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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 22:30
Les dix-sept valises, d'Isabelle Bary

Ils ont vu une femme entrer dans l'océan et s'écarter du rivage, toujours plus loin, jusqu'à ce qu'on ne la distingue plus, comme si l'eau l'avait avalée.

 

Mathilde a du mal à croire que son amie Alicia, la célèbre cheffe, ait disparu ainsi, sans laisser de traces, ce 4 septembre 2018, après qu'elle est venue la rejoindre à Essaouira, au Maroc, pour l'interviewer.

 

Mathilde est journaliste et écrit pour le magazine belge Perspectives. Elle a rencontré Alicia un an plus tôt alors qu'elle se trouvait dans les Ardennes pour une enquête originale sur le mal-être des hommes.

 

Dans la seule auberge du coin se réunissait un groupe de parole au masculin où il était convenu qu'elle fasse une ou deux intrusions pour traquer l'homme 2.0. Alicia était accoudée au bar antique du lieu.

 

Alicia n'est pas encore la cheffe hyper connue, officiant dans une brasserie bruxelloise. C'est elle qui doit préparer le repas pour les vingt mecs participant à ce stage destiné à explorer leurs blessures.

 

Les deux se revoient deux mois plus tard. Puis Mathilde assiste à l'ascension d'Alicia, devenue son amie, ascension due au buzz d'une vidéo. Maintenant elle décide d'écrire Alicia, un roman où elle se met dans sa peau.

 

Mathilde désire être libre de tout réinventer, ce qui n'a pas l'heur de plaire à sa nouvelle rédactrice en chef, Rebecca. Mais elle ne s'en lance pas moins dans la rédaction du livre pendant des congés pris au Maroc.

 

Ce roman s'appellera Les dix-sept valises: ce titre symbolise un tournant crucial de l'enfance d'Alicia, celui d'un voyage familial qui ne se déroule pas comme prévu et qui a pour elle de lourdes conséquences.

 

Dans le roman de Mathilde, Alicia est transformée, de même que Mathilde l'est elle-même en l'écrivant: toutes deux, finalement mues par l'amour, font ce qu'elles ont à faire avec ce que la vie veut bien leur donner.

 

Francis Richard

 

Les dix-sept valises, Isabelle Bary, 192 pages, Éditions Luce Wilquin

 

N.B.

En Belgique, Les dix-sept valises vous attendent à la librairie des Saules (Lasnes), chez Graffiti (Waterloo), Filigranes (Bruxelles) et à L'oiseau Lire (Visé-Liège) ou sur www.isabellebary.be ainsi que tous les autres romans d'Isabelle Bary édités chez Luce Wilquin (éditions qui ont cessé leur activité le 31.07.2019).

 

Livres précédents:

Ce qu'elle ne m'a pas dit (2016)

Zebraska (2014) 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 22:00
Cri de lumière, de François Hüssy

- Tu ne vas pas rester poseur d'affiches toute ta vie! Gautier Inber peut t'aider.

- Mais qui est ce type au juste?

- Le plus grand créateur vivant.

- Argl! Dieu en personne.

- Tu as très bien compris: c'est un géant de l'art contemporain. Un génie.

 

Xavier Colini est écrivain. Mais il n'a pas encore réussi à se faire publier. Pour sur-vivre il est principalement colleur d'affiches. Alors sa demi-soeur, Estelle, veut lui donner un coup de main en lui présentant Gautier Inber.

 

Gautier Inber doit en effet connaître des éditeurs. Il connaît tellement de monde. Il peut lui être utile. Seulement celui-ci ne donne rien sans rien. Il faut d'abord lui rendre service, en principe gratuitement, sans garantie.

 

En ce moment Gautier Inber prépare une installation dans le palais de l'évêque de Nice à Genève: le Tombeau de l'âge d'os, celui du XXe siècle et de ses millions de victimes, une installation pour le moins mystérieuse.

 

Comme Gautier est un artiste charismatique, sponsorisé par D.T.L.R, une multinationale de la chimie, il a beaucoup d'adeptes (et beaucoup de dénigreurs) et obtient que nombre de bénévoles en transportent les caisses.

 

Ce qu'il y a dans les caisses, personne ne le sait, mais il y en a un tas. Quand Xavier se présente, Marc, le contrôleur, lui demande de transporter des caisses dans les escaliers du palais. Il accepte, moyennant paiement.

 

Si ça se trouve, il n'y a rien dans ces caisses. Qu'importe, Gautier est un puissant face auquel la plupart des gens renonceraient jusqu'à leur intégrité personnelle. Il n'est pas sûr pourtant que, comme les autres, Xavier le ferait.

 

Car, tout autour de lui, des gens qu'il rencontre ou qui lui sont proches sont prêts à tout pour être dans les bonnes grâces de ce génie de l'art contemporain qui se comporte comme un pompeux despote au double discours.

