger le formulaire de recueil de signatures de l'initiativeici.

Cette initiative a été lancée le 23 février. 100'000 signatures doivent être recueillies d'ici le 23 août 2011. Ce qui semble facile à atteindre, compte tenu du fait qu'une pétition pour la liberté de fumer, lancée fin octobre, déposée à Berne au début du présent mois, a recueilli plus de 79'000 signatures...
ici

Le comité d'initiative, qui comprend des restaurateurs libres et des jeunes UDC, l'a présentée hier à la presse ici [d'où provient la photo]. La ligue pulmonaire, qui, de son côté, a lancé une initiative Contre le tabagisme passif, plus restrictive encore que la loi fédérale qui entrera en vigueur le 1er mai prochain ici, a estimé que cette bonne initiative  était "irresponsable".

Comme cette bonne initiative devrait pouvoir être déposée une fois recueilli le nombre suffisant de signatures, c'est-à-dire bien avant la fin de l'année 2010, les deux initiatives pourraient être soumises au peuple ensemble, comme le remarque l'Agence Télégraphique Suisse 
ici. Un grand, et sain, débat en perspective...entre libertés et totalitarisme hygiéniste.

Francis Richard




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587e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

 Max Göldi
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 19:10
eveline widmer-schlumpfIl ne se passe guère de temps sans que nous n'ayons droit à une déclaration sur le secret bancaire de la part d'un membre du gouvernement helvétique. Lequel ne parle pas d'une seule voix. C'est le moins qu'on puisse dire. Ou plutôt si : d'aucuns s'en prennent d'une manière ou d'une autre au secret bancaire, qu'ils prétendent défendre, la main droite sur le coeur. 

Une Conseillère fédérale comprend qu'un ministre des Finances étranger puisse acheter des données bancaires suisses volées. Un Conseiller fédéral imagine que la Suisse puisse pratiquer l'échange automatique de données avec d'autres pays moyennant contrepartie. Une autre Conseillère fédérale se dit prête à abolir pour les Suisses la distinction entre soustraction fiscale et fraude fiscale.

Avec de pareils pieds nickelés la Suisse est mal partie, pour la plus grande joie des pays qui chassent leurs évadés du fisc et, faute de gros poissons dissimulés dans des trusts [voir mon article "Vive l'évasion fiscale" de Myret Zaki ], se contenteraient bien de menu fretin pour satisfaire l'appétit jaloux de peuples qu'ils ont précipités dans la ruine. 
 
Dans un article du 5 février 2010, 24 Heures rapporte ceci au sujet de Micheline Calmy-Rey ici :

"La ministre des Affaires étrangères, invitée à un débat organisé à Bâle par l’hebdomadaire allemand Die Zeit , a été interrogée sous forme d’hypothèse: "Si vous étiez ministre allemand, auriez-vous acheté des données volées?"

"Comme ministre des Finances, oui, j’y aurais réfléchi très fort. Chaque ministre des Finances lutte contre l’évasion fiscale, c’est normal", a répondu la conseillère fédérale. Si la question est hypothétique, la réponse est rhétorique. Micheline Calmy-Rey a fait une litote, cette figure de style qui permet de déguiser sa pensée tout en faisant comprendre sa position. Mais, il est vrai, elle n’a pas dit qu’elle "aurait acheté" les données…"

Dans un article du 7 février 2010, La Tribune de Genève rapporte ceci au sujet de Hans-Rudolf Merz, ministre des Finances 
ici :

"Si l’Union européenne souhaite obtenir l’échange automatique d’informations sur ses ressortissants ayant placé de l’argent en Suisse, elle devra y mettre le prix. Et accorder aux banques et aux assurances helvétiques l’accès libre à ses marchés financiers. Tel est le marché offert hier par le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz dans une interview donnée à la NZZ am Sonntag. "Si nous voulons un accord sur les services financiers, explique-t-il, nous devrions être prêts à reprendre les règles européennes – et l’Europe pratique l’échange automatique d’informations." "

Enfin, dans un article du 22 février 2010, 24 Heures rapporte ceci au sujet d'Eveline Widmer-Schlumpf, ministre de la Justice
ici [d'où provient la photo ci-dessus]:

"Dans un entretien à la presse alémanique publié hier, la conseillère fédérale annonce vouloir ouvrir le débat sur la suppression de la distinction entre fraude et soustraction fiscale à l’intérieur du pays. "Il s’agit finalement de mettre sur un pied d’égalité les autorités fiscales suisses et étrangères", a souligné la cheffe du Département fédéral de justice et police."

