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7 décembre 2025 7 07 /12 /décembre /2025 20:40
De boue & de sang, de Laurent Obertone

J'ai voulu par cette histoire raconter l'Histoire.
Laurent Obertone

 

Au XIXe siècle, les historiens conviennent de considérer la période de 1337 à 1453 comme la Guerre de Cent ans. 1337 est l'année où Philippe VI confisque la Guyenne, fief du roi d'Angleterre Édouard III. 1453 est l'année où la Guyenne est reconquise, après la bataille de Castillon.

 

Le roman De boue & de sang commence en 1413 pendant la Grande Trêve (1380-1415). Son héros et narrateur, né à la fin du XIVsiècle, venu de l'est, arrive à Paris après trois jours de marche, en tenant par le licol une vache pour la vendre à des bouchers, vers l'Hôtel-Dieu:

 

Je m'appelle Jehan, et on me surnomme La Hache car j'ai toujours aimé cet outil. Le manche prolongeant la main. Le bois et la chair. Le fer capable de fendre le monde. Ma rage passée à défricher les abords du village.

 

Après avoir vendu sa bête, moins cher qu'il ne l'espérait, il fait la connaissance dans une taverne d'un moine qui comprend tout de suite qu'il travaillait avec les bouchers mais qu'il n'était pas des leurs. Frère Renaud parlait beaucoup. Pour lui, le monde était simple. Il y avait deux camps:

 

D'un côté les bouchers, le duc de Bourgogne, Paris, les forces du mal. De l'autre la maison d'Orléans, les Armagnacs, le roi.

 

Alors que le comte Bernard d'Armagnac entre dans Paris, pour nettoyer la sédition, grâce à l'intervention d'un druide, il a la vie sauve: sa tunique, lardée de sang, l'assimilait aux bouchers... Il croisera plusieurs fois le chemin d'Isambard au cours de cette histoire, comme celui de Renaud.

 

Jehan Hastel s'enrôlera dans les combattants à pied du roi. Effectivement son histoire s'inscrira dans l'Histoire. Ainsi connaîtra-t-il la défaite d'Azincourt. Pour quitter ce village maudit il parviendra à monter à cru un destrier ayant perdu son cavalier dans la bataille... qui lui sera confisqué.

 

Après? Il connaîtra bien des tribulations personnelles, parallèlement à celles du pays, et, sur le conseil du druide, il rejoindra, en tant que servant, la compagnie du capitaine Étienne de Vignolles que tous nommaient La Hire, devenu capitaine en tuant des gens, dixit le même druide... 

 

Tribulations personnelles? Blessé à la jambe, il aura droit à une monture à laquelle il ne devra pas trop s'attacher et fera de la guerre son métier. Tribulations du pays? Ce ne seront que sièges de villes, les assiégés devenant assiégeants, et inversement, moult morts et prisonniers.

 

Les années passeront sans victoire ni défaite décisives. Jeanne commencera à faire parler d'elle: paysanne lorraine de dix-sept ans, venue à la rencontre du dauphin pour "libérer la France". La voyant à Orléans, il sera saisi par son assurance, ce regard noir et aigu, sa simplicité. 

 

Le druide et le moine débattront: Nul ne voulait arbitrer leur guéguerre. Le druide sonnait plus juste. Plus fou aussi. Nos esprits chrétiens comprenaient mieux le moine, plus fragile et friable. Plus humain. Réduit, contre ce monstre d'éloquence, à jouer l'autorité suprême de l'Église.

 

On connaît la suite de l'Histoire: Charles VII, le dauphin, sacré à Reims; Jeanne, piégée à Compiègne et faite prisonnière par Jean de Luxembourg, qui la vend aux Anglais; son procès; sa mort sur le bûcher à Rouen: Une ruade en plein ventre. Ma Jeannette. Je ne voulais y croire.

 

La Guerre de Cent ans ne s'arrête pas là. L'histoire de Jehan Hastel dit La Hache non plus. Comme lui dira le druide, à la fin, il aura mené deux combats à la fois: celui de l'agir, et celui du sens. Et il se retirera pour écrire ses mémoires pour que les fils de France sachent leur histoire:

 

Moi, fils de paysan, né dans la boue, j'ai vécu par le sang...

 

Francis Richard

 

De boue & de sang, Laurent Obertone, 352 pagesMagnus

 

Livres précédents:

 

La France Orange Mécanique (2013)

Utoya (2013)

La France Big Brother (2015)

Guerilla I, le jour où tout s'embrasa (2017)

La France interdite (2018)

Guerilla II, le temps des barbares (2019)

Éloge de la force (2020)

Game over (2022)

Guerilla III, le dernier combat (2022)

Raisonnablement sexiste (2023)

Guerre (2024)

 

Publication commune avec LesObservateurs.ch.

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4 décembre 2025 4 04 /12 /décembre /2025 18:15
8,2 secondes, de Maxime Chattam

Éros et Thanatos. Tel pourrait être le résumé de ce livre. Avec pour constante de temps: 8,2 secondes:

 

Il faut très exactement 8,2 secondes pour tomber amoureux lors d'un baiser.

 

- L'onde de la mort? Moins de dix secondes. Environ 8 secondes, je crois.

[...]

- 8,2 secondes?

- C'est possible.

 

Les protagonistes de ce thriller sont deux femmes: une fliquette, May Malkasian, trente-quatre ans, et une scénariste, Constance Holloway, la cinquantaine ou presque.

 

L'une enquête à New-York et est rattachée au 6e commissariat, l'autre est partie de Brooklyn pour aller au chalet familial au bord du lac de Skaneateles, près du Canada. 

 

Lors d'une enquête sur la mort d'un certain Ribeiro, May interroge un voisin, Jack Tetler, qui se dit chefà domicile, et se trouvait en Californie au moment du décès.

 

Un an après la mort accidentelle de son mari Tom et de son fils Lenny, douze ans, intoxiqués par du monoxyde de carbone, Constance a besoin de faire le point.

 

À la suite d'un appel, May se rend sur les lieux d'un crime commis dans la chaufferie d'un immeuble. Tout laisse à penser que Grand Méchant Loup a encore frappé.