 

Xavier n'a commis qu'un livre, Torse de femme au soleil (le titre d'une oeuvre de Renoir), et le relis indéfiniment... Quand un éditeur refuse son manuscrit, il paye son retour plutôt qu'il finisse abattu au fond d'une cave.

 

Il préfère en effet s'imaginer, devenu clochard, mourant de froid une nuit d'hiver, ses livres poussant un dernier Cri de lumière dans un caniveau glacé... C'est ce genre de sursaut de dignité, en tout cas, dont il se sait capable.

 

Dans ce roman, qui touche à la satire et où il manie l'ironie, François Hüssy n'est pas tendre avec les manipulateurs, tels que l'est Gautier, et avec ses manipulés, tout en laissant planer le doute sur son talent artistique réel.  

 

Francis Richard

 

Cri de lumière, François Hüssy, 360 pages, L'Âge d'Homme (réédition de l'édition de 2010)

 

Livres précédents :

 

Les deux premiers volumes de la trilogie Le voyage de tous les vertiges:

Dans un reflet rouge sur l'eau noire (2012) (rebaptisé: La porte pourpre des étoiles)

Le grand peut-être (2017)

 

Les îles naufragées (2018, édition revisitée de celle de 1998)

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 22:15
L'homme qui vivait dans les trains, d'Andrea Gianinazzi

L'homme qui vivait dans les trains apparaît dans trois des huit nouvelles de ce recueil. C'est un vagabond qui circule librement dans toute la Suisse avec l'abonnement général.

 

En connaissance de cause il a choisi de prendre sa retraite dans le train (il a fait ses comptes: avec l'AVS il ne s'en serait pas sorti s'il avait dû payer un loyer et des charges):

 

Ce vagabond connaissait des tas de choses, des fragments d'histoires qu'il recueillait au cours de son éternel va-et-vient, d'une gare à l'autre, du nord au sud, d'est en ouest.

 

En tout cas, il n'importune personne et son abonnement est toujours en règle. On sait seulement qu'il a une histoire sporadique avec la tenancière du kiosque d'une grande gare.

 

Cette errance ferroviaire lui donne une vision circulaire de la vie, alors que la plupart des gens en une linéaire, avec un point de départ et un point d'arrivée, qui lui donneraient un sens.

 

Il ne serait pas loin de faire sien le précepte de Lao-Tseu: Le but n'est pas seulement le but, mais le chemin qui y conduit, puisqu'il dit: La signification est entièrement dans le parcours...

 

Dans les histoires ferroviaires d'Andrea Gianinazzi, transparaît l'étonnement, que son père lui a appris, devant des choses les plus évidentes que nous avons chaque jour sous les yeux:

 

J'ai la sensation que quand je regarde quelque chose je dois également le faire pour lui, avec ses yeux et surtout son regard, écrit-il donc dans son post-scriptum.

 

Dans ce recueil, il le fait si bien que des choses ordinaires deviennent extraordinaires sous sa plume avant même qu'elles ne connaissent un épilogue qui l'est réellement.

 

Il raconte en fait les choses et les êtres avec un regard d'observateur aiguisé, soucieux des détails, comme un artiste-peintre peindrait minutieusement des scènes de genre.

 

Il dédie enfin son livre aux gens qui vivent dans des trains ou dans des gares, mais aussi à ceux dont les vies ont les chemins de fer à l'intérieur d'elles-mêmes ou qui y sont à l'intérieur.

 

Francis Richard

 

L'homme qui vivait dans les trains, Andrea Gianinazzi, 162 pages, Plaisir de Lire (traduit de l'italien par Walter Rosselli)

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 20:00
Un été avec Paul Valéry, de Régis Debray

Du samedi 17 juillet 2018 au samedi 23 août 2018, Régis Debray a passé Un été avec Paul Valéry en compagnie des auditeurs de France Inter.

 

Le livre qui porte ce titre est fait, comme les précédents de la collection, des retranscriptions des émissions. Dans la première phrase de la première émission, l'auteur évoque inévitablement le Cimetière marin:

 

L'été sied à Valéry, un solaire impénitent, un Méditerranéen qui nous enjoint de courir à l'onde en rejaillir vivant.

 

Paul Valéry (1871-1945) n'est évidemment pas l'homme d'un seul poème, ni seulement poète difficile:

 

C'est une montagne qu'on peut gravir par plusieurs faces, le poète, le moraliste, le philosophe, le critique, le géopoliticien, le dramaturge, le conférencier.

 

C'est tout le mérite de Régis Debray, le temps d'un été, d'avoir fait miroiter aux auditeurs plusieurs des facettes de cet illustre inconnu, dont on ignore, par exemple, que la natation est le seul sport qu'il a pratiqué...

 

Au fil des émissions il montre que Valéry est double, inclassable: il est le bienséant et le frondeur, l'homme d'institution et l'irréconcilié.