Rappelons que cette dernière Conseillère fédérale, représentante de la fausse droite, a évincé en 2007 son propre collègue de parti, Christoph Blocher, avec l'aide des voix de la gauche. La trahison ne serait-elle pas chez elle une seconde nature, voire la première ? N'a-t-elle pas reçu le soutien de socialistes, pour qui la suppression de cette distinction est une ancienne revendication ? 

Le socialiste et syndicaliste Jean-Claude Rennwald , conseiller national jurassien, a même déclaré
ici :

"C'est très bien. Mais, comme avec le statut des saisonniers, la Suisse change de cap, uniquement sous la pression internationale."

Avec de tels ministres, dépourvus de principes, la Suisse n'a pas besoin d'ennemis.

Francis Richard

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585e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

 Max Göldi



















L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 18:50
Rachid HamdaniLa Libye reste un Etat voyou qu'il faudrait mettre au ban du monde civilisé s'il ne s'y met pas tout seul...  

En effet cet Etat est passé maître dans l'art de prendre des otages - en 1999 il s'agissait d'infirmières bulgares et en 2008 de ressortissants suisses - et de faire chanter les pays dont les otages sont originaires pour obtenir hier des armes, aujourd'hui des excuses injustifiées et des dédommagements pécuniaires tout aussi injustifiés. C'est ce qu'il faut bien appeler du kidnapping d'Etat pour obtenir rançon en nature ou en espèces. 

Naguère encore ce pays sans foi ni loi soutenait ouvertement le terrorisme islamiste. Il croyait s'être racheté une conduite en frayant, entre autres, avec Nicolas Sarkozy ou Silvio Berlusconi, et en leur faisant miroiter des contrats mirobolants. L'argent n'a pas d'odeur, même pas celle du pétrole ... Mais le naturel de l'Etat voyou est revenu au galop et a brisé les efforts accomplis jusque là. 

En novembre dernier, comme elle en a le droit, la Suisse a refusé d'accorder des visas à 150 Libyens - 188 depuis juin, d'après un journal libyen . En vertu de l'accord de Schengen, que la Suisse a signé, ce refus s'est étendu automatiquement à tout l'espace Schengen. La Libye, par mesure de rétorsion, le 15 février dernier, soit plus de trois, ou huit,  mois plus tard, a refusé d'accorder des visas d'entrée aux Européens, à l'exception des Britanniques. Ce faisant elle a commis sa première erreur dans le bras de fer qui l'oppose à la Suisse. 

Quant à Bernard Kouchner, le sémillant ministre des Affaires étrangères français, il s'est ridiculisé le 17 février 2010 ici en ignorant que la Suisse n'a pas besoin de faire partie de l'Union européenne pour être membre de l'espace Schengen et en osant accuser la Suisse de prendre les Libyens en otages ! Le comble de la malhonnêteté intellectuelle !

Dire, comme le font les autorités libyennes depuis le début, que le sort des deux otages suisses n'est pas lié à l'affaire Hannibal Kadhafi, est se moquer du monde. Attraire en justice des ressortissants étrangers sous de faux prétextes - infraction à la législation sur l'immigration et activités économiques illégales - caractérise les dictatures championnes des parodies de justice. La relaxe de l'un des deux otages devant la prétendue justice libyenne est un aveu, contrairement à ce que dit la Libye, qui y voit, sans rire, le signe de son indépendance du pouvoir...

Le 1er décembre 2009, Rachid Hamdani et Max Göldi [sa photo ci-dessus provient d'ici]  étaient condamnés tous deux, par contumace, pour séjour illégal, à 16 mois de prison ferme et 2'000 dinars d'amende - un dinar vaut environ 0.86 CHF. Le 31 janvier 2010 le premier était innocenté en appel. Le 11 février la peine du second, toujours en appel, était réduite à 4 mois de prison ferme.

Le 6 février 2010, Max Göldi était condamné à une amende de 1'000 dinars pour activités économiques illégales, tandis que le lendemain, 7 février 2010, Rachid Hamdani était innocenté de ce deuxième chef d'accusation. En théorie Rachid Hamdani, innocenté deux fois, aurait dû pouvoir quitter le territoire libyen aussitôt. Les autorités ne lui ont permis de le faire qu'aujourd'hui, soit 16 jours plus tard. Les documents administratifs devaient sans doute être acheminés à dos de chameau...

Dans la nuit du 21 février au 22 février 2010, la Libye a commis une deuxième erreur. L'ambassade suisse à Tripoli a été encerclée par des troupes libyennes. Cette intimidation a eu pour effet de susciter la solidarité avec la Suisse d'ambassadeurs européens présents en Libye ici et de montrer le vrai visage de cette dictature en mal de respectabilité. Ce qui ne s'achète pas...