 

Dans le chalet familial, Constance, avec pour compagnie son chien Solace, va de découvertes en découvertes sur sa famille, qui n'est pas du tout ce qu'elle pensait...

 

May est draguée par le Dr Lerner, médecin légiste, chargé de l'autopsie de Ribeiro. Lamar Gallineo, qui enquête sur Grand Méchant Loup, la prend comme auxiliaire.

 

May n'est pas non plus indifférente au charme du voisin de Ribeiro - mort, semble-t-il, naturellement -, le prénommé Jack, qui, bien que quinqua, ne lui déplaît pas.

 

Au cours du récit le lecteur ne peut manquer de se demander quel lien il peut y avoir entre les histoires de May et Constance qui n'ont, semble-t-il, rien de commun.

 

Le lecteur est d'autant plus perdu que celle de Constance tourne au fantastique et à l'irrationnel, tandis que celle de May est encombrée de mensonges et de non-dits.

 

Avant même de parvenir à l'épilogue, qui n'est qu'une confirmation, Maxime Chattam lui dessillera les yeux, tandis que, par ailleurs, Grand Méchant Loup sera identifié.

 

Francis Richard

 

8,2 secondes, Maxime Chattam, 400 pages, Albin Michel

 

Roman précédent:

 

Prime Time (2024)

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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 20:50
La Fugue de Verena Ordenz, de Laurent Koutaïssoff

Valentine Fornerod, jeune journaliste, couvrait tous les concerts de la région et apportait à chaque fois un point de vue inattendu, avec cette originalité de style qui tranchait avec tout ce que Verena avait l'habitude de lire sur la musique.

 

Verena Ordenz, référence dont se réclament souvent de grands musiciens, demeure au Manoir du Cèdre, isolé sur les hauteurs, où Valentine sera invitée un jour, et où elle vit entourée de personnes qu'elle a choisies.

 

Ce sont par ordre d'apparition:  

  • Mathias, le mécano,
  • Akio Todoroki, l'un des plus grands chefs d'orchestre vivant,
  • Louise, une musicienne.

 

Valentine est la pièce manquante d'un puzzle dont Verena fait elle-même partie. Un certain Lucien en est la première pièce, le point de départ de sa Fugue en cours de composition, dont le thème est leur rencontre.

 

Pourquoi Valentine sera-t-elle invitée? Parce qu'elle représente, selon l'entourage de Verena, qui s'est laissé convaincre, les trois éléments qui lui permettront d'achever son oeuvreles mots, les sons, la mémoire... 

 

Il ne manque plus qu'une personne pour compléter la distribution de cette histoire singulière: la Mère Muche, qui tient un kiosque, dont Valentine est la protégée depuis l'enfance et qui est le bon sens personnifié.

 

Dans cette histoire l'acronyme VAGA a son importance. Il signifiait pour chaque grand musicien reconnaissant envers Verena: Verenae Arkadiae Gratias Ago: i.e. je rends grâce à Verana Arkadia (son deuxième prénom?).

 

Il prendra une toute autre signification à la fin: le V sera pour Valentine et le A pour Arcana, qui signifie en latin la discrètela secrète, comme Lucien appelait Verena. Verena et Valentine ne se ressemblent-elles pas?

 

Francis Richard

 

La fugue de Verena Ordenz, de Laurent Koutaïssoff, 304 pages, Bernard Campiche Editeur

 

Livres précédemment chroniqués:

 

Atlas (2020)

Les chats noirs de Gallipoli (2022)

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24 novembre 2025 1 24 /11 /novembre /2025 21:05
Un monde low-tech - Anthologie du Prix de l'Ailleurs 2025

Créé en 2017 à l'initiative de la Maison d'Ailleurs et de l'Université de Lausanne, le Prix de l'Ailleurs est le premier prix littéraire suisse dédié à la science-fiction.

 

Le thème proposé pour 2025 était donc Un monde low-tech. Cette anthologie comprend:

 

  • Une préface de Laurence Malè et Olivier May, membres du Jury

 

  • Les textes des lauréats qui ont reçu leur prix le samedi 15 novembre 2025 lors du Festival Alterfictions au Château d'Yverdon:

 

Premier Prix: Cycles de vie d'Anthony Boulanger

Deuxième Prix: E-zabel de Yolene Boichard

Troisième Prix: Decelerando de Tristan Piguet

 

  • La sélection du jury: 

 

Coeur mécanique de Ginger Broglie

Le chant des grillons de Bastien Champougny

Métropole des castors de Romain Prina

Voyage à Eutope de Valentine Lévy

Le Réseau de Sébastien Lê

Pile je gagne, face tu perds de Robin Tecon

Le dernier cycle de Jean-François Morlaes

 

  • Des participations critiques:

 

- S'imaginer des choses: Pour une SF low-tech de Mélanie Fiévet

- Postface: Dans l'entre-deux mondes de la low-tech d'Ariel Kyrou

 

Que signifie low-tech? Avant de lire cette anthologie, j'ignorais même le mot. Un site lui est dédié, Low-tech Lab, d'où j'extrais cette vision:

 

La pensée low-tech permet de vivre mieux avec moins. Nous en sommes convaincus. Et si elle était plus largement connue, acceptée et adaptée, elle permettrait de lutter efficacement contre les maux tant environnementaux que sociaux et sociétaux du XXIème siècle.

 

Cette pensée mainstream m'est étrangère, pour ne pas dire étrange. Mais, étant d'un naturel curieux, des textes, qui l'illustrent, ne pouvaient qu'attirer mon attention.

 

Comme l'écrivent les préfaciers, les dix nouvelles de cette anthologie s'inspirent d'une ou plusieurs des trois voies qu'empruntent cette pensée pour gagner les esprits: 

  • Le volontarisme,
  • La contrainte,
  • L'adaptation après désastres annoncés.

 

La première voie ne me gêne pas; la deuxième réveille ma résistance; la troisième suscite mon incrédulité.

 

Le mot décroissance sous-tend ces textes, que ce soit pour s'en réjouir, s'en affliger ou s'en accommoder. 