 

En effet il partage son temps entre une vie mondaine charitable, voire intrépide, et un travail d'ermite, voire de misanthrope.

 

En effet il n'est ni bon ni méchant, c'est-à-dire ni de gauche, ni de droite: Il récuse les deux bords, mais ne se fâche avec aucun.

 

Oui, mais il pratique le jet de pierres et de grenades, c'est-à-dire de vérités qui ne sont pas bonnes à dire, sur tous les jardins cultivés jusqu'aux plus honorables et respectés.

 

Il a une grande faculté d'analyse et de prévision, sans doute parce qu'il est l'illustration de son propre précepte: Un homme qui renonce au monde se met dans la condition de le comprendre.

 

C'est ainsi qu'il fait des va-et-vient entre le spirituel et le matériel, entre nos pensées et nos appareils:

 

Les oeuvres acquerront une sorte d'ubiquité. Leur présence immédiate ou leur restitution à toute époque obéiront à notre appel. Elles ne seront plus seulement dans elles-mêmes, mais toutes où quelqu'un sera, et quelque appareil.

 

Ce perfectionniste se révèle bien humain. Il tombe amoureux en 1931 d'une belle sculptrice, mais celle-ci en aime un autre et le lui dit:

 

Et lui de répondre:

Comment est-il possible d'aimer tant et de ne pas se faire aimer?

 

C'est certainement ce Valéry-là, qui se laisse aller, et pas seulement en amour, ce Valéry transversal, intempestif et inattendu qui peut retrouver sa place aujourd'hui:

 

Celle d'un contemporain capital à même de nous aider à devenir nous-mêmes contemporains du temps présent - tâche ô combien difficile et chaque jour à reprendre. 

 

Francis Richard

 

Un été avec Paul Valéry, Régis Debray, 176 pages, Équateurs

 

Livre précédent:

Éloge des frontières, Gallimard (2010)

 

 

Dans la même collection:

Un été avec Homère, de Sylvain Tesson (2018)

Un été avec Machiavel, de Patrick Boucheron (2017)

Un été avec Victor Hugo, de Laura El Makki et Guillaume Gallienne (2016)

Un été avec Baudelaire, d'Antoine Compagnon (2015)

Un été avec Montaigne, d'Antoine Compagnon (2013)

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 22:00
Golden Hill, de Francis Spufford

"Dieu miséricordieux! lâcha-t-il. C'est là une traite pour mille livres!

- En effet, dit monsieur Smith. Mille livres sterling, ou, comme il est mentionné ici, mille sept cent trente-huit livres, quinze shillings et quatre pence, monnaie de New-York. Puis-je m'asseoir?"

 

Ce 1er novembre 1746, débarqué du brick Henrietta, ce Smith se présente avec cette traite, émise par Banyard & Hithe à Londres, au bureau de la firme Lovell & Company, sise Golden Hill Street, à New York.

 

Cette somme est énorme pour l'époque, ce d'autant plus que New York n'est alors qu'une petite ville d'environ sept mille habitants, ce qui n'est rien en comparaison de Londres qui en compte cent fois plus.

 

Richard Smith vient justement de la capitale du royaume britannique pour accomplir dans la colonie américaine une mission mystérieuse, qui ne sera dévoilée qu'à la fin du roman de Francis Spufford.

 

Auparavant, le lecteur attentif en aura une vague idée parce que l'auteur lui aura donné en cours de lecture quelques indices qu'il ne convient évidemment pas de lui indiquer ici. C'est à lui de les découvrir.

 

Toujours est-il que, comme il garde pour lui le but de sa présence dans la colonie britannique, les rumeurs vont bon train au sujet de ce jeune homme de vingt-quatre ans, dont les apparences sont trompeuses.

 

Smith va connaître des hauts et des bas pendant toute la durée de son séjour qui doit être d'au moins soixante jours, puisque, d'un commun accord, avec Lovell & Company, c'est le terme convenu de la traite.

 

Richard Smith, nouveau venu, ne connaît pas les codes et commet de nombreuses maladresses. Ce qui lui vaut des revers de fortune, et de se retrouver mêlé à des querelles politiques et religieuses qui ne sont pas siennes.

 

Les mésaventures de Richard Smith se déroule dans un contexte historique du XVIIIe, qui préfigure la révolution américaine et où, dans la bonne société, on joue au piquet, on fait du théâtre et on se bat en duel.

 

Le récit est en fait écrit par une des personnes de l'histoire, qui n'a pourtant partagé aucune des expériences variées de Monsieur Smith mais qui s'est découverte capable [d'en] concocter les passages nécessaires.

 

A partir d'une histoire qu'elle a en partie vécue, elle fait tout un roman, ressuscitant en quelque sorte Richard Smith, même si le prix en est celui du mensonge à chaque tournant: Les mensonges valent mieux que rien.