L'innocent Rachid Hamdani est libre mais son innocence ne l'aura pas empêché d'être retenu en Libye pendant 583 jours. Max Göldi lui est retourné en prison, en principe pour 4 mois. Il est remarquable que la justice "indépendante" libyenne se soit acharnée sur ce ressortissant suisse pur jus et ait permis au double national helvético-tunisien de partir. Deux poids, deux mesures. A l'issue de procès fabriqués.

Les données ne sont plus les mêmes cependant. En commettant les deux erreurs qui ont permis à la Suisse de ne plus se trouver seule face à Kadhafi, qui joue volontiers au chat et à la souris avec la Suisse, la Libye a certes gardé un atout en mains, sous la forme de l'otage suisse, mais elle a fourni à la Suisse, dont le Conseil fédéral a pataugé de longs mois, un sérieux atout pour le contrebalancer, celui du soutien des pays européens, au nom de Schengen...

Francis Richard


Rappel des précédents articles sur l'affaire Kadhafi :

La Libye de Kadhafi retient depuis 500 jours deux Suisses en otage du 01.12.09
Le gang Kadhafi, père et fils, et l'initiative anti-minarets du 22.10.09
Retour sur la 64e session de l'ONU et le bras de fer Kadhafi-Merz du 01.10.09
Affaire Kadhafi: où l'on découvre qu'Hans-Rudolf Merz ne sait pas lire... du 08.09.09
Affaire Kadhafi : en attendant le retour des deux otages. du 27.08.09
Affaire Kadhafi : C'est la honte ! Hans-Rudolf Merz a fini par se coucher du 20.08.09
La prise d'otages en Iran comme en Libye est une politique de dictature du 11.08.09
Affaire Kadhafi : avant de franchir les 2 derniers millimètres du 23.07.09
Cherche escroc style Madoff pour gérer fonds Kadhafi du 29.06.09
L'affaire Hannibal Kadhafi ou l'immunité diplomatique par filiation du 24.04.09
Kadhafi réclame 300'000 francs à la Suisse pour jouer au Père Noël  du 24.12.08
Affaire Kadhafi : pour Muammar il est urgent d'attendre des excuses  du 9.10.08
Affaire Kadhafi : Muammar a tout son temps et il le prendra  du 13.08.08
Affaire Kadhafi : trompe-l'oeil du parallèle entre Libye et Suisse du 31.07.08
Affaire Kadhafi : baisser son pantalon en étant dans son bon droit du 29.07.08
L'emploi chez les Kadhafi c'est sévices compris du 25.07.08

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584e jour de privation de liberté pour Max Göldi, le dernier otage suisse en Libye

 Max Göldi
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 18:10
yann moixJusqu'à ce jour je n'ai rien écrit sur ce qu'Yann Moix [photo ci-contre, à droite, en compagnie d'Eric Zemmour, à gauche, tirée d'ici] a dit de la Suisse ici pour "défendre" Roman Polanski, sur l'affaire duquel je me suis prononcé le 29 septembre 2009 [voir mon article La justice américaine devrait clore le dossier Roman Polanski ]. 

Tout d'abord parce que les extraits de son dernier livre à paraître, La Meute, qui se présente comme une défense de Roman Polanski, ont été retirés du site, La règle du jeu, ici où il les avait mis en exergue.

Ensuite parce qu'Yann Moix se contente d'injurier un pays qu'il ne connaît qu'à travers des clichés, qui ne sont que des préjugés caricaturaux. Comme disait Fénelon : "Les injures sont les raisons de ceux qui ont tort". 

Enfin parce que les courts extraits reproduits dans la presse helvétique - dont le contexte, même s'ils ont été choisis par lui, est cruellement absent - ne permettent pas de discerner le moindre talent chez cet écrivain qui semble surtout en mal de publicité.

Il se trouve que Yann Moix est passé hier soir dans l'émission de Laurent Ruquier - On n'est pas couché -et que ses interlocuteurs, Eric Zemmour, Eric Naulleau et Arnaud Klarsfeld ont renvoyé au néant d'où elle n'aurait jamais dû sortir l'oeuvre que son auteur considère comme un pamphlet.

Ces trente et quelque minutes sont maintenant disponibles sur Daily Motion. Reproduites ci-dessous, elles illustrent, à tous points de vue, ce que disait Voltaire :  

"Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis je m'en charge!"

Elles permettent surtout de se passer de lire un livre inutile voire nuisible à la cause du cinéaste.

Francis Richard



 


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575e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 18:55
UBS 2009Depuis avant-hier nous connaissons les chiffres de l'UBS pour l'année 2009 ici [d'où provient la photo ci-contre] et ici. Ils sont encourageants. Ils le sont au moins à trois titres.