 

En fait, de ce mot s'est emparée une idéologie liberticide, et rien moins que scientifique. Elle présuppose:

  • l'épuisement des ressources naturelles: or, si les ressources matérielles sont finies, les ressources intellectuelles sont infinies;
  • les limites du progrès scientifique: c'est minimiser la capacité de l'esprit humain à trouver des solutions, à condition qu'il soit libre de tirer leçons de ses erreurs et, par conséquent, d'être critique;
  • l'homme ne fait pas partie de la nature et est un parasite: la nature est en perpétuel changement et nombre de catastrophes sont évitées grâce aux soins que l'homme lui apporte, ne serait-ce que dans son propre intérêt.  

 

Cela dit, j'ai pris du plaisir à lire cette anthologie. Les préfaciers ont bien raison à propos des auteurs (pluriel neutre):

Au niveau littéraire, chacun d'entre eux nous offre un texte qui montre une maîtrise de l'art tout court, du concis et de la chute percutante, en bref, de l'art de la nouvelle.

 

Francis Richard

 

Un monde low-tech, Anthologie du Prix de l'Ailleurs 2025, 240 pages, Hélice Hélas

 

PS

Le thème de l'édition 2026 est Trous de mémoire.

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 20:20
Un rendez-vous particulier, de Martina Chyba

À l'homme des marches du Sacré-Coeur,

... cette histoire faite de choses complètement vraies, de choses demi-vraies, de choses demi-fausses, de choses complètement fausses, de choses vécues, de choses vécues par d'autres, de choses jamais vécues, de choses qu'on espère vivre et de choses qu'on n'espère jamais vivre. Ne compte que la sincérité.

 

Avec une telle épigraphe, il est vain pour le lecteur de vouloir démêler le vrai du faux, le vécu de l'imaginé dans ce roman, si bien que l'auteure, un tantinet exhibitionniste, ne dévoile en réalité que ce qu'elle veut bien, même si elle ne cache pas grand chose.

 

Le lecteur saura assez vite, au détour d'une phrase, que le patronyme de l'héroïne signifie erreur en tchèque, c'est-à-dire Chyba - c'est du moins ce que lui dira l'ami Google, et vers la fin du roman, ô surprise, qu'elle se prénomme Martina, comme l'auteure.

 

Le lecteur apprendra l'importance pour cette quinqua du dédicataire de l'épigraphe, jamais autrement nommé: elle l'a rencontré sur les marches du Sacré-Coeur, à la suite d'Un rendez-vous particulier, pris en ligne, au bout de... dizaines d'échanges avec lui.

 

Au fil de sa lecture trois autres personnages, proches de l'héroïne, lui deviendront familiers: son ami Max, qui, en réalité, s'appelle Armand, son amie Sixtine, et son psy, le Dr David Maunoir, qui lui donne du Chère Madame, pour conserver quelque distance.

 

L'amitié entre la narratrice et Max est la preuve qu'une telle relation peut exister entre une femme et un homme, car il n'y aura jamais entre eux autre chose que de l'amitié, ce qui ne veut pas dire qu'un tel lien ne puisse pas être fort, le prologue, si besoin, en atteste.

 

Car elle accepte de l'accompagner chez l'urologue: il n'a pu le demander ni à son ex-femme, qui vient de "sortir" de l'hétérosexualité comme on sort d'une pièce en claquant la porte, ni à sa fille qui se fout complètement [...] du système reproductif de son vieux père.

 

Sixtine est sa meilleure amie. Originaire pourtant d'une commune bourgeoise, c'est-à-dire protestante, où tout est comme il faut à l'extérieur et blet à l'intérieur, celle-ci n'hésite pas à mettre les mots les plus directs sur ce que tout le monde voit mais n'exprime jamais.

 

Le Dr Maunoir est un psy original. Plutôt que des antidépresseurs, ou autres médications, il lui prescrit des tableaux, des sculptures, des oeuvres d'art, qu'elle doit voir en vrai: au musée, on vit une expérience avec un objet réel, le vrai, celui que l'artiste a transformé.

 

Son histoire est racontée avec beaucoup d'humour et d'autodérision. La narratrice en a, heureusement. Car, pour cette femme, qui ne puise pas sa force dans une foi religieuse, la vraie vie ne réservant pas que des bonnes surprises, ce sont des bouées de sauvetage. 

 

L'autre moyen de surmonter les épreuves, qui seront pour elle autant de deuils, au sens propre et figuré, c'est d'aller partout dans le monde dans des musées où l'envoie son psy et de répondre à cette question: En quoi ce que je vois peut-il me donner de la force? 

 

Un jour, elle se fera ses propres prescriptions. En attendant, elle conviendra, dans un monde bien imparfait, où femmes et hommes se complètent, surtout quand ils n'ont rien en commun, qu'elle et l'homme des marches du Sacré-Coeur s'accordent sur l'essentiel.

 

Francis Richard

 

Un rendez-vous particulier, Martina Chyba, 288 pages, Éditions Favre

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16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 18:40
Les Enfants d'Érasme, de Carole Romann

- À Dresde, vous savez, vous croiserez plus souvent du style brutaliste, l'héritage soviétique...

- Pourquoi vous me parlez de Dresde?

- Mais parce que vous allez à Dresde.

 

Dans l'enceinte du Parlement européen, à Strasbourg, Tristan vient de se disputer avec Chloé, qui, idéaliste, considère que, pendant la paix, la guerre continue, et qu'il faut lutter contre ses nouvelles formes, alors que lui, réaliste, pense qu'il n'y a rien à faire contre le système et qu'il faut réussir sa vie, la gagner.

 

Tristan devait aller à Francfort au titre du programme Erasmus, créé par l'Union européenne. Le même jour, Severino, son professeur d'architecture, lui apprend donc que ce n'est plus à Francfort qu'il va mais à Dresde: il n'y avait qu'une place et elle ne lui a pas été attribuée. Il faut croire que ce n'est pas son jour...