 

Francis Richard

 

Golden Hill, Francis Spufford, 320 pages, Slatkine & Cie (traduit de l'anglais par Nadine Gassie)

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 19:00
J'ai vu le loup, le renard et la belette..., d'Alphonse Layaz

Les siens avaient péri dans un pogrom et depuis lors, il empruntait les chemins qui ne mènent nulle part, là où personne ne l'attendait.

 

Colin Zurich l'Ancien met toutefois un terme à son errance de Juif en choisissant un port d'attache, Lessoc, commune fribourgeoise, et en embrassant la foi chrétienne sans en mesurer l'étendue.

 

A partir de là, Colin Zurich le Jeune, né en 1950, échafaude toute une série d'aventures, sur fond du cours de l'Histoire, des historiettes qui seraient advenues à son ancêtre, le bien nommé Colin Zurich l'Ancien.

 

L'ensemble de ces aventures constituent un conte historique se déroulant au XVIe siècle. Elles sont illustrées de plaisante façon par Claudio Fedrigo qui a aiguisé ses crayons pour l'occasion.

 

Dans ces aventures il est question de guerre qui n'a pas lieu, comme celle Troie, d'amours gentiment polissonnes, d'irrévérences envers les religions, de chansons comme celle du titre.

 

Dans ce conte du XVIe siècle, le récit ne démontre pas, il parle de lui-même et suit au fond la recommandation d'un certain moine nommé François Rabelais: Mieux est de ris que de larmes écrire.

 

Les anachronismes y sont des clins d'oeil au lecteur. Le propos de l'auteur se veut intemporel et ce dernier y choisit la dérision pour mieux se faire entendre, pour mieux détendre le lecteur.

 

Si J'ai vu le loup, le renard et la belette est une chanson qui est peut-être d'époque, ce n'est évidemment pas le cas de La Madelon, de Viens poupoule ou encore du Temps des cerises...

 

Autre exemple: évoquant la ville de Châtel-Saint-Denis, l'auteur ne sait finalement à quel Saint Denis se vouer et propose le docteur extatique, (allusion à Saint Thomas, le docteur angélique?):

 

Extatiques, rue St-Denis, les âmes se pâmaient au giron de beautés infernales, à la recherche du paradis terrestre.

 

Autres exemples:

 

Son premier acheteur était Paul Morand...

 

Voudrais-tu d'une Rousse goulue, d'une Noire charbonnière ou d'une Blonde Bardot?

 

Mais les enfants m'appellent Charlot: je nage dans mes habits, la tristesse allonge ma figure, je marche à dix heures dix.

 

L'oeil de Georges brillait quand Margot dégrafait son corsage...

 

S'il n'y avait ces anachronismes, on serait tenté de dire cependant, que plutôt que d'un conte venu du XVIe siècle, il s'agirait d'un conte comme d'aucuns en écrivirent au siècle des Lumières.

 

Francis Richard

 

J'ai vu le loup, le renard et la belette..., Alphonse Layaz, 120 pages, L'Aire

 

Livre précédent:

La passagère et soixante autres petits faits divers (2015)

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 22:00
La Montagne Sourde, de Gilbert Pingeon

Le narrateur a une interlocutrice, celle qu'il appelle La Montagne Sourde. Il la dit sourde parce qu'en fait Elle ne lui répond jamais. C'est pourtant son interlocutrice privilégiée. L'explication est très simple: il lui prête son langage à défaut d'entendre le sien. Bref, il fait les questions et les réponses.

 

La Montagne qu'il a sous les yeux tous les jours quand il ouvre sa fenêtre n'est donc pas seulement sourde, mais muette. Elle est à fois réelle et fictive. Il forme un couple avec Elle, un couple hétérodoxe, lui ressentant l'usure de l'âge, Elle promise à une lente érosion, lui minuscule, Elle imposante:

 

Je ne crois qu'en Elle, unique et toute à moi, comme je suis à Elle.

 

Le narrateur anthropomorphise la Montagne. Il la fait sienne et la regarde avec des yeux de propriétaire. Il ne peut s'empêcher de faire des comparaisons entre Elle et lui, par exemple entre son relief symbolisable, qui peut attirer l'attention des géographes (ou des cartographes) et sa petite masse mobile

 

Pour un géographe, comme point de repère, je suis nul et non avenu.

Ce n'est qu'au cimetière qu'on pourra me géolocaliser.

 

Il la gravit dès la prime enfance, initié à l'escalade et entraîné à surmonter ses peurs par ses géniteurs. C'est dire que leur union est ancienne et que leurs joutes verbales tournent aux escarmouches piquantes dignes d'un vieux couple. Enfin c'est ce qu'estimerait sans doute le témoin impartial, s'il existe.