D'abord la banque helvétique renoue avec les chiffres noirs. Du moins au 4ème trimestre. Lors de ce trimestre, elle enregistre un bénéfice de 1,205 milliard, compte tenu cependant d'un crédit d'impôt de 480 millions. Certes l'année 2009 reste déficitaire avec 2,74 milliards de perte, à comparer toutefois avec les 21,29 milliards de perte de l'année 2008. L'orage aura duré une bonne quinzaine de mois, les derniers chiffres noirs remontant au 3e trimestre 2008.

Ensuite ce sont dans tous les domaines d'activité de la banque que les chiffres noirs sont réapparus. Ce qui confirme que la banque est en train de se redresser. Pour y parvenir elle a réduit ses coûts de manière drastique, augmenté son efficacité et, surtout, réduit de 20'000 personnes ses effectifs qui s'établissent à un peu plus de 65'000 personnes, l'objectif fixé pour 2010.

Enfin les sorties nettes de capitaux se sont poursuivies. En 2008 les sorties s'étaient élevées à 85,8 milliards. En 2009 elles se sont élevées à 147,3 milliards.

Est-ce une mauvaise nouvelle ?

Dans un sens oui. Il est toujours dommageable de perdre des clients, ce qui signifie que la confiance n'y est plus vraiment. Il faut certainement, en premier lieu, incriminer la violation du secret bancaire sous pression américaine, le départ - pas toujours voulu - de 1'000 conseillers et le manque de résultats positifs pendant cinq trimestres consécutifs.

Dans un autre non. La banque a réduit sa voilure. Elle redevient bénéficiaire, espérons de manière durable. Mais surtout le ratio de fonds propres passe de 11 à 15,4%. En somme la grande banque suisse devient un peu moins big, donc un peu moins dangereuse pour l'économie suisse. Mais un même résultat n'aurait-il pas été obtenu sans le secours de la Confédération ? C'est-à-dire en allant à la procédure des faillites...

La gauche et certaines personnalités de droite s'offusquent que des bonus à hauteur de 2,9 milliards puissent être versés par la banque au titre de 2009. Ils oublient que c'est un élément essentiel de motivation dans toute activité, a fortiori dans l'activité bancaire où, quand un bon conseiller part, une partie de sa clientèle le suit. Mais ce sont des réalités que les démagogues de tous bords ne sont pas près de comprendre, préférant faire jouer le ressort de l'envie, qui peut faire saliver les moins nantis. Ce qui peut-être tout bénéfice politiquement.

Crédit Suisse 2009Aujourd'hui ce sont les chiffres du Crédit Suisse qui sont publiés ici [d'où provient la photo ci-contre]. Ils sont nettement meilleurs que ceux de l'UBS.

Il faut dire que depuis le début de la crise financière les deux grandes banques suisses ont adopté une stratégie différente [ voir mon article Deux banque attitudes : UBS et Credit Suisse ], avec évidemment des résultats différents.

Ainsi l'exercice 2009 du Crédit Suisse se termine-t-il par un bénéfice de 6,7 milliards contre une perte de 8,2 milliards en 2008, en dépit d'une amende de 500 millions "payée aux Etats-Unis pour régler une affaire de paiements illicites vers des pays soumis à des sanctions américaines" ici et de 300 millions de charges nettes sur sa dette.

Le ratio de fonds propres à fin 2009 est plus flatteur que celui de l'UBS, 16,3%, et ce ne sont pas des sorties mais des entrées nettes de capitaux que la deuxième banque helvétique engrange en 2009, 44,2 milliards de francs ici.

Les effectifs en 2008 et 2009 sont restés stables, légèrement inférieurs à 48'000.

Pour ce qui est des bonus versés par le Crédit Suisse en 2009 ils sont de 20% inférieurs à ceux versés en 2007, dernier exercice aux chiffres noirs. De plus une part variant en fonction de la position dans l'entreprise, de 40 à 60%,  de ces bonus est conditionnée par des critères de performance ultérieure.

Enfin, avantage concurrentiel de poids, le Crédit Suisse ne souffre pas de la mauvaise image de l'UBS, ternie profondément par sa trop grande implication dans les subprimes, par son sauvetage aux frais du contribuable en octobre 2008 et par sa livraison de noms de clients au fisc américain.

Francis Richard
  
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572e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.
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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 21:55
herveHervé Falciani [photo ci-contre en provenance d'ici] , dans l'émission Mise au point de dimanche dernier, à la Télévision Suisse Romande, s'est "expliqué" sur son rôle dans l'affaire des fichiers "volés" à HSBC. C'est clair comme du jus de chique, aurait dit mon grand-père maternel ici. Il n'y a qu'une chose de vraiment clair dans ce qu'il dit : ce n'est pas lui le "dealer" des trois listes proposées à l'Allemagne pour débusquer ses évadés du fisc. D'ailleurs, pour lui, les "dealers" en question ne sont pas des émules:

"Si les émules, comme vous dites, c'était vraiment des émules, de par mon action ils se seraient adressés à la justice. C'est-à-dire qu'ils ne monnayeraient pas".