 

De retour à la maison, à Strasbourg, sa mère lui confie les cahiers bleus de son père à elle, qu'il a rédigés jusqu'au jour de sa mort, le 13 janvier 1994, six ans avant qu'il ne naisse, des cahiers dont elle ne lui a jamais parlé, qui lui permettront de le connaître, alors que son grand-père, lui, n'aura pas eu ce bonheur.

 

Le roman de Carole Romann est composé de deux récits parallèles, qui, contrairement à la géométrie euclidienne, vont finir par se rejoindre, à Dresde: les cahiers bleus sont le récit d'un Alsacien engagé de force dans la Wehrmacht, tandis que Les Enfants d'Érasme sont celui d'étudiants européens et du monde.

 

Les cahiers bleus racontent la guerre de Raymond, guerre qui n'est pas la sienne. Avec les autres recrues, il quitte Strasbourg le 29 octobre 1943 par le train. Il a en tête les conseils de son père, notamment de donner l'impression de se laisser prendre au bourrage de crâne sans jamais abdiquer sa liberté de penser.

 

À la Résidence étudiante, Tristan fait la connaissance de:

  • Leni, Allemande qui étudie la photographie;
  • l'ami de celle-ci, Gunther;
  • Bethany, Américaine qui étudie le commerce international;
  • Janek, Polonais qui est apprenti maçon;
  • Anastasia, Estonienne qui étudie le cinéma;
  • Matteo, Italien, qui étudie la communication.

 

Tristan est à la fois lecteur des cahiers de son grand-père, destiné à mourir pour Hitler, et qui a assisté aux bombardements de Dresde1, acteur et spectateur de la vie à Dresde dans l'Allemagne d'aujourd'hui, qui trouve un écho au Café Europa, tenu par Evrim, un Turc, et où lui et ses camarades se réunissent.

 

À l'écart de leur Stammtisch, leur table d'habitués, un personnage, surnommé le Baron, est la distinction même. Souvent le nez plongé dans son journal, il reste au-dessus de la mêlée, ayant reçu une éducation soignée, humaniste, nourrie sans doute d'ÉrasmeGoethe, Nietzsche, Rilke, et Kant, bien sûr.

 

En Allemagne de jadis et d'aujourd'hui, les idéalistes croient que tous les hommes sont des frères;  les réalistes savent que le mal se trouve potentiellement dans chaque homme: le mal est, fondamentalement, humain. Mais n'est-il pas aussi profondément humain de se retenir au moment de le commettre 2?

 

Alors que la guerre, dans sa forme primaire, se déroule à l'est - les chars russes sont entrés en Ukraine le 24 février 2022 -, le Baron pour une fois perd son calme: Où sont les écrivains, les artistes, les créateurs qui disent la chance de vivre dans cette partie du monde? Ils en profitent tous mais n'en disent rien.

 

Francis Richard

 

1 - Dresde a été réduite en cendres, les 13 et 14 février 1945, par les Britanniques et les Américains...

2 - Un homme ça s'empêche, disait Albert Camus. Ce ne sera pas le cas d'un migrant d'origine afghane, Baqir, incapable, à l'égard de la gent féminine, de respecter des règles qui ne sont pas celles inculquées dans son pays...

 

Les Enfants d'Érasme, de Carole Romann, 368 pages, Éditions de l'Astronome

 

Publication commune avec LesObservateurs.ch.

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11 novembre 2025 2 11 /11 /novembre /2025 21:40
Sans Souci, de Dominique Willemin

Turpinski avait des étoiles dans les yeux quand il évoquait Werner, étoiles multipliées par dix par la coke plaquée dans ses narines.

 

Paul Schmidt avait fait sa connaissance dans les toilettes du restaurant de l'hôtel Richemont à Genève. Et s'était rendu chez lui, à son invitation, le 24 décembre 1980, pour passer une bonne soirée à sniffer de la cocaïne.

 

Paul y avait découvert une toile de Carlo Werner, datée de 1979. Il connaissait ce peintre pour avoir choisi de lui consacrer son mémoire de licence en histoire de l'art de l'Université de Lausanne, mémoire qu'il avait abandonné.

 

Carlo Werner avait disparu depuis longtemps... Deux jours plus tard, Paul, caméraman de profession, appelait Pierre-Jean Gibier Couturier, producteur qu'il considérait comme son ami, pour lui proposer un film sur Werner.

 

Paul et Pierre-Jean avaient donc pris rendez-vous avec Turpinski dans son appartement presque vide où était cloué son Werner. Ils voulaient en effet contacter le peintre maudit: ce ne serait qu'en lui écrivant une lettre...

 

À l'aube du vingt-huit août 1981 Paul Schmidt débarqua en conquérant sur l'île de Mahé aux Seychelles, car c'est là que Carlo Werner s'était fait oublier. Attendant que Pierre-Jean débarque à son tour, il y fera des rencontres...

 

D'abord logé avec un couple de Canadiens, un peu plus de trois semaines ayant passé, sans nouvelles de Pierre-Jean, il prendra l'initiative d'appeler Carlo Werner, qui l'invitera à se pointer le plus vite possible, sans lui dire où... 

 

Puis Paul, conduit par Jason, le chauffeur du bureau de tourisme, regagnera sa nouvelle maison, à Sans Souci, dans la montagne, loin de tout, au bout d'une route magnifique, où ne passent qu'un bus ou deux par jour.

 

Comment Paul et Pierre-Jean avaient-ils pris contact avec Werner? En lui écrivant donc. Et il leur avait répondu qu'il ne comprenait pas leur projet, mais leur avait indiqué son numéro de téléphone, trop court pour être vrai...

 

Le film se fera-t-il, son financement par l'Office fédéral de la Culture, par le richissime Turpinski ou par Pierre-Jean étant rien moins que sûr? Le lecteur se le demandera tout du long de ce récit tortueux et satirique.

 

En effet les dialogues entre les personnages sont assez lestes et les moeurs dissolues dans cette île tropicale. Quand ils ne se droguent pas, ils boivent ou copulent, ou font des rêves pour aller au bout de leurs fantasmes... 

 

Ne manque pas au tableau la tentative de coup d'État qui a eu lieu dans ce paradis tropical le 25 novembre 1981 et qui s'est terminée piteusement pour les mercenaires sud-africains venus par avion à Pointe Larue...