 

Elle est ma soeur, en quelque sorte, écrit-il dans un de ses textes courts où il excelle et qu'il a un évident plaisir à écrire, ma soeur de patiente gésine qui veille désormais sur ma trop brève existence. S'il doutait de sa présence au monde, elle serait là pour témoigner de son indéniable réalité par la sienne.

 

Il sait que nul n'échappe au temps insaisissable, aussi bien les montagnes apparemment immortelles que les mortels: Tout porte à l'effacement, tout converge vers une plaine sans mémoire. Mais, en attendant, il aura fait exister la Montagne rien que par son regard, partagé avec celui qui l'aura lu avec bonheur:

 

Je doute qu'elle me rende la pareille. Peu lui chaut mon regard. Elle sera toujours là quand mon oeil se sera éteint, trônant à la même place, alors que mon cerveau surdimensionné, nanti d'une conscience malheureuse l'aura effacée.

 

Francis Richard

 

La montagne sourde, Gilbert Pingeon, 140 pages, Éditions de l'Aire

 

Livres précédents:

Oh, Éditions de l'Aire (2018)

Bref, Éditions de l'Aire (2015)

T, L'Âge d'Homme (2012)

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24 juillet 2019 3 24 /07 /juillet /2019 22:15
Les choses à faire, d'Antoine Vuille

Les choses à faire, ce sont les objectifs que les protagonistes de ce recueil se donnent pour atteindre les buts qu'ils se sont fixés et dont, en principe, ils ne voudraient pas changer.

 

Dans Débarras provisoire, le but du jeune homme est de séduire Melissa, mais il ne veut pas qu'elle voie dans quel désordre il vit. Il veut lui renvoyer l'image d'un homme ordonné.

 

Aussi classe-t-il ses affaires en trois catégories: celles qu'il veut garder, celles qu'il veut éliminer, celles sur le sort duquel il hésite et qu'en attendant il entasse au milieu du salon.

 

Melissa vient lui rendre visite inopinément alors qu'il n'a pas décidé du sort de toutes ces affaires amoncelées au milieu du salon. De ce débarras provisoire elle n'a cure, mais lui si.

 

Dans Postures, Colin se trouve dans une situation similaire. Il veut séduire Vanille, mais, en même temps, il veut absolument achever préalablement le dessin qu'il a entrepris.

 

Vanille sera de la fête. Il ne peut qu'y aller s'il ne veut pas être marginalisé. Auparavant il achève pourtant son dessin, mais, du coup, il ne va pas prendre l'apéritif avec ses amis.

 

Sur place il ne sait quelle attitude adopter pour se faire remarquer par Vanille: ou faire l'intéressant, ou, au contraire, jouer à l'artiste solitaire pour qui l'art donne son sens au vécu.

 

Dans Ce qui compte, la mère, le beau-père, le fils et la fille se retrouvent tous quatre dans la voiture familiale de retour de la promenade rituelle du samedi à la montagne.

 

Christiane, la mère, est impatiente de rentrer, d'enlever ses habits, de ranger ses affaires et de se doucher. Patrick, le beau-père, conduit sagement et souhaite travailler demain.

 

Martin, le fils, méprise les autres: ses lectures ont changé son regard sur le monde. Lucie, la fille, s'ennuie, sauf sur les réseaux sociaux, aimerait sortir ce soir avec ses copines.

 

Dans L'été d'Amandine, cette dernière tient un journal pendant ses vacances universitaires. Le 20 juin: Me fixer des buts, voilà ce qui me permettra de rentabiliser les vacances.

 

Amandine pourrait découvrir un nouvel endroit. Mais elle a le temps. Le 23 juin: je passe mes journées à lire, à étudier l'espagnol, à me baigner dans le lac et à faire du fitness.

 

Pour plaire à Vincent, elle bouleverse un peu ce programme, auquel elle a ajouté la photo. De casanière et studieuse, elle devient sociable et festive. Mais change-t-elle vraiment?

 

Il est bien de se donner des buts et de se fixer des objectifs pour les atteindre, mais, pour éviter les frustrations, ne faut-il pas qu'ils soient le fruit d'échanges avec les autres?

 

Antoine Vuille, fin observateur de ses semblables, répond à cette interrogation par l'exemple, avec ces quatre nouvelles qui illustrent l'épigraphe signée Bertrand Russell.

 

Francis Richard

 

Les choses à faire, Antoine Vuille, 96 pages, L'Âge d'Homme

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 22:00
La fille du cabinotier, de Pierrette Frochaux

Cabinotiers: horlogers genevois généralement issus de "La Fabrique" qui avait fait la renommée de Genève au XVIIIe siècle.

 

La Fabrique: l'ensemble des métiers de l'industrie bijoutière et horlogère genevoise du XVIIIe siècle à la fin du XIXe.