Sous-entendu : je n'ai rien monnayé, je me suis simplement adressé à la justice. 

(Depuis dimanche il y aurait en effet une troisième liste de 1'000 clients de banques suisses disponible sur le marché ici en sus des deux listes évoquées sur ce blog [voir mes articles Angela Merkel bientôt coupable de recel de données bancaires suisses? et Un nouveau CD de données bancaires suisses proposé à l'Allemagne? ].)

Des onze minutes de l'émission de dimanche reproduites sur YouTube j'ai relevé quelques extraits. Je prends cette précaution parce que les vidéos sont parfois enlevées de ce site, ou parfois de Daily Motion le site concurrent. Il en a été ainsi de l'entretien qu'Hervé Falciani avait accordé à France 2 et que j'avais publié le 15 décembre 2009 [voir mon article La France déshonorée par l'affaire Hervé Falciani, le voleur d'HSBC? ].

Que dit maintenant Hervé Falciani ? Qu'il n'a rien volé, qu'il ne connaît ni les 130'000 noms évoqués par le juge de Montgolfier, ni les 3'000 noms évoqués par Eric Woerth. Il a seulement témoigné :

"Le travail avec la justice c'est l'occasion de témoigner".

"Je ne reproche rien. Je témoigne."

"Cette année a été une année pour témoigner. C'est un devoir de témoigner."

Il ressort aussi de ses explications confuses que, pour lui, les banques sont incontrôlables et opaques :

"L'adversaire c'est l'opacité. Ce n'est pas une banque en particulier".

"Si on ne contrôle pas la banque c'est la banque qui vous contrôle".

"Ce que j'encourage à faire c'est que chacun justement fasse état de ce qui est permis au sein de la banque, du manque de contrôle qui est manifeste".

"La particularité que je peux reconnaître c'est que je connais aussi comment s'il n'y a pas de contrôle on peut très facilement entrer dans des dérives."

Pour Hervé Falciani les banques sont, en termes de puissance, au même niveau, voire au-dessus des Etats...

N'étant pas un spécialiste de l'informatique j'avoue n'avoir rien compris à ce qu'Hervé Falciani dit des "prototypes" qui auraient permis aux enquêteurs français de dresser les listes de 130'000 clients des banques suisses. En tout cas, à ce sujet, un spécialiste, Marco Ricca, interrogé par Le Matin fait part de l'impossibilité de cette explication ici:

"Le coeur de l'argumentation d'Hervé Falciani se base sur ces fameux prototypes de fonctionnement dont il avait la charge. Selon lui, c'est grâce à des recoupements entre ces prototypes de structures de fonds ou de virements que le fisc français aurait pu reconstituer des listes de noms de clients de HSBC. Je vous assure que cela est totalement impossible! Pour la simple raison qu'un prototype n'est par définition jamais utilisé, mais testé. Et, pour avoir auditionné les systèmes de sécurité d'une centaine de banques de l'arc lémanique, je peux vous assurer qu'aucune ne teste des prototypes avec une liste de noms de clients".

Exemple d'explication confuse d'Hervé Falciani, digne de Bourvil dans son sketch sur l'eau ferrugineuse :

"Les banques contrôlent. Aujourd'hui elles vous contrôlent. Quand des directives arrivent, c'est la possibilité pour elles de gagner un peu plus d'argent, de faire un peu plus de bénéfice. Mais le bénéfice, d'où il vient ? Il vient d'un argent qui a été créé, je dirai, d'un bien, ... d'argent ...oui, d'un bien qui a été créé par une activité économique. Par contre les bénéfices de banque vient [sic] de ce bien. Elle [sic] ne vient pas d'une création de bien. Vous voyez ?"

Apparemment Audrey Sommer , la journaliste qui s'entretient avec lui, ne voit pas et se contente d'approuver - "hum! hum!"- sans comprendre...

Pourquoi donc Hervé Falciani a-t-il tenu à s'exprimer à la TSR ? Il a voulu dissiper tout malentendu. Au lieu de cela c'est le brouillard complet. Il n'est cependant pas fou et sait très bien, comme je le rappelais dans mon article Un nouveau CD de données bancaires suisses proposé à l'Allemagne? , via l'entraide judiciaire demandée par la Suisse, qu'il risque gros s'il est avéré qu'il a violé le secret bancaire suisse.