 

Paul rencontrera seul Carlo Werner et avec Pierre-Jean. Que faire des prises de son et de vues de cet artiste tragique? Pas de souci: il y a toujours quelqu'un pour tirer profit du travail des autres et à leur détriment...

 

Francis Richard

 

Sans Souci, Dominique Willemin, 460 pages, BSN Press

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8 novembre 2025 6 08 /11 /novembre /2025 18:30
Fragments d'un amour tardif, de Mary Anna Barbey

Vous avez dit: amour tardif ? 

 

Les deux personnages de Fragments d'un amour tardif, Elsa et Gautier, ont en effet tous les deux plus de 70 ans. Et l'auteure, huitante neuf ans, sait de quoi elle parle.

 

Est-il encore possible d'aimer à cet âge-là? Oui. Manifestement. Elsa et Gautier, veuve et veuf, connaissaient leurs moitiés. Mais il faut savoir tourner la page, sans l'oublier.

 

Alors, comme si, avec l'âge, le temps ne comptait plus, Mary Anna Barbey raconte comment ces deux-là le prennent pour se rapprocher de plus en plus l'un de l'autre.

 

Le lecteur s'attend à ce qu'ils forment un vrai couple tôt ou tard. La bonne question n'est donc pas quand, mais comment. Lao Tseu avait raison de dire l'importance de la voie.

 

Pour répondre à la question l'auteure procède par fragments, par étapes à franchir, d'autant que l'un et l'autre n'ont pas vécu seuls avant d'entreprendre ce voyage ensemble.

 

Ces étapes se traduisent par des verbes à l'infinitif qui soulignent la voie qu'ils empruntent et qui va leur permettre de se mieux connaître, peu à peu: désirer, oser, trembler, voir.

 

Certes il y a des ans l'irréparable outrage, bien qu'ils soient tous deux plutôt bien conservés, mais - c'est là tout le mystère de l'amour, tardif ou pas - c'est finalement secondaire.

 

Car, au fond, l'important est non seulement de rester soi et de se voir l'un et l'autre tel qu'on est, mais de pouvoir dire nous, c'est-à-dire de s'aimer totalement, corps et âmes.  

 

Francis Richard

 

Fragments d'un amour tardif, Mary Anna Barbey, 84 pages, Chez l'auteure

 

Site de l'auteure: https://www.maryanna-barbey.com/ 

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 18:40
J'ai perdu un Bédouin dans Paris, d'Arthur Essebag

Qui est Arthur Essebag? Selon GrokipediaJacques Essebag (né le 10 mars 1966), connu professionnellement comme Arthur, est un présentateur de télévision français né au Maroc, un producteur et un comédien renommé pour son activité dans le divertissement sur des chaînes majeures telles que TF1 et France 2.

 

J'ai perdu un Bédouin dans Paris est son premier livre:

Il est imparfait. Bien sûr.

Il tremble encore par endroits.

Mais il est là. Comme moi.

Sincère. Inconfortable. Mais il est vrai.

Si certains y trouvent un écho, tant mieux.

Moi, j'y ai trouvé une respiration.

 

Ce livre a été écrit après le 7 octobre. Il n'est pas besoin de préciser l'année. 2023 restera dans les mémoires de ceux qui, comme lui, ont vu l'innommable, comme la date d'un point de rupture.

 

En apprenant le pogrom en direct, Arthur n'était pas prêt à entendre dans sa propre gorge le cri des générations d'avant. [...] Un cri inscrit dans son ADN:

Mon cerveau se vide.

Mais mon sang, lui, se met à hurler.

Un cri venu du fond.

Des cendres.

Des trains. 

Des barbelés.

Un cri qu'on croyait oublié.

 

Et c'est la désillusion:

Le monde cligne des yeux.

Puis il parle.

Pas pour nous.

Contre nous.

Comme si c'était de notre faute.

Comme si on l'avait mérité.

 

Le pire n'est jamais sûr, et pourtant, il advient, avec la montée de l'antisémitisme:

Je ne savais pas qu'on pouvait avoir aussi peur.

 

Dans ce livre donc, Arthur raconte ce qu'il a vécu au cours de ces deux dernières années. Et, notamment, le déferlement de haine contre lui et les siens, les calomnies, les diffamations, non pas pour ce qu'il fait, mais pour ce qu'il est, parce qu'il est juif 1.

 

Comme Rutebeuf, il pourrait se dire: 

Que sont mes amis devenus? 

 

Dans ce livre, alternent ce que, mis sous protection, lui et les siens vivent, les portraits d'otages du Hamas, retrouvés ou libérés, morts ou vifs, ses interventions, les rares soutiens, les nombreuses insultes:

Le 7 octobre n'a pas seulement été une tragédie pour Israël. Il a été un signal, un top départ pour la haine, partout ailleurs.

 

Au cours de ces deux années, il se rend plusieurs fois en Israël, où il décrit la vie là-bas, les alertes, Tseva Adom!, la place des Otages à Tel-Aviv:

Hier, on forçait les Juifs à porter l'étoile jaune. Aujourd'hui, ils choisissent d'arborer le ruban jaune. Hier contraints, aujourd'hui fiers. Et ce simple renversement suffit à rendre fous ceux qui refusent obstinément de les voir libres.

 

Il s'y rend notamment pour voir son filleul Noam qui a dû revêtir l'uniforme de Tsahal pour intervenir à Gaza à la recherche des otages.