 

La fille du cabinotier est l'histoire de Jeanne Chevrant, née le 28 mars 1887, fille d'Ernest et de Pauline. L'auteure  fait commencer son histoire en 1894 et la fait s'achever pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Ernest était donc un cabinotier, tel que défini ci-dessus. Du fait de la crise horlogère des années 1870, sa situation n'est plus bonne: il ne produit plus, il travaille à domicile, où il répare des horloges en particulier.

 

Pauline, qui a vingt ans de moins qu'Ernest, épuisée avant l'âge, a mené à terme huit grossesses, mais seuls quatre de ses enfants ont survécu, uniquement des filles: Julia, Amélie, Jeanne et Fanny.

 

C'est la misère chez les Chevrant: ils ne mangent pas à leur faim. Aline, la benjamine est morte d'inanition un an plus tôt dans les bras de Jeanne. Alors Pauline se résout, honteuse, à demander l'aumône.

 

Pauline écrit à l'Asile central genevois, une institution qui va apparaître à plusieurs reprises dans le récit. Mais son aide initiale ne suffira pas, non plus que, plus tard, les quelques sous que ramènent Amélie et Jeanne.

 

L'affection de Pauline va en priorité à Julia, à Fanny: mais Amélie et Jeanne, non, ces filles-là elle ne les reconnaît pas vraiment comme siennes. Elles lui sont comme étrangères, d'une autre nature.

 

Est-ce ce manque d'affection originel qui va influer sur leur destinée? Toujours est-il qu'Amélie et Jeanne vont connaître une existence remplie de davantage de peines que de plaisirs et de joies.

 

Le contexte économique n'est jamais favorable: il y a la crise dans l'horlogerie, la guerre (même si la Suisse ne fait pas partie des pays belligérants), les faillites d'entreprises, la guerre à nouveau.

 

Le contexte sociologique ne l'est guère non plus, favorable: il ne fait pas bon d'avoir des relations hors mariage (c'est mener une vie dissolue), encore moins d'avoir alors des enfants non désirés.

 

Car, à ce moment-là, on n'est pas digne d'élever ces enfants, d'avoir même des contacts avec eux, a fortiori si on n'a pas de moyens suffisants, quelle que soit la volonté que l'on ait de travailler pour s'en sortir. 

 

La haute n'est pas présentée de manière manichéenne: d'aucuns se conduisent certes de manière infâme avec les pauvres gens, mais d'autres font preuve d'une sincère philanthropie à leur égard et leur sont fidèles.

 

Les deux soeurs qui s'aiment, Amélie et Jeanne, connaissent plus de bas que de hauts. Quand les choses semblent aller un peu mieux, un coup dur les frappe comme s'il leur était impossible de jamais émerger.

 

Le tableau de cette époque, que peint avec précision Pierrette Frochaux, n'est pas bien réjouissant. Le livre aurait pu avoir pour titre Les misérables, mais celui-ci était déjà pris. En tout cas, difficile de dire, après l'avoir lu:

 

C'était mieux avant...

 

Francis Richard

 

La fille du cabinotier, Pierrette Frochaux, 280 pages, Plaisir de Lire

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 21:15
Sur la corde raide, Sillages n°94

Sillages est la revue littéraire vaudoise que publie deux fois par an l'Association vaudoise des écrivains, AVE, fondée en 1944.

 

Le numéro 94, coédité avec les Éditions Romann, est un numéro particulier:

- il s'agit d'un vrai livre, qui tient bien en mains;

- il reproduit les textes des lauréats du concours littéraire 2018, organisé par l'AVE, sur le thème titre, Sur la corde raide;

- il est le dernier numéro publié sous la deuxième présidence de Sabine Dormond.

 

Dans son édito, celle-ci révèle que 130 funambules ont participé au concours et que, parmi eux, un bon tiers avaient moins de 30 ans. Preuve que le goût d'écrire est encore bien vivace chez toutes les générations et que notre concours a peut-être contribué à l'attiser.

 

Les lauréats sont au nombre de 13, 10 adultes et 3 juniors. Comme je ne suis ni pour la parité ni pour les quotas, je me réjouis que 11 d'entre eux soient en fait des lauréates, sans que le jury l'ait su au moment de les distinguer...

 

L'exercice de distinction parmi les textes reçus est éminemment subjectif. Comme l'écrit la présidente sortante, c'est l'aboutissement d'une rencontre entre deux sensibilités, une question de longueur d'ondes en somme.

 

Très subjectivement, un de ces textes a retenu mon attention, celui d'une lauréate, Colomba de Buttet, de la catégorie junior. Il s'agit de Choix cornélien entre la poire et le fromage, tranché par un compromis helvétique [qui] semble de bon aloi...

 

En dehors des textes du concours, comme à l'accoutumée, Sillages comprend des textes de qualité, en poésie et en prose.

 

En poésie j'ai retenu, tout aussi subjectivement, ce distique qui conclut Le souffle de Calliope d'Éric Giuliana:

 

Ainsi nous servons-nous des mots,

Là où le poète les sert.