Francis Richard



Articles précédents sur le sujet :

La France fait repentance dans l'affaire Falciani, le voleur d'HSBC 21.12.2009
Affaire HSBC : la Suisse loyale, la France sans vergogne 18.12.2009
La France, Etat voyou, ne conçoit l'entraide judiciaire qu'à sens unique 16.12.2009
La France déshonorée par l'affaire Hervé Falciani, le voleur d'HSBC? 15.12.2009

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570e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 00:50
Une banque en SuisseLe quotidien allemand Frankfurter Rundschau a publié hier un article ici, dont il est fait écho ici , dans lequel il révèle l'existence d'un deuxième CD contenant de nouvelles données bancaires suisses qui seraient proposées à la vente en Allemagne. Le ministère des finances du Bade-Wurtemberg s'apprêterait même à l'acquérir. Y figureraient les noms de 2000 évadés de l'enfer fiscal allemand qui auraient trouvé refuge à l'UBS, au Crédit Suisse et chez l'assureur Generali [la photo ci-dessus provient d'ici ].

Le porte-parole du ministère des finances de ce land, Bertram Dornhein, précise même :

"Es handelt sich um potenziell interessantes Material" 

"Il s'agit de documents potentiellement intéressants"

Ce qui signifie que le dealer aurait déjà fait goûter sa came au client en manque... de liquidités que doit être le ministère des finances de ce land allemand [voir mon article
Angela Merkel bientôt coupable de recel de données bancaires suisses?].

A l'heure où j'écris il est bien difficile de savoir s'il s'agit de vérité ou d'intox, c'est-à-dire si vraiment il s'agit d' une éruption de dealers ou si, tout simplement, les Allemands, à l'instar des Italiens, des Américains ou des Français, tous aussi mauvais élèves de l'économie les uns que les autres, n'essaient pas de pousser les évadés du fisc à se dénoncer pour les inciter à limiter leurs pertes et par ricochet celles des Etats en question. La chasse au contribuable récalcitrant à se faire tondre est bien ouverte.

Dans le premier cas serait en train de se créer un véritable marché mafieux où des dealers peu scrupuleux profiteraient de la prohibition de disposer librement de ses biens, pour faire fortune sur le dos des épargnants ou des entrepreneurs. En effet les prélèvements confiscatoires des Etats voyous que sont l'Italie, les Etats-Unis, la France ou l'Allemagne, conduisent les créateurs de richesses soit à s'évader, soit à renoncer, soit à délocaliser. Quand ils s'évadent vers un pays comme la Suisse, plus clément, sans être paradisiaque, ces boucs émissaires sont traqués, diabolisés. Pour le plus grand malheur de leurs pays ils seront donc de plus en plus enclins à opter pour le renoncement ou la délocalisation.

Dans le deuxième cas serait en train de se créer une véritable psychose. La Suisse ne serait plus ce qu'elle était naguère. Il ne serait plus possible de lui faire confiance. L'incertitude de figurer ou non sur des listes de suspects, dans la meilleure tradition révolutionnaire, conduirait à préférer limiter la casse en prenant les devants et en se dénonçant. D'autant que s'il s'agit bien d'une intox, elle est malheureusement crédible puisque les services secrets allemands ont déjà récompensé et encouragé la délation en 2008 en achetant une liste de clients d'une banque du Lichtenstein.

A la faveur d'une entraide judiciaire la Suisse devrait demander la communication de ces listes. A partir de là elle pourrait enquêter pour tenter de découvrir les dealers, obtenir leur extradition si besoin est, et leur faire payer cher leur violation du secret bancaire, qui est encore ici, Dieu merci, une atteinte à la fois aux droits de propriété et à un droit de l'homme, celui de la protection de sa sphère privée, sans que soient épargnées non plus à ces criminels des poursuites judiciaires pour demander réparation des dommages civils et pénaux provoqués par leur forfaiture. 

Je rappelle que la Loi fédérale sur les banques et sur les caisses d'épargne, punit d'amendes et d'emprisonnement, une telle violation dans son article 47
ici :

Art. 47

1 Est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire celui qui, intentionnellement:

a. en sa qualité d’organe, d’employé, de mandataire ou de liquidateur d’une banque, ou encore d’organe ou d’employé d’une société d’audit, révèle un secret à lui confié ou dont il a eu connaissance en raison de sa charge ou de son emploi;

b. incite autrui à violer le secret professionnel.

2 Si l’auteur agit par négligence, il est puni d’une amende de 250 000 francs au plus.


3 En cas de récidive dans les cinq ans suivant une condamnation entrée en force, la peine pécuniaire est de 45 jours-amende au moins.


4 La violation du secret professionnel demeure punissable alors même que la charge, l’emploi ou l’exercice de la profession a pris fin.


5 Les dispositions de la législation fédérale et cantonale sur l’obligation de renseigner l’autorité et de témoigner en justice sont réservées.