 

Arthur n'est pas inactif pendant ces deux ans:

  • Il diffuse le documentaire Supernovaun testament qui fera le tour du monde, sur le pogrom perpétré lors du festival Nova, qui comprend des images tournées par le Hamas.
  • L'exposition au Musée d'art moderne de Tel-Aviv consacrée au 7 octobre, un an plus tard, vu par de grands artistes, qui ne veulent pas que le monde oublie.
  • Une vidéo diffusée le 14 juillet 2024 lors de la finale de l'Euro
  • Une image projetée sur l'Arc de Triomphe, à Paris, le 14 juillet 2024, où manque dans la devise républicaine le mot Fraternité et où n'apparaissent plus que les mots Liberté, Égalité:
J'ai perdu un Bédouin dans Paris, d'Arthur Essebag

Mais, surtout, ce livre délivre justement un message de fraternité. Le titre en est une des expressions: J'ai perdu un Bédouin dans Paris. C'est le cri de détresse que lui lance Émilie Moatti 2. Qui, avec son aide, a fait venir en France certaines familles de Bédouins dont les proches ont été enlevés par le Hamas le 7 octobre, pour qu'ils témoignent:

Contrairement à ce que beaucoup croient, ou préfèrent ignorer, il n'y avait pas que des Israéliens juifs parmi les victimes. Des musulmans aussi ont été assassinés. D'autres, pris en otage.

 

Ce livre est également un cri. Un cri d'amour et de fraternité, que les sectaires, qui se donnent la main partout dans le monde, pour frapper, ne peuvent pas comprendre:

Pour certains, aimer Israël? C'est trahir.

Pour d'autres, avoir de la sympathie pour Gaza? C'est être complice.

Mais visiblement, ce sont des concepts devenus trop subtils pour une époque qui préfère les slogans aux idées.  

 

Francis Richard

 

1 - Il raconte, entre autres, la machination montée contre lui, fin 2024, pour le faire passer pour un prédateur sexuel quand il animait l'émission de jeu À prendre ou à laisser, sur TF1, entre 2004 et 2006, exploitée par des comptes anti-Israël, très actifs. Des participantes témoigneront du contraire...

2 - Il sera heureusement retrouvé...

 

J'ai perdu un Bédouin dans Paris, Arthur Essebag, 336 pages, Grasset

 

Vidéo diffusée le 14 juillet 2024:

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22 octobre 2025 3 22 /10 /octobre /2025 22:15
Vol au-dessus d'un nid de cocus, de Gilles-William Goldnadel

Le titre de ce nouvel ouvrage de Gilles-William Goldnadel est dans la ligne de la nouvelle collection Pensée libre chez Fayard1. Il évoque irrésistiblement, pour les cinéphiles, le film de Miloš FormanVol au-dessus d'un nid de coucou, sorti en salles il y a cinquante ans. 

 

Dans ce pamphlet de volatile, l'auteur se fait aigle pour adresser aux cocus de France un message d'au-dessus les nuages en survolant le ciel français, d'où il leur dit leurs quatre vérités, sans les ménager, tout en les plaignant et les aimant:

Le cocu, même le plus ignorant, est confusément conscient de son infortune.

 

1 - Le cocu français impuissant, envahi, rançonné et trahi

 

Depuis des décennies, on lui ment: l'immigration massive qu'il redoutait est arrivée, et il n'en peut mais. Au contraire, bien que majoritairement dextre, il est trahi et ne doit pas refuser cette magnifique réalité:

Les gentils OQTF ne peuvent ni ne doivent être expulsés et tu dois être créolisé, lui dit-on.

 

Et on continue de lui mentir. On ? Les juges 2, les journalistes 3, les profs, les universitaires, tous à gauche, à 90%... Comme le goulag n'existait pas, aujourd'hui le wokisme et l'islamo-gauchisme n'existent pas non plus:

Cocu et impuissant ou cocu parce qu'impuissant?

 

Avec sa cervelle d'oiseau, cet aigle est incapable de se remémorer toutes les victimes françaises immolées sur l'autel du culte de l'immigration étrangère. Mais il en rappelle certaines et la liste est déjà longue et édifiante...

 

Ce cocu, qu'il soit de la campagne ou de la grande banlieue, s'appelle Nicolas et il paie pour cette immigration: 

  • L'Aide médicale d'État: 1,2 milliard d'euros.
  • Le RSA, et d'autres allocations diverses et variées: 5 milliards.

 

Il est aussi victime des écolos-fachos et doit de surcroît:

  • Payer son électricité de plus en plus cher, avec le démantèlement du nucléaire, initié sur leur pression.
  • Renoncer à sa vieille Clio diesel et rouler à vélo.

 

2 - Vol au-dessus d'un nid de cocus blancs

 

Le cocu blanc nie son calvaire et a été le premier à y contribuer. Car, maintenant, c'est lui qui est victime de racisme et ne le reconnaît pas.

 

Et l'aigle de citer pour preuve, entre autres, la plus militante qu'universitaire Maboula Soumahoro 4, au Parlement européen:

L'homme blanc ne peut pas avoir raison contre une Noire ou une Arabe, ce n'est pas possible.

 

L'aigle n'oublie pas les viols dont ont été victimes des femmes blanches. Là encore la liste est longue: de Cologne en Allemagne à Rotherham en Angleterre, en passant par l'Italie:  

De 2018 à 2023, 11 141 Italiennes auraient été violées par des hommes qui ne l'étaient pas.

 

Ce qui n'a jamais suscité la moindre réaction de la part des organisations féministes...

 

3 - Vol au-dessus d'un nid de cocus mâles blancs

 

L'aigle prouve que l'homme a désormais moins de droits que la femme, hormis, paraît-il, une petite différence, en voie de disparition, s'agissant du salaire.

 

En effet, en matière de crimes et délits, les hommes sont plus sévèrement punis. Et on ne parle jamais des hommes battus, 25% tout de même...

 

Aussi l'aigle peut-il dire:

Calomniez, calomniez le mâle, il en restera quelque mal.

 

Évidemment, s'il est noir ou foncé, il est un peu privilégié... Et les féministes gauchistes et daltoniennes regardent alors ailleurs...

 

4 - Vol au-dessus d'un nid de cocus juifs

 

Modeste avocat mosaïque autant que prophétique, l'aigle avait pourtant prévenu ses coreligionnaires qu'ils ne devaient pas seulement guetter obsessionnellement le front droit...

 

Les cocus juifs n'avaient pas compris qu'avec l'immigration massive, les Français se retrouveraient en danger de mort et que les Juifs français en seraient les premières victimes. Pourquoi? Parce que les Juifs d'Israël sont des Blancs au carré qui se défendent becs et ongles.