 

Et en prose, ce passage tiré de Im Chambre séparée, de Jean-Luc Chaubert:

 

Je veux entendre à mon oreille cette voix de femme, comme sortie du pavillon d'un gramophone où tournerait sans fin un disque de celluloïd, murmurer ces paroles où langues française et germanique se liaient intimement: "Kommen Sie zum Tête à tête Im Chambre séparée...".

 

Sabine Dormond a raison: Les Éditions Romann lui offrent l'occasion de terminer en beauté en s'associant à la publication de ce numéro de Sillages, lui assurant une diffusion beaucoup plus large.

 

Francis Richard

 

Sur la corde raide, Sillages n°94, 232 pages, Les Éditions Romann

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 21:45
Tout est toujours beau, de Julia Weber

Je voulais partout et toujours voir le côté exceptionnel des choses, je voulais toujours réfléchir à la vie que je menais et pourquoi, afin d'éviter de faire ce que je faisais parce que je l'avais toujours fait, parce qu'un jour je m'étais mise à le faire parce que je pensais que c'était comme ça qu'on faisait.

 

Je, c'est Maria, une des deux narratrices. Elle a deux jeunes enfants, une fille, Anaïs, et un garçon, Bruno, de deux pères différents, avec lesquels elle ne vit pas, ou ne vit plus.

 

Anaïs est l'autre narratrice: Bruno et moi n'avons pas de grands-parents. Comme nous n'avons tous les deux pas de père, nous n'avons pas non plus de grands-parents du côté de ces pères que nous n'avons pas...

 

Maria, mère célibataire, exerce le métier de danseuse dans un bar tenu par Fred. Un jour elle y emmène Anaïs et Bruno parce qu'ils veulent savoir ce qu'elle fait.

 

Maria revêt une peau qui scintille. Au début du spectacle elle se tient immobile derrière une barre, ensuite elle bouge sur la musique qui est humide, comme le rire de Fred:

 

Mère bombe la poitrine, son visage touche le haut de la barre, ses talons le bas. Puis elle lève les jambes, les lève par-dessus elle. Ses jambes s'entortillent comme des serpents autour de la barre. Elle tourne sur elle-même, tête en bas. Elle tend les jambes en l'air et, se tenant d'une main, glisse lentement vers le bas en tournant, ses muscles sous la peau luisante, et elle tourne et tourne toujours plus vite et se dissout en or et vert sous mes yeux.

 

Comment Maria en est-elle arrivée là, comment fait-elle pour voir, dans une telle situation, le côté exceptionnel des choses et comment ses enfants, qui heureusement font la paire, le vivent-ils?

 

Julia Weber en fait le récit à deux voix précises dans Tout est toujours beau: comme leur existence n'est pas compatible avec ce que tous trois en attendent, mère, fille et fils s'échappent peu à peu de la réalité... 

 

A la suite de la grave décision que Maria prend pour être conforme avec elle-même, ce réflexe bien humain de survie sera salutaire pour elle d'un côté et pour ses enfants solidaires de l'autre.

 

Francis Richard

 

PS

En fin de volume l'auteure publie une trentaine de dessins en rapport avec le texte, dont celui de la couverture est un exemple.

 

Tout est toujours beau, Julia Weber, 288 pages, Éditions de l'Aire (traduit de l'allemand par Raphaëlle Lacord)

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 20:30
Les battantes, de Simona Brunel-Ferrarelli

Une route coupe en deux le village de Rocca Patrizia. Le bon côté de la vie, c'est celui de la Villa Aïda, maison des Coronesi, de noblesse romaine, l'autre, c'est celui des villageois.

 

Les villageois sont soudés entre eux par un pacte d'égalité, un serment de gémellité: s'il le faut, ils se marient entre cousins, sans doute pour, croient-ils, se souder davantage.

 

Leurs ennemis légendaires sont les vacanciers romains: Ils seront toujours mal vus, jalousés, bannis. On les tolère l'été parce qu'ils apportent un air nouveau, de l'argent, des voitures.

 

La Seconde Guerre mondiale va changer ça. En 1943, la nouvelle institutrice, Victoire Manfredi, va ouvrir les yeux des enfants qui lui sont confiés sur ces comportements inadmissibles.

 

Peut-être est-elle d'autant plus déterminée à le faire que, fille d'un dignitaire fasciste, l'homme qu'elle aimait, Emilio Mannari, un villageois parvenu, lui a préféré Rosina Coronesi.

 

Les Mannari et les Coronesi, qui ne sont pas du même monde, considèrent le mariage d'Emilio et de Rosina comme une mésalliance et rejettent unanimement leur fils Diego.

 

Après guerre, Victoire ne peut empêcher non plus qu'Eva, juive devenue veuve, se voit rejetée parce que, belle femme, elle a donné naissance à Pablo, un bel enfant de père inconnu. 