6 La poursuite et le jugement des infractions réprimées par la présente disposition incombent aux cantons. Les dispositions générales du code pénal sont applicables.

Il ne devrait pas y avoir de pitié pour ceux qui n'hésitent pas, au moyen de la délation, à nuire à des milliers de personnes, qui n'ont d'autre tort que de vouloir mettre leurs économies à l'abri d'enfers fiscaux où les dépenses publiques croissent et embellissent, où les dettes explosent et où la ruine finit par frapper tout le monde.

Francis Richard 

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567e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

 goldi et hamdani


L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 03:00

SchaeubleAvec la crise financière les mots de morale et d’éthique fleurissaient naguère dans la bouche des dirigeants des pays occidentaux pour fustiger les banquiers dont ils avaient pourtant encouragé les turpitudes en les incitant à prêter, et par conséquent à ruiner, de futurs insolvables.

Il faut croire que ces mots de morale et d’éthique ne les étouffaient pas quand il s’agissait de les appliquer à leur propre cas. Car au fond d’eux-mêmes ils pensaient : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ».

Un nouveau délateur ici – ce qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire européenne du XXème siècle – propose de vendre une nouvelle liste d’évadés du fisc, qui plus est, à l’Allemagne, qui a de fâcheux antécédents en matière de délation - quand elle occupait l'Europe - et qui ferait donc bien de s’abstenir désormais, pour ne pas trop faire jaser.

Seulement il faut dire que l’offre est alléchante : « Donnez-moi 2,5 millions d’euros » dit le tentateur, « et vous pourrez récupérer 50, 100, 200 fois la mise. 1 500 noms livrés en pâture au fisc allemand, c’est tout de même mieux que le loto, puisque c’est à coup sûr. Et puis… un moment de honte est vite passé ».

Au ministère allemand des finances Wolgang Schäuble [photo ci-dessus en provenance d’ici] a remplacé Peer Steinbrück en octobre dernier. Il est démocrate-chrétien, son prédécesseur était social-démocrate. On aurait pu penser qu’ils n’avaient que le mot de démocrate en commun. En réalité c’était un trait d’union pour défendre l’enfer fiscal qu’est devenue l’Allemagne.

Il y a deux ans Peer Steinbrück avait acquis – moyennant 5 millions d’euros – des données volées par un technicien à la banque du Lichtenstein qui l’employait. Wolgang Schäuble – aux dernières nouvelles, soutenu fermement par Angela Merkel - paiera moitié de ce prix l’achat de données volées à une ou plusieurs banques helvétiques.

L’expression « La fin justifie les moyens » est la caractéristique des pays totalitaires. Hitler et Marx, tous deux allemands, en ont fait d'ailleurs, à leur époque, un leitmotiv. Encouragés sans doute par la version allemande de l’expression, encore plus cynique que la française : «der Zweck heiligt die Mittel », la fin sanctifie le moyen, dont le gouvernement allemand actuel semble bien avoir fait sa devise.

En réalité l’Allemagne fait partie des mauvais élèves de l’économie ici. Ses dirigeants, trompés par l’illusion keynésienne et par la hantise politique de devoir faire quelque chose pour justifier leur existence, se sont crus obligés l’an passé – inutilement – de relancer l’économie à coups de milliards d’euros ici.

Comme l’Italie, le cancre des cancres ici , et la France, l’Allemagne a donc augmenté sa dette publique, déjà plus élevée que celle de la France à fin 2008, creusé un nouveau déficit public et vidé les caisses. On sait depuis Aristote que la nature a horreur du vide et que les ministres des finances itou. Il faut donc traquer l’argent où il se trouve et où il s’est réfugié pour échapper aux prélèvements confiscatoires : la Suisse.

La Suisse, comme je l’ai montré ici , sans être un premier de classe irréprochable, n’a rien à voir avec ces cancres peu soucieux des deniers de leurs concitoyens. Sans être non plus, hélas, et loin de là, un paradis fiscal, la Suisse a résisté à la tentation facile de se lancer dans cette fuite en avant qui consiste à augmenter inconsidérément les dépenses publiques … pour remuer du vent. Sa prospérité relative, qui résulte de cette prudence, en fait une proie d’autant plus tentante que ses dirigeants n’ont pas fait preuve ces derniers mois d’un courage patent pour affronter les Etats voyous qui entourent le pays.

Angela Merkel, qui ne vaut pas mieux que les autres dirigeants européens, a dit hier matin au Bundestag, en parlant de ces données volées, que «  si ces informations étaient pertinentes pour le fisc allemand, il devait en prendre possession » ici. Si c'était le cas, elle se rendrait pourtant coupable de recel.