 

L'aigle rappelle que, dans son Journal de guerre, un avocat essayiste, avait écrit en date du 10 octobre 2023:

Je ne donne pas encore trois jours pour qu'Israël soit nazifié et les Arabes de Palestine peints en martyrs génocidés.

 

Ce fut le fait de journalistes qui ne s'appuyèrent que sur les informations ou du ministère de la santé de Gazaou de la Défense civile palestinienne, tous deux sous la coupe du Hamas, présenté aimablement comme une organisation islamiste et non pas terroriste.

 

Ces informations étaient considérées comme fiables parce que l'ONU le disait, alors que son Conseil des droits de l'homme est composé dans sa majorité par des dictatures souvent islamistes et que son secrétaire général, António Gutteres, est un anti-israélien socialiste déchaîné.

 

Ce n'est pas la première fois que la presse de gauche désinforme: ce fut le cas pour les victimes du maoïsme en Chine, des Khmers rouges au Cambodge, du Vietcong au Sud-Vietnam... Elle omet de dire que:

  • Le Hamas et ses soutiens islamistes, depuis le grand mufti de Jérusalem ne dissimulent pas leur sympathie pour le nazisme.
  • Le premier soutien européen au nationalisme arabe en Palestine, violemment opposé à la création d'un État juif refuge, s'appelait Adolf Hitler. 

 

Il n'est donc pas étonnant qu'un journaliste palestinien, Fady Hossam Hanona, qui travaille pour France 24média de sévices publics, ait déclaré:

Les Juifs sont des chiens. Il faudrait les tuer et les brûler comme l'a fait Hitler. J'en serais tellement heureux.

 

Pigeon vole

 

L'aigle reconnaît qu'il a menti: 

Je me prétendais l'aigle noir agile. Je n'étais que le pigeon Gilles.

 

Demain est un autre jour:

Les choses étaient allées trop loin.

[...]

[Les Français] ont repris possession des rues. La peur a changé de trottoir.

[...]

Cocus réfractaires de tout le pays, unissez-vous. Arrachez vos cornes de vos crânes meurtris et faites-en des baïonnettes fleuries.

 

Le pigeon les enjoint de résister, tout en sachant que le président chauve-souris ne marchera pas avec eux contre le racisme anti-blancs, comme il n'a pas marché contre l'antisémitisme, et les exhorte:

Surtout, n'ayez plus peur de jeter dehors les méchants qui tuent vos enfants dedans.

 

Francis Richard

 

1 - Dirigée par la journaliste Sonia Mabrouk.

2 - Notamment au Conseil d'État, au Conseil constitutionnel et à la Cour des comptes.

3 - Qui sont de collusion avec la gauche politique, notamment à l'odieux visuel public

4 - Maître de conférences en civilisation américaine à l'université de Tours.

 

Vol au-dessus d'un nid de cocus, Gilles-William Godnadel, 128 pages, Fayard

 

Livres précédents chez le même éditeur:

 

Journal de guerre (2024)

Journal d'un prisonnier (2025)

 

Publication commune avec LesObservateurs.ch.

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 19:00
Je voulais vivre, d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Si je vous dis: Milady, que cela évoque-t-il pour vous? Si cela évoque pour vous Les Trois Mousquetaires, vous serez édifié en prenant connaissance de la version de cette ennemie de tous, de cette criminelle, n'ayant pourtant qu'un désir au monde, exprimé en trois mots: 

 

Je voulais vivre.

 

Adélaïde de Clermont Tonnerre trouvait cette femme terrifiante. Elle avait lu et relu Les Trois Mousquetaires l'été de ses douze ans1. Seulement Milady est venue s'insinuer en elle et elle n'a pas pu s'empêcher de vouloir que justice soit dite à son sujet à défaut d'être faite:

 

Il était déjà trop tard pour la sauver.

 

Il vous suffit, cher lecteur, de vous rapporter à l'oeuvre d'Alexandre Dumas pour vérifier que l'auteure ne ment pas à propos de son héroïne, que les détails sont vrais dans cette fiction, nourrie d'une autre, et qu'elle fait entendre la voix d'une femme au temps des hommes.

 

La vraie vie de Milady commence par son exécution, le point final du roman de Dumas, et à partir de laquelle l'auteure remonte le temps, en donnant la parole, entre autres, à l'un de ses juges, d'Artagnan, sur qui pèse encore le poids de ce crime quarante-cinq ans après...

 

Lors du siège de Maastricht 2, en effet, ce dernier se confie à son aide de camp, Philippe de Saint-Chamas, à propos de celle qu'il a condamnée à mort avec neuf autres soldats pour qu'elle expie ses mensonges, trahisons, crimes, et pour qu'elle ne puisse plus jamais nuire.

 

L'existence de Milady? Ce ne sont que fuites pour rester en vie:

  • À six ans, Charlotte Backson, qui se fait appeler Anne de Breuil, comme sa mère à qui elle ressemble, s'enfuit de la forêt où sont agressées et assassinées celle-ci et Félicité Carlier, sa nourrice, et se réfugie au presbytère de Bussy dont le curé est le père Lamandre, qui la prend sous son aile.
  • À treize ou quatorze ans, maltraitée, elle s'enfuit de l'abbaye de Templemars, où elle a été placée, avec le père Gauthier Sanson, qui l'a séduite, qui défroque et se fera passer pour son frère.
  • À dix-huit ans, elle s'enfuit du Berry où elle a épousé deux ans plus tôt Olivier de La Fère qui a découvert la marque d'infamie (que le bourreau de Lille, frère du père Sanson, lui a infligée en représailles de son exécution qu'il a dû accomplir) et a voulu la tuer.
  • À vingt-et-un ans, devenue bigame après avoir, enceinte, épousé, James de Winter, deux ans plus tôt, elle s'enfuit d'Angleterre avec son fils, à la suite de la mort de son mari, vraisemblablement empoisonné par son frère Percy ou par son intendant Martin Sackberry. 