 

Quoi qu'il en soit, Lala, une petite Coronesi, ignorante de ces histoires déplaisantes ne comprend pas qu'il lui soit défendu de fréquenter aussi bien la vieille Victoire que le beau Pablo:

 

Tu l'apercevais et c'était fini, intérieurement déjà tu lui cédais tout, tu n'y pouvais rien, ça s'écroulait de soi, à l'intérieur de soi, comme sous la poussée d'une terre soudainement remuée.

 

Les battantes, comme les pluies d'orgueil et de colère qui s'abattent sur Pablo, a donc pour toile de fond un microcosme où les antagonismes font des noeuds complexes entre les personnages.

 

Simona Brunel-Ferrarelli les dénoue un par un le long du récit. En défaisant le dernier, s'explique pourquoi, tout le monde, inconsciemment, veut contrarier les amours de Lala et Pablo.

 

Francis Richard

 

Les battantes, Simona Brunel-Ferrarelli, 168 pages, Éditions Encre Fraîche

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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 18:15
Géographies, de Pierric Tenthorey

En principe, Géographies est un roman. Il y a une intrigue et un narrateur: en l'occurrence, le narrateur n'est pas un menteur; c'est un acteur jouant le rôle d'un auteur... (à la ville, celui-ci est comédien)

 

C'est même un roman illustré, de dix-huit planches en couleur, en milieu de volume, représentant des toiles (inspirées du texte ou plutôt des textes) du célèbre et controversé peintre Pierre Nyerchiott.

 

Comme un éditeur aujourd'hui ne peut vivre sans donation extérieure et qu'il ne s'agit pas d'un premier roman, l'auteur est invité par Cheryer Printetio à écrire au moins une trentaine de pages...

 

Les aventures de lui avaient demandé dix ans de temps, sans produire un sou. Cette fois il se veut plus systématique et, après quelques essais infructueux, l'étincelle créatrice jaillit d'une vieille mappemonde.

 

Sa source d'inspiration ne serait pas l'alcool ou les rêves, mais le voyage. Il avait voulu faire tourner le monde pour désigner du doigt sa destination, mais il avait valsé contre un mur et éclaté en morceaux.

 

En marchant sur un des morceaux où est inscrit Saint-Pétersbourg, l'acteur sait qu'il tient son oeuvre et prend un vol dès le lendemain pour la ville impériale, qui sera le titre d'une nouvelle encore à écrire.

 

Après avoir écrit trois nouvelles russes douces-amères, il se rend à Paris. Afin d'obtenir une subvention, comme le temps presse, son éditeur propose de leur adjoindre une nouvelle du défunt Henry Etroipicter.

 

L'auteur a mis le doigt dans un engrenage. La nouvelle exotique d'Etroipicter et son histoire personnelle de Paris ne suffisent plus à Cheryer. Avant qu'il n'aille à Prague, il lui envoie d'abord un texte de son oncle.

 

A Vevey, Pierric Tenthorey écrit en italiques que les textes suivants, signés par d'autres, ne sont pas de lui. C'est une coquetterie d'auteur qui, curieux de tout, aime explorer les genres et s'exercer dans plusieurs styles.

 

Nouvelles, correspondances, dialogue à la Platon, traductions, reportage, conte fantastique (?), enquête policière (?), critiques, avis de confrères et néanmoins amis, etc. en font un interminable manuscrit.

 

Les thèmes? Pierric Tenthorey est là aussi éclectique: l'amour, le sexe (érotisme et pornographie), l'informatique, la musique, la littérature, la recette de cuisine, le tourisme, la psychologie, la philosophie etc.

 

Le narrateur aurait voulu que ces Géographies soient belles et pures et ne soient pas des morceaux bigarrés tenus ensemble par ses préfaces écrites à Vevey, qu'il intercale entre les textes qui les composent.

 

Qu'il se rassure, si le lecteur ne prend pas tous ces textes et préfaces au premier degré, ses Géographies lui feront franchir uniment d'autres degrés, ceux que ne manquent pas d'élever ensemble l'humour et l'ironie.

 

Francis Richard

 

Géographies, Pierric Tenthorey, 368 pages, L'Âge d'Homme

 

Livre précédent:

 

Les aventures de (2014)

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  • : Le blog de Francis Richard
  • : Ce blog se veut catholique, national et libéral. Catholique, il ne s'attaque pas aux autres religions, mais défend la mienne. National, il défend les singularités bienfaisantes de mon pays d'origine, la France, et celles de mon pays d'adoption, la Suisse, et celles des autres pays. Libéral, il souligne qu'il n'est pas possible d'être un homme (ou une femme) digne de ce nom en dehors de l'exercice de libertés.
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  • Francis Richard
  • De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), j'ai travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et m'intéresse aux arts et lettres.
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