J’imagine une scène digne d’un polar où des mafieux se rencontrent pour s’échanger came contre biffetons. Tandis que le dealer goûte un peu de poudre pour en tester la qualité, le directeur du fisc allemand, lui, se met à lécher un bout de listing, tiré d’un CD bourré d’octets, pour en vérifier toute la pertinence...

Hans-Rudolf Merz, le ministre des finances helvétiques, jure ses grands dieux que la Suisse n’accordera pas l’entraide judiciaire dans ces conditions ici. Que ces dieux-là l’entendent !

Francis Richard

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563e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 20:00
bébéLe 25 janvier 2010, un comité interpartis a lancé une initiative intitulée "Financer l'avortement est une affaire privée-Alléger l'assurance-maladie en radiant les coûts de l'interruption de grossesse de l'assurance de base" ici. Dans ce comité il y a des membres de l'UDC (Union démocratique du Centre), du PDC (Parti démocrate-chrétien), du PEV (Parti évangélique), du PLR (Parti libéral radical) et de l'UDF (Union démocratique fédérale) ici. Autant dire que tous les partis bourgeois y sont représentés peu ou prou.

Quels sont les buts des initiants ici ?




Voici comment est présentée cette initiative par 20minutes.ch version papier, le 27 janvier 2010, qui diffère sensiblement de la version en ligne ici :

Titre : La droite dure lance son offensive anti-avortement (version papier).

Alors que la version en ligne titre : Un comité s'attaque au remboursement des avortements.

Tout le reste est à l'avenant.

Il est évident que les rédacteurs des agences de presse ATS/AP/POM, auteurs du communiqué paru dans la version papier, n'apprécient guère cette initiative qui doit recueillir 100'000 signatures d'ici le 26 juillet 2011 pour être soumise au vote du peuple ultérieurement. Comme ils emploient le terme d'offensive, je me crois autorisé à les qualifier de défenseurs de l'avortement remboursé.

Je ne suis guère convaincu que le nombre d'avortements en Suisse - 10'000 par an - sera réduit par l'aboutissement d'une telle initiative. S'il l'est jamais, il le sera non pas par une loi, mais par un changement des mentalités, par une double prise de conscience : celle du suicide collectif auquel cet acte contribue - comme le faible nombre de naissances - et celle de l'atteinte à la vie d'un être humain qui n'appartient pas plus à la mère qu'au père, mais à lui-même et à Dieu [la photo ci-dessus provient d'
ici].

Je ne suis guère convaincu que les coûts de la maladie seront réduits non plus de manière significative par un tel aboutissement.

Je suis beaucoup plus convaincu par l'argument que l'avortement n'est pas une maladie - la grossesse non plus d'ailleurs.

L'argument le plus fort encore - parce que concis et percutant - me semble être celui que l'on peut trouver sur le site du PEV de Genève
ici et à une autre page du site des initiants ici :

"Personne ne doit être tenu de financer avec ses primes les avortements d’autrui"

Hormis, peut-être, les cas de viol et, plus certainement, les cas de mise en danger de la vie de la mère, l'avortement est un choix personnel, un libre choix, depuis qu'il est devenu légal. Ce qui sous-entend une responsabilité personnelle. Les militants pro-avortement - qui dissimulent la chose sous l'acronyme banal et inapproprié d'IVG - on n'interrompt pas une grossesse, on ne peut que l'arrêter définitivement - ne se disent-ils pas pro-choix ?

Les questions de principe me paraissent donc plus importantes que les questions pécuniaires. Je n'en veux pour preuve que l'encadré de l'édition de 20minutes.ch version papier qui dit ceci, sous le titre "Une naissance coûte plus cher" :

"Selon le comité, cesser le remboursement des IVG réduirait les coûts de la santé de 15 à 20 millions de francs par an. Pourtant le prix d'un avortement est de 3500 fr. via une opération. En comparaison, une naissance coûte 6000 à 10000 fr. En Suisse, l'IVG est libéralisée, sous certaines conditions, dans les douze semaines après les dernières règles".

Ces calculs sordides peuvent s'interpréter au moins de deux façons. La plus claire est de dire que la mise au monde d'un être humain vaut plus financièrement que sa mise à mort. La plus sombre est de dire qu'il vaut mieux avorter que de donner la vie puisque c'est moins cher.

Jean-Paul II ne parlait-il pas de "culture de mort" ?

Francis Richard

Nous en sommes au

558e jour de privation de liberté pour Max Göldi et Rachid Hamdani (de droite à gauche), les deux otages suisses en Libye

goldi et hamdani 

L'internaute peut écouter sur le site de Radio Silence ( ici ) mon émission sur le même thème, avec un rappel des dispositions légales suisses actuellement en vigueur en matière d'avortement.

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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