 

C'est en accomplissant une mission pour le Cardinal de Richelieu, en échange du service qu'il lui a rendu - et qui lui a permis de comprendre que la vengeance n'est pas la vie - que ses fuites prennent fin avec son assassinat. D'outre tombe, elle s'exprime pour conclure: 

 

J'avais vingt-cinq ans. J'étais femme. J'étais mère. Je servais la France. Et je voulais vivre.

 

Francis Richard

 

1 - J'étais moins précoce et ne l'ai lu qu'à vingt ans, dans l'édition Garnier Flammarion de 1967, qui se trouve toujours dans ma bibliothèque catovienne...

2 - Au cours duquel il mourra...

 

Je voulais vivre, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, 480 pages, Grasset

 

PS du 4 novembre 2025:

Le Prix Renaudot 2025 a été décerné à ce livre.

Je voulais vivre, d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre
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12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 21:30
Les trois finalistes du Prix du Polar Romand 2025

Le Prix du polar romand a été lancé en 2017 par le Service des bibliothèques et archives [de la Ville de Lausanne] et récompense chaque année un polar (ou thriller, roman noir, roman à suspense, roman policier, polar régional) écrit par une autrice ou un auteur de Suisse romande. Il vise à valoriser la scène du polar, tout comme ses labels éditoriaux, très dynamiques dans le domaine. Il encourage également la lecture de ces ouvrages, particulièrement rassembleurs et accessibles au plus grand nombre.

 

Le Jury romand, coordonné par Marc Voltenauer, auteur et vice-président de l’Association Polar suisse et par Fanny Meyer, déléguée à la politique du livre, est composé de:

  • Stéphanie Berg (responsable polar Payot Lausanne),
  • Sébastien Dyens (commissaire à la police judiciaire de la Ville de Lausanne),
  • Cécile Lecoultre (critique littéraire à 24 Heures),
  • Michel Sauser (membre de l'équipe de direction du Théâtre 2.21)
  • Christian Zutter (président association Lausan'noir).

 

Sur une première sélection de dix polarstrois finalistes ont été choisis par le jury:

 

Le prix du polar romand 2025, ainsi que celui du polar alémanique 2025, sera décerné le 18 octobre 2025 à l'Hôtel et Salle de théâtre National à Berne dans le cadre du Festival du crime (l'an prochain la remise du prix aura lieu à Lausanne).

 

Le suspense est, bien sûr, à son comble et ... de rigueur.

 

Francis Richard

 

PS du 19 octobre 2025:

 

Le prix du polar romand 2025 a été attribué à Une balle dans le bide de Gérald Brizon, 220 pages, Éditions Cousu Mouche.

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12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 18:45
Une balle dans le bide, de Gérald Brizon

Un camion plein. Trente mille portables dernier cri. On dit "dernière génération" paraît-il. Il y a des queues pas possibles devant les magasins pour s'en procurer. Des hystériques qui campent dans la rue.

 

La transaction doit se faire au bord du fleuve. 

 

Les hommes de Pippo sont là: Spadj, Guido et Gaëtan. Leur mission: Transporter le tout du point A au point B, montrer leur gueule et rappeler aux ambitieux des quartiers qui tient vraiment le manche.

 

Quand le camion arrive, Guido se tient sur la gauche, Gaëtan au milieu, Spadj à droite. La chauffeur descend et marche vers eux: 

Gaëtan lui demande s'il est seul.

- Enchanté, moi c'est Khoram.

 

Après l'échange, mallette de billets contre clés du camion qui a été volé, Khoram monte dans une barque amarrée au bord du fleuve, quand une voiture inattendue survient:

Une rafale explose le silence.

 

C'est un massacre. Trois morts au moins ... Seul, semble-t-il, Spadj s'en sort, mais il a Une balle dans le bide: c'est un bon début...

 

Il semble aussi que c'est une femme qui dirige la manoeuvre des assaillants, en russe... Après qu'elle a ordonné le repli, Spadj constate que s'il est encore debout, c'est grâce au calibre, rien d'autre, à cette balle taille fillette.

 

Commence alors, pour lui, une cavale au cours de laquelle - il ne sait comment - la gonzesse qui lui a tiré dessus parvient à retrouver sa trace et lui envoyer ses sbires.

 

Ainsi doit-il s'enfuir de son meublé du centre-ville de Genève où il a fini par se réfugier, non sans avoir descendu d'abord l'un d'entre eux dans l'hôtel, puis un autre dans la rue.

 

Avec sa balle dans le bide, il est handicapé et doit se faire soigner. Il se rend, comme prévu, dans un bar du quartier chaud de Genève où il retrouve deux hommes de Pippo, aux surnoms évocateurs, Cervelle et Gomina:

Dire qu'il est en de bonnes mains est une exagération, mais il ne peut décemment pas demander mieux.

 

Gomina lui retire la balle du bide avec une pince, tandis que Cervelle lui verse du whisky dans la plaie après lui avoir mis un mouchoir dans la bouche ... Il tombe dans les pommes et... se réveille dans une chambre, chez des complices, Odette et Ranquin.

 

C'est à ce moment là que Spadj décidera de prendre sa retraite... et de quitter les lieux sans demander son reste... Mais les sbires de la gonzesse ne le lâcheront pas.

 

Pippo lui donnera toutefois une dernière mission après lui avoir appris qui est cette femme qui lui en veut tant et lui avoir présenté quelqu'un, prénommé Apollon, qui peut les aider, lui, Gomina et Cervelle.

 

Spajd apprendra finalement comment la gonzesse fait pour le retrouver à chaque fois, et tous ceux qui lui apportent de l'aide. Il accomplira la mission que Pippo lui a confiée. Il aura donc bien mérité de prendre sa retraite, mais devra prendre le large...

 

Le lecteur, lui, aura savouré l'humour noir avec lequel Gérald Brizon raconte cette cavale où le nombre de cadavres ne se compte pas et où les personnages sont des truands plus vrais que nature. Il appréciera la touche finale qui apporte un peu d'humanité à cette histoire grand guignolesque...   

 

Francis Richard

 

Une balle dans le bide, Gérald Brizon, 220 pages, Éditions Cousu Mouche

 

PS du 19 octobre 2025:

 

Ce roman a obtenu le Prix du polar romand 2025.

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Présentation

  